Mon cher roi démon – Soutome Emu

Couverture de Mon cher roi démon de Soutome Emu, éditions Taifu

SOUTOME Emu 五月女えむ
ISBN: 9782375065525
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526584 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Titre original: 親愛なるわが魔王へ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je vais devoir vérifier la magie qui contrôle les sentiments. »

Soutome Emu sensei narre une douce romance entre un roi démon et un griffon qu’il a d’abord élevé. Ainsi elle interroge sur l’amour parental, amical et amoureux. Elle installe rapidement son univers et dévoile les détails à travers les discussions. D’ailleurs, la narration alterne entre Topaze et Rubis. Malgré son puissant pouvoir, le roi démon a la fâcheuse tendance à se surmener, faisant passer les autres avant lui. Le griffon, quant à lui, prend soin de son père adoptif et préfère cacher ses sentiments amoureux. Leurs amis, le magicien Jade et son compagnon Perle, les soutiennent, devenant leurs confidents. Le comportement violent et avide des humains se confronte à des êtres fantastiques qui n’aspirent qu’à la paix. Par ailleurs, l’autrice montre le double tranchant de la pression. Elle aborde le sacrifice de soi, les choix douloureux parfois nécessaires. Avec la forme animale de Topaze, elle s’attarde sur l’influence de l’instinct.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les nombreuses trames sont très variées. Toutefois, des hachures soulignent également les ombres fortes. Les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés sont très présents. La mise en page très dynamique joue sur les absences de cadre et les angles de vue variés. Soutome sensei s’attarde sur les petits détails, semant des indices au fil des pages. Elle s’inspire de différents costumes, monstres et univers fantastiques pour créer son propre monde. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Sur l’île des démons et des pierres précieuses, il y a quarante ans, le très puissant roi des démons Rubis a recueilli un œuf de griffon abandonné. Grâce à sa magie, Topaze a alors pris une forme humaine. Maintenant adulte, il prend soin du roi des démons qui s’épuise à ressusciter les démons morts durant la guerre contre les humains. Il réprime au mieux ses sentiments amoureux mais aimerait ne plus être considéré comme un enfant…

En conclusion

Bien que Soutome Emu sensei aille à l’essentiel avec quelques raccourcis, les explications contées collent parfaitement au récit. Elle alterne tension, humour et émotions. En effet, elle dépeint avec finesse les sentiments des personnages. D’ailleurs, le couple avance à son rythme respectant le consentement entre eux. Le graphisme est expressif et agréable. J’aime beaucoup la dynamique entre Rubis et Topaze. Une lecture charmante!

Le regard de la bête – Shinou Ryo

couverture de Le regard de la bête de Shinou Ryo, éditions Taifu

SHINOU Ryo 紫能了
ISBN: 9782375065518
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801982161 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Titre original: キミが獣になれるまで
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je t’avais bien dit que je te soumettrai à moi, non? »

Shinou Ryo sensei propose un dom/sub avec une vraie relation sado-masochiste, y ajoutant au passage quelques touches personnelles. Ainsi, elle intègre ses explications au fil du récit. Elle aborde donc la question du consentement, le difficile contrôle des pulsions et la place des sentiments face à l’instinct. Les médecins Mashinome Tsukasa (dom) et Ikari Jin (switch) dévoilent au fur et à mesure les spécificités de la mutation de Minoru. En effet, Kageshita développe deux personnalités contradictoires selon qu’il est normal ou dom. Aki, quant à lui, culpabilise de ne pas satisfaire suffisamment son ami. Malgré des sentiments réciproques, le couple peine à trouver un équilibre. Par ailleurs, l’autrice enrichit son univers avec des effets secondaires suite à une transformation instable. Elle questionne sur le besoin de possession du point de vue du dominant et du soumis. Elle joue également sur les limites de la violence, créant constamment de la tension.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions. Les trames sont nombreuses tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page très dynamique utilise les superpositions, les angles de vue variés, les sorties de vignettes ou même l’absence de cadre. Ainsi, Shinou sensei s’attarde sur les détails. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des hachures et offre même une scène par chapitre. En début de tome se trouvent les explications sur le dom/subverse ainsi que les spécificités inventées par l’autrice. Des fiches personnages permettent de découvrir quelques secrets en fin de tome.

