Kiss to Snow White 1 – Yoshio Akira

kiss to snow white 1 yoshio akira
YOSHIO Akira 吉尾アキラ
ISBN: 9782382760871
Hana, 2021
ISBN: 9784796413091 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Une lutte entre passé, présent et futur. »

Yoshio Akira sensei nous plonge dans une romance dramatique emplie de suspense. Elle dévoile des secrets de plus en plus sombres, abordant ainsi la prostitution, le proxénétisme, la manipulation. Sous l’emprise de son père, Asuka a éteint tout sentiment, exécutant ses ordres tout en croyant faire pénitence. Il a également perdu toute estime de lui-même. Alors qu’il cherche à préserver son ami au caractère flamboyant, ce dernier va imposer son sauvetage. L’auteure joue beaucoup sur les contrastes, comme par exemple des caractères opposés, la différence entre vraie personnalité et perception. Elle questionne le lecteur sur le jugement de valeurs différent, les limites de la moralité, la reconstruction. Avec les personnages secondaires, elle détend un peu l’atmosphère générale tout en portant un regard extérieur sur la situation complexe d’Ichijô. Une histoire plus légère en fin de tome permet de respirer après autant de noirceur humaine.

La mangaka a un trait anguleux, fin et épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, arrondissant les visages qui deviennent alors tout mignon. Elle dessine des personnages plutôt sveltes. Les trames très variées ajoutent une touche réaliste, en plus des décors présents et soignés. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Yoshio sensei ne développe pas les scènes érotiques sans consentement. Toutefois, elle suggère par des mots ou des images furtives la violence de certains rapports. Par ailleurs, elle compense cette absence de sensualité dans « First love glitter », sans pour autant détailler les parties intimes. Les illustrations en début de chapitre mettent en scène les héros. La couverture obtient la troisième place au Chill chill BL award 2020.

En résumé

Kiss Snow White / Bonus: Le professeur Wakamiya demande à Ichijô Asuka de l’aider à retrouver un nouvel élève, Zaizen Masamune, qui s’est perdu. Cela n’enchante guère le président du Conseil des élèves, ayant reconnu le nom d’un ami d’enfance qu’il n’a plus vu suite à un déménagement. Mais il tombe sur lui par hasard et l’emmène ensuite à la salle des professeurs. De retour à la salle du Conseil des élèves, le vice-président Takami Kuon lui saute dessus, ne pouvant retenir son ardeur et son amour. En effet, sous ses airs d’élève modèle, Asuka s’adonne en réalité à une vie de débauche. Mais Zaizen qui surprend leur conversation essaie alors de comprendre les raisons du changement de son ami…
First love glitter: Onizuka Shinnosuke (16 ans) s’est fait plaquer par sa petite amie car il a critiqué sans délicatesse le bentô qu’elle lui avait préparé. Son ami d’enfance Amô Rei lui apporte alors un mouchoir humide pour soulager sa joue meurtrie par la gifle de la lycéenne. Il a toujours pris soin de lui et s’avère doué dans les tâches ménagères. Onizuka réalise alors qu’il a toujours comparé ses conquêtes à Amô qui représente la petite amie idéale…

En conclusion

Yoshio sensei arrive à créer un univers infâme tout en gardant une certaine pudeur dans sa narration. Elle nous dépeint un père odieux et monstrueux sans le montrer une seule fois, décuplant ainsi l’empathie envers ses victimes. Je suis facilement transportée par l’entrain de Zaizen et ne peut que souhaiter un dénouement doux et magnifique. Une lecture prenante qui ne laisse pas indifférent, malgré un réalisme improbable de la situation.

