Un air de printemps – noji

Couverture de Un air de printemps de Noji, éditions Hana

noji
ISBN: 9782382767610
Hana, 2025
ISBN: 9784575380897 (JP)
Futabasha, 2021 (JP)
Titre original: ハルドナリ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« L’histoire d’amour entre un étudiant trop direct et un propriétaire nul en tâches ménagères, vivant sous le même toit! »

noji sensei narre une simple romance entre deux jeunes hommes maladroits pour communiquer. Toutefois, elle dévoile au fur et à mesure les différentes intrigues autour des personnages. D’ailleurs, la narration se base principalement du point de vue de Sasayama Sôta puis donne la version de Michi Harunosuke à la fin. L’étudiant essaie de ne plus être aussi direct lors de ses discussions mais trouve du répondant avec le petit-fils de la propriétaire. D’ailleurs, l’asocial et têtu Michi cache son métier. Les quiproquos s’enchaînent mais tous deux font des efforts pour y remédier. Leur amitié se transforme peu à peu en attirance amoureuse. Ainsi, l’autrice montre la difficulté à cerner ses sentiments. Elle aborde entre autres le jugement sur l’apparence à travers l’imagination débordante de Sôta, la difficulté à communiquer, le sentiment de solitude. La propriétaire Natsu et l’éditeur Shinooka Yamato apportent un regard extérieur sur le couple.

La mangaka a un trait épuré au contour parfois dédoublé qui donne du relief. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. De même, un fond noir indique les rêves ou les flash-back. Par ailleurs, les décors soignés s’estompent autour des personnages pour mettre en avant le premier plan. La mise en page plutôt classique offre quelques pages plus dynamiques avec des angles de vue variés. noji sensei représente l’imagination débordante de Sôta en images. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Sasayama Sôta parle trop sèchement. Il a donc perdu son petit boulot dans une supérette après avoir recadré un client indélicat. Après un séjour chez ses parents, il rend directement visite à la propriétaire de son appartement. Mais il rencontre son petit-fils, Michi Harunosuke, qui la remplace durant son hospitalisation. Peu doué dans les tâches ménagères, Michi propose alors à l’étudiant de l’embaucher pour l’aider…

En conclusion

noji sensei nous offre une romance classique mais entraînante, avec ces deux hommes maladroits en communication qui se complètent pourtant parfaitement. En plus, elle maîtrise le format one-shot. La dynamique entre eux et les petites intrigues du quotidien créent un peu de suspense. Par ailleurs, son graphisme est très agréable. Certes, ce titre ne vous marquera pas mais vous passerez un agréable moment. J’ai beaucoup aimé l’ambiance générale du récit et la relation qui se noue entre les personnages. Une douce lecture!

Mon amour secret 1 – Soutome Emu

Couverture de Mon amour secret 1 de Soutome Emu, éditions Taifu

Soutome Emu 五月女えむ
ISBN: 9782375065068
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801979826 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Titre original: 我が恋はしのぶれど 上
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Quand j’aperçois une lune si belle dans le ciel étoilé, je suis pris d’une irrésistible envie de hurler au vent. »

Soutome Emu sensei mêle enquête et folklore japonais, partageant le quotidien de Kokufû et Ryôga. Elle dévoile au fur et à mesure les pouvoirs des yôkai ainsi que leurs spécificités. Ainsi, elle alterne entre courtes intrigues résolues en quelques chapitres avec une romance qui se développe sur le long terme. Kokufû aime prendre soin des autres et nourrit un amour à sens unique pour le renard. Ryôga, quant à lui, s’interroge sur son attirance aussi bien pour le peintre que pour son garde du corps, hésitant entre admiration et amour. Les belliqueux ogres Yûgen et Benimaru apportent suspense et action. Par ailleurs, l’autrice aborde le manque de communication, les sentiments tus, le deuil.

