Le serpent et l’oiseau – Natsuo Nna

Couverture de Le serpent et l'oiseau de Natsuo Nna, éditions Taifu

NATSUO Nna 夏生んな
ISBN: 9782375065174
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784829686492 (JP)
Printemps, 2021 (JP)
Titre original: スズヘビ求愛論
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Mais as-t-on déjà vu un oiseau amoureux d’un serpent? »

Natsuo Nna sensei propose de suivre une romance surprenante entre un serpent et un moineau. Elle mêle les caractéristiques animales au folklore japonais, reprenant les croyances autour des serpents blancs. Ainsi, elle interroge sur la place de proie et de prédateur, le rapport à la nourriture, l’influence de l’instinct. L’impulsif moineau Komazu a tendance à agir sans réfléchir au contraire du réfléchi serpent Shiratô qui cherche toujours à comprendre avant toute action. Malgré leurs différences, les deux amis voient leurs sentiments se transformer en amour. Ils cherchent également à dépasser leur incompatibilité sexuelle pour s’aimer. L’autrice aborde entre autres la découverte du corps, l’acception du partenaire tel qu’il est, la peur de perdre le contrôle de soi ainsi que la culpabilité. Par ailleurs, elle met en avant le sacrifice de soi.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle s’inspire des caractéristiques animales pour les motifs des kimonos ainsi que les habitats. Les pages chargées utilisent beaucoup de trames mais dans des tons plutôt clairs. De même, les décors très travaillés et présents rendent parfois la vignette confuse par la profusion de détails. Par ailleurs, les trames d’ambiance sont graphiques. Un fond noir indique les rêves. La mise en page très dynamique reprend les codes du shôjo, avec des superpositions, l’absence de cadre, des vignettes aux formes variées. Dans les scènes érotiques, Natsuo sensei censure les parties intimes par des languettes blanches. A noter qu’elle reprend les spécificités animales des organes génitaux. Dans les illustrations en début de chapitre, elle met en scène les deux héros dans leur quotidien. Sous la jaquette, il y a une illustration et un poème amusant.

En résumé

Le moineau Komazu cherche des ingrédients dans la forêt. Il évite alors de justesse de se faire écraser par un kaki grâce à un serpent. Ce dernier lui vient même en aide lorsqu’une horde de sangliers passe, risquant de le piétiner. Pourtant, malgré la gentillesse du serpent, le moineau doute de la sincérité du prédateur. Lors de leur seconde rencontre, ils se disputent…

En conclusion

Pour son premier manga, Natsuo Nna sensei maîtrise déjà bien son style graphique, chatoyant et mignon. D’ailleurs, elle n’hésite pas à ajouter des transformations en animal toutes mignonnes. Malgré un contenu dense, elle développe l’essentiel des sujets dans ce format one-shot, proposant un récit rythmé, mêlant suspense, humour et romance. J’espère découvrir d’autres œuvres de la mangaka. Un énorme coup de cœur!

Lullaby of the dawn 5 – Yuno Ichika

Couverture de Lullaby of the dawn 5 de Yuno Ichika, éditions Taifu

YUNO Ichika ユノイチカ
ISBN: 9782375065112
Taifu comics, 2025
ISBN: ‎9784910526461 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« S’il n’est plus que l’eau noire… S’il me le confirme… Je n’aurai pas d’autres choix que de le tuer. »

Yuno Ichika sensei dévoile enfin comment le système d’exploitation des chamans s’est établi au fil des ans. Comme dans le tome précédent, elle dénonce les côtés très sombres du pouvoir, analysant encore les différents comportements humains ainsi que les effets de foule et la désignation d’un bouc émissaire. Elva se retrouve tiraillé entre son devoir et le doute provoqué par des souvenirs traumatisants, révélés par brides. La spécificité de Mikaël, en plein conflit intérieur, permet de mieux comprendre le fonctionnement de l’eau noire. Les actions du chaman chamboulent complètement la hiérarchie établie de l’île. Ainsi, à travers le regard des chamans du passé et du présent, l’autrice aborde la violence, l’avidité et la perversité humaine, exacerbées par les conflits. Elle confronte les chamans à leur résignation et un sentiment naissant de révolte, partageant leurs réflexions, leurs attentes. L’histoire bonus apporte un peu de tendresse et de légèreté.

