Tu me coupes le souffle 4 – Sumiya Zeniko

couverture de Tu me coupes le souffle 4 de Sumiya Zeniko, éditions Taifu

SUMIYA Zeniko 澄谷ゼニコ
ISBN: 9782375064900
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784799761359 (JP)
Libre, 2023 (JP)
Titre original: 息できないのは君のせい 4
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Je me dis qu’on se fiche qu’il soit trop tôt ou pas, maintenant. »

Sumiya Zeniko sensei expose à la fois de courts sujets à chaque chapitre tout en développant la romance et des intrigues sur la longueur du récit. A travers la perception de Miyoshi qui ne vit que pour la musique, elle aborde la différence entre professionnel et passionné, à l’exploitation du talent mais également à la pression pour répondre aux attentes. D’ailleurs, elle analyse les diverses manières de ressentir du plaisir en jouant d’un instrument. Ainsi, le têtu Miyoshi a du mal à exprimer verbalement ses émotions qui se diffusent alors à travers sa musique. Les membres d’Ibéris apportent d’ailleurs une note comique en le recadrant. Shizuki, quant à lui, se retrouve à réfléchir sur ses passions. Yano soutient son petit ami, l’incitant à la discussion. L’autrice apporte un autre regard sur les rapports avec la musique à travers Junko et Shibasaki. Elle s’intéresse également à l’engagement d’un couple.

La mangaka a un trait épuré, légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors détaillés apportent une note réaliste. Ils alternent également avec les trames d’ambiance. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à un fond gris ou noir. La mise en page plutôt classique propose quelques pages plus dynamiques. Sumiya sensei ne développe pas les scènes érotiques, préférant rester dans la suggestion. Toutefois, elle offre des histoires bonus en fin de tome qui jouent un peu sur le fan service. Sous la jaquette, elle complète le récit du chapitre 35 en deux planches à lire à la fin. Comme dans le tome précédent, le frontispice fait suite à la couverture. En fin de chapitre, il y a quelques anecdotes amusantes ainsi que la présentation du groupe Ibéris.

En résumé

Après avoir surpris Shizuki Jun et Yano Yukiji en train de s’embrasser, Miyoshi Reiichi leur ordonne de se séparer. Depuis, Shizuki cumule les erreurs à force de trop réfléchir tandis que Yano s’inquiète mais cherche à le soutenir. Pour lui changer les idées, le flûtiste propose alors à son petit ami d’aller ensemble dans un onsen.

En conclusion

Sumiya Zeniko sensei continue d’analyser les différents rapports de ses personnages avec la musique. Elle développe les différents personnages secondaires et dynamise son récit avec Miyoshi. Par ailleurs, elle annonce dans la postface, transformer Shizuki et Yano en couple gnangnan. Mais justement, c’est ce que j’adore! Le couple s’épanouit à travers leurs passions, leurs discussions et leurs petits gestes d’affection pour notre plus grand plaisir. En plus le graphisme est expressif et plutôt mignon. Une merveilleuse lecture!

Mon partenaire est un oméga talentueux – Arata Licca

Couverture de Mon partenaire est un oméga talentueux d'Arata Licca, éditions Hana

ARATA Licca あらた六花
ISBN: 9782382767641
Hana, 2025
ISBN: 9784866693606 (JP)
J Publishing, 2021 (JP)
Titre original: 僕の番はサラブレットΩ
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« C’est à cause de types frivoles comme toi que les fils d’artistes ne sont pas pris au sérieux! »

Arata Licca sensei narre une romance omegaverse dans le milieu artistique. Ainsi, elle s’intéresse à la discrimination des omégas, à la question de l’âme sœur destinée ainsi qu’aux préjugés sur les enfants de stars. Elle s’amuse en confrontant des caractères opposés irrésistiblement attirés l’un par l’autre. Eito et Natsume cachent leur second genre, redoutant d’être rejetés. Leo s’interroge sur son attirance, ayant tendance à trop s’impliquer dans un rôle. Au fur et à mesure du récit, les faiblesses de chacun des acteurs se révèlent derrière des caractères pourtant forts. De même, le manager Ito apporte un peu de bienveillance. Par ailleurs, l’autrice aborde le poids des secrets, l’acceptation de soi grâce à l’amitié ou l’amour, la gestion des paparazzi.

