Barbarities 2 – Suzuki Tsuta

barbarities 2 suzuki tsuta
SUZUKI Tsuta 鈴木ツタ
ISBN: 9782375063118
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784799735138 (JP)
Libre, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« C’est comme si un mur s’était dressé entre nous. »

Suzuki Tsuta sensei met un peu de côté la romance pour nous plonger dans les complots politiques. Elle sème plusieurs indices et révèle l’instabilité qui menace les trois royaumes de son univers. De même, elle développe un peu plus les spécificités des différents pays. Ainsi, Joël ne semble pas être le seul menacé et les potentielles cibles se dévoilent au fur et à mesure. Les jeunes Christopher et Lucas apportent une touche de fraîcheur naïve, détendant l’atmosphère plutôt tendue. Comme dans le tome précédent, l’auteure alterne entre intrigues et fêtes des nobles, ajoutant quelques passages humoristiques avec les réactions du coincé Montagu. Elle introduit de nouveaux personnages aussi excentriques qu’Adam, en particulier la brigade du Sud menée par Liszt et Olivier ainsi que Simon, l’oncle de Chris. L’histoire bonus donne le point de vue amusant des serviteurs Paul Cailletet et Franck sur leurs maîtres.

La mangaka a son propre style, immédiatement reconnaissable. Elle a un trait épuré, fin, légèrement anguleux et parfois dédoublé, lui donnant du caractère. Elle met en avant les corps finement musclés d’Adam et Louis. De même, les costumes détaillés sont parés de dentelle, galons, broderies. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées et nombreuses. Par contre, les trames d’ambiance discrètes accompagnent sobrement les émotions. La mise en page dynamique change souvent d’angles de vue. Par ailleurs, Suzuki sensei utilise des cadres épais et des espaces inter-iconiques larges, permettant ainsi d’aérer les vignettes chargées. Dans les scènes érotiques menées principalement par Gilles et Louis, elle censure les parties intimes avec des hachures. D’ailleurs, elle préfère éviter de montrer les détails en général.

En résumé

Depuis que Montagu Joël Letreux a rejeté ses avances, le vicomte Adam Canning se montre froid avec lui, ne le fréquentant que pour le travail. Il lui annonce alors son projet d’enquête sur les lettres de menaces. Persuadé que son garde du corps souhaite rentrer au plus vite à Xehana, Montagu demande l’aide de ses employés pour analyser les lettres qu’il a reçues. Un féru de papeterie devine alors l’origine du papier et de l’encre. Mais il revient voir plus tard son seigneur car il a reçu une invitation pour une réception au manoir des Godfrey, utilisant les mêmes matériaux que les lettres analysées. De son côté, Adam ne comprend pas pourquoi Joël empiète sur son travail et ne lui fait pas confiance…

En conclusion

Bien que ce tome ne se classe pas au Chill chil BL award 2018, les lecteurs le citent parmi les meilleures séries avec un sujet travaillé. De même, Adam Canning apparaît dans les seme maladroits et compliqués. Suzuki sensei avait commencé de manière classique et arrive à réorienter son récit avec brio pour le transformer en intrigue politique. L’amour cède un peu la place aux évènements importants, mais reste tout de même en fond pour apporter quelques moments de bonheur. Je suis complètement happée, j’adore nos deux héros mais apprécie encore plus le couple de Louis et Gilles.

Ze 6 – Shimizu Yuki

ze 6 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805299
Taifu comics, 2011
ISBN:‎ 9784403661891 (JP)
Shishokan, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Tu vivras toute ta vie avec la douleur des remords. »

Shimizu Yuki sensei conclut l’histoire mouvementée de Moriya et Ryûsei. Elle bouleverse un peu le schéma narratif habituel grâce à un kami qui prend des initiatives et n’obéit pas facilement à son maître kotodama. Ainsi Moriya agit par amour et devient légèrement sadique envers Ryûsei pour satisfaire ses propres désirs. En effet, Kitamura, rongé par les remords, a un comportement suicidaire et ne peut surmonter son traumatisme que par lui-même. A travers l’affaire de Moriyama, l’auteure met en avant la violence qui appelle la violence et l’utilité du kotodama face aux injustices. Elle offre un chapitre amusant avec l’évolution de la relation entre Kon et Shichikawa Raizô. De même, elle introduit les aventures du couple suivant, Mitô Kotoha et Konoe, avec la question de la responsabilité d’un adulte « dépravé » dans l’éducation d’un enfant. L’histoire bonus permet de découvrir enfin la position de Moriya et Ryûsei dans le couple.