En résumé

Un soir, alors que Haruki Aki (sub) s’apprêtait à coucher avec un dom dans un parc, ils sont interrompus par le regard de bête d’un autre dom encore plus puissant. Suite à la soudaine réduction de sa bourse universitaire, le sub cherche un petit job et postule alors à un test clinique pour des inhibiteurs. Malheureusement, il doit absolument être accompagné d’un dom. Durant sa recherche, il rencontre son ami d’enfance Kageshita Minoru (normal), qui le soumet soudain par des phéromones. Ce dernier a par ailleurs le même regard de bête que le dom qu’Aki avait croisé quelques jours auparavant. Pourquoi?

En conclusion

Ce tome obtient la huitième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2024. Ce one-shot épais permet à Shinou Ryo sensei de bien développer son scénario, entre tension et érotisme. La touche SM apporte vraiment un plus au récit, collant parfaitement au dom/subverse. Son graphisme sensuel sublime également les interactions entre les personnages. Je suis subjuguée par la relation du couple, à la fois attendrissante et entraînante. J’aimerais par ailleurs découvrir un jour l’histoire des médecins. Si les scènes SM ne vous dérangent pas, je vous recommande ce dom/sub. Un coup de cœur!

Filled by twilight 1 – Uno Yukiaki

Couverture de Filled by twilight 1 d'Uno Yukiaki, éditions Taifu

UNO Yukiaki 宇野ユキアキ
ISBN: 9782375065211
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526607 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

« Si moi, je ne te pardonne pas, qui d’autre le pourra? »

Uno Yukiaki sensei narre une romance dramatique, sur fond d’enquête et de vengeance. Elle ajoute une touche fantastique avec des techniques ancestrales plus proches de la magie. Pour l’instant, elle installe principalement le contexte et les protagonistes. Ainsi, les deux anciens amis ont un caractère opposé, mais également des techniques qui se complètent. Shen Feng recherche pénitence tout en menant l’enquête. Xiao Xing semble mettre de côté son ressentiment et détend au passage l’atmosphère souvent tendue. Leurs sentiments d’abord suspendus suite à leur séparation, reprennent comme si de rien n’était et évoluent vers une attirance mutuelle. L’autrice sème au fil des chapitres des indices permettant aux lecteurices de faire leurs propres conjectures.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors situent principalement l’action. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, la mise en page est simplement dynamique. Uno Yukiaki sensei s’inspire vaguement du style chinois ancien pour les vêtements et l’architecture.

En résumé

Shen Feng admire depuis l’enfance Xiao Xing. Doué pour les arts martiaux, il améliore ses techniques auprès de son maître et ami. Mais quelques années plus tard, sur les ordres de son père, Shen Feng élimine toute la famille de Xiao Xing. Toutefois, il ne peut se résoudre à éliminer son ami. Cinquante ans plus tard, le chef de famille des Shen meurt assassiné. Et les indices semblent désigner les techniques de la famille Xiao…

En conclusion

Uno Yukiaki sensei propose un scénario intéressant mais se perd un peu dans la narration. Elle enchaîne les évènements et fait des raccourcis un peu précipités, alors que ce tome est plutôt introductif. L’univers est par ailleurs peu développé. Le graphisme reste agréable, avec des personnages aux physionomies variées. Je trouve le lien entre les deux héros un peu léger surtout après leur passé dramatique. Mais je suis tout de même curieuse de découvrir la suite.

Sleeping on the paper ship 1 – Yatsuda Teki

Couverture de Sleeping on the paper ship 1 de Yatsuda Teki, éditions Taifu

YATSUDA Teki 八田てき
ISBN: 9782375065198
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784829686881 (JP)
France shoin, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« J’étais définitivement possédé par ce dieu de la mort. »

Yatsuda Teki sensei mêle réalité et fiction, incluant également des évènements historiques à son récit. Elle brouille volontairement la première impression des lecteurs sur les personnages en dévoilant des facettes différentes au fil du récit, oscillant entre imagination ou folie. La narration alterne entre les deux héros, présentant deux visions différentes entre des survivants de catastrophe. En effet, Kei, hanté par son passé, trouve une certaine libération à travers l’écriture. Yôichi quant à lui manque cruellement de confiance en lui et a l’impression d’être une coquille vide. Malgré une attirance réciproque, le destin semble s’acharner sur les deux amants qui n’arrivent pas à avancer. Ainsi, l’autrice aborde la culpabilité du survivant, la difficulté à dépasser un traumatisme, le sentiment d’impuissance et de déconnexion dans un monde qui avance à un autre rythme. Elle interroge sur la manipulation, la malédiction, la différence entre amour et admiration.