La mangaka a un trait épuré mis en relief par les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps finement musclés. Les trames sont nombreuses tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Arata sensei censure les parties intimes par des hachures et quelques points blancs diffus. Elle dessine également des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle présente brièvement les caractéristiques des personnages. En début de tome, il y a une explication sur l’omegaverse.

En résumé

L’alpha Asaka Leo (19 ans) se donne à fond dans son travail d’acteur et de mannequin, n’appréciant pas qu’on le compare sans cesse à son célèbre père. Un jour, il décroche un rôle important d’alpha mais doit jouer avec Yanagi Eito (20 ans), fils d’une célèbre mannequin. Toutefois, ce dernier, frivole, cumule les scandales. Lors de la première présentation des acteurs, Eito et Leo se chamaillent immédiatement. Ainsi, Ôga Natsume (24 ans) et Chitose Kotarô (22 ans, bêta) les calment durant chaque tournage. Néanmoins, Leo reconnaît rapidement le talent d’Eito. Comme le réalisateur leur demande de se rapprocher comme de vraies âmes sœurs, Eito emmène alors Leo dans un hôtel sous prétexte de s’entraîner…

En conclusion

Ce one-shot se classe premier meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2022. Arata Licca sensei offre un omegaverse plutôt classique mais avec une dynamique entre les différents personnages très entraînante. La romance se développe plutôt vite mais va à l’essentiel. Son graphisme dégage beaucoup de sensualité. A part les relations sous influence des phéromones qui jouent sur les limites, le consentement est plutôt présent. J’ai beaucoup aimé la dynamique entre les personnages et j’espère que l’on pourra découvrir un jour le spin-off avec le couple secondaire de Kota et Natsume. Une lecture sexy et divertissante!

La souris & le renard 2 – Hanasawa Namio

couverture de La souris & le renard 2 de Hanasawa Namio, éditions Hana

HANASAWA Namio はなさわ浪雄
ISBN: 9782382767603
Hana, 2025
ISBN: 9784861239809 (JP)
Brite, 2023 (JP)
Titre original: ごちそうΩはチュウと鳴く 2
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je peux pas m’empêcher de me dire… qu’il essaie de m’engraisser pour me dévorer… »

Hanasawa Namio sensei continue de développer son omegaverse basé sur des relations proie et prédateur. D’ailleurs, elle crée des problèmes propres à son univers tels que le toilettage, les risques de morsure, les transformations incontrôlables, la rivalité entre prédateurs, apportant tensions, jeux érotiques et moments très comiques. Elle s’intéresse également à l’influence des phéromones, les chaleurs irrégulières, la morsure pour se lier et la discrimination des omégas. Sachio qui éprouve une perte d’inspiration, trouve conseil auprès du mangaka Momoi Sahara (29 ans), écureuil volant bêta, alias Momo Tea. Comme dans le tome précédent, Ukano lutte constamment contre son instinct et se montre très prévenant envers son petit ami. Le couple atteint peu à peu son équilibre. Ainsi, l’autrice aborde la question de l’engagement avec les risques que cela comporte. Elle montre également le dur travail de mangaka.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle l’arrondit et le simplifie dans les passages humoristiques. Elle met en avant la plastique des personnages mais également leur côté mignon lors des transformations animales ou semi-animales. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. D’ailleurs, elles reprennent parfois les fleurs et scintillements décoratifs des shôjo. Les décors très soignés s’estompent autour des personnages. La mise en page très dynamique joue souvent sur les sorties de cadres, les formes des cases adaptées au contenu. Hanasawa sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle offre une histoire sexy en une planche et la postface.

En résumé

Le mangaka Kurumizawa Sachio (souris oméga) a encore du mal à réaliser que son éditeur Ukano Shinobu (renard alpha) soit autant aux petits soins pour lui. D’ailleurs, à chaque fois que son petit ami dort chez lui, ce dernier lui prépare un bon petit déjeuner équilibré. Alors qu’ils étaient en rendez-vous amoureux, la souris découvre des facettes encore plus romantiques et prévenantes du renard. Et lorsque Sachio voit Ukano réfléchir sérieusement à leur amour, ses chaleurs se déclenchent. Mais son petit ami le prend vite en charge.

