Therapy game 2 – Hinohara Meguru

therapy game 2 hinohara meguru

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375062098
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784403666667 (JP)
Shishokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Tu sais, Minato, c’est bête de rester seul par peur de souffrir. »

Hinohara Meguru sensei conclut la romance entre Shizuma et Minato en abordant de nouveaux thèmes: l’avenir, la difficulté à faire confiance, la communication. Comparé au premier tome, le couple communique beaucoup plus, même pendant les ébats. En effet Shizuma se montre à l’écoute du plaisir de son partenaire. Le consentement est donc primordial. D’ailleurs son comportement permet de s’interroger sur les relations entre bisexuel et homosexuel, les doutes et les peurs qui accompagnent leur relation. L’auteure s’intéresse également au poids des préjugés, aux réactions quand un couple gay s’affiche. Elle dévoile aussi le passé traumatisant et dramatique de la famille Kirigaya. Elle utilise les personnages secondaires pour bousculer gentiment nos deux héros.

La mangaka exagère ou déforme ses traits épurés pour renforcer l’expressivité des visages. Par exemple, elle dessine des têtes en SD ou très simplifiées trop mignonnes: la surprise de Minato quand il découvre le lien fraternel entre Shizuma et Shôhei est hilarante! Justement, elle offre une palette d’expressions variées et fortes rien que pour Minato, avec un travail particulier des yeux. L’humour s’exprime donc graphiquement. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les flash-back sont bien intégrés. Le choix des angles de vue, variés, accompagnent beaucoup la mise en page dynamique. Ainsi, cela permet de mettre en avant les détails mais également les sentiments dans les scènes érotiques non censurées. Par ailleurs, une fiche sur les personnages apporte quelques renseignements complémentaires.

En résumé

Mito Itsuki conseille son petit frère Minato (23 ans) et l’encourage à retenter sa chance avec Ikushima Shizuma (24 ans). En effet, il a tendance à abandonner rapidement ses relations par peur d’être blessé plus tard. Mais Shizuma reste introuvable et ne répond plus au téléphone. A l’université, Minato reçoit l’aide des deux amis de l’étudiant, ainsi que celle de Yuka qui arrive à pirater le téléphone portable de Shizuma. Mito reconnaît immédiatement les photos de paysages récemment prises. En effet, Shizuma est parti dans la ville d’origine de son petit ami. Sur place, il découvre le passé dramatique de la famille Kirigaya. Minato part alors à sa recherche. En le trouvant sur la plage, il lui saute dans les bras…

En conclusion

La relation entre les deux héros est entrainante et pleine d’amour. J’adore comment Hinohara sensei dessine les yeux de ses personnages, effilés, avec l’ouverture changeant selon leurs émotions, et même complètement simplifiés dans les passages humoristiques. Je n’ai pas envie de les quitter. Et cela tombe bien car leur histoire continue actuellement dans Therapy game restart.

The story of never ending unhappiness – Ogawa Chise

the story of never ending unhappiness ogawa chise

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782368774762
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407694 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Nourrissant un amour à sens unique depuis huit ans pour son ami, Udô trouvera-t-il enfin le bonheur?

Ogawa Chitose sensei développe l’histoire d’amour douloureuse d’Udô Takayuki, le frère ainé de Ryûta, héros dans Le cœur de la méprise. Dans sa postface, elle précise que les évènements se passent un an plus tard. Elle s’attèle principalement à décrire les sentiments et l’état d’esprit de Takayuki, avec ses hauts et ses bas. L’étudiant est donc le narrateur principal. En outre, le contraste entre son paraître plein d’assurance et son réel caractère pessimiste en fait un personnage à la fois attendrissant et antipathique. Néanmoins, l’auteure a peu développé la personnalité de Kiyotake, qui passe pour un simple sportif probe. En introduisant le chapitre « Le cœur de la méprise », elle relie les différents évènements dans lesquels apparaissent Miki et Ryûta tout en concluant leur histoire. En fin de tome, un récit bonus présente l’enregistrement du drama CD.

