Long night sweet porno – Nobana Saori

long night sweet porno nobana saori
NOBANA Saori 野花さおり
ISBN: 9782382762967
Hana, 2022
ISBN: 9784796413497 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Devenir d’abord amis puis comprendre que cela ne suffit pas.

Nobana Saori sensei offre une romance au premier abord classique, avec deux hommes blessés par de mauvaises expériences amoureuses. Elle alterne la narration entre Asami et Shitara, partageant leurs réflexions. Ainsi, elle s’intéresse au jugement sur l’apparence, à l’acceptation de l’être-aimé tel qu’il est, à une image désabusée de l’amour. Sô assume son homosexualité et rêve de moments romantiques avec l’être aimé. Il ne conçoit pas de relations sans sentiments. Au contraire, Yûhi se montre frivole mais a tendance à ne pas se révéler réellement dans l’intimité. Les sentiments entre les deux héros évoluent au fur et à mesure qu’ils apprennent à se connaître. L’auteure révèle l’essentiel du passé douloureux des deux hommes à travers des personnages secondaires. Elle interroge sur un amour simple mais sincère, libéré de tout jugement. Comme les deux héros aiment prendre soin de leur partenaire, ils ont tendance à se sacrifier pour leur bonheur.

La mangaka a un trait épuré anguleux assez classique. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant légèrement les expressions. Les trames sont variées. Et les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est sobrement dynamique mais efficace, accompagnant le regard. Nobana sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle offre même quelques coupes intérieures. Par ailleurs, elle présente rapidement ses personnages dans sa postface. Les illustrations en début de chapitre donnent le ton du récit.

En résumé

Aimant les belles choses, Asami Sô apprécie son travail dans un petit bazar d’un centre commercial. Mais depuis quelques temps, il n’aime pas que le coiffeur Shitara Yûhi vienne troubler son petit paradis. En effet, il a du mal avec son caractère expansif et frivole ainsi que son côté tactile. D’ailleurs, il essaie de l’éviter autant que possible. Mais Shitara passe au bazar pour discuter dès qu’il a un peu de temps libre, souhaitant absolument sympathiser avec lui. Un jour, le vendeur surprend ce dernier en train d’embrasser une femme dans la salle de repos commune. En découvrant qu’il n’a aucun sentiment pour elle, Asami lui vole un baiser. Mais au lieu d’être dégouté après son coming out, Shitara l’invite à déjeuner et lui fait même une déclaration d’amour.

En conclusion

Ne vous fiez pas aux apparences! Ce thème développé dans ce one-shot joue également avec le titre qui pourrait porter à confusion sur le contenu. En plus, la relation entre les deux héros est consensuelle, malgré quelques baisers volés. Le scénario s’étoffe au fil des chapitres, offrant un récit prenant avec des personnages bienveillants et touchants. J’apprécie leur passion pour leur métier, les petits bonheurs simples ainsi que le développement de leurs sentiments. Une histoire douce et agréable à lire qui réchauffe un petit peu le cœur.

Fall in love with my new boss – Hakoishi Tammy

fall in love with my new boss hakoishi tammy
HAKOISHI Tammy 箱石タミィ
ISBN: 9782382762912
Hana, 2022
ISBN: 9784845855926 (JP)
Leed, 2020 (JP)
Titre original: 幼なじみ上司にフォーリン・ラブ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Un nouvel employé retrouve son ami d’enfance devenu à présent son supérieur! »

Hakoishi Tammy sensei narre une douce romance entre un employé et son supérieur mais qui étaient également amis d’enfance. Elle base la narration du point de vue de Tôno. Elle aborde donc la difficulté à distinguer la relation amicale et les rapports hiérarchiques, à jongler entre le langage soutenu et familier. Sôta réalise petit à petit que son admiration cache des sentiments bien plus profonds. Au contraire, Mizusawa a besoin d’analyser concrètement ce qu’il ressent mais il peut devenir entreprenant. Ainsi, leurs sentiments évoluent en douceur. Les deux héros étant naturellement prévenants envers les autres, ils conservent donc une certaine réserve sur la compréhension de leur attirance. L’auteure installe une relation consensuelle, dans la discussion. Elle offre une tranche de vie au bureau, introduisant les divers tracas du quotidien professionnel.

