I cannot reach you 5 – Mika

Couverture de I cannot reach you 5 de Mika, éditions Kana

Mika みか
ISBN: 9782505123446
Kana, 2025
ISBN: 9784046808790 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Ce que je sais, c’est que quand Yamato sourit, ça me rend très heureux et je sens mon cœur se serrer. »

Mika sensei continue d’analyser les réactions et les émotions des adolescents, en particulier la gestion du malaise qui s’installe entre Ashiya Kakeru et Oohara Yamato. Elle interroge sur la définition de l’amour et le sentiment amoureux, dénonçant au passage la commercialisation de l’amour à Noël. Comme dans le tome précédent, elle met en avant le soutien des amis à travers Hosoka Yui, Amamiya Sôichirô et Oohara Mikoto. D’ailleurs, les personnages secondaires sont un peu plus développés. Kakeru prend conscience des quiproquos et fait des efforts pour mieux communiquer. A cause de remarques désobligeantes extérieures, il ne cesse de se comparer à son ami considéré comme un beau gosse et se déprécie. Ainsi, l’autrice aborde l’influence et le poids du jugement extérieur, le manque de confiance en soi. Par ailleurs, elle continue de développer la question du consentement. Les histoires bonus détendent l’atmosphère plus tendue de ce tome.

La mangaka a un trait épuré plutôt arrondi qui apporte de la douceur. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames équilibrées rendent néanmoins les nuances dégradées. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques accompagnent les émotions. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Mika sensei utilise les codes du shôjo tels que les sorties de case, les ellipses, l’absence de cadre, la forme des vignettes en fonction de leur contenu, créant ainsi une mise en page dynamique. En fin de chapitre, elle offre des anecdotes amusantes en une planche. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre montre le quotidien des personnages.

En résumé

A l’approche de Noël, Oohara Mikoto rejette froidement toutes les sollicitations de Seo Yûma. Pourtant, elle accepte de rentrer en train avec lui. Mais un incident survint et dans la bousculade, elle perd alors l’élastique que lui a offert son frère Yamato. Attachée à ce cadeau, la jeune fille le cherche désespérément. A sa surprise, Hosaka Yui, de passage, le trouve et lui annonce l’avoir choisi pour son frère. D’abord dépitée, elle est vite rassurée par les explications de Yamato…

En conclusion

Mika sensei plonge les lecteurs directement dans le malaise entre les deux adolescents. Elle analyse la pression d’un premier rancard. Son graphisme doux transcrit avec finesse les émotions. J’apprécie le développement des personnages secondaires, permettant ainsi de découvrir d’autres points de vue sur les thèmes abordés. Un petit bijou de lecture!

Fermeture de Coolmic 1

Décidément, les plateformes numériques de mangas ont la vie dure en France! Disponible depuis 2019, Coolmic a fermé son service français le 27 novembre 2025. Certes, il n’y avait pas de communication sur les nouveautés. Et le découpage en vignettes des mangas pour correspondre au scrolling n’était pas forcément attrayant. Pourtant, la plateforme proposait un catalogue très varié de teens’love et BL, dont pour certains de mangaka célèbres. Certains boys’love sont même classés au Chill chill BL award. Toutefois, le choix des traductions des titres, parfois plus racoleurs que les originaux japonais, ont sûrement freiné quelques lecteurs. Pour ma part, je lisais beaucoup de séries BL. D’ailleurs, trop impatiente pour attendre les chapitres, j’achète même certains tomes en numérique en japonais sur une autre plateforme, Cmoa. J’avais déjà chroniqué Secrètement amoureux de Hosoya, d’Ike Reibun. Je vous présente d’abord mes séries préférées de mangaka plutôt connues.

Toi qui veux aimer – Nanoka

Couverture de Toi qui veux aimer de Nanoka

Nanoka 七ノ日
47 chapitres, en cours
4 tomes (JP)
Suiseisha (JP)
Titre original: たべたいあなた
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

En résumé

Haise, salaryman canin, doit prendre des suppresseurs les soirs de pleine lune car son rut est trop intense. Pourtant, il accepte de remplacer son collègue souris, Miyoshi, et fait alors des heures supplémentaires. Mais soudain, un doux parfum l’attire et, se transformant à moitié en loup, il se jette alors sur son collègue présent Kurono. Réalisant son acte violent, il se réfugie dans les toilettes. Mais Kurono le rejoint, également excité, et se transforme à moitié en lapin…

En conclusion

Nanoka sensei narre différentes romances entre des hommes-animaux, jouant sur l’attirance entre prédateurs et proies ainsi que l’influence des chaleurs et du rut. Elle reprend d’ailleurs les caractéristiques animales pour construire les caractères de ses personnages. Bien que ce ne soit pas un omegaverse, les hommes peuvent également enfanter. Malgré quelques rapports au consentement gris à cause du rut, les personnages font des efforts pour résister et ne pas forcer. Le trait anguleux se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Les trames sont variées et les décors situent l’action. Dans les scènes érotiques pourtant nombreuses, un cache blanc censure les parties intimes. J’adore particulièrement le couple de Lio (lion blanc) et Miyoshi.

