L’amour tombé du ciel – Ueda Aki

l amour tombe du ciel ueda aki

UEDA Aki 上田アキ
ISBN: 9782368777329
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784866532271 (JP)
Core magazine, 2018 (JP)
Titre original: 恋が落ちたら
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Trouver le grand amour grâce à un caleçon tombé du ciel…

Ueda Aki sensei propose de suivre une romance pleine de sensibilité entre deux hommes blessés. Elle s’intéresse à l’usure des séparations et du rejet de l’autre, à la peur de commencer une nouvelle relation et à la force des reproches dans une relation. Elle travaille beaucoup les caractères de ses personnages. Ainsi, la délicatesse de Hishimoto est contrebalancée par sa nonchalance et sa maladresse. De même, Ise aime prendre soin des autres mais a tendance à vouloir tout contrôler. L’auteure alterne la narration entre ses deux héros. Elle a une approche réaliste. Toutefois, elle apporte une petite touche amusante en démarrant et concluant son récit sur une histoire de caleçons. Les deux héros apprennent à se connaître en sortant ensemble, en se séduisant, en discutant mais ils se redécouvrent également. D’ailleurs, le couple s’entraide rapidement dans les tâches ménagères, permettant de vite développer une certaine complicité.

La mangaka a un trait anguleux parfois dédoublé pour donner de l’épaisseur. Elle rend parfaitement bien les différences graphiques des tranches d’âge. D’ailleurs, elle met bien en avant la plastique des deux héros. Certains angles de vue sont même recherchés. La mise en page est dynamique. Ueda sensei censure peu les scènes érotiques. Elle détaille bien les préliminaires et pense toujours à montrer qu’ils ont des relations protégées. Elle cache tout de même certains détails génitaux avec de fines bandelettes blanches ou en occultant quelques traits. Les illustrations de début de chapitre représentent des moments tendres ou des poses séduisantes des personnages. Ces derniers en SD qui apparaissent à la fin du chapitre 3 ou sur le revers de la jaquette sont tellement adorables.

En résumé

Un soir, Ise Yûki se dispute en pleine rue avec son petit ami qui finit par le quitter. Assis sous un arbre, il désespère alors de toujours se faire avoir par ce genre de mec qui ne fait rien à la maison mais lui reproche ensuite d’être comme une mère. Soudain, un caleçon fraichement lavé lui tombe sur la tête. Arrive Hishimoto Takafumi qui l’a fait tomber en voulant étendre son linge. Remarquant sa tristesse, il le réconforte. Les jours suivants, Ise constate que l’arbre se recouvre de plus en plus de caleçons. Croisant leur propriétaire, il lui offre donc son aide pour les récupérer. Mais en découvrant le capharnaüm de son appartement, il lui propose de faire le ménage. Hishimoto accepte volontiers de participer. Mais en attendant la fin de la lessive, il lui révèle alors être attiré par lui…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la huitième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019. Avec une histoire douce, sensible, ancrée dans la réalité et des personnages très attachants, il ne pouvait que conquérir mon cœur! J’apprécie beaucoup le trait légèrement incisif de l’auteure et sa facilité à montrer le bonheur des petits moments du quotidien, comme une sieste sur le canapé, faire la vaisselle à deux… D’ailleurs, je retrouve le même développement en douceur des sentiments que dans A beautiful sunny day. Lisez donc ce titre! C’est tout simplement du bonheur!

Un nom, pour nous deux 2 – Agata Ito

un nom pour nous deux 2 agata ito

AGATA Ito あがた愛
ISBN: 9782368777442
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784813032380 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Titre original: 僕等に名前をつけるなら 下
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« Je peux prendre ta première fois, grand frère? »

Agata Ito sensei continue sa romance incestueuse. Comme dans le premier tome, la narration donne principalement le point de vue de Toosaka. Cependant, le chapitre spécial et le chapitre bonus se concentrent sur Kaoru et permettent de découvrir un peu son passé. Contrairement à son aîné qui se sent homosexuel dès le départ, il s’interroge sur sa sexualité et ses sentiments envers son frère. De même, il patiente et respecte les hésitations d’Izumi, lui laissant le temps de prendre ses décisions en gardant une certaine distance et en n’imposant pas ses désirs. L’auteure analyse avec précision leurs émotions. En plus de leur relation particulière, elle ajoute les interrogations classiques du regard extérieur de la société sur les couples gay. Malgré l’interdit, les deux héros vont assumer leur relation.