La mangaka a un trait léché et fin, légèrement épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont très variées. Les décors alternent avec les trames d’ambiance qui jouent beaucoup sur les clairs-obscurs. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page très dynamique utilise des sorties de vignettes, l’absence de cadre et des formes selon le contenu. Comme indiqué dans l’avertissement du sommaire, il y a des scènes de violence sexuelle sur mineur. Néanmoins, Ichika sensei ne montre pas les parties intimes, préférant cadrer de loin. Ainsi, elle s’attarde plutôt sur la souffrance des victimes. En début de tome, elle présente les personnages.

En résumé

Depuis qu’Arnór a découvert ses origines, il hésite à se confier à Elva. Il s’interroge également sur sa propre conscience. Mais lorsqu’un chaman s’attaque aux familles nobles, Elva est chargé de les protéger par le Seigneur de l’île, Seán. Lors d’un assaut, il croit alors reconnaître Mikaël, décédé huit ans auparavant. Pendant ce temps, Arnór prend soin de Dana qui a reçu l’ordre de protéger le Sud en l’absence de son chaman.

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2025. Yuno Ichika sensei plonge les lecteurs dans les révélations, créant ainsi énormément de tension et de suspense. Les évènements s’enchaînent mais quelques passages plus calmes permettent de souffler, le tout restant tout à fait cohérent et maîtrisé. Le graphisme participe à la narration, transcrivant parfaitement l’ambiance. Attention, quelques scènes pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. Je suis complètement happée par le récit. Une lecture intense!

Mon amour secret 2 – Soutome Emu

Couverture de Mon amour secret 2 de Soutome Emu, éditions Taifu

SOUTOME Emu 五月女えむ
ISBN: 9782375065297
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801979833 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Titre original: 我が恋はしのぶれど 下
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je vais faire en sorte qu’il devienne un adversaire digne de vous. »

Soutome Emu sensei développe un peu plus la romance entre le renard et le dragon. Comme dans le tome précédent, elle présente le folklore japonais. De même, elle détaille un peu la vie au sein d’un ryokan. D’ailleurs, les yôkai semblent rencontrer les mêmes soucis que les humains dans leur quotidien, entre travail, rites, santé. Le passé de Kokufû se révèle au fil des chapitres. De même, un chapitre entier narre le passé des ogres Benimaru et Yûgen. Ces derniers jouent les intrigants et créent énormément de tension. Leur relation pourtant malsaine, entre soumission, sacrifice, dévouement et provocation, surprend au fur et à mesure que les explications se dévoilent. Par ailleurs, l’autrice apporte une légère réflexion écologique à travers les loutres et les dégâts sur la cascade. Elle aborde également la question de la destinée, la confiance et la communication au sein d’un couple.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les loutres ajoutent un côté mignon au récit. Les trames variées ont une dominante de tons clairs tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent grâce à un cadre dédoublé. Ainsi, le fond noir indique plutôt les moments tendus ou dramatiques. Par ailleurs, les décors soignés situent principalement l’action. La mise en page très dynamique reprend les codes des mangas shôjo. Dans les scènes érotiques, Soutome sensei recouvre intégralement les parties intimes par des hachures noires. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages. Les couvertures des deux tomes mise côte à côte forment une belle illustration.

En résumé

Dans la forêt, le dragon Kokufû sauve le renard Ryôya d’un ours. Le renard avoue alors connaître son secret à propos de son statut divin et lui déclare clairement ses sentiments. Touché, le dragon le rassure également. Tandis que les deux amoureux filent le parfait amour, les ogres trament quelque chose…

En conclusion

Emu Soutome sensei mêle avec succès fantastique, romance et folklore japonais. Elle maintient le suspense tout au long du récit. Par ailleurs, elle dépeint avec finesse les émotions. Son graphisme magnifique passe du mignon avec les loutres à un trait très dynamique durant les scènes d’action. Avertissement: la relation entre les deux ogres pourra déranger certains lecteurs. Pour ma part, je trouve que les explications données confortent le côté malsain et toxique, mais cela dépend de la sensibilité de chacun. Un coup de cœur confirmé!