Réincarné aux côtés du roi démon Evelogia – Kaziwara Io

Couverture de Réincarné aux côtés du roi démon Evelogia de Kaziwara Io

KAZIWARA Io 梶原伊緒
123 chapitres, en cours
8 tomes (JP)
Suiseisha (JP)
Titre original: 魔王イブロギアに身を捧げよ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

En résumé

Enfant, le yakuza Gozu Toshiaki admirait le roi démon Evelogia, l’antagoniste des héros d’un de ses jeux vidéos préférés. Un jour, il est tué par un membre d’un autre clan qu’il avait provoqué. Toutefois, il se réveille dans l’univers du jeu de son enfance en tant qu’assassin d’élite. D’ailleurs, les parents d’Evelogia lui demande de tuer leur fils. Persuadé de rêver, Gozu réalise rapidement sa nouvelle condition au contact de son idole et décide de soutenir celui qu’il aime à dominer ce monde!

En conclusion

Kaziwara Io sensei mêle isekai, fantastique, romance érotique et quête dans ce récit épique. Elle construit une relation détonante avec un passif musclé entreprenant et masochiste et un adolescent qui préfère plutôt une relation tendre et consensuelle. Grâce à l’amour débordant de l’ancien yakuza, le roi démon, maltraité, prend peu à peu confiance en lui. Le trait légèrement épuré se simplifie dans les passages humoristiques. Evelogia prend même la forme d’un adorable lapin tandis que Gozu affiche souvent la tête d’un obsédé sexuel. Les trames sont très variées et nombreuses tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Un cache blanc censure les parties intimes. Le premier tome se classe onzième meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. La série a également eu droit a une adaptation animée. Je fonds complètement!

Caresser les tétons de mon ours hibernant – Haruchika

Couverture de Caresser les tétons de mon ours hibernant de Haruchika

Haruchika ハルチカ
135 chapitre, en cours
7 tomes (JP)
Suiseisha (JP)
Titre original: 森のくまさん、冬眠中。
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

En résumé

L’ours Nowa a recueilli le chiot Airi qui grandit vite à ses côtés. Depuis l’enfance, ce dernier a pris l’habitude de téter les tétons de son père adoptif pour se calmer. Mais maintenant que le chien approche de l’âge adulte, l’ours préfère le confier au bassaris rusé Kô pendant qu’il hiberne tranquillement. Mais au printemps, Airi, enfin adulte, réveille Nowa en le tétant encore…

En conclusion

Haruchika sensei propose une romance avec des animaux anthropomorphes, abordant principalement la question de la famille et de la différence d’âge. Par ailleurs, elle offre un jeu de séduction intéressant entre l’uke musclé et le seme plus jeune. Son trait épuré tout en rondeur, en particulier la représentation des enfants, dégage beaucoup de douceur. Il se simplifie dans les passage humoristique. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions tandis que les décors apparaissent sur les plans larges. La mangaka censure les parties intimes par un cache blanc dans les scènes érotiques. Certains lecteurs pourront être gênés par l’évolution de la relation. En plus d’une adaptation animée, la série se classe dix-septième meilleure série érotique au Chill chill BL award 2022. Pour ma part, j’apprécie beaucoup le côté tranche de vie qui domine avec les aventures et les échanges avec les personnages secondaires.

L’épouse du Titan – ITKZ

Couverture de L'épouse du titan de ITKZ

ITKZ
162 chapitre, en cours
10 tomes (JP)
Suiseisha (JP)
Titre original: 巨人族の花嫁
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

En résumé

Mizuki Kôichi, capitaine populaire du club de basket, appréhende les examens de fin d’année. En effet, il souhaite entrer à l’université pour d’abord soulager son oncle qui l’a recueilli suite au décès de ses parents. Mais alors qu’il se masturbait dans sa chambre en fantasmant sur la manager du club, il entend soudain une étrange voix et se retrouve invoqué dans un autre monde, Eustil. Caius, le prince héritier de Tildant, pays des Titans, lui annonce alors qu’il est sa promise. En effet, un oracle aurait prédit un grand malheur si le prince épousait quelqu’un d’Eustil. Kôichi se demande bien comment il pourrait porter les enfants de ce géant alors qu’il est un homme!

En conclusion

ITKZ (Itokazu) sensei offre une romance dans un monde fantastique mêlant tension, romance et humour. Malgré un début assez érotique, le scénario s’étoffe avec les difficultés rencontrées à Eustil, en particulier la discrimination entre les différents peuples de ce monde, ainsi que les intrigues de cour. Les sentiments entre Kôichi et Caius se développent rapidement, même si les premiers rapports ne sont pas totalement consentis. L’autrice aborde entre autres les différences culturelles, l’intégration dans une famille, l’acceptation des différences. Mais le plus amusant est de voir le couple se débattre à trouver des méthodes pour surmonter leur différence de taille, surtout durant leurs ébats. Le trait légèrement anguleux varie les physionomies. Les trames sont variées. De même, les trames d’ambiance alternent avec les décors. Par ailleurs, un cache blanc censure les parties intimes. La série a bénéficié d’une adaptation animée. Une lecture entraînante!

