Here U are 4 – Djun

Couverture de Here U are 4 de Djun, éditions Taifu

Djun
ISBN: 9782375064955
Taifu comics, 2025
Dongman, 2022 (CN)
Manhua
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Je ne veux pas l’entraîner là-dedans… »

Djun s’intéresse aux différences de point de vue entre hétérosexuel et homosexuel. Yu Yang doute constamment des sentiments de Li Huan car ce dernier manque d’expérience amoureuse. Pourtant, le jeune homme taciturne se montre câlin et démonstratif, ne tenant pas compte du jugement extérieur. Il se laisse d’ailleurs facilement embarquer, avec Xiao Yi, par les délires de Xia Wangwang. La passion de la jeune fille pour le BL permet également d’aborder la différence entre réalité et fiction. La relation entre Yu et Li évolue petit à petit, pour notre plus grand plaisir. Chu Huanwen apporte conseil et soutien. La confrontation du couple à des railleries homophobes met en avant diverses réactions. Ainsi, l’autrice décortique le sentiment de culpabilité que ressent une personne homosexuelle lorsqu’elle aime un hétérosexuel. Elle introduit doucement de nouvelles intrigues autour du gérant de bar Pan ainsi que Chu Huanwen à travers des rencontres marquantes.

Djun a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise des tons plutôt réalistes et sobres. Par ailleurs, les décors soignés sont très présents. Les arrière-plans éloignés deviennent plus clairs ou flous, renforçant ainsi l’effet de profondeur et rappelant la focale d’un appareil photo. La mise en page est dynamique mais l’agencement de certaines cases fait parfois hésiter sur le sens lecture. Comme dans le tome précédent le personnage de la couverture (ici, Pan) apparaît en SD en pyjama animal dans le sommaire. Sur la couverture, un vernis sélectif donne un peu de relief. En fin de tome, il y a un message de l’autrice pour les lecteurs français et une magnifique illustration.

En résumé

Lors de la compétition universitaire d’athlétisme, Xia Wangwang percute malencontreusement Yu Yang. Li Huan amène alors la jeune fille à l’infirmerie. Mais il remarque également que son ami l’évite depuis qu’il lui a déclaré ses sentiments. Xia décide alors de jouer les Cupidons pour les rapprocher et donne donc quelques conseils de séduction à Li Huan.

En conclusion

Djun alterne avec dextérité entre sujets sérieux, humour et tension. Elle dépeint avec beaucoup de finesse les émotions de ses personnages. Les interactions entre Li Huan et Yu Yang, mais également Xia Wangwang et Xiao Yi sont entraînantes, touchantes et même hilarantes. De même, le graphisme est un pur bonheur. Une lecture palpitante!

King’s maker 1 – Haga et Kang Jiyoung

Couverture de King's maker 1 de Haga et Kang Jiyoung, éditions Taifu

Haga
Kang Jiyoung
ISBN: 9782375064382
Taifu comics, 2024
Jaedam, 2018 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« C’était un enfant des rues, il va faire de lui un roi! »

Haga propose une romance mêlant intrigues de cour et actions. Le passé des personnages et la situation critique du royaume se révèlent au fur et à mesure, créant constamment des surprises. Ainsi, quelques personnages d’abord antipathiques s’avèrent parfois plus prévenants qu’ils ne paraissent et inversement. Le froid Shin Soohyuk semble blasé face au tyrannique roi mais se montre finalement fin manipulateur. Il s’oppose d’abord au rebelle et impétueux Wolfgang. D’ailleurs, le prince apporte beaucoup d’humour de part sa manie à s’attirer les problèmes et ses réactions parfois imprévues. Les deux adolescents s’observent pour l’instant et se chamaillent constamment. L’auteurice aborde donc la vengeance, le jugement sur le paraître, les discriminations sociales. A travers la famille Ulysse, iel montre différentes méthodes pour contrer la folie du souverain.

Kang Jiyoung a un trait épuré légèrement anguleux. Iel exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les couleurs jouent sur les contrastes, avec par exemple des tons chauds pour Wolfgang et des tons plus froids pour Soohyuk. De même, les accessoires et les décors rehaussent l’harmonie des différentes teintes. D’ailleurs, les décors soignés s’estompent parfois en arrière plan. La mise en page est simplement dynamique. Pour l’instant, il n’y a pas directement de scènes érotiques. Tout reste dans la suggestion, en particulier sur les penchants pédophiles du roi. A la fin du tome, des yonkoma proposent des histoires bonus amusantes.