La mangaka simplifie son trait anguleux et épuré dans les passages humoristiques. Elle transforme même Raizô en adorable wanko. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions, utilisant parfois des pois, des cœurs ou des fleurs. Les décors apparaissent dès que le cadrage s’élargit. La mise en page est dynamique. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. A la fin du chapitre « Lune de miel pour de faux », elle donne deux anecdotes sur Raizô grâce à des yonkoma. Comme dans le tome précédent, elle présente les personnages importants au début du volume.

En résumé

Alors que Kitamura Ryûsei prend un peu de plaisir avec Moriya, il reçoit l’appel de son ami Takewaki Kazuo. Son petit frère Yôji n’est pas rentré. Pourtant, Ryûsei l’a laissé devant la supérette près de son domicile. Peu après l’appel, l’enfant a été retrouvé inconscient après avoir été battu et est emmené à l’hôpital. Trois jours après, il est toujours dans le coma. Depuis, Ryûsei culpabilise, se nourrissant à peine et dormant peu. Moriya remplace Take à son travail mais se sent impuissant face à son maître qui ne le regarde même pas et se laisse dépérir. Mais un jour, il lui demande si il peut soigner quelqu’un d’autre que son maître kotodama. De son côté, Takewaki entend par hasard des lycéens parler d’un certain Moriyama qui se vanterait d’être l’auteur de cette affaire…

En conclusion

Beaucoup d’émotions dans ce tome! J’aime beaucoup le caractère de Moriya, qui paraît si coincé, et qui contraste avec la vulgarité de Ryûsei. De même, Raizô continue à se montrer très prévenant avec son petit ami, apportant réellement de la douceur et un esprit d’ouverture dans cet univers fantastique.

Ze 5 – Shimizu Yuki

ze 5 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805060
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403661723 (JP)
Shinshokan, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Me voilà obligé de supplier à genoux ce rustre grossier et obscène…! »

Shimizu Yuki sensei présente un nouveau couple qui a développé un lien forgé par leur volonté commune. Elle utilise les méconnaissances de Ryûsei pour apporter des détails sur les fonctions des kamis. Par ailleurs, elle base la narration principalement sur le point de vue de Moriya. Le kami, qui a connu une mauvaise expérience avec son ancien maître, s’attache à la vie et ne supporte pas la hiérarchie qui existe entre humain et kami. Au contact de Ryûsei, il découvre donc petit à petit les qualités cachées de son nouveau maître derrière ses défauts. En plus, il s’éveille peu à peu aux sentiments en travaillant comme un humain. L’auteure met en avant l’emprise de la famille Mitô, même sur un enfant illégitime. Elle maintient un certain suspense en révélant peu à peu le passé traumatisant de Ryûsei. Par ailleurs, elle alterne entre ton sérieux et touche d’humour.

Avec son trait anguleux et épuré, la mangaka a un style immédiatement reconnaissable. Elle dessine des lèvres pulpeuses et des yeux effilés. Comparé au tome précédent, elle varie énormément les trames, pour travailler surtout les ombres car les scènes se déroulent souvent la nuit. De même, les flash-back sont encore bien intégrés. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, Shimizu sensei compense le manque de scènes érotiques avec l’histoire bonus sur Genma et Himi. Elle cache les parties intimes grâce aux cadrages et aux angles de vue. Elle présente les personnages dans des fiches en début de tome.

En résumé

L’entretien étant annulé, Kitamura Ryûsei et Moriya se retrouvent à enterrer des preuves sur un chantier sur ordre de Yashiro Genma. Pendant que Moriya s’absente pour récupérer les cigarettes de son maître, Ryûsei se fait agresser. De retour, le kami le retrouve ensanglanté et l’embrasse langoureusement pour le soigner. En effet, son maître refuse catégoriquement d’utiliser son kotodama. Moriya se rappelle alors des circonstances de leur rencontre. A la mort de son premier maître kotodama, il ne voulait pas redevenir une page blanche. Et Waki lui a alors donné une chance unique: persuader un des rejetons Mitô qui a vécu à l’écart du clan, de le prendre. Mais Ryûsei est vulgaire, immoral et couche avec n’importe qui…

En conclusion

Suite au succès de la série, l’auteure annonce dans sa postface son adaptation en drama CD. J’adore le couple formé par Moriya et Ryûsei. Je trouve leur relation magnifique. De même, j’aime l’évolution de Moriya qui s’attache à ce gamin blessé. Comme ils se provoquent mutuellement, il est difficile de déterminer qui dominera qui.

