Days of Mimura & Katagiri – London Pariko

days of mimura and katagiri london pariko
LONDON Pariko 倫敦巴里子
ISBN: 9782368771525
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784796404730 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Le poids du temps sur l’amour.

London Pariko sensei continue les aventures de Mimura & Katagiri. Elle présente avec humour les petits problèmes que rencontre encore le couple malgré une libido retrouvée. Ainsi, elle construit sa narration toujours sur un même format: les souvenirs du lycée puis les différences avec le quotidien actuel. Après 15 ans de vie commune, Katagiri et Mimura continuent de constater le poids des années sur leur amour et la peur de la séparation encore présente. Par contre, ils assument plus facilement leur homosexualité, gérant mieux la pression sociale, en particulier de leurs amis qui se marient ou qui ont des enfants. Enfin, l’auteure offre une anecdote en histoire bonus sur le couple tout en comparant avec humour la communication entre les couples selon les pays. Elle complète son tome par d’autres petites histoires mignonnes interrogeant sur la réciprocité des sentiments et le temps qui passe.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo tout en rondeur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par contre, elle détaille également les différentes physionomie, permettant de réaliser par exemple les changements physiques de Katagiri et Mimura. Les trames d’ambiance très graphiques (pois, fleurs, dentelles, rayures) renforcent les émotions. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, London sensei censure à peine les parties intimes. Elle simplifie les traits en évitant les détails et joue sur les angles de vue.

En résumé

Pink sanctuary / Aujourd’hui est un jour faste / Johnny et Katagiri: Durant la première année de lycée, Mimura Ichirô complexait sur son corps frêle, en particulier sur son visage efféminé et ses tétons roses. Pourtant, il avait appris à les apprécier car ils faisaient le bonheur de Katagiri Tsukasa qui aimait particulièrement jouer avec cette zone érogène. Mais après 15 ans de vie commune, ce dernier ne les touche plus depuis longtemps. Mimura lui demande alors franchement pourquoi il ne les apprécie plus…
Les mêmes clés en poche: Ôtsuka et Sugita, amis de lycée, sont colocataires depuis qu’ils vont à l’université. Mais depuis que Sugita a ramené sa petite amie dans leur appartement, l’ambiance entre les deux hommes s’est dégradée…
M. Lièvre et M. Tortue: Senju déclare ses sentiments à Kagatani mais ce dernier lui répond le détester parce que tout lui réussit…
Indélébile: Kuramochi (37 ans), secrétaire d’un député, et le journaliste Kasai Kentarô sortaient ensemble durant leurs études. Et Kentarô continue encore à lui faire des avances.

En conclusion

Ce tome rate de près le classement parmi les trois meilleures autres œuvres qui réchauffent le cœur au classement du Chill chill BL award 2014. D’ailleurs, les lecteurs considèrent Katagiri et Mimura comme « un couple mature idéal ». Quel plaisir pour moi de retrouver ces derniers noyés dans leur train-train quotidien. J’ai donc été un petit peu déçue de ne découvrir que trois chapitres. Mais les autres histoires sont également intéressantes.

Sasaki et Miyano 3 – Harusono Shou

sasaki et miyano 3 harusono shou
HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782382122693
Akata, 2022
ISBN: 9784040695297 (JP)
Kadokawa, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Est-ce que ce que je ressens est bien de l’amour? »

