Stay gold 4 – Hideyoshico

stay gold 4 hideyoshico
Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782382760925
Hana, 2022
ISBN: 9784396784713 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Un amour à sens unique secret qui procure un petit bonheur.

Hideyoshico sensei consacre ce tome à la romance de Hidaka et Kô. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ainsi, elle aborde les sentiments ambigus entre ami et amant dans une relation de sex friend et l’amour à sens unique. Jin comprend assez tôt son orientation sexuelle mais préfère préserver sa relation amicale avec celui qu’il aime. Toutefois, en goûtant enfin au bonheur tant rêvé, il réalise qu’il peut créer des souvenirs précieux, même s’ils sont d’abord douloureux. Au contraire, Kô préfère ne pas réfléchir à la situation, profitant simplement du plaisir. Ainsi, l’auteure analyse l’évolution de la relation entre les deux étudiants. Par ailleurs, elle montre comment les contraintes de la vie adulte peut influencer sur cette relation, avec le manque de temps, l’éloignement, les doutes. Elle apporte une touche mélancolique et réaliste en montrant que l’amour ne peut pas tout surmonter, malgré de forts sentiments.

La mangaka a un trait épuré et simple et pourtant très expressif. Elle exprime les fortes émotions de Hidaka, qui affiche constamment un visage impassible, avec des métaphores graphiques. Par exemple, il se noie dans une passion ou explose de bonheur. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Le fond noir permet d’identifier immédiatement les flash-back. La mise en page plutôt classique joue beaucoup sur des angles de vue variés. Certaines vignettes dégagent même un peu de poésie avec des paysages détaillés. Après un tome précédent encore pudique, Hideyoshico sensei se rattrape en offrant plusieurs scènes érotiques non censurées. Elle présente sommairement les personnages en début de tome.

En résumé

Nakayama Kô taquine Hidaka Jin qui s’est coupé les cheveux pour effectuer son stage d’enseignant. Ce dernier souhaitant conserver leur relation saine pour rester le plus longtemps possible aux côtés de celui qu’il aime, profite des dernières vacances d’été en tant qu’étudiant pour aller au bord de la mer avec lui. Durant son stage, Hidaka réalise la difficulté à enseigner auprès de plusieurs élèves et supporte mal la pression, n’ayant aucun soutien. Toutefois, il remarque également sa dépendance envers son ami qui lui manque énormément. Dès son stage terminé, il fonce donc voir Kô pour fêter cela. Mais quand il se réveille le matin, il trouve son ami à ses côtés dans le même lit…

En conclusion

Ce tome obtient la quinzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Hidaka Jin ne se classe pas parmi les meilleurs uke mais les lecteurs précisent qu’il est un des seuls qu’ils ont envie d’encourager autant. Hideyoshico sensei met en avant un amour bancal qui dure depuis 10 ans mais tout de même magnifique. Elle reste toujours précise dans ses descriptions. Comme je l’ai précisé dans le tome 1, j’adore Hidaka. C’est donc avec grand plaisir que je découvre son aventure.

Stay gold 3 – Hideyoshico

stay gold 3 hideyoshico
Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368776315
Hana, 2019
ISBN: 9784396784423 (JP)
Shodensha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Le retour tumultueux de la mère de Hayato et Kikka.

Hideyoshico sensei nous présente Yayoi, la mère de Hayato et Kikka. Comme dans le tome précédent, elle s’intéresse principalement à la notion de famille. Ainsi, elle révèle le passé entre Yûji et sa sœur. Yayoi est une véritable tempête avide de liberté, avec un fort caractère indépendant. Même si son fils la rejette, laissant exploser sa colère, et sa fille (5 ans) ne la reconnaît pas, elle accepte facilement la situation et essaie simplement de renouer le lien. Contrairement à Yûji pour qui vivre sous le même toit constitue réellement la famille, elle ne cherche pas à approfondir une relation considérée comme naturelle. D’ailleurs, l’auteure met en avant l’évolution possible des liens dans une famille. Elle détaille les chamboulements de la maisonnée, le détachement ressenti envers la personne absente. Par ailleurs, elle fait mûrir doucement Hayato. Le lecteur remarque également que Yûji a du mal à décrypter ses propres sentiments.

