Gift 3 Le ciel rouge pâle, la spirale sinueuse, le rivage rougeoyant – Ichinose Yuma

gift 3 ichinose yuma
ICHINOSE Yuma 一ノ瀬ゆま
ISBN: 9782368776711
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784344843585 (JP)
Gentosha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Si Kei a voulu mourir, c’est parce qu’il a été abandonné. »

Ichinose Yuma sensei offre un final mouvementé, continuant à révéler quelques secrets et à maintenir le suspense jusqu’au bout. Elle s’intéresse d’abord au rétablissement de Kei et détaille le processus de son changement. Ainsi, Shiraishi s’ouvre peu à peu à l’amour, redécouvre les émotions et les sentiments, soutenu par son nouvel entourage, sa nouvelle famille. Il trouve alors un équilibre petit à petit jusqu’à réussir à exprimer par lui-même ses désirs et envies. L’auteure montre aussi bien son évolution extérieure qu’intérieure. Par ailleurs, elle s’intéresse à la différence entre monde professionnel et amateur dans la boxe. A travers Hirota Yasushi, elle met en avant les difficultés et hésitations d’un ancien boxeur champion du monde à retrouver motivation et projet professionnel. De même, Yutaka s’affirme un peu plus.

La mangaka a un trait fin léché avec une petite touche réaliste. Elle simplifie ses traits dans les rares passages humoristiques. Elle privilégie le jeu de contraste clair et sombre, même dans le choix de ses trames. Comme dans le tome précédent, l’inconscient de Kei prend la forme d’une salle de jeu vidéo avec plusieurs personnalités aux sentiments différents qui se confrontent, évoluent et prennent des décisions. Les décors soignés sont présents dans les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Ichinose sensei cache les parties intimes grâce aux choix des angles de vue et des cadrages. Elle représente la fin de son récit comme un générique de film, avec quelques extraits montrant ce que sont devenus les personnages par la suite.

En résumé

En échange de l’arrêt du projet de destruction du club de boxe Mikoshiba, Shiraishi Kei accepte d’être poignardé, espérant faire plaisir à Yutaka. Malgré ses blessures, il veut absolument se rendre à son rendez-vous avec son petit ami sous le pont de Misegawa. Cela provoque alors l’hilarité de Che Sebom car le jeune homme ne comprend pas l’amour. Il demande donc à Sensei, 8 et Kô d’accompagner Kei. Quand Yutaka trouve son amant ensanglanté, le poignard encore dans le ventre, il tente désespérément d’appeler les secours. Mais Miké a infecté le numéro d’urgence avec un virus. En effet, il accompagne le docteur Daitômiya en hélicoptère. Sous le pont, Yutaka appelle au secours, en vain…

En conclusion

Ce tome obtient la vingtième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2019. Il est une ode à l’amour et à la joie de vivre tout simplement. L’auteure arrive à insuffler un style particulier à sa narration et à transmettre les émotions de ses personnages. En plus, les personnages sont attachants, même les plus vils. J’avais l’impression d’être sur un ring, dans un match de boxe, avec les informations qui viennent donner des coups pour me happer dans les aventures de Kei et Yutaka. Un titre à ne pas rater!

Gift 2 Les liens écarlates, le lieu promis, la croix espérée – Ichinose Yuma

gift 2 ichinose yuma
ICHINOSE Yuma 一ノ瀬ゆま
ISBN: 9782368776490
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784344839205 (JP)
Gentosha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je te donnerai tout ce dont tu auras envie… »

Ichinose Yuma sensei révèle le passé de Kei ainsi que l’environnement dans lequel il vivait. Elle aborde l’influence psychologique des sectes, mettant en avant les méthodes du manipulateur Che Sebom sur les personnes instables. D’ailleurs, elle détaille particulièrement les liens particuliers qu’il tisse avec son entourage pour mener son organisation criminelle. Par ailleurs, l’auteure interroge sur la notion de famille et d’amour quand la violence, la haine et la folie dominent. Elle installe un rythme narratif particulier, baladant le lecteur entre Kei et Yutaka. Elle montre les différentes expressions de la noirceur humaine dans ces deux milieux et la difficulté de l’innocent à y survivre ou à garder ses principes. Sous l’emprise de son frère Kô, Kei se comporte comme une poupée vide de sentiments mais son attachement à Yutaka lui permet d’exprimer un peu sa volonté. Il a développé une certaine dépendance envers son amant.