Ménage à deux – Aruku Joe

Couverture de Ménage à deux d'Aruku Joe, éditions Taifu

ARUKU Joe あるくジョー
ISBN: 9782375065204
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526423 (JP)
Shucream, 2023 (JP)
Titre original: ゴミ屋敷の鎌倉さん
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Qu’est-ce que c’est que ce dépotoir? »

Aruku Joe sensei propose une romance plutôt classique entre deux voisins: le solaire Arai et l’asocial Kamakura. Elle maintient un certain suspense en dévoilant leur passé au fur et à mesure. Ainsi, elle s’intéresse à la dépression, au retrait social et au traumatisme. Epuisé psychologiquement, Satoshi prend conscience de sa situation critique grâce à son voisin qui lui apporte soins, chaleur humaine et écoute. Leur cohabitation leur permet de se découvrir, leur amitié naissante se transformant peu à peu. Les deux hommes se remettent en question et surmontent ainsi leurs petits traumatismes. L’autrice montre l’influence des remarques blessantes, des comportements désobligeants et du jugement sur l’apparence sur le mental. Elle aborde donc la fragilité d’une relation et la difficulté à maintenir le lien. Néanmoins, elle n’échappe pas à certains clichés de la vie en commun pour faciliter l’évolution de la relation.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames équilibrées sont pourtant peu variées, avec des teintes qui privilégient les contrastes noir et blanc. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Aruku sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou des trames. Elle joue également sur un contour fin translucide ainsi que les cadrages pour gommer les détails.

En résumé

Harcelé au travail, Kamakura Satoshi (30 ans) finit par craquer et insulte alors son supérieur. Depuis, il vit reclus dans son appartement. Lorsque des enfants cassent un carreau de sa fenêtre avec une balle, il ne réagit même pas. Mais son voisin, Arai Katsuyoshi (26 ans), remarque les dégâts et tente donc de le contacter, inquiet. Sans réponse, il se risque à passer par le balcon. Découvrant l’appartement couvert d’immondices, la propriétaire menace alors Kamakura d’expulsion. Mais Arai propose d’abord de nettoyer l’appartement, prenant ainsi soin de son voisin.

En conclusion

Ce one-shot se classe dix-huitième meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2024. Aruku Joe sensei propose des sujets intéressants. Toutefois, leurs développements rencontrent quelques problèmes de rythmes, avec certains enchaînements trop rapides. Malgré un graphisme classique, la mangaka maîtrise bien les expressions, facilitant la compréhension. La relation du couple est attendrissante. Une lecture sympathique!

Here U are 4 – Djun

Couverture de Here U are 4 de Djun, éditions Taifu

Djun
ISBN: 9782375064955
Taifu comics, 2025
Dongman, 2022 (CN)
Manhua
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Je ne veux pas l’entraîner là-dedans… »

Djun s’intéresse aux différences de point de vue entre hétérosexuel et homosexuel. Yu Yang doute constamment des sentiments de Li Huan car ce dernier manque d’expérience amoureuse. Pourtant, le jeune homme taciturne se montre câlin et démonstratif, ne tenant pas compte du jugement extérieur. Il se laisse d’ailleurs facilement embarquer, avec Xiao Yi, par les délires de Xia Wangwang. La passion de la jeune fille pour le BL permet également d’aborder la différence entre réalité et fiction. La relation entre Yu et Li évolue petit à petit, pour notre plus grand plaisir. Chu Huanwen apporte conseil et soutien. La confrontation du couple à des railleries homophobes met en avant diverses réactions. Ainsi, l’autrice décortique le sentiment de culpabilité que ressent une personne homosexuelle lorsqu’elle aime un hétérosexuel. Elle introduit doucement de nouvelles intrigues autour du gérant de bar Pan ainsi que Chu Huanwen à travers des rencontres marquantes.

Djun a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise des tons plutôt réalistes et sobres. Par ailleurs, les décors soignés sont très présents. Les arrière-plans éloignés deviennent plus clairs ou flous, renforçant ainsi l’effet de profondeur et rappelant la focale d’un appareil photo. La mise en page est dynamique mais l’agencement de certaines cases fait parfois hésiter sur le sens lecture. Comme dans le tome précédent le personnage de la couverture (ici, Pan) apparaît en SD en pyjama animal dans le sommaire. Sur la couverture, un vernis sélectif donne un peu de relief. En fin de tome, il y a un message de l’autrice pour les lecteurs français et une magnifique illustration.

En résumé

Lors de la compétition universitaire d’athlétisme, Xia Wangwang percute malencontreusement Yu Yang. Li Huan amène alors la jeune fille à l’infirmerie. Mais il remarque également que son ami l’évite depuis qu’il lui a déclaré ses sentiments. Xia décide alors de jouer les Cupidons pour les rapprocher et donne donc quelques conseils de séduction à Li Huan.