La mangaka a un trait simple et épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, les autres trames sont équilibrées. La mise en page dynamique accompagne le rythme de lecture. En début de tome, Hideyoshico sensei commence toujours par une illustration représentant trois photographies.

En résumé

Nakayama Yûji ayant rejeté ses sentiments, Hayato se comporte comme avant sa déclaration, feignant le sage neveu. Cela rassure rapidement son oncle. Par conséquent, le collégien décide de laisser tomber toute tentative de séduction. Par ailleurs, Hidaka l’incite également à étudier plus sérieusement pour que leur accord ne s’évente pas, ses notes ne progressant pas. Malgré l’interdiction de son neveu, Yûji se rend à la fête du sport du collège et prend plein de photographies de Hayato qui pourtant proteste…

En conclusion

Bien que hors classement du Chill chill BL award 2019, les lecteurs citent ce tome parmi les meilleures séries palpitantes, appréciant le développement précis de Hayato évoluant de l’âge juvénile vers l’adolescence. D’ailleurs, Hideyoshico sensei clôture cette première partie sur la famille en effectuant un petit saut dans le temps à la fin du volume. J’ai trouvé que Yayoi avait une personnalité vraiment déstabilisante mais très intéressante. J’ai hâte de découvrir la suite de cette douce tranche de vie.

Stay gold 2 – Hideyoshico

stay gold 2 hideyoshico
Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775813
Hana, 2019
ISBN: 9784396784096 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Quand devient-on adulte?

Hideyoshico sensei met en avant la famille. A travers Hayato et Yûji, elle interroge sur la perception même des liens familiaux. En effet, Yûji et sa sœur n’ont aucune consanguinité. Pourtant, le jeune homme reste très attaché à sa famille recomposée et a du mal à voir son neveu grandir. Hayato, quant à lui, va se confier facilement à Hidaka qui le traite comme un égal. D’ailleurs, le lecteur réalise que Jin a un comportement de stalker même s’il reste discret. L’auteure dépeint parfaitement les émotions et changements de la période charnière de l’adolescence avec par exemple, Hayato qui fait à la fois preuve de maturité tout en se comportant encore comme un enfant. Elle arrive ainsi à retranscrire l’ambiance électrique entre le neveu et l’oncle qui affecte toute la maisonnée. Dans l’histoire bonus, elle offre quelques anecdotes sur Kikka, détendant l’atmosphère.

La mangaka a un trait simple très épuré mais expressif. Elle donne du relief à ses personnages grâce à des contours plus épais. Elle exagère les expressions, apportant ainsi une touche d’humour. De même, la petite Kikka ajoute un côté mignon aux planches. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées et équilibrées. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques renforcent les émotions et participent parfois directement au récit en illustrant des dialogues. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les angles de vue variés. Comme dans le tome précédent, Hideyoshico sensei s’arrête encore aux tentatives et aux baisers volés.

En résumé

Nakayama Yûji s’inquiète de l’avenir de Hayato qui cumule les mauvaises notes. Il aimerait donc qu’il suive des cours du soir. Mais le collégien lui annonce ne pas vouloir aller au lycée, désirant travailler rapidement. L’oncle et le neveu, aussi têtus l’un que l’autre, passent depuis leur temps à se disputer. Kô s’en plaint auprès de son ami Hidaka Jin. Ce dernier lui propose alors de donner des cours particuliers au rebelle en échange d’un repas de temps en temps. Mais quand il se rend chez les Nakayama, Yûji l’accueille avec joie tandis que Hayato part bouder dans sa chambre. Par la suite, Hidaka arrive pourtant à convaincre le lycéen en discutant un peu avec lui…

En conclusion

Hideyoshico sensei crée des personnages au caractère exacerbé mais criant de vérité. Elle oblige le lecteur à s’interroger sur la maturité, la sexualité et la famille. Les aventures des protagonistes nous replongent dans notre puberté et ses émois. Je prends plaisir à suivre les péripéties de cette famille attachante.

Stay gold 1 – Hideyoshico

stay gold 1 hideyoshico
Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775806
Hana, 2018
ISBN: 9784396784089 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Un « chaos amoureux » perturbe l’harmonie d’une famille déjà compliquée.