La mangaka a un trait légèrement épuré mis en valeur par les pleins et déliés. Elle joue sur les expressions à travers les détails des différentes métamorphoses des yôkai. Les trames sont à la fois nombreuses et variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, un fond noir renforce les moments dramatiques. Les décors soignés mettent particulièrement en valeur l’architecture japonaise traditionnelle. De même, les plis des kimonos sont travaillés. La mise en page très dynamique reprend les codes du shôjo, tels que les fleurs, les sorties de cadre. Soutome sensei met en avant la plastique des personnages finement musclés. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes, sans contour, par des hachures.

En résumé

Kokufû travaille en tant que cuisinier du célèbre ryokan Mikeneko, fréquenté aussi bien par des humains que des yôkai. Parmi les habitués, il s’entend à merveille avec le renard gourmand mais fauteur de trouble Ryôga. Ce dernier est d’ailleurs à la recherche d’un tableau qu’un peintre humain amateur aurait créé en le prenant pour modèle. L’ogre Benimaru semble le posséder mais ne se montre pas conciliant en affaire. Acceptant de devenir le garde du corps de Ryôga, Kokufû l’accompagne à une nouvelle négociation. Toutefois, Benimaru exige que le renard lui offre son corps…

En conclusion

Soutome Emu sensei offre surtout une aventure fantastique, prenant le temps de développer la romance entre les deux héros. Elle maintient le lecteur en haleine en dévoilant par brides certains éléments. Son magnifique graphisme semble ancrer dans la réalité les yôkai. Avertissement: la relation particulière entre les frères ogres pourra choquer la sensibilité de certains lecteurs. Quête, romance et yôkai: tout ce que j’aime! J’ai donc un coup de cœur pour ce récit et attends la suite avec impatience.

Aki et Haru 1 – Taji Makoto

Couverture de Aki et Haru 1 de Taji Makoto, éditions Taifu

TAJI Makoto たじまこと
ISBN: 9782374065075
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801970649 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Titre original: アキはハルとごはんを食べたい 1
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Mangeons ensemble! »

Taji Makoto sensei offre une tranche de vie étudiante, proposant à chaque chapitre des recettes simples et pratiques. Elle partage également le quotidien des étudiants en général, abordant leurs interrogations. Chaque chapitre, plutôt court, a pour titre la recette présentée, permettant ainsi d’utiliser le manga comme un livre de cuisine. Pour l’instant, Akiyoshi et Harutsugu partagent une forte complicité et s’interrogent sur leur relation. Leurs amis, Azusa, Sakamoto Yukino, Yoneyama et Mugita, apportent un regard extérieur sur leur lien, ajoutant des notes comiques. L’autrice détourne certains clichés des romances, interrogeant sur les différences entre amour et amitié. Elle s’appuie d’ailleurs sur les caractères opposés de Haru et Aki.

La mangaka a un trait épuré tout en rondeur et mignon. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Avec un style proche du shôjo, elle dessine de grands yeux expressifs. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance graphiques accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est simplement dynamique. Taji sensei détaille les plats et les recettes, mettant ainsi en avant le côté appétissant. D’ailleurs, elle donne la recette en fin de chapitre. Il y a également des croquis des personnages en train de se régaler.

En résumé

Étudiants et amis inséparables depuis le lycée, Akiyoshi Junta et Harustsugu Fujishiro vivent en colocation. Ils partagent une même passion: la nourriture. Ainsi, le solaire Aki prend plaisir à cuisiner de bons petits plats pour le timide Haru qui les déguste avec délectation.

En conclusion

Taji Makoto sensei offre une tranche de vie pleine d’humour mais surtout de recettes appétissantes. Elle retranscrit avec finesse l’ambiance de la vie étudiante. Son graphisme très expressif colle parfaitement au genre. J’ai tout simplement envie d’essayer les recettes proposées. Une lecture appétissante, à lire absolument si on est gourmand!