La mangaka a un trait léché plutôt réaliste. Elle porte attention au regard terne de Kei qui ne s’illumine qu’à l’évocation de Yutaka. Elle continue à représenter les différentes émotions du jeune homme sous la forme d’enfants. Étonnamment, l’affection a un aspect démoniaque. Comparé au tome précédent, les trames choisies sont un peu plus sombres, accompagnant l’ambiance générale du récit. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique, avec des angles de vue parfois recherchés. L’agencement des scènes accompagne un rythme de narration, avec une alternance entre les actions ou les réflexions de Kei et celles de Yutaka, donnant l’impression d’une réponse en résonance. Dans les scènes érotiques, Ichinose sensei ne montre pas les détails en jouant sur le cadrage et les angles de vue. Elle garde également une certaine réserve dans les scènes violentes, restant plutôt dans la suggestion.

En résumé

Durant son premier match, Shiraishi Kei se retrouve en difficulté. En effet, ses douloureux souvenirs affluent et le perturbent. En plus, il craint plus que tout d’être rejeté par son amant Mikoshiba Yutaka, s’il perd. Au salon de thé Ichiume, Hikita, un collègue de Honda Tomoya, déteste les sportifs et fait part de ses soupçons d’une relation homosexuelle entre le jeune boxeur et son entraineur. Intrigué depuis par ces propos, Tomoya ne cesse d’espionner Yutaka et Kei. Comme Shiraishi a accepté de participer à un tournoi national, il suit un entrainement éprouvant accompagné d’un régime. Mais durant le match, il s’effondre dans en état de faiblesse. En effet, à cause du stress et la peur de perdre Yutaka, le jeune espoir vomit tout ce qu’il avale. Pour le rassurer, l’entraineur lui avoue son amour. Mais alors qu’ils étaient en pleins ébats, Tomoya les surprend et vire Kei du dortoir…

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. Un tome sombre qui nous plonge dans les vices humains les plus abjects. Malgré la précaution de l’auteure pour atténuer la violence de son propos, certaines personnes pourront être choquées par certains passages. Mais je n’ai qu’une envie, c’est que cette histoire se termine bien et que Kei trouve enfin le bonheur.

Gift 1 La bête blanche ne voit rien et n’entend rien – Ichinose Yuma

gift 1 ichinose yuma
ICHINOSE Yuma 一ノ瀬ゆま
ISBN: 9782368776308
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784344834798 (JP)
Gentosha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Une bête triste en manque d’amour avec une âme d’enfant. »

Ichinose Yuma sensei plonge ses lecteurs dans une romance dramatique remplie de suspense. Elle alterne la narration entre Yutaka et Kei. Ainsi, elle présente comme un puzzle à reconstruire les souvenirs d’enfance de Shiraishi, abordant indirectement le traumatisme, l’inceste, la prostitution enfantine et la violence. Le jeune homme a développé des personnalités intérieures qui se confrontent dans son esprit selon les situations. De même, il a acquis un chemin de réflexion particulier, prenant la vie comme un jeu vidéo. Il apparaît alors comme une poupée vide sans libre arbitre réagissant uniquement à ses émotions. Sa froideur et son insensibilité commencent à faillir au contact de l’affection de Yutaka. L’entraineur s’attache vite au jeune homme, intrigué par son côté parfois innocent. L’auteure s’attarde un peu sur l’univers de la boxe, s’intéressant par exemple au transfert des champions entre clubs ou au quotidien des sportifs.

La mangaka a un trait fin et léché plutôt réaliste. Elle rend parfaitement les petits changements sur le visage impassible de Kei en jouant sur de petits détails comme l’écarquillement des yeux. De même, elle représente les souvenirs de Kei de manière un peu fantastique, comme le déroulement d’un jeu vidéo, avec ses émotions qui prennent différentes formes de Kei enfant, au commande de ce jeu. Ces souvenirs sont facilement repérables par leur fond noir. Les lignes d’actions, en phase avec les mouvements, ne brouillent pas les images. Les décors, parfois minimalistes, situent principalement l’action. Les trames d’ambiance sont plutôt rares et discrètes. Ichinose sensei privilégie les contrastes blanc et noir. Sa mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes en cachant les détails et en jouant sur les angles de vue.