Hideyoshico sensei aborde avec pudeur la construction de la sexualité durant l’adolescence. Elle narre son récit par petites tranches de vie, partageant les réflexions des membres de la famille Nakayama. Elle inclut également les points de vue extérieurs dans des demi-chapitre, mettant en avant des personnages secondaires comme la camarade de classe de Hayato, Miura, et l’ami de Kô, Hidaka qui cache son homosexualité. Kikka apporte une touche d’humour avec sa franchise La déclaration d’amour d’un adolescent de 13 ans à son oncle chamboule complètement la maisonnée. Yûji considère encore son neveu comme un enfant mais sa tendance à fuir la réalité incite l’adolescent à se montrer de plus en plus entreprenant. Ainsi, l’auteure analyse la gestion d’un coming out dans le giron familial. Dans un chapitre spécial, elle présente ce que sont devenus Tomoya Yashiro et Momose de Rendez-vous à Udagawachou.

La mangaka a un trait simple et épuré qui dégage pourtant de la douceur. Elle dédouble parfois les contours permettant d’insuffler un peu de relief. En effet, elle épure également ses décors qui apparaissent dans les plans larges, mais cela colle parfaitement au style général. Par contre, les trames sont variées et équilibrées. Par ailleurs, les morphologies sont diversifiées. D’ailleurs, Kikka apporte une touche mignonne avec ses traits tout en rondeur.

En résumé

Ses parents travaillant à l’étranger, Nakayama Yûji vit avec son frère Kô, son neveu Hayato et sa nièce Kikka. En effet, après deux mariages et deux divorces, sa sœur a disparu du jour au lendemain en laissant ses deux enfants à la famille. Yûji soupçonne qu’elle s’est entiché d’un pêcheur depuis qu’il reçoit des colis de poissons de sa part. Encore au lycée, Kô en profite quant à lui pour draguer et souvent découcher. En ce moment, Hayato (13 ans) semble en pleine crise d’adolescence. Il se montre rebelle et inquisiteur envers son oncle quand il reçoit des appels d’une femme. Mais en apprenant que Yûji n’a pas encore de petite amie, son comportement change alors immédiatement…

En conclusion

Hideyoshico sensei maîtrise parfaitement le traitement de son sujet qui peut paraître malaisant au premier abord. D’ailleurs, elle analyse avec précision les états d’âme de ses personnages qui ont des réactions tout à fait censées. Et elle prend également son temps pour développer son récit. Donc, rien de plus que des baisers volés implacablement contestés. Une lecture intéressante qui aborde la question de l’homosexualité en général. Et puis j’aime beaucoup Hidaka.

Les écailles d’un dieu 2 – Hinohara Meguru

les ecailles d un dieu 2 hinohara meguru
HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375063170
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784403667060 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Je ne veux pas que vous partiez! »

Hinohara Meguru sensei s’intéresse au passé de Rin après avoir développé celui de Chiharu dans le tome précédent. Elle ajoute une touche dramatique en dévoilant l’implacable impact de la légende et de son oubli sur le pouvoir et la vie de la divinité. Par ailleurs, elle montre l’influence de l’entourage bienveillant sur l’évolution de la relation entre les deux héros. Ainsi, Chiharu met du temps à réaliser ses sentiments, ayant également des difficultés à les exprimer. Rin, qui n’a connu que peur et rejet, désire plus que tout être aimé. Conscient de la fragilité des humains, il redoute constamment de blesser celui qu’il aime. D’ailleurs, l’auteure installe entre l’écrivain et le dragon une relation très consensuelle, mettant en avant l’acceptation de l’autre tel qu’il est ainsi que le partage du plaisir et des sensations. Dans l’histoire bonus, elle offre une anecdote amusante sur le devenir du couple.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle a son propre style, facilement reconnaissable avec les oreilles pointues des personnages. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques, arrondissant les têtes comme des SD. D’ailleurs, Urara, en arrière-plan, ajoute une touche mignonne. Les renards ont un traitement graphique varié, contrastant parfois avec le reste par leur simplicité mais renforçant le côté humoristique et fantastique. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, les autres trames sont très variées. La mise en page dynamique rythme la lecture. Hinohara sensei rend parfaitement les métamorphoses des divinités en quelques cases. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, offrant même des coupes intérieures. En début de tome, elle propose des petites fiches de présentation des personnages. Les illustrations en début de chapitre rappellent l’ambiance du récit sans pour autant en faire partie.