La mangaka utilise un trait épuré plutôt simplifié et reconnaissable immédiatement. Elle exagère les expressions donnant une touche humoristique discrète. Elle alterne les décors et les trames d’ambiance. La variation des angles de vue dynamise la mise en page. Les scènes érotiques évitent de montrer les détails grâce aux cadrages. Et il y a toujours quelque chose pour obstruer la vue.

En résumé

The story of never ending unhappiness / Le début du bonheur: Udô Takayuki participe à un gôkon et y croise Kiyotake, un ami du collège qu’il n’a pas vu depuis huit ans. En réalité, il était amoureux de ce rival au basket-ball et, par dépit, lui avait piqué sa petite amie. Suite à leur dispute, Udô a préféré l’éviter allant même jusqu’à changer de lycée. Il constate alors que l’honnête Kiyotake apprécie toujours autant les filles petites aux longs cheveux, sympathisant très vite avec Natsumi. Mais de dernier ayant trop bu, Udô propose de le déposer en voiture. Son ami s’endort et l’étudiant profite alors de son inconscience pour coucher avec lui. Il espère ainsi en finir avec cet amour douloureux qui perdure. A son réveil, Kiyotake ne semble pas avoir de souvenir…
The heart of miscalculation – Le cœur de la méprise: Bien qu’en terminale, Miki Toshihiro profite avec insouciance des instants passés avec son petit ami Udô Ryûta. Mais sa mère, qui les a surpris, le sermonne, la période de révision pour les concours de l’université ayant débuté. Elle lui reproche donc de ne pas réfléchir à son avenir et lui interdit de fréquenter Ryûta. Même Udô Takayuki met en doute la pérennité de sa relation…

En conclusion

Ce manga a obtenu la onzième place au Chill Chill BL award 2016. Udô est classé douzième meilleur uke. Normalement, ce spin-off de Le cœur de la méprise concluait la série qui a débuté avec The world revolves around you. Mais Ogawa sensei a dessiné par la suite des petites historiettes publiées en 2018 dans un recueil, Love story of misfortune and miscalculations, regroupant également quelques dôjinshi aux éditions Libre. Il est intéressant de voir le manque de confiance d’Udô lui gâcher sa relation amoureuse, n’arrivant pas à croire à la concrétisation de son amour. Même si ce couple n’est pas mon préféré, j’ai apprécié leur romance. Je ne peux donc que leur souhaiter du bonheur!

Official trip host Nyu boy – Shinou Ryo

nyu boy shinou ryo

SHINOU Ryo 紫能 了
ISBN: 9782368776544
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784829686065 (JP)
Printemps shuppan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Une histoire drôle et tendre de deux hommes peinant à trouver l’amour.

Pour son premier manga, Shinou Ryo sensei propose une comédie romantique avec deux héros en mal d’amour. Elle mélange à la fois comique de situation un peu grivois et romance tendre. Elle aborde aussi des questionnements plus sérieux comme la difficulté d’assumer son homosexualité, la douleur du regard désapprobateur, la prostitution et le besoin de reconnaissance et d’affection. Les deux hommes communiquent beaucoup et cherchent à comprendre les besoins et les sentiments de son partenaire. L’auteure développe particulièrement leurs personnalités. Par exemple, Kei n’est pas si heureux dans son métier, supportant mal le manque d’échange avec la clientèle. Naruse, quant à lui, n’assume pas son homosexualité et cherche le partenaire idéal. Indirectement, leur rencontre et leurs discussions vont leurs permettre de se soutenir mutuellement et de développer leurs sentiments. Le patron de Katagiri ajoute une touche loufoque positive au récit.