La mangaka fait attention aux détails, aux petits gestes et aux regards fuyants. Par exemple, elle ajoute en commentaire avoir attaché beaucoup d’importance à la coloration des cheveux de Kaoru qui s’estompent, mais je trouve que le changement de trames est très discret et se remarque peu. En revanche, dans le chapitre spécial, ce détail permet de se repérer dans l’enchainement des flash-back. Par ailleurs, Agata sensei utilise beaucoup de trames différentes, assombrissant parfois les pages. Les décors sont toujours aussi présents. La mise en page reste classique. Dans les scènes érotiques, de fines bandelettes blanches censurent les parties intimes.

En résumé

Au petit matin, alors que Yano Kaoru déclarait ses sentiments à son grand frère tout en le touchant, il reçoit l’appel de Sekiya, une collègue de sa mère. Cette dernière a été conduite à l’hôpital suite à un accident. Inquiet, il décide d’aller la voir à Kyoto, son beau-père étant injoignable. Toosaka Izumi l’accompagne alors. Bien que voyant sa mère après tant d’années, l’aîné ne lui révèle pas son identité et culpabilise soudain de ses sentiments pour son cadet. Pourtant, elle semble le reconnaître. De passage à la maison familiale Yano, Izumi remarque alors que Kaoru a conservé précieusement leurs photos d’enfance. Se demandant pourquoi il ne lui avait pas transmis sa nouvelle adresse, son petit frère lui avoue avoir éprouver de la jalousie en le voyant dans la rue avec son ex petit ami. Il a alors tout fait pour le retrouver.

En conclusion

Bien que l’auteure aborde le sujet avec justesse, je trouve qu’il manque un peu de profondeur, en particulier sur l’avenir du couple. Le récit se termine sur un happy end. Néanmoins, alors que le déroulement semble tout de même relever du fantasme, l’approche réaliste brouille le message de la mangaka. Hormis leur situation familial, ce titre se résume donc à une simple romance lycéenne. Certains lecteurs risquent d’être choqués par la conclusion. Pour moi, cela reste tout de même une fiction agréable à lire.

Un nom, pour nous deux 1 – Agata Ito

un nom pour nous deux 1 agata ito

AGATA Ito あがた愛
ISBN: 9782368777435
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784813032373 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Titre original: 僕等に名前をつけるなら 上
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« J’aurais préféré ne pas savoir qu’il était mon frère… »

Agata Ito sensei propose de suivre un amour incestueux entre deux frères séparés depuis l’enfance qui se retrouvent dans la même chambre. La narration se concentre principalement sur Izumi, sauf dans le chapitre bonus qui partage les sentiments du jeune Kaoru après la séparation. Comme Yano est méconnaissable, son grand-frère, homosexuel, a le temps de tomber sous son charme avant de réaliser qui il est. Il se retrouve donc tiraillé entre ses sentiments, la peur de l’interdit, son complexe d’être homosexuel et le bonheur de retrouver un frère. N’ayant pu expérimenter les liens fraternels, il s’interroge énormément sur sa position par rapport à Kaoru : aîné, senpai ou amant. D’ailleurs, l’auteure joue sur cette frontière ténue. Elle essaie de donner un ton réaliste à son récit. Elle aborde avec finesse le sujet de l’inceste et le conflit intérieur que cela engendre.