En résumé

Le renard céleste Tenko ayant blessé Izunome Chiharu, Rin perd le contrôle et le bombarde d’éclairs. Chiharu tente alors de calmer le dragon. Avertie par la chienne Urara, la divinité Inari interrompt leur combat, détruisant au passage une partie de la maison. Rin emmène immédiatement Chiharu, avec Urara et Kôta, chez lui à sa source pour soigner le blessé. Il regrette d’avoir mis en danger son bien-aimé, d’autant plus qu’il lui a infligé un énorme bleu avec sa patte. Inari amène alors Tenko pour qu’il s’explique. Mais Chiharu n’arrive pas à répondre à ses questions, impliquant une réflexion sur son avenir. Après avoir déposé Kôta, fiévreux, chez ses parents, l’écrivain rentre chez lui avec le dieu de l’eau. Toutefois, Rin, trop accablé, repousse son hôte qui souhaitait le consoler…

En conclusion

Ce tome obtient la treizième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Cette lecture apporte bonheur et émotions. A croire que Hinohara sensei s’améliore à chaque nouveau titre pour encore mieux dépeindre la sensibilité de ses personnages. J’adore le couple, j’aime Urara et même les autres personnages secondaires. C’était un réel plaisir de partager quelques moments de leur vie, et je referme donc ce « conte » en espérant encore qu’il y aura peut-être une suite un jour…

Le cri du désespoir 2 – Shinou Ryo

le cri du desespoir 2 shinou ryo
SHINOU Ryo 紫能了
ISBN: 9782382761120
Hana, 2022
ISBN: 9784396785192 (JP)
Shodensha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Cette fausse relation est terminée. »

Shinou Ryo sensei continue directement les révélations laissées en suspens suite au tome précédent. Elle dénoue d’abord les secrets autour de la corruption dans l’entreprise pour ensuite s’attarder sur le changement des sentiments des deux héros. Elle développe également un peu plus Saeki. L’ancien chef de section est aussi égoïste qu’Akamine mais son côté sombre transparaît beaucoup moins. En plus, étant fuyant, il est difficile à saisir réellement. Utsumi et Akamine s’interrogent sur leurs réels sentiments, développant une relation de plus en plus saine. Ainsi, l’auteure aborde la trahison, le sentiment de solitude à cause de l’incompréhension, la douleur d’un amour à sens unique, la difficulté à se comprendre malgré des discussions, la fragilité de la confiance. Elle décortique également les sentiments contradictoires d’Utsumi lorsqu’il réalise son amour pour son ancien bourreau.

La mangaka a un trait anguleux et un travail très fin et précis des expressions du visage. Elle soigne les décors qui apparaissent sur les plans larges. Les sauts dans le temps sont indiqués subtilement, à travers les dialogues. Les trames sont variées et équilibrées. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Shinou sensei censure à peine les parties intimes. Elle y ajoute un effet de transparence gommant ainsi les détails. Par ailleurs, elle dessine des corps sensuels et des regards langoureux. En fin de tome, des fiches révèlent quelques secrets sur les deux héros.

En résumé

Utsumi Eito travaille en réalité pour le président directeur général et enquêtait secrètement sur le vrai traitre qu’il piège en diffusant une vidéo compromettante dans le service. Le PDG convoque donc le suspect mais il a en fin de compte l’intention de le faire définitivement disparaître. Le chef de section a d’abord du mal à croire à la trahison de son adjoint mais, refusant de dénoncer son complice, il préfère alors renoncer à la vie. Les sbires du PDG forcent Akamine Eito à ingurgiter une grande quantité d’alcool avant de l’abandonner dans une forêt dans un état comateux. Toutefois, nourrissant des regrets, Utsumi vient à sa rescousse. Quand le chef de section reprend ses esprits à l’hôpital, il trouve Utsumi qui a veillé sur lui. Troublé, il s’interroge donc de plus en plus sur les desseins de son subordonné.

En conclusion

Énorme coup de cœur pour ce récit qui mêle à la fois suspense et psychologie. Le viol n’est pas du tout romancé. Shinou sensei analyse d’ailleurs les changements et les sentiments ressentis par les personnages, rappelant que le traumatisme sera toujours présent. J’adore son style graphique et je trouve qu’elle a acquis une excellente maîtrise de narration. J’espère découvrir encore d’autres de ses œuvres.

