Ze 9 – Shimizu Yuki

ze 9 shimizu yuki

SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351806005
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784403662713 (JP)
Shishokan, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Ne disparais pas. Vis et protège… »

Shimizu Yuki sensei développe l’arc sur Asari et Shôi. Elle présente leur passé par tranches de vie jusqu’à reboucler sur la fin du tome précédent. Elle décortique l’évolution de leur relation, d’abord conflictuelle pour se transformer en un amour profond et réciproque. En fin de compte, les deux héros ont plusieurs points communs comme leur sentiment d’être prisonnier et le rejet de leur condition. La narration se base principalement sur le point de vue d’Asari. L’auteure interroge sur la vie et la mort à travers le kami dont le pouvoir s’affaiblit. Elle questionne également sur l’utilisation des kamis, particulièrement quand les sentiments n’existent pas. Ainsi, le premier rapport entre les deux héros est clairement défini en viol. Par ailleurs, le lien qui se crée entre Shôi et Asari traverse les différents crises que subit le couple en se renforçant.

Le trait anguleux et épuré de la mangaka semble plus marqué avec les pleins et les déliés. Elle soigne les décors assez présents. De même, quelques trames d’ambiance appuient les émotions fortes. La mise en page est dynamique. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques, mais évite de détailler celles sans consentement. Elle introduit toujours son tome par des fiches personnages.

En résumé

Asari, le plus vieux des kamis, a fini par redevenir une page blanche. Mitô Shôi demande alors à Waki de le faire revenir, persuadé qu’un miracle peut se produire. En effet, il a cru entendre son kami souhaiter rester auprès de lui avant de disparaître. Mais Waki, las, refuse de s’exécuter, provoquant l’ire du chef de clan. Waki se souvient alors que lors de son premier travail, Asari avait refusé de rejoindre Shôi qui l’appelait parce qu’il le détestait. L’adolescent a endossé les blessures, ne voulant pas blesser ce kami qu’il n’avait jamais vu malgré les recommandations de Waki. Désespéré de sa condition, il souhaitait mourir pour se libérer, ne supportant pas la folie de la famille Mitô. En l’entendant appeler au secours, Asari finit par apparaître devant lui et l’embrasse.

En conclusion

Ce tome obtient la première place du meilleur manga au Chill chill BL award 2010. Asari est classé troisième meilleur uke. Ce volume est une ode à l’amour qui s’installe lentement mais tendrement. L’image des deux frères qui coopèrent a un impact fort et émouvant. La série a toujours droit à une adaptation en drama CD. La surprise finale rend insoutenable l’attente du prochain tome.

Ze 8 – Shimizu Yuki

ze 8 shimizu yuki

SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805732
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784403662522 (JP)
Shishokan, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Le jour est venu pour Kotoha de quitter sa cage. »

Shimizu Yuki sensei conclut l’arc concernant Kotoha sur son adolescence et son intronisation à la tête de la famille Mitô. Elle s’intéresse au changement de la relation entre le jeune maître kotodama et son kami. En effet, Konoe accepte peu à peu ses sentiments et passe donc de père à amant, forcé par les conjonctures. Suite à un traumatisme, Kotoha va encore évoluer et prendre des décisions lourdes de conséquence. Après un ton sérieux et dramatique, l’auteure détend l’atmosphère avec un chapitre tendre et humoristique sur Shichikawa Raizô et Kon, mettant en avant l’esprit de famille. Elle plonge ensuite les lecteurs dans un suspense insoutenable en commençant l’histoire de Mitô Shôi et Asari. Ainsi, elle approfondit la personnalité de ses personnages au fil des chapitres. Waki s’avère être un manipulateur et les jumeaux Mitô Tsukito et Seiji adorent taquiner Kotoha. Par ailleurs, les rapports non consentis ont toujours une explication.

La mangaka maîtrise son trait épuré, anguleux et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées, avec une dominance sombre pour les moments dramatiques. Quelques trames d’ambiance illustrent également les émotions. Par ailleurs, la mise en page dynamique utilise les chevauchements de vignettes, les ellipses, l’absence de cadre et les angles de vue variés. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle ne les développe pas dans les rapports non consentis. Comme dans le tome précédent, elle présente les personnages en début de tome.

