Le bonheur du démon 1 – Yamamoto Kotetsuko

le bonheur du demon 1 yamamoto kotetsuko
YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782368776964
Hana, 2020
ISBN: ‎9784813032076 (JP)
Taiyohtosho, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Est-ce de la charité ou de l’amour?

Yamamoto Kotetsuko sensei propose de suivre une tranche de vie de Emu et de l’accompagner dans ses efforts pour rembourser sa dette. Elle alterne avec finesse des moments dramatiques et humoristiques, jouant principalement sur les réactions imprévisibles de la famille Fukutomi. Ainsi, elle présente un jeune homme malchanceux à qui la vie sourit enfin petit à petit grâce à des personnes bienveillantes. En effet, bien qu’Emu accepte sa condition, il se débrouille avec courage et fierté, possédant donc un fort caractère. Il est mûr et réfléchi, ce qui contraste totalement avec le caractère de Nenji qui a tendance à agir instinctivement plutôt que de réfléchir. D’ailleurs, sa franchise apporte beaucoup de fraicheur dans le récit. En introduisant Gonzô, le grand-père de Fukutomi, l’auteure présente ainsi les différences générationnelles. Elle aborde aussi la pauvreté, le jugement extérieur et les bienfaits d’une main secourable.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle met en avant la fine musculature de Nenji. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées mais équilibrées. De même, les trames d’ambiance transmettent les émotions. La mise en page dynamique joue par ailleurs sur les superpositions de cases. Pour l’instant, Yamamoto sensei se contente d’un baiser volé immédiatement critiqué. Elle met en avant Emu dans les illustrations en début de chapitre. Elle propose en fin de tome des histoires bonus au format yonkoma mais non vertical.

En résumé

Trop pauvre, Ikariya Emu a abandonné le lycée pour travailler. Mais suite au décès de son père, il reçoit la visite d’un chasseur de dettes qui lui réclame alors 5 millions de yens. En effet, le père d’Emu s’était endetté pour lui payer ses études. Après avoir vidé le compte bancaire et le porte-feuille du jeune homme, le créancier lui propose alors un travail bien rémunéré dans un bar gay. Ikariya refuse catégoriquement. Alors que le prêteur insistait, Fukutomi Nenji vient à son secours en proposant de l’acheter. Ce fils de bonne famille qui a tendance à toujours venir en aide, était également intervenu en la faveur d’Emu au lycée quand il était soupçonné d’un vol dans leur classe. Mais le fier Ikariya ne supporte pas d’être pris en pitié…

En conclusion

Emu est tellement craquant avec son regard à la fois légèrement triste mais fier. La traductrice Laurie Asin pense aux petites annotations pour expliquer les jeux de mots sur les noms, permettant de bien les comprendre. Une lecture distrayante qui nous rappelle que tout le monde a droit à l’amour.

Melty kiss more – Takasaki Bosco

melty kiss more takasaki bosco
TAKASAKI Bosco 高崎ぼすこ
ISBN: 9782382763018
Hana, 2022
ISBN: 9784801971646 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je le vois plus à la télé qu’en vrai, c’est dingue! »

Takasaki Bosco sensei continue de développer les difficultés rencontrées par Aihara et Amamiya pour concilier travail et vie amoureuse. Elle analyse leurs différents sentiments, comme l’impuissance, la culpabilité, la peur du jugement externe. D’ailleurs, la différence d’âge crée des attentes différentes de leur relation. Ainsi, Ryô espère beaucoup plus de moments romantiques à deux, tandis que Riku se contente de ce qu’il peut avoir. La distance entre eux se transforme alors en solitude, renforcée par la peur de gêner ou d’interférer sur la carrière de l’autre. De même, le manque de communication provoque des quiproquos. La narration alterne entre les deux héros partageant leurs réflexions. Par ailleurs, l’auteure montre comment les soucis personnels influent sur le travail. Comme dans le tome précédent, elle met en avant la nécessité d’afficher une image extérieure. En fin de tome, elle présente quelques aventures amusantes et sexy des héros de Tadoru yubi.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle exagère à peine les expressions dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps finement musclés qu’elle met en avant. Par contre, Hanamura Naoya expose souvent un visage rougissant de honte, recouvert parfois intégralement de hachures. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Toutefois, les décors qui apparaissent sur les plans larges ajoutent une touche réaliste en étant précis. La mise en page dynamique met parfaitement en avant la sensualité et les expressions changeantes des personnages. Takasaki sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle les détaille même avec des coupes intérieures et des transparences. Il y a d’ailleurs presque une scène à chaque chapitre. En fin de chapitre, les personnages en SD ou une case apportent des anecdotes amusantes.

