The night beyond the tricornered window 10 – Yamashita Tomoko

Couverture de The night beyond the tricornered window 10 de Yamashita Tomoko, éditions Taifu

YAMASHITA Tomoko ヤマシタトモコ
ISBN: 9782375064139
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784799751664 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« On est liés par le destin, toi et moi. C’est obligé. »

Yamashita Tomoko sensei révèle enfin le passé du professeur et la nature de son pouvoir. Ainsi, elle montre différentes utilisations de la haine. Le professeur dévoile d’autres facettes derrière sa puissance, entre lâcheté et amour possessif. Mikado s’avère, quant à lui, plus confiant, trouvant la force à travers sa mère et ses amis. Il prend aussi conscience de ses sentiments pour Hiyakawa. D’abord prisonnier de ses souvenirs, Rihito réalise sa souffrance et trouve le moyen de combler le vide qu’il ressent grâce au soutien et à l’affection de son entourage. Par ailleurs, Sakaki détend l’atmosphère plutôt tendue par son style bourrin. Comme dans le tome précédent, l’autrice interroge sur le lien familial. Ainsi, elle aborde les efforts pour se comprendre et construire la confiance à deux ainsi que la question du destin. Elle met également en avant le travail d’équipe des exorcistes, chacun mettant en œuvre ses spécialités.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise des trames équilibrées, plutôt en aplat et joue sur les contrastes noir et blanc. Les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page plutôt classique offre quelques pages plus dynamiques. Ainsi, cela fluidifie la lecture. Yamashita sensei donne l’ambiance du récit à travers des indices dans les portraits et bustes des personnages des illustrations en début de chapitre. Par ailleurs, elle présente succinctement les protagonistes en début de tome.

En résumé

Mikado Kôsuke fait face au professeur. Mais ce dernier essaie de le tuer en le plongeant dans un désespoir sans fin. Toutefois, Hiura Erika tente de l’aider. Son pouvoir qui s’étend à travers toute la maison, soulage également Mukae Keita. D’ailleurs, le voyant cherche désespérément à libérer Hiyakawa Rihito, enchaîné à une malédiction.

En conclusion

Yamashita Tomoko sensei conclut son récit avec un tome intense empli de révélations. Elle maintient le suspense jusqu’à la fin. Son graphisme, en particulier les expressions du visage, permet d’immédiatement comprendre les émotions des personnages. J’étais totalement absorbée par ce dernier tome. Bien qu’il n’y ait aucune scène érotique durant toute la série, les sentiments sont pourtant bien présents et se construisent au fil du récit. Un titre idéal pour ceux qui apprécient les romances au second plan. Une lecture envoûtante!

Fangs 3 – Billy Balibally

Couverture de Fangs 3 de Billy Balibally, éditions Taifu

BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782375065587
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784344853744 (JP)
Gentosha, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« La couleur du destin est le rouge. »

Billy Balibally sensei révèle le passé d’Ichii. Avec l’introduction du cruel Megi, elle explique l’origine des Fangs ainsi que des vampires. Elle analyse également les autres croyances autour des vampires. En effet, Megi représente l’image classique du vampire manipulateur et immortel qui abuse de son pouvoir tandis qu’Ichii, qui a tendance à culpabiliser, cherche à expier ses fautes passées. En apporte une note de fraîcheur par son innocence mais s’affirme de mieux en mieux. Comme dans le tome précédent, Sugi, Masaki et Mariko apportent conseil et soutien. Ainsi, l’autrice interroge sur l’influence du sang et de l’envoutement sur les sentiments. Elle aborde la difficulté à avancer lorsque l’âme est blessée, l’importance de la famille même recomposée et la nécessité de parler franchement. Elle conclut l’arc sur le couple d’Ichii et En mais éveille la curiosité des lecteurs sur de possibles suites. Par ailleurs, les histoires bonus détendent un peu l’atmosphère.

