Hidamari ga kikoeru 5 Limit 3 – Fumino Yuki

hidamari ga kikoeru 5 fumino yuki
FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782382760390
Hana, 2022
ISBN: 9784829686331 (JP)
Printemps shuppan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Est-ce que l’engagement pour une cause est forcément un sacrifice?

Fumino Yuki sensei continue d’analyser les différents sentiments de ses personnages. A travers les activités de sensibilisation de l’entreprise Sign, elle montre les différentes réactions des personnes valides face à la mise en situation de handicap. Ainsi, comme dans le tome précédent, elle aborde la condescendance qui existe parfois inconsciemment chez les valides. Entre apitoiement, imposition d’un jugement de niveau de bonheur et surenchérissement des flatteries, ces derniers deviennent alors blessants. Par ailleurs, grâce à son entourage, Kôhei prend conscience de sa jalousie et de son sentiment d’impuissance. Tout en proposant quelques réponses aux questions levées jusqu’à présent, l’auteure invite les lecteurs à réfléchir désormais sur leur comportement. Elle révèle également les motivations de Chiba et Sagawa et laisse deviner celles de Sai en dévoilant un peu son passé.

La mangaka a un trait épuré plutôt fin, dégageant de la rondeur et de la douceur. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les angles de vue variés renforcent la dynamique de la mise en page. Fumino sensei développe sa conclusion sur 340 pages, soit un tome très épais. Sous la jaquette, elle offre des petites anecdotes sur le dernier chapitre, à lire donc de préférence à la fin.

En résumé

Depuis que Sugihara Kôhei a pris ses distances avec lui, Sagawa Taiki, déconcerté, reste plongé dans ses réflexions, ne mangeant presque plus. Ayant cassé son téléphone portable, son chef, Chiba Yûichi, l’emmène en acheter un pendant la pause déjeuner. Tendô en profite alors pour les accompagner. D’abord inquiets pour leur jeune recrue quand ce dernier refuse une invitation à manger, ils croisent par hasard leur supérieur Sai accompagné d’Ôkami Maya. Tendô s’arrange alors pour laisser les deux jeunes ensemble. Après son achat, Taichi confie naturellement ses soucis à Maya qui essaie ensuite de lui faire comprendre ses qualités, l’incitant donc à parler franchement avec Kôhei…

En conclusion

Ce tome obtient la onzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Fumino sensei décrypte parfaitement les problèmes que rencontrent les personnes malentendantes dans la société actuelle et met en avant l’effort individuelle à faire, en plus du travail déjà existant de certaines entreprises, organisations, associations. Elle fait avancer doucement sa romance mais cela la rend encore plus réaliste et poignante. J’ai bien sûr pleuré!

Tokyo – quatre saisons 2 – Haru

tokyo quatre saisons 2 haru
Haru ハル
ISBN: 9782382761212
Hana, 2022
ISBN: 9784813032984 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je te prenais pour un type innocent mais en fait, tu es une vraie bête… »

Haru sensei continue directement la romance de Yagami débutée dans le tome précédent. Elle alterne la narration entre les deux héros. Elle maintient un certain suspense sur l’identité de Matsubara puis révèle au fur et à mesure ses desseins. En effet, Hiromichi est prisonnier de son statut social et de ses obligations familiales mais va tenter sa chance pour changer son destin tout tracé et réaliser l’amour d’un coup de foudre. Ryûnosuke, quant à lui, refuse de s’attacher et a du mal à accepter ses sentiments. Sa tendance à parler sans filtre apporte une touche humoristique. Les sentiments des deux hommes explosent avec les révélations. L’auteure aborde les arrangements possibles entre couples homosexuels pour répondre à la pression familiale. Dans le chapitre « Printemps », elle s’intéresse à la question du mariage et de son image plus pratique que romantique, en rebouclant sur le couple de Takizawa Kazuma et Ishihara Ren.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle n’hésite pas à transformer les têtes en SD tout chou. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. De même, les trames très variées apportent une touche réaliste. Par ailleurs, les trames d’ambiance très rares appuient plutôt les passages comiques. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Ainsi, la mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Haru sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches.