En résumé

L’entraineur de boxe Mikoshiba Yutaka (23 ans) cache son homosexualité à son père, un ancien boxeur champion. Mais son petit ami actuel, Kamijô Shinichi, lui met la pression pour faire son coming out. Un jour, alors que ce dernier essayait de le forcer à l’embrasser dans une ruelle, ils sont interrompus par une bagarre. Yutaka remarque alors le talent d’un jeune délinquant aux cheveux blancs et lui propose de rejoindre son club. Shiraishi Kei (19 ans) fait d’abord bonne figure durant l’initiation au gymnase. Mais une fois dans le dortoir, il avoue ensuite à Mikoshiba vouloir seulement profiter du logis jusqu’à sa majorité, en échange de son silence sur son homosexualité. Comme son chantage ne fonctionne pas, il finit par le violer…

En conclusion

Certaines scènes pourront heurter la sensibilité des lecteurs même si l’auteure essaie de suggérer le drame sans trop en montrer. Ce tome obtient la septième place du meilleur manga original au Chill chill BL award 2016. La mangaka dépeint avec finesse et de manière métaphorique les différentes émotions que ressent Kei. Son style narratif oblige le lecteur à réfléchir et reconstruire ce qu’il découvre au fil de sa lecture pour analyser et comprendre Shiraishi. Je trouve que cette méthode est très efficace, provoquant beaucoup d’émotions.

L’empreinte de la passion – Minase Masara

l empreinte de la passion minase masara
MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351804933
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784861342523 (JP)
Frontier works, 2008 (JP)
Titre original: 吐息よりも優しい
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La passion survivra-t-elle aux secrets?

Minase Masara sensei narre une romance où la passion côtoie les secrets. Elle base la narration sur Masato. De même, elle maintient un certain suspense en ne révélant leur passé commun que par brides. Suite à sa célébrité, Kazaoka est devenu méfiant, étant souvent abordé par intérêt. Comme le couple communique peu, les quiproquos s’accumulent malgré les sentiments. L’introduction d’Ôkubo, l’ami d’Akino, apporte encore un peu plus de tension dans la relation mais permet aux deux hommes de s’ouvrir enfin l’un à l’autre. L’auteure aborde donc la difficulté à faire confiance ainsi que l’influence des secrets et du manque de communication dans une relation. Elle reprend également ce thème dans « Plus éloquent que les mots », qui complète le tome. Par ailleurs, dans l’histoire bonus, la chatte Mako apporte une touche mignonne et humoristique, devenant la narratrice.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle dessine des visages aux longs mentons. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Et la mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Minase sensei cache les parties intimes grâce aux angles de vue. Elle donne sa postface en bande-dessinée. De même, quelques croquis complètent le tome.

En résumé

L’empreinte de la passion / Jeux solitaires: L’étudiant Akino Masato a commencé à travailler dans le salon de thé d’Asano en espérant y croiser l’écrivain Kazaoka Takashi (29 ans), de son nom de plume Okano Tomoharu. En vérité, ils se sont déjà rencontrés une fois mais l’écrivain ne le reconnaît pas. Pourtant, il semble s’intéresser à lui et lui révèle même son identité. Un soir, il l’invite chez lui à récupérer un tome. L’étudiant s’étant endormi, il lui vole alors un baiser. Comme Akino nourrit un amour à sens unique depuis deux ans pour Kazaoka, il décide d’en finir une bonne fois pour toute en acceptant de coucher avec lui juste un soir. Mais le jour suivant, il démissionne aussi du café…
Plus éloquent que les mots: Takase quitte Kiriyû. Hétérosexuel à la base, c’était pourtant lui qui avait demandé à son collègue plus âgé de sortir avec lui. Mais face au manque de réaction de son amant, le salarymen s’emporte…

En conclusion

Ce récit léger et simple permet de passer un agréable moment. L’auteure transcrit facilement les sentiments de ses personnages. Par contre, la première rencontre entre Kazaoka et Masato peut choquer la sensibilité de certains lecteurs, le consentement étant absent. Je trouve un peu dommage de ne plus découvrir d’autres œuvres de la mangaka en France.