La mangaka a un trait fin avec des contours parfois dédoublés. Dans les passages humoristiques, elle le simplifie et l’arrondit. D’ailleurs, En se transforme en adorable SD et Ichii en wanko. Les trames équilibrées ont une dominante claire qui contraste avec le noir des costumes. Par contre, les trames d’ambiance se font discrètes. Les décors soignés et très présents apportent une note réaliste. La mise en page dynamique met en avant l’esthétique générale des tenues, des positions recherchées et la plastique des corps. Ainsi, Billy Balibally sensei s’attarde sur les détails comme les gestes et les réactions. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc ou des trames. Pourtant, elle dessine des coupes intérieures. La décomposition des mouvements intensifie la sensualité des corps. Les illustrations en début de chapitre donnent des indices. En fin de tome, il y a des fiches personnages avec leurs liens.

En résumé

L’apparition de Megi perturbe énormément Ichii qui prend alors des risques. Inquiet, En essaie désespérément de le faire parler. Le vampire se confie alors à demi-mots. Mais il refuse de lui dire le plus important. N’arrivant pas à le comprendre, En fuit…

En conclusion

Ce tome obtient la vingtième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2025. Billy Balibally sensei conclut avec intensité l’arc d’Ichii et En. Elle maintient le suspense jusqu’au bout tout en alternant entre tension, humour et érotisme. Son graphisme est tout simplement magnifique. J’ai hâte de découvrir la suite! En reprenant les droits de la série, les éditions Taifu comics ont également réédité les deux premiers tomes, idéal pour harmoniser sa collection ou découvrir cette excellent série sur les vampires. Une merveilleuse lecture!

Megumi & Tsugumi 5 – Si Mitsuru

Couverture de Megumi & Tsugumi 5 de Si Mitsuru, éditions Taifu

SI Mitsuru S井ミツル
ISBN: 9782375065280
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801982437 (JP)
Takeshobo, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Ils se fichent complètement de piétiner nos sentiments. »

Si Mitsuru sensei continue de développer les questions de l’engagement pour l’avenir et de l’entêtement des parents qui décident à la place de leur progéniture. Elle aborde le jugement sur l’apparence ainsi que les différences des classes sociales. Comme dans le tome précédent, elle alterne la narration entre les deux héros. A notre surprise, Tsugumi accepte enfin quelques compromis mais il ne peut s’empêcher de relever des défis. Megumi, quant à lui, arrive de mieux en mieux à anticiper les réactions de son petit ami. Les parents Yamada, Harutsugu et Kuroji, offrent une vision différente de l’éducation comparé à Kokonoe Makoto. D’ailleurs, le directeur d’école a tendance à mélanger ses convictions personnelles avec ses fonctions professionnelles. Ainsi, l’autrice analyse les relations entre parents et enfants adolescents. Avec le collier pour oméga, elle interroge sur le double sens qui de dégage entre afficher sa possession et protéger l’être aimé.

La mangaka a un trait épuré avec des angles plutôt marqués. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées malgré une palette de teinte plutôt restreinte. De même, les trames d’ambiance, plutôt graphiques, accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page classique mais efficace rythme la lecture. Si Mitsuru sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle détaille peu les parties intimes, ce qui correspond parfaitement à son style général. En fin de chapitre, elle résume un peu l’ambiance avec les personnages en SD. Sous la jaquette, deux planches font suite à la dernière histoire bonus, à lire donc à la fin.

En résumé

Alors que Kokonoe Megumi (alpha) pensait discuter de son avenir avec son père Makoto, ce dernier lui a organisé un rendez-vous avec Inami (alpha). L’étudiant qui hésite à intégrer le lycée Kokonoe a également été piégé par son père. Megumi s’oppose alors courageusement à son géniteur, inspirant aussi Inami qui ose enfin se rebeller. Mais Yamada Tsugumi (oméga) débarque soudain dans le restaurant. Cédant à ses supplications, le père Kokonoe accepte d’écouter enfin son fils et de rencontrer la famille Yamada.