La mangaka a un trait épuré assez classique rappelant le style shôjo. Néanmoins, son dessin est plutôt beau. Par exemple, la canine de Kaoru qui dépasse légèrement lui donne un petit air coquin. Les décors soignés sont très présents. De même, les trames très variées servent principalement à ombrer ou colorer. La mise en page reste sobre et classique avec quelques ellipses et fonds noirs. De fines bandelettes blanches censurent les parties intimes.

En résumé

A chaque rentrée, Toosaka Izumi rêve du dernier jour qu’il avait partagé avec son petit frère Kaoru avant que leurs parents divorcent. Il n’a plus de nouvelles de lui depuis déjà trois ans. Actuellement chef du dortoir dans l’internat de son lycée, il croise un futur résident venu en repérage. A sa surprise, Yano Kaoru se retrouve le lendemain affecté dans sa chambre. Homosexuel, Izumi avait eu une aventure avec son ancien colocataire mais leur relation n’a pu aboutir. En effet, il semble complètement bloqué au moment de passer à l’acte. Étrangement, il s’entend très bien avec Yano qui se montre tactile et prévenant. Pourtant, son ami Hibino lui fait remarquer que Kaoru est froid et distant avec les autres. Pourquoi ce traitement de faveur ? Et pourquoi le parfum du nouveau venu lui semble si familier ?

En conclusion

Ce tome a obtenu la troisième place du meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2020. Alors qu’en France cette histoire peut sembler invraisemblable, c’est tout à fait plausible au Japon. En effet, en droit japonais, la garde alternée n’existe pas pour les divorces. De même, le droit de visite n’est pas respecté. Ainsi, beaucoup d’enfants de parents divorcés perdent tout contact avec leurs frères ou sœurs si ils sont répartis entre les parents. En plus, l’adoption de l’enfant par le nouveau conjoint se fait sans en informer l’autre parent biologique. D’où le changement de nom de famille de Kaoru suite au remariage de sa mère. Il est donc tout à fait logique qu’Izumi ne reconnaisse pas forcément son frère. Malgré un traitement du sujet sérieux, le récit semble assez classique. Mais le suspense de la fin du tome donne envie de vite découvrir la suite!

Twilight outfocus – Jyanome

twilight outfocus jyanome

Jyanome じゃのめ
ISBN: 9782368777251
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784065160664 (JP)
Kodansha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Quand un amour à sens unique a soudain une chance de se concrétiser…

Jyanome sensei offre une douce romance lycéenne, à suivre à travers l’objectif d’une caméra. Elle décrit avec justesse le tournage amateur d’un film en milieu scolaire, entre organisation, problèmes, accidents, tension. Hisashi et Mao, bien qu’attirés mutuellement, essaient de protéger leurs promesses. Toutefois, leurs sentiments s’exacerbent au fur et à mesure du tournage. Ainsi, l’auteure développe avec finesse le rapprochement entre les deux amis colocataires, les différentes émotions qui se transforment comme la jalousie, la possessivité ou l’inquiétude. En outre, elle dévoile l’essentiel du passé douloureux d’Ôtomo permettant de comprendre son côté calme et résigné. Elle met également en scène des personnages secondaires au caractère singulier. La narration alterne entre les deux héros. D’ailleurs, leur relation se base sur la discussion et le consentement.

La mangaka a un trait fin, légèrement épuré, avec une touche réaliste. Elle travaille les yeux d’une manière intéressante, avec plusieurs traits pour les cils, et dessine des regards souvent baissés. En plus, elle joue beaucoup sur des effets de caméra, rendant les points de vue à travers l’objectif ou les déformations qui apparaissent avec des gros plans. Il y a donc beaucoup d’angles de vue originaux. D’ailleurs, les cadrages reprennent souvent un découpage cinématographique. Dans certaines vignettes, les personnages semblent poser avec des déhanchés sexy. Jyanome sensei met en avant la plastique de ses personnages. Elle équilibre l’utilisation des trames, entre ambiance, ombre et coloration. Par ailleurs, la mise en page rythme la lecture. Les scènes érotiques ne sont pas censurées mais le choix des angles de vue ne montre aucune partie trop intime. Sous la jaquette, des fiches personnages donnent plus de détails sur les héros.