En résumé

Yagami Ryûnosuke couche tous les vendredis avec un homme qu’il a rencontré dans un bar gay. Il ne lui a jamais demandé son nom, ni son métier. Comme il l’apprécie vraiment, il ne fréquente d’ailleurs personne d’autre. Il refuse donc de rencontrer l’employé de Sany que sa patronne cherchait à lui présenter, d’autant plus que lui et son équipe travaillent actuellement sur le concours publicitaire organisé par cette entreprise. L’ayant raté l’année dernière suite à un incident, ils comptent bien réussir cette année. Comme Yagami supporte mal la chaleur de l’été et encore moins la climatisation qui lui provoque des migraines, il fait subitement un malaise. De repos chez lui, il reçoit la visite de son sex friend le soir. Ce dernier décide alors de s’occuper de lui. Refusant d’avoir d’autres aventures malgré les conseils de son amant actuel, il lui révèle enfin son nom: Matsubara Hiromichi.

En conclusion

Dans ce tome, nous retrouvons ce qui a fait le charme de Tokyo en avril, avec l’analyse des sentiments des personnages ainsi que les confrontations avec leur entourage. Haru sensei offre une belle surprise dans l’histoire bonus. J’ai adoré la romance de Yagami que je trouve très mature et réaliste.

Tokyo – quatre saisons 1 – Haru

tokyo quatre saisons 1 haru
Haru ハル
ISBN: 9782382761205
Hana, 2022
ISBN: 9784813032977 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je vais te dévorer en entier de la tête aux pieds. »

Haru sensei propose un spin-off de Tokyo en avril, narrant les romances de différents couples en les suivant selon les saisons. Elle s’intéresse d’abord au frère de Ren qui tombe entre les griffes d’un stalker. Elle aborde donc la manipulation psychologique et les relations contraintes. Ainsi, Jingûji impose son amour obsessionnel à son partenaire, prenant plaisir à détruire sa fierté. Saotome, complexé et affaibli moralement, cède donc petit à petit et s’attache même à son bourreau, malgré son esprit de rivalité. La narration alterne entre les deux héros. Les flash-back révèlent au fur et à mesure les circonstances ayant amené à cette situation. L’auteure fait évoluer la relation. Toutefois elle laisse en suspens la conclusion, se contentant de disséminer des indices à travers les paroles et les expressions, laissant l’imagination du lecteur. L’histoire bonus ajoute également d’autres indices. Par ailleurs, le chapitre de l’été introduit l’histoire de Yagami.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle détaille les petits gestes, les regards, invitant les lecteurs à construire leur propre interprétation. Par exemple, Jingûji affiche constamment un sourire narquois en phase avec son caractère tordu. Les corps sont sveltes. Celui de Yuito est d’ailleurs mis en valeur avec tous ses tatouages. Les décors précis et soignés permettent même de reconnaître certains quartiers de Tokyo. De même les trames très variées et les trames d’ambiance très discrètes renforcent l’aspect réaliste du récit. Les flash-back se repèrent immédiatement grâce à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Haru sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches ou noires. De même, elle les détaille peu sur les plans larges.

En résumé

Saotome Kyôhei a raté ses examens d’entrée dans l’université qu’il visait. Ses notes continuant à baisser malgré les cours de soutien, il ne supporte plus la pression familiale. Sur le quai, exténué, il s’apprête à se suicider en sautant mais il est stoppé par Jingûji Yuito. Ce dernier a d’ailleurs eu les meilleures notes dans la section universitaire que visait Saotome. Il lui propose alors de l’aider à réviser en échange d’un remboursement en nature…

En conclusion

L’éditeur avertit en début de tome les lecteurs sur le « contenu susceptible de froisser la sensibilité de certaines personnes ». En effet, Haru sensei aborde un registre surprenant, plutôt dramatique et psychologique. J’apprécie beaucoup l’impression malaisante qui s’installe à la lecture mais qui retient tout de même en haleine. Par contre, certains lecteurs risquent de ne pas apprécier.