Toi? Tu m’aimes? 2 – Sato Tsubame

toi tu m aimes 2 sato tsubame
SATO Tsubame 里つばめ
ISBN: 9782382760673
Hana, 2021
ISBN: 9784813032700 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Titre original: 俺が好きなど嗤わせる 下
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Les différentes raisons qui empêchent Kamiya de s’attacher…

Sato Tsubame sensei délaisse un peu la romance pour offrir une tranche réaliste du quotidien des deux banquiers. Elle met en avant la vie en entreprise entre congés maternité, travail exceptionnel le week-end en tenue décontractée, enquête interne, rumeurs, collaborations et tiraillements entre employés. Par ailleurs, elle aborde les différentes causes de la séparation dans un couple, s’intéressant au comportement masculin entre adultère, décharge sur les femmes, non considération. La relation entre les deux héros rencontre quelques difficultés. Comme Kaji respecte l’appréhension de Kamiya malgré leurs sentiments communs, il se plie à ses petits jeux de cache-cache amoureux. Mais l’intrigue entourant Taniguchi leur permet de se rapprocher. L’auteure aborde également la discrimination que rencontrent les couples homosexuels, le sentiment de culpabilité que ressent Kamiya qui a l’impression de décharger son devoir filial à sa sœur. Comparé au tome précédent, elle focalise la narration sur le point de vue de Kamiya.

La mangaka a un trait épuré et fin. Toutefois, elle dessine des contours plus épais. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page très dynamique accompagne le rythme de lecture. Sato sensei censure les scènes érotiques en jouant sur les cadrages. Elle ne montre donc pas les parties intimes et les ébats sont sommaires, transmettant juste les sentiments. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien du couple.

En résumé

Pendant une réunion, les employés remarquent la complicité entre leurs supérieurs Kamiya et Kaji qui échangent quelques mots à voix basse. Curieux, ils envoient Matsuda interroger Kaji, ayant trop peur de s’adresser directement à leur chef. Toutefois, le salaryman refuse de s’expliquer ayant trop honte d’avouer qu’il avait juste posé une question. Entre sa sœur qui annonce son divorce et sa collègue Nagano, de retour de congés maternité, qui n’a pas conscience que son mari drague ouvertement dans le service, Kamiya hésite de plus en plus à s’engager dans une relation suivie. Le soir, Kaji remarquant son trouble, tente de le réconforter et lui révèle enfin le motif ridicule de son divorce.

En conclusion

Comme à son habitude, Sato sensei reste dans la suggestion et le non-dit, laissant libre court à l’imagination du lecteur. Elle décrit simplement le quotidien des deux héros, s’attardant sur un visage, un petit geste, sans pour autant trop en dévoiler sur leur réflexion. La romance devient secondaire par rapport à leurs activités, évoluant presque naturellement. Les hésitations de Kamiya sont palpables et le happy end de cette histoire devient alors sublime. Ce style narratif ne plaît malheureusement pas à tout le monde mais j’espère découvrir encore d’autres œuvres de l’auteure. Un récit très réaliste et contemporain que j’apprécie énormément.

Toi? Tu m’aimes? 1 – Sato Tsubame

toi tu m aimes 1 sato tsubame
SATO Tsubame 里つばめ
ISBN: 9782382760666
Hana, 2021
ISBN: 9784813032694 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Titre original: 俺が好きなど嗤わせる 上
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Si tu m’aimes alors, on sort ensemble… C’est ça que je veux dire. »

Sato Tsubame sensei propose de suivre une romance adulte entre un salaryman homosexuel qui refuse de s’attacher et son collègue fraichement divorcé. Elle centre la narration sur Kaji. Ainsi, le salaryman, accro au travail, se révèle prévenant avec son personnel, incitant ses collègues comme Katô et Miyagawa à l’encourager dans ses choix. Kamiya, quant à lui, ne croit plus vraiment au grand Amour. Malgré leur attirance mutuelle, les deux salarymen ont une vision trop différente de la relation amoureuse. Par ailleurs, l’auteure aborde le changement de point de vue sur l’homosexualité selon les générations dans l’entreprise et le doute qui persiste dans une relation entre un homosexuel et un hétérosexuel. Elle pointe les remarques pouvant devenir blessantes pour un homosexuel. A travers Sugimoto, elle dénonce également la difficulté de se dépêtrer d’un harcèlement. Le chapitre bonus reboucle sur le début du tome, apportant des précisions bienvenues.