En conclusion

Ce tome se classe second meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2024. Hanasawa Namio sensei étoffe son univers en créant des problèmes propres aux risques entre proie et prédateur. Elle mène parfaitement son scénario et l’introduction de nouveaux personnages secondaires lance de nouveaux thèmes intéressants. La dynamique entre le renard et la souris est toujours aussi entraînante et bien menée. Le graphisme est très expressif et les versions animales toutes mignonnes. Je fonds complètement pour cette suite! Une lecture réconfortante.

Le pauvre bêta ne connaît pas l’amour 2 – Yashiki Shima

couverture de Le pauvre bêta ne connaît pas l'amour 2 de Yashiki Shima, éditions Hana

YASHIKI Shima 屋敷シマ
ISBN: 9782382767672
Hana, 2025
ISBN: 9784861239540 (JP)
Brite, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je ferai de toi mon destin. »

Yashiki Shima sensei plonge ses deux héros dans une relation encore plus malsaine. Elle continue d’approfondir les questionnements abordés précédemment. Ainsi, elle s’intéresse à la pression sociale et parentale. A cause d’un amour possessif débordant, Ryôsuke a tendance à imposer sa vision de l’amour. Grâce à la cohabitation, Suzuharu découvre de nouvelles facettes de son maître. Il se retrouve constamment écartelé entre son devoir de majordome et ses sentiments amoureux, s’interrogeant sur leur relation. Ses difficulté à se comporter en amoureux et sa méconnaissance apportent une note humoristique. L’autrice dévoile les différentes causes du manque de confiance en soi de Seno. Ainsi, elle aborde la question du destin, le doute qui persiste malgré des démonstrations d’affection, le poids de la position sociale, le manque de communication qui crée des quiproquos. Elle continue de confronter ses deux héros à des obstacles souvent provoqués par la jalousie.

La mangaka a un trait léché légèrement anguleux. Elle varie beaucoup les trames, jouant par ailleurs sur les dégradés. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Yashiki sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Pourtant, comme dans le tome précédent, elle dessine des coupes intérieures.

En résumé

Depuis qu’Isezaki Ryôsuke a couché avec Seno Suzuhara, il le séquestre dans une résidence secondaire. Le majordome n’a plus le droit de travailler et se sent de plus en plus inutile. Ses seules activités consistent à nourrir son maître et à apaiser sa colère sexuellement. A chaque fois qu’il désobéit, leurs rapports deviennent plus intenses et violents. Mais quand Seno fond en larmes, désespéré, Ryôsuke lui propose alors un jeu: le majordome pourra retourner à sa vie d’avant s’il fait semblant d’être son petit ami pendant une semaine…

En conclusion

Yashiki Shima sensei interroge sur l’amour destiné pour un bêta. Elle joue avec les émotions des lecteurices en brisant à chaque instant la moindre lueur d’espoir, maintenant ainsi constamment le suspense. Comme le récit se fait plus violent et sérieux, elle reste constante dans son travail graphique, délaissant les transformations en SD. A noter qu’il y a beaucoup de scènes sans consentement. Pour ma part, je suis fascinée par Ryôsuke qui exprime son amour possessif débordant comme la pire ordure qui soit. J’ai donc hâte de découvrir la suite. Une lecture déconcertante!

Le pauvre bêta ne connaît pas l’amour 1 – Yashiki Shima

couverture de Le pauvre bêta ne connaît pas l'amour 1 de Yashiki Shima, éditions Hana

YASHIKI Shima 屋敷シマ 
ISBN: 9782382767665
Hana, 2025
ISBN: 9784861239700 (JP)
Brite, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« En tant qu’homme bêta, je ne pourrai jamais être choisi… »

Yashiki Shima sensei propose une romance omegaverse interrogeant sur la place des bêtas. Elle s’intéresse particulièrement au lien d’âme sœur. A travers Uezono (alpha) et Isezaki Ritsu (oméga), elle questionne sur la place de l’amour dans les mariages arrangés ou les relations sous influence de phéromones. La narration se base principalement du point de vue de Suzuharu. Le bêta nourrit un énorme complexe sur sa condition, rêvant d’une relation aussi fusionnelle qu’entre alpha et oméga. Il reste donc constamment dans le déni de ses sentiments. Le manipulateur Ryôsuke se montre très possessif, exprimant maladroitement ses émotions. Malgré un amour réciproque, le majordome et son maître vivent un amour contrarié. L’autrice construit une relation toxique avec un alpha abusant de son autorité. Toutefois, elle détend un peu l’atmosphère avec les personnages secondaires, en particulier Arai.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques, dessinant par ailleurs de mignons SD. Les nombreuses trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, un fond noir indique les flash-back ou les secrets mis en image. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique guide le regard, s’attardant sur les détails. Dans les scènes érotiques, Yashiki sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Pourtant, elle offre au moins une scène par chapitre et dessine même des coupes intérieures.