En résumé

Wolfgang Goldenleonard, qui vivait dans la rue, est ramené au palais par son géniteur, le roi tyran à la tête du pays. Mais il refuse de toucher tout ce qui appartient à sa majesté. Réfugié dans l’étable, il menace même les servantes qui tentent de la convaincre de s’habiller au moins convenablement. Quand le roi arrive, le quatrième prince ne peut contenir sa colère face aux remarques désobligeantes sur sa mère faites par son père. Il est pourtant arrêté dans son élan par le beau et frêle garçon, Shin Soohyuk, qui accompagne souvent le roi.

En conclusion

Haga plonge rapidement les lecteurs dans les intrigues tout en développant son univers, maintenant ainsi le suspense. La relation entre Wolgang et Soohyuk s’annonce pimentée, pour notre plus grand plaisir. Le graphisme de Kang Jiyoung est très expressif, renforcé par les effets de couleurs d’ambiance. J’ai hâte de découvrir la suite! Une lecture entraînante.

Love shuttle 3 – Aeju

Couverture de Love shuttle 3 d'Aeju, éditions Nao Studio publishing

Aeju
ISBN: 9782487899018
Nao studio publishing, 2025
Lezhin, 2019 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Comment vont-ils gérer cette nouvelle épreuve? »

Aeju s’intéresse à l’évolution de la relation entre Doyun et Taehan, en particulier sous l’influence de leurs phéromones ainsi que leur cohabitation. Ainsi, malgré une grande compatibilité sexuelle, les deux hommes analysent calmement leurs sentiments avant de les confirmer, respectant le rythme de l’autre. Doyun, beaucoup trop fier, s’avère plus honnête lorsqu’il dort. Pour un oméga, il assume sa libido et se montre entreprenant. A l’opposé, bien qu’alpha, le patient Taehan est prévenant, à l’écoute de son partenaire et redoute de perdre le contrôle durant son rut. D’ailleurs, l’autrice détaille les risques des relations durant le rut et les chaleurs, avec les accès de violence et l’influence de l’instinct. Avec le couple entre Dojun et Jinyoung, elle aborde une relation entre alphas, déconstruisant encore les principes classiques de l’omegaverse. Alors que le médecin a un côté sadique typique des alphas dominants, l’agent immobilier bourré de complexes montre involontairement ses faiblesses.

Aeju a un trait anguleux légèrement épuré, avec un contour plus épais qui donne du relief. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions, tout en simplifiant son trait. Les couleurs réalistes détaillent les ombres et les dégradés. Par ailleurs, les décors alternent avec les couleurs d’ambiance parfois accompagnées de trames plus graphiques. Par contre, un fond sépia indique les flash-back. La mise en page classique propose toutefois quelques agencements plus dynamiques qui oublient complètement le format vertical d’origine. D’ailleurs, la lecture est fluide, avec des angles de vue très variés même durant une simple discussion. Comme dans le tome précédent, la manhwaga ne censure pas les scènes érotiques. Au début du tome, il y a des explications sur l’omegaverse et de succinctes présentations des personnages.

En résumé

Jung Taehan (alpha) propose à Lee Doyun (oméga) de vivre avec lui car ses phéromones l’aident à se stabiliser. Bien que l’oméga soit enchanté par la proposition, il se montre hésitant, trop fier pour l’admettre. Il remarque toutefois que l’alpha est encore plus nerveux que lui.

En conclusion

Aeju conclut cette première saison sur un débordement de sentiments. Elle offre en bonus les aventures d’un couple secondaire alpha x alpha. Ses personnages déconstruisent les principes de l’omegaverse, surprenant constamment. Le graphisme met en avant la plastique des personnages mais également transcrit avec dextérité les moments comiques par des expressions exagérées. J’adore toujours autant. Si vous aimez les omegaverse sexy, foncez! Une lecture excitante.