En conclusion

Si Mitsuru sensei maîtrise parfaitement le développement de son récit, décortiquant point par point ses différents sujets. En plus des interrogations autour des principes de l’omegaverse, elle offre une belle comédie romantique. Elle analyse également l’évolution des adolescents ainsi que des parents. Son graphisme reconnaissable est expressif et agréable. Certains lecteurs pourront regretter le changement du style des débuts à cause de la simplification de certains détails. J’apprécie particulièrement ce tome dans lequel les deux amoureux se battent pour faire reconnaître la sincérité de leurs sentiments. Une lecture plaisante!

Laisse-moi te détester 5 – Hijiki

Couverture de Laisse-moi te détester 5 de Hijiki, éditions Taifu

Hijiki ひじき
ISBN: 9782375065594
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784799762912 (JP)
Libre, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Maman, tu as eu peur des chaleurs? »

Hijiki sensei continue de développer la gestion de la vie de famille avec plusieurs enfants. Ainsi, elle s’intéresse à la jalousie, le rapprochement en douceur, l’accompagnement nécessaire des parents et le sentiment de responsabilité de l’aînée. Hazuki et Shizuku s’impliquent beaucoup plus pour aider Naoto. D’ailleurs, le père gâteux apporte beaucoup d’humour avec ses réactions exagérées. Le faible écart d’âge entre Minato et Aoi permet d’aborder de nouveaux sujets. Comme dans le tome précédent, l’importance des confidents est mise en avant, en particulier lors d’un premier amour. Le professeur Asanaga se confronte à la discrimination dans sa classe mais se montre plutôt pédagogue. A travers Kasamoto Daiki, l’autrice aborde les difficultés rencontrées lors d’un coming out de second genre, l’inquiétude des parents d’enfants omégas, l’influence des parents sur la diffusion des clichés sur les omégas. Elle montre également une réaction totalement différente avec le réservé Riku, face aux remarques blessantes.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques, alternent avec les décors. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est plutôt classique. Dans les scènes érotiques, Hijiki sensei censure les parties intimes avec un cache blanc. En début de tome, elle donne les explications sur l’omegaverse. Par ailleurs, sous la jaquette, il y a la postface.

En résumé

Depuis qu’Aoi, le petit dernier de la famille Tsuchiya, est à la maison, Minato a du mal avec son petit frère qui accapare sa mère. Shizuku (alpha), quant à elle, aide au mieux Naoto (oméga). Toutefois, Hazuki (alpha) remarque leur épuisement et leur propose d’aller se reposer chez la mère de Naoto un week-end pendant qu’il garde Aoi et Minato…

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2024. Hijiki sensei bonifie à chaque tome son récit en développant différents sujets suivant la croissance des enfants. Elle offre une tranche de vie familiale, oscillant entre moments tendres et comiques, et quelques scènes érotiques. Même les personnages secondaires sont attachants. Son graphisme très expressif propose une grande variété de physionomies. J’aime beaucoup la relation qui se construit entre Daiki et Shizuku. Une lecture pleine de tendresse.

Therapy game restart 4 – Hinohara Meguru

Couverture de Therapy game restart 4 de Hinohara Meguru, éditions Taifu

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375064450
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784403668647 (JP)
Shinshokan, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Je pourrais briser complètement ta vie si j’étais encore plus zinzin. »

Hinohara Meguru sensei s’intéresse aux difficultés rencontrées par les couples homosexuels lorsqu’ils recherchent un appartement. Elle confronte les deux amoureux à leurs points de vue contraires, les obligeant à discuter pour prendre une décision. De même, elle montre différentes réactions à travers le propriétaire Saitô et l’agente immobilière Fujita. Minato culpabilise de faire subir de la discrimination homophobe à son petit ami. Shizuma, quant à lui, réfléchit à la présentation à la famille ainsi qu’au coming out. Le couple s’interroge par ailleurs sur la démonstration d’affection en public et la pression familiale. L’autrice présente un peu le métier de Minato, entre contraintes et plaisirs. Ainsi, elle aborde la difficulté à gérer vie privée et travail chronophage. Elle ajoute beaucoup d’humour dans les derniers chapitres. Un épisode bonus met également en avant les deux peluches lapins à l’effigie des deux héros, qui sont sorties au Japon.