Effeuiller l’inaccessible 2 – Sakyo Aya

Couverture de Effeuiller l'inaccessible 2 de Sakyo Aya, éditions Hana

SAKYO Aya 左京亜也
ISBN: 9782382765098
Hana, 2025
ISBN: 9784403667237 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Titre original: 高嶺の花は散らされたい 下
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je veux le féconder, le remplir, le mordre. »

Sakyo Aya sensei continue de développer la relation chaotique entre Hana et Renjaku qui hésitent constamment à se lier ou non. Ainsi, elle crée une relation toujours aussi violente dans laquelle les sentiments ont du mal à se faire une place, entre manipulation et exploitation de l’autre. Elle met plus en avant le point de vue de l’alpha même si la narration alterne avec l’oméga. Le barista persiste dans un amour à sens unique, oscillant entre espoir et appréhension. Le fleuriste, quant à lui, prend conscience que son attirance dépasse l’influence des phéromones. Sa rivalité avec Aoba intensifie la tension générale du récit. Par ailleurs, l’autrice s’intéresse au lien particulier d’âme sœur, à la satisfaction personnelle durant le sexe, au non consentement malgré des sentiments réciproques. Elle détend l’atmosphère avec des quiproquos et la naïveté de Hana.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle met souvent en avant la musculature de Renjaku, frisant avec les limites du fan service. Les trames sont équilibrées et variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique joue sur les superpositions, les sorties de cadre ainsi que les formes des vignettes selon leur contenu. Dans les scènes érotiques, Sakyo Aya sensei cache les détails des parties intimes juste avec des onomatopées. Dans les illustrations en début de chapitre, elle dessine encore les personnages avec des fleurs mais dans des positions beaucoup moins sexy que le tome précédent. Les premières pages sont en couleurs.

En résumé

Fuyant son frère Aoba, Yukishita Hana se réfugie chez Renjaku. A cause de ses chaleurs, l’oméga lui demande alors de se lier avec lui par une morsure. Mais bien que l’alpha perde le contrôle durant leurs rapports, il refuse de se laisser manipuler par l’instinct. Pourtant, il se montre de plus en plus possessif avec Hana malgré ses doutes envers le lien d’âme sœur…

En conclusion

Sakyo Aya sensei ne ménage pas les lecteurs mais analyse en détails l’évolution d’une relation sous influence de phéromones. Elle alterne entre scènes sexy plutôt violentes, tension entre les personnages, et notes d’humour et de tendresse. Son graphisme sensuel est un régal pour les yeux. Pour public averti, car il y a encore des scènes pouvant choquer la sensibilité des lecteurs. J’aime toujours autant Hana et son côté complètement à côté de la plaque par moment. Et puis, cela me fait plaisir de le voir enfin réagir et ne plus se laisser autant faire! J’attends donc la suite avec impatience. Une lecture douce-amère!

Effeuiller l’inaccessible 1 – Sakyo Aya

Couverture de Effeuiller l'inaccessible 1 de Sakyo Aya, éditions Hana

SAKYO Aya 左京亜也
ISBN: 9782382765081
Hana, 2025
ISBN: 9784403667220 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Titre original: 高嶺の花は、散らされたい 上
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Un omegaverse florissant entre un alpha supérieur et un omega toujours pur. »

Sakyo Aya sensei offre un romance omegaverse plutôt classique, avec un alpha dominant, hautain et égoïste, et un oméga passif, candide et serviable. Elle aborde donc les questionnements classiques du genre comme la discrimination des omégas, les contraintes des chaleurs et du lien en paire. Elle construit également des relations non consensuelles, dominées par les phéromones et les envies du fleuriste. Pourtant, la narration se base principalement du point de vue du barista. Ainsi, le beau Hana, qui a un côté un petit peu stalker, souffre de sa condition d’oméga et a tendance à se laisser mener par le bout du nez. Le bougon Renjaku dégage tout de même une certaine classe malgré son franc parler vulgaire et cru. Il a d’ailleurs la fâcheuse tendance à rabaisser son partenaire. En introduisant Aoba (20 ans), le frère de Yukishita, l’autrice met en avant un alpha encore plus égocentrique et sans morale.