The dog and waning moon 2 – Unohana

the dog and waning moon 2 unohana
Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368776643
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784864423182 (JP)
Tokyo mangasha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Les boxeurs qui ne savent pas pour quoi ils se battent ne font que se démolir. »

Unohana sensei continue son récit sur la boxe, prévu au début en un tome. Elle développe encore un peu cet univers en intégrant un nouvel entraîneur et ancien champion, Yanai Kôji. Ainsi, elle met en avant les tensions entre anciens rivaux, mais aussi dans l’usage de méthodes différentes, et survole la gestion de la célébrité. Comme dans le tome précédent, Shôji a tendance à forcer son partenaire, rendant le consentement flou. Pourtant, au côté de Kazuya, Gaku découvre de nouveaux sentiments comme la jalousie et la possessivité. Son bonheur affecte directement sa motivation. D’ailleurs, le couple a de plus en plus de mal à se détacher. L’auteure s’intéresse un peu plus à l’évolution de la romance. Elle introduit également la famille Shôji. Elle présente le passé de Gaku à travers ses souvenirs qui affluent. La narration alterne entre le boxeur et l’entraineur.

La mangaka a un trait épuré anguleux, avec un style reconnaissable surtout dans le traitement particulier des yeux. Elle simplifie même le regard par deux points dans les passages humoristiques. Comme Gaku rougit souvent, elle transcrit sa timidité et sa gêne dans les moments intimes par de légères hachures sous les yeux. Cela renforce même son air constamment bougon. Par ailleurs, quelques trames d’ambiance soutiennent les émotions. Les décors sont présents sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Unohana sensei simplifie les traits des parties intimes ou les cache à peine par quelques points lumineux. Sous la jaquette, elle donne encore une postface illustrée.

En résumé

Alors que le club de boxe Yamaura va au restaurant, Kurogo Gaku refuse l’invitation. En effet, Shôji Kazuya a enfin le droit de recevoir des visites à l’hôpital depuis son opération à l’œil. Le jeune boxeur réalise alors la solitude qu’il a ressentie durant deux semaines sans voir son entraîneur. Il est même fébrile de le retrouver. A peine sorti de l’hôpital, Kazuya se rend au gymnase et se fait sermonner par le patron Yamaura. Le soir Gaku essaie d’être utile auprès de son amant mais ce dernier lui fait comprendre qu’il a du mal à se retenir en sa présence. Le jeune boxeur prend alors l’initiative de le soulager…

En conclusion

Ce tome ne se classe pas dans le Chill chill BL award 2018, pourtant les lecteurs citent Shôji Kazuya parmi les meilleurs seme superdarling accessibles et Kurogo Gaku parmi les meilleurs uke braves et déterminés. D’ailleurs, le couple commence à trouver un certain équilibre avec la confirmation de leurs sentiments. Mais des zones d’ombres persistes, tenant en haleine le lecteur. Je me laisse facilement transportée par les aventures de Gaku et Kazuya, en souhaitant que le bonheur continue à les prendre sous leurs ailes. Une lecture agréable et prenante.

The dog and waning moon 1 – Unohana

the dog and waning moon 1 unohana
Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368775721
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784864421973 (JP)
Tokyo mangasha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Une bête sauvage pure et innocente qui n’obéit et n’appartient qu’à moi. »

Unohana sensei plonge les lecteurs dans l’univers de la boxe. Elle détaille un peu les entrainements, le système des compétitions et met en avant les salaires bas qui obligent les boxeurs et même les entraîneurs à travailler en parallèle. Les deux héros ont un passé difficile qui influence encore leurs décisions actuelles. Ainsi, l’admiration de Gaku pour son entraineur s’est vite transformée en amour. Par contre, les sentiments de Kazuya paraissent plus complexes, freinés par sa responsabilité sur l’avenir du jeune boxeur. Toutefois, il cède facilement à son tempérament sadique. L’auteure montre l’influence des sentiments sur un sportif en préparation entre freins et motivations. Elle base la narration principalement sur le point de vue de Shôji. Comme elle l’explique dans sa postface, l’histoire prend un ton plus sérieux après un chapitre plutôt érotique qui devait être un one-shot au départ.

La mangaka a un trait épuré, anguleux, et plutôt simple qui paraît parfois incisif. Elle dessine des personnages longilignes, avec des lèvres épaisses. Elle simplifie encore plus son trait dans les passages humoristiques. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Unohana sensei ne dessine pas les détails des parties intimes et simplifie leur contour. Sous la jaquette, elle donne des explications sur la création du manga dans une postface illustrée.