En résumé

Aihara Ryô (31 ans), PDG d’une agence de production, et Amamiya Riku (24 ans), acteur, sortent ensemble mais leur emploi du temps surchargé ne leur permet pas de se voir. En apprenant qu’il a un tournage dans le même studio que son petit ami, Ryô se surprend à se préparer comme pour un rendez-vous amoureux. Et lorsqu’il le croise au détour d’un couloir, il ne peut s’empêcher de lui voler un baiser langoureux. Excité, Riku le rejoint le soir. Il découvre alors sur la table des billets pour une exposition que Aihara avait pris pour eux et décide de tout de même s’y rendre. Réalisant que le cadre avait renoncé à ce rendez-vous sans même lui en parler, il l’incite alors à plus communiquer pour qu’ils puissent s’organiser ensemble…

En conclusion

Ce tome obtient la douzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Takasaki sensei arrive à allier scènes très sexy avec un récit tout de même abouti et empli d’émotions. Le couple touchant nous entraine donc dans leurs aventures avec facilité. Je suis également heureuse de retrouver Hanamura, d’autant plus quand il se montre entreprenant. J’adore les uke qui prennent l’initiative et je suis donc comblée par cette série.

Melty kiss – Takasaki Bosco

melty kiss takasaki bosco
TAKASAKI Bosco 高崎ぼすこ
ISBN: 9782382762929
Hana, 2022
ISBN: 9784801964174 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Renoncer à ses rêves n’est pas renoncer au bonheur.

Takasaki Bosco sensei propose une comédie romantique sexy et entrainante. Elle dépeint parfaitement les contraintes des emplois chronophages et les désillusions de la vie adulte. Ainsi, elle aborde les difficultés à concilier travail et vie privée, à choisir constamment entre plaisir et compromis ainsi que les sacrifices et les efforts invisibles fournis pour réaliser un projet. D’ailleurs, Aihara a abandonné beaucoup de ses rêves pour réussir. Bisexuel mais échaudé par plusieurs échecs amoureux, il a depuis peur de s’attacher malgré sa solitude. Amamiya, au contraire, se surpasse pour atteindre ses objectifs. Les deux hommes cachent pourtant leur vraie personnalité en affichant constamment un masque avenant en société. La narration s’attarde d’abord sur Ryô puis alterne ensuite avec Riku. Malgré une relation d’abord physique, l’auteure sème quelques embûches provoquant l’évolution des sentiments. Elle s’intéresse à la gestion de la célébrité, la solitude dans la réussite, la différence d’âge.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. De même, elle représente parfois les personnages en SD, leur donnant une bouille adorable. Les décors alternent avec les trames d’ambiance plutôt graphiques. Par ailleurs, les autres trames sont très variées. La mise en page est dynamique. Takasaki sensei ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, elle les détaille, ajoutant des coupes intérieures et des transparences pour renforcer le côté sexy. En plus, il y a une scène par chapitre.

En résumé

Aihara Ryô travaille sans compter pour développer au mieux son entreprise de design. Mais la solitude lui pèse de plus en plus. Un soir, après un rendez-vous d’affaires trop arrosé, il croise un homme ressemblant à l’acteur Amamiya Riku qui lui propose son aide alors qu’il dégrisait dans une ruelle. Quand il se réveille le lendemain chez lui, Ryô découvre via la télévision qu’il s’est montré impoli envers le véritable acteur. En plus, ce dernier a un nouveau contrat publicitaire dans sa boîte et vient en rendez-vous. Prétextant un objet oublié, Amamiya s’invite chez Aihara qui se confond d’abord en excuse. Mais face aux provocations de l’acteur gay, le PDG finit par coucher avec lui.