La concession d’un oméga brisé – Enuoka Yochi

la concession d un omega brise enuoka yochi
ENUOKA Yochi エヌオカヨチ
ISBN: 9782382761397
Hana, 2022
ISBN: 9784865548181 (JP)
Overlap, 2021 (JP)
Titre original: キスは番にひざまずく
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Les sentiments que ressent Iori sont-ils le fait de l’amour, du destin ou bien de ses pulsions? »

Enuoka Yochi sensei propose une romance omegaverse questionnant sur la place des sentiments dans un lien entre âmes sœurs. Elle confronte l’instinct et l’influence des phéromones à l’amour qui se construit en parallèle de la confiance. Elle base principalement la narration du point de vue de Tachibana mais donne parfois celui de Mitsugi. Le lecteur accompagne Iori dans sa découverte du passé dramatique de Léo ainsi que de sa condition particulière. D’ailleurs, l’alpha, naïf mais persévérant, s’impose petit à petit tout en se remettant en question. L’oméga, quant à lui, refuse de se soumettre au destin suite à son traumatisme d’enfance. L’auteure apporte des touches humoristiques avec les enfants malicieux et mignons de l’orphelinat. De même, elle met en avant le soutien des amis entourant les deux héros. D’ailleurs, elle transcrit avec finesse la souffrance de Kakegawa Chitose, impuissant face au désespoir de son ami cher.

La mangaka a un trait fin, anguleux et légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à représenter les personnages en SD. Par contre, elle travaille beaucoup les détails: les cheveux sont méchés et les yeux très expressifs. De même, les protagonistes, bien que sveltes, sont finement musclés. Ainsi, même les amis des héros offrent une galerie de beaux et mignons garçons. Les décors s’estompent autour des personnages. Les trames sont variées et les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les angles de vue. Par ailleurs, Enuoka sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

En croisant l’oméga Mitsugi Léo durant la pause déjeuner, l’alpha Tachibana Iori croit reconnaître en lui son âme sœur. Mais l’oméga le rejette violemment. Les amis de Iori l’avertissent alors que ce dernier, surnommé le « bouffeur d’alphas », fait payer ses faveurs sexuelles chaque soir après les cours. Ne pouvant y croire, Iori se rend dans la salle de classe des rendez-vous. Mais excité par les phéromones de Léo, il perd à la fois ses mots et le contrôle puis finit par coucher avec lui. L’oméga continue pourtant à le rejeter par la suite. Toutefois, l’alpha a décidé de toujours aimer son âme sœur…

En conclusion

Ce one-shot obtient la quatrième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2022. Le tome épais permet de bien développer la romance et les liens entre les personnages. D’ailleurs, j’apprécie particulièrement la candeur agréable de Iori et ses interactions avec les enfants. Et puis, pour une fois, c’est un alpha qui n’est pas issu de la haute société. Une très belle histoire d’amour entraînante bien que classique.

Heartbreak junkie – Taka

heartbreak junkie taka
Taka 鷹
ISBN: 9782382761267
Hana, 2022
ISBN: 9784815530242 (JP)
Clap comics, 2021 (JP)
Titre original: 失恋ジャンキー
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Ce serait tellement bien s’il m’aimait vraiment… »

Taka sensei propose une comédie romantique au scénario assez classique d’amis d’enfance qui s’aiment en secret. Dans une première partie, elle base la narration sur le point de vue de Keita, puis donne ensuite la version de Ryûjirô. Elle développe des héros maladroits en amour, même un peu niais. Ainsi, Keita a un cœur d’artichaut et craque facilement sur les hommes gentils et musclés. Ryûjirô, quant à lui, réagit souvent excessivement, provoquant la colère de son ami. Tous deux ont tendance à prendre pour argent comptant leur imagination débordante. Ils refusent donc de se déclarer, de peur de perdre leur amitié. L’humour se base principalement sur les malentendus entre eux et leurs réactions imprévisibles. D’ailleurs, l’auteure met surtout en avant leurs occasions manquées. Elle aborde également les difficultés à partager ses sentiments et à comprendre les signes d’affection dans une forte amitié.