La mangaka a un trait épuré anguleux qui semble simple au premier abord. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Son graphisme rappelle le style shôjo souvent présent dans les œuvres numériques. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes, jouant plutôt sur les dégradés. Les flash-back s’intègrent directement au récit, utilisant un effet de trames à rayures sur les vignettes. Ainsi, cela permet de conserver le ton clair et lumineux des pages. La mise en page est également très dynamique. Dans les scènes érotiques, Hakoishi sensei censure les parties intimes par des caches blancs. Elle débute ses chapitres par une illustration pleine page en accord avec le ton général de ce qu’il se passe.

En résumé

Tôno Sôta intègre le département du développement des ventes dans une entreprise de construction. Son superviseur, Mizusawa Tetsushi, s’avère être son ami d’enfance. Mais ce dernier ayant trois ans de plus que lui, le nouvel employé ne l’avait pas vu depuis dix ans suite à son départ à l’université. Mizusawa se montre à la fois prévenant et stricte durant la formation, augmentant l’admiration que son subordonné nourrissait déjà à son égard dans sa jeunesse. Deux semaines plus tard, lors de sa fête d’accueil, le jeune salaryman remarque le mal-être de sa collègue Kondô mais ne sait comment réagir quand elle fond en larmes. Grâce à la bienveillance de leur supérieur, elle finit par avouer subir le harcèlement de certains clients. Tôno réalise alors que son admiration pour son ami couve peut-être d’autres sentiments…

En conclusion

J’ai un petit coup de cœur pour ce one-shot. J’apprécie beaucoup le graphisme. Et j’aime la spontanéité des personnages, rendant la dynamique entre eux très conviviale et agréable.

Beast’s storm 3 Hug me baby! – Kuroi Morry

beast s storm 3 kuroi morry
KUROI Morry 黒井モリー
ISBN: 9782382762806
Hana, 2022
ISBN: 9784796413619 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Comment concilier le bien-être au travail et le bonheur familial?

Kuroi Morry sensei continue de développer la question de concilier travail et famille. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ces derniers résument même à travers leurs réflexions les sujets déjà abordés dans le tome précédent comme pour les détailler. Cette répétition accentue un peu le manque de rythme du récit, qui présente surtout le train-train quotidien des personnages, mais ne gêne en aucun cas la lecture. Au contraire, il est agréable de voir un tel problème récurrent au Japon ainsi approfondi. A travers Ohara et Sôgo, l’auteure propose même une solution idéale. Par ailleurs, elle développe son univers en présentant un peu plus la famille du directeur d’hôpital. Sôji représente la bête dans toute sa splendeur, avec un esprit de supériorité qui ne suit que son instinct et multiplie les partenaires, sans sentiments. Au contraire, Ohara apporte une touche bienveillante en prônant la mixité entre hommes et bêtes.

La mangaka a un trait fin, épuré et anguleux qu’elle simplifie et arrondit dans les passages humoristiques. Elle n’hésite pas alors à transformer les têtes en SD. Par contre, elle dessine Shôta tout en rondeur, accentuant son côté mignon qui devient presque du fan service. Les décors situent principalement l’action. De même, les trames sont utilisées avec parcimonie. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent souvent les émotions. La mise en page, simplement dynamique, accentue un certain effet de dépouillement. Kuroi sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle détaille peu les parties intimes. Les chapitres débutent par une illustration de Shôta accompagné d’un parent ou les deux.