La mangaka a un trait à peine épuré, plutôt fin et détaillé, presque réaliste. Elle le renforce par des décors soignés très présents, inspirés de photographies. Ainsi, elle utilise beaucoup de trames pour rendre les détails des ombres et des couleurs. Néanmoins, son style se simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, les trames d’ambiance, parfois graphiques, appuient les émotions. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Les illustrations en début de chapitre dégagent un aspect poétique avec les personnage qui posent. Yatsuda sensei rend parfaitement l’ambiance, le style vestimentaire et les décors des différentes époques. Elle représente de manière métaphorique la mort qui accompagne parfois Kei. Dans les scènes érotiques, elle ne montre pas les parties intimes, jouant sur les cadrages et les angles de vue. Sous la jaquette, il y a une histoire à lire à la fin des deux tomes.

En résumé

Après avoir survécu à un accident durant l’enfance, Kitahara Kei écrit frénétiquement, comme possédé par le dieu de la mort. Toutefois, tous ceux dont il s’inspire dans ses scénarios, meurent dans d’étranges circonstances. Persuadé de devenir fou, il refuse depuis d’écrire et noie ses soucis dans l’alcool. Un soir, alors qu’il est frappé par des soldats américains, il est recueilli par Mikami Yôichi, photographe.

En conclusion

Yatsuda Teki sensei ancre d’abord son récit dans la réalité avant de perturber le lecteur en semant différents indices au fil de son récit, interrogeant sur la folie ou non de Kei. Elle crée ainsi tension et suspense. Son graphisme aux traits plutôt réalistes renforce l’immersion dans le récit. Toutefois, certains passages semblent confus ou trop expéditifs mais cela ne dérange en rien la compréhension générale. Hâte de découvrir la suite!

The night beyond the tricornered window 10 – Yamashita Tomoko

Couverture de The night beyond the tricornered window 10 de Yamashita Tomoko, éditions Taifu

YAMASHITA Tomoko ヤマシタトモコ
ISBN: 9782375064139
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784799751664 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« On est liés par le destin, toi et moi. C’est obligé. »

Yamashita Tomoko sensei révèle enfin le passé du professeur et la nature de son pouvoir. Ainsi, elle montre différentes utilisations de la haine. Le professeur dévoile d’autres facettes derrière sa puissance, entre lâcheté et amour possessif. Mikado s’avère, quant à lui, plus confiant, trouvant la force à travers sa mère et ses amis. Il prend aussi conscience de ses sentiments pour Hiyakawa. D’abord prisonnier de ses souvenirs, Rihito réalise sa souffrance et trouve le moyen de combler le vide qu’il ressent grâce au soutien et à l’affection de son entourage. Par ailleurs, Sakaki détend l’atmosphère plutôt tendue par son style bourrin. Comme dans le tome précédent, l’autrice interroge sur le lien familial. Ainsi, elle aborde les efforts pour se comprendre et construire la confiance à deux ainsi que la question du destin. Elle met également en avant le travail d’équipe des exorcistes, chacun mettant en œuvre ses spécialités.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise des trames équilibrées, plutôt en aplat et joue sur les contrastes noir et blanc. Les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page plutôt classique offre quelques pages plus dynamiques. Ainsi, cela fluidifie la lecture. Yamashita sensei donne l’ambiance du récit à travers des indices dans les portraits et bustes des personnages des illustrations en début de chapitre. Par ailleurs, elle présente succinctement les protagonistes en début de tome.

En résumé

Mikado Kôsuke fait face au professeur. Mais ce dernier essaie de le tuer en le plongeant dans un désespoir sans fin. Toutefois, Hiura Erika tente de l’aider. Son pouvoir qui s’étend à travers toute la maison, soulage également Mukae Keita. D’ailleurs, le voyant cherche désespérément à libérer Hiyakawa Rihito, enchaîné à une malédiction.

En conclusion

Yamashita Tomoko sensei conclut son récit avec un tome intense empli de révélations. Elle maintient le suspense jusqu’à la fin. Son graphisme, en particulier les expressions du visage, permet d’immédiatement comprendre les émotions des personnages. J’étais totalement absorbée par ce dernier tome. Bien qu’il n’y ait aucune scène érotique durant toute la série, les sentiments sont pourtant bien présents et se construisent au fil du récit. Un titre idéal pour ceux qui apprécient les romances au second plan. Une lecture envoûtante!