Sign 1 – Ker

couverture de Sign 1 de Ker, éditions Kbl

Ker
ISBN: 9782382882771
Kbooks, 2024
Lezhin, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Soyez pas pingres et embauchez-moi! »

Ker installe rapidement le ton de son récit en enchaînant les quiproquos et les situations comiques. Toutefois, iel questionne sur la surdité, mettant en avant les comportements bienveillants mais dénonçant également les clichés et les difficultés rencontrées. Ainsi, Soohwa trouve une grande motivation dans l’apprentissage de la langue des signes à cause de l’effet dévastateur de la voix de son patron sur lui. Bien que fuyant, il fait des efforts pour établir une conversation à égalité et n’hésite pas à se remettre en cause. Yohan se montre maladroit dans la gestion des situations ambiguës ou conflictuelles suite à un traumatisme. Les deux hommes entament une relation purement charnelle mais les sentiments s’en mêlent très rapidement. Gyoon joue les trouble-fêtes et dégage un certain mystère. L’auteurice maintient le suspense constamment, dévoilant des indices au fil des chapitres. Iel aborde avec humour la perversité, l’homosexualité, l’amour, la cohabitation.

Ker a un trait épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques, exagérant ainsi les expressions. Les couleurs sont plutôt sobres mais contrastent avec les couleurs d’ambiance très colorées. De même, un fond noir indique les flash-back ou les rêves. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est plutôt classique. Toutefois, les chapitres plutôt courts se concluent généralement sur une note amusante ou un petitcliffhanger. Dans les scènes érotiques, le.a manhwaga censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Malade, fauché et sans emploi, Kang Soohwa (26 ans) cherche désespérément à se connecter au Wifi gratuit pour chercher du travail. Mais il se fait arroser dans la rue et s’évanouit. Recueilli par les responsables de cette douche froide imprévue, le patron malentendant du café Goyo, Go Yohan, et son employé nonchalant, Yo Gyoon, le jeune homme demande alors à être embauché en dédommagement…

En conclusion

Ker aborde la question délicate du handicap avec beaucoup d’humour tout en dénonçant les clichés et les comportements blessants. Le récit oscille constamment entre situations comiques, passages érotiques et suspense. Le graphisme qui a l’air simple au premier abord, est pourtant très expressif et renforce d’ailleurs les effets comiques. Je suis intriguée par l’étudiant et livreur Cha Ji-hae. Une histoire craquante!

Un assistant de rêve 3 – White Eared

couverture de Un assistant de rêve 3 de White Eared, éditions Kbl

White Eared
ISBN: 9782382881200
Kbooks, 2024
Polarfox (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« De retour dans le monde réel, Yibeom et Jeong-oh vont-ils parvenir à s’avouer leurs sentiments? »

White Eared détaille les dangers du germe onirique, en particulier lors d’une possession et d’un exorcisme. Le passé du chaman dévoile ses motivations ainsi que sa dure formation. La narration alterne entre les deux héros, présentant leurs réflexions. En effet, Shin se montre constamment fuyant tandis que son assistant fait des efforts pour le comprendre. Comme dans le tome précédent, la relation entre Yibeom et Jeong-oh semble régresser à chaque avancée. Le couple évolue grâce au soutien des amis et de la famille. D’ailleurs, le père de Shin ajoute une touche de tendresse amusante. L’auteurice aborde le poids de la culpabilité, l’impuissance et la jalousie. Le suspense se maintient jusqu’à la fin.

White Eared a un trait épuré qui se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Les couleurs aux tons réalistes jouent toutefois sur des contrastes marqués clairs et obscurs. Par ailleurs, pour les ambiances, des trames colorées appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est plutôt classique. Dans les scènes érotiques, le.a manhwaga censure les parties intimes par un cache blanc. Comme le récit était plutôt sain jusqu’à présent, il y a un avertissement au début des chapitres contenant des scènes non consenties.

En résumé

A la fin de la mission, Shin Yibeom constate que leur client ne voulait pas que son rêve se termine. Il confie alors sa peine à son assistant. Mais Han Jeong-oh trouve immédiatement les mots pour le réconforter. Le chaman, réalisant enfin ses sentiments amoureux envers son assistant, décide donc de le rejoindre pour lui faire sa déclaration…

En conclusion

White Eared conclut son récit avec beaucoup d’intensité. L’humour contrebalance les moments dramatiques et la tension. Le graphisme très expressif peut passer de la sensualité au mignon en une case. Comme ce tome contient énormément de révélations, il m’est impossible de vous détailler mon avis. Mais n’hésitez pas à découvrir cette merveilleuse romance qui procure beaucoup d’émotions. J’adore le père de Yibeom qui croit en la force des câlins! Une lecture captivante!