La mangaka a un trait fin légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle varie beaucoup les trames. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions et alternent avec les décors soignés. La mise en page très dynamique joue beaucoup sur les angles de vue, en particulier les contre-plongées et les plongées qui renforcent ainsi l’aspect dominant et dominé de la relation. Sakyo sensei censure subtilement les scènes érotiques en cachant les détails par des onomatopées bien placées. D’ailleurs, elle met en valeur la plastique des personnages, en particulier leur fine musculature. Elle intègre également les explications sur l’omegaverse directement dans le récit. Les illustrations en début de chapitre montrent les personnages dans des poses sexy, toujours accompagnés d’une plante.

En résumé

Bien qu’oméga, Yukishita Hana (26 ans) n’a jamais eu ses chaleurs. Par conséquent, les clientes du café dans lequel il travaille le prennent souvent pour un alpha. Toutefois, le barista craque secrètement pour le célèbre fleuriste Renjaku, un alpha dominant qui vient souvent au café. Mais un jour, alors qu’il était non loin de sa boutique, ses chaleurs se déclenchent. Renjaku l’emmène donc chez lui et lui propose de le soulager…

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2021. Sakyo Aya sensei prend les côtés les plus dérangeants et négatifs de l’omegaverse et semble plonger ses personnages constamment dans la tourmente. Elle alterne entre tension, érotisme et petites notes d’humour. Son magnifique graphisme sublime les scènes sexy. Ce titre s’adresse à un public averti car il comporte beaucoup de scènes pouvant choquer la sensibilité des lecteurs. J’aime beaucoup la naïveté excessive de Hana qui le rend un peu « con-con » ainsi que son côté fétichiste. J’apprécie également la dynamique entre l’oméga et l’alpha même si elle n’est pas du tout apaisée. Une lecture piquante comme une rose!

Sous tes caresses 2 – Kasai Chiaki

Couverture de Sous tes caresses 2 de Kasai Chiaki, éditions Hana

KASAI Chiaki かさいちあき
ISBN: 9782382762479
Hana, 2025
ISBN: 9784796414234 (JP)
Kaiohsha, 2021 (JP)
Titre original: キミの撫で方躾け方 2
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je veux le protéger, mais aussi le dépraver… le corrompre. »

Kasai Chiaki sensei continue d’analyser l’évolution de la relation entre Koganei et Niyano. Elle introduit Urabe, ex-petit ami du salaryman, qui s’impose de lui-même en tant que rival, aimant particulièrement dominer ses partenaires. Ainsi, elle s’intéresse à la gestion de la jalousie, au poids du passé d’un partenaire mais également à la différence d’âge et d’expérience. L’étudiant essaie de comprendre ses nouvelles émotions envers Niya et réalise alors son immaturité. Takashi, quant à lui, essaie d’exprimer ses sentiments, dont sa jalousie, avec peine. Les deux amants cherchent à répondre aux attentes de l’autre, se remettant en question. D’ailleurs, bien que l’autrice secoue un peu son public avec une relation non consentie, elle insiste particulièrement sur les conséquences et les remords. Elle décortique donc les mécanismes de la possessivité dans une relation. Par ailleurs, les clients du bar gay détendent un peu l’atmosphère.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise des trames avec parcimonie, renforcées par une dominante de tons clairs. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Kasai Chiaki sensei ne censure pas les scènes érotiques et offre même une scène par chapitre. Comme dans le tome précédent, elle dessine le quotidien du couple dans les illustrations en début chapitre. Elle donne également des anecdotes avec des yonkoma à la fin de certains chapitres.

En résumé

Koganei Jun et Niyano Takashi vivent ensemble. Mais l’étudiant se sent un peu frustré sexuellement, son partenaire rentrant souvent épuisé du travail. En plus, le salaryman ne prend jamais d’initiatives et se laisse simplement faire. En conséquence, Koganei se montre un peu plus possessif. Alors, lorsque son petit ami ramène Urabe, un ami de fac, complètement bourré et très collant, il a du mal à calmer sa jalousie.