La mangaka possède un style graphique particulier: les visages ovales ont des traits simplifiés, les bustes musclés contrastent avec le reste du corps fin. Elle exagère beaucoup les expressions et simplifie à l’extrême ses traits dans les passages humoristiques. Par exemple, elle dessine des yeux exorbités ou des personnages d’une seule ligne. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les trames d’ombres et de colorisation variées ne surchargent pourtant pas la page. Les angles de vue, originaux pour certains, contrastent avec la mise en page assez classique. Shinou sensei oscille entre images pornographiques et poétiques. Par exemple, le rendu du regard oppressant de la foule et des commentaires qui laisse peu à peu place aux lumières de la nuit apporte une forte émotion. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, très détaillées, usant même des gros plans et d’angles de vue originaux mettant en valeur les attributs masculins.

En résumé

L’escort boy Katagiri Kei a rendez-vous avec Ayukawa Miyuki pour un cours de plaisir sexuel. A sa grande surprise, c’est un jeune homme, Kôji Naruse, qui l’attend. Ce dernier insiste pour suivre tout de même le cours, demandant à être traité comme une femme. Hétérosexuel, l’hôte est d’abord embarrassé. Néanmoins, la prestation étant déjà payée, il lui propose alors un cours d’origine. Mais ce n’est pas vraiment ce qu’avait imaginé son client!

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la dixième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2019. L’auteure passe de jeux érotiques comiques à de la pure tendresse. Le contraste entre pornographie et douce romance est d’abord déstabilisant. Même s’il reste encore quelques maladresses scénaristiques, j’apprécie son style, son approche et son traitement graphique. A la relecture, je rigolais d’avance avant l’apparition des gags! J’espère donc découvrir d’autres de ses œuvres.

Nennen-saisai – Hideyoshico

nennen saisai hideyoshico

Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775165
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396783389 (JP)
Shodensha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Trois histoires BL narrées comme du rakugo.

Dans ce recueil, Hideyoshico sensei s’inspire de deux contes de rakugo pour créer une version Boys’love. Elle prend des libertés avec les récits originaux mais conserve tout de même l’esprit principal. La première histoire reprend un conte modernisé. Même si la fin reste surprenante, elle dégage un peu de tristesse. Le second récit, développé sur plusieurs chapitres, est basé sur un classique. L’auteure s’attarde particulièrement sur la relation entre l’humain et le dieu de la mort ainsi que sur leurs sentiments. Elle complète son volume avec un récit réaliste, se penchant sur les questionnements d’un enfant et l’influence de l’extérieur sur la vision de sa propre famille. Elle conserve une certaine distance sur le traitement de l’homoparentalité mais termine également par une chute surprenante.

La mangaka a un trait épuré et simplifié, presque esquissé. Ses visages sont longs. Hideyoshico sensei apporte un soin particulier aux costumes et aux décors, respectant assez bien les références historiques. En outre, elle intègre les trames d’ambiance à la narration. Elle joue beaucoup sur les vides et les blancs, aérant ses pages. La mise en page reste tout de même dynamique. Les scènes érotiques sont non censurées mais succinctes. En plus, elles ne montrent pas trop les détails.

En résumé

La pêche au poisson rouge – conte japonais Binbogami: Période d’Edo. Yôhei s’est encore fait jeter par sa fiancée. En effet, il est plutôt paresseux et dépense sans compter. Un jour, le dieu de la pauvreté Binbogami s’installe chez lui. Mais même s’il essaie de faire travailler Yôhei, ce dernier perd immédiatement son argent dans des broutilles. L’être divin essaie alors de participer aux revenus de base du foyer endetté en effectuant de petits travaux…
Une fleur déracinée – conte japonais Jugemu: Durant Edo, un couple décide de nommer leur fils avec tous les prénoms signifiant « longévité » proposés par un moine bouddhiste. Mais après une vie comblée, Jugemu va traverser les époques et survivre à deux guerres mondiales. De nos jours, sous le pseudonyme de Hisashi, il travaille dans un club d’hôtes et se permet parfois de parler sèchement aux clientes. Un jour, il croise le dieu de la mort par hasard à un café…
La situation de la famille Komukai: Sôta vit avec son père et Renji, l’ami de son père qui s’occupe des tâches ménagères. Cependant, depuis qu’il a suivi le cours d’éducation sexuelle à l’école, il réalise que sa famille n’est pas tout à fait « normale ».