En résumé

Kijima Shôta commence à babiller. Son père Sôgo tente alors de l’entraîner à prononcer « papa », espérant que ce sera son premier mot. Mais à son désespoir, l’enfant réussit à dire « riz ». Comme Sôgo commence à avoir ses chaleurs, il se montre très câlin avec son époux Miyaji Akira. Ce dernier commande alors en urgence des inhibiteurs auprès de l’infirmier Kirigawa. En effet, il ne souhaite pas de nouvelle grossesse avant que leur situation soit stabilisée, son mari et lui étant pris par leurs obligations. Depuis quelques temps, Eiko la sœur de Sôgo, l’aide en gardant Shôta, mais le médecin pense que cela n’est pas une solution viable sur la durée, même si son fils s’entend bien avec son cousin Riku. Par hasard, il rencontre alors Sôji, le père de Sôgo, qui ne l’apprécie guère…

En conclusion

Ce tome est parfois très bavard et le changement de rythme pourra décontenancer certains lecteurs. En effet, on ressent clairement une rupture entre passages mignons, sujets importants et scènes érotiques. Toutefois, le résumé intégré au récit permet de se plonger plus vite dans l’histoire sans avoir à relire les volumes précédents. Une lecture divertissante qui traite de sujets d’actualités pour passer un agréable moment.

Ze 11 – Shimizu Yuki

ze 11 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351806746
Taifu comics, 2012
ISBN:‎ 9784403663178 (JP)
Shinshokan, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Etait-ce de l’amour? De la passion? De la pitié? Ou bien tout simplement de l’attachement?

Shimizu Yuki sensei plonge les lecteurs dans l’histoire dramatique de la formation du clan Mitô. Elle dévoile d’abord le passé de Hozumi et Takamitsu, ainsi que la transformation du clan qui s’agrandit. Elle s’intéresse particulièrement aux sentiments de Waki. En effet, ce dernier n’arrive pas à cerner les nuances entre amour, passion, attirance et attachement. En réalité, sa relation avec Magane et Rikiichi prend la forme d’un polyamour. Prisonnier de son passé, il va enfin réussir à avancer en acceptant ses sentiments, poussé par son entourage. Après beaucoup d’actions intenses, l’auteure reboucle avec subtilité sur la fin du premier chapitre du tome précédent. Elle conclut sa série en mettant ainsi en valeur l’amour qui naît à partir de différents liens. Elle offre donc un happy end rempli d’émotions.

La mangaka maîtrise les pleins et déliés qui renforcent l’impact de son trait épuré. Elle équilibre les trames, utilisant des tons plus sombres dans les passages dramatiques. Par ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page dynamique utilise pleinement les grandes vignettes pour les scènes d’action. Shimizu sensei ne dessine presque pas de scènes érotiques pour ne pas briser l’ambiance générale dramatique du récit. Toutefois, certaines cases explicites apportent en fin de compte une petite touche humoristique, comme si le lecteur surprenait les protagonistes dans leur intimité.

En résumé

Uta a trouvé un homme gravement blessé sur les rives de la rivière. Entendant son appel, Magane fonce en sa direction, suivi par Waki. A la demande de la maîtresse kotodama, le kami embrasse le blessé pour le soigner, après lui avoir retiré un couteau planté dans le ventre. Devant cette scène, Waki a du mal à cacher sa colère. Il réalise alors son attachement envers Magane, tolérant de le partager uniquement avec Rikiichi. De retour à la maison avec Endô Hozumi, le petit groupe découvre un autre homme blessé, les ongles arrachés. Yukino et Shirahase ont trouvé Takamitsu au pied de la cascade. Devant les supplications de ce dernier pour rester dans cet havre de paix avec son frère, Rikiichi accepte de les accueillir. En effet, Yukino, habituellement discrète, s’est totalement attachée à Takamitsu. Mais les Mitô ne pensaient pas que ces deux frères allaient chambouler leur paradis…

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatorzième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2011. M’étant attachée aux personnages, je n’ai donc pu retenir mes larmes en lisant les dernières pages. J’aime beaucoup le travail de l’auteure qui analyse les différents liens qui se créent et se transforment en amour.