Harusono Shou sensei continue de présenter les spécificités du genre BL à travers les discussions de ses deux héros, rappelant au passage les comportements fictifs à ne pas reproduire dans une réelle relation. Elle commence également à développer leur romance. Ainsi, Miyano analyse ses sentiments et s’interroge sur sa relation particulière avec Sasaki suite à sa déclaration. Comme il complexe sur son visage aux traits efféminés, il n’apprécie guère les compliments sur son physique. Shûmei exprime franchement mais maladroitement ce qu’il ressent. Toutefois, étant attentif à son ami, il respecte constamment ses réactions. Par ailleurs, le sommaire montre que le temps s’écoule plus lentement. Kuresawa et Tashiro apportent également des touches d’humour. Comme dans le tome précédent, l’auteure présente dans l’histoire bonus, les aventures de Hirano et son colocataire mais, cette fois, elle aborde le point de vue de Kagiura Akira.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo qu’elle simplifie et arrondit dans les passages humoristiques, donnant un effet SD à ses personnages. Elle utilise également les caractéristiques graphiques des séries publiées sur le web comme les bulles colorées et les contours plus épais. Elle dessine aussi de grands yeux expressifs. En plus, les protagonistes rougissent facilement. Par ailleurs, les décors très présents et détaillés, s’estompent autour des personnages. Les trames sont variées. De même, les trames d’ambiance, très graphiques, ajoutent un côté mignon général. Harusono sensei alterne les yonkoma et la mise en page dynamique des narrations classiques. Elle présente les personnages en fin de tome. Elle transforme la page en couleurs du début de tome en petit film, jouant avec le découpage. Sous la jaquette, deux planches offrent des anecdotes sur le chapitre 15, avec la version de Sasaki puis de Miyano.

En résumé

Durant le festival du sport, Miyano Yoshikazu se rafraîchit après sa course. Sasaki Shûmei l’interpelle puis l’incite alors à prendre une pause avec lui à l’ombre. Mya apprécie de plus en plus de pouvoir parler de ses passions normalement avec son ami. D’ailleurs, face au comportement habituel de ce dernier, il a l’impression d’avoir rêvé l’aveu de ses sentiments d’amour dans le train. Pourtant, au cours de la conversation, Sasaki réitère sa déclaration…

En conclusion

Harusono sensei partage le succès de sa série dans sa préface en annonçant la sortie d’un drama CD et l’obtention de la 5ème place du meilleur manga web. En effet, elle offre vraiment une tranche de vie décryptant la différence entre fiction et réel dans le BL. Ses personnages attachants s’interrogent, analysent, prennent leur temps pour comprendre leurs émotions, le sentiment amoureux, la différence entre amitié et amour. L’environnement bienveillant permet d’apporter un regard extérieur au couple. Une lecture douce et chaleureuse qui berce le cœur!

Under grand hotel 2 – Sadahiro Mika

under grand hotel 2 sadahiro mika
SADAHIRO Mika 定広美香
ISBN: 9782351805503
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784575727135 (JP)
Futabasha, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je ne fais plus la différence entre l’amour et la haine. »

Sadahiro Mika sensei décrypte les fluctuations de la relation entre Sword et Sen. Elle aborde donc la trahison, la manipulation, l’influence des rumeurs, l’incompréhension et le manque de communication. Comme dans le tome précédent, elle montre le mécanisme des trafics de drogue et les meurtres ainsi que la complicité des gardiens. Bien que les personnages soient emprisonnés à vie, ils dégagent une certaine soif de vivre et ont des ébats charnels très intenses malgré la promiscuité. Les sentiments exaspérés poussent à des réactions extrêmes et parfois violentes. Pourtant, l’amour naît tout de même dans cette ambiance où le bonheur côtoie sans cesse le désespoir. L’auteure révèle les secrets de Sen, suscitant des revirements. Par ailleurs, elle installe volontairement une fin ambiguë à son récit, transcrivant parfaitement la dualité des personnages. Elle offre une histoire bonus sur Walter O’Brian et Norman Haze, qui ont pris de l’importance dans ce tome.

La mangaka a un trait légèrement anguleux et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, rappelant parois le style des mangas comiques des années 90. Elle détaille les musculatures des personnages, offrant quelques images fan service. Les décors plutôt détaillés alternent avec quelques trames d’ambiance. Par ailleurs, comme il y a beaucoup de trames variées, seules les ombres fortes sont marquées. La mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Sadahiro sensei censure à peine les parties intimes en y ajoutant quelques points blancs. Elle précise quelques choix de création dans son commentaire final, laissant la postface à une romancière qu’elle apprécie, Kurimoto Kaoru. Il y a une galerie d’illustrations en fin de tome.