La mangaka a un trait fort très anguleux et marqué. Elle dédouble parfois les contours, renforçant le charme de son style particulier. Elle simplifie son trait à l’extrême dans les passages humoristiques tout en l’arrondissant. Les expressions exagérées et les personnages en SD presque carrés donnent alors un aspect mignon. Les corps sont musclés. Et pourtant, quand les personnages rougissent, les hachures envahissent leur visage. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames d’ambiance sont graphiques. De même, les lignes de mouvement appuient les actions. La mise en page dynamique varie avec des décompositions de certaines scènes, des superpositions de vignettes. Toutefois, les transitions ne sont pas immédiatement claires lorsqu’elles sont en fin de page. Dans les scènes érotiques, Taka sensei ne détaille pas les parties intimes, se contentant de dessiner leur contour. Elle abuse des plans rapprochés durant les ébats, chargeant la page.

En résumé

Mashiro Keita (24 ans), gay, ne tombe amoureux que d’hommes hétérosexuels. Il finit donc souvent avec le cœur brisé. A chaque fois, il se console auprès de son ami de lycée, Tachibana Ryûjirô. Ce dernier déborde de gentillesse et prend toujours soin de lui. Il accepte même de coucher avec lui pour tromper sa solitude. Mais en réalité, Keita est amoureux de Ryûjirô depuis qu’ils se sont embrassés lors d’un gage au lycée. D’ailleurs, comme il n’arrive pas à l’oublier, il cumule les aventures. Toutefois, de peur de perdre cette précieuse amitié, le jeune homme refuse de dévoiler ses sentiments à Ryû. Pourtant, lorsqu’il tombe amoureux du livreur Kazetani, son ami lui fait soudain la tête.

En conclusion

Ce one-shot obtient la septième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2022. Le synopsis classique s’oublie vite grâce aux passages humoristiques, à condition d’être réceptif à ce style. J’aime beaucoup le graphisme particulier de l’auteure et apprécie la dynamique entre les deux amis.

Love qualia – Tamao Bebe

love qualia tamao bebe
TAMAO Bebe 多摩緒べべ
ISBN: 9782382762943
Hana, 2022
ISBN: 9784801969957 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Savez-vous que le contact physique a de nombreuses vertus thérapeutiques? »

Tamao Bebe sensei offre une romance entre deux amis de lycée plutôt maladroit en amour, qui s’étaient perdus de vue. Elle alterne la narration entre les deux protagonistes. Elle développe une relation au consentement gris, avec l’installation d’un chantage. Azuma ne contrôle pas sa jalousie, exprime très mal ses sentiments et n’admet pas le rejet. Ainsi, il force la séduction amoureuse en se montrant manipulateur et possessif. Nishino, quant à lui, est un peu long à la détente et cède facilement au plaisir tout en refusant de l’admettre. Leurs échanges sont donc constamment tendus. Ainsi, l’auteure aborde légèrement le manque de communication et le manque de contact entre les gens. Elle crée un fantasme autour du bien-être apporté par les câlins et développe les motivations de certains clients. Elle dévoile au fur et à mesure les secrets du passé entre Nishino et Azuma.

La mangaka a un trait épuré assez classique. Elle le simplifie en exagérant les expressions dans les passages humoristiques. Elle met en avant les fines musculatures. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. De même, les trames très variées rendent bien les variations de lumière, en particulier dans le bar. En plus, les trames d’ambiance sont discrètes. Ainsi, cela renforce le réalisme et donne une atmosphère particulière à la salle avec l’aquarium. Les flash-back se repère à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Tamao sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même les coupes intérieures. Il y a une scène à chaque chapitre. A la fin de certains chapitres, des fiches présentent les personnages. Sous la jaquette, deux planches donnent des anecdotes sur le client Shoon.

En résumé

Nishino Yûto travaille comme barman dans le « Boys touch bar », un bar particulier où les clients se détendent grâce à l’alcool et les contacts physiques avec les serveurs. En réalité, il essaie de déterminer son orientation sexuelle. En effet, depuis que son ami au lycée, Azuma, l’a enlacé, il n’arrive pas à oublier la sensation de plaisir qu’il avait alors ressentie. Pourtant, il est persuadé de ne pas être gay puisqu’il ne ressent rien avec d’autres hommes. Mais un jour, Azuma vient dans le bar et le choisit. Nishino sent déjà son cœur palpiter…

En conclusion

Ce one-shot obtient la dix-neuvième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2021. Attention, les relations ne sont pas clairement consensuelles et certaines scènes pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. Tamao sensei semble se perdre un peu dans sa narration. Les interventions du client Shoon et de l’ami d’Azuma, Jun, augmentent malheureusement les tensions au sein du couple au lieu de les temporiser, ce qui m’a un peu gêné. En plus, je trouve dommage que les héros ne se remettent en cause qu’à la toute fin et ne font aucun effort pour changer. Toutefois, je trouve intéressant le principe du bar que j’aurais aimé voir plus approfondi. Une lecture principalement sexy mais qui reste divertissante.