Papa en veut encore… – Seo Serina

Couverture de Papa en veut encore de Seo Serina

SEO Serina 世尾せりな
132 chapitres, en cours
7 tomes (JP)
Suiseisha (JP)
Titre original: パパだって、したい
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

En résumé

Naruse Keiichi, père célibataire, embauche l’étudiant Asumi Kôya comme homme de ménage. Ce dernier, habitué à s’occuper des enfants, s’entend rapidement avec le sage Ichika. Toutefois, homosexuel, c’est surtout son bel employeur qui ne le laisse pas indifférent.

En conclusion

Seo Serina sensei narre une romance abordant l’homoparentalité, le coming out, les difficultés rencontrées par les familles monoparentales et la différence d’âge. Elle développe d’autres sujets tout aussi contemporains à travers les personnages secondaires qui apparaissent au fil du récit. Un contour plus épais met en relief le trait légèrement anguleux. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Un cache blanc censure les parties intimes. Malgré un nombre conséquent de scènes érotiques et un titre racoleur, je retiens surtout la construction de cette famille recomposée et une relation emplie d’amour et de tendresse. Le premier tome se classe troisième meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2019. Et la série a également eu droit à une adaptation animée.

Invoquer un fan de Yaoi dans un monde parallèle – Fujisaki Moe

couverture de Invoquer un fan de Yaoi dans un monde parallèle de Fujisaki Moe

FUJISAKI Moe 藤咲もえ
134 chapitres, en cours
12 tomes (JP)
Futabasha (JP)
Titre original: 腐男子召喚~異世界で神獣にハメられました~
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

En résumé

Aizuhara Kotone est un fan de yaoi depuis déjà 11 ans. Mais un jour, alors qu’il feuilletait des mangas yaoi dans une librairie, un camion dont le chauffeur a perdu le contrôle, le percute et il meurt alors englouti sous une pile de mangas. Mais à sa surprise, il se réveille dans un monde parallèle, enlacé par un serpent…

En conclusion

Fujisaki Moe sensei propose un isekai classique s’inspirant de la légende des animaux célestes chinois et du folklore japonais. Ainsi, elle développe différents couples, les humains invoqués ayant le pouvoir de protéger cet univers. Entre manipulation, tension entre les clans et nombreuses scènes érotiques, elle installe rapidement différentes quêtes qui permettront à Kotone et ses amis d’évoluer. Le trait anguleux s’arrondit dans les passages humoristiques. Les nombreuses trames détaillent la somptuosité des vêtements et des décors. D’ailleurs, ces derniers, soignés, alternent avec les trames d’ambiance. La mangaka censure les parties intimes par un cache blanc dans les scènes érotiques. J’aime beaucoup la dynamique des différents couples!

Le prince parfait m’aime, moi, son rival!? – Yuki Ao

Couverture de Le prince parfait m'aime moi son rival de Yuki Ao

YUKI Ao 結城アオ
63 chapitres, en cours
4 tomes (JP)
Suiseisha (JP)
Titre original: 当て馬キャラのくせして、スパダリ王子に寵愛されています。
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

En résumé

Un représentant des ventes du célèbre roman « Le prince d’argent et sa fiancée sacrée » décède suite à un accident, percuté par un camion. Toutefois, il se réincarne dans le corps d’un personnage secondaire du roman, Lonile Gravis, l’ami d’enfance de Lili Philissus, fille de marquis et fiancée du premier prince du royaume de Garciam, Alek Rei Garciam. Comme ce personnage secondaire disparaît dès le milieu du premier tome, Lonile déploie alors tous les moyens possibles pour éviter de mourir. Et si ses techniques commerciales l’aidaient à survivre?

En conclusion

Yuki Ao sensei offre une comédie romantique dans un isekai classique dans lequel le personnage secondaire s’attire rapidement les faveurs du prince. D’ailleurs, le gentil et travailleur Lonile séduit malgré lui le possessif Alek qui profite de son innocence pour obtenir ce qu’il veut. Une note de magie et quelques scènes d’action viennent également relancer l’intrigue. Le trait épuré se simplifie dans les passages humoristiques. Les trames d’ambiance appuient les émotions tandis que les autres trames sont variées. Par contre, les décors situent principalement l’action. Dans les scènes érotiques un cache blanc censure les parties intimes. Par ailleurs, la série a bénéficié d’une adaptation animée. Bien que l’histoire soit prévisible, j’aime particulièrement la dynamique entre les personnages.