La mangaka a un trait fin et épuré qui dégage de la douceur. Elle dessine des personnages sveltes. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. D’ailleurs, les autres trames, équilibrées, utilisent parfois des tons diffus. La mise en page dynamique se rapproche de celle des shôjo avec des cases imbriquées, des ellipses et des formes de vignettes variées épousant l’action. Sato sensei censure discrètement les scènes érotiques en ne montrant aucune parties intimes. Elle joue pour cela sur les cadrages et les angles de vue. Elle préfère également se focaliser sur la sensualité des ébats entre les deux héros. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre montrent l’évolution de la relation du couple.

En résumé

Divorcé depuis déjà six mois, Kaji noie son dépit dans l’alcool tout en se plaignant auprès de son collègue Kamiya. Mais quand il se réveille plus tard à l’hôtel, il trouve ce dernier en train de le chevaucher. Une fois satisfait, Kamiya s’excuse sommairement, prétextant avoir passé sa frustration sur lui suite à sa séparation avec son plan cul. Alors qu’il tente de s’éclipser rapidement, Kaji lui propose de sortir ensemble. Peu intéressé par une relation suivie, le salaryman refuse. Le lendemain au bureau, les deux hommes agissent comme si rien ne s’était passé. Pourtant, durant une réunion, Kaji vient au secours de Kamiya mis dans l’embarras par un autre collègue, Taniguchi. Mais en guise de remerciements, il demande à reconsidérer sa demande. Harcelé par son ex sex friend Sugimoto, Kamiya le frappe avant de fuir. Toutefois, Kaji l’attend à quelques mètres de là et prend alors soin de lui…

En conclusion

Ce tome a obtenu la huitième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Certaines scènes pourraient choquer la sensibilité des lecteurs, suite au manque de consentement au début du récit. Ainsi, Sato sensei nous interroge sur la naissance du sentiment amoureux en nous promenant à travers les compréhensions différentes des deux héros. Comme dans Files, elle utilise beaucoup les non-dits et suggestions, ce qui convient mieux pour les formats longs. Par contre, ce style narratif ne plaira pas à tout le monde. Pour ma part, je suis complètement happée par ce cache-cache amoureux adulte et contemporain. J’apprécie particulièrement Kamiya qui refuse d’admettre l’évidence. En plus, le graphisme est très agréable. Même si j’ai un coup de cœur énorme, je le recommande néanmoins un peu. Hâte de me plonger dans le second tome!

Treat me gently, please 3 – Nekota Yonezou

treat me gently please 3 nekota yonezou
NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351808344
Taifu comics, 2014
ISBN: 9784799711682 (JP)
Libre, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« On peut dire que tu as influencé de façon irréversible mon avenir. »

Nekota Yonezou sensei fait évoluer la relation entre Nemugasa et Maya. Elle alterne la narration entre les deux lycéens tout en développant leurs caractères. Ainsi, Hideyuki prend conscience de son mauvais comportement et essaie de changer, s’excusant à chaque fois qu’il réalise une erreur. De même, Takashi remarque l’inversion de ses priorités entre amour et études. Il a encore du mal à cerner clairement ses sentiments, perturbé par la possessivité contenue de son petit ami. La relation entre les deux protagonistes s’équilibre et devient consensuelle. Nemugasa prend même des initiatives encore timides. L’auteure aborde ainsi le manque affectif, l’exacerbation des sentiments, la difficile organisation entre amour et études, mais également le jugement sur l’apparence à travers Maya. Elle intercale des histoires courtes mignonnes et amusantes entre certains chapitres. Elle maîtrise parfaitement le développement de son récit alternant moments dramatiques, tendres et comiques, retenant le lecteur en haleine.