En résumé

Ôtomo Hisashi et Tsuchida Mao partagent la même chambre au dortoir Hiiragi du lycée Midorigaoka. Tous deux en première, ils se sont promis, via une vidéo, de ne pas révéler que Hisashi est gay et a un petit ami, de ne pas considérer son colocataire comme un partenaire potentiel et de respecter les moments d’intimité de l’autre. Dans le club de cinéma cette année, Ichikawa Giishi a décidé de tourner une romance BL pour un concours. Mais, désirant Ôtomo dans un des rôles, il charge donc Mao de lui demander. Cependant comme le cameraman du club n’y arrive pas, ayant peur que son ami pense qu’il ait rompu leur promesse, le réalisateur le fait alors lui-même. A la surprise de son colocataire, Hisashi accepte volontiers.

En conclusion

Ce manga a obtenu la huitième place au classement du Chill Chill BL award 2020. Certains lecteurs auront peut-être du mal avec le graphisme déformé par certains angles de vue. Pour ma part, je me suis vite habituée. En plus, l’histoire est douce et touchante. Néanmoins, même si l’approche graphique est originale et le scénario réaliste, cela reste tout de même une romance étudiante assez classique. Par exemple, l’auteure n’a pas développé le passé marquant de Hisashi. Elle a toutefois continué son récit avec un recueil regroupant des chapitres spéciaux sur son titre, Twilight outfocus overlap, puis un spin-off mettant en avant le passé d’Ichikawa Giichi, Zanzo slow motion. J’espère que ces deux nouveaux titres auront également droit à une traduction française.

Anti alpha – Okuda Waku

anti alpha okuda waku

OKUDA Waku 奥田枠
ISBN: 9782368777374
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784403666841 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Un omega élevé comme un alpha se bat pour résister à son instinct.

Okuda Waku sensei modifie un peu les codes de l’omegaverse. Elle s’intéresse particulièrement au conflit intérieur qui assaille un omega élevé comme un alpha: la perte de ses repères, les sensations lors des chaleurs, son attirance, la confrontation entre raison et instinct. Ainsi Kamishiro, s’étant forgé un fort caractère, essaie de résister à ses pulsions. De même, bien qu’alpha super dominant, Sena semble plus prévenant que son oncle. La narration alterne entre Rei et Yûjin, permettant de découvrir leurs réflexions et sentiments. L’auteure montre comment un amour sincère permet d’aller à contre-courant des jugements génétiques ou même des normes décidées par une société. Même si elle donne une relation au consentement peu clair dans le couple, elle s’attarde sur l’évolution de leurs sentiments. Elle offre une histoire bonus en fin de tome, avec les personnages à 25 ans.

La mangaka a un trait épuré particulier, à la fois anguleux et souple. Elle dessine des personnages finement musclés, avec des corps longilignes, presque tous ikemen. Elle préfère utiliser les contrastes noir et blanc donnant une touche dure et dramatique à ses planches. D’ailleurs, les trames servent principalement à ombrer ou transcrire l’ambiance. De même, les décors situent surtout l’action. Ainsi, la mise en page reste dynamique. Okuda sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même les détails, ses personnages accompagnant certains passages d’un langage assez cru.