Chère sœur, je suis devenu une vierge sacrée – Yuiko

Couverture de Chère soeur, je suis devenu une vierge sacrée de Yuiko

Yuiko 由依子 
57 chapitres, en cours
3 tomes (JP)
Suiseisha (JP)
Titre original: 前略、お兄ちゃんは聖女になりました。
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

En résumé

Au royaume de Kadar, le puissant sorcier de haut rang Theodorus Tramble se retrouve souvent seul pour accomplir les quêtes de rang S. Célèbre pour ses performances, il a pourtant du mal à régénérer sa magie. Un jour, il décide alors d’invoquer sa « vierge sacrée » qui lui permettra de recharger ses pouvoirs. Mais apparaissent devant lui deux japonais: Ishikawa Umehiko et sa petite sœur Momo. Pourtant, c’est Umehiko qui porte le tatouage de la vierge sacrée!

En conclusion

Yuiko sensei offre un isekai classique avec un sorcier surpuissant et un cuisinier invoqué qui refuse de devenir un simple outil. D’ailleurs, le Japonais se retrouve vite plongé dans une lutte de pouvoir entre sorciers. Ainsi, les péripéties s’enchaînent, faisant évoluer la relation conflictuelle entre les deux héros en amour partagé. Le trait légèrement épuré joue sur les pleins et déliés avec des contours plus épais qui apportent du relief. La mangaka exagère les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle utilise les trames avec parcimonie. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors soignés consolident un univers recherché. Dans les scènes érotiques, un cache blanc censure les parties intimes. Avertissement particulier sur le consentement flou surtout au début. Le tome 2 de la série se classe dix-neuvième meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2024. Quel plaisir de voir Theo se faire amadouer petit à petit!

Dragué par un sadique – Bov

Couverture de Dragué par un sadique de Bov

bov
189 chapitres, en cours
9 tomes (JP)
Suiseisha (JP)
Titre original: 性癖ヤバめなオトコに狙われました。
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

En résumé

Le photographe Takamada Kenichi a pour mission de mettre en valeur la rue commerciale déclinante Mitsuba sun sun. Il a prévu de faire un shooting chez le fabricant de tofu Koyama. Mais Koyama Yû n’a pas compris que son travail serait aussi photographié. Sa grand-mère invite alors le photographe à dormir chez lui. Durant le diner, la mère de Yû confie alors les difficultés du magasin. Mais face à cette famille aimante, le pervers Takamada n’a qu’une envie: la briser. Son dévolu se jette d’abord sur l’innocent fabriquant.

En conclusion

bov sensei narre une romance d’abord toxique, de jeux érotiques imposés, qui se transforme en relation sado-masochiste. En plus, elle fait doucement évoluer la relation et révèle au fur et à mesure l’origine du comportement pervers et sadique du photographe qui va enfin apprendre à aimer. L’innocent fabricant de tofu prend également du temps à admettre ses sentiments. La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Toutefois, les décors situent principalement l’action. Malgré les nombreuses scènes érotiques, un cache blanc censure les parties intimes. La série comporte énormément de traumavertissements. Pourtant, elle se classe quinzième meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2022.

Radio storm 1 – Lee Sun-Ui et Seo-Kyung

Couverture de Radio storm 1 de Lee Sun-Ui et Seo-Kyung, éditions Kbl

LEE Sun-Ui
SEO-KYUNG
ISBN: 9782382882689
Kbooks, 2024
D&C media, 2022 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Si j’étais mort, je ne t’aurais pas entraîné dans cet enfer… »

Lee Sun-Ui narre une romance dans un monde post apocalyptique, avec une touche de science-fiction. L’univers et les explications sur la relation déséquilibrée entre émetteur et noyau se révèlent au fil des chapitres, maintenant constamment un certain suspense. Toutefois, la narration se base principalement sur le point de vue de Sak. D’ailleurs, sa personnalité paraît ambivalente, pouvant passer de l’empathie à la cruauté. Ainsi, le jeune homme fait tout pour plaire à son émetteur, Lima. Malgré des rapports au consentement gris, les deux hommes développent une attirance mutuelle. La scénariste confronte d’abord deux vies différentes: la survie pour Lima et une enfance « normale » entre école et parents aimants pour Sak. Mais elle installe doucement le doute en semant divers indices laissant entrevoir les manipulations subies par les deux héros. Par ailleurs, elle aborde la question de destinée.

Seo-Kyung a un trait fin qui joue sur les pleins et déliés. Il se simplifie dans les passages humoristiques, les personnages se transformant parfois presque en SD. Les décors soignés s’estompent autour des personnages pour ne pas surcharger les vignettes. Par ailleurs, les trames d’ambiance appuient les émotions. Bien que le tome soit en noir et blanc, il y a quelques vignettes colorées et même juste quelques touches de couleurs qui font ressortir les détails. D’ailleurs, le contraste noir et blanc domine malgré des trames variées et équilibrées. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page classique propose quelques pages plus dynamiques. Toutefois, le format vertical s’oublie complètement. Dans les scènes érotiques, les cadrages et le choix des angles de vue permettent de cacher les parties intimes. A noter que les chapitres sont plutôt courts.