En conclusion

Kasai Chiaki sensei continue de décrypter les différentes émotions présentes dans une relation déséquilibrée. Elle oscille constamment entre érotisme et tension, détendant l’atmosphère avec quelques touches d’humour. En plus, son graphisme sensuel est très expressif. J’apprécie la lente évolution des personnages et la dynamique entre eux. Une lecture entraînante!

Sous tes caresses 1 – Kasai Chiaki

couverture de Sous tes caresses 1 de Kasai Chiaki, éditions Hana

KASAI Chiaki かさいちあき
ISBN: 9782382762516
Hana, 2024
ISBN: 9784796413404 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Titre original: キミの撫で方躾け方
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Je rêve de me faire dorloter comme ça. »

Kasai Chiaki sensei narre une romance entre un étudiant gay à la fois gentil et « forceur » et un salaryman qui se laisse facilement mener par le bout du nez. Elle installe un jeu de séduction entre les deux hommes, d’abord purement charnel. Ainsi, elle analyse comment les sentiments évoluent entre les petites taquineries. Le passé des deux amants, révélé au fur et à mesure, permet de mieux comprendre leur désillusion envers l’amour. En effet, Niyano connaît parfaitement son point faible (facilement manipulable) mais décide de se laisser faire volontairement. Koganei, très tactile et franc, suit ses envies mais réalise qu’il fait quelques efforts pour son nouveau partenaire. Leur entourage les soutient quelques soient leurs choix. L’autrice aborde donc le manque de confiance en soi et en l’autre, la manipulation, les compromis en amour. Elle joue sur les quiproquos, faisant basculer constamment l’équilibre entre eux.

La mangaka a un trait légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps finement musclés. De même, Koganei dégage une impression mystérieuse à cause de son regard caché sous sa frange ainsi que de la nonchalance constamment contrebalancée par une gestuelle sensuelle. Les trames peu nombreuses renforcent l’aspect incisif du trait tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, une trame rayée recouvre les vignettes de flash-back. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique joue beaucoup sur l’absence de cadrage ou la forme des cases s’adaptant à leur contenu. Kasai Chiaki sensei ne censure par les scènes érotiques et dessine même des coupes intérieures. D’ailleurs, elle offre une scène par chapitre. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages. Il y a également des yonkoma en fin de chapitre qui apportent des anecdotes.

En résumé

Après avoir été plaqué par sa petite amie, Niyano Takashi décide de renoncer à l’amour. Il aime fréquenter un bar gay avec son ami Aki, et fantasme depuis quelque temps sur le bel étudiant Koganei Jun (20 ans). En plus, lors de son emménagement dans son nouvel appartement, il découvre qu’ils sont voisins. Koganei sympathise rapidement avec Niya et se montre toujours bienveillant avec lui. Malgré la réputation de dragueur de l’étudiant, Takashi finit par tomber amoureux…

En conclusion

Spin-off de How to keep me, and how to scold, on découvre donc le couple de Waka et Sayama devenus adultes. Kasai Chiaki sensei propose une romance perturbante avec une relation déséquilibrée mais assumée par le couple. Ainsi, elle analyse en détail l’évolution des sentiments des personnages. Son graphisme facilement reconnaissable dégage beaucoup de sensualité. Je craque complètement pour ce récit et j’adore voir Koganei et Niyano s’interroger constamment. Une lecture intrigante!

Kitayama & Minamiya 1 – Satoh Sugar

Couverture de Kitayama et Minamiya 1 de Satoh Sugar, éditions Hana

SATOH Sugar 砂藤シュガー
ISBN: 9782382765197
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784781622316 (JP)
East press, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Le plan d’origine de Minamiya sera-t-il contré par les sentiments sincères de son nouveau partenaire? »