En résumé

Suite à une blessure à l’œil gauche, le boxeur Shôji Kazuya est devenu entraineur au club de boxe Yamaura. Il travaille aussi le soir comme barman dans un bar pour sportifs. Actuellement, il prend particulièrement soin de Kurogo Gaku (20 ans) qui essaie de perdre du poids. Le jeune boxeur prometteur admire Kazuya et vise le titre de champion poids plume. Après l’entrainement, pour perdre les 80 grammes restants, Kazuya propose alors de raser intégralement le jeune homme. En réalité, il aime taquiner l’impassible et obéissant boxeur. Mais excité par le rasage des parties intimes, il finit par le masturber…

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-neuvième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2016. Certaines scènes pourront choquer certains lecteurs selon leur sensibilité. En effet, Kazuya a tendance à profiter de son emprise sur son poulain pour satisfaire sa libido, ce qui entraîne des rapports au consentement non clair. Je trouve les personnages attachants et je prends plaisir à suivre leurs aventures.

Let’s be together 1 – Kurahashi Tomo

let s be together 1 kurahashi tomo
KURAHASHI Tomo 倉橋トモ
ISBN: 9782375062906
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784801967472 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Comment Chiaki et Kazuma sont tombés amoureux?

Kurahashi Tomo sensei développe les trois années de lycée de Chiaki et Kazuma dans un préquel de Let’s be a family. Elle s’intéresse surtout à leur relation et au développement de leurs sentiments. D’ailleurs, elle alterne la narration entre les deux garçons, approfondissant leurs réflexions. Ainsi, Chiaki prend très tôt conscience de ses sentiments tandis que Kazuma passe par différentes réactions. Toutefois, ce dernier s’interroge constamment sur ses sentiments, acceptant qu’ils changent. Bien que l’auteure débute sur un ressort scénaristique classique du BL (amis d’enfance qui se surprennent en train de se masturber), elle traite le sujet avec finesse. Elle interroge aussi sur la différence entre les liens d’amitié, amoureux et fraternels ainsi que la difficulté à conserver intacte une relation. Les deux amis se parlent franchement et respectent le besoin de réserve de l’autre.

La mangaka dédouble parfois les contours, donnant un peu plus de relief à son trait épuré et doux. Elle utilise discrètement quelques trames d’ambiance. D’ailleurs, elle privilégie des trames de tons claires en général mais très variés, rehaussant les couleurs et les ombres. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, la transformation physique de Chiaki est bien rendue, l’adolescent frêle prenant du muscle et de la carrure en grandissant. Kurahashi sensei ne censure pas les scènes érotiques, mais parfois elle ne dessine pas les détails des parties intimes. Cela reste toutefois explicite.

En résumé

Kamimura Chiaki, Kazuma et Tomoe sont amis d’enfance. La collégienne a perdu ses parents à 5 ans et a été élevée par les parents des deux garçons. Se considérant comme une fratrie, ils sont inséparables. Pourtant Kazuma et Chiaki partagent quelques petits secrets entre eux uniquement, comme une base secrète qu’ils ont élaborée dans un ancien jeu dans un parc ou les raisons de Kazuma d’abandonner le football. Un soir, alors que les deux collégiens dormaient dans le même lit, Kazuma est réveillé par les gémissements de son ami qui se masturbait. Mais devant la gêne de Chiaki, il ressent également de l’excitation et tous deux finissent par se soulager mutuellement. Soudain, dans le feu de l’action, Chiaki l’embrasse…

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2020. Une histoire mignonne et adorable sur les premiers émois amoureux de l’adolescence, traité avec réalisme. L’auteure arrive à partager les sentiments et les hésitations de ses personnages avec douceur. Je suis tout simplement heureuse de découvrir comment les deux amis d’enfance sont tombés amoureux. Vivement la suite!

Let’s be a family – Kurahashi Tomo

let s be a family kurahashi tomo
KURAHASHI Tomo 倉橋トモ
ISBN: 9782375060865
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784801957398 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Qu’est-ce qu’une famille? Quand devient-on parent?

Kurahashi Tomo sensei explore les différents liens familiaux ainsi que la notion de famille à travers ses deux héros mais également leur entourage, avec Tomoe et Ayumi. Elle alterne entre humour et petits drames du quotidien, présentant des tranches de vie. En plus de l’organisation pour élever un enfant, elle aborde différents sujets comme l’homoparentalité, l’adoption, la relation à distance, la monoparentalité, les notions de père et mère. Ayumi est élevée dans un environnement bienveillant, ouvert et tolérant, entre ses parents de substitution homosexuels, l’ami de la famille travesti Shigeo, des grands-mères non liées par le sang mais présentes. Elle a le même caractère fort que sa mère. Kazuma et Chiaki se soutiennent mutuellement, communiquent et s’investissent dans l’éducation de la petite. L’auteure met en avant l’explication et la patience pour se faire accepter. Elle présente un peu le passé des trois amis d’enfance qui a donc forgé leur caractère.