En résumé

Dans un monde ravagé par la guerre, certains individus ont développé des pouvoirs. Les enfants possédant ainsi un noyau sont pour les plus chanceux admis dans une école les prenant totalement en charge. Mais Sak, dont le noyau n’est pas puissant, subit un harcèlement scolaire. En effet, son pouvoir consiste seulement en un odorat sur-développé. Pourtant, lorsqu’une épidémie se déclare, Sak est envoyé à la recherche de son émetteur…

En conclusion

Lee Sun-Ui offre un tome introductif posant l’univers et directement le passé des deux héros, permettant de mieux comprendre la complexité de leurs caractères. Ainsi, elle analyse également l’évolution de leur relation. Par ailleurs, le graphisme de Seo-Kyung est très expressif, les touches de couleurs apportant un véritable appui à la narration. A noter que certaines scènes pourront heurter la sensibilité de quelques lecteurs, vu que le récit se déroule dans un monde en guerre. J’ai été rapidement happée par la relation particulière entre Sak et Lima. J’ai donc hâte de lire la suite. Une lecture troublante!

Stream à minuit 1 – Luria

Couverture de Stream à minuit 1 de Luria, éditions Taifu

Luria
ISBN: 9782375065556
Taifu comics, 2025
ISBN: ‎9784910526454 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Le Mahiru que j’ai créé avec l’agence n’a strictement plus rien à voir avec moi. »

Luria sensei propose une comédie romantique très sexy sur le thème des VTubers. Elle aborde donc la différence entre image publique et privée, la gestion de la notoriété, les collaborations en ligne, les difficultés d’un travail basé sur la passion ainsi que la fatigue sociale parfois ressentie. La narration alterne entre les deux hommes, dévoilant au passage leur réflexion sur leur attirance. Mayo manque de confiance en lui et gère mal ses émotions. Ogino, quant à lui, se montre possessif et exprime maladroitement son amour tout en profitant de sa position hiérarchique. Ainsi, le consentement peut paraître flou, un jeu SM soft s’installant entre les deux hommes. Par ailleurs, les deux autres VTubers, Takuto et Tsugumi, apportent une touche d’humour. L’autrice dévoile un peu le passé difficile des deux héros, survolant toutefois le thème du harcèlement. Elle montre également l’évolution du couple.

La mangaka a un trait anguleux qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont variées et nombreuses tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Luria sensei censure les parties intimes par des languettes blanches. D’ailleurs, elle ne détaille pas les trames qui se confondent avec un contour blanc. Pourtant, elle dessine au moins une scène par chapitre. Sous la jaquette, il y a des saynètes avec les personnages en SD.

En résumé

Sugawara Mayo (24 ans) travaille comme VTtuber sous le pseudonyme de Mahiru. Ogino, de l’agence Shining TV, l’aide beaucoup au quotidien, le nourrissant et faisant même le ménage. Mais Mayo se sent de plus en plus esseulé, conscient que l’admiration de ses fans s’arrête à son avatar. En effet, taciturne et introverti, il est à l’opposé de ce dernier, amical et joyeux. Alors qu’il déprimait après une diffusion en direct, Ogino essaie de le réconforter et remarque sa sensibilité. Il profite alors de l’excitation du VTuber pour le masturber…

En conclusion

Ce tome se classe troisième meilleur manga au Chill chill BL award 2025 mais également premier manga érotique. En effet, Luria sensei n’approfondit pas les thèmes évoqués, se perdant rapidement dans des scènes érotiques. Pourtant, elle propose un univers riche et intéressant. En plus, son graphisme est très expressif. Malgré ces petits détails qui pourraient déplaire à certains lecteurs, j’ai apprécié ma lecture. Je trouve d’ailleurs la construction des différents personnages intéressante. J’ai donc hâte de découvrir le second tome. Une lecture divertissante!

Cure blood – Togaya Arata

couverture de Cure blood de Togaya Arata, éditions Taifu

TOGAYA Arata 戸ヶ谷新
ISBN: 9782375065549
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784396785536 (JP)
Shodensha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Je vais t’examiner et te donner mon sang. »

Togaya Arata sensei narre une romance platonique entre deux médecins, dont l’un se transforme en vampire. Elle offre des tranches de vie, effectuant des sauts dans le temps pour ne développer que les évènements marquants. Ainsi, elle aborde la question de la cohabitation, la peur de perdre l’être aimé ainsi que le poids de la « maladie ». La narration alterne entre Tadayuki et Jûji. Bien qu’asocial, le vampire ressent la solitude, ses interactions humaines devenant limitées à cause de son lent vieillissement. De même, il culpabilise d’accaparer l’attention de son collègue. Pourtant, grâce à la recherche sur la transformation du médecin, une complicité se crée entre les deux amis. Ainsi, l’autrice aborde la question du vieillissement et de la mort, l’acceptation de l’autre tel qu’il est, le sacrifice de soi.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle dessine des corps plutôt longilignes. Toutefois, elle simplifie et arrondit son trait dans les passages humoristiques. La mise en page est simplement dynamique. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Togaya sensei montre l’évolution de la relation à travers des illustrations métaphoriques et poétiques. Elle résume également l’ambiance du récit dans les illustrations en début de chapitre. Sous la jaquette, elle offre le plan du logement commenté par les deux médecins qui apparaissent en semi SD.