Clumsy love step – Yoriko

clumsy love step yoriko
Yoriko 依子
ISBN: 9782382760611
Hana, 2021
ISBN: 9784801971479 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« J’ai envie qu’il m’apprenne quel genre de plaisir il peut m’apporter. »

Yoriko sensei offre une comédie romantique entre un étudiant au cœur pur et innocent et un dragueur invétéré bisexuel. Elle rajoute des tensions en installant une sorte de triangle amoureux avec Nagi Miyazawa, un première année qui assume complètement son homosexualité. Malgré l’insistance de Yoshino qui abuse de la naïveté de Kotarô, elle installe des rapports plutôt consensuels. En effet, les deux étudiants ont clairement conscience de débuter par une relation de simple sex friend. N’étant pas sur la même longueur d’ondes, leurs sentiments naissent peu à peu mais pas au même rythme. Ainsi, Tsujimoto privilégie la relation amicale et fuit ses sentiments. D’ailleurs, l’auteure base principalement la narration du point de vue de l’innocent étudiant. Elle joue également sur le contraste entre sa pureté et sa libido débordante.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, dans un style plutôt shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions. Les décors apparaissent sur les plans larges. De même, les trames d’ambiance rehaussent les émotions. Toutefois, les autres trames servent principalement à représenter les couleurs. Malgré une palette plutôt restreinte, leur utilisation est équilibrée. En revanche, des hachures marquent les ombres fortes. Par ailleurs, la mise en page plutôt basique offre tout de même quelques cases plus dynamiques. Yoriko sensei ne censure pas les scènes érotiques, présentes à chaque chapitre. Il y a également un croquis amusant, en conclusion de fin de chapitre.

En résumé

En deuxième année à l’université, Tsujimoto Kotarô apprécie sa petite vie tranquille de célibataire. Quand il voit arriver son amie Miyako, il devine immédiatement qu’elle va l’embarquer dans ses problèmes. En effet, l’étudiante, harcelée par un certain Yoshino Aoi, lui demande de se faire passer pour son petit ami. Alors qu’il croise par hasard Yoshino en train d’essayer de se débarrasser d’une ancienne conquête, ce dernier lui saute dessus comme s’ils avaient toujours été proches. Il l’invite alors à boire un verre pour faire plus ample connaissance. Ne sortant avec les filles que pour s’amuser, le tombeur accepte de laisser tomber Miyako mais demande en échange un rapprochement avec Kotarô. Puis, il l’emmène dans les toilettes pour faire plus ample connaissance et lui fait découvrir des plaisirs insoupçonnés à travers son corps.

En conclusion

Yoriko sensei narre une comédie légère et mignonne qui, malgré un dragueur insistant, arrive à mettre en place une relation qui se développe sainement. Les personnages sont craquants et le graphisme sexy ajoute du charme au récit. Un one-shot divertissant.

Ze 4 – Shimizu Yuki

ze 4 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351804735
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403661549 (JP)
Shinshokan, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Une pâle imitation du corps, sans l’esprit.

Shimizu Yuki sensei conclut la romance entre Himi et Genma. Elle explique la méthode de fabrication des kamis ainsi que leur mort. Elle centre la narration sur Himi, décortiquant ses interrogations. Au contact de son entourage, le « nouveau » kami va se confronter à différentes réactions, violentes ou bienveillantes. Par ailleurs, Genma prend enfin conscience de la non humanité de son amant. L’auteure montre aussi une facette sombre de Genma, qui passe par plusieurs phases, reproduisant d’abord le viol de son amant pour forcer la renaissance de leur lien. Elle introduit ensuite des nouveaux maîtres kotodama et leur kami, dont les jumeaux capricieux Mitô Seiji et Tsukito accompagnés de leur kami qui a un sacré caractère, Hatsuhi. Elle aborde encore la rivalité des maîtres kotodama dans la famille Mitô. Cette touche d’humour détend l’atmosphère dramatique du tome précédent. Le chapitre bonus révèle l’état d’esprit de Himi deux mois après son acceptation.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux qui s’affine de plus en plus. Les trames d’ambiance renforcent principalement les émotions fortes. Les décors sont soignés et très présents. La transition entre le passé et le présent s’intègre bien, permettant de facilement se repérer dans le déroulement du récit. D’ailleurs, la mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Shimizu sensei censure à peine les parties intimes, en supprimant quelques détails. Toutefois, elle joue aussi sur les ombres ou des phylactères bien placés quand l’image risque d’être trop explicite. Elle apporte également une touche d’érotisme avec le magnifique threesome des jumeaux et de leur kami. De même, la famille d’Ôka offre une note fan service amusante.