En résumé

Suite au décès de Takamitsu, Yoshiwara Waki convoque Konoe et Mitô Shôi pour les prévenir qu’une cérémonie de présentation du nouveau chef de clan se prépare. Depuis que Konoe a rejeté la déclaration d’amour de Kotoha, ce dernier se montre plus sage. Grâce à la cérémonie, le maître kotodama pourra enfin sortir de sa cage. Mais comme les anciens se montrent sceptiques face à l’adolescent timoré, Waki demande au nouveau chef de clan de faire une démonstration. Toutefois, n’ayant jamais utilisé sciemment son pouvoir, Kotoha reçoit un énorme choc en découvrant ensuite le corps de son kami déchiqueté.

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2009. Le drama CD se classe en troisième place. Asari est classé troisième meilleur uke. L’auteure va au fond des sentiments de ses personnages. Au verso, l’éditeur signale la présence des scènes sensibles. En effet, certaines scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs. Pourtant, Shimizu sensei présente les relations immorales comme telles et préfère mettre en avant les sentiments et le consentement. Elle insiste particulièrement sur les efforts de Konoe pour protéger le lien presque paternel qu’il a noué avec Kotoha pour lui permettre de grandir.

Ze 7 – Shimizu Yuki

ze 7 shimizu yuki

SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805510
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403662270 (JP)
Shinshokan, 2008 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Le maître kotodama le plus puissant du clan Mitô finit toujours placé à sa tête. »

Shimizu Yuki sensei s’intéresse maintenant à l’enfance de Kotoha. Elle met encore en avant la noirceur de la famille Mitô, pour laquelle le pouvoir prime sur tout. De même, elle révèle la spécificité des deux kamis Asari et Konoe, expliquant leur esprit d’indépendance envers Waki et leur maître kotodama. Traité comme un animal sauvage, Kotoha se retrouve isolé malgré son jeune âge. En s’occupant de lui, Konoe développe un amour paternel et découvre les sentiments contradictoires ressentis quand un enfant grandit. Il se transforme presque en père gâteux et surprotecteur. L’auteure met en avant la différence d’âge entre le maître kotodama et son kami ainsi que l’évolution de leurs sentiments. Dès qu’un comportement indécent se produit, elle fait toujours intervenir un personnage pour rappeler la morale. En fin de tome se trouvent les résultats d’un classement de popularité des couples, des seme et des uke.

Comparé au tome précédent, la mangaka adoucit son trait anguleux et épuré. Elle ne surcharge pas ses pages, malgré des décors soignés. De même, les trames sont équilibrées. Les trames d’ambiance sont également discrètes. La mise en page dynamique joue sur les variations des angles de vue et le découpage des scènes importantes. Par exemple, quand Kotoha va pleurer, son visage se déforme case par case. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Comme elle développe la jeunesse de Kotoha, elle compense le manque de passages érotiques avec l’histoire bonus sur Shôi et Asari. En début de tome, elle donne des fiches personnages permettant de se resituer dans le récit.

En résumé

A sa naissance, le pouvoir de Mitô Kotoha était tellement puissant que ses cris de nourrisson ont détruit la maison. Comme sa mère Yukino mourut en couches, sa kami Shirahaze s’est occupée du petit. Quand elle redevint page blanche, Kotoha avait quatre ans. Waki confia donc l’enfant à Konoe, libéré de ses obligations par son maître kotodama malade, Rekiichi. Le kami trouve alors le garçon enfermé dans une pièce spartiate, complètement isolé. Étrangement, il ne parle pas. Konoe tente alors de le faire parler mais même apeuré, Kotoha ne crie pas. Quand le kami fait semblant de mourir, l’enfant finit par pleurer. Mais une corde autour de son cou se ressert immédiatement pour l’étrangler…

En conclusion

Selon votre sensibilité, certains passages peuvent choquer. Même si l’auteure pense toujours à recadrer les problèmes, l’humour qui s’en dégage peuvent déranger. Pour ma part, j’aime beaucoup ce récit qui permet de mieux comprendre la personnalité de Kotoha. Avec tous les couples différents, impossible de ne pas en trouver un qui vous plaît!