La mangaka adoucit un peu son trait épuré en dessinant des mentons moins pointus, même si les visages gardent leur forme allongée. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, ajoutant un aspect mignon. Elle n’hésite pas à jouer sur le fan service en affichant la fine musculature de Maya ou le slip blanc kangourou de Nemugasa qui lui va si bien. Comparé au tome précédent, les décors apparaissent dès que les plans s’élargissent. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Nekota sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches ou des caches blancs. Elle joue également sur les angles de vue. Par ailleurs, elle offre un chapitre cross over avec son autre série lycéenne Electric delusion, avec la rencontre de Fumihiro Motoki et Shunpei Yamano durant la fête du lycée.

En résumé

Maya Hideyuki et Nemugasa Takashi assument enfin leurs sentiments réciproques. Pour ne pas gêner leurs révisions, ils ont même établi des moments pour se voir. Maya souhaite maintenant intégrer la classe avancée, la formation en classe professionnelle limitant l’accès à l’université. Le professeur Sanada intervient en sa faveur, toutefois il lui impose une condition: le lycéen devra se classer parmi les 70 premiers. Mais en voyant son petit ami exténué, Nemugasa s’inquiète…

En conclusion

Dans sa postface en début de tome, Nekota sensei, consciente que la romance après un viol puisse choquer certains lecteurs, les avertit. Il semblerait que le récit devait être court au début mais qu’il a eu droit à une suite. En tout cas, j’adore la tournure que prend l’histoire et je craque complètement pour le couple.

Treat me gently, please 2 – Nekota Yonezou

treat me gently please 2 nekota yonezou
NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351808221
Taifu comics, 2014
ISBN: 9784862638519 (JP)
Libre, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« J’en ai assez que tu mettes ma vie sens dessus dessous! »

Nekota Yonezou sensei continue de développer la relation conflictuelle entre l’élève modèle Nemugasa et le voyou capricieux Maya. Elle fait évoluer doucement la relation, faisant intervenir Akira et Jûta pour secouer ses deux héros. En effet, Hideyuki comprend vite ses sentiments naissants mais sa maladresse le rend jaloux, possessif et tyrannique. Il change petit à petit de comportement. Même si Takashi n’a pas conscience aussi bien de l’amour qu’on lui porte que de ses propres sentiments, il s’interroge sur la différence ami et amant et prend parfois des initiatives. L’auteure montre que le couple n’arrive pas à se comprendre même en discutant mais que leurs efforts mutuels permettent d’avancer dans le bon sens. Elle révèle dans ses postfaces les secrets de création.

La mangaka utilise un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle a son propre graphisme, dessinant des visages au long menton et des cheveux très méchés. Pourtant, elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. Les visages s’arrondissant deviennent alors tous mignons. Les décors situent principalement l’action. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Le reste des trames est équilibré et varié. La mise en page dynamique rythme la lecture. Comparé au tome précédent, Nekota sensei censure les scènes érotiques en recouvrant les parties intimes d’un cache blanc. Elle offre une présentation originale des personnages en début de tome avec un portrait accompagné d’un yonkoma offrant une anecdote amusante. De même, elle intègre sa postface au milieu du tome avec quelques dessins jouant sur les fantasmes.

En résumé

Maya Hideyuki et Nemugasa Takashi entretiennent une relation purement charnelle. Pourtant, le voyou semble ressentir de plus en plus d’attirance envers son partenaire. Depuis qu’ils ne sont plus dans la même classe, il a tendance à le harceler de messages. Et à la surprise de l’élève modèle, il fait une crise de jalousie en découvrant que Nemugasa a sympathisé avec Jûta, le frère d’Akira. En effet, ce dernier a la réputation de piquer tout ce qu’aime son cousin. Mais Takashi recadre le voyou, se méfiant tout de même de son nouvel ami qui provoque souvent leurs rencontres. Par la suite, vexé que Takashi fasse passer ses révisions avant lui, Maya le force à coucher avec lui la veille d’un examen blanc lors d’une dispute.