En résumé

En protégeant Yashiro Genma, Himi a été poignardé. Hélas, comme son nucleus s’est brisé, il est redevenu une page blanche. Genma demande alors à Waki de le faire revenir, allant jusqu’à le menacer. Il accepte même de travailler comme maître kotodama, seul sans kami pour guérir ou transférer ses blessures. Mais quand Himi revient enfin à la vie, il ne le reconnaît pas…

En conclusion

Beaucoup de révélations dans ce tome, avec un chapitre délirant qui permet de souffler un peu après autant d’émotions. Les jumeaux sont surprenants et je n’aimerais pas devenir la cible de leurs taquineries. Bien que Genma se montre clairement infâme, aussi bien avec l’ancien que le nouveau Himi, j’ai l’impression que l’auteure essaie d’expliquer comment l’amour peut (re)naître malgré une relation violente. Heureusement, elle n’excuse pas le comportement du maître kotodama même si elle suggère quelques uns de ses motifs. Je trouve intéressant cette interrogation sur un thème classique des BL.

Ze 3 – Shimizu Yuki

ze 3 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351804537
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403661334 (JP)
Shinshokan, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« A partir de maintenant, tu es à moi. »

Shimizu Yuki sensei développe l’histoire de Genma et Himi qui ont une relation très particulière. Elle donne un ton beaucoup plus sombre et dramatique à son récit qui tranche complètement avec le tome précédent. En effet, Genma a un caractère exécrable et se montre brutal. Ses rapports avec son kami sont unilatéraux, provoquant donc des relations non consenties. Au fil des tomes, Himi découvre l’amour maladroit de son maître qui n’arrive pas à exprimer ses sentiments ainsi que sa gentillesse. L’auteure met en avant les différentes considérations des individus face aux kamis: objet décoratif de valeur pour Mitô Seima, outil exploitable pour le docteur Namai. Elle alterne la narration entre Genma, Himi et Waki, présentant ainsi trois versions différentes du passé. Elle sème petit à petit des indices pour expliquer le comportement possessif de Genma. Par ailleurs, quelques secrets sur les kamis sont encore révélés.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, tellement fin qu’il semble parfois s’effacer dans les pleins et déliés. La carrure finement musclée de Genma contraste avec le frêle Himi. Les trames d’ambiance sont discrètes. Par contre, les décors, soignés et présents, donnent une touche réaliste au récit. Les flash-back sont facilement repérables grâce à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Shimizu sensei censure les détails des parties intimes par des halos blancs lumineux. En début de tome, elle offre une illustration aux couleurs chatoyantes.

En résumé

Le maître kotodama Yashiro Genma et son kami Himi entretiennent une relation amoureuse. Mais comme Himi a son entretien le lendemain, il essaie de réfréner les ardeurs pressantes de son amant. En effet, en automne, tous les kamis effectuent une sorte de visite médicale auprès de Waki. Ce dernier s’est même permis de raser le bouc de Konoe sans son accord. Quand Genma arrive avec Himi, Raizô ressent instinctivement un danger et fuit avec Kon. Il se rappelle alors que Genma utilisait ce dernier comme bouclier contre de l’argent. Au moment de partir, Asari rappelle à Genma la promesse qu’il lui a faite de ne pas faire pleurer Himi.

En conclusion

La différence d’ambiance entre le tome précédent et celui-ci est comme une claque jetée à la figure du lecteur. Comme à son habitude, l’auteure présente des personnages torturés qui se dépêtrent du mieux qu’ils peuvent de leurs problèmes. Le lecteur ressent alors beaucoup d’empathie envers Himi en découvrant son passé et sa vie actuelle. Malgré son comportement indécent et répréhensible, j’aime beaucoup Genma qui s’adoucit petit à petit au contact de son kami. Le suspense à la fin du tome est insoutenable!