En résumé

Sen Owari travaille pour le directeur de la prison Travis Mutô et a l’impression de retrouver un peu une vie normale. Il arrive même à parler facilement de son passé avec son nouveau patron. Mais Sword Fish, influencé par les remarques de Norman Haze, n’apprécie pas leur rapprochement. Mutô refuse toutefois de céder aux menaces du shut-call. Lors d’une fouille de cellule, les gardiens retrouvent la photo de la mère de Mutô dans les affaires de Sen. Choqué, le directeur l’envoie donc à l’isolement. Mais la nuit, un gardien masqué rend visite au Japonais prisonnier et le viole avant de lui laisser un étrange message…

En conclusion

Comme l’histoire se déroule dans le milieu carcéral, la violence est constamment présente. Certaines scènes pourront donc choquer la sensibilité des lecteurs. Pourtant, j’aime beaucoup cette romance. Nos héros partagent leur soif de soleil aux lecteurs. Je trouve également intriguant de voir leur envie de liberté passer après leur amour. Le suspense se maintient jusqu’à la fin et j’apprécie particulièrement la conclusion laissant libre court à l’imagination. Un classique passionnant!

Under grand hotel 1 – Sadahiro Mika

under grand hotel 1 sadahiro mika
SADAHIRO Mika 定広美香
ISBN: 9782351805169
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784575727128 (JP)
Futabasha, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Une relation sauvage et intense » entre deux condamnés enfermés jusqu’à la fin de leur vie.

Sadahiro Mika sensei narre une romance sexy mais violente dans le milieu carcéral. Elle instaure un jeu de provocations entre ses deux héros, oscillant entre haine et amour. Ainsi, elle s’intéresse aux émotions et réactions exacerbées dans ce lieu clos, entre peur, jalousie, possessivité et attirance. Sen et Sword s’affirmant hétérosexuel malgré leurs ébats charnels, luttent constamment contre l’amour. La narration se base sur le point de vue de Sen. Les indices semés au fil des chapitres permettent de découvrir le passé sombre ainsi que la psychologie des protagonistes. De même, certains personnages secondaires se détachent particulièrement. Par exemple, l’introduction du nouveau directeur, Travis Mutô, ajoute quelques tensions. Par ailleurs, à travers Norman Haze, l’auteure aborde la prostitution. Elle ne ménage pas les lecteurs, décrivant la violence constante entre viol, tournante, lynchage, bagarre, dispute, trafic, vengeance et racisme. Les histoires bonus, publiées d’abord en dôjinshi, apportent quelques informations supplémentaires.

La mangaka a un trait légèrement épuré et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. Par ailleurs, elle met en valeur la plastique des hommes finement musclés. Les carrures sont variées ainsi que la représentation des différentes ethnies présentes dans le milieu carcéral américain. Les décors très détaillés renforcent le réalisme du récit. De même, les trames sont variées. Toutefois, quelques trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page très dynamique utilise les superpositions de cases. En plus, Sadahiro sensei estompent les images qui se chevauchent, sans pour autant brouiller la lecture. D’ailleurs, elle utilise beaucoup cette technique pour censurer à peine les scènes érotiques. Toutefois, un cache blanc recouvre parfois les parties intimes.

En résumé

L’étudiant japonais Sen Owari (22 ans) a écopé de 80 ans ferme pour le meurtre du mari de son enseignante avec qui il entretenait une relation adultère. Il se retrouve donc incarcéré au niveau 3 de l’Under ground hotel, la prison fédérale souterraine américaine, qui rassemble les pires criminels. A peine arrivé, il s’oppose déjà à son voisin de cellule, Swordfish (21 ans), qui faisait trop de bruit en couchant avec son colocataire. Cet ancien chef de gang de Brooklin, dealer et meurtrier, a pris le pouvoir dans le pénitencier. Mais Sen ne se méfie pas de son compagnon de cellule, Lane Brody, un gay qui n’hésite pas à lui faire des avances…

En conclusion

Malgré des scènes érotiques à chaque chapitre, Sadahiro sensei arrive à construire une intrigue haletante, avec un couple qui rencontre constamment des hauts et des bas. Elle aborde les thèmes habituels sur le milieu carcéral, sans filtres. Pourtant, le lecteur ressent de l’empathie pour certains protagonistes touchants. Une série à ne pas mettre entre toutes les mains, mais passionnante.