Hate my MIA! – Hitotori Penguin

hate my mia hitotori penguin
HITOTORI Penguin 人鳥ぺんぎん
ISBN: 9782382761380
Hana, 2022
ISBN: 9784865896596 (JP)
Fusion product, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Une comédie romantique pleine de sensualité qui ne manquera pas de vous émoustiller! »

Hitotori Penguin sensei propose une comédie romantique avec des personnages aux caractères exubérants. Elle concentre la narration du point de vue de Maizawa sauf dans le chapitre bonus qui donne la version de Miya. Elle aborde avec humour la double identité, les dangers des réseaux sociaux, la construction d’une identité virtuelle. Ainsi, Kôji distingue clairement Miya de Mia et éprouve des sentiments différents, bien qu’il soit conscient qu’il s’agit de la même personne. Un jeu de séduction va s’installer entre les deux salarymen, mêlant manipulation, rapport de force et érotisme. Celui qui pense donc dominer la situation se retrouve souvent manipulé sans le savoir et ainsi de suite. En introduisant Miyuki Sakura, l’auteure dévoile le passé des deux héros et approfondit leur relation. Toutefois, avec les indices semés au fil des chapitres auparavant, la surprise s’estompe.

La mangaka a un trait plutôt anguleux adouci par les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques en exagérant les expressions. De même, elle n’hésite pas à représenter les personnages en SD. L’imagination débordante de Kôji s’exprime en image. Les décors situent principalement l’action. Les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les trames sont variées. D’autant plus que Mia possède une belle peau hâlée. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Hitotori sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches qui ne cache pas grand chose. Elle intègre même des coupes intérieures et inclut presque une scène à chaque chapitre. En fin de chapitre, elle présente les personnages et donne une anecdote en une vignette. Sous la jaquette, l’illustration est dans la continuité de la couverture.

En résumé

Maizawa Kôji ne supporte pas son collègue Miya Akihito depuis que ce dernier lui a piqué sa petite amie au lycée. En plus, le playboy excelle au bureau, ce qui a le don de l’énerver. Toutefois, Maizawa connaît son secret: en effet, sous le pseudonyme de Mia, Miya s’expose dans des photos sexys sur les réseaux sociaux. Kôji le trouve tellement mignon qu’il se touche en les regardant et les commente sous le pseudonyme de Taro Imo. Mais un jour, Akihito découvre son identité…

En conclusion

Ce one-shot obtient la dix-neuvième place de la meilleure série érotique au Chill chill BL award 2022. Le graphisme est mignon. D’ailleurs, Mia a un magnifique corps finement musclé souvent mis en avant. Malgré l’effet de surprise tronquée, l’histoire fait sourire et même rire dans certains passages. Une aventure divertissante et très sexy.

Take me home – m:m

take me home m:m
m:m
ISBN: 9782382761069
Hana, 2022
ISBN: 9784815501594 (JP)
Media soft, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Dans ce monde, dès l’instant où on pousse notre tout premier cri, notre rôle est déjà décidé. »