L’oméga abandonné gémit deux fois – Isaka Jugoro

l omega abandonne gemit deux fois isaka jugoro

ISAKA Jugoro いさか十五郎
ISBN: 9782382760703
Hana, 2021
ISBN: 9784815501303 (JP)
Sankousha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« Histoire de la passion compliquée d’un oméga rejeté de 40 ans. »

Isaka Jugoro sensei narre une romance dramatique omegaverse interrogeant sur la place de l’alpha. Elle aborde la difficulté de contrôle face à une âme sœur, le relation père-fils qui s’étiole, le doute sur les sentiments et le consentement à cause de l’influence des phéromones. L’ombre du géniteur de Neon plane sur les rapports avec son père adoptif, entre peur de reproduire le passé ou de ne pas être à la hauteur. Par ailleurs, la dominance de l’alpha qui n’hésite pas à abuser de sa force semble être la norme dans cet univers où l’oméga ne sert qu’à procréer. Ainsi, l’auteure dépeint une hiérarchie plutôt toxique entre alphas, bêtas et omégas. En revanche, elle surprend le lecteur avec un grand retournement de situation vers la fin du récit, révélant les réelles circonstances de la séparation entre Takane et Kyôichi.

La mangaka a un trait très épuré, presque dépouillé mais anguleux et marqué par les pleins et déliés. Elle dédouble les contours, conservant ainsi un aspect croqué. Par ailleurs, elle indique le rut des alphas en colorant la sclérotique des yeux en noir. Les décors situent l’action. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. La mise en page dynamique rythme la lecture. Toutefois, Isaka sensei ne transcrit pas clairement certaines transitions de temps, donnant une impression de précipitation. De même, elle censure certaines scènes érotiques par des caches blancs ou des points blancs. Mais elle dessine parfois des coupes intérieures détaillées. Un yonkoma amusant sur Takane accompagne la postface.

En résumé

Le célèbre et égoïste mannequin Ôtori Takane (alpha) s’est constitué un harem d’omégas dont Kyôichi faisait partie jusqu’à ce que lassé, il le jette. La star ayant également abandonné l’enfant né d’une autre oméga, Kyôichi recueille alors Neon et l’élève comme son fils. Maintenant, le jeune alpha va bientôt avoir 16 ans mais souhaite d’abord fêter son anniversaire avec son père adoptif. Toutefois, alors qu’il n’avait plus eu de chaleurs depuis sa séparation avec Takane, Kyôichi se retrouve complètement subjugué par les fortes phéromones que dégage Neon.

En conclusion

Je trouve étrange que Isaka sensei n’aborde même pas la question de la différence d’âge. Évidemment, certaines scènes pourront choquer les lecteurs, vu le synopsis. J’ai eu du mal avec le début du récit mais il s’améliore au fil des chapitres et le retournement apporte vraiment une plus-value.

Stay gold 4 – Hideyoshico

stay gold 4 hideyoshico

Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782382760925
Hana, 2022
ISBN: 9784396784713 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Un amour à sens unique secret qui procure un petit bonheur.

Hideyoshico sensei consacre ce tome à la romance de Hidaka et Kô. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ainsi, elle aborde les sentiments ambigus entre ami et amant dans une relation de sex friend et l’amour à sens unique. Jin comprend assez tôt son orientation sexuelle mais préfère préserver sa relation amicale avec celui qu’il aime. Toutefois, en goûtant enfin au bonheur tant rêvé, il réalise qu’il peut créer des souvenirs précieux, même s’ils sont d’abord douloureux. Au contraire, Kô préfère ne pas réfléchir à la situation, profitant simplement du plaisir. Ainsi, l’auteure analyse l’évolution de la relation entre les deux étudiants. Par ailleurs, elle montre comment les contraintes de la vie adulte peut influencer sur cette relation, avec le manque de temps, l’éloignement, les doutes. Elle apporte une touche mélancolique et réaliste en montrant que l’amour ne peut pas tout surmonter, malgré de forts sentiments.