En conclusion

L’équilibre du couple n’est pas encore atteint mais Nekota sensei prend son temps. C’est très agréable de voir Nemugasa se rebeller et sa franchise déstabilisante apporte vraiment un plus au récit. J’aime beaucoup la tournure que prend l’histoire.

Treat me gently, please 1 – Nekota Yonezou

treat me gently please 1 nekota yonezou
NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351807996
Taifu comics, 2014
ISBN: 9784862631015 (JP)
Libre, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« Baisse ton pantalon si tu ne veux pas que je raconte tout! »

Nekota Yonezou sensei propose un recueil de plusieurs romances lycéennes plutôt tendues. L’histoire principale qui donne le titre au manga débute par une relation non consentie et sans sentiments. Pourtant Maya change petit à petit de comportement en devenant plus doux tandis que Nemugasa prend un certain temps avant d’enfin se rebeller. D’ailleurs, la narration se concentre surtout sur le point de vue de Takashi. Les deux héros naïfs et maladroits apprennent tout doucement à se connaître. Dans les autres récits, l’auteure développe peu la personnalité de ses personnages mais leur confère des caractères plutôt tranchés. Elle s’intéresse principalement à des relations bancales, polluées par l’inexpérience, la jalousie ou tout simplement un peu de fan service avec des uke plutôt tsundere. En fin de chapitre, elle dessine des anecdotes amusantes concluant chacune des différentes histoires et partage ses idées dans un commentaire.

La mangaka a un trait anguleux qui joue beaucoup sur les pleins et déliés. D’ailleurs, elle dessine des visages avec des mentons très longs. Toutefois, elle les arrondit dans les passages humoristiques, simplifiant également ses traits et leur donnant ainsi une touche mignonne. Les décors situent principalement l’action. Les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Nekota sensei censure à peine les parties intimes, cachant quelques détails par des bandelettes noires ou des points blancs.

En résumé

Ne sois pas si cruel avec moi / Ne sois pas si froid avec moi: Nemugasa Takashi est boursier dans un lycée privé mais comme ses notes ont chuté dernièrement, il risque l’exclusion. Maya Hideyuki, convoqué également pour ses mauvais résultats scolaires, entend sa conversation avec leur professeur principal. Contrairement à son camarade de classe qui se jette corps et âme dans les révisions, il continue à s’amuser laissant entendre qu’il pourrait tricher. Mais pendant les examens, il remarque Nemugasa hésiter à recourir à une antisèche. Le lycéen rebelle donne alors rendez-vous après les cours à l’élève modèle qui a obtenu la seconde place des résultats. Après l’avoir menacé de le dénoncer, il le fait chanter pour abuser de lui.
Secret après les cours: Aki et Shiba ont dépassé le stade de la simple amitié. Mais Shiba ne comprend pas pourquoi son petit ami ne va pas plus loin que de simples câlins, au point d’y penser à voix haute en plein cours.
Caprices amoureux: Daiju et Kan couchent secrètement ensemble. Toutefois, Kan jalouse le charisme de son partenaire qui a du succès auprès des filles de la classe. Il se montre souvent capricieux mais cela lui apporte quelques soucis.
En slip et décomplexé / Pas la jupe: Aujourd’hui, Soramoto porte un slip blanc et a trop honte de le montrer à son petit ami, Hoshina. Il se comporte donc froidement avec lui.

En conclusion

Attention, l’histoire principale risque de choquer la sensibilité de certains lecteurs (viol). Sur une base assez classique du BL, avec une relation conflictuelle entre un voyou et un élève modèle, Nekota sensei apporte tout de même une touche personnelle puisque Maya est issu d’une famille aisée tandis que Nemugasa vient d’un milieu plus modeste. Elle joue sur le contraste et les oppositions mais fait évoluer doucement ses personnages. De même, elle montre la réprobation de l’entourage de Hideyuki sur son comportement. Même si l’histoire commence mal, n’hésitez pas à vous pencher sur ce titre car la suite s’améliore (surtout à partir du tome 4)…