Le cri du désespoir 1 – Shinou Ryo

le cri du desespoir 1 shinou ryo
SHINOU Ryo 紫能了
ISBN: 9782382761113
Hana, 2022
ISBN:978-4396785185 (JP)
Shodensha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Arriverai-je un jour à oublier la douleur que tu m’as infligée ce jour-là?

Shinou Ryo sensei entraine les lecteurs dans une vengeance entre deux salarymen sur fond d’intrigues dans une entreprise corrompue et cible d’une fusion. Elle reconstitue au fur et à mesure les évènements du passé grâce à des flash-back. Ainsi, elle maintient un suspense intense en alternant bouleversement et révélation. Akamine, prisonnier de son passé, assume complètement son mauvais côté malgré quelques regrets. Utsumi quant à lui, encore traumatisé par son passé, semble instable. L’auteure décortique ainsi les différents sentiments qui se mêlent durant une vengeance. Elle aborde également les méthodes peu orthodoxes des entreprises pour mettre la pression sur les employés. En introduisant un ancien cadre, Saeki, elle relance complètement les suppositions élaborées par le lecteur. D’ailleurs, l’histoire bonus apporte des révélations qui annulent complètement les conjectures précédentes.

La mangaka a un trait anguleux avec un style marqué. Elle travaille particulièrement les expressions du visage, proposant une riche palette d’émotions. En plus, elle dessine des corps musclés. En revanche, depuis Nyu boy, les visages se sont arrondis. Les trames variées sont équilibrées. Les décors soignés apportent une touche réaliste, apparaissant sur les plans larges. Les flash-back se repèrent à leur fond noir toutefois, ceux qui représentent des souvenirs furtifs sont traités autrement: intégrés directement au récit, ils se distinguent par des transitions au fond noir ou des trames sombres recouvrant en totalité les vignettes. La mise en page dynamique utilise toutes les techniques confondues. Dans les scènes érotiques, Shinou sensei censure les parties intimes en effaçant les détails par transparence ou avec des points blancs.

En résumé

Utsumi Eito rejoint le service d’Akamine Eito en tant qu’adjoint, alors que des rumeurs de fusion avec une grande entreprise circulent. Akamine n’apprécie pas la familiarité du nouveau qui semble le connaître. Le soir, au pot d’accueil d’Utsumi, il abuse un peu trop de l’alcool. Le nouvel employé en profite alors pour le ramener chez lui. Malgré quelques indices, le chef de service ne se rappelle toujours pas de leur première rencontre. Exaspéré, Utsumi finit par le violer, désireux de se venger, car six ans auparavant, Akamine avait abusé de lui dans une ruelle après l’avoir saoulé. Le lendemain, l’ambiance entre les deux hommes est électrique mais ils sont convoqués chez le directeur. Ce dernier leur demande alors d’enquêter sur la disparition d’un employé, Watanabe Yûichi, soupçonné d’avoir divulgué des informations à la concurrence…

En conclusion

Shinou sensei crée souvent des personnages à l’air innocent qui peuvent être de vraies ordures. D’ailleurs elle maîtrise parfaitement les expressions de ses personnages, glissant discrètement des regards sournois, des rictus nerveux entre deux phrases de dialogue. Ce récit se lit donc en observant attentivement les vignettes. Attention, pour les personnes sensibles, il y a des scènes de viol. D’ailleurs nos deux héros assument totalement leurs actes. Je suis totalement conquise par cette histoire. J’aime beaucoup le graphisme et les personnages cabossés par la vie et leurs défauts.

Paparazzi – Nishimoto Rou

paparazzi nishimoto rou
NISHIMOTO Rou 西本ろう
ISBN: 9782382761106
Hana, 2022
ISBN: 9784396785161 (JP)
Shodensha, 2021 (JP)
Titre original: このキスは記事にできない
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Une romance au goût d’interdit entre un acteur et un paparazzi! »