En résumé

Depuis son opération, le médecin Kamikawa Tadayuki (28 ans) constate des changements dans son corps. Il n’arrive plus à manger, guérit très vite et se sent constamment fatigué. Quand son collègue Jûji Takeru (33 ans) l’invite chez lui à dîner, le jeune médecin est soudain pris d’un vertige et l’agresse pour lui sucer son sang. Tadayuki fuit alors et disparaît, tentant de se suicider en vain. Toutefois, Takeru refuse de l’abandonner et le retrouve quelques mois plus tard. Il lui propose alors de l’examiner et de lui donner son sang…

En conclusion

Pour son premier manga publié, Togaya Arata sensei maîtrise plutôt bien le format one-shot. Elle offre une tranche de vie touchante centrée sur la vie à deux et la mort. Par ailleurs, la transformation en vampire apporte quelques sujets supplémentaires intéressants comme la solitude. Son graphisme est agréable. J’ai été agréablement surprise par le développement du récit. J’aime beaucoup l’ambiance générale qui s’en dégage. J’aimerais découvrir d’autres œuvres de la mangaka. Une lecture simplement émouvante!

Remnant jujin omegaverse 4 – Hasumi Hana

couverture de Remnant jujin omegaverse 4 de Hasumi Hana, éditions Taifu

HASUMI Hana 羽純ハナ
ISBN: 9782375062876
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784866572628 (JP)
Frontier works, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Tout pour celui qu’on aime… »

Hasumi Hana sensei consacre ce tome aux révélations et aux retrouvailles entre Dahto et Judas. Elle montre l’évolution du couple qui, contrairement au tome précédent, arrive enfin à partager leurs sentiments réciproques. Ainsi, elle s’intéresse à la construction de la confiance, à la communication au sein d’un couple et à l’acceptation du destin. En effet, l’humain oméga et le bestial alpha font enfin une mise au point sur les malentendus. D’ailleurs, ils obtiennent le soutien de Bella, Will et Furio. Par ailleurs, Baron apporte une note humoristique avec ses remarques parfois piquantes. Tonéria, quant à lui, montre de nouvelles facettes. L’autrice interroge également sur le concept de famille élargie, avec la distance qui s’installe, le vivre ensemble, la préservation de la réputation ainsi que la pression subie par les omégas pour procréer. Elle aborde la peur de perdre l’être aimé et le respect des omégas.

La mangaka a un trait à peine épuré, plutôt anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Ainsi, Baron affiche d’adorables mimiques. Les trames très nombreuses et variées rendent les dégradés et les motifs du pelage. De même, des hachures soulignent les ombres fortes. Les trames d’ambiance renforcent les émotions et alternent avec les décors. D’ailleurs, les paysages semblent parfois inspirés de photographies, reprenant des architectures occidentales. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Hasumi sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou des trames sans contour ni forme. Pourtant, elle dessine des coupes intérieures. Elle précise les spécificités de son univers dans les explications sur l’omegaverse en début de tome.

En résumé

Suite à la disparition de Dahto (humain oméga), Judas (bestial alpha) passe ses nerfs sur Tonéria, le soupçonnant d’être le commanditaire. La condescendance du chef de la famille Siegfried l’exaspère également. Toutefois, Judas commence tout de même à douter. Abandonné au fin fond d’une forêt par ses ravisseurs, Dahto essaie de rejoindre Judas. Mais alors qu’il pensait enfin trouver du secours, une troupe de voyous l’agresse…

En conclusion

Hasumi Hana sensei donne l’impression de conclure son récit pourtant, elle précise dans sa postface avoir d’autres sujets à raconter, pour notre plus grand bonheur. Elle maîtrise le rythme entre les révélations, la tension et les moments romantiques ou paisibles. Par ailleurs, son graphisme est de toute beauté. Je craque complètement pour les bouilles des personnages dans les moments comiques. Une lecture réconfortante!

Our love language 1 – Rinteku

Couverture de Our love language 1 de Rinteku, éditions Akata

Rinteku 厘てく
ISBN: 9782385690359
Akata, 2025
ISBN: 9784757587519 (JP)
Square enix, 2023 (JP)
Titre original: カメレオンはてのひらに恋をする。1
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Je connais très bien la frustration de ne pas réussir à communiquer ce que je veux… »