En conclusion

Ce tome obtient la douzième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2019. Même si Takasaki sensei ne le présente pas comme un spin-off de Tadoru yubi, on y retrouve Aihara et Takase Shûji. Elle développe une dynamique entrainante entre le sadisme de Riku et la manie de Ryô de céder aux provocations. Je suis complètement conquise par le couple. Voir deux hommes autant attentionnés, c’est tout simplement du bonheur! Et j’apprécie les notes positives qui se dégagent à travers tout le tome. Bref, un récit à la fois sexy et mignon!

La couleur de l’eau – Maki Ebishi

la couleur de l eau maki ebishi
MAKI Ebishi 槇えびし
ISBN: 9782382763070
Hana, 2022
ISBN: 9784813031024 (JP)
Taiyohtosho, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Mon sang était de la couleur de l’eau. »

Maki Ebishi sensei propose un drame psychologique empreint de suspense. Elle révèle donc au fur et à mesure le passé des personnages ainsi que leurs desseins. Elle aborde entre autres la confiance, la manipulation, l’amour déviant. La ville de Paradis regroupe tous les travers de la noirceur humaine, entre meurtre, prostitution même de mineurs, trafic, violence. Les personnages survivent et s’adaptent à ce milieu sans foi ni loi. Setsu cumule les traumatismes ainsi qu’un handicap invisible qui perturbe un peu son quotidien. Il reste d’ailleurs prisonnier de son passé, malgré les efforts de ceux qui l’aiment pour le sauver. A travers ses personnages, l’auteure invite les lecteurs à réfléchir sur le concept de bonheur. Ainsi, elle construit des psychologies complexes et profondes. De même, elle s’attarde principalement sur les sentiments vacillants des protagonistes.

La mangaka a un trait très épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie. D’ailleurs, elle privilégie les contrastes noir et blanc, renforçant ainsi les moments dramatiques. La mise en page dynamique rythme la lecture entre action, passage rapide et intense puis calme. Maki sensei ne développe pas les scènes érotiques, s’arrêtant aux préliminaires.

En résumé

Il y a deux ans, le tueur à gages Setsu a recueilli un jeune enfant amnésique. Il l’a alors appelé Lithia. Tout deux vivent dans la ville Paradis, une zone de non droit où les crimes restent impunis. Étant souvent la cible de vengeance, le tueur protège Lithia mais n’hésite pas à l’utiliser pour éliminer ses assaillants. Comme son bienfaiteur parle peu de lui, l’enfant ne sait pas grand chose sur lui, à part qu’il est recouvert de cicatrices et qu’il a très peur des ciseaux. Mais un jour, un certain Romanée qui semble bien connaître Setsu, s’impose dans la maisonnée et ne ménage pas Lithia.

En conclusion

Maki sensei traite ses lecteurs avec égard en suggérant la violence, même si quelques images restent marquantes. Pourtant le récit continue d’être bouleversant car les personnages sont attachants. Le one-shot comporte beaucoup de pages (289 pages) permettant ainsi de bien développer l’histoire. Si vous aimez les drames psychologiques, ce BL pourra vous plaire.

A fool’s love song – Jyanome

a fool s love song jyanome
Jyanome じゃのめ
ISBN: 9782382762882
Hana, 2022
ISBN: 9784863496828 (JP)
Akaneshinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Y’a-t-il quelqu’un pour me sauver et m’aimer? »