3 minutes de silence – Ichinashi Kimi

3 minutes de silence ichinashi kimi
ICHINASHI Kimi 市梨きみ
ISBN: 9782382760277
Hana, 2022
ISBN: 9784865541847 (JP)
Overlap, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

Refuser l’amour désespérément malgré des sentiments forts et réciproques.

Ichinashi Kimi sensei propose une romance dramatique entre deux demi-frères, sans lien de sang, qui luttent désespérément contre leur sentiment amoureux pour ne pas briser leur fort lien fraternel. Elle centre principalement la narration sur Aki avant de basculer à la fin sur la version de Saku. Ainsi, elle aborde le poids du lien familial même dans une famille recomposée, la douleur d’admettre des sentiments jugés inconvenants, la peur du jugement extérieur. Malgré des sentiments réciproques, les deux frères construisent une relation bancale, ne communiquant pas. Aki ressent énormément de culpabilité à entrainer son cadet hétérosexuel dans l’homosexualité. Pourtant, il cache difficilement sa jalousie. Saku, quant à lui, préfère fuir à chaque confrontation. Par ailleurs, l’auteure développe particulièrement le background d’Aki en révélant petit à petit son passé complexe, expliquant ainsi ses traumatismes. Avec l’intervention de son ex Takahashi, elle relance les réflexions sur cette relation presque incestueuse.

La mangaka a un trait épuré plutôt classique. Elle exagère les expressions et utilise des trames d’ambiance pour renforcer les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Le style graphique évolue un peu au fil des chapitres. Par exemple, Ichinashi sensei exprime de deux manières différentes les flash-back: un fond noir pour les souvenirs sombres, un double cadrage pour les moments heureux. De même, elle tire profit de toutes les techniques du shôjo pour dynamiser sa mise en page. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques tout en évitant tout de même de trop détailler les parties intimes.

En résumé

Tôjô Aki et Saku sont devenus demi-frères suite au remariage de leurs parents. Ils s’entendent très bien malgré des caractères opposés: introverti, Aki a peur des femmes tandis que le frivole Saku cumule les conquêtes. Le cadet, à l’université, vit maintenant avec son frère devenu salaryman. Toutefois, Aki ne supporte plus ses absences, Saku découchant souvent sans prévenir. Depuis ses remontrances, ce dernier, plus présent, participe même aux tâches ménagères. Pour le remercier, Aki lui achète alors des gâteaux. Interpellé dans la rue par deux conquêtes de Saku qui le taquinent, il commence à paniquer. Alerté, Saku vole à son secours puis s’éclipse avec les filles, provoquant la colère de son aîné. A son retour, le cadet tente de s’expliquer et finit même par l’embrasser langoureusement. Cédant à leurs pulsions, les deux hommes couchent alors ensemble mais bien qu’amoureux, l’aîné regrette déjà cet élan…

En conclusion

Ichinashi sensei offre une romance sans prétention mais plutôt bien traitée. En plus, son graphisme reste agréable. J’ai néanmoins passé un bon moment de lecture.

Kiss to Snow White 2 – Yoshio Akira

kiss to snow white 2 yoshio akira
YOSHIO Akira 吉尾アキラ
ISBN: 978238276088
Hana, 2021
ISBN: 9784796414012 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Pour ne rien arranger, toute la famille Zaizen débarque au manoir pour rencontrer Ichijô! »