En résumé

Afin d’éviter les problèmes de discrimination entre alpha, beta et omega, les écoles ont été séparées pour accueillir un seul genre. Dès le plus jeune âge, des tests ADN permettent aussi de déterminer le partenaire potentiellement compatible comme une âme sœur. Dans un lycée d’élite réservé aux alphas, Sena Yûjin se démarque des autres, considéré comme supérieur. Il en profite pour facilement coucher avec le médecin scolaire Tôjô, le seul omega présent dans l’établissement pour soulager la libido des lycéens. Kamishiro Rei se présente comme son rival. En effet, il est secrètement amoureux de son meilleur ami omega, Hanai Shion, malheureusement destiné à épouser Sena. Mais un jour, alors qu’il surprend Yûjin en pleins ébats avec Tôjô, il entre en chaleur. Il apprend alors par ses parents qu’il est en réalité un omega. Découvrant son secret, Rei lui propose donc de garder le silence à condition qu’ils couchent exclusivement ensemble…

En conclusion

Ce one-shot est cité dans les meilleurs séries au scénario captivant au Chill Chill BL award 2020. D’après les commentaires des lecteurs, ils apprécient surtout de voir un omega se rebeller contre les conventions établies ou résister à ses pulsions, dans cet amour destiné. Malgré le grand nombre de scènes érotiques, l’auteure propose une réflexion sur le comportement d’un omega face à un alpha, avec le risque de perte de contrôle de soi. J’apprécie le couple qui essaie de résister à ses pulsions et qui s’ouvre peu à peu à l’amour.

Lost virgin – Nagi Wataru

lost virgin nagi wataru

NAGI Wataru 那木渡
ISBN: 9782368777619
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801965553 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Un homosexuel refoulé trouve le grand amour avec un travesti.

Nagi Wataru sensei propose de suivre un couple original avec un acteur homosexuel inavoué, Emoto Takeru, et un travesti, Kirishima Chôji, alias Chôko. La narration donne le point de vue d’Emoto, qui a développé une violente homophobie. Les deux artistes, légèrement perdu dans leur sexualité, vont évoluer ensemble. Ainsi, Chôji est très ouvert comparé à son partenaire qui s’interroge beaucoup sur ses sentiments. L’auteure s’intéresse donc aux problèmes d’identité sexuelle, aux réactions violentes que peut engendrer un rejet, à la difficulté de distinguer réalité et fiction. Elle développe le passé d’Emoto pour mieux comprendre ses réactions. De même, elle oppose le comportement de Kirishima avec celui de Matsuzaka Keishi, jouant sur le contraste de leur carrure. Chôji et Takeru préfèrent partager le plaisir dans leurs rapports charnels. Un chapitre met en avant les héros de Passions réfrénées, permettant de découvrir ce qu’ils sont devenus six mois plus tard.

La mangaka a un trait épuré et plutôt fin. Elle utilise beaucoup de trames variées ainsi que quelques trames d’ambiance plus graphiques. Cependant, elle essaie de rester réaliste. Certaines cases offrent des angles de vue originaux. Pourtant, la mise en page est déjà très dynamique. Nagi sensei ne censure pas du tout les scènes érotiques. Elle les détaille même avec des angles de vue mettant parfois en valeur les attributs masculins. Elle inclut également quelques coupes intérieures. A la fin de certains chapitres, une planche humoristique avec Chôko en héroïne nous apprend un peu de vocabulaire et dévoile les goûts du travesti.

En résumé

Emoto Takeru, acteur en vogue, affiche clairement son homophobie devant son nouveau manager Nishizawa ou avec le travesti vedette Chôko, alias Kirishima Chôji. En réalité, il refoule désespérément son homosexualité. Depuis qu’il a agressé Wakamiya Kurama à l’université, il cherche à s’excuser auprès de lui. Comme le jeune homme est devenu un styliste réputé, il n’ose pas l’aborder, passant pour un stalker. Mais quand Chôko l’oblige à s’expliquer en partageant un verre dans un bar, il finit par révéler qu’en tant qu’homosexuel inavoué, il a du mal avec les personnes assumant leur sexualité différente. Ivre, il se laisse alors cajoler par le travesti et finit même par coucher avec lui…

En conclusion

Ce spin-off a obtenu la neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020. Même si les sentiments des personnages se développent vite, il est agréable de voir un homophobe se remettre en question et mettre des mots sur son mal-être au fur et à mesure qu’il s’épanouit dans une relation amoureuse partagée et rapidement consentie. De même, j’apprécie Chôji à la virilité débordante mais qui se contient pour ne pas brusquer son amant. Leur amour et leurs ébats sont aussi torrides que leurs sentiments longuement refoulés. L’auteure arrive réellement à traiter des thèmes sérieux tout en intégrant un grand nombre de scènes érotiques. Personnellement, j’adore, tout simplement!