Jyanome sensei présente une romance prenant la forme d’une quête amoureuse. Elle confronte des caractères complètement opposés, créant une dynamique entre les personnages. Ainsi, Tamizô se laisse porter par les évènements. Son côté naïf et superstitieux renforce son esprit libre et sa solitude profonde qu’il n’affiche pourtant pas. Même s’il se pose beaucoup de questions, il a besoin d’expérimenter les choses pour les comprendre. Yachiyo, quant à lui, vient d’une famille nombreuse et a donc tendance à prendre soin de Tomita. Il fuit alors ses sentiments changeants. L’auteure décortique ainsi avec finesse la période charnière de la fin de l’adolescence, interrogeant sur le sentiment de responsabilité. Elle aborde également l’amitié, la durée des relations, la pression familiale et sociale, la difficulté de se lancer dans la musique entre loisir et avenir. Les deux héros, prisonniers de leurs sentiments et leurs obligations, acceptent peu à peu de changer.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle les simplifie dans les passages humoristiques, dessinant également quelques personnages au style caricatural. Par ailleurs, elle joue beaucoup sur les contrastes noir et blanc. Ainsi, les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Jyanome sensei censure à peine les parties intimes mais évite de les détailler. D’ailleurs, elle utilise surtout les cadrages pour ne pas les montrer.

En résumé

Kiki Yachiyo, le guitariste du groupe de rock Choucas, a trouvé Tomita Tamizô affalé dans les poubelles en train de chanter. Séduit par sa voix, il lui a proposé de rejoindre son groupe. Et depuis, il prend souvent soin du jeune homme malchanceux. Aujourd’hui, il punit le chanteur arrivé en retard. Ce dernier s’est fait arnaquer par une voyante croisée en chemin. En plus, il croit à sa prédiction lui annonçant l’apparition de son âme sœur et se laisse donc facilement séduire par Misaki, le barman de la salle de concert. Mais le batteur Yoshi alerte alors Yachiyo, le barman étant déjà l’amant du propriétaire de la salle, peu recommandable…

En conclusion

Comme à son habitude, Jyanome sensei décortique les sentiments de ses personnages avec brio. Le graphisme ne dégage pas autant de sensualité que ses œuvres récentes mais on y retrouve déjà son style marqué et sa poésie. La naïveté de Tamizô est déconcertante. J’avais envie de le secouer mais en même temps, cela colle parfaitement à sa manière de voir la vie et les relations. Une lecture intéressante qui nous rappelle que le destin est parfois juste à portée sous notre nez.

Faker – Chiyozaki

faker chiyozaki
Chiyozaki 千代崎
ISBN: 9782382762875
Hana, 2022
ISBN: 9784813032809 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Si vous m’aimez, je vous ferai mourir de plaisir. »

Chiyozaki sensei propose une comédie alliant romance et drame. Elle concentre d’abord la narration sur Segawa durant deux chapitres puis alterne ensuite avec le point de vue de Mikami. Elle installe donc un jeu de séduction entre les deux salarymen, dévoilant au fur et à mesure leur passé et leur psychologie complexe. Ainsi, Mikami qui a une forte confiance en lui, aime manipuler les gens pour obtenir ce qu’il désire mais se lasse rapidement une fois une proie conquise. Il fuit également les conflits. Segawa, quant à lui, s’attache désespérément à une relation qu’il sait déjà perdue. Le chantage et les attentions de Mikami vont l’obliger à réfléchir sur ses réels sentiments. Par ailleurs, l’auteure interroge sur le jugement du physique, surtout quand il ne semble pas correspondre au caractère. Elle aborde également la fragilité de la confiance, l’adultère.

La mangaka a un trait légèrement épuré et léché. Elle dessine des corps finement musclés qu’elle met en avant. Elle varie beaucoup les trames, donnant un aspect réaliste. De même, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Toutefois, quelques trames d’ambiance viennent discrètement renforcer les émotions des personnages. Un chapitre entier présente le passé de Sagawa, Abe et Mikami, évitant ainsi le classique fond noir. Par ailleurs, Chiyozaki sensei alterne entre une mise en page classique et dynamique. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches, sans pour autant détailler l’enchainement des actions.