Yoshio Akira sensei abandonne petit à petit les révélations sombres de la vie d’Ichijô pour mettre en avant sa reconstruction et les bienfaits d’un environnement bienveillant. Elle apporte une touche d’humour en introduisant le reste de la famille Zaizen avec la mère Michiko qui s’avère être une vraie tornade et le mûr petit frère Masaomi. Par ailleurs, elle compare le comportement ambivalent de Shinoda avec celui de Tenma, montrant respectivement l’aspect blessant de l’un face à celui dynamisant de l’autre. Masamune se surpasse de plus en plus pour cacher ses sentiments tandis qu’Ichijô s’ouvre peu à peu aux autres même si l’amour lui semble encore interdit. Enfin, l’auteure propose la conclusion de « First love glitter », interrogeant sur la notion de virilité mise en parallèle avec la position dans un couple homosexuel. Elle joue aussi sur le contraste entre « un garçon minuscule et une grande perche ».

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Dans les passages humoristiques, elle le simplifie au point de donner aux visages un aspect SD. D’ailleurs, Zaizen affiche des bouilles trop craquantes et mignonnes. Les trames sont très variées. Comparé au tome précédent, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique rythme la lecture et met beaucoup en avant les expressions des visages, transmettant ainsi facilement les sentiments des personnages. Les illustrations en début de chapitre présentent le quotidien des deux héros ou leur enfance. Yoshio sensei n’inclut pour l’instant aucune scène érotique dans l’histoire principale. Elle compense un peu avec quelques passages succincts dans « First love glitter ». Toutefois, elle ne montre pas les parties intimes en détail.

En résumé

Kiss Snow White / Bonus: Après une nuit blanche à visiter Tokyo, Ichijô Asuka ses réveille vers midi et trouve Zaizen Masamune à ses côtés qui l’attendait sagement. Il confie alors à son ami qu’il avait jusqu’à présent des troubles du sommeil qui avaient débuté lorsqu’il s’est prostitué la première fois. Pour le rassurer, Zaizen lui propose donc de devenir son confident bien qu’il pense ne pas le comprendre totalement à cause de son manque d’expérience. Touché, Ichijô continue ses confidences. Et son ami l’invite à se créer plein d’autres souvenirs heureux tout en lui promettant de ne jamais le trahir…
First love glitter: Quand les parents d’Onizuka Shinnosuke travaillent tôt, Amô Rei vient réveiller Shin. Mais depuis qu’ils sortent ensemble, il en profite également pour partager des petits moments câlins. Un jour, Shinnosuke propose d’inverser les rôles dans leurs ébats…

En conclusion

Yoshio sensei a pris le rare parti pris d’offrir un récit positif, parfois peu réaliste mais tellement touchant et prenant. Malgré quelques thèmes durs abordés, voire même survolés, la lecture reste agréable. Toutefois, les habitués aux drames et récits psychologiques risquent d’être déçus. J’aime également la conclusion de « First love glitter », l’inversion des rôles dans une relation étant rarement abordée. Ce tome me laisse tout de même un peu sur ma faim, ne voulant pas quitter les aventures de Masamune et Asuka. J’attends donc avec impatience la suite!

Kiss to Snow White 1 – Yoshio Akira

kiss to snow white 1 yoshio akira
YOSHIO Akira 吉尾アキラ
ISBN: 9782382760871
Hana, 2021
ISBN: 9784796413091 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Une lutte entre passé, présent et futur. »

Yoshio Akira sensei nous plonge dans une romance dramatique emplie de suspense. Elle dévoile des secrets de plus en plus sombres, abordant ainsi la prostitution, le proxénétisme, la manipulation. Sous l’emprise de son père, Asuka a éteint tout sentiment, exécutant ses ordres tout en croyant faire pénitence. Il a également perdu toute estime de lui-même. Alors qu’il cherche à préserver son ami au caractère flamboyant, ce dernier va imposer son sauvetage. L’auteure joue beaucoup sur les contrastes, comme par exemple des caractères opposés, la différence entre vraie personnalité et perception. Elle questionne le lecteur sur le jugement de valeurs différent, les limites de la moralité, la reconstruction. Avec les personnages secondaires, elle détend un peu l’atmosphère générale tout en portant un regard extérieur sur la situation complexe d’Ichijô. Une histoire plus légère en fin de tome permet de respirer après autant de noirceur humaine.