Satoh Sugar sensei confronte un impatient lycéen aux hormones bouillonnantes à un sérieux étudiant romantique. Ainsi, elle joue sur les quiproquos mais également les commentaires des personnages qui nous rappellent parfois qu’il s’agit d’un manga. La narration alterne entre les deux jeunes hommes. Minamiya à l’imagination débordante élabore des stratégies pour satisfaire sa curiosité mais son manque d’expérience et les recadrages de Kitayama bouleversent tout à chaque fois. Il sera alors amené à réfléchir à l’amour. Les deux hommes apprennent à se connaître et construisent finalement une relation consensuelle. Leur collègue Nishiko et la sœur d’Ayumu soutiennent le couple. L’autrice aborde donc l’importance du consentement, de la communication dans le couple, du temps pour développer et renforcer ses sentiments. Elle surprend les lecteurs par des réactions imprévues, inversant à chaque fois le rapport entre manipulateur et manipulé.

La mangaka a un trait épuré, presque dépouillé, avec un contour épais qui donne du relief. Elle transforme ses personnages en SD dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie, en aplat. Toutefois, les trames d’ambiance très graphiques accompagnent la narration. De même, un fond noir marque les flash-back. Par ailleurs, les décors apportent une note réaliste. Ainsi, le style graphique tout en contraste renforce la dynamique de la mise en page. D’ailleurs, Satoh sensei s’attarde sur les détails comme les gestes discrets. Dans les scènes érotiques, elle joue d’abord sur les cadrages pour ne rien montrer mais censure ensuite les parties intimes par des bandelettes blanches dans l’histoire bonus, offrant même des coupes intérieures. Les personnages posent dans les illustrations en début de chapitre. A la suite, un petit dessin donne une anecdote ou conclut le chapitre précédent.

En résumé

En parallèle de ses études, le lycéen Minamiya Ayumu travaille dans une supérette. La tête pleine de fantasmes, il aime imaginer les visages lubriques des personnes qu’il rencontre. Toutefois, malgré son imagination débordante, il n’y arrive pas avec son collègue et étudiant Kitayama Yuuki. Il élabore alors une stratégie pour le séduire et arriver à ses fins.

En conclusion

Ce tome se classe quatrième des meilleurs nouveaux venus au Chill chill BL award 2024. Satoh Sugar sensei maîtrise le développement de son histoire, surprenant jusqu’à la conclusion. Malgré la répétition de certains gags, elle crée une dynamique entraînante entre les deux étudiants. Son graphisme, qui joue beaucoup sur les contrastes et différents styles, apporte beaucoup de fraîcheur tout en étant très expressif. Je craque complètement pour Kitayama, très à cheval sur le consentement. Je trouve qu’il apporte beaucoup de saveur au récit. Une lecture séduisante!

La pire âme sœur de tous les temps – Haruta

Couverture de La pire âme sœur de tous les temps de Haruta, éditions Hana

Haruta 春田
ISBN: 9782382765173
Hana, 2025
ISBN: 9784403667435 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Titre original: 運命の番がお前だなんて
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Entre disputes et malentendus, qui aurait cru qu’ils seraient des âmes sœurs?! »

Haruta sensei offre une comédie romantique basé sur l’archétype narratif de la haine vers l’amour mais dans l’univers omegaverse. Elle alterne la narration entre les deux héros. Elle base principalement l’humour sur les chamailleries et les quiproquos. Ainsi, les moments romantiques sont constamment détournés. En effet, le narcissique Kotani et le colérique Shishikura parlent franchement mais refusent pendant longtemps d’admettre leurs sentiments réciproques. Malgré une excellente compatibilité sexuelle, le consentement est parfois gris. L’introduction de l’otaku Onoda dans la perspective d’un mariage arrangé met en avant une relation plus apaisée. L’autrice aborde donc la question de l’âme sœur destinée, la pression familiale, la discrimination des omégas.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, transformant les personnages en SD. Les trames sont équilibrées malgré une palette restreinte. De même, les trames d’ambiance sont discrètes. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Haruta sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle offre une scène par chapitre et des coupes intérieures. Dans les illustrations en début de chapitre, elle dessine les deux amants dans leur quotidien. Il y a des explications sur l’univers omegaverse en début de tome.