La mangaka a un trait épuré et simple et pourtant très expressif. Elle exprime les fortes émotions de Hidaka, qui affiche constamment un visage impassible, avec des métaphores graphiques. Par exemple, il se noie dans une passion ou explose de bonheur. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Le fond noir permet d’identifier immédiatement les flash-back. La mise en page plutôt classique joue beaucoup sur des angles de vue variés. Certaines vignettes dégagent même un peu de poésie avec des paysages détaillés. Après un tome précédent encore pudique, Hideyoshico sensei se rattrape en offrant plusieurs scènes érotiques non censurées. Elle présente sommairement les personnages en début de tome.

En résumé

Nakayama Kô taquine Hidaka Jin qui s’est coupé les cheveux pour effectuer son stage d’enseignant. Ce dernier souhaitant conserver leur relation saine pour rester le plus longtemps possible aux côtés de celui qu’il aime, profite des dernières vacances d’été en tant qu’étudiant pour aller au bord de la mer avec lui. Durant son stage, Hidaka réalise la difficulté à enseigner auprès de plusieurs élèves et supporte mal la pression, n’ayant aucun soutien. Toutefois, il remarque également sa dépendance envers son ami qui lui manque énormément. Dès son stage terminé, il fonce donc voir Kô pour fêter cela. Mais quand il se réveille le matin, il trouve son ami à ses côtés dans le même lit…

En conclusion

Ce tome obtient la quinzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Hidaka Jin ne se classe pas parmi les meilleurs uke mais les lecteurs précisent qu’il est un des seuls qu’ils ont envie d’encourager autant. Hideyoshico sensei met en avant un amour bancal qui dure depuis 10 ans mais tout de même magnifique. Elle reste toujours précise dans ses descriptions. Comme je l’ai précisé dans le tome 1, j’adore Hidaka. C’est donc avec grand plaisir que je découvre son aventure.

Stay gold 3 – Hideyoshico

stay gold 3 hideyoshico

Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368776315
Hana, 2019
ISBN: 9784396784423 (JP)
Shodensha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Le retour tumultueux de la mère de Hayato et Kikka.

Hideyoshico sensei nous présente Yayoi, la mère de Hayato et Kikka. Comme dans le tome précédent, elle s’intéresse principalement à la notion de famille. Ainsi, elle révèle le passé entre Yûji et sa sœur. Yayoi est une véritable tempête avide de liberté, avec un fort caractère indépendant. Même si son fils la rejette, laissant exploser sa colère, et sa fille (5 ans) ne la reconnaît pas, elle accepte facilement la situation et essaie simplement de renouer le lien. Contrairement à Yûji pour qui vivre sous le même toit constitue réellement la famille, elle ne cherche pas à approfondir une relation considérée comme naturelle. D’ailleurs, l’auteure met en avant l’évolution possible des liens dans une famille. Elle détaille les chamboulements de la maisonnée, le détachement ressenti envers la personne absente. Par ailleurs, elle fait mûrir doucement Hayato. Le lecteur remarque également que Yûji a du mal à décrypter ses propres sentiments.

La mangaka a un trait simple et épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, les autres trames sont équilibrées. La mise en page dynamique accompagne le rythme de lecture. En début de tome, Hideyoshico sensei commence toujours par une illustration représentant trois photographies.

En résumé

Nakayama Yûji ayant rejeté ses sentiments, Hayato se comporte comme avant sa déclaration, feignant le sage neveu. Cela rassure rapidement son oncle. Par conséquent, le collégien décide de laisser tomber toute tentative de séduction. Par ailleurs, Hidaka l’incite également à étudier plus sérieusement pour que leur accord ne s’évente pas, ses notes ne progressant pas. Malgré l’interdiction de son neveu, Yûji se rend à la fête du sport du collège et prend plein de photographies de Hayato qui pourtant proteste…

En conclusion

Bien que hors classement du Chill chill BL award 2019, les lecteurs citent ce tome parmi les meilleures séries palpitantes, appréciant le développement précis de Hayato évoluant de l’âge juvénile vers l’adolescence. D’ailleurs, Hideyoshico sensei clôture cette première partie sur la famille en effectuant un petit saut dans le temps à la fin du volume. J’ai trouvé que Yayoi avait une personnalité vraiment déstabilisante mais très intéressante. J’ai hâte de découvrir la suite de cette douce tranche de vie.