Monster & ghost 1 – Himemiko

Couverture de Monster & ghost 1 de Himemiko, éditions Hana

Himemiko ヒメミコ
ISBN: 9782382765159
Hana, 2025
ISBN: 9784861239960 (JP)
Brite, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Depuis le début, personne n’a jamais rien espéré de moi… »

Himemiko sensei installe pour l’instant les personnages et le contexte de sa romance. Elle crée une amitié un peu particulière entre un lycéen sombre et un fantôme solaire et bavard, jouant sur leurs caractères opposés. Par ailleurs, elle sème des indices au fil du récit, maintenant un suspense constant. Malgré son apparence plutôt brute, Tsubaki déborde de gentillesse et a tendance à faire tous les caprices de Kabuto. Pour l’instant, les deux amis n’arrivent pas à définir clairement leurs sentiments. L’autrice aborde le jugement sur l’apparence, l’influence des rumeurs et des clichés. Avec l’introduction de Hawatari Ibitsu et Narahisa Aya, elle ajoute quelques tensions. Pour décontracter un peu l’ambiance, elle offre une histoire bonus amusante sur le quotidien des deux héros.

La mangaka a un trait léché plutôt réaliste. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à effacer les détails pour transmettre les émotions. Par exemple, Koton a des dents de requins qui renforcent son aspect soi-disant monstrueux. Les nombreuses trames jouent sur les dégradés, avec des volumes soutenus par des hachures. De même, les trames d’ambiance se font plutôt discrètes. Un fond noir indique les flash-back. Par ailleurs, les décors qui apparaissent sur les plans larges exploitent souvent les pleines pages. Ainsi, la mise en page assez classique propose néanmoins quelques agencements plus dynamiques. Pour l’instant, il n’y a pas de scènes érotiques. Mais Himemiko sensei compense notre frustrations en mettant particulièrement en avant la plastique de Koton. D’ailleurs, son graphisme rappelle parfois le style des comics ou des bandes-dessinées franco-belges.

En résumé

De part sa carrure imposante et son regard dur caché derrière sa frange, Koton Tsubaki est souvent pris dans des bagarres. D’ailleurs, il se fait déjà remarquer le jour de son transfert dans un nouveau lycée. Mais en réalité, les gens se méprennent sur ses intentions. Un jour, Kabuto Yûki, un lycéen fantôme, décide de le suivre et sympathise avec lui. Il remarque alors rapidement que Tsubaki sauve souvent les gens…

En conclusion

Ce tome obtient la première place au classement du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2024. Pour sa première œuvre publiée, Himemiko sensei maîtrise déjà bien son graphisme de toute beauté qui rappelle plus le style occidental. Par contre, son récit comporte encore quelques petits problèmes de rythme qui ne gênent en rien son appréciation. J’ai hâte de découvrir la suite. Une mise en bouche intrigante!

Le loup déguisé en agneau 2 – Kyugo

couverture de Le loup déguisé en agneau 2 de Kyugo, éditions Hana

Kyugo 九號
ISBN: 9782382765241
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784199609732 (JP)
Tokuma shoten, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Tu es le seul à pouvoir changer qui tu es. »

Kyugo sensei propose de découvrir la suite de la romance entre l’ancien escroc Tatsumi Keigo et Kusakabe Daichi, devenu assistant social. Comme dans le tome précédent, elle alterne la narration entre les deux hommes. D’ailleurs, Tatsumi a beaucoup évolué mais a tendance à se mésestimer, culpabilisant de mentir parfois à son petit ami. L’introduction de Yano Tomoki permet de découvrir l’enfance et le passé violent de Kei. De même, le travail de Daichi montre les défaillances auxquelles se confronte le Centre de protection à l’enfance au Japon. L’agent de probation Tanuki met en avant l’importance de la réhabilitation ainsi que les failles du système. En effet, l’autrice installe une nouvelle intrigue, dénonçant les méthodes des yakuzas mais aussi de la police. Elle sème par ailleurs des indices, créant du suspense jusqu’à la fin. Elle aborde donc la manipulation, la vengeance.

La mangaka a un trait léché à peine épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle utilise beaucoup de trames, donnant ainsi un effet réaliste. De même, les décors très soignés sont souvent présents. Par ailleurs, les trames d’ambiance appuient les émotions tandis que les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique rythme la lecture et joue sur l’absence de cadre, les ellipses, les superpositions et les formes des vignettes adaptées au contenu. Dans les scènes érotiques, Kyugo sensei ne montre pas les parties intimes, sans contour, cachées par des trames ou des onomatopées. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages tout en montrant leur quotidien.