Nishimoto Rou sensei narre une romance entre un riche et bel acteur célèbre et un paparazzi peu doué et immature. Elle débute par une relation au consentement plutôt gris, mais qui pousse les deux héros à s’interroger sur leur attirance. Ainsi, elle développe particulièrement la personnalité de ses personnages. Manato a tendance à fuir la réalité et Ryû est prisonnier de l’image de marque qu’on lui a créée. Bien qu’ils aiment leur métier, ils ne s’y épanouissent plus. D’abord dans le déni, leurs sentiments naissent peu à peu. Par ailleurs, l’auteure aborde entre autre, le jugement sur l’apparence, les clichés sur la beauté physique, les différences sociales, la pression des médias et des agences dans le monde artistique. Avec le manager Kido, elle met en avant la difficulté à combiner objectifs de l’agence et états d’âme de l’acteur. Dans l’histoire bonus, elle offre une anecdote amusante sur le couple.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais léché. Elle dessine des personnages plutôt virils et musclés. Par ailleurs, elle détaille les mouvements et renforce les émotions avec des trames d’ambiance. De même, les décors soignés apportent une touche réaliste. La mise en page très dynamique utilise les emboitements de cases, les ellipses, les sorties de cadres et la déformation ou l’absence des cadres. Nishimoto sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle détaille même les coupes intérieures. Toutefois, elle s’attarde surtout sur la sensualité des ébats. Les illustrations en début de chapitre sont directement intégrées au récit.

En résumé

Malgré sa popularité, l’acteur Honda Ryû (28 ans) s’interroge sur son talent, étant souvent apprécié pour sa beauté. En plus, il travaille pour l’agence dirigée par son père, un ancien acteur. Tandis qu’il se rendait dans un bar, le paparazzi Higa Manato (26 ans) le percute alors qu’il fuyait. Mais à la surprise de la star, le journaliste ne le connaît pas. En effet, Higa vivait aux États-Unis et travaille seulement depuis deux mois pour un magazine au Japon. Comme il n’a toujours pas trouvé de scoop, son patron lui lance un ultimatum. Chez sa petite amie Shiho, le photographe découvre alors que son sauveur est un célèbre acteur. Bien que se sentant redevable, il hésite à suivre Honda. Mais quand il le surprend avec une femme, l’acteur le provoque…

En conclusion

Comme Two sides of the same coin, ce one-shot offre une histoire très sexy et adulte. Je trouve que Nishimoto sensei a vraiment du talent pour construire des personnages touchants, ayant à la fois du charisme et un côté sombre. Pour moi, c’est un coup de cœur!

Dogs of Tosca – Noici Micro

dogs of tosca noici micro
NOICI Micro 乃一ミクロ
ISBN: 9782382763049
Hana, 2022
ISBN: 9784865544596 (JP)
Overlap, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Qu’est-ce que tu préfères entre la douleur et le plaisir? »

Noici Micro sensei narre une tranche de vie de deux yakuzas de clans opposés qui vont tomber amoureux. Entre manipulations, trahisons et risque de guerre des clans, elle offre une romance emplie de suspense et de rebondissements. Même si la relation entre Nishina et Kuroda débute sur fond de négociation, les sentiments fleurissent au fur et à mesure que certains secrets se révèlent. Les deux mafieux ont du mal à exprimer clairement ce qu’ils ressentent réellement, hésitant car prisonnier de leur fidélité et leur honneur. En introduisant Gojô, le chef administratif du clan Kirigaya, l’auteure montre l’escalade d’un simple désir égoïste qui débute par du chantage en une lutte interne. En semant des indices au fil des pages, elle oblige constamment le lecteur à s’interroger sur celui qui domine les intrigues. Elle le replonge même dans ses doutes avec l’anecdote du chapitre bonus.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qui s’adoucit grâce aux pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques ou dans les contre-jours. Elle dédouble parfois les contours, donnant encore plus d’épaisseur à ses personnages qui se détachent donc. Les décors très présents s’estompent quand le plan se resserre. Ils sont variés et parfois, sont tellement détaillés qu’on dirait des modèles photographiques qui ont été noircis. De même, Noici sensei joue également sur différents matériaux pour le tatouage impressionnant de Tôji, entre motifs de trames et touches au pinceau. D’ailleurs, elle privilégie les contrastes noir et blanc, même dans son travail des trames. Les illustrations en début de chapitre utilisent aussi des tons foncés. Ainsi, le tome semble sombre en général. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les changements d’angles de vue. Les scènes érotiques ne sont pas censurées.