Stay gold 2 – Hideyoshico

stay gold 2 hideyoshico

Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775813
Hana, 2019
ISBN: 9784396784096 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Quand devient-on adulte?

Hideyoshico sensei met en avant la famille. A travers Hayato et Yûji, elle interroge sur la perception même des liens familiaux. En effet, Yûji et sa sœur n’ont aucune consanguinité. Pourtant, le jeune homme reste très attaché à sa famille recomposée et a du mal à voir son neveu grandir. Hayato, quant à lui, va se confier facilement à Hidaka qui le traite comme un égal. D’ailleurs, le lecteur réalise que Jin a un comportement de stalker même s’il reste discret. L’auteure dépeint parfaitement les émotions et changements de la période charnière de l’adolescence avec par exemple, Hayato qui fait à la fois preuve de maturité tout en se comportant encore comme un enfant. Elle arrive ainsi à retranscrire l’ambiance électrique entre le neveu et l’oncle qui affecte toute la maisonnée. Dans l’histoire bonus, elle offre quelques anecdotes sur Kikka, détendant l’atmosphère.

La mangaka a un trait simple très épuré mais expressif. Elle donne du relief à ses personnages grâce à des contours plus épais. Elle exagère les expressions, apportant ainsi une touche d’humour. De même, la petite Kikka ajoute un côté mignon aux planches. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées et équilibrées. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques renforcent les émotions et participent parfois directement au récit en illustrant des dialogues. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les angles de vue variés. Comme dans le tome précédent, Hideyoshico sensei s’arrête encore aux tentatives et aux baisers volés.

En résumé

Nakayama Yûji s’inquiète de l’avenir de Hayato qui cumule les mauvaises notes. Il aimerait donc qu’il suive des cours du soir. Mais le collégien lui annonce ne pas vouloir aller au lycée, désirant travailler rapidement. L’oncle et le neveu, aussi têtus l’un que l’autre, passent depuis leur temps à se disputer. Kô s’en plaint auprès de son ami Hidaka Jin. Ce dernier lui propose alors de donner des cours particuliers au rebelle en échange d’un repas de temps en temps. Mais quand il se rend chez les Nakayama, Yûji l’accueille avec joie tandis que Hayato part bouder dans sa chambre. Par la suite, Hidaka arrive pourtant à convaincre le lycéen en discutant un peu avec lui…

En conclusion

Hideyoshico sensei crée des personnages au caractère exacerbé mais criant de vérité. Elle oblige le lecteur à s’interroger sur la maturité, la sexualité et la famille. Les aventures des protagonistes nous replongent dans notre puberté et ses émois. Je prends plaisir à suivre les péripéties de cette famille attachante.

Stay gold 1 – Hideyoshico

stay gold 1 hideyoshico

Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775806
Hana, 2018
ISBN: 9784396784089 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Un « chaos amoureux » perturbe l’harmonie d’une famille déjà compliquée.

Hideyoshico sensei aborde avec pudeur la construction de la sexualité durant l’adolescence. Elle narre son récit par petites tranches de vie, partageant les réflexions des membres de la famille Nakayama. Elle inclut également les points de vue extérieurs dans des demi-chapitre, mettant en avant des personnages secondaires comme la camarade de classe de Hayato, Miura, et l’ami de Kô, Hidaka qui cache son homosexualité. Kikka apporte une touche d’humour avec sa franchise La déclaration d’amour d’un adolescent de 13 ans à son oncle chamboule complètement la maisonnée. Yûji considère encore son neveu comme un enfant mais sa tendance à fuir la réalité incite l’adolescent à se montrer de plus en plus entreprenant. Ainsi, l’auteure analyse la gestion d’un coming out dans le giron familial. Dans un chapitre spécial, elle présente ce que sont devenus Tomoya Yashiro et Momose de Rendez-vous à Udagawachou.