En conclusion

Ce titre a obtenu la troisième place du meilleur manga original au Chill Chill BL award 2014 (ex æquo avec le tome 3 de Kô 3 gentei de Kajimoto Reika). Comme j’adore le rakugo, ces histoires me plaisent énormément. J’admire le travail de l’auteure qui respecte le principe de la fin surprenante typique de ce genre artistique. Cependant, je pense que ceux qui ne connaissent pas les contes d’origine risquent d’être un petit peu perdu.

Un démon au paradis 2 – Aga Naomi et Oyoshikawa Kyôko

un demon au paradis 2 aga naomi oyoshikawa kyoko

AGA Naomi 阿賀直美
Oyoshikawa Kyôko お吉川京子
ISBN: 9782375062074
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784801964457 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Titre original: 鬼と天国 下
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Tengoku comprendra-t-il un jour qu’une relation sentimentale est tellement mieux?

Après un premier tome concentré sur Aoki, Aga Naomi sensei met plus en avant Tengoku et son passé. Cependant, la narration se base principalement sur le point de vue du professeur. Les sentiments de ce dernier évoluent rapidement. Par ailleurs, il s’interroge beaucoup et s’ouvre de plus en plus. En revanche, Tengoku aura besoin de l’arrivée de son frère aîné, Yutaka, et du professeur Hatano Yûma pour sortir de sa bulle. En effet, il garde un côté enfantin et capricieux, ne gérant pas ses émotions, comme la jalousie, et se montrant simplement possessif et « légèrement » violent. L’auteure intègre des flash-back pour dévoiler au compte-gouttes le passé des deux héros. De même, elle montre comment la pression familiale peut influencer le caractère des enfants, entraînant jusqu’à des traumatismes ou des dégâts psychologiques. Malgré les jeux pervers, les relations entre le couple sont plus consenties.

Oyoshikawa Kyôko sensei n’hésite pas à simplifier ses traits déjà épurés pour les passages humoristiques. Elle travaille particulièrement les expressions des visages et joue sur les regards. Ainsi, le lecteur devine immédiatement à quoi pense le personnage. Par exemple, le regard éteint d’Aoki s’illumine peu à peu et celui de Tengoku s’adoucit. Les trames d’ambiance sont variées et plutôt graphiques. La mise en page dynamique accompagne le rythme de lecture. La mangaka ne censure pas les scènes érotiques mais évite tout de même de montrer le détails des parties intimes grâce aux cadrages et aux angles de vue. Sous la couverture, elle présente Tengoku en deux planches.

En résumé

Aoki Atsurô (36 ans) et Tengoku Manabu (32 ans) continuent à coucher ensemble. Mais le professeur commence à s’interroger sur leur relation. En effet, en amour, il a toujours été passif, laissant sa partenaire prendre l’initiative d’une déclaration et d’une séparation. Cependant, il éprouve maintenant l’envie de mieux connaître Tengoku. D’ailleurs, le médecin scolaire diversifie leurs jeux pervers. Mais Aoki a peur d’être découvert à l’école. Alors Tengoku lui propose un rendez-vous au restaurant le soir. Le couple finit donc par discuter normalement. Le lendemain, un nouveau professeur trentenaire arrive…

En conclusion

Une excellente surprise pour moi dans ce tome! J’adore comment évoluent les deux héros. En plus, ils continuent leurs petits jeux érotiques, donnant un peu de piment à leur relation mais également assumant pleinement leurs goûts. Bref, ils changent tout en conservant leurs petits défauts. Un couple attendrissant et assez réaliste. J’ai même envie de découvrir ce qu’il devient par la suite!