En résumé

Le remarquable majordome Seno Suzuharu (bêta) est souvent sollicité pour ses compétences sans faille. Il prend bien soin de son maître Isezaki Ryôsuke (alpha) qui préfère une vie de débauche avec plusieurs omégas au lieu de chercher à se ranger. D’ailleurs, ce dernier refuse d’hériter des groupes pharmaceutiques Achiya. Ainsi, Seno passe son temps à le recadrer et à repousser ses avances, demandant même à son collègue Asai d’espionner un peu leur patron pour découvrir ses goûts en matière de femmes. Mais un soir, Ryôsuke emmène son majordome à une soirée libertine…

En conclusion

Ce tome se classe premier meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Yashiki Shima sensei offre une romance omegaverse plutôt dérangeante avec une relation toxique dans laquelle l’amour devient blessant. Toutefois, elle aborde des thèmes intéressants, en particulier la place des bêtas. Son beau graphisme devient par ailleurs tout mignon dans les passages humoristiques. Les constantes confrontations entre Suzuharu et Ryôsuke et les révélations diffusées au fil des chapitres portent toute la dynamique du récit. Une lecture prenante!

Underdog puppy love – Sado Romeo

Couverture de Underdog puppy love de Sado Romeo, éditions Hana

SADO Romeo 茶渡ロメ男
ISBN: 9782382767658
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784845858729 (JP)
Leed, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je veux tout connaître du corps des hommes. »

Sado Romeo sensei narre une romance entre un lycéen et un comédien sur la sellette suite à un outing. Elle s’intéresse à divers sujets comme la différence d’âge, le poids des rumeurs dans le milieu artistique, les discriminations persistantes. Par ailleurs, elle dynamise son récit en jouant sur les contrastes. Par exemple, malgré sa tête d’ange, Hikaru parle crûment tandis que Naruse, bien qu’adulte, a un côté très fleur bleue. Sous prétexte d’une initiation, un jeu érotique s’installe entre les deux hommes mais le comédien essaie toujours d’imposer des limites au lycéen. Par ailleurs, Naru, après réflexion sur son avenir, se reconstruit grâce à Kogasaka qui lui apporte conseils et techniques plus modernes. A travers le fourbe Miwa Kippei, l’autrice montre d’autres méthodes pour stimuler sa carrière, parfois à la limite de la légalité. Par ailleurs, elle aborde la question de la première fois, de la libido des jeunes adultes.

La mangaka a un trait léché mais épuré. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Parfois, ses compositions utilisent les codes des shôjo comme des fleurs ou des scintillements entourant les personnages. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors détaillés sont très présents. Aussi, la mise en page plutôt classique évite ainsi de surcharger les pages. Dans les scènes érotiques, Sado sensei censure les parties intimes par un cache blanc. D’ailleurs, elle préfère cadrer ces passages au niveau du buste en général et précise donc avec humour ce qui se passe dans un encart. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages.

En résumé

La carrière montante du comédien Naruse Shirô s’arrête brusquement lorsque son duo avec Miwa Kippei éclate. En effet, Miwa le rejette en découvrant qu’il est secrètement amoureux de lui depuis six ans. Comme la rumeur sur son homosexualité enfle, le patron de leur agence n’hésite pas à le virer. Alors que Naruse noie son chagrin dans l’alcool dans un bar gay, un beau jeune homme l’aborde et l’emmène dans un love hotel pour la nuit. Toutefois, le lendemain, le comédien découvre que Kogasaka Hikaru n’est que lycéen. Pourtant, ce dernier lui demande de tout lui apprendre du sexe entre hommes et n’hésite pas à le faire chanter avec une photo compromettante…

En conclusion

Sado Romeo sensei propose un récit au premier abord gênant d’après le scénario mais très bien maîtrisé, empli d’humour et de sujets d’actualités. Elle analyse avec délicatesse la question du coming out des célébrités et des enjeux sur leur carrière. Son graphisme agréable ancre parfaitement le récit dans la réalité. D’ailleurs, je craque complètement pour leurs bouilles SD dans les passages humoristiques, surtout celles de Hikaru. Certains lecteurs pourront être choqués par la différence d’âge. Pour ma part, j’aime beaucoup la personnalité des deux héros et j’avais envie de les encourager. Une lecture touchante!