L’étoile de l’amour – Suzumaru Minta

l etoile de l amour suzumaru minta

SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782368777527
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784864423465 (JP)
Tokyomangasha, 2018 (JP)
Titre original: 落花流水のホシ
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

La tendresse humaine est le meilleur médicament contre la solitude, l’amour est encore mieux!

Suzumaru Minta sensei offre une douce romance entre un policier qui aime prendre soin des gens et un étudiant dépressif. Elle questionne sur la difficulté à surmonter le deuil, la solitude et la dépression. D’ailleurs, elle met particulièrement en avant la force de la tendresse humaine. Ainsi, les sentiments du couple naissent au fil des échanges, des petites attentions et des discussions. Plus qu’un soutien, Gôtarô veut réellement aider Akihito à s’en sortir en cherchant la cause de son mal-être. L’auteure sème divers évènements qui permettent de galvaniser les sentiments. Par ailleurs, elle détend un peu l’atmosphère avec Jun, l’oncle surprotecteur. Elle développe également les différentes qualités de ses personnages. Le couple prend donc son temps et le consentement dans leurs rapports met en avant leur différence d’âge et d’expérience.

La mangaka a un trait fin et épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Les yeux deviennent alors de simples points ou de grands ronds, donnant une touche mignonne aux personnages. Pourtant, elle préfère travailler les expressions entières des visages. Les décors sont détaillés et les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page est dynamique, avec quelques angles de vue marquants. Suzumaru sensei ne censure pas les scènes érotiques. Ainsi, elle joue principalement sur les angles de vue pour ne pas trop montrer de détails, privilégiant le partage des sentiments. Sous la jaquette, elle donne des fiches personnages commentées par les héros dans une planche au verso. D’ailleurs, la postface se résume à une case. La couverture a obtenu la quatrième place au classement du Chill Chill BL award 2019.

En résumé

Le policier Sumeragi Gôtarô (28 ans) vient d’être transféré sur une petite île. L’officier de patrouille en chef, Inoue Ryôko, souhaite qu’il enquête sur Kuze Akihito (19 ans), qui passe des nuits de débauche à coucher à tout va. Pour lui faciliter la tâche, il loge donc dans le grand manoir du jeune homme. Dès le premier soir, le policier intervient en faisant fuir un homme marié et père de famille, le surprenant en pleine action. Mais cela énerve Akihito. Cependant, Gô remarque que le jeune homme ne semblait pas apprécier ces ébats. En plus, au bout d’une semaine, ce dernier semble devenir absent. Le policier décide alors de mener l’enquête pour comprendre les raisons de ce comportement.

En conclusion

Une romance simple mais belle et touchante. J’adore le traitement des sujets et des relations par l’auteure. Elle arrive à me surprendre en faisant découvrir le vrai caractère d’Akihito qui ressort petit à petit alors qu’il commence à surmonter sa dépression. Son côté fonceur confronté à la patience de Gô est tellement amusant. Bref, ce one-shot confirme mon coup de cœur pour cette mangaka, même si Golden sparkle reste mon titre préféré pour l’instant.

10 dance 4 – Inoue Satoh

10 dance 4 inoue satoh

INOUE Satoh 井上佐藤
ISBN: 9782368777336
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784065114667 (JP)
Kodansha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Après un baiser dans le feu de l’action, les deux danseurs se perdent dans leurs sentiments.