Rinteku sensei narre une romance entre deux étudiants, avec pour thème principal la question de la surdité. Elle base principalement la narration du point de vue de Fujinaga mais dévoile la version de Keito dans le chapitre bonus. De même, à travers les conversations du « Monde de Keito », elle attire l’attention sur le ressenti et les différentes manières de percevoir les sons. D’ailleurs, la communication est au cœur du récit, avec les quiproquos, la franchise de la langue des signes, l’iconicité et l’expression corporelle du théâtre qui diffère de celle de l’audiovisuel. Grâce à Maejima, Aoi n’hésite pas à remettre en question ses projets d’avenir. Il prend d’ailleurs conscience au fur et à mesure des difficultés rencontrées par son ami dans son quotidien. Ainsi, l’autrice aborde la question de l’intégration des personnes handicapées dans la société. Elle montre également comment des communications ardues provoquent une perte de confiance en soi.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui dégage une certaine souplesse. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page dynamique joue sur les ellipses et les superpositions. Néanmoins, les décors soignés s’estompent parfois pour ne pas surcharger la page. D’ailleurs, Rinteku sensei décompose les mouvements de la langue des signes, superposant parfois les différentes formes des mains dans une mème case. De même, le lettreur Tom « spAde » Bertrand effectue un gros travail pour transmettre la compréhension difficile de Keito. A la fin de certains chapitres, il y a aussi des conversations entre Aoi et Maejima expliquant le monde ressenti par l’étudiant sourd. Sous la jaquette se trouve la présentation des personnages.

En résumé

Étudiant en lettres modernes, Aoi Fujinaga rêve de devenir acteur mais il échoue à la majorité de ses auditions car il surjoue trop. Un jour, il rencontre Maejima Keito, en sciences de l’éducation, un étudiant sourd, oraliste et signant. Les deux jeunes hommes sympathisent rapidement, cherchant à se comprendre. D’ailleurs, Fujinaga s’intéresse rapidement à la langue des signes. Keito, quant à lui, trouve que son nouvel ami a du talent pour exprimer ses émotions…

En conclusion

Ce tome se classe à la sixième place du meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2024. Rinteku sensei fait découvrir aux lecteurices les spécificités de la surdité, ainsi que les différents dispositifs pour aider les malentendants. Grâce à Fujinaga, elle fait le lien entre la langue des signes et le langage corporel, mettant en avant les efforts nécessaires pour communiquer. Son graphisme est magnifique et très expressif. Malgré un tome très épais, j’ai dévoré d’une traite ce récit émouvant. J’adore les deux protagonistes mais également les personnages secondaires, même si ces derniers sont peu développés. Une lecture que je vous recommande grandement! Énorme coup de cœur!

Smell – Nagabe

Couverture de Smell de Nagabe, éditions Komikku

Nagabe ながべ
ISBN: 9782372878517
Komikku, 2025
ISBN: ‎9784041145548 (JP)
Kadokawa, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Je sais que c’est malsain de faire ça. Mais je ne peux pas résister à l’envie de le renifler!! »

Nagabe sensei narre une romance lycéenne avec deux hommes-bêtes qui se découvrent un fétichisme pour les odeurs. D’ailleurs, il reprend les spécificités animales pour construire le caractère de ses personnages, avec un Saint Hubert, race spécialisée dans le pistage et un Border collie foufou. Il joue également sur leurs caractères opposés pour créer une dynamique. La narration se base principalement du point de vue de Joseph. Le Border collie s’interroge sur son attirance, son excitation par certaines odeurs et n’hésite pas à remettre en question son comportement parfois pressant. Le taciturne Noi, quant à lui, conserve une certaine innocence. Un jeu érotique s’installe entre eux, les incitant à mieux communiquer. Ainsi, l’auteur aborde la différence entre odeur et phéromone, l’acceptation de l’autre, la question de la normalité. Il questionne également sur le consentement.

Le mangaka a un trait épuré et anguleux. Il reprend les caractéristiques principales des races des chiens mais certaines sont parfois méconnaissables. Il simplifie son trait et exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors situent principalement l’action et s’estompent néanmoins pour ne pas surcharger les pages. Les trames d’ambiance appuient les émotions fortes tandis que les autres trames sont en aplat, utilisées avec parcimonie. La mise en page plutôt classique colle parfaitement au style graphique. Dans les scènes érotiques, Nagabe sensei ne montre pas les parties intimes grâce au cadrage et à des phylactères bien placés. Toutefois, dans certaines vignettes, il ne les dessine tout simplement pas.

En résumé

L’enjoué Joseph (Border collie) surprend son camarade de classe Noi (Saint Hubert) en train de renifler son t-shirt. Mais loin d’être choqué, il s’amuse même par la suite à tester l’odorat de son nouvel ami. Toutefois, lorsqu’il lui fait sentir son caleçon, la réaction de Noinoi lui procure un plaisir inattendu.

En conclusion

Nagabe sensei arrive à mêler les premiers émois d’une romance lycéenne avec la découverte d’un fétichisme, tout en conservant une certaine candeur de ses personnages. En se basant sur les spécificités des races des chiens, il crée une dynamique intéressante entre les personnages, rendant crédible leurs recherches d’odeurs. Toutefois, le sujet pourra déplaire à certains lecteurs. Le graphisme est très expressif. J’aime beaucoup la relation qui se construit entre Noi et Joseph. Un bon moment de lecture!