m:m sensei offre un omegaverse original avec un alpha et un oméga blessés par leur condition exploitée par d’autres. Elle alterne la narration entre les deux héros. Par ailleurs, elle apporte discrètement quelques touches d’humour, jouant surtout sur les quiproquos. L’oméga a peur de ne pas être utile tandis que l’alpha se replie dans le dédain pour se protéger. Grâce à leur cohabitation, les deux hommes vont évoluer jusqu’à la naissance de leurs sentiments. En révélant les petits traumatismes expliquant le comportement de Keita et Darren au fur et à mesure des chapitres, le suspense se maintient tout au long du récit pour aboutir à un climax intense. Ainsi, l’auteure aborde la stérilité, les difficultés d’une relation interculturelle, le poids du jugement hâtif. Elle complète ce tome avec une romance entre deux hommes d’âge mûr. Elle s’intéresse alors à la différence d’âge et à l’illusion du passé dans une relation.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine les yeux avec une forme particulière mais donne ainsi des regards très expressifs. Les trames sont variées. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors, qui apparaissent sur les plans larges, sont soignés, et semblent parfois construits à partir de photographie. La mise en page dynamique offre quelques cases originales. D’ailleurs, m:m sensei s’attarde sur les détails et les réactions de ses personnages. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des caches blancs. Sous la jaquette, deux planches propose une conclusion à l’histoire d’Abi et Tom, à lire donc à la fin.

En résumé

Take me home / Bonus: Darren Brad (alpha) qui se montre distant et méprisant avec ses collègues, ne supporte plus leurs commentaires sur son efficacité au travail. Il souhaite vite rentrer chez lui pour profiter du calme. Mais sur le parking, il est attiré par l’odeur d’un oméga en chaleur. Nezumi Keita, un Japonais, tombe alors inconscient dans ses bras après avoir réclamé son aide. Le lendemain, l’Américain demande à l’oméga de vite partir pour sa sécurité mais ce dernier ne comprend pas l’anglais. Keita pense alors à remercier son hôte en nature mais cela énerve Darren. Toutefois, inquiet pour l’état du voyageur sans logis et sans le sous, l’alpha lui propose tout de même de rester…
How to catch a star / How to catch a star (The light of my life): En 1984, Thomas Danston est devenu fan du plongeur Abiel Herman, ébloui par sa performance. Trente et un an plus tard, il le croise chez un tatoueur. Le sportif, dont la carrière a été brusquement écourtée suite à un scandale, est devenu un simple salaryman. Pourtant Tom continue à l’admirer. Et quand il le recroise encore trois ans plus tard, il décide de se rapprocher d’Abi…

En conclusion

Comme j’aime beaucoup les romances entre hommes d’âge mûr, je ne ressens pas de frustration suite au récit principal écourté. Mais cela pourra décevoir certains lecteurs, en particulier fan d’omegaverse. Par ailleurs, j’aime beaucoup la proposition de m:m qui installe des personnages alphas et omégas qui essaient de contrôler leur instinct et s’interrogent sur leur place dans la société. Les sentiments semblent palpables. J’apprécie également la douceur de la narration. Une excellente découverte!

Dans la fleur de l’âge – Kuroi Tsumuji

dans la fleur de l age kuroi tsumuji
KUROI Tsumuji 黒井つみじ
ISBN: 9782382761090
Hana, 2022
ISBN: 9784815501563 (JP)
Media soft, 2021 (JP)
Titre original: ボクたちはまだ青く
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Chaque jour m’ennuie. »

Kuroi Tsumuji sensei narre une douce romance entre deux lycéens qui se rapprochent grâce à une passion commune. Elle concentre la narration principalement du point de vue de Saegusa. Elle s’intéresse particulièrement aux premiers émois adolescents, à la pression des examens, à la poursuite des rêves. Les caractères des personnages contrastent avec leur physique. Ainsi, sous son air renfrogné, Arochi cache en réalité sa timidité. De même, Issei a tendance à prendre soin des autres malgré son regard blasé. Les deux adolescents s’attirent et se rapprochent petit à petit en se découvrant. Tous deux observateurs, ils analysent leurs sentiments et les acceptent facilement. Toutefois, de peur de briser cette belle amitié, Saegusa les cache d’abord. L’auteure aborde brièvement le harcèlement mais préfère s’attarder sur la relation très consensuelle du couple. Elle montre comment l’amour et la passion peuvent devenir un moteur de motivation pour construire son avenir.

La mangaka a un trait très épuré. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Pourtant, elle dessine des yeux fins très expressifs. L’utilisation de peu de trames renforce également l’aspect épuré. De même, les rares trames d’ambiance soulignent plutôt les passages comiques. En revanche, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Kuroi sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches ou des caches blancs. Par ailleurs, elle joue sur les cadrages pour éviter de montrer trop de détails. Sous la jaquette, elle offre une anecdote en deux planches sur Kofuji.