La mangaka a un trait épuré qui dégage beaucoup de douceur. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Comme elle utilise les trames avec parcimonie, les pages paraissent plutôt claires. En plus, les décors apparaissent principalement sur les plans larges. La mise en page dynamique rythme parfaitement la lecture. Dans les scènes érotiques, Kurahashi sensei censure les parties génitales par de grands caches blancs. Mais comme elle privilégie les sentiments et les discussions entre les personnages, ces passages sont peu nombreux et apportent même souvent une touche d’humour.

En résumé

Bien qu’ils sortent ensemble depuis déjà 8 ans, Kazuma ne veut pas habiter avec son petit ami Chiaki. Il essaie de ne pas se disputer avec lui alors qu’ils attendent leur amie d’enfance, Tomoe, dans un café. Ne l’ayant pas vue depuis plus d’un an, qu’elle n’est pas leur surprise de la trouver enceinte. Ayant toujours son esprit de liberté, elle leur annonce en plus ne pas connaître le père. Les garçons lui proposent alors de l’aider et accueillent avec bonheur la petite Ayumi. Un an après, Chiaki est tellement gaga de la petite qu’il n’arrête pas de lui acheter des vêtements. Mais un jour, Tomoe débarque, une valise à la main. La photographe de guerre veut repartir sur le terrain et confie donc sa fille à ses deux frères de cœur. Ils découvrent alors les difficultés à élever un enfant tout en travaillant tous les deux…

En conclusion

Ce one-shot obtient la dixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2018. Il est une ode à la famille en général. L’auteure reste constamment bienveillante avec ses personnages et pousse les lecteurs à réfléchir aux liens familiaux qui prennent diverses formes. Elle annonce dans sa postface qu’il y a même une adaptation en drama CD. J’adore ce titre réaliste qui est du pur bonheur à lire.

Laisse-moi te détester 1 – Hijiki

laisse moi te detester 1 hijiki
Hijiki ひじき
ISBN: 9782375062890
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784799743515 (JP)
Libre, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je te protégerai. Je n’ai pas besoin d’un alpha! »

Hijiki sensei offre un omegaverse original mettant en avant l’amour et la volonté. Elle utilise cet univers pour dénoncer les vices humains. Par exemple, elle aborde la discrimination qui se base sur les différences, le jugement extérieur, la culpabilisation des victimes de viol. Naoto va apprendre petit à petit à surmonter son traumatisme et à accepter l’amour de Hazuki qui se montre franc et bienveillant envers lui. Même si Shizuku paraît un peu trop mûre et précoce pour son âge, son environnement permet de l’accepter facilement. Comme l’auteure s’intéresse beaucoup à l’évolution des sentiments, elle alterne la narration entre Naoto et Hazuki. Elle questionne sur le traumatisme, le dépassement de la peur et l’engagement sur l’avenir. Les relations sont plutôt consentantes, les deux héros débordant de gentillesse.

Bien que ce soit sa première œuvre éditée, la mangaka a déjà un style personnel. Elle donne une forme particulière aux yeux qui sont d’ailleurs très expressifs. De même, elle courbe les nez avec grâce. Son trait est épuré, plutôt léché. Les décors situent surtout l’action. De même, les trames d’ambiance illustrent les émotions. La mise en page est dynamique. Hijiki sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même des coupes intérieures et les détails. Sous la jaquette, elle offre quelques anecdotes sous forme d’épilogue.