En résumé

Depuis que Tatsumi Keigo sort avec Kusakabe Daichi, il a retrouvé une certaine normalité, travaillant même comme barman. Il remarque par ailleurs qu’il devient de plus en plus possessif. Un soir, il recroise un camarade de l’orphelinat, Yano Tomoki, faisant alors remonter de douloureux souvenirs…

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2024. Kyugo sensei propose une nouvelle intrigue mettant à l’épreuve la confiance encore fragile du couple. Plus qu’une romance, elle analyse les défaillances du système juridique, montrant ainsi les limites face à la violence et les difficultés d’en sortir malgré une bonne volonté. Son graphisme transcrit avec finesse les changements d’ambiance. Une lecture intrigante qui donne envie de découvrir la suite!

My beautiful boy 4 – Nagira Yuu et Kitano Megumi

Couverture de My beautiful boy 4 de NagiraYuu et Kitano Megumi, éditions Hana

NAGIRA Yuu 凪良 ゆう
KITANO Megumi 北野仁
ISBN: 9782382765319
Hana, 2025
ISBN: 9784199609930 (JP)
Tokuma shoten, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Hira me rend à la fois heureux et triste… ça ne tourne pas rond chez moi. »

Nagira Yuu sensei continue d’analyser les étranges liens qui se construisent entre Kiyoi, Koyama Kazuki et Hira, mettant en avant la persévérance dans une relation sans avenir. Contrairement au tome précédent, elle base principalement la narration du point de vue du jeune acteur. Elle révèle alors son passé ainsi que ses sentiments contradictoires. En effet, Sô aime être admiré mais éprouve du dégoût pour son propre égocentrisme. Même s’il semble conscient de son homosexualité, il s’exprime maladroitement. Les quiproquos s’enchaînent, renforçant les incompréhensions. L’autrice aborde l’acceptation de l’autre, même de ses travers et des inconvénients, la différence entre admiration et amour, les risques d’un amour trop exclusif et possessif. Elle montre des logiques et des visions différentes d’une relation amoureuse, déséquilibrée et problématique.

Kitano Megumi sensei a un trait léché légèrement épuré. Elle s’attarde sur les détails, les petits gestes et les expressions. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors soignés apportent un touche réaliste. La mise en page est dynamique avec des angles de vue variés. Par ailleurs, la mangaka donne l’ambiance ou met en avant un point important dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Invité à une soirée par Sô Kiyoi, après une représentation, Hira Kazunari s’inquiète en voyant celui qu’il admire depuis le lycée, être très proche de l’acteur Iruma. Mais en rentrant, Kiyoi le rassure en démentant les rumeurs. Tout en parlant de banalités, il explique alors chercher un endroit où répéter. Hira lui propose donc d’utiliser la maison de sa tante, désirant se rapprocher à nouveau. Toutefois, comme Kiyoi se montre parfois gentil, froid ou boudeur, Hira n’arrive toujours pas à le comprendre…

En conclusion

Nagira Yuu sensei révèle enfin la complexité du caractère de Kiyoi, développant un portrait plutôt différent de ce que les lecteurs pouvaient imaginer au début. Elle continue d’analyser des relations perdues d’avance et l’ambiguïté de certains comportements. Kitano Megumi sensei transcrit avec finesse les ambiances changeantes entre les personnages. L’histoire prend un tournant intéressant, éveillant ma curiosité. Hâte de découvrir la suite!

My beautiful boy 3 – Nagira Yuu et Kitano Megumi

couverture de My beautiful boy 3 de Nagira Yuu et Kitano Megumi, éditions Hana

NAGIRA Yuu 凪良 ゆう
KITANO Megumi 北野 仁
ISBN: 9782382764848
Hana, 2024
ISBN: 9784199609626 (JP)
Tokuma shoten, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Je l’aime et je souffre à en mourir. Je suis incapable de renoncer à l’amour que j’ai pour Kiyoi. »

Nagira Yuu sensei s’attarde principalement sur l’évolution de Hira qui découvre enfin des comportements plus bienveillants avec le club de photographie universitaire. En introduisant les frères Koyama, en particulier Kazuki, elle analyse les différentes émotions auxquelles sont confrontées les personnes bègues, en particulier un complexe d’infériorité. De même, elle apporte un regard extérieur sur la relation toxique entre Hira et Kiyoi. Ainsi, comme dans le tome précédent, la narration se base principalement du point de vue de Kazu. L’étudiant s’interroge enfin sur ses relations, son attirance ainsi que son sentiment de culpabilité face à sa nouvelle amitié. L’installation d’un triangle amoureux permet d’aborder d’autres sujets tels que l’homosexualité, la peur de perdre une amitié à cause de l’amour. Les comportements négatifs se confrontent sans cesse à ceux plus prévenants. L’autrice analyse des amours obsessionnels qui ne provoquent que souffrance, jouant avec les limites des convenances.