Le roi alpha déchu – Nakamura Makino

le roi alpha dechu nakamura makino
NAKAMURA Makino 中村まきの
ISBN: 9782382760840
Hana, 2021
ISBN: ‎9784801968820 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Deux alphas ne peuvent néanmoins se lier, mais le corps de Rai commence à réagir comme celui d’un oméga…?! »

Nakamura Makino sensei personnalise l’univers omegaverse en proposant la transformation d’un alpha en oméga. Elle alterne la narration entre Rai et Keisuke. Elle permet ainsi de développer deux réflexions différentes sur la question de l’âme sœur et de la place des sentiments face à l’instinct. Le prince, épris de compassion pour les personnes abandonnées par des alphas ayant trouvé leur âme sœur, déteste l’idée d’une suprématie du destin. Il refuse également d’accepter les changements qu’il ressent dans son corps. Bien qu’étant un alpha supérieur, Sakaki désire un rapport consenti et essaie de se contrôler. Il s’interroge sérieusement sur l’origine de ses sentiments. Après avoir débuté par quelques clichés classiques de l’omegaverse, l’auteure se rattrape par la suite en abordant la question du marquage et de la lutte contre le destin. A la fin du tome dans l’histoire bonus, elle dévoile le futur proche du couple.

La mangaka a un trait plutôt épuré et anguleux, légèrement léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des personnages musclés mais n’hésite pas à transformer Sakaki en adorable wanko. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance, parfois graphiques, renforcent les émotions. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique, mais surtout consacrée à la mise en avant de la sensualité des personnages. Nakamura sensei ne censure pas les scènes érotiques, présentes à chaque chapitre. Elle inclut également beaucoup de coupes intérieures. Par ailleurs, elle révèle quelques secrets sur la construction de son récit dans sa postface.

En résumé

Rai Zaravant, 15ème prince du royaume de Rohmer, promet au jeune Sakaki Keisuke de le prendre dans son harem quand il sera plus grand. Dix ans plus tard, il se rend au Japon mais au lieu d’un mignon jeune homme timide qu’il s’était imaginé, il se retrouve face à un lycéen baraqué plus grand que lui. Complètement excité par ces retrouvailles avec son premier amour, le jeune alpha ne peut s’empêcher de mordre la nuque du prince tout en le câlinant. Déçu et choqué par son attirance pour un alpha encore plus dominant que lui, Rai demande à ses gardes de l’éliminer. Mais quand il va en ville chercher un autre éphèbe, Sakaki intervient et le punit, profitant des surprenantes réactions du corps du prince à ses phéromones…

En conclusion

Attention, les premières scènes pourraient choquer la sensibilité de certains lecteurs (consentement gris, différence d’âge). Le graphisme de Nakamura sensei n’est pas encore totalement stable mais cela reste un plaisir pour les yeux. La relation alpha x alpha m’intéressait énormément. Je suis donc un peu déçue par l’idée de transformation. Par contre, je trouve très intéressant que Kei, alpha supérieur, conserve tout de même son côté un peu soumis envers son bien-aimé, désirant avant tout le satisfaire. De même, j’apprécie le changement d’orientation du récit pour mettre en avant la question des sentiments et du respect de l’oméga. Et puis, j’aurais aimé découvrir un peu plus Nadia, une femme alpha garde du corps.

Ze – kami no hon – Shimizu Yuki

ze kami no hon shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351808986
Taifu comics, 2015
ISBN:‎ 9784403663475 (JP)
Shinshokan, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’amour débordant entre maîtres kotodama et kamis.