Goodbye, Red Beryl 3 – Michinoku Atami

goodbye red beryl 3 michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782375062104
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784866572352 (JP)
Frontier works, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Ce que vous voulez, je le désire aussi. »

Michinoku Atami sensei dévoile le passé de Moronatsu et sa rencontre avec Masakado, permettant ainsi de comprendre leur lien particulier. Elle prend directement la suite du tome précédent, plongeant Akihiko dans le doute. Ainsi, elle aborde en fin de compte des questionnements tout à fait humains: par exemple, sur l’avenir et sur ce que devient le partenaire à son décès. Kazushige ressent également quelques remords classiques dans une relation homosexuelle, en particulier la privation d’une vie familiale « normale ». Le dénouement, tout en tension, fait un saut dans le temps et reboucle au début du premier tome, avant de poursuivre. L’auteure fait évoluer le vampire qui s’humanise aux côtés d’Akihiko et s’ouvre aux autres. Elle joue sur le côté un peu pervers du jeune homme, rendant la discussion du couple virile lors de leurs ébats charnels. Elle interroge encore sur l’amour éternel, les liens avec les humains quand on est vampire.

La mangaka a légèrement modifié son style graphique: les traits épais et fermes des contours donnent un certain charme original. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les passages humoristiques, dessinant des têtes arrondies toutes mignonnes. Les corps restent masculins sans pour autant être musclés. Par ailleurs, Michinoku sensei porte attention aux détails des petits gestes et des regards. Elle utilise quelques trames d’ambiance plutôt discrètes. Elle continue à soigner la précision des vêtements et des décors, permettant de repérer immédiatement l’époque. Dans les scènes érotiques assez détaillées, de fines bandelettes blanches cachent les parties intimes. Pourtant, les contours ne sont pas dessinés. Sous la jaquette, une planche conclusive permet de découvrir ce que deviennent Masakado et Moronatsu.

En résumé

Masakado propose à Akihiko de le transformer en vampire mais ce dernier refuse, sachant que cela blesserait Kazushige. A la surprise de Moronatsu, le vampire n’est pas vexé mais l’humain semble avoir éveillé son intérêt. Ne voyant pas rentrer son jeune amant, Kazushige s’inquiète. Alors, dès qu’il sent l’odeur de Masakaso sur Akihiko à son arrivée, il s’énerve. Cependant, le jeune homme lui explique tout et le rassure. En échange, il réclame une récompense et obtient un baiser. Le soir, le couple s’unit avec passion. Le vampire réalise alors la profondeur de ses sentiments pour son petit ami.

En conclusion

L’auteure s’éloigne des histoires de vampires classiques et offre une fin émouvante et touchante. L’abnégation d’Akihiko peut parfois sembler extrême mais il en ressort un amour pur et puissant, contrebalancé par une libido active. Le changement de style graphique peut surprendre, mais pour moi, il est très agréable. Je suis encore plus subjuguée par le travail de la mangaka et j’espère que d’autres de ses œuvres seront traduites.

Midnight rain – CTK

mindnight rain ctk

CTK
ISBN: 9782375062036
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784799742570 (JP)
Libre, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Une rencontre où l’amour viendra donner un peu de réconfort.

CTK sensei nous invite à suivre deux hommes qui galèrent dans leur vie quotidienne et dont la rencontre fortuite va leur apporter un peu de bonheur. Elle alterne la narration entre Ethan et Mike. La relation entre les deux hommes évolue plutôt vite. Tandis que Mike s’est habitué à la solitude et n’a plus confiance en l’autre, sa tête patibulaire et son caractère explosif l’entraînant facilement dans des conflits, Ethan se montre très généreux avec lui alors qu’il se prive totalement pour rembourser sa dette. L’auteure s’intéresse à divers thèmes comme la pauvreté, la solitude, la difficulté à faire confiance. Cependant, elle préfère mettre en avant l’évolution de leurs sentiments. D’ailleurs, elle maîtrise parfaitement le retournement avec d’abord une situation qui semble dramatique et négative, maintenant un certain suspense. Ainsi, en s’ouvrant peu à peu l’un à l’autre, le couple apprend à se soutenir mutuellement.