En résumé

Malgré son beau visage, Segawa Hiroki (28 ans), responsable adjoint de la section publicité n°2, se montre pourtant cassant envers les nouveaux. Ces derniers l’évitent donc au mieux, sauf Mikami Rui (24 ans) qui travaille dans la section publicité n°1. D’ailleurs, ce jeune talentueux arrivé il y a deux ans, n’hésite pas à partager sa vision différente du management avec lui. Alors Hiroki ne l’apprécie guère. En plus, il entretient une liaison secrète avec le chef de secteur publicité, Abe (38 ans), déjà marié. Même s’ils ne se fréquentent plus depuis six mois, il croient encore au partage de leurs sentiments. Mais lors d’une soirée trop arrosée, Segawa, complètement ivre, couche avec Mikami. Et le lendemain, tandis qu’il essaie de fuir en douce, son jeune collègue lui montre soudain une photo de lui et son amant et lui propose alors de sortir avec lui…

En conclusion

Ce one-shot propose une histoire plutôt classique mais très intéressante malgré quelques problèmes de rythme. Malgré le prétexte du chantage, Chiyozaki sensei évite de montrer les relations non consenties jouant sur les limites. J’apprécie particulièrement le caractère espiègle de Mikami et celui effronté de Segawa. Je trouve que la dynamique entre eux correspond parfaitement. J’ai donc beaucoup aimé cette histoire.

Totally captivated 4 – Yoo Hajin

totally captivated 4 yoo hajin
YOO Hajin
ISBN: 9782368777473
Boy’s love IDP, 2020
Ecomix, 2008 (KR)
Manhwa
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« L’instinct de possession de cet homme ressemble étrangement à de l’amour. »

Yoo Hajin concentre son récit un peu plus sur les sentiments. Comme dans le tome précédent, elle approfondit les caractères de ses personnages. Elle développe également un peu plus les amis d’Ewon, en particulier Dohoon Moon. L’immature et démonstratif mafieux se montre grossier envers ceux qui gravitent autour de son amant. Pourtant, Ewon cherche avant tout à raisonner son partenaire et à temporiser ses ardeurs. D’ailleurs, il prend peu à peu conscience de son ancienne solitude, de la jalousie qu’il ressent et de la profondeur de ses sentiments envers Mookyul. L’auteure continue à jouer sur les confrontations entre les deux protagonistes. Toutefois, un harcèlement et une dispute se concluent sur une scène sans consentement, brisant un peu ce rythme et ajoutant une touche dramatique. A la fin du tome, l’introduction de Namhyung Kim annonce les prémisses de plus d’actions, suite à des injures homophobes.

Le style classique coréen se reconnaît immédiatement dans le trait fin et léché de la manhwaga. Elle donne des bouilles rigolotes à ses personnages, simplifiant ses traits dans les passages humoristiques. Elle soigne également le style des costumes qui met souvent en avant un certain luxe. Les trames sont variées. Par ailleurs, les trames d’ambiance, parfois graphiques (fleurs), alternent avec des décors plutôt succincts. La mise en page est très dynamique. Yoo censure les scènes érotiques en ne dessinant pas les parties intimes. D’ailleurs, elle privilégie des cadrages s’arrêtant aux bustes ou à des ombres représentées de loin. A la fin du tome, elle donne des fiches personnages permettant d’apprendre quelques détails sur Ewon et Mookyul.

En résumé

En quittant le restaurant, Mookyul Eun et Ewon Jung tombent sur le PDG. Le mafieux remarquant son air grave, demande à son larbin de patienter. Mais au bout d’une demi-heure, Ewon perd patience et croit les voir échanger un baiser très intime. Mookyul nie une quelconque relation mais avoue avoir une dette envers l’homme qui l’a recueilli alors qu’il était à la rue après avoir fui l’orphelinat et l’école. Profitant d’un cours annulé, les amis d’Ewon, qui se sentaient délaissés, l’invitent à boire un verre et lui demandent de leur présenter son amant…

En conclusion

Le drame s’installe petit à petit, avec différentes tensions aussi bien au sein du couple que dans leur entourage. Par ailleurs, la fin se termine en plein suspense. Vivement la suite.