Fangs 3 – Billy Balibally

Couverture de Fangs 3 de Billy Balibally, éditions Taifu

BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782375065587
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784344853744 (JP)
Gentosha, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« La couleur du destin est le rouge. »

Billy Balibally sensei révèle le passé d’Ichii. Avec l’introduction du cruel Megi, elle explique l’origine des Fangs ainsi que des vampires. Elle analyse également les autres croyances autour des vampires. En effet, Megi représente l’image classique du vampire manipulateur et immortel qui abuse de son pouvoir tandis qu’Ichii, qui a tendance à culpabiliser, cherche à expier ses fautes passées. En apporte une note de fraîcheur par son innocence mais s’affirme de mieux en mieux. Comme dans le tome précédent, Sugi, Masaki et Mariko apportent conseil et soutien. Ainsi, l’autrice interroge sur l’influence du sang et de l’envoutement sur les sentiments. Elle aborde la difficulté à avancer lorsque l’âme est blessée, l’importance de la famille même recomposée et la nécessité de parler franchement. Elle conclut l’arc sur le couple d’Ichii et En mais éveille la curiosité des lecteurs sur de possibles suites. Par ailleurs, les histoires bonus détendent un peu l’atmosphère.

La mangaka a un trait fin avec des contours parfois dédoublés. Dans les passages humoristiques, elle le simplifie et l’arrondit. D’ailleurs, En se transforme en adorable SD et Ichii en wanko. Les trames équilibrées ont une dominante claire qui contraste avec le noir des costumes. Par contre, les trames d’ambiance se font discrètes. Les décors soignés et très présents apportent une note réaliste. La mise en page dynamique met en avant l’esthétique générale des tenues, des positions recherchées et la plastique des corps. Ainsi, Billy Balibally sensei s’attarde sur les détails comme les gestes et les réactions. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc ou des trames. Pourtant, elle dessine des coupes intérieures. La décomposition des mouvements intensifie la sensualité des corps. Les illustrations en début de chapitre donnent des indices. En fin de tome, il y a des fiches personnages avec leurs liens.

En résumé

L’apparition de Megi perturbe énormément Ichii qui prend alors des risques. Inquiet, En essaie désespérément de le faire parler. Le vampire se confie alors à demi-mots. Mais il refuse de lui dire le plus important. N’arrivant pas à le comprendre, En fuit…

En conclusion

Ce tome obtient la vingtième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2025. Billy Balibally sensei conclut avec intensité l’arc d’Ichii et En. Elle maintient le suspense jusqu’au bout tout en alternant entre tension, humour et érotisme. Son graphisme est tout simplement magnifique. J’ai hâte de découvrir la suite! En reprenant les droits de la série, les éditions Taifu comics ont également réédité les deux premiers tomes, idéal pour harmoniser sa collection ou découvrir cette excellent série sur les vampires. Une merveilleuse lecture!

Megumi & Tsugumi 5 – Si Mitsuru

Couverture de Megumi & Tsugumi 5 de Si Mitsuru, éditions Taifu

SI Mitsuru S井ミツル
ISBN: 9782375065280
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801982437 (JP)
Takeshobo, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Ils se fichent complètement de piétiner nos sentiments. »

Si Mitsuru sensei continue de développer les questions de l’engagement pour l’avenir et de l’entêtement des parents qui décident à la place de leur progéniture. Elle aborde le jugement sur l’apparence ainsi que les différences des classes sociales. Comme dans le tome précédent, elle alterne la narration entre les deux héros. A notre surprise, Tsugumi accepte enfin quelques compromis mais il ne peut s’empêcher de relever des défis. Megumi, quant à lui, arrive de mieux en mieux à anticiper les réactions de son petit ami. Les parents Yamada, Harutsugu et Kuroji, offrent une vision différente de l’éducation comparé à Kokonoe Makoto. D’ailleurs, le directeur d’école a tendance à mélanger ses convictions personnelles avec ses fonctions professionnelles. Ainsi, l’autrice analyse les relations entre parents et enfants adolescents. Avec le collier pour oméga, elle interroge sur le double sens qui de dégage entre afficher sa possession et protéger l’être aimé.

La mangaka a un trait épuré avec des angles plutôt marqués. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées malgré une palette de teinte plutôt restreinte. De même, les trames d’ambiance, plutôt graphiques, accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page classique mais efficace rythme la lecture. Si Mitsuru sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle détaille peu les parties intimes, ce qui correspond parfaitement à son style général. En fin de chapitre, elle résume un peu l’ambiance avec les personnages en SD. Sous la jaquette, deux planches font suite à la dernière histoire bonus, à lire donc à la fin.