Kitano Megumi sensei a un trait légèrement épuré. Elle dessine des corps longilignes aux visages bien ovales. Bien qu’elle utilise de nombreuses trames, les tons clairs dominent. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est très dynamique. La mangaka préfère suggérer les scènes érotiques à travers quelques détails. Elle intègre au récit les illustrations en début de chapitre, souvent au format de trois cases silencieuses.

En résumé

Sô Kiyoi et Hira Kazu ont pris l’habitude de se retrouver secrètement dans la salle de musique. Ils se parlent plus franchement et Hira en profite pour photographier son modèle. Mais en terminale, les deux lycéens se retrouvent dans des classes différentes. Leurs rencontres deviennent sporadiques. Après les vacances d’été, lorsque Hira apprend que Kiyoi est recruté par une agence de talents artistiques, il ne peut alors que constater leur éloignement au fur et à mesure que la popularité de son ami augmente. Pourtant lors de la remise des diplômes, Kiyoi lui vole un baiser marquant leurs adieux.

En conclusion

Nagira Yuu sensei continue de décrypter des relations obsessionnelles, à la limite malsaines. Elle dépeint parfaitement la souffrance que procurent ces amours, analysant avec finesse les émotions. Par ailleurs, le graphisme de Kitano Megumi sensei sublime les expressions des personnages. J’aime beaucoup Koyama Kazuki qui apporte un nouveau souffle dans le récit. Une lecture troublante qu’on n’arrive pas à lâcher!

Kitayama & Minamiya 2 – Satoh Sugar

Couverture de Kitayama & Minamiya 2 de Satoh Sugar, éditions Hana

SATOH Sugar 砂藤シュガー
ISBN: 9782382765203
Hana, 2025
ISBN: 9784781622736 (JP)
East press, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Kitayama sera toujours ma priorité, il n’a aucune raison d’être jaloux! »

Satoh Sugar sensei analyse la jalousie à travers les réflexions de ses deux héros. Ainsi, elle s’intéresse à la possessivité, la difficulté à comprendre l’origine de cette émotion, les problèmes engendrés mais également les solutions pour y faire face. Elle aborde donc l’écart d’âge et la différence entre imagination et réalité. En effet, Minamiya s’interroge sur les conquêtes précédentes de Kitayama, entre fantasmes et réalité, cédant peu à peu à la frustration. Son petit ami qui gère bien mieux son côté possessif, fait attention à ses réactions. Les deux étudiants découvrent mutuellement leurs facettes cachées, renforçant leur lien. Comme dans le tome précédent, l’autrice porte attention au consentement et à la communication au sein du couple. Elle continue de nous amuser avec les recadrages d’Ayumu par Yuuki. Dans l’histoire bonus, elle mêle fantasmes et situations classiques du BL.

La mangaka a un trait épuré légèrement arrondi. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques, exagérant alors les expressions. Les trames sont équilibrées. Néanmoins, des hachures surlignent les ombres fortes. Par ailleurs, les décors soignés apportent une note réaliste bien qu’ils s’estompent autour des personnages. Les trames d’ambiance, graphiques, appuient les émotions. La mise en page est plutôt classique. Dans les scènes érotiques, Satoh sensei censure les parties intimes par des languettes blanches. Elle fait poser les personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Kitayama Yuuki et Minamiya Ayumu sortent ensemble et fréquentent la même université. Mais Minamiya remarque la jalousie excessive de son petit ami qui pourtant ne ménage pas ses efforts pour la contenir. D’ailleurs, il apprécie le sérieux de Kitayama sur le consentement bien qu’il soit toujours partant. Mais d’où vient cette jalousie maladive?

En conclusion

Satoh Sugar sensei délaisse un peu les gags pour développer quelques sujets d’actualités. Dans ce tome, elle analyse en détail la jalousie. Ainsi, elle jongle entre humour, érotisme et réflexions. Ses différents styles graphiques offrent en fin de compte une parfaite harmonie, facilitant la lecture et la compréhension. Je suis toujours aussi fan de Kitayama. Une lecture enrichissante!