Ze 10 – Shimizu Yuki

ze 10 shimizy yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351806395
Taifu comics, 2010
ISBN: 9784403662959 (JP)
Shinshokan, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« La solitude et le renoncement… J’étais à la dérive, puis j’ai fini par m’échouer quelque part… »

Shimizu Yuki sensei attaque l’arc final de son récit en plongeant le lecteur dans le passé de Waki. Elle se focalise particulièrement sur sa rencontre avec Rikiichi, qui va l’inciter à devenir marionnettiste, et sur la naissance des premiers kamis. Elle introduit plein de nouveaux personnages, en particulier Uta la sœur du maître kotodama ainsi que le troisième kami Magane. D’ailleurs, le côté loup de ce dernier ajoute une touche mignonne et humoristique. La narration se base principalement sur Waki. Ce dernier va développer une certaine complicité avec Rikiichi, étant sur la même longueur d’ondes. La personnalité flamboyante du maître kotodama, qui peut se montrer aussi accueillant qu’impitoyable, va adoucir le désabusé Waki. L’auteure révèle ainsi tous les secrets autour du marionnettiste, son passé très sombre, sa longévité hors norme, son manque de confiance en l’humain, son sentiment de solitude qui persiste même entouré de ceux qu’il aime.

La mangaka maîtrise sont trait épuré et anguleux. Toutefois, la structure de ses visages s’uniformise et l’on distingue maintenant les personnages grâce à la forme de leurs sourcils et leur coiffure. Les trames sont équilibrées. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Comparé au tome précédent, Shimizu sensei censure les parties intimes par des points blancs dans les scènes érotiques. Toutefois, pour compenser le manque de scènes dans le récit principal, elle offre en bonus la suite du chapitre 1 avec Genma et Himi en mode amour fou.

En résumé

Yoshiwara Waki a du mal à admettre qu’Asari ait pu conserver ses souvenirs et sa personnalité. Il passe donc sa mauvaise humeur sur les autres kamis, convoquant même Himi pour d’abord l’interroger puis lui reprocher son incapacité à faire de même. Mais Yashiro Genma le défend ardemment face à ses remarques acerbes. Le marionnettiste essaie même de s’en prendre à Raizô. Toutefois l’éblouissant larbin garde sa bonne humeur et son innocence, calmant légèrement son hôte. Waki se souvient alors de sa rencontre avec Rikiichi, à la chevelure flamboyante…

En conclusion

Shimizu sensei offre un tome plein de révélations, interrogeant toujours sur les liens entre les gens. Plus j’en apprend sur Waki, plus je le trouve détestable. Pourtant, j’aimerais qu’il trouve enfin le bonheur. Ce tome prend un ton plus sérieux mais c’est un plaisir de découvrir l’origine des kamis.

Megumi & Tsugumi 3 – Si Mitsuru

megumi and tsugumi 3 si mitsuru
SI Mitsuru S井ミツル
ISBN: 9782375063132
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784801972513 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« On est bien devenus partenaires, non? »

Si Mitsuru sensei aborde la question de la morsure comme contrat de partenaires dans l’omegaverse. En s’appuyant également sur le chapitre consacré à Harutsugu et Kuroji, elle interroge sur ce lien particulier entre un alpha et un oméga ainsi que les différences avec le mariage et la relation amoureuse. Avec ses personnages peu stéréotypés au genre, elle développe encore une relation consensuelle. Ainsi, Megumi réalise la difficulté à obtenir l’accord des parents avant tout engagement. Par ailleurs, la naïveté de Tsugumi apporte toujours une touche d’humour, enchainant les quiproquos. En plus du lien d’amitié brisé avec Subaru, l’auteure introduit un rival, Sakashita Inami, et oblige l’alpha à gérer divers sentiments entre jalousie, manque de confiance et doute. Elle reprend ces mêmes thèmes dans le chapitre des parents de l’oméga. L’histoire bonus en fin de tome offre une touche érotique, continuant directement un des chapitres.

La mangaka a un trait épuré au contour très épais qui joue beaucoup sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Comparé au tome précédent, son style s’est légèrement adouci mais conserve une petite touche shônen appréciable. Les décors alternent avec les trames d’ambiance souvent très graphiques. Le thème des vacances d’été est prétexte à quelques cases fan service. Malgré une mise en page plutôt classique, Si sensei varie souvent les angles de vue et gère très bien le rythme. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, même si parfois elle omet quelques détails. En fin de chapitre, les personnages en SD apportent une touche mignonne. Sous la jaquette, deux planches proposent de découvrir les réactions des personnages face à des histoires effrayantes.