La mangaka a un trait simple et épuré qui dégage pourtant de la douceur. Elle dédouble parfois les contours permettant d’insuffler un peu de relief. En effet, elle épure également ses décors qui apparaissent dans les plans larges, mais cela colle parfaitement au style général. Par contre, les trames sont variées et équilibrées. Par ailleurs, les morphologies sont diversifiées. D’ailleurs, Kikka apporte une touche mignonne avec ses traits tout en rondeur.

En résumé

Ses parents travaillant à l’étranger, Nakayama Yûji vit avec son frère Kô, son neveu Hayato et sa nièce Kikka. En effet, après deux mariages et deux divorces, sa sœur a disparu du jour au lendemain en laissant ses deux enfants à la famille. Yûji soupçonne qu’elle s’est entiché d’un pêcheur depuis qu’il reçoit des colis de poissons de sa part. Encore au lycée, Kô en profite quant à lui pour draguer et souvent découcher. En ce moment, Hayato (13 ans) semble en pleine crise d’adolescence. Il se montre rebelle et inquisiteur envers son oncle quand il reçoit des appels d’une femme. Mais en apprenant que Yûji n’a pas encore de petite amie, son comportement change alors immédiatement…

En conclusion

Hideyoshico sensei maîtrise parfaitement le traitement de son sujet qui peut paraître malaisant au premier abord. D’ailleurs, elle analyse avec précision les états d’âme de ses personnages qui ont des réactions tout à fait censées. Et elle prend également son temps pour développer son récit. Donc, rien de plus que des baisers volés implacablement contestés. Une lecture intéressante qui aborde la question de l’homosexualité en général. Et puis j’aime beaucoup Hidaka.

Les écailles d’un dieu 2 – Hinohara Meguru

les ecailles d un dieu 2 hinohara meguru

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375063170
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784403667060 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Je ne veux pas que vous partiez! »

Hinohara Meguru sensei s’intéresse au passé de Rin après avoir développé celui de Chiharu dans le tome précédent. Elle ajoute une touche dramatique en dévoilant l’implacable impact de la légende et de son oubli sur le pouvoir et la vie de la divinité. Par ailleurs, elle montre l’influence de l’entourage bienveillant sur l’évolution de la relation entre les deux héros. Ainsi, Chiharu met du temps à réaliser ses sentiments, ayant également des difficultés à les exprimer. Rin, qui n’a connu que peur et rejet, désire plus que tout être aimé. Conscient de la fragilité des humains, il redoute constamment de blesser celui qu’il aime. D’ailleurs, l’auteure installe entre l’écrivain et le dragon une relation très consensuelle, mettant en avant l’acceptation de l’autre tel qu’il est ainsi que le partage du plaisir et des sensations. Dans l’histoire bonus, elle offre une anecdote amusante sur le devenir du couple.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle a son propre style, facilement reconnaissable avec les oreilles pointues des personnages. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques, arrondissant les têtes comme des SD. D’ailleurs, Urara, en arrière-plan, ajoute une touche mignonne. Les renards ont un traitement graphique varié, contrastant parfois avec le reste par leur simplicité mais renforçant le côté humoristique et fantastique. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, les autres trames sont très variées. La mise en page dynamique rythme la lecture. Hinohara sensei rend parfaitement les métamorphoses des divinités en quelques cases. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, offrant même des coupes intérieures. En début de tome, elle propose des petites fiches de présentation des personnages. Les illustrations en début de chapitre rappellent l’ambiance du récit sans pour autant en faire partie.