La mangaka utilise des traits anguleux, parfois épais et dédoublé. Malgré une touche réaliste, elle les simplifie tout de même dans les passages humoristiques, rappelant l’aspect BD. Elle dessine plutôt des visages marqués avec une barbe légère ou naissante. Les corps sont musclés. D’ailleurs, Ethan a le torse poilu. Les trames d’ambiance se font très discrètes. En outre, CTK sensei privilégie beaucoup les clairs-obscurs. Elle découpe parfois certaines scènes avec un style cinématographique. Ainsi, elle dynamise la mise en page en jouant sur les gros plans et les détails. Les scènes érotiques sont censurées, les organes sexuels étant cachés par des formes blanches ou tramées. Sous la jaquette se trouve le plan de l’appartement d’Ethan. Ce dernier pose un quiz amusant en rapport avec la couverture.

En résumé

Un soir de pluie, Mike, blessé, sonne à la porte d’Ethan avant de s’évanouir dans ses bras. Une semaine auparavant, ce dernier l’avait remarqué dans une bagarre de rue et avait engagé la conversation avec lui à la laverie automatique, lui demandant comment il éliminait les tâches de sang. Vivant pauvrement dans un appartement décrépit, Ethan consacre sa paie à principalement rembourser une dette depuis dix ans. Pourtant, il commence à ne plus supporter cette vie de privation…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la dixième place du meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2020. L’auteure nous livre une belle histoire d’amour sensible où le désespoir est balayé par la simple présence de l’autre. Le traitement graphique est de toute beauté. Il est difficile pour moi d’approfondir mon analyse sans spoiler, la mangaka livrant des œuvres contemplatives et émotionnelles. Laissez-vous donc séduire par un agréable moment de lecture avec des hommes dans la fleur de l’âge.

N’oublie pas notre promesse – London Pariko

n oublie pas notre promesse london pariko

LONDON Pariko 倫敦巴里子
ISBN: 9782375061916
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784199607332 (JP)
Tokuma shoten, 2017 (JP)
Titre original: 日常クライマックス
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Quinze ans de vie commune après une fugue en amoureux, et une demande de rupture?

London Pariko sensei nous invite à découvrir l’amour émoussé d’un couple de trentenaires. Elle s’intéresse à l’influence de la routine sur la vie de couple et les petits efforts pour entretenir le sentiment amoureux. Ainsi, elle présente le quotidien du couple, entrecoupé de flash-back, permettant de découvrir au fur et à mesure le passé des deux héros. La narration alterne entre Mikuriya et Kusaka. Le lecteur découvre au fur et à mesure l’évolution des caractères des personnages: Tsubasa reste toujours autant romantique dans sa tête depuis sa fugue en amoureux alors que Yû a développé un manque de confiance, influencé par les prétendantes successives intéressées par son petit ami. En effet, ce dernier ne cache pas sa relation. Par ailleurs, l’auteure aborde différents thèmes comme la panne sexuelle, la confiance dans le couple, les liens familiaux. Elle alterne les moments tendres, dramatiques et amusants avec brio.

La mangaka a un trait légèrement épuré, plutôt rond et doux. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les passages humoristiques. Les yeux assez grands sont expressifs. Les décors soignés dominent quelques trames d’ambiance très graphiques. La mise en page dynamique accompagne le rythme de lecture. Des formes blanches censurent les parties intimes dans les scènes érotiques. Sous la jaquette, London sensei donne quelques explications sur la réalisation de l’histoire en deux planches.