En résumé

Yamada Tsugumi (oméga) et Kokonoe Megumi (alpha) sortent enfin ensemble, partageant des sentiments réciproques. L’oméga est venu voir un dessin-animé chez l’alpha qui interprète cela comme un rendez-vous amoureux. Au bout de trois heures, Tsugumi montre enfin quelques signes romantiques en appuyant sa tête sur l’épaule de son bien-aimé. Ce dernier répond donc à ses avances, malgré quelques protestations de l’oméga qui se laisse pourtant faire. Tandis que l’alpha est heureux de cet échange sans l’influence des chaleurs, le rebelle s’interroge alors sur leur relation. En effet, croyant former déjà une paire, il n’éprouve aucun changement. Megumi décide donc d’officialiser clairement leur relation en demandant l’autorisation à leurs parents pour le mordre…

En conclusion

Comme à son habitude, Si sensei s’amuse à déstructurer les thèmes chers à l’omegaverse pour les transformer en comédie romantique bienveillante. Elle met en avant la volonté humaine et le respect sur un comportement presque animal. La stupidité de Tsugumi me déstabilise parfois mais c’est ce qui fait tout le charme du récit. Et puis quel plaisir de découvrir l’histoire de Kuroji et Harutsugu. Ils vont finir par devenir mon couple préféré!

Ze 9 – Shimizu Yuki

ze 9 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351806005
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784403662713 (JP)
Shishokan, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Ne disparais pas. Vis et protège… »

Shimizu Yuki sensei développe l’arc sur Asari et Shôi. Elle présente leur passé par tranches de vie jusqu’à reboucler sur la fin du tome précédent. Elle décortique l’évolution de leur relation, d’abord conflictuelle pour se transformer en un amour profond et réciproque. En fin de compte, les deux héros ont plusieurs points communs comme leur sentiment d’être prisonnier et le rejet de leur condition. La narration se base principalement sur le point de vue d’Asari. L’auteure interroge sur la vie et la mort à travers le kami dont le pouvoir s’affaiblit. Elle questionne également sur l’utilisation des kamis, particulièrement quand les sentiments n’existent pas. Ainsi, le premier rapport entre les deux héros est clairement défini en viol. Par ailleurs, le lien qui se crée entre Shôi et Asari traverse les différents crises que subit le couple en se renforçant.

Le trait anguleux et épuré de la mangaka semble plus marqué avec les pleins et les déliés. Elle soigne les décors assez présents. De même, quelques trames d’ambiance appuient les émotions fortes. La mise en page est dynamique. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques, mais évite de détailler celles sans consentement. Elle introduit toujours son tome par des fiches personnages.

En résumé

Asari, le plus vieux des kamis, a fini par redevenir une page blanche. Mitô Shôi demande alors à Waki de le faire revenir, persuadé qu’un miracle peut se produire. En effet, il a cru entendre son kami souhaiter rester auprès de lui avant de disparaître. Mais Waki, las, refuse de s’exécuter, provoquant l’ire du chef de clan. Waki se souvient alors que lors de son premier travail, Asari avait refusé de rejoindre Shôi qui l’appelait parce qu’il le détestait. L’adolescent a endossé les blessures, ne voulant pas blesser ce kami qu’il n’avait jamais vu malgré les recommandations de Waki. Désespéré de sa condition, il souhaitait mourir pour se libérer, ne supportant pas la folie de la famille Mitô. En l’entendant appeler au secours, Asari finit par apparaître devant lui et l’embrasse.

En conclusion

Ce tome obtient la première place du meilleur manga au Chill chill BL award 2010. Asari est classé troisième meilleur uke. Ce volume est une ode à l’amour qui s’installe lentement mais tendrement. L’image des deux frères qui coopèrent a un impact fort et émouvant. La série a toujours droit à une adaptation en drama CD. La surprise finale rend insoutenable l’attente du prochain tome.