La mangaka a un trait anguleux, fin et épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, arrondissant les visages qui deviennent alors tout mignon. Elle dessine des personnages plutôt sveltes. Les trames très variées ajoutent une touche réaliste, en plus des décors présents et soignés. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Yoshio sensei ne développe pas les scènes érotiques sans consentement. Toutefois, elle suggère par des mots ou des images furtives la violence de certains rapports. Par ailleurs, elle compense cette absence de sensualité dans « First love glitter », sans pour autant détailler les parties intimes. Les illustrations en début de chapitre mettent en scène les héros. La couverture obtient la troisième place au Chill chill BL award 2020.

En résumé

Kiss Snow White / Bonus: Le professeur Wakamiya demande à Ichijô Asuka de l’aider à retrouver un nouvel élève, Zaizen Masamune, qui s’est perdu. Cela n’enchante guère le président du Conseil des élèves, ayant reconnu le nom d’un ami d’enfance qu’il n’a plus vu suite à un déménagement. Mais il tombe sur lui par hasard et l’emmène ensuite à la salle des professeurs. De retour à la salle du Conseil des élèves, le vice-président Takami Kuon lui saute dessus, ne pouvant retenir son ardeur et son amour. En effet, sous ses airs d’élève modèle, Asuka s’adonne en réalité à une vie de débauche. Mais Zaizen qui surprend leur conversation essaie alors de comprendre les raisons du changement de son ami…
First love glitter: Onizuka Shinnosuke (16 ans) s’est fait plaquer par sa petite amie car il a critiqué sans délicatesse le bentô qu’elle lui avait préparé. Son ami d’enfance Amô Rei lui apporte alors un mouchoir humide pour soulager sa joue meurtrie par la gifle de la lycéenne. Il a toujours pris soin de lui et s’avère doué dans les tâches ménagères. Onizuka réalise alors qu’il a toujours comparé ses conquêtes à Amô qui représente la petite amie idéale…

En conclusion

Yoshio sensei arrive à créer un univers infâme tout en gardant une certaine pudeur dans sa narration. Elle nous dépeint un père odieux et monstrueux sans le montrer une seule fois, décuplant ainsi l’empathie envers ses victimes. Je suis facilement transportée par l’entrain de Zaizen et ne peut que souhaiter un dénouement doux et magnifique. Une lecture prenante qui ne laisse pas indifférent, malgré un réalisme improbable de la situation.

Toi? Tu m’aimes? 2 – Sato Tsubame

toi tu m aimes 2 sato tsubame
SATO Tsubame 里つばめ
ISBN: 9782382760673
Hana, 2021
ISBN: 9784813032700 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Titre original: 俺が好きなど嗤わせる 下
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Les différentes raisons qui empêchent Kamiya de s’attacher…

Sato Tsubame sensei délaisse un peu la romance pour offrir une tranche réaliste du quotidien des deux banquiers. Elle met en avant la vie en entreprise entre congés maternité, travail exceptionnel le week-end en tenue décontractée, enquête interne, rumeurs, collaborations et tiraillements entre employés. Par ailleurs, elle aborde les différentes causes de la séparation dans un couple, s’intéressant au comportement masculin entre adultère, décharge sur les femmes, non considération. La relation entre les deux héros rencontre quelques difficultés. Comme Kaji respecte l’appréhension de Kamiya malgré leurs sentiments communs, il se plie à ses petits jeux de cache-cache amoureux. Mais l’intrigue entourant Taniguchi leur permet de se rapprocher. L’auteure aborde également la discrimination que rencontrent les couples homosexuels, le sentiment de culpabilité que ressent Kamiya qui a l’impression de décharger son devoir filial à sa sœur. Comparé au tome précédent, elle focalise la narration sur le point de vue de Kamiya.

La mangaka a un trait épuré et fin. Toutefois, elle dessine des contours plus épais. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page très dynamique accompagne le rythme de lecture. Sato sensei censure les scènes érotiques en jouant sur les cadrages. Elle ne montre donc pas les parties intimes et les ébats sont sommaires, transmettant juste les sentiments. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien du couple.