Ze 2 – Shimizu Yuki

ze 2 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351804421
Taifu comics, 2010
ISBN: 9784403661181 (JP)
Shinshokan, 2005 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

La romance maladroite et pure entre Raizô et Kon.

Shimizu Yuki sensei développe d’abord la romance entre Raizô et Kon. Elle alterne la narration entre l’étudiant et son kami. Le récit oscille constamment entre drames, tensions et humour. D’ailleurs, les réactions parfois imprévues des personnages ajoutent des effets comiques. Ainsi, l’amour possessif et étouffant d’Ôka envers Benio qui se plie à ses exigences apporte une touche particulière, presque SM. Au contraire, la relation entre Raizô et Kon se développe dans le consentement le plus total. Par ailleurs, l’auteure interroge sur le sens de l’existence et sur le sentiment amoureux à travers les questionnements de Kon. Elle met en avant l’évolution du kami grâce à la bienveillance de son maître sans pouvoir. Elle pose quelques indices dénonçant une part sombre au sein de la famille Mitô, comme la pression familiale due à leurs tâches. L’histoire bonus révèle les relations que nourrissent les autres couples de la maisonnée.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, souvent portés par Raizô. Par exemple, l’étudiant se transforme en wanko, le rendant encore plus mignon. Les trames d’ambiance transcrivent les émotions. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Shimizu sensei censure les parties intimes en ne dessinant pas les détails. Toutefois, elle s’attarde sur les sensations de ses personnages et offre un peu plus de sensualité comparé au tome précédent. Au début du tome, elle présente les personnages.

En résumé

Raizô a demandé à devenir le maître kotodama de Kon. Depuis, son kami l’embrasse à la moindre égratignure. L’apprenti cuisinier, qui est tombé amoureux, n’ose pas lui dire qu’il a envie de coucher avec lui. Mais Kon entend sa conversation lorsqu’il se confiait au reste de la maisonnée. Le kami accepte alors de le satisfaire. Toutefois, Raizô s’arrête en plein milieu, réalisant que son partenaire ne comprend pas le sentiment amoureux. Les deux hommes finissent donc pas se disputer. Le lendemain, quand Raizô constate que Kon ne prend pas soin de lui-même, n’hésitant pas à se brûler en saisissant une bouteille de saké qui chauffait dans de l’eau bouillante, il essaie de lui transmettre ses sentiments, en vain. Mais l’ancienne maîtresse kotodama Ginka, en visite dans la résidence, kidnappe Kon. En effet, il était à la base le kami de son fils Akimitsu.

En conclusion

Ce couple tendre et doux vous fera fondre. La candeur de Raizô apporte vraiment un souffle de fraîcheur dans la vie dissolue de la famille Mitô. Pour les curieux, le kanji du titre Ze 是 signifie « bien, droit, juste ». Je trouve qu’il amène à s’interroger un peu plus sur l’usage de l’étrange pouvoir des Mitô car pour l’instant, l’équilibre entre maître et kami semble peu équitable. En plus, le lien qui se noue entre Raizô et Kon interroge, l’étudiant n’ayant pas les pouvoirs d’un maître kotodama.

Ze 1 – Shimizu Yuki

ze 1 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351804315
Taifu comics, 2010
ISBN: 9784403660993 (JP)
Shinshokan, 2004 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Le pouvoir de rendre réels les mots que l’on prononce… »

Shimizu Yuki sensei plonge le lecteur dans un univers fantastique basé sur les croyances shintoïstes et taoïstes. Elle introduit d’abord les personnages et la spécificité de la famille Mitô. Elle aborde également les relations entre les différents couples homosexuels, interrogeant sur le lien de maître kotodama et kami. Très vite, le lecteur comprend que le marionnettiste Waki manipule ce petit monde à son gré. Les personnalités plutôt extravagantes des kamis et leurs maîtres contrastent avec la naïveté de Raizô. L’auteure oscille entre tension et humour. Elle prend pour prétexte le contact des muqueuses pour ajouter des passages sensuels. Toutefois, elle commence à établir les thèmes récurrents de ce récit: l’attachement et le sentiment amoureux avec un partenaire partageant ses souffrances, le statut ténu entre outil et être vivant des kamis, l’utilité ou le rôle de chacun dans un couple, la famille et la société, les liens amoureux.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, au style immédiatement reconnaissable. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, donnant parfois un côté minimaliste ou très mignon. Elle varie la physionomie de ses personnages permettant de les reconnaître facilement, même de loin. Les décors sont présents dans les plans larges. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page est dynamique. Pour l’instant, les scènes érotiques servent surtout à présenter les pouvoirs particuliers des kamis. Shimizu sensei offre tout de même quelques scènes, sans pour autant détailler les parties intimes. Elle met surtout en avant les sentiments de ses personnages.