Sweet blood – Shakeda Nene

couverture de Sweet blood de Shakeda Nene, éditions Hana

SHAKEDA Nene 鮭田ねね
ISBN: 9782382767634
Hana, 2025
ISBN: 9784861239571 (JP)
Brite, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Celui qui l’a acheté au Marché Noir est un beau et jeune vampire. »

Shakeda Nene sensei revisite un peu l’univers des vampires en créant un monde hiérarchisé, dans lequel les humains n’ont qu’un rôle d’esclave ou de « vermine » qui survivent tant bien que mal. Elle installe une étrange cohabitation entre un vampire curieux de culture humaine et un potier-céramiste qui accepte de devenir un casse-croûte en échange d’une certaine sécurité. Ainsi, Jinosuke s’interroge énormément sur sa relation avec Noi qui prend plus des airs de couple amoureux. Néanmoins, le jeu érotique autour de la morsure installe un consentement plutôt gris. Avec le policier Amill, l’autrice ajoute une nouvelle note positive dans son univers plutôt violent. Elle dévoile au fur et à mesure les secrets autour du vampire maintenant ainsi un certain suspense.

La mangaka a un trait épuré au contour plus épais. Elle dessine parfois les personnages en SD, ou juste la tête toute en rondeur, apportant une note mignonne et comique. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est simplement dynamique. Même si les morsures dégoulinent un peu de sang, Shakeda sensei évite de détailler les passages trop violents. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Le monde actuel est dominé par les vampires. Mais depuis quelques temps, des tensions apparaissent avec les humains. Le potier-céramiste Fukura Jinosuke (36 ans) voit son projet d’exposition brusquement annulé et se retrouve alors endetté. Sans passe pour justifier sa présence auprès des vampires, il est soudain kidnappé puis vendu aux enchères. Son acquéreur, le vampire Noi, lui fait alors signer un contrat consistant à le nourrir de son sang. Mais ses morsures ont un drôle d’effet sur Jinosuke…

En conclusion

Shakeda Nene sensei crée un univers vampirique plutôt original avec une cohabitation d’abord déstabilisante mais une relation intrigante. Son graphisme qui devient mignon dans certains passages apporte une touche particulière mais agréable, détendant l’atmosphère souvent sombre et tendue. J’aime beaucoup la dynamique entre les personnages. Une lecture divertissante.

Étoile filante – Migino Yagi

couverture de Étoile filante de Migino Yagi, éditions Hana

MIGINO Yagi ミギノヤギ
ISBN: 9782382767580
Hana, 2025
ISBN: 9784801978980 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Même les étoiles les plus brillantes deviennent de simples cailloux une fois au sol. »

Migino Yagi sensei narre une romance entre un étudiant passionné de photographie et un ancien modèle qui a abandonné sa carrière à cause de cicatrices, abordant des thèmes d’actualités. Ainsi, elle s’intéresse au poids des regards insistants, au jugement extérieur, aux risques de partage de photographie sur les réseaux sociaux. Elle dévoile au fur et à mesure le passé de Makito, grâce à l’introduction de Seta Sôgo, son ancien manager et de son rival Hisaka Yôsuke. Attiré par Maki, le bienveillant Tensei, au regard encore pur, n’hésite pas à se remettre en question et s’interroge alors sur sa sexualité. Le couple se soutient mutuellement et construit une relation consensuelle. La narration alterne entre les deux héros. Ainsi, l’autrice aborde la dépression, le manque de confiance en soi, la construction d’une identité, la difficulté à s’aimer soi-même. A travers Shôhei, l’ami d’Ichiyama, elle interroge sur le recours à la chirurgie esthétique.

La mangaka a un trait fin et épuré parfois presque dépouillé. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à le déformer. Elle utilise les trames avec parcimonie. Par ailleurs, les trames d’ambiance appuient discrètement les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par contre, les décors situent principalement l’action. Néanmoins, il y a un travail plus soigné des paysages. La mise en page est plutôt classique. Migino sensei ne censure pas les scènes érotiques. Dans les illustrations en début de chapitre, elle dessine le quotidien des personnages. La couverture se classe seconde au Chill chill BL award 2023.