Ze 8 – Shimizu Yuki

ze 8 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805732
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784403662522 (JP)
Shishokan, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Le jour est venu pour Kotoha de quitter sa cage. »

Shimizu Yuki sensei conclut l’arc concernant Kotoha sur son adolescence et son intronisation à la tête de la famille Mitô. Elle s’intéresse au changement de la relation entre le jeune maître kotodama et son kami. En effet, Konoe accepte peu à peu ses sentiments et passe donc de père à amant, forcé par les conjonctures. Suite à un traumatisme, Kotoha va encore évoluer et prendre des décisions lourdes de conséquence. Après un ton sérieux et dramatique, l’auteure détend l’atmosphère avec un chapitre tendre et humoristique sur Shichikawa Raizô et Kon, mettant en avant l’esprit de famille. Elle plonge ensuite les lecteurs dans un suspense insoutenable en commençant l’histoire de Mitô Shôi et Asari. Ainsi, elle approfondit la personnalité de ses personnages au fil des chapitres. Waki s’avère être un manipulateur et les jumeaux Mitô Tsukito et Seiji adorent taquiner Kotoha. Par ailleurs, les rapports non consentis ont toujours une explication.

La mangaka maîtrise son trait épuré, anguleux et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées, avec une dominance sombre pour les moments dramatiques. Quelques trames d’ambiance illustrent également les émotions. Par ailleurs, la mise en page dynamique utilise les chevauchements de vignettes, les ellipses, l’absence de cadre et les angles de vue variés. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle ne les développe pas dans les rapports non consentis. Comme dans le tome précédent, elle présente les personnages en début de tome.

En résumé

Suite au décès de Takamitsu, Yoshiwara Waki convoque Konoe et Mitô Shôi pour les prévenir qu’une cérémonie de présentation du nouveau chef de clan se prépare. Depuis que Konoe a rejeté la déclaration d’amour de Kotoha, ce dernier se montre plus sage. Grâce à la cérémonie, le maître kotodama pourra enfin sortir de sa cage. Mais comme les anciens se montrent sceptiques face à l’adolescent timoré, Waki demande au nouveau chef de clan de faire une démonstration. Toutefois, n’ayant jamais utilisé sciemment son pouvoir, Kotoha reçoit un énorme choc en découvrant ensuite le corps de son kami déchiqueté.

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2009. Le drama CD se classe en troisième place. Asari est classé troisième meilleur uke. L’auteure va au fond des sentiments de ses personnages. Au verso, l’éditeur signale la présence des scènes sensibles. En effet, certaines scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs. Pourtant, Shimizu sensei présente les relations immorales comme telles et préfère mettre en avant les sentiments et le consentement. Elle insiste particulièrement sur les efforts de Konoe pour protéger le lien presque paternel qu’il a noué avec Kotoha pour lui permettre de grandir.

Ze 7 – Shimizu Yuki

ze 7 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805510
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403662270 (JP)
Shinshokan, 2008 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Le maître kotodama le plus puissant du clan Mitô finit toujours placé à sa tête. »

Shimizu Yuki sensei s’intéresse maintenant à l’enfance de Kotoha. Elle met encore en avant la noirceur de la famille Mitô, pour laquelle le pouvoir prime sur tout. De même, elle révèle la spécificité des deux kamis Asari et Konoe, expliquant leur esprit d’indépendance envers Waki et leur maître kotodama. Traité comme un animal sauvage, Kotoha se retrouve isolé malgré son jeune âge. En s’occupant de lui, Konoe développe un amour paternel et découvre les sentiments contradictoires ressentis quand un enfant grandit. Il se transforme presque en père gâteux et surprotecteur. L’auteure met en avant la différence d’âge entre le maître kotodama et son kami ainsi que l’évolution de leurs sentiments. Dès qu’un comportement indécent se produit, elle fait toujours intervenir un personnage pour rappeler la morale. En fin de tome se trouvent les résultats d’un classement de popularité des couples, des seme et des uke.

Comparé au tome précédent, la mangaka adoucit son trait anguleux et épuré. Elle ne surcharge pas ses pages, malgré des décors soignés. De même, les trames sont équilibrées. Les trames d’ambiance sont également discrètes. La mise en page dynamique joue sur les variations des angles de vue et le découpage des scènes importantes. Par exemple, quand Kotoha va pleurer, son visage se déforme case par case. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Comme elle développe la jeunesse de Kotoha, elle compense le manque de passages érotiques avec l’histoire bonus sur Shôi et Asari. En début de tome, elle donne des fiches personnages permettant de se resituer dans le récit.