En résumé

Suite au décès de sa grand-mère qui l’élevait, l’étudiant Shichikawa Raizô trouve un emploi d’apprenti cuisinier dans la maison de Waki. Il fait alors la connaissance des autres résidents: Mitô Ôka et sa « poupée » Benio, le gourmand Mitô Kotoha et le surprotecteur Konoe, ainsi que Kon avec qui il partagera sa chambre. Mais pour son premier festin, la majorité des locataires refusent de manger, trop occupés. D’ailleurs, Raizô surprend certains couples dans un moment très intime. Il reçoit cependant les encouragements d’un étrange homme portant un masque de renard. Par la suite, l’étudiant découvre peu à peu les métiers particuliers des locataires ainsi que leur gentillesse, ces derniers l’aidant et le conseillant. Un soir, alors que Raizô avait préparé un nabe au crabe, Konoe est soudainement attaqué par une onde maléfique et perd un bras. Mais il ne saigne pas car il est en réalité un kami en papier…

En conclusion

Grâce aux annotations apportées par la traductrice, il est facile d’entrer dans le récit. J’adore cette série, étant une passionnée de shintoïsme. En plus, les personnages sont tous attachants. J’apprécie la toute petite touche de diversité apportée par Ôka et Benio, les couples lesbiens étant plutôt rares dans les BL en général. Comme à son habitude, l’auteure prend son temps pour bien installer son univers et ses personnages. Je ne peux donc que vous recommander fortement cette lecture.

Sasaki et Miyano 2 – Harusono Shou

sasaki et miyano 2 harusono shou
HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782382122457
Akata, 2022
ISBN: 9784040691619 (JP)
Kadokawa, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Depuis ce jour, je ne peux pas m’empêcher de le trouver classe… »

Harusono Shou sensei confronte beaucoup ses personnages aux situations stéréotypées des BL, ajoutant une touche humoristique à sa romance. Elle développe doucement la prise de conscience de Sasaki et Miyano. Ainsi, les deux lycéens s’interrogent sur la différence d’âge, leur comportement parfois ambigu prêtant à confusion. Chaque évènement est prétexte à faire rougir les deux héros. Par ailleurs, Sasaki a de plus en plus de mal à se retenir et expérimente la jalousie et la possessivité. De même, Miyano réfléchit à la différence entre fiction et réalité, comprenant petit à petit les sentiments profonds de son ami. L’auteure développe un peu plus les personnages secondaires. En comparant les réactions d’Ogasawara Jirô et Kuresawa Tasuku, elle met en avant l’approche différente d’un garçon confronté à sa petite amie fan de BL. Dans un chapitre bonus, elle révèle un peu la relation particulière qu’entretient Hirano avec son colocataire Kagiura Akira.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Toutefois, les personnages sont facilement reconnaissables. Les trames d’ambiance, très graphiques, alternent avec les décors. Contrairement au tome précédent, les saynètes en fin de chapitre donnent simplement une petite anecdote sur l’histoire. Harusono sensei continue de mélanger yonkoma et mise en page classique. Elle présente plus en détail les personnages en fin de tome. Sous la jaquette, elle annonce la prépublication de la série avec un yonkoma et une illustration. Par ailleurs, le volume débute par une petite scène en couleur en rapport avec la couverture. Le sommaire donne encore une chronologie très pratique pour situer les évènements qui se déroulent assez rapidement.