Shimizu Yuki sensei offre un recueil d’histoires regroupant les bonus dessinés spécialement pour les fans, pour les séances de dédicaces ou d’autres évènements spéciaux comme les drama CD. Elle allie à la fois la comédie et l’érotisme. Elle dévoile encore quelques facettes des caractères de ses personnages, leurs sentiments. Ce tome se divise en trois parties. Même si tous les couples sont représentés, « Intérieur » s’intéresse surtout à Shôi et Asari tandis que « Extérieur » met en scène Genma, Himi, Ryûsei et Moriya. L’auteure maîtrise parfaitement le format court et présente donc des petites tranches de vie et des anecdotes amusantes ou coquines, ou la suite de certains chapitres. Par exemple, elle montre les aventures de Magane qui se déroulent après le dernier tome. Elle s’amuse aussi sur certains thèmes comme le cosplay, des interviews, le réveillon de Noël. L’histoire bonus finale présente le quotidien pendant une semaine de Moriya et Ryûsei.

Le recueil regroupant des travaux s’étalant de 2005 à 2012, on remarque immédiatement l’évolution du trait de la mangaka. Elle maîtrise parfaitement le format court, développant des gags sur une page ou en yonkoma. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. D’ailleurs, l’utilisation des trames est équilibrée. La mise en page est dynamique. Shimizu sensei offre beaucoup plus de scènes érotiques. Par ailleurs, elle censure à peine les parties intimes par de fines bandelettes blanches ou en jouant sur les cadrages.

En résumé

Après leur première nuit d’amour au love hotel, Raizô reste pantois devant le sourire de Kon endormi. Quand son kami se réveille, ils décident alors de prendre leur bain ensemble. En effet, Kon se montre de plus en plus audacieux. Et Raizô a du mal à contenir sa gêne et son excitation. Toutefois, quand son partenaire s’évanouit dans le bain parce qu’ils y ont passé trop de temps à se faire des câlins, il lui promet de prendre encore plus soin de lui…

En conclusion

Ce recueil obtient la douzième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2012. C’est un pur bonheur car les couples étant déjà formés, leurs rapports débordent d’amour et de sentiments. Je suis d’ailleurs très heureuse de découvrir encore plus d’histoires sur mon couple fétiche Moriya et Ryûsei. Quelle satisfaction de pouvoir lire tous les bonus distribués dans les différentes librairies ou évènements spéciaux! Une conclusion aux autres tomes indispensables pour avoir sa dose de romance.

Le printemps d’un cœur brisé – Cocomi

le printemps d un coeur brise cocomi
Cocomi ココミ
ISBN: 9782382762837
Hana, 2022
ISBN: 9784796413190 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Pourra-t-il passer outre la différence d’âge pour savourer pleinement les sentiments qui éclosent dans son cœur? »

Cocomi sensei propose de suivre la romance entre un photographe désabusé par la vie et un lycéen qui va le remotiver. Elle aborde ainsi la différence d’âge, la reprise d’une passion, la gestion d’une relation à distance. Malgré un sujet délicat, elle fait évoluer la relation dans le temps de manière saine et consensuelle. La narration donne principalement le point de vue d’Eisuke. Le pigiste ayant perdu confiance en lui suite à divers échecs, a tendance à ne percevoir que l’aspect négatif de sa vie. Kai, quant à lui, ne se sent pas à l’aise dans sa famille recomposée. En se fréquentant, les deux héros vont apprendre à s’apprécier et faire des efforts communs pour équilibrer leur relation. L’auteure met en avant le partage, la discussion, les petits bonheurs simples de la vie qui permettent de se construire, s’affirmer et apprécier son quotidien.

La mangaka a un trait très épuré qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Son graphisme dégage une agréable douceur. Les trames en générale sont variées et équilibrées. De même, quelques trames d’ambiance renforcent les sentiments. Par contre, les décors apportent une touche réaliste. La mise en page très dynamique joue surtout sur des angles de vue recherchés et des ellipses de différentes formes. Cocomi sensei ne censure pas les scènes érotiques. Mais elle privilégie l’expression des sensations plutôt que les détails trop sensuels.