Inoue Satoh sensei s’intéresse un peu plus à l’évolution de la relation entre Suzuki et Sugiki. Les deux hommes réalisent peu à peu leur attirance mutuelle mais leur passion de la danse les freine. Justement, le danseur de danse latine va énormément changer, suite à sa rencontre avec les champions mondiaux de danse latine, Alberto et Dolores Bemer. Grâce à ce couple, l’auteure développe les différences entre les formations, l’esprit de compétition, l’investissement physique et psychologique que demande la préparation. En parallèle, elle montre les difficultés à concilier vie privée et entrainement intensif, l’importance de la connexion entre partenaires de danse, l’influence du guidage et le lien entre les différents types de danses. Elle dévoile également l’enfance et l’adolescence de Suzuki, abordant légèrement la culture cubaine et les contraintes sociales et politiques de ce pays. L’histoire bonus hilarante met en scène les danseurs découvrant les bas résille.

Comme dans le tome précédent, la mangaka travaille avec soin les détails comme les changements et les petits gestes. Ainsi, elle rend parfaitement les conversations du regard entre les personnages. De même, elle joue sur les différentes expressions de Fusako, ajoutant même un chapitre où la danseuse doit s’entraîner. Les mouvements de danse sont toujours bien découpés. Le ressenti des personnages et les connexions s’expriment même de manière figurée. D’ailleurs, les trames d’ambiance arrivent aussi à transcrire les conflits intérieurs, contrastant avec les images. Inoue sensei fait apparaître des grenouilles autour de Sugiki pour transcrire les questionnements : l’humour graphique devient donc discret. Sous la jaquette, elle offre une histoire délirante avec Félix, l’ami d’enfance de Suzuki.

En résumé

Suzuki Shinya a du mal à réaliser qu’il a embrassé Sugiki Shinya. Cela le perturbe au point de perdre sa concentration à l’entrainement. En plus, Sugiki ayant l’habitude de fréquenter des homosexuels depuis l’enfance, est persuadé que son ami est gay. Les deux hommes redoutent de se voir au cours suivant. Yagami Fusako commence à trouver leur comportement louche. Mais face à un Sugiki nonchalant, Suzuki ressent à la fois de la peine et une certaine frustration. A la pause, Sugiki apprend alors par Aki que Shinya n’a aucune attirance pour les hommes. Alors pourquoi ce baiser fougueux ?

En conclusion

Ce tome a obtenu la onzième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2019. La romance s’accélère mais la compétition approche. Ce couple qui se tourne autour est tellement craquant. Le comportement contradictoire de Suzuki, avec son machisme confronté à ses sentiments, est hilarant. Vive la danse !

O.B. 2 – Nakamura Asumiko

ob 2 nakamura asumiko

NAKAMURA Asumiko 中村明日美子
ISBN: 9782368775349
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784863494114 (JP)
Akaneshinsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

En route vers le bonheur!

Nakamura Asumiko sensei continue de dévoiler ce que deviennent les personnages secondaires de sa série. Elle donne juste quelques tranches de vie concluant l’évolution de leur relation. Elle aborde quelques questionnements comme la différence de point de vue sur le coming out à la famille selon l’âge, l’officialisation d’une relation avec le mariage (ou l’adoption selon le département au Japon), la position durant les rapports charnels difficile à déterminer quand on suit des principes sociétaux, la vie en commun. Sajô et Kusakabe semblent enfin sur la même longueur d’ondes, prêts à avancer main dans la main. Malgré un côté un peu naïf, chaque couple trouve le bonheur. L’auteure termine donc leurs aventures sur une touche tendre et positive.

La mangaka a un trait moins dépouillé mais son style reste tout de même reconnaissable. Ainsi, elle agrandit les yeux, plus ronds. De même, elle n’hésite pas à exagérer les expressions pour les renforcer. Les trames servent principalement à ombrer et colorer. Nakamura sensei en utilise peu, mais ajoute maintenant les ombres des visages. Les flash-back intégrés au récit sont repérables par de simples ellipses. La mise en page reste toujours dynamique avec une grande variété d’angles de vue et un découpage mettant beaucoup en avant les détails comme les petits gestes ou les regards. Les scènes érotiques s’arrêtent aux préliminaires. Des croquis illustrent la fin du chapitre par un objet ou moment fort, comme un souvenir.