En résumé

A 17 ans, Mikuriya Tsubasa s’est enfui avec Kusaka Yû, alors que ses parents n’approuvaient pas leur relation et cherchaient à les séparer. Quinze ans plus tard, un matin, Kusaka lui annonce vouloir rompre. Pourtant, tout semblait aller bien entre eux, à part parfois quelques disputes. Déprimé, Tsubasa se rend à leur snack préféré, pour se lamenter auprès de la propriétaire Yoshimi. Mais il réalise alors qu’un certain train-train quotidien s’est installé. Pris par son travail, il ne fait plus vraiment attention à son petit ami. Cependant, Kusaka lui révèle que la cause est tout autre: en effet, le salaryman a oublié une de ses promesses. Or, leur relation est basée sur la franchise et les promesses qu’ils se font…

En conclusion

Même si ce one-shot n’a pas été classé au Chill Chill BL award 2018, il apparaît dans les commentaires des lecteurs sur les meilleurs mangas accessibles. En effet, le scénario simple rend la lecture agréable. Mais j’apprécie énormément le traitement et le développement choisi par l’auteure qui dévoile peu à peu le contexte de la dispute. Un certain suspense se maintient jusqu’à la fin, rendant le quotidien calme de ce couple palpitant. Et puis, voir des trentenaires déjà en couple change un peu! A 32 ans, l’amour peut encore être pur!

D.S.P. Romeo 3 – Watanabe Asia

DSP romeo 3 watanabe asia

WATANABE Asia わたなべあじあ
ISBN: 9782375061923
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784909460349 (JP)
Junet, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

L’enfance de Kôyô Luna Starla.

Watanabe Asia sensei continue à développer son univers en présentant l’enfance de Kôyô. Elle donne beaucoup de détails sur la spécificité des Luna Starla. Elle partage la narration entre Aurora et Kôyô. L’abondance des informations, denses, demande une certaine concentration à la lecture. Il y a même des explications supplémentaires après la postface. Ainsi, l’auteure aborde la mort, la naissance, l’amour, la vie. Par ailleurs, elle invite indirectement à une réflexion écologique et poétique. En outre, elle semble s’inspirer de divers genres comme la science-fiction ou la fantasy. Nisshô donne une version originale de l’androgyne, modifiant son corps selon les besoins mais conservant une certaine virilité. Ce tome est complété à la fin par des commentaires sur l’artbook et les résultats d’un sondage amusant. En revanche, il faudra attendre le volume 4 pour découvrir réellement la suite du tome 2.

La mangaka soigne vraiment les expressions des visages. Par exemple, Kôyô, enfant, a une bouille adorable qui devient très expressive quand il boude. De même, elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les passages humoristiques. Les décors s’estompent pour ne pas trop surcharger la page, permettant de mettre en valeur les personnages. Watanabe sensei joue beaucoup sur les noirs et blancs et les clairs-obscurs. Elle utilise également quelques trames d’ambiance. La mise en page dynamique dégage une certaine poésie dans quelques planches. Même s’il n’y a pas de scène érotique, certaines poses exhalent une légère sensualité.

En résumé

Comme Kôyô a sombré dans le coma, Jade entre dans le liquide de Môlska pour tenter de le réveiller. En effet, le Luna Starla a plongé dans ses souvenirs d’enfance et se remémore les soins de Nisshô qui l’a mis au monde et l’a allaité en transformant son corps en femme. Aurora Âron Pilgim, un pèlerin Lycan, s’est immédiatement attaché à l’enfant. Il va même s’occuper de son éducation par la suite. Comme Kôyô a un don d’empathie et de télépathie, il est sensible au flux d’énergie de son nouveau tuteur. Leur lien devient donc très fort au fil du temps. Impressionné par les récits du Lycan sur ses recherches, le jeune Luna Starla jure alors de le protéger dès qu’il intégrera une patrouille.