Totally captivated 3 – Yoo Hajin

totally captivated 3 yoo hajin
YOO Hajin
ISBN: 9782368774779
Boy’s love IDP, 2020
Ecomix, 2008 (KR)
Manhwa
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Tu ne penses pas que tout miser sur une seule personne, c’est bien trop terrifiant? »

Yoo Hajin redistribue les cartes entre Jiho, Mookyul et Ewon en chamboulant leurs relations. Elle développe un peu plus les personnalités de ses héros. Ainsi, Mookyul s’avère très possessif, jaloux et gère difficilement ses sentiments. Pourtant, il peut se montrer compréhensif et accepte les remontrances de ses hommes. Dans la continuité du tome précédent, Ewon commence peu à peu à se rappeler de sa rencontre avec Mookyul. Il semble porter un certain traumatisme, ayant peur de s’attacher à une seule personne. L’auteure utilise une cohabitation forcée pour obliger ses personnages à se découvrir un peu plus. Elle joue sur la confrontation des deux seme, Mookyul harcelant sexuellement Ewon. Elle s’amuse à mettre des bâtons aux désirs du mafieux sadique.

Le trait fin et léché de la manhwaga est extrêmement simplifié dans les passages humoristiques. Ainsi, les personnages se transforment en semi SD avec de grosses têtes rondes non proportionnées au reste du corps ou même, un trait de contour légèrement déformé. La plastique des deux héros est mise en avant. Par exemple, Mookyul paraît imposant physiquement. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Yoo censure les scènes érotiques en ne cadrant que les bustes.

En résumé

Jiho Shin surprend Mookyul Eun et Ewon Jung ensemble au lit. Alors qu’Ewon tente de le rattraper pour s’expliquer, il est stoppé par Mookyul qui veut continuer. Découvrant que le mafieux n’a aucun sentiment pour Jiho, l’étudiant décide alors de partir, n’ayant plus de raison de rester. Il lui avoue au passage ne plus se rappeler les détails de leur rencontre quand ils étaient enfants. Par la suite, Ewon se montre froid envers Jiho pour mettre définitivement fin à leur relation. Blessé, son ex l’appelle, ivre et lui donne rendez-vous. Inquiet, l’étudiant le trouve alors avec Mookyul qui le frappe. En effet, Jiho a décidé de lui révéler qu’il l’utilisait pour se venger de celui qu’il aime…

En conclusion

Certaines personnes pourront être choquées par les scènes au consentement gris. En effet, Mookyul harcèle et force un peu la main d’Ewon mais l’étudiant résiste pour finir par céder, plus par provocation. En plus, l’humour s’appuie principalement sur leur confrontation.

Totally captivated 2 – Yoo Hajin

totally captivated 2 yoo haijin
YOO Hajin
ISBN: 9782368777671
Boy’s love IDP, 2020
Ecomix, 2008 (KR)
Manhwa
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Une impression familière.

Yoo Hajin développe un peu plus le côté violent de la société de créances, mettant en avant leurs différentes méthodes entre lynchages, menaces, harcèlements. Comme dans le tome précédent, elle détend l’atmosphère tendue avec de l’humour. Par exemple, les bulles attaquent les personnages ou les protagonistes se plaignent de leur créatrice. En plus, le comportement bienveillant des mafieux envers Ewon contraste avec le sadisme de Mookyul. D’ailleurs, le chef mafieux se dispute tout le temps avec son larbin qui lui résiste. Ce dernier n’hésite pas à le remettre à sa place quand sa pression se transforme en harcèlement sexuel. Par ailleurs, l’auteure révèle peu à peu le passé d’Ewon et de Mookyul. Elle joue sur le destin de ses héros, dévoilant leur lien particulier.

La manhwaga a un trait fin, léché et anguleux. Elle dessine de grands yeux expressifs. Elle met en avant la plastique de ses personnages mais n’hésite pas à déformer et simplifier ses traits dans les passages humoristiques. Les personnages ont alors un visage plus rond. Les tenues sont également stylées. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Yoo répète parfois certaines images en apportant juste quelques petits changements. Elle ne développe pas les scènes érotiques pour l’instant. A la fin du chapitre 4, une planche donne une anecdote amusante sur la soirée des mafieux au bar. Les illustrations en début de chapitre présentent les personnages posant comme dans un magazine de mode.