La mangaka a un trait léché, légèrement anguleux. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont très variées, détaillant les différentes ombres. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Toutefois, un fond gris avec des halos lumineux indique la projection de rêves ou de fantasmes. La mise en page est dynamique. Comme dans le tome précédent, Hinohara sensei censure les parties intimes par des languettes blanches dans les scènes érotiques. Elle présente les protagonistes en début tome. A la fin de quelques chapitres, elle propose des anecdotes avec les personnages en SD. Les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien des personnages.

En résumé

Après une nuit de réconciliation torride sur l’oreiller, Ikushima Shizuma et Mito Minato discutent enfin à cœur ouvert de leurs contrariétés. Rassuré par la prévenance de son petit ami prêt à tout pour lui, Minato repart sur une séance torride. D’ailleurs, il a maintenant hâte d’emménager en couple pour prouver à Onodera, la cheffe de Shizuma, la force de leur amour.

En conclusion

Shinohara Meguru sensei approfondit divers thèmes abordés, décortiquant les comportements et les émotions des personnages. Elle offre un tome plus détendu, empli d’humour et de tendresse. Son magnifique graphisme devient presque caricatural dans les passages comiques. J’ai beaucoup aimé la scène qui se passe dans le parc lors de la recherche d’appartement ainsi que le délire avec les ours dans le dernier chapitre. Une lecture désopilante!

Therapy game restart 3 – Hinohara Meguru

couverture de Therapy game restart 3 de Hinohara Meguru, éditions Taifu

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375064283
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784403668609 (JP)
Shinshokan, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Lorsque l’amour grandit, certains pas en avant se font plus difficiles à franchir. »

Hinohara Meguru sensei continue de développer la question de l’installation en couple à travers Mito Itsuki et Ikushima Shôhei. Par ailleurs, elle sème quelques indices autour de la sexualité d’Onodera et développe également les différents problèmes rencontrés par un vétérinaire. Elle interroge sur la jalousie avec Minato qui n’arrive pas à gérer sa possessivité, s’intéressant ainsi à la peur d’interférer dans le bonheur de l’autre, de ne pas aimer normalement. En effet, le photographe a encore du mal à surmonter son traumatisme face à l’amour destructeur de sa mère. Shizuma, quant à lui, essaie d’éliminer les comportements provoquant de l’incertitude. La narration alterne entre les deux amoureux, permettant de découvrir leurs points de vue. Ainsi, l’autrice montre que malgré les mêmes inquiétudes, il peut y avoir une vision différente des problèmes. Elle aborde donc les difficultés à se comprendre malgré des discussions, les efforts pour se réconcilier et parler ouvertement.

La mangaka a un trait épuré mais anguleux. Elle le simplifie et l’arrondit légèrement dans les passages humoristiques. Elle varie les trames. Toutefois, des hachures soulignent les ombres fortes. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques, accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page plutôt classique propose parfois des agencements plus dynamiques. Contrairement au tome précédent, Hinohara sensei censure les parties intimes par des languettes blanches dans les scènes érotiques. Elle fait poser les personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