En résumé

Alors que Kokonoe Megumi (alpha) pensait discuter de son avenir avec son père Makoto, ce dernier lui a organisé un rendez-vous avec Inami (alpha). L’étudiant qui hésite à intégrer le lycée Kokonoe a également été piégé par son père. Megumi s’oppose alors courageusement à son géniteur, inspirant aussi Inami qui ose enfin se rebeller. Mais Yamada Tsugumi (oméga) débarque soudain dans le restaurant. Cédant à ses supplications, le père Kokonoe accepte d’écouter enfin son fils et de rencontrer la famille Yamada.

En conclusion

Si Mitsuru sensei maîtrise parfaitement le développement de son récit, décortiquant point par point ses différents sujets. En plus des interrogations autour des principes de l’omegaverse, elle offre une belle comédie romantique. Elle analyse également l’évolution des adolescents ainsi que des parents. Son graphisme reconnaissable est expressif et agréable. Certains lecteurs pourront regretter le changement du style des débuts à cause de la simplification de certains détails. J’apprécie particulièrement ce tome dans lequel les deux amoureux se battent pour faire reconnaître la sincérité de leurs sentiments. Une lecture plaisante!

Laisse-moi te détester 5 – Hijiki

Couverture de Laisse-moi te détester 5 de Hijiki, éditions Taifu

Hijiki ひじき
ISBN: 9782375065594
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784799762912 (JP)
Libre, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Maman, tu as eu peur des chaleurs? »

Hijiki sensei continue de développer la gestion de la vie de famille avec plusieurs enfants. Ainsi, elle s’intéresse à la jalousie, le rapprochement en douceur, l’accompagnement nécessaire des parents et le sentiment de responsabilité de l’aînée. Hazuki et Shizuku s’impliquent beaucoup plus pour aider Naoto. D’ailleurs, le père gâteux apporte beaucoup d’humour avec ses réactions exagérées. Le faible écart d’âge entre Minato et Aoi permet d’aborder de nouveaux sujets. Comme dans le tome précédent, l’importance des confidents est mise en avant, en particulier lors d’un premier amour. Le professeur Asanaga se confronte à la discrimination dans sa classe mais se montre plutôt pédagogue. A travers Kasamoto Daiki, l’autrice aborde les difficultés rencontrées lors d’un coming out de second genre, l’inquiétude des parents d’enfants omégas, l’influence des parents sur la diffusion des clichés sur les omégas. Elle montre également une réaction totalement différente avec le réservé Riku, face aux remarques blessantes.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques, alternent avec les décors. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est plutôt classique. Dans les scènes érotiques, Hijiki sensei censure les parties intimes avec un cache blanc. En début de tome, elle donne les explications sur l’omegaverse. Par ailleurs, sous la jaquette, il y a la postface.

En résumé

Depuis qu’Aoi, le petit dernier de la famille Tsuchiya, est à la maison, Minato a du mal avec son petit frère qui accapare sa mère. Shizuku (alpha), quant à elle, aide au mieux Naoto (oméga). Toutefois, Hazuki (alpha) remarque leur épuisement et leur propose d’aller se reposer chez la mère de Naoto un week-end pendant qu’il garde Aoi et Minato…

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2024. Hijiki sensei bonifie à chaque tome son récit en développant différents sujets suivant la croissance des enfants. Elle offre une tranche de vie familiale, oscillant entre moments tendres et comiques, et quelques scènes érotiques. Même les personnages secondaires sont attachants. Son graphisme très expressif propose une grande variété de physionomies. J’aime beaucoup la relation qui se construit entre Daiki et Shizuku. Une lecture pleine de tendresse.

Therapy game restart 4 – Hinohara Meguru

Couverture de Therapy game restart 4 de Hinohara Meguru, éditions Taifu

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375064450
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784403668647 (JP)
Shinshokan, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Je pourrais briser complètement ta vie si j’étais encore plus zinzin. »

Hinohara Meguru sensei s’intéresse aux difficultés rencontrées par les couples homosexuels lorsqu’ils recherchent un appartement. Elle confronte les deux amoureux à leurs points de vue contraires, les obligeant à discuter pour prendre une décision. De même, elle montre différentes réactions à travers le propriétaire Saitô et l’agente immobilière Fujita. Minato culpabilise de faire subir de la discrimination homophobe à son petit ami. Shizuma, quant à lui, réfléchit à la présentation à la famille ainsi qu’au coming out. Le couple s’interroge par ailleurs sur la démonstration d’affection en public et la pression familiale. L’autrice présente un peu le métier de Minato, entre contraintes et plaisirs. Ainsi, elle aborde la difficulté à gérer vie privée et travail chronophage. Elle ajoute beaucoup d’humour dans les derniers chapitres. Un épisode bonus met également en avant les deux peluches lapins à l’effigie des deux héros, qui sont sorties au Japon.