En résumé

A sa naissance, le pouvoir de Mitô Kotoha était tellement puissant que ses cris de nourrisson ont détruit la maison. Comme sa mère Yukino mourut en couches, sa kami Shirahaze s’est occupée du petit. Quand elle redevint page blanche, Kotoha avait quatre ans. Waki confia donc l’enfant à Konoe, libéré de ses obligations par son maître kotodama malade, Rekiichi. Le kami trouve alors le garçon enfermé dans une pièce spartiate, complètement isolé. Étrangement, il ne parle pas. Konoe tente alors de le faire parler mais même apeuré, Kotoha ne crie pas. Quand le kami fait semblant de mourir, l’enfant finit par pleurer. Mais une corde autour de son cou se ressert immédiatement pour l’étrangler…

En conclusion

Selon votre sensibilité, certains passages peuvent choquer. Même si l’auteure pense toujours à recadrer les problèmes, l’humour qui s’en dégage peuvent déranger. Pour ma part, j’aime beaucoup ce récit qui permet de mieux comprendre la personnalité de Kotoha. Avec tous les couples différents, impossible de ne pas en trouver un qui vous plaît!

L’oméga abandonné gémit deux fois – Isaka Jugoro

l omega abandonne gemit deux fois isaka jugoro
ISAKA Jugoro いさか十五郎
ISBN: 9782382760703
Hana, 2021
ISBN: 9784815501303 (JP)
Sankousha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« Histoire de la passion compliquée d’un oméga rejeté de 40 ans. »

Isaka Jugoro sensei narre une romance dramatique omegaverse interrogeant sur la place de l’alpha. Elle aborde la difficulté de contrôle face à une âme sœur, le relation père-fils qui s’étiole, le doute sur les sentiments et le consentement à cause de l’influence des phéromones. L’ombre du géniteur de Neon plane sur les rapports avec son père adoptif, entre peur de reproduire le passé ou de ne pas être à la hauteur. Par ailleurs, la dominance de l’alpha qui n’hésite pas à abuser de sa force semble être la norme dans cet univers où l’oméga ne sert qu’à procréer. Ainsi, l’auteure dépeint une hiérarchie plutôt toxique entre alphas, bêtas et omégas. En revanche, elle surprend le lecteur avec un grand retournement de situation vers la fin du récit, révélant les réelles circonstances de la séparation entre Takane et Kyôichi.

La mangaka a un trait très épuré, presque dépouillé mais anguleux et marqué par les pleins et déliés. Elle dédouble les contours, conservant ainsi un aspect croqué. Par ailleurs, elle indique le rut des alphas en colorant la sclérotique des yeux en noir. Les décors situent l’action. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. La mise en page dynamique rythme la lecture. Toutefois, Isaka sensei ne transcrit pas clairement certaines transitions de temps, donnant une impression de précipitation. De même, elle censure certaines scènes érotiques par des caches blancs ou des points blancs. Mais elle dessine parfois des coupes intérieures détaillées. Un yonkoma amusant sur Takane accompagne la postface.

En résumé

Le célèbre et égoïste mannequin Ôtori Takane (alpha) s’est constitué un harem d’omégas dont Kyôichi faisait partie jusqu’à ce que lassé, il le jette. La star ayant également abandonné l’enfant né d’une autre oméga, Kyôichi recueille alors Neon et l’élève comme son fils. Maintenant, le jeune alpha va bientôt avoir 16 ans mais souhaite d’abord fêter son anniversaire avec son père adoptif. Toutefois, alors qu’il n’avait plus eu de chaleurs depuis sa séparation avec Takane, Kyôichi se retrouve complètement subjugué par les fortes phéromones que dégage Neon.

En conclusion

Je trouve étrange que Isaka sensei n’aborde même pas la question de la différence d’âge. Évidemment, certaines scènes pourront choquer les lecteurs, vu le synopsis. J’ai eu du mal avec le début du récit mais il s’améliore au fil des chapitres et le retournement apporte vraiment une plus-value.