Si tu insistes… 3 – Niyama

Couverture de Si tu insistes 3 de Niyama, éditions Hana

NIYAMA にやま
ISBN: 9782382765524
Hana, 2025
ISBN: 9784801983915 (JP)
Takeshobo, 2024 (JP)
Titre original: そんなに言うなら抱いてやる 3
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Tout se passe bien pour le ninja et le prince, jusqu’à ce qu’un… rival (?) se présente! »

Niyama sensei concentre son récit sur la vie professionnelle en introduisant le roi Ôsuke. Elle aborde la gestion de la jalousie, la question de la confiance et, comme dans le tome précédent, le coming out et l’influence des rumeurs. Ainsi, elle dévoile de nouvelles facettes de Shinobu qui se montre possessif et boudeur. En effet, une rivalité s’installe peu à peu car Ikurumi idéalise et surprotège Omoteya. Hikaru s’interroge alors sur sa relation avec Nin Nin. Le couple communique mieux, aussi bien par les mots que par des petits gestes d’affection. Par ailleurs, l’autrice joue beaucoup sur les quiproquos pour nous amuser. Elle crée également du suspense grâce aux prises de risque du couple qui dissimule de plus en plus mal leur attirance. Elle s’intéresse donc au jugement sur l’apparence, la remise en question de soi, la différence entre relation charnelle et amoureuse.

La mangaka a un trait légèrement anguleux, à peine épuré. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle n’hésite pas à dessiner Hikaru en adorable petit poussin. Les trames sont équilibrées et des hachures envahissantes soulignent les rougissements. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés situent principalement l’action. La mise en page dynamique joue sur l’absence de cadre, les sorties de cases et les ellipses. Niyama sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle offre deux illustrations qui résument bien l’ambiance du manga, à découvrir de préférence à la fin.

En résumé

Le meilleur vendeur de l’entreprise, Ikurumi Ôsuke, surnommé le roi, revient d’une mission de cinq ans à l’étranger. Omoteya Hikaru qui l’admire, est tellement impatient de le retrouver qu’il abandonne Urakawa Shinobu dès le matin en plein câlin. D’abord confiant, Nin Nin commence pourtant à s’inquiéter face à autant de complicité entre le roi et le prince. Il entraîne même Hikaru dans les toilettes du bureau pour lui voler un baiser…

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2025. Niyama sensei approfondit ses sujets abordés précédemment tout en nous amusant. Elle maîtrise toujours l’alternance entre tension, érotisme et humour. Son graphisme est un régal pour les yeux, aussi bien le mignon poussin Hikaru que la musculature de Nin Nin. D’ailleurs, Ôsuke dégage un charme fou, même en mode fan ardu manipulateur. Une lecture captivante!

Last omegaverse – Harekawa Shinta

Couverture de Last omegaverse de Harekawa Shinta, éditions Taifu

HAREKAWA Shinta 晴川シンタ
ISBN: 9782375065143
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801968349 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Il y a un siècle de cela, les alphas et les omégas se sont éteints. »

Harekawa Shinta sensei propose un omegaverse avec une note originale: la disparition des alphas et des omégas. Elle interroge sur la différence entre un coup de foudre et l’influence des phéromones et la solitude. Ainsi, elle dépeint les différentes émotions ressenties, en particulier à cause du manque de connaissance sur les seconds genres. Ayase aspire à une vie et à un amour normaux mais doit composer avec les effets de ses chaleurs, devant mentir sur sa condition. Sa sœur, Yôko, se montre en plus trop surprotectrice. Inukai, quant à lui a constamment peur de ne pas contrôler son instinct. Les personnages, blessés par la vie jusqu’à présent, construisent d’abord une relation un peu malsaine mais cherchent à l’équilibrer et à avancer. Ainsi, l’autrice révèle par brides le passé des personnages. Elle aborde la question du destin, de l’acceptation de soi, du doute et de la sincérité des sentiments.

La mangaka a un trait épuré avec des contours plus épais donnant du relief. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Harekawa sensei censure les parties intimes avec des trames légères ou des contours blancs qui s’estompent. Pourtant, elle dessine des coupes intérieures, offrant presque une scène par chapitre.

En résumé

Les alphas et les omégas ont disparu depuis un siècle déjà. Pourtant, un jour de pluie, le PDG d’une société, Inukai Ryô, croise l’acteur porno gay, Ayase Yûtarô, à un passage piétons. Les deux hommes se sentent irrémédiablement attirés l’un par l’autre et enchaînent ensuite rapidement les rendez-vous. Mais pendant leurs ébats, Ayase qui cache son second genre oméga, s’interrompt brusquement pour prendre des suppresseurs d’urgence. Inukai lui avoue alors être un alpha.

En conclusion

Harekawa Shinta sensei offre un omegaverse plutôt original, malgré une narration un peu rapide pour tenir en un one-shot. Ainsi, elle développe peu les différents thèmes abordés mais exploite tout de même l’essentiel. En plus, elle analyse avec finesse les émotions des personnages, dévoilant au fur et à mesure leurs petits défauts. Le récit semble ainsi très vivant. Par ailleurs, le graphisme est à la fois fin et agréable. Même si je trouve que ce titre ne restera pas longtemps dans les mémoires, je l’ai apprécié, étant touchée par l’imperfection des personnages. Une lecture attendrissante!