La mangaka a un trait léché, légèrement anguleux. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont très variées, détaillant les différentes ombres. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Toutefois, un fond gris avec des halos lumineux indique la projection de rêves ou de fantasmes. La mise en page est dynamique. Comme dans le tome précédent, Hinohara sensei censure les parties intimes par des languettes blanches dans les scènes érotiques. Elle présente les protagonistes en début tome. A la fin de quelques chapitres, elle propose des anecdotes avec les personnages en SD. Les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien des personnages.

En résumé

Après une nuit de réconciliation torride sur l’oreiller, Ikushima Shizuma et Mito Minato discutent enfin à cœur ouvert de leurs contrariétés. Rassuré par la prévenance de son petit ami prêt à tout pour lui, Minato repart sur une séance torride. D’ailleurs, il a maintenant hâte d’emménager en couple pour prouver à Onodera, la cheffe de Shizuma, la force de leur amour.

En conclusion

Shinohara Meguru sensei approfondit divers thèmes abordés, décortiquant les comportements et les émotions des personnages. Elle offre un tome plus détendu, empli d’humour et de tendresse. Son magnifique graphisme devient presque caricatural dans les passages comiques. J’ai beaucoup aimé la scène qui se passe dans le parc lors de la recherche d’appartement ainsi que le délire avec les ours dans le dernier chapitre. Une lecture désopilante!

Therapy game restart 3 – Hinohara Meguru

couverture de Therapy game restart 3 de Hinohara Meguru, éditions Taifu

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375064283
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784403668609 (JP)
Shinshokan, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Lorsque l’amour grandit, certains pas en avant se font plus difficiles à franchir. »

Hinohara Meguru sensei continue de développer la question de l’installation en couple à travers Mito Itsuki et Ikushima Shôhei. Par ailleurs, elle sème quelques indices autour de la sexualité d’Onodera et développe également les différents problèmes rencontrés par un vétérinaire. Elle interroge sur la jalousie avec Minato qui n’arrive pas à gérer sa possessivité, s’intéressant ainsi à la peur d’interférer dans le bonheur de l’autre, de ne pas aimer normalement. En effet, le photographe a encore du mal à surmonter son traumatisme face à l’amour destructeur de sa mère. Shizuma, quant à lui, essaie d’éliminer les comportements provoquant de l’incertitude. La narration alterne entre les deux amoureux, permettant de découvrir leurs points de vue. Ainsi, l’autrice montre que malgré les mêmes inquiétudes, il peut y avoir une vision différente des problèmes. Elle aborde donc les difficultés à se comprendre malgré des discussions, les efforts pour se réconcilier et parler ouvertement.

La mangaka a un trait épuré mais anguleux. Elle le simplifie et l’arrondit légèrement dans les passages humoristiques. Elle varie les trames. Toutefois, des hachures soulignent les ombres fortes. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques, accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page plutôt classique propose parfois des agencements plus dynamiques. Contrairement au tome précédent, Hinohara sensei censure les parties intimes par des languettes blanches dans les scènes érotiques. Elle fait poser les personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

De retour à la clinique pour récupérer ses vêtements à sécher, Ikushima Shizuma croise sa supérieure. Devant leur complicité, Miho Minato prend la fuite. Depuis, il refuse de voir son petit ami qui ne sait comment se réconcilier. Il ne comprend même pas ce qui aurait provoqué sa colère…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2024. Hinohara Meguru sensei replonge le couple de Minato et Shizuma dans une relation polluée par la jalousie, relançant le suspense. Ainsi, elle peut aborder de nouveaux sujets. Par ailleurs, elle alterne avec dextérité humour, tension et tendresse. Son graphisme maîtrisé avec des traits physiques bien déterminés permet d’immédiatement reconnaître les personnages ou comprendre leurs émotions. Quelques passages au consentement gris pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. J’adore voir le couple se rapprocher encore plus à chaque dispute, résolvant un à un leurs problèmes. Et j’aime beaucoup le mystère autour d’Onodera, même si le lecteur découvre quelques secrets en fin de tome! Une lecture haletante!