En résumé

L’oméga Shishikura Yû (29 ans) désespère de trouver l’amour alors que tous ses amis autour de lui se marient. Il s’inscrit donc dans une agence spécialisée dans la recherche d’âme sœur. Lorsqu’un nouvel employé, l’arrogant alpha Kotani Haruto (29 ans), se présente, Yû reconnaît immédiatement son ennemi juré du collège avec lequel il se disputait sans cesse. Mais après la soirée de bienvenue, les chaleurs de l’oméga se déclenchent. Shishikura se réfugie alors dans un hôtel tandis que l’alpha va lui prendre des inhibiteurs. Mais à son retour, Kotani cède à l’appel des phéromones…

En conclusion

Ce tome obtient la treizième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Haruta sensei crée une dynamique entraînante entre un oméga qui a du caractère et un alpha narcissique. Sans révolutionner le genre, elle arrive tout de même à amuser le lecteur jusqu’à la fin. Son graphisme agréable avec ses mignonnes transformations en SD est un plaisir pour les yeux. J’ai passé un agréable moment et me demande ce que le tome 2 pourra proposer. Petite information: Shishikura est représenté par un lion et Kotani par un tigre car les kanjis de ces animaux composent une partie de leur nom. Une lecture divertissante!

La fiancée de l’alpha 4 – Iwamoto Kaoru et Yukimura Kanae

Couverture de La fiancée de l'alpha 4 d'Iwamoto Kaoru et Yukimura Kanae, éditions Hana

IWAMOTO Kaoru 岩本薫
YUKIMURA Kanae 幸村佳苗
ISBN: 9782382765043
Hana, 2025
ISBN: 9784813033639 (JP)
Taiyohtosho, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je veux le voir. Je veux entendre sa voix. Mais je ne peux pas le voir pour l’instant… »

Iwamoto Kaoru sensei continue d’analyser les réflexions de Keiki et Riku sur leur relation mais également leur attitudes influencées par les phéromones. Comme dans le tome précédent, elle interroge sur la pression familiale, le manque de confiance en soi et en son partenaire. Elle s’intéresse également à la séparation, la relation à distance et le long parcours pour recréer une relation solide. Iriya continue de soutenir le couple, devenant indirectement un exemple d’oméga ayant dépassé les préjugés. Conscient de leur amour réciproque, Shutô et Emori font des efforts pour d’abord accepter les défauts de leur nature puis pour mieux gérer leur influence. L’autrice met en avant certains choix difficiles pour avancer vers un avenir plus serein. Elle installe une relation plus consensuelle, dans la discussion et les initiatives. Par ailleurs, elle interroge sur le lien presque fraternel qui s’installe au fil d’une cohabitation.

Yukimura Kanae sensei a un trait léché à peine épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont nombreuses et variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors soignés apportent une touche réaliste. La mise en page dynamique utilise beaucoup les chevauchements et les sorties de cadre. Dans les scènes érotiques, la mangaka censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. Néanmoins, elle offre aussi des coupes intérieures. Elle fait poser les personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Après avoir rejeté son âme sœur, Shutô Keiki (alpha), qui allait le mordre sans son consentement, Emori Riku (oméga) a trouvé refuge chez Kuô Iriya (oméga). Mais depuis, il culpabilise au point d’en perdre l’appétit. Inquiet, Iriya lui prodigue alors quelques conseils, lui rappelant qu’il est seul maître de son destin. Après un temps de réflexion, Riku décide de devenir digne de Keiki en se plongeant dans les études…

En conclusion

Ce tome obtient la vingt-et-unième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2024. Iwamoto Kaoru sensei conclut son récit avec un peu de douceur mais surtout avec une réflexion sur l’état d’alpha et d’oméga, entre classique omegaverse et possibilité de relation plus consensuelle. Son récit est magnifiquement illustré par Yukimura Kanae sensei. Je suis rassurée par la conclusion et l’évolution de la relation. J’adore Iriya et j’espère que son spin-off sera un jour disponible en France. Une lecture émouvante!