En résumé

Pendant une réunion, les employés remarquent la complicité entre leurs supérieurs Kamiya et Kaji qui échangent quelques mots à voix basse. Curieux, ils envoient Matsuda interroger Kaji, ayant trop peur de s’adresser directement à leur chef. Toutefois, le salaryman refuse de s’expliquer ayant trop honte d’avouer qu’il avait juste posé une question. Entre sa sœur qui annonce son divorce et sa collègue Nagano, de retour de congés maternité, qui n’a pas conscience que son mari drague ouvertement dans le service, Kamiya hésite de plus en plus à s’engager dans une relation suivie. Le soir, Kaji remarquant son trouble, tente de le réconforter et lui révèle enfin le motif ridicule de son divorce.

En conclusion

Comme à son habitude, Sato sensei reste dans la suggestion et le non-dit, laissant libre court à l’imagination du lecteur. Elle décrit simplement le quotidien des deux héros, s’attardant sur un visage, un petit geste, sans pour autant trop en dévoiler sur leur réflexion. La romance devient secondaire par rapport à leurs activités, évoluant presque naturellement. Les hésitations de Kamiya sont palpables et le happy end de cette histoire devient alors sublime. Ce style narratif ne plaît malheureusement pas à tout le monde mais j’espère découvrir encore d’autres œuvres de l’auteure. Un récit très réaliste et contemporain que j’apprécie énormément.

Toi? Tu m’aimes? 1 – Sato Tsubame

toi tu m aimes 1 sato tsubame
SATO Tsubame 里つばめ
ISBN: 9782382760666
Hana, 2021
ISBN: 9784813032694 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Titre original: 俺が好きなど嗤わせる 上
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Si tu m’aimes alors, on sort ensemble… C’est ça que je veux dire. »

Sato Tsubame sensei propose de suivre une romance adulte entre un salaryman homosexuel qui refuse de s’attacher et son collègue fraichement divorcé. Elle centre la narration sur Kaji. Ainsi, le salaryman, accro au travail, se révèle prévenant avec son personnel, incitant ses collègues comme Katô et Miyagawa à l’encourager dans ses choix. Kamiya, quant à lui, ne croit plus vraiment au grand Amour. Malgré leur attirance mutuelle, les deux salarymen ont une vision trop différente de la relation amoureuse. Par ailleurs, l’auteure aborde le changement de point de vue sur l’homosexualité selon les générations dans l’entreprise et le doute qui persiste dans une relation entre un homosexuel et un hétérosexuel. Elle pointe les remarques pouvant devenir blessantes pour un homosexuel. A travers Sugimoto, elle dénonce également la difficulté de se dépêtrer d’un harcèlement. Le chapitre bonus reboucle sur le début du tome, apportant des précisions bienvenues.

La mangaka a un trait fin et épuré qui dégage de la douceur. Elle dessine des personnages sveltes. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. D’ailleurs, les autres trames, équilibrées, utilisent parfois des tons diffus. La mise en page dynamique se rapproche de celle des shôjo avec des cases imbriquées, des ellipses et des formes de vignettes variées épousant l’action. Sato sensei censure discrètement les scènes érotiques en ne montrant aucune parties intimes. Elle joue pour cela sur les cadrages et les angles de vue. Elle préfère également se focaliser sur la sensualité des ébats entre les deux héros. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre montrent l’évolution de la relation du couple.