En résumé

Le premier lieutenant du clan Kirigaya, Nishina Tomoya, attaque Matsuba du clan Kuroda, pour venger la mort d’un de ses hommes. Mais il tombe sur leur premier lieutenant Kuroda Tôji qui le fait prisonnier. Alors que le yakuza avait l’intention de le punir en le violant, il est stoppé dans son élan en découvrant une grande cicatrice de brûlure dans son dos. Nishina en profite alors pour s’enfuir avec ses hommes encore en bas du bâtiment. Mais il redoute les représailles. A la surprise des membres de son clan, Kuroda demande de ne rien dire à leur chef et se renseigne ensuite sur Tomoya. Ce dernier s’appelle en réalité Hina Minato et était orphelin. Peu de temps après, Nishina vient à la rencontre de Tôji…

En conclusion

Le milieu mafieux sous-entend certaines scènes choquantes. Toutefois je trouve que Noici sensei arrive à temporiser, en ne détaillant pas certains passages et en injectant également un peu de tendresse. En plus, son graphisme s’est adouci et affirmé depuis Brother auto spot. Certes, ce one-shot ne se démarque pas de la concurrence sur le même thème, mais je me suis laissée complètement happée par l’histoire, trouvant le couple adorable. Et j’adore particulièrement la conclusion.

Hotaru mourra demain – Saikawa Fuyu

hotaru mourra demain saikawa fuyu
SAIKAWA Fuyu 斉川冬
ISBN: 9782382761052
Hana, 2022
ISBN: 9784813032243 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« C’est parce qu’il ressemblait à Hotaru que je suis tombé amoureux de lui. »

Saikawa Fuyu sensei propose une romance lycéenne abordant l’amour pour un personnage de fiction. Elle base la narration principalement du point de vue d’Asada. Elle commence par un synopsis au premier abord simple, baladant le lecteur avant de le surprendre complètement sur la fin. Bien que conscient de son amour perturbant son jugement, Asada ne peut s’empêcher de s’attacher à toutes les ressemblances de Nimiya avec Hotaru, aussi bien le physique, le caractère, les goûts que des évènements se développant comme dans le roman. Il accepte petit à petit les dissemblances qui apparaissent, ses sentiments évoluant. L’auteure joue beaucoup sur les petits secrets de chacun des protagonistes. Par ailleurs, elle montre comment un amour se transforme avec la jalousie et la possessivité. En fin de tome, elle offre une histoire bonus révélant quelques secrets de l’ami de Nimiya, Ohno Yuuta.

La mangaka a un trait épuré. Elle utilise un graphisme très actuel mais qui se distingue peu. Elle met en avant la sensualité de ses personnages. D’ailleurs, certains passages deviennent très poétiques, utilisant des analogies et rappelant l’univers romantique. Par exemple, la mort d’une cigale accompagne symboliquement celle de Hotaru. Par contre, les décors très présents apportent une touche réaliste. Les trames sont équilibrées et les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page dynamique rythme la lecture. Saikawa sensei ne censure pas vraiment les scènes érotiques. Toutefois, elle utilise des angles de vue pour cacher les parties intimes.

En résumé

Saneatsu Asada est tombé amoureux de Hotaru, l’héroïne d’un roman. Cette lycéenne fictive a les cheveux roses, des piercings rouges, un grain de beauté au coin de la bouche et des yeux de chat. Il a beau savoir que cet amour est vain, il craque pour les filles ressemblant à ce fantasme, même s’il se fait rapidement plaquer. A la bibliothèque, Asada s’endort à force de réfléchir à cette attirance irrationnelle. Quand Nimiya le réveille, il est frappé par sa ressemblance parfaite avec son idéal. Subjugué, il l’embrasse alors puis, réalisant son geste, s’empresse de s’excuser. Pourtant, le lycéen accepte de devenir son petit ami. Asada ne contient plus sa passion en découvrant au fur et à mesure tous les points communs que possède Nimiya avec Hotaru. Un jour de pluie, il invite son petit ami chez lui et ils finissent par coucher ensemble, comme dans le récit du roman.

En conclusion

Ce one-shot obtient la quinzième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2020. Le graphisme de Saikawa sensei évolue encore durant ce tome, perturbant un peu la reconnaissance des personnages. Toutefois, elle maîtrise plutôt bien son scénario avec une grande révélation peu avant la fin qui sublime ce récit au premier abord classique. Je me suis d’ailleurs complètement laissée happer par l’histoire.