En résumé

Arisaka Satoshi est nerveux de rencontrer sa fille qui va bientôt se marier Quand elle l’interroge sur sa situation sentimentale actuelle, il hésite à lui avouer son homosexualité. Mais la question fait remonter les souvenirs de sa rencontre avec Sano Hibiki. Il décide alors de lui présenter son partenaire actuel qui l’attendait dans le quartier. D’abord choquée, la jeune fille fuit ses excuses mais il la suit pour s’expliquer. Le soir, Hibiki lui demande à rester la nuit et le professeur accepte pour la première fois…

En conclusion

Ce tome a obtenu la neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2015. L’auteure intègre enfin des thèmes plus consistants mais les survole pour se consacrer au partage du bonheur de ses personnages. Je me sens donc un peu frustrée mais également heureuse à la lecture de ce dernier tome.

O.B. 1 – Nakamura Asumiko

ob 1 nakamura asumiko

NAKAMURA Asumiko 中村明日美子
ISBN: 9782368775332
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784863494107 (JP)
Akaneshinsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Le devenir de Kusakabe, Sajô et leurs connaissances après la remise des diplômes.

Après Doukyusei et Sotsugyosei, Nakamura Asumiko sensei élargit son univers en présentant quelques tranches de vie des différents personnages. A l’université, Sajô s’émancipe et trouve même deux amis avec qui partager son secret : Kinosaki et Miyamura. L’humour se fait plus discret. L’auteure suggère toujours les sentiments et les changements graphiquement. Elle n’approfondit pas vraiment les sujets qu’elle aborde mais invite les lecteurs à observer l’évolution des personnages et de leurs sentiments. Elle s’intéresse au passé de Koma en introduisant Motohashi Ryûichi, un bisexuel pratiquant le sexe libertin. Par ailleurs, elle montre les peurs d’Arisaka de rencontrer sa fille. En outre, on remarque que les professeurs de sa série sont intègres et restent dans une relation platonique tant que leur petit ami est mineur.

Comparé à Sora & Hara, la mangaka a encore fait évoluer son trait toujours épuré mais moins dépouillé. Elle travaille plus précisément les yeux et le nez, les visages ont des formes plus variées, les mentons sont un peu plus pointus. Néanmoins, les personnages sont toujours autant longilignes. Nakamura sensei rend bien l’âge et le vieillissement des protagonistes. Elle exagère les expressions et certains mouvements, donnant une touche humoristique. Malgré le contraste noir et blanc, les planches ont une dominance claire. La mise en page reste dynamique. Les scènes érotiques évitent de montrer les parties intimes grâce aux cadrages. Toutefois, pour les passages plus sulfureux dans l’histoire de Koma, des ombres blanches sur fond noir suggèrent quelques détails. Des croquis illustrent les fins de chapitre. La couverture a été classée troisième au Chill Chill BL award 2015.

En résumé

Après trois semaines d’absence, Kusakabe vient voir Sajô à Kyoto comme prévu. Mais débordé par la préparation d’une présentation, son petit ami avait complètement oublié. Le musicien lui propose alors de s’arranger pour revenir une autre fois mais l’étudiant le retient. Il reste donc à ses côtés pendant qu’il travaille, lui préparant le café ou le massant de temps en temps. Le soir, constatant qu’il s’endort, Sajô l’invite à aller se coucher sans l’attendre. Et le matin à son réveil, Kusakabe retrouve son bien aimé collé contre lui…

En conclusion

L’auteure continue à narrer ce que devient son couple fétiche et leurs amis. La couverture n’a rien à voir avec le contenu puisque Sajô est à l’université et Kusakabe cumule des petits boulots en parallèle de la musique. Mais je trouve intéressant de découvrir un peu plus les personnages secondaires, ainsi que constater que l’élève modèle continue à changer, doucement mais sûrement.