En résumé

Divorcé depuis déjà six mois, Kaji noie son dépit dans l’alcool tout en se plaignant auprès de son collègue Kamiya. Mais quand il se réveille plus tard à l’hôtel, il trouve ce dernier en train de le chevaucher. Une fois satisfait, Kamiya s’excuse sommairement, prétextant avoir passé sa frustration sur lui suite à sa séparation avec son plan cul. Alors qu’il tente de s’éclipser rapidement, Kaji lui propose de sortir ensemble. Peu intéressé par une relation suivie, le salaryman refuse. Le lendemain au bureau, les deux hommes agissent comme si rien ne s’était passé. Pourtant, durant une réunion, Kaji vient au secours de Kamiya mis dans l’embarras par un autre collègue, Taniguchi. Mais en guise de remerciements, il demande à reconsidérer sa demande. Harcelé par son ex sex friend Sugimoto, Kamiya le frappe avant de fuir. Toutefois, Kaji l’attend à quelques mètres de là et prend alors soin de lui…

En conclusion

Ce tome a obtenu la huitième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Certaines scènes pourraient choquer la sensibilité des lecteurs, suite au manque de consentement au début du récit. Ainsi, Sato sensei nous interroge sur la naissance du sentiment amoureux en nous promenant à travers les compréhensions différentes des deux héros. Comme dans Files, elle utilise beaucoup les non-dits et suggestions, ce qui convient mieux pour les formats longs. Par contre, ce style narratif ne plaira pas à tout le monde. Pour ma part, je suis complètement happée par ce cache-cache amoureux adulte et contemporain. J’apprécie particulièrement Kamiya qui refuse d’admettre l’évidence. En plus, le graphisme est très agréable. Même si j’ai un coup de cœur énorme, je le recommande néanmoins un peu. Hâte de me plonger dans le second tome!

Treat me gently, please 3 – Nekota Yonezou

treat me gently please 3 nekota yonezou
NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351808344
Taifu comics, 2014
ISBN: 9784799711682 (JP)
Libre, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« On peut dire que tu as influencé de façon irréversible mon avenir. »

Nekota Yonezou sensei fait évoluer la relation entre Nemugasa et Maya. Elle alterne la narration entre les deux lycéens tout en développant leurs caractères. Ainsi, Hideyuki prend conscience de son mauvais comportement et essaie de changer, s’excusant à chaque fois qu’il réalise une erreur. De même, Takashi remarque l’inversion de ses priorités entre amour et études. Il a encore du mal à cerner clairement ses sentiments, perturbé par la possessivité contenue de son petit ami. La relation entre les deux protagonistes s’équilibre et devient consensuelle. Nemugasa prend même des initiatives encore timides. L’auteure aborde ainsi le manque affectif, l’exacerbation des sentiments, la difficile organisation entre amour et études, mais également le jugement sur l’apparence à travers Maya. Elle intercale des histoires courtes mignonnes et amusantes entre certains chapitres. Elle maîtrise parfaitement le développement de son récit alternant moments dramatiques, tendres et comiques, retenant le lecteur en haleine.

La mangaka adoucit un peu son trait épuré en dessinant des mentons moins pointus, même si les visages gardent leur forme allongée. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, ajoutant un aspect mignon. Elle n’hésite pas à jouer sur le fan service en affichant la fine musculature de Maya ou le slip blanc kangourou de Nemugasa qui lui va si bien. Comparé au tome précédent, les décors apparaissent dès que les plans s’élargissent. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Nekota sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches ou des caches blancs. Elle joue également sur les angles de vue. Par ailleurs, elle offre un chapitre cross over avec son autre série lycéenne Electric delusion, avec la rencontre de Fumihiro Motoki et Shunpei Yamano durant la fête du lycée.

En résumé

Maya Hideyuki et Nemugasa Takashi assument enfin leurs sentiments réciproques. Pour ne pas gêner leurs révisions, ils ont même établi des moments pour se voir. Maya souhaite maintenant intégrer la classe avancée, la formation en classe professionnelle limitant l’accès à l’université. Le professeur Sanada intervient en sa faveur, toutefois il lui impose une condition: le lycéen devra se classer parmi les 70 premiers. Mais en voyant son petit ami exténué, Nemugasa s’inquiète…

En conclusion

Dans sa postface en début de tome, Nekota sensei, consciente que la romance après un viol puisse choquer certains lecteurs, les avertit. Il semblerait que le récit devait être court au début mais qu’il a eu droit à une suite. En tout cas, j’adore la tournure que prend l’histoire et je craque complètement pour le couple.