En résumé

Le renard céleste Tenko ayant blessé Izunome Chiharu, Rin perd le contrôle et le bombarde d’éclairs. Chiharu tente alors de calmer le dragon. Avertie par la chienne Urara, la divinité Inari interrompt leur combat, détruisant au passage une partie de la maison. Rin emmène immédiatement Chiharu, avec Urara et Kôta, chez lui à sa source pour soigner le blessé. Il regrette d’avoir mis en danger son bien-aimé, d’autant plus qu’il lui a infligé un énorme bleu avec sa patte. Inari amène alors Tenko pour qu’il s’explique. Mais Chiharu n’arrive pas à répondre à ses questions, impliquant une réflexion sur son avenir. Après avoir déposé Kôta, fiévreux, chez ses parents, l’écrivain rentre chez lui avec le dieu de l’eau. Toutefois, Rin, trop accablé, repousse son hôte qui souhaitait le consoler…

En conclusion

Ce tome obtient la treizième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Cette lecture apporte bonheur et émotions. A croire que Hinohara sensei s’améliore à chaque nouveau titre pour encore mieux dépeindre la sensibilité de ses personnages. J’adore le couple, j’aime Urara et même les autres personnages secondaires. C’était un réel plaisir de partager quelques moments de leur vie, et je referme donc ce « conte » en espérant encore qu’il y aura peut-être une suite un jour…

Le cri du désespoir 2 – Shinou Ryo

le cri du desespoir 2 shinou ryo

SHINOU Ryo 紫能了
ISBN: 9782382761120
Hana, 2022
ISBN: 9784396785192 (JP)
Shodensha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Cette fausse relation est terminée. »

Shinou Ryo sensei continue directement les révélations laissées en suspens suite au tome précédent. Elle dénoue d’abord les secrets autour de la corruption dans l’entreprise pour ensuite s’attarder sur le changement des sentiments des deux héros. Elle développe également un peu plus Saeki. L’ancien chef de section est aussi égoïste qu’Akamine mais son côté sombre transparaît beaucoup moins. En plus, étant fuyant, il est difficile à saisir réellement. Utsumi et Akamine s’interrogent sur leurs réels sentiments, développant une relation de plus en plus saine. Ainsi, l’auteure aborde la trahison, le sentiment de solitude à cause de l’incompréhension, la douleur d’un amour à sens unique, la difficulté à se comprendre malgré des discussions, la fragilité de la confiance. Elle décortique également les sentiments contradictoires d’Utsumi lorsqu’il réalise son amour pour son ancien bourreau.

La mangaka a un trait anguleux et un travail très fin et précis des expressions du visage. Elle soigne les décors qui apparaissent sur les plans larges. Les sauts dans le temps sont indiqués subtilement, à travers les dialogues. Les trames sont variées et équilibrées. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Shinou sensei censure à peine les parties intimes. Elle y ajoute un effet de transparence gommant ainsi les détails. Par ailleurs, elle dessine des corps sensuels et des regards langoureux. En fin de tome, des fiches révèlent quelques secrets sur les deux héros.

En résumé

Utsumi Eito travaille en réalité pour le président directeur général et enquêtait secrètement sur le vrai traitre qu’il piège en diffusant une vidéo compromettante dans le service. Le PDG convoque donc le suspect mais il a en fin de compte l’intention de le faire définitivement disparaître. Le chef de section a d’abord du mal à croire à la trahison de son adjoint mais, refusant de dénoncer son complice, il préfère alors renoncer à la vie. Les sbires du PDG forcent Akamine Eito à ingurgiter une grande quantité d’alcool avant de l’abandonner dans une forêt dans un état comateux. Toutefois, nourrissant des regrets, Utsumi vient à sa rescousse. Quand le chef de section reprend ses esprits à l’hôpital, il trouve Utsumi qui a veillé sur lui. Troublé, il s’interroge donc de plus en plus sur les desseins de son subordonné.

En conclusion

Énorme coup de cœur pour ce récit qui mêle à la fois suspense et psychologie. Le viol n’est pas du tout romancé. Shinou sensei analyse d’ailleurs les changements et les sentiments ressentis par les personnages, rappelant que le traumatisme sera toujours présent. J’adore son style graphique et je trouve qu’elle a acquis une excellente maîtrise de narration. J’espère découvrir encore d’autres de ses œuvres.