En résumé

Tôt un matin, Miyano Yoshikazu croise Sasaki Shûmei qui a été convoqué par Hirano Taiga. Ce dernier l’aide à réviser car ses notes sont mauvaises. Mais comme Hirano a du retard, Sasaki invite son ami à discuter de leurs dernières lectures. En buvant son café, Yoshikazu se brûle la langue et Mya ne peut alors s’empêcher d’imaginer une situation BL. En effet, les personnes sensibles de la langue seraient soi-disant maladroites en baiser. Quand Sasaki lui propose malicieusement d’essayer, le lycéen d’abord surpris, commence à s’interroger sur les sentiments de son ami. Le soir, en allant lui donner la suite du manga, il surprend une conversation entre Sasaki et un ami qui lui reproche de lire des boy’s love. Toutefois, Shûmei défend sa nouvelle passion…

En conclusion

Dans ce tome, la série prend un certain rythme alternant humour et émois. Par ailleurs, Harusono sensei dépeint avec finesse les interrogations qui touchent les adolescents. Même si elle n’approfondit pas les thèmes qu’elle aborde, elle offre une romance toute douce, agréable à lire, avec des personnages très attachants. Pour ma part, je suis complètement conquise!

Sasaki et Miyano 1 – Harusono Shou

sasaki et miyano 1 harusono shou
HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782382122440
Akata, 2022
ISBN: 9784040684710 (JP)
Kadokawa, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Quand les boy’s love permettent à un lycéen de vivre la plus parfaite des romances.

Harusono Shou sensei nous invite à partager le quotidien de deux lycéens friands de boy’s love. Elle développe à la fois des thèmes par chapitre ainsi qu’un fil rouge évolutif sur la relation entre les deux héros. De même, elle analyse les premiers émois de l’adolescence. Malgré sa tête de voyou, Sasaki est gentil et ouvert d’esprit. Miyano, quant à lui, a du mal à assumer ouvertement sa passion mais est heureux de rencontrer enfin un autre garçon qui s’y intéresse. Ainsi, seuls un groupe d’amis proches connaissent leur intérêt pour ce genre littéraire. A travers leurs aventures, l’auteure aborde divers sujets comme le jugement extérieur, l’acceptation de la différence, le comportement des fans de BL, le vocabulaire particulier qu’ils utilisent. De même, elle joue sur les situations BL pour titiller l’imagination des lecteurs. Sasaki réalise petit à petit son attirance pour Miyano et y réfléchit beaucoup.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo, très doux et mignon. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des yeux assez grands mais très expressifs. Les trames d’ambiance, très graphiques et nombreuses, participent complètement au récit, renforçant l’aspect évanescent des pages. Ainsi des triangles, pois, fleurs, envahissent les scènes. De même, les décors apparaissent sur les plans larges mais deviennent de simples silhouettes derrière les trames. Des cases blanches au cadre épais, en superposition, introduisent les flash-back. Harusono sensei utilise une mise en page hybride, mêlant yonkoma et agencement classique. Elle narre également une histoire parallèle sur le festival culturel en deux cases à la fin des chapitres. Elle révèle les prénoms de ses personnages en fin de tome. Par ailleurs, le manga débute par une page couleurs. Sous la jaquette, il y a encore deux yonkoma apportant des anecdotes sur Hirano Taiga et Kuresawa Tasuku.

En résumé

Un jour, Miyano Yoshikazu aperçoit un élève qui se fait harceler et cherche à joindre du secours. Apparaît alors Sasaki Shûmei qui l’arrête dans son élan puis s’occupe des voyous. Trois mois plus tard, les deux lycéens ont sympathisé et apprennent à se connaître petit à petit. Miyano a du mal avec le côté tactile de Sasaki, surtout qu’il complexe sur son visage efféminé. En effet, le jeune lycéen est fan de boy’s love et a peur que les actions de son ami prête à confusion dans ce lycée pour garçons. Mais à force de l’entendre utiliser un vocabulaire inconnu, Sasaki demande à Mya de lui conseiller une de ses lectures préférées. Et à la grande surprise de ce dernier, il trouve le manga très intéressant…

En conclusion

Harusono sensei prend tout son temps pour développer son récit et s’attarde surtout sur la vie scolaire et l’amitié. Ce titre est à la fois une bouffée rafraichissante de douceur, de bienveillance et de bonheur qu’un moyen de découvrir l’univers du boy’s love. L’adaptation animée rend d’ailleurs très bien cette ambiance. J’aime beaucoup le temps précisé dans le sommaire au-dessus des chapitres, permettant de mieux se situer dans l’avancée du récit. En plus, adorant les yonkoma, j’adhère complètement au récit mais ce style pourra décontenancer certains lecteurs. Le couple est adorable et j’ai juste envie de suivre leurs aventures avec passion.