En résumé

Ivre, Eul Mookyul a la mauvaise habitude de mordre la personne à ses côtés. Et Jung Ewon se retrouve avec une belle morsure au cou. En revenant des toilettes, il voit Byungsoo avec sa petite amie Yoonmi qui lui réclame de l’argent. Alors qu’il l’aborde, l’homme affiche d’abord son homophobie puis se montre plus gentil. Comme Ewon est devenu le comptable du groupe, il supplie alors de lui laisser les comptes pendant un mois. L’étudiant finit par céder. Sangchul et Ewon ramènent Mookyul chez lui et tombent sur le PDG. En remarquant les cadeaux apportés pour son supérieur, le larbin s’interroge alors sur leur relation. Le lendemain, à la fac, Shin Jiho lui fait une scène en voyant la morsure. Mookyul, qui a tout oublié de la veille, commence également à lui faire la morale. Mais les deux hommes finissent par se disputer…

En conclusion

Un tome divertissant qui permet d’en apprendre un peu plus sur les deux héros. J’apprécie le caractère d’Ewon, qui ne se démonte pas devant les menaces et résiste.

Totally captivated 1 – Yoo Hajin

totally captivated 1 yoo hajin
YOO Hajin
ISBN: 9782368777664
Boy’s love IDP, 2020
Ecomix, 2007 (KR)
Manhwa
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

La curiosité est un vilain défaut.

Yoo Hajin offre une comédie romantique avec un triangle amoureux particulier. Pour l’instant, elle installe principalement le contexte et détaille avec humour les liens qui se forgent. Elle base la narration sur le point de vue d’Ewon. L’étudiant frivole et rebelle accepte tout de même sa « punition » fomentée par son ex. Il apporte même un peu d’esprit maternel dans les bureaux, ayant tendance à prendre soin des autres. En plus, il garde son optimisme en toute circonstance. Malgré sa condition financière, il ne cède pas au faste et garde les pieds sur terre. L’auteure révèle par brides l’étrange relation qu’entretient Mookyul avec le PDG de la société mère de crédit, Gunwong Lee. Elle joue sur la confrontation entre les personnages pour faire évoluer leurs sentiments. Ainsi, le jeune mafieux au sale caractère s’adoucit petit à petit au contact du larbin qui n’hésite pas à s’opposer à lui.

La dessinatrice a un trait anguleux, léché. Elle dessine des corps longilignes, avec de longues jambes et de longs bras. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques, arrondissant les visages et représentant des corps plus petits, ce qui renforce l’effet comique. Les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors apparaissent dans les plans larges. La mise en page est dynamique. Yoo Hajin ne montre pas vraiment les scènes érotiques, se contentant de quelques expressions suggestives.

En résumé

Ewon Jung, étudiant de 23 ans, se retrouve à travailler gratuitement comme homme à tout faire dans une société de crédit mafieuse. En effet, son ex petit ami Jiho Shin s’est vengé de ses infidélités en le faisant passer pour un harceleur auprès de son nouveau partenaire, un usurier, Mookyul Eun. Ainsi, entre l’université et son travail, Ewon ne trouve plus le temps de sortir draguer. Un jour, Mookyul décide de confier une nouvelle tâche au larbin: la collecte de dettes. S’il échoue à sa première mission, il devra quitter Séoul ou y être enterré…

En conclusion

Malgré le contexte plutôt violent, le harcèlement sexuel de Mookyul est vite tourné en dérision grâce aux protestations et réactions d’Ewon qui ne se laisse pas faire. Le consentement pourrait paraître gris si Ewon n’était pas aussi curieux de nouvelles expériences. Les confrontations entre les personnages sont amusantes, la différence de caractère également. En fait, ils ont tous un bon fond…