En résumé

Kôga Eisuke (32 ans) n’a pas réussi à percer en tant que photographe et travaille actuellement comme pigiste. Il vit dans un petit appartement modeste qui avait une superbe vue sur des cerisiers jusqu’à ce que la famille Nagashima construise sa maison juste devant. N’ayant plus accès à ce magnifique paysage qui l’apaisait, il a tendance à perdre goût à la vie d’autant plus que son travail précaire le mine. Mais il sympathise avec le fils aîné Nagashima, Kai, qui aime passer du temps avec lui. Ce dernier prend même l’habitude de venir souvent chez lui. En se découvrant peu à peu, les sentiments du lycéen changent à son égard et Eisuke ne sait plus comment réagir. Un jour, après que Kai ait essayé de l’embrasser, il lui interdit de revenir chez lui…

En conclusion

J’avais adoré la série Restart de Cocomi sensei, et ce one-shot confirme mon intérêt pour son travail. J’apprécie les petits détails du quotidien, l’ambiance générale du récit qui prend à la fois son temps mais avance tout de même très vite dans le déroulement. Du bonheur simple et doux. Un coup de cœur!

Romantic lament – Sato Sanayuki

romantic lament sato sanayuki
SATO Sanayuki 佐藤さなゆき
ISBN: 9782382762981
Hana, 2022
ISBN: 9784796414043 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Il s’était pourtant promis de ne plus tomber amoureux d’un Alpha! »

Sato Sanayuki sensei installe un univers omegaverse devenu équitable grâce au développement des inhibiteurs. Elle offre une romance confrontant le destin et l’amour. Ainsi, elle interroge les lecteurs sur la force des sentiments, l’influence des phéromones confondue avec l’instinct et la croyance des âmes sœurs. La narration alterne entre les deux héros. Asahi, prisonnier de ses souvenirs, éprouve des difficultés à surmonter le traumatisme de sa séparation. Akiomi, quant à lui, avait des préjugés sur les intentions des omégas et pense qu’il faut lutter contre le destin, préférant la sincérité des sentiments aux simples réactions physiologiques. Alors que leur relation débute par un accord tacite de simulation, leurs sentiments évoluent au fur à mesure. Par ailleurs, l’auteure pointe les détails peu abordés dans l’omegaverse comme les difficultés rencontrées dans un couple prédestiné, la culpabilité ressentie par l’oméga prédestiné, la possibilité d’une même réaction pour des jumeaux.

La mangaka a un trait fin et anguleux assez classique. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions. Les trames sont assez variées. De même, les décors plutôt simples alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page est dynamique. Sato sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle ne s’attarde pas non plus sur les détails. Elle donne le ton du récit dans les illustrations en début de chapitre. La couverture a obtenu la cinquième place au Chill chill BL award 2021.

En résumé

Le jour de son anniversaire, l’oméga Aïzawa Asahi abuse un peu trop de l’alcool. Depuis que son ex, Hirose Masaomi, l’a quitté pour son âme sœur, il rejette toutes les avances des alphas. Mais alors qu’il se rendait aux toilettes, l’esprit complètement embrumé par l’alcool, il croit reconnaître son ex avec une fille insistante. Ce dernier l’utilise pour s’en débarrasser. Toutefois, trop ivre, l’oméga lui vomit dessus et le sosie le ramène alors dans un hôtel. A cause des phéromones d’Asahi, l’alpha réagit malgré ses inhibiteurs et les deux hommes finissent par coucher ensemble. Le lendemain, l’oméga préfère fuir discrètement. Mais ce coup d’un soir le retrouve grâce à sa carte étudiant perdue sur place. Ban Akiomi s’avère être le frère jumeau de Masaomi et il lui propose alors de continuer à faire semblant de sortir avec lui.

En conclusion

Sato sensei s’éloigne des clichés habituels du genre pour offrir une relation consensuelle et saine, et même interroger sur quelques détails incohérents de cet univers. Les personnages sont attachants et provoquent donc la sympathie du lecteur. Ainsi, j’ai apprécié la lecture de ce one-shot, certes plutôt classique, mais très entrainant.