En conclusion

Djun alterne avec dextérité entre sujets sérieux, humour et tension. Elle dépeint avec beaucoup de finesse les émotions de ses personnages. Les interactions entre Li Huan et Yu Yang, mais également Xia Wangwang et Xiao Yi sont entraînantes, touchantes et même hilarantes. De même, le graphisme est un pur bonheur. Une lecture palpitante!

King’s maker 1 – Haga et Kang Jiyoung

Couverture de King's maker 1 de Haga et Kang Jiyoung, éditions Taifu

Haga
Kang Jiyoung
ISBN: 9782375064382
Taifu comics, 2024
Jaedam, 2018 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« C’était un enfant des rues, il va faire de lui un roi! »

Haga propose une romance mêlant intrigues de cour et actions. Le passé des personnages et la situation critique du royaume se révèlent au fur et à mesure, créant constamment des surprises. Ainsi, quelques personnages d’abord antipathiques s’avèrent parfois plus prévenants qu’ils ne paraissent et inversement. Le froid Shin Soohyuk semble blasé face au tyrannique roi mais se montre finalement fin manipulateur. Il s’oppose d’abord au rebelle et impétueux Wolfgang. D’ailleurs, le prince apporte beaucoup d’humour de part sa manie à s’attirer les problèmes et ses réactions parfois imprévues. Les deux adolescents s’observent pour l’instant et se chamaillent constamment. L’auteurice aborde donc la vengeance, le jugement sur le paraître, les discriminations sociales. A travers la famille Ulysse, iel montre différentes méthodes pour contrer la folie du souverain.

Kang Jiyoung a un trait épuré légèrement anguleux. Iel exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les couleurs jouent sur les contrastes, avec par exemple des tons chauds pour Wolfgang et des tons plus froids pour Soohyuk. De même, les accessoires et les décors rehaussent l’harmonie des différentes teintes. D’ailleurs, les décors soignés s’estompent parfois en arrière plan. La mise en page est simplement dynamique. Pour l’instant, il n’y a pas directement de scènes érotiques. Tout reste dans la suggestion, en particulier sur les penchants pédophiles du roi. A la fin du tome, des yonkoma proposent des histoires bonus amusantes.

En résumé

Wolfgang Goldenleonard, qui vivait dans la rue, est ramené au palais par son géniteur, le roi tyran à la tête du pays. Mais il refuse de toucher tout ce qui appartient à sa majesté. Réfugié dans l’étable, il menace même les servantes qui tentent de la convaincre de s’habiller au moins convenablement. Quand le roi arrive, le quatrième prince ne peut contenir sa colère face aux remarques désobligeantes sur sa mère faites par son père. Il est pourtant arrêté dans son élan par le beau et frêle garçon, Shin Soohyuk, qui accompagne souvent le roi.

En conclusion

Haga plonge rapidement les lecteurs dans les intrigues tout en développant son univers, maintenant ainsi le suspense. La relation entre Wolgang et Soohyuk s’annonce pimentée, pour notre plus grand plaisir. Le graphisme de Kang Jiyoung est très expressif, renforcé par les effets de couleurs d’ambiance. J’ai hâte de découvrir la suite! Une lecture entraînante.

Love shuttle 3 – Aeju

Couverture de Love shuttle 3 d'Aeju, éditions Nao Studio publishing

Aeju
ISBN: 9782487899018
Nao studio publishing, 2025
Lezhin, 2019 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Comment vont-ils gérer cette nouvelle épreuve? »

Aeju s’intéresse à l’évolution de la relation entre Doyun et Taehan, en particulier sous l’influence de leurs phéromones ainsi que leur cohabitation. Ainsi, malgré une grande compatibilité sexuelle, les deux hommes analysent calmement leurs sentiments avant de les confirmer, respectant le rythme de l’autre. Doyun, beaucoup trop fier, s’avère plus honnête lorsqu’il dort. Pour un oméga, il assume sa libido et se montre entreprenant. A l’opposé, bien qu’alpha, le patient Taehan est prévenant, à l’écoute de son partenaire et redoute de perdre le contrôle durant son rut. D’ailleurs, l’autrice détaille les risques des relations durant le rut et les chaleurs, avec les accès de violence et l’influence de l’instinct. Avec le couple entre Dojun et Jinyoung, elle aborde une relation entre alphas, déconstruisant encore les principes classiques de l’omegaverse. Alors que le médecin a un côté sadique typique des alphas dominants, l’agent immobilier bourré de complexes montre involontairement ses faiblesses.