De retour à la clinique pour récupérer ses vêtements à sécher, Ikushima Shizuma croise sa supérieure. Devant leur complicité, Miho Minato prend la fuite. Depuis, il refuse de voir son petit ami qui ne sait comment se réconcilier. Il ne comprend même pas ce qui aurait provoqué sa colère…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2024. Hinohara Meguru sensei replonge le couple de Minato et Shizuma dans une relation polluée par la jalousie, relançant le suspense. Ainsi, elle peut aborder de nouveaux sujets. Par ailleurs, elle alterne avec dextérité humour, tension et tendresse. Son graphisme maîtrisé avec des traits physiques bien déterminés permet d’immédiatement reconnaître les personnages ou comprendre leurs émotions. Quelques passages au consentement gris pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. J’adore voir le couple se rapprocher encore plus à chaque dispute, résolvant un à un leurs problèmes. Et j’aime beaucoup le mystère autour d’Onodera, même si le lecteur découvre quelques secrets en fin de tome! Une lecture haletante!

Le serpent et l’oiseau – Natsuo Nna

Couverture de Le serpent et l'oiseau de Natsuo Nna, éditions Taifu

NATSUO Nna 夏生んな
ISBN: 9782375065174
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784829686492 (JP)
Printemps, 2021 (JP)
Titre original: スズヘビ求愛論
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Mais as-t-on déjà vu un oiseau amoureux d’un serpent? »

Natsuo Nna sensei propose de suivre une romance surprenante entre un serpent et un moineau. Elle mêle les caractéristiques animales au folklore japonais, reprenant les croyances autour des serpents blancs. Ainsi, elle interroge sur la place de proie et de prédateur, le rapport à la nourriture, l’influence de l’instinct. L’impulsif moineau Komazu a tendance à agir sans réfléchir au contraire du réfléchi serpent Shiratô qui cherche toujours à comprendre avant toute action. Malgré leurs différences, les deux amis voient leurs sentiments se transformer en amour. Ils cherchent également à dépasser leur incompatibilité sexuelle pour s’aimer. L’autrice aborde entre autres la découverte du corps, l’acception du partenaire tel qu’il est, la peur de perdre le contrôle de soi ainsi que la culpabilité. Par ailleurs, elle met en avant le sacrifice de soi.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle s’inspire des caractéristiques animales pour les motifs des kimonos ainsi que les habitats. Les pages chargées utilisent beaucoup de trames mais dans des tons plutôt clairs. De même, les décors très travaillés et présents rendent parfois la vignette confuse par la profusion de détails. Par ailleurs, les trames d’ambiance sont graphiques. Un fond noir indique les rêves. La mise en page très dynamique reprend les codes du shôjo, avec des superpositions, l’absence de cadre, des vignettes aux formes variées. Dans les scènes érotiques, Natsuo sensei censure les parties intimes par des languettes blanches. A noter qu’elle reprend les spécificités animales des organes génitaux. Dans les illustrations en début de chapitre, elle met en scène les deux héros dans leur quotidien. Sous la jaquette, il y a une illustration et un poème amusant.

En résumé

Le moineau Komazu cherche des ingrédients dans la forêt. Il évite alors de justesse de se faire écraser par un kaki grâce à un serpent. Ce dernier lui vient même en aide lorsqu’une horde de sangliers passe, risquant de le piétiner. Pourtant, malgré la gentillesse du serpent, le moineau doute de la sincérité du prédateur. Lors de leur seconde rencontre, ils se disputent…

En conclusion

Pour son premier manga, Natsuo Nna sensei maîtrise déjà bien son style graphique, chatoyant et mignon. D’ailleurs, elle n’hésite pas à ajouter des transformations en animal toutes mignonnes. Malgré un contenu dense, elle développe l’essentiel des sujets dans ce format one-shot, proposant un récit rythmé, mêlant suspense, humour et romance. J’espère découvrir d’autres œuvres de la mangaka. Un énorme coup de cœur!