En résumé

Le délégué de classe Saegusa Issei se contente d’avoir la moyenne, ressentant actuellement un certain ennui. Toutefois, l’arrivée d’un nouvel élève en cours d’année, Arochi Tôru, pique sa curiosité. En effet, la couleur claire des cheveux d’Arochi l’intrigue. En plus, ce dernier, associable, est toujours premier aux examens. Lors d’une sortie en ville un week-end, Saegusa s’arrête pour observer la diffusion d’un lancement de fusée et croit également apercevoir Tôru dans la foule. Se rappelant sa passion pour l’ingénierie spatiale, il réalise alors qu’il a tendance à abandonner les rêves qu’il juge irréalisables. Mais quand Kawashita Taiki, vexé d’être maintenant second aux examens, s’en prend à Arochi, le délégué vient au secours du nouveau et tente de se rapprocher de lui…

En conclusion

Cette histoire d’amour tendre plutôt classique mais remplie de douceur vous fera passer un agréable moment. Les personnages me touchent particulièrement et je suis complètement transportée par le développement de leurs sentiments. Idéal pour réchauffer son cœur!

The Teijo academy 3 – Natsushita Fuyu

the teijo academy 3 natsushita fuyu
NATSUSHITA Fuyu 夏下冬
ISBN: 9782382761373
Hana, 2022
ISBN: 9784865896497 (JP)
Fusion product, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Les omégas ne sont pas inférieurs aux bêtas ou aux alphas. »

Natsushita Fuyu sensei continue de décrire son univers en s’inspirant des mœurs de la haute société. D’ailleurs, elle arrive habilement à intégrer des éléments réels des luttes de pouvoir dans sa fiction. Par ailleurs, elle fait lentement évoluer les sentiments. Ainsi, en fréquentant de nouveaux amis, Harutaka ouvre un peu plus son esprit et comprend mieux ce qu’il ressent envers Nachi. Ses objectifs changent peu à peu. L’entrainement pour devenir favori est prétexte pour découvrir la famille Aoki. L’humour se fait alors discret mais reste agréable. Comme dans le tome précédent, l’auteure s’intéresse aux manipulations entre les 4L ainsi que le manque de confiance entre eux. Elle aborde donc les manières détournées pour obtenir des informations, l’intérêt de la détention d’informations personnelles, l’utilité d’un réseau et les échanges de bons procédés en guise de négociations.

La mangaka a un trait épuré plutôt léché. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle met en avant la plastique des personnages. D’ailleurs, les décors et les costumes sont également soignés. Quelques trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page plutôt classique offre tout de même quelques vignettes plus osées. Natsushita sensei introduit peu de scènes érotiques et s’arrête même aux tentatives. Elle présente les personnages en début de tome. Par ailleurs, en fin de tome, elle donne des explications sur la manière de consommer le thé, tout en révélant les goûts des 4L. Sous la jaquette, il y a le plan de la résidence Aoki.

En résumé

Ichijô Harutaka (oméga) a ses premières chaleurs et son ex petit ami, Einan Nachi (alpha), perd le contrôle et lui saute dessus. Mais l’oméga le repousse violemment avant de fondre en larmes. Depuis, en vacances chez son père, il n’arrête pas de broyer du noir. Invité à un gala de charité pour aider les écoles à accueillir des omégas, le peintre propose alors à son fils de l’accompagner. Mais l’esprit glamping de la soirée intéresse peu Harutaka. Toutefois, il y croise Aoki Hirofumi. Alors que Ichijô allait s’énerver contre un participant alpha qui affichait une pitié condescendante envers les omégas, le légendaire l’arrête et le raisonne. Aoki lui propose alors de devenir son favori.

En conclusion

Ce tome donne un peu l’impression de stagner car Natsushita sensei se focalise vraiment sur le développement de l’univers et des émotions. Elle s’attarde également sur les descriptions des différentes techniques. Par contre, le changement de Harutaka est plutôt intéressant. L’histoire avance doucement mais sûrement. L’effet de surprise des premiers tomes se dissipant, les intrigues perdent un peu de leur impact. Toutefois, j’apprécie de plus en plus le rapprochement entre Aoki et Ichijô.