Aeju a un trait anguleux légèrement épuré, avec un contour plus épais qui donne du relief. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions, tout en simplifiant son trait. Les couleurs réalistes détaillent les ombres et les dégradés. Par ailleurs, les décors alternent avec les couleurs d’ambiance parfois accompagnées de trames plus graphiques. Par contre, un fond sépia indique les flash-back. La mise en page classique propose toutefois quelques agencements plus dynamiques qui oublient complètement le format vertical d’origine. D’ailleurs, la lecture est fluide, avec des angles de vue très variés même durant une simple discussion. Comme dans le tome précédent, la manhwaga ne censure pas les scènes érotiques. Au début du tome, il y a des explications sur l’omegaverse et de succinctes présentations des personnages.

En résumé

Jung Taehan (alpha) propose à Lee Doyun (oméga) de vivre avec lui car ses phéromones l’aident à se stabiliser. Bien que l’oméga soit enchanté par la proposition, il se montre hésitant, trop fier pour l’admettre. Il remarque toutefois que l’alpha est encore plus nerveux que lui.

En conclusion

Aeju conclut cette première saison sur un débordement de sentiments. Elle offre en bonus les aventures d’un couple secondaire alpha x alpha. Ses personnages déconstruisent les principes de l’omegaverse, surprenant constamment. Le graphisme met en avant la plastique des personnages mais également transcrit avec dextérité les moments comiques par des expressions exagérées. J’adore toujours autant. Si vous aimez les omegaverse sexy, foncez! Une lecture excitante.

Sign 1 – Ker

couverture de Sign 1 de Ker, éditions Kbl

Ker
ISBN: 9782382882771
Kbooks, 2024
Lezhin, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Soyez pas pingres et embauchez-moi! »

Ker installe rapidement le ton de son récit en enchaînant les quiproquos et les situations comiques. Toutefois, iel questionne sur la surdité, mettant en avant les comportements bienveillants mais dénonçant également les clichés et les difficultés rencontrées. Ainsi, Soohwa trouve une grande motivation dans l’apprentissage de la langue des signes à cause de l’effet dévastateur de la voix de son patron sur lui. Bien que fuyant, il fait des efforts pour établir une conversation à égalité et n’hésite pas à se remettre en cause. Yohan se montre maladroit dans la gestion des situations ambiguës ou conflictuelles suite à un traumatisme. Les deux hommes entament une relation purement charnelle mais les sentiments s’en mêlent très rapidement. Gyoon joue les trouble-fêtes et dégage un certain mystère. L’auteurice maintient le suspense constamment, dévoilant des indices au fil des chapitres. Iel aborde avec humour la perversité, l’homosexualité, l’amour, la cohabitation.

Ker a un trait épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques, exagérant ainsi les expressions. Les couleurs sont plutôt sobres mais contrastent avec les couleurs d’ambiance très colorées. De même, un fond noir indique les flash-back ou les rêves. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est plutôt classique. Toutefois, les chapitres plutôt courts se concluent généralement sur une note amusante ou un petitcliffhanger. Dans les scènes érotiques, le.a manhwaga censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Malade, fauché et sans emploi, Kang Soohwa (26 ans) cherche désespérément à se connecter au Wifi gratuit pour chercher du travail. Mais il se fait arroser dans la rue et s’évanouit. Recueilli par les responsables de cette douche froide imprévue, le patron malentendant du café Goyo, Go Yohan, et son employé nonchalant, Yo Gyoon, le jeune homme demande alors à être embauché en dédommagement…

En conclusion

Ker aborde la question délicate du handicap avec beaucoup d’humour tout en dénonçant les clichés et les comportements blessants. Le récit oscille constamment entre situations comiques, passages érotiques et suspense. Le graphisme qui a l’air simple au premier abord, est pourtant très expressif et renforce d’ailleurs les effets comiques. Je suis intriguée par l’étudiant et livreur Cha Ji-hae. Une histoire craquante!

Un assistant de rêve 3 – White Eared

couverture de Un assistant de rêve 3 de White Eared, éditions Kbl

White Eared
ISBN: 9782382881200
Kbooks, 2024
Polarfox (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« De retour dans le monde réel, Yibeom et Jeong-oh vont-ils parvenir à s’avouer leurs sentiments? »

White Eared détaille les dangers du germe onirique, en particulier lors d’une possession et d’un exorcisme. Le passé du chaman dévoile ses motivations ainsi que sa dure formation. La narration alterne entre les deux héros, présentant leurs réflexions. En effet, Shin se montre constamment fuyant tandis que son assistant fait des efforts pour le comprendre. Comme dans le tome précédent, la relation entre Yibeom et Jeong-oh semble régresser à chaque avancée. Le couple évolue grâce au soutien des amis et de la famille. D’ailleurs, le père de Shin ajoute une touche de tendresse amusante. L’auteurice aborde le poids de la culpabilité, l’impuissance et la jalousie. Le suspense se maintient jusqu’à la fin.