Lullaby of the dawn 5 – Yuno Ichika

Couverture de Lullaby of the dawn 5 de Yuno Ichika, éditions Taifu

YUNO Ichika ユノイチカ
ISBN: 9782375065112
Taifu comics, 2025
ISBN: ‎9784910526461 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« S’il n’est plus que l’eau noire… S’il me le confirme… Je n’aurai pas d’autres choix que de le tuer. »

Yuno Ichika sensei dévoile enfin comment le système d’exploitation des chamans s’est établi au fil des ans. Comme dans le tome précédent, elle dénonce les côtés très sombres du pouvoir, analysant encore les différents comportements humains ainsi que les effets de foule et la désignation d’un bouc émissaire. Elva se retrouve tiraillé entre son devoir et le doute provoqué par des souvenirs traumatisants, révélés par brides. La spécificité de Mikaël, en plein conflit intérieur, permet de mieux comprendre le fonctionnement de l’eau noire. Les actions du chaman chamboulent complètement la hiérarchie établie de l’île. Ainsi, à travers le regard des chamans du passé et du présent, l’autrice aborde la violence, l’avidité et la perversité humaine, exacerbées par les conflits. Elle confronte les chamans à leur résignation et un sentiment naissant de révolte, partageant leurs réflexions, leurs attentes. L’histoire bonus apporte un peu de tendresse et de légèreté.

La mangaka a un trait léché et fin, légèrement épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont très variées. Les décors alternent avec les trames d’ambiance qui jouent beaucoup sur les clairs-obscurs. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page très dynamique utilise des sorties de vignettes, l’absence de cadre et des formes selon le contenu. Comme indiqué dans l’avertissement du sommaire, il y a des scènes de violence sexuelle sur mineur. Néanmoins, Ichika sensei ne montre pas les parties intimes, préférant cadrer de loin. Ainsi, elle s’attarde plutôt sur la souffrance des victimes. En début de tome, elle présente les personnages.

En résumé

Depuis qu’Arnór a découvert ses origines, il hésite à se confier à Elva. Il s’interroge également sur sa propre conscience. Mais lorsqu’un chaman s’attaque aux familles nobles, Elva est chargé de les protéger par le Seigneur de l’île, Seán. Lors d’un assaut, il croit alors reconnaître Mikaël, décédé huit ans auparavant. Pendant ce temps, Arnór prend soin de Dana qui a reçu l’ordre de protéger le Sud en l’absence de son chaman.

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2025. Yuno Ichika sensei plonge les lecteurs dans les révélations, créant ainsi énormément de tension et de suspense. Les évènements s’enchaînent mais quelques passages plus calmes permettent de souffler, le tout restant tout à fait cohérent et maîtrisé. Le graphisme participe à la narration, transcrivant parfaitement l’ambiance. Attention, quelques scènes pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. Je suis complètement happée par le récit. Une lecture intense!

Mon amour secret 2 – Soutome Emu

Couverture de Mon amour secret 2 de Soutome Emu, éditions Taifu

SOUTOME Emu 五月女えむ
ISBN: 9782375065297
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801979833 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Titre original: 我が恋はしのぶれど 下
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je vais faire en sorte qu’il devienne un adversaire digne de vous. »

Soutome Emu sensei développe un peu plus la romance entre le renard et le dragon. Comme dans le tome précédent, elle présente le folklore japonais. De même, elle détaille un peu la vie au sein d’un ryokan. D’ailleurs, les yôkai semblent rencontrer les mêmes soucis que les humains dans leur quotidien, entre travail, rites, santé. Le passé de Kokufû se révèle au fil des chapitres. De même, un chapitre entier narre le passé des ogres Benimaru et Yûgen. Ces derniers jouent les intrigants et créent énormément de tension. Leur relation pourtant malsaine, entre soumission, sacrifice, dévouement et provocation, surprend au fur et à mesure que les explications se dévoilent. Par ailleurs, l’autrice apporte une légère réflexion écologique à travers les loutres et les dégâts sur la cascade. Elle aborde également la question de la destinée, la confiance et la communication au sein d’un couple.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les loutres ajoutent un côté mignon au récit. Les trames variées ont une dominante de tons clairs tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent grâce à un cadre dédoublé. Ainsi, le fond noir indique plutôt les moments tendus ou dramatiques. Par ailleurs, les décors soignés situent principalement l’action. La mise en page très dynamique reprend les codes des mangas shôjo. Dans les scènes érotiques, Soutome sensei recouvre intégralement les parties intimes par des hachures noires. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages. Les couvertures des deux tomes mise côte à côte forment une belle illustration.