En résumé

L’oméga Koga Naoto (21 ans) élève seul sa fille Shizuku (5 ans). Au lycée, il est tombé enceint suite au viol de plusieurs alphas, mais il a décidé de garder l’enfant. Maintenant, il cherche activement un travail même si il essuie beaucoup de refus à cause de son genre, n’étant pas lié à une âme sœur. D’ailleurs, sa mère l’a inscrit à une soirée de rencontre pour célibataires. Soudain, un lycéen alpha, Tsuchiya Hazuki (17 ans), lui déclare être son âme sœur. Quelques jours plus tard, Naoto trouve enfin un emploi de concierge dans un lycée. Toutefois, il y retrouve Hazuki qui y est inscrit. Depuis, le lycéen lui déclare son amour à chaque rencontre. Mais Naoto qui déteste les alphas, le rejette, même si son comportement l’intrigue. En effet, l’alpha préfère fuir quand l’oméga émet des phéromones. Kyosuke informe alors Koga que Tsuchiya se fait passer pour un bêta…

En conclusion

Ce tome a obtenu la première place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2020. En effet, l’auteure maîtrise déjà bien son graphisme et son scénario. En plus, elle apporte un peu d’originalité à l’univers omegaverse. Il y a encore de petites maladresses mais elles ne se remarquent pas immédiatement. Ses personnages sont attachants, la relation est plutôt saine, Hazuki s’excusant quand il se montre trop lourd ou acceptant sa punition. D’ailleurs, il communique beaucoup. Shizuku apporte également beaucoup de fraîcheur. Un couple mignon que l’on n’a pas envie de quitter aussi vite!

Comme un adieu 2 – Shimura Takako

comme un adieu 2 shimura takako
SHIMURA Takako 志村貴子
ISBN: 9782382120064
Akata, 2021
ISBN: 9784799740927 (JP)
Libre, 2018 (JP)
Titre original: さよなら、おとこのこ 2
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« J’avais peur d’affronter la réalité… »

Shimura Takako sensei brouille la perception du lecteur en mêlant réalité et fiction, donnant ainsi une touche fantastique à son récit. Elle interroge sur le destin, cumulant les coïncidences dans la vie de ses personnages. C’est comme si elle posait des pièces de puzzle éloignées les unes des autres mais révélant déjà quelques formes. Kanade réalise sa lâcheté et commence à se remettre en question. Il se confronte enfin à la réalité. Toutefois, ses petites tranches de vie semblent se mêler à ses écrits. Son interaction avec Yûta permet de révéler sa perception de lui-même et son art. L’auteure plonge ses personnages et le lecteur dans un « périple à la recherche de l’amour ». Elle dévoile les failles de la relation entre les deux personnages et laisse présager des évènements dramatiques. Comme l’homme mystérieux semble également lié à Kanade, elle maintient le suspense en poussant le lecteur dans des conjonctures.

Le trait très épuré au style cursif apporte de la douceur. La mangaka le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. De même, les grands yeux, très expressifs, ont des formes variées. Les décors apparaissent sur les plans larges. Shimura sensei travaille avec précision les trames. D’ailleurs, les trames d’ambiance participent totalement à la narration. La mise en page dynamique accompagne le regard. Par ailleurs, il n’y a pas de scènes érotiques. Ainsi, l’ambiance particulière et mystérieuse du récit est préservée. Comme sur le tome précédent, une fenêtre en vernis recouvre l’illustration de la couverture.

En résumé

Kuwata Yuhki croit devenir fou lorsqu’il remarque que sa voix intérieure s’est matérialisée en un homme mystérieux. Mais il retrouve vite son calme, admettant la situation après quelques échanges. Haijima Kanade s’est réfugié chez Kawasaki Suzume après avoir dit des paroles blessantes à son petit ami. Il lui révèle alors la vérité sur son identité. Toutefois, le chef de la troupe de théâtre reste sceptique, même en découvrant que le garçonnet connaît pourtant le nom de sa femme. Kanade se souvient alors avoir souhaité, lors d’un clair de lune, à redevenir enfant pour vivre avec celui qu’il a toujours aimé. Regrettant son comportement odieux envers Yuhki, il n’ose pas rentrer. Il croise alors Kuwata Yûta qui lui propose de l’accompagner pour qu’il s’excuse…

En conclusion

J’adore la tournure que prend le récit. Je m’amuse à essayer de deviner où l’auteure souhaite nous mener. En effet, plusieurs pistes s’ouvrent à nous. La psychologie des personnages paraît complexe. Pour moi, l’homme mystérieux pourrait représenter l’homosexualité, car Yuhki le perçoit comme sa voix intérieure mais Kanade le voit comme une entrave à sa créativité et ses amours. Comme ses écrits semblent manquer de profondeur, je pense qu’il cherche à se préserver et que cela s’en ressent. Et vous, qu’en déduisez-vous? En tout cas, hâte de vérifier mes suppositions dans le prochain tome!