White Eared a un trait épuré qui se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Les couleurs aux tons réalistes jouent toutefois sur des contrastes marqués clairs et obscurs. Par ailleurs, pour les ambiances, des trames colorées appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est plutôt classique. Dans les scènes érotiques, le.a manhwaga censure les parties intimes par un cache blanc. Comme le récit était plutôt sain jusqu’à présent, il y a un avertissement au début des chapitres contenant des scènes non consenties.

En résumé

A la fin de la mission, Shin Yibeom constate que leur client ne voulait pas que son rêve se termine. Il confie alors sa peine à son assistant. Mais Han Jeong-oh trouve immédiatement les mots pour le réconforter. Le chaman, réalisant enfin ses sentiments amoureux envers son assistant, décide donc de le rejoindre pour lui faire sa déclaration…

En conclusion

White Eared conclut son récit avec beaucoup d’intensité. L’humour contrebalance les moments dramatiques et la tension. Le graphisme très expressif peut passer de la sensualité au mignon en une case. Comme ce tome contient énormément de révélations, il m’est impossible de vous détailler mon avis. Mais n’hésitez pas à découvrir cette merveilleuse romance qui procure beaucoup d’émotions. J’adore le père de Yibeom qui croit en la force des câlins! Une lecture captivante!

Monster & ghost 1 – Himemiko

Couverture de Monster & ghost 1 de Himemiko, éditions Hana

Himemiko ヒメミコ
ISBN: 9782382765159
Hana, 2025
ISBN: 9784861239960 (JP)
Brite, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Depuis le début, personne n’a jamais rien espéré de moi… »

Himemiko sensei installe pour l’instant les personnages et le contexte de sa romance. Elle crée une amitié un peu particulière entre un lycéen sombre et un fantôme solaire et bavard, jouant sur leurs caractères opposés. Par ailleurs, elle sème des indices au fil du récit, maintenant un suspense constant. Malgré son apparence plutôt brute, Tsubaki déborde de gentillesse et a tendance à faire tous les caprices de Kabuto. Pour l’instant, les deux amis n’arrivent pas à définir clairement leurs sentiments. L’autrice aborde le jugement sur l’apparence, l’influence des rumeurs et des clichés. Avec l’introduction de Hawatari Ibitsu et Narahisa Aya, elle ajoute quelques tensions. Pour décontracter un peu l’ambiance, elle offre une histoire bonus amusante sur le quotidien des deux héros.

La mangaka a un trait léché plutôt réaliste. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à effacer les détails pour transmettre les émotions. Par exemple, Koton a des dents de requins qui renforcent son aspect soi-disant monstrueux. Les nombreuses trames jouent sur les dégradés, avec des volumes soutenus par des hachures. De même, les trames d’ambiance se font plutôt discrètes. Un fond noir indique les flash-back. Par ailleurs, les décors qui apparaissent sur les plans larges exploitent souvent les pleines pages. Ainsi, la mise en page assez classique propose néanmoins quelques agencements plus dynamiques. Pour l’instant, il n’y a pas de scènes érotiques. Mais Himemiko sensei compense notre frustrations en mettant particulièrement en avant la plastique de Koton. D’ailleurs, son graphisme rappelle parfois le style des comics ou des bandes-dessinées franco-belges.

En résumé

De part sa carrure imposante et son regard dur caché derrière sa frange, Koton Tsubaki est souvent pris dans des bagarres. D’ailleurs, il se fait déjà remarquer le jour de son transfert dans un nouveau lycée. Mais en réalité, les gens se méprennent sur ses intentions. Un jour, Kabuto Yûki, un lycéen fantôme, décide de le suivre et sympathise avec lui. Il remarque alors rapidement que Tsubaki sauve souvent les gens…

En conclusion

Ce tome obtient la première place au classement du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2024. Pour sa première œuvre publiée, Himemiko sensei maîtrise déjà bien son graphisme de toute beauté qui rappelle plus le style occidental. Par contre, son récit comporte encore quelques petits problèmes de rythme qui ne gênent en rien son appréciation. J’ai hâte de découvrir la suite. Une mise en bouche intrigante!