En résumé

Dans la forêt, le dragon Kokufû sauve le renard Ryôya d’un ours. Le renard avoue alors connaître son secret à propos de son statut divin et lui déclare clairement ses sentiments. Touché, le dragon le rassure également. Tandis que les deux amoureux filent le parfait amour, les ogres trament quelque chose…

En conclusion

Emu Soutome sensei mêle avec succès fantastique, romance et folklore japonais. Elle maintient le suspense tout au long du récit. Par ailleurs, elle dépeint avec finesse les émotions. Son graphisme magnifique passe du mignon avec les loutres à un trait très dynamique durant les scènes d’action. Avertissement: la relation entre les deux ogres pourra déranger certains lecteurs. Pour ma part, je trouve que les explications données confortent le côté malsain et toxique, mais cela dépend de la sensibilité de chacun. Un coup de cœur confirmé!

Ménage à deux – Aruku Joe

Couverture de Ménage à deux d'Aruku Joe, éditions Taifu

ARUKU Joe あるくジョー
ISBN: 9782375065204
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526423 (JP)
Shucream, 2023 (JP)
Titre original: ゴミ屋敷の鎌倉さん
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Qu’est-ce que c’est que ce dépotoir? »

Aruku Joe sensei propose une romance plutôt classique entre deux voisins: le solaire Arai et l’asocial Kamakura. Elle maintient un certain suspense en dévoilant leur passé au fur et à mesure. Ainsi, elle s’intéresse à la dépression, au retrait social et au traumatisme. Epuisé psychologiquement, Satoshi prend conscience de sa situation critique grâce à son voisin qui lui apporte soins, chaleur humaine et écoute. Leur cohabitation leur permet de se découvrir, leur amitié naissante se transformant peu à peu. Les deux hommes se remettent en question et surmontent ainsi leurs petits traumatismes. L’autrice montre l’influence des remarques blessantes, des comportements désobligeants et du jugement sur l’apparence sur le mental. Elle aborde donc la fragilité d’une relation et la difficulté à maintenir le lien. Néanmoins, elle n’échappe pas à certains clichés de la vie en commun pour faciliter l’évolution de la relation.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames équilibrées sont pourtant peu variées, avec des teintes qui privilégient les contrastes noir et blanc. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Aruku sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou des trames. Elle joue également sur un contour fin translucide ainsi que les cadrages pour gommer les détails.

En résumé

Harcelé au travail, Kamakura Satoshi (30 ans) finit par craquer et insulte alors son supérieur. Depuis, il vit reclus dans son appartement. Lorsque des enfants cassent un carreau de sa fenêtre avec une balle, il ne réagit même pas. Mais son voisin, Arai Katsuyoshi (26 ans), remarque les dégâts et tente donc de le contacter, inquiet. Sans réponse, il se risque à passer par le balcon. Découvrant l’appartement couvert d’immondices, la propriétaire menace alors Kamakura d’expulsion. Mais Arai propose d’abord de nettoyer l’appartement, prenant ainsi soin de son voisin.

En conclusion

Ce one-shot se classe dix-huitième meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2024. Aruku Joe sensei propose des sujets intéressants. Toutefois, leurs développements rencontrent quelques problèmes de rythmes, avec certains enchaînements trop rapides. Malgré un graphisme classique, la mangaka maîtrise bien les expressions, facilitant la compréhension. La relation du couple est attendrissante. Une lecture sympathique!