En conclusion

Ce tome a obtenu la vingtième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2020. Et Kôyô LS Balte Romeo est aussi classé vingtième, pour le meilleur uke. Les commentaires sur l’artbook donnent envie de le découvrir. L’auteure s’excuse même auprès des traducteurs pour les mots qu’elle invente. D’ailleurs, il est amusant de lire la réponse du traducteur français. Je suis complètement subjuguée par l’univers complexe de la mangaka au point d’oublier le côté BL. Fans de fantasy, n’hésitez pas!

D.S.P. Romeo 2 – Watanabe Asia

DSP romeo 2 watanabe asia

WATANABE Asia わたなべあじあ
ISBN: 9782375061503
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784896442984 (JP)
Magazine magazine, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

L’amour contrarié de Jade et Kôyô malgré leur attirance mutuelle va-t-il se concrétiser un jour?

Après un premier tome centré sur Kôyô, Watanabe Asia sensei s’attarde un peu plus sur Jade. Elle débute son manga par une fiche de rappel, précisant l’âge de certains protagonistes. Elle maintient le suspense au fil du récit mais pose des indices à l’adresse des lecteurs leur permettant de découvrir les secrets de Kôyô avant Jade. En outre, Bardô entretient un lien particulier avec Diager et Kôyô, étant arrivé jeune dans la brigade. Sa piété presque filiale l’empêche donc de s’émanciper mais tout s’accélère avec le combat contre le basilic puis ses observations d’Îra et Diag. L’histoire principale se termine sur un cliffhanger insoutenable. L’auteure alterne la narration entre ses protagonistes. Elle développe trois chapitres bonus permettant d’approfondir les sentiments des personnages et leur passé. Elle donne un aperçu du triste destin des Lycans trop vieux en introduisant Krihl et Douglas.

La mangaka a toujours un trait aussi stylé. Elle les simplifie pour les passages humoristiques. Par exemple, les Lycans ont des têtes de chat trop adorables. De profil, les nez sont assez pointus. Les cils longs et épais soulignent les regards. De même, Watanabe sensei donne une certaine originalité aux vêtements, à la faune et la flore. Elle apporte un côté mignon aux slayers en ajoutant des oreilles à la capuche de leur uniforme. Malgré des trames variées, elle ne surcharge pas trop ses pages. La mise en page reste donc dynamique, accompagnant même les actions. Bien que détaillées avec des coupes intérieures, les scènes érotiques évitent de montrer explicitement les parties génitales en les occultant ou en simplifiant les traits. D’ailleurs, le découpage précis des ébats entre Jade et Kôyô donne quelques indices permettant d’anticiper la suite.

En résumé

Kôyô Luna Starla Balte Roméo (112 ans) a cédé aux avances de son sous-capitaine, Claudio Rikaon. Curieux de son lien avec Jade Bardô (33 ans), Rika lui demande quelques explications. En fait, depuis que Diager Diadelte a été blessé par un basilic, le jeune Lycan évite de toucher son supérieur. En effet, ils étaient absents durant l’attaque, Jade étant parti à la recherche de Kôyô, perdu et affaibli par ses chaleurs. Quand Bardô trouve Rika dans le bain avec Kôyô, il laisse exploser sa colère. En mission, quand un basilic attaque Braddy, le capitaine réagit immédiatement mais est blessé. Jade chute avec lui et le basilic dans un marais en tentant de le rattraper. Sous sa forme bestiale, il réussit tout de même à tuer l’animal. Son capitaine n’arrivant pas à se soigner, il lui donne alors de son sang. Pour calmer leur état d’excitation, ils finissent par coucher ensemble.

En conclusion

Ce tome a obtenu la huitième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2018. La couverture de l’art-book Romeo colors a également été classé troisième. Et Jade est le 14ème meilleur seme. En effet, malgré les nombreuses scènes érotiques, le scénario développé maintient le lecteur en haleine, avec un graphisme agréable. La souffrance de l’amour unique presque irréalisable quand on vit longtemps semble une réelle torture. J’ai juste envie de soutenir Jade et Kôyô!