En résumé

L’étudiant Ichiyama Tensei est passionné de photographie et particulièrement prendre le ciel étoilé. Mais depuis qu’il a rencontré Makito, qui gère la bibliothèque, il a envie de faire son portrait, fasciné par les brûlures qui recouvrent une partie de son visage. Toutefois, Maki semble à la fois réjoui et inquiet d’être pris en photographie. Lors d’une sortie à deux, après une grosse averse, ils se réfugient dans un love hotel. Tensei n’arrive alors pas à réprimer ses sentiments.

En conclusion

Migino Yagi sensei équilibre avec finesse son scénario, maintenant un certain suspense en dévoilant par brides le passé de Makito et l’évolution des sentiments de Tensei. Elle offre une romance touchante et emplie d’émotions, avec une relation consensuelle. De même, les personnages secondaires ont beaucoup de personnalités, rendant le récit vibrant de réalisme. Par ailleurs, son graphisme possède un charme particulier malgré certains traits très épurés. Je fonds complètement pour le couple. J’espère découvrir un jour d’autres œuvres de la mangaka. Un énorme coup de cœur!

Terano et Kumazaki – Yoriko

couverture de Terano et Kumazaki de Yoriko, éditions Hana

Yoriko 依子
ISBN: 9782382767627
Hana, 2025
ISBN: 9784801974876 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Je veux encore plus le perturber, trouver tous les endroits qui le font chavirer… »

Yoriko sensei narre une classique romance entre un bon élève président du conseil des élèves et un cancre considéré comme un délinquant. Elle base d’abord la narration du point de vue de Terano puis alterne avec celui de Kumazaki à la moitié du tome. Entre les nombreuses scènes érotiques, elle dépeint avec brio l’ambiance de la vie lycéenne. La relation est consensuelle, les deux adolescents discutant facilement malgré des caractères opposés. Ainsi, Terano taquine souvent son timide petit ami tout en respectant ses demandes. Le vice-président du conseil des élèves, Nishiki, bouscule un peu le couple. L’autrice aborde entre autres, le jugement sur l’apparence, la gestion de la jalousie, l’entraide et la pression de la réussite dans les études. Elle apporte encore plus d’humour avec les camarades de classes. Par ailleurs, elle offre deux histoires torrides en bonus.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle dessine des yeux effilés et des corps finement musclés. Les trames sont variées et en aplat tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Néanmoins, les décors très présents apportent un certain réalisme. La mise en page plutôt classique propose quelques pages plus dynamiques. Yoriko sensei décompose les gestes, détaillant ainsi les réactions. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, qui apparaissent presque à chaque chapitre. A la fin de certains chapitres, elle donne des anecdotes.

En résumé

Le président du conseil des élèves Terano sort secrètement avec le timide Kumazaki Shûya qui passe pour un délinquant. Mais trop sûr de lui, il fait fuir son petit ami en voulant coucher avec lui au lycée. Pourtant, une semaine plus tard, Kumazaki l’invite chez lui et lui annonce s’être entraîné. Comment ne pas craquer face à tant d’amour?

En conclusion

Ce tome obtient la onzième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022. Malgré un scénario classique, Yoriko sensei nous retient en haleine avec une dynamique sans cesse renouvelée et des intrigues surprises. Bien qu’il y ait beaucoup de scènes érotiques, prépublication Qpa oblige, elle dépeint merveilleusement bien l’ambiance lycéenne et aborde des sujets simples mais intéressants. En plus, le graphisme très expressif est un pur bonheur. Pour moi, le fait que le couple soit déjà ensemble au début de l’histoire fait peut-être toute la différence, car cela bouscule la narration habituelle. J’attends le deuxième tome avec impatience. Coup de cœur!

Amants sous contrat – Matsuda Io

Couverture de Amants sous contrat de Matsuda Io, éditions Hana

MATSUDA Io まつだいお
ISBN: 9782382767597
Hana, 2025
ISBN: 9784813033486 (JP)
Taiyohtosho, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je ne peux plus le nier à présent. Je suis tombé amoureux de toi. »

Matsuda Io sensei narre une romance entre deux collègues sur la base du faux petit ami. Elle alterne la narration entre les deux hommes qui se parlent en fin de compte franchement. Par ailleurs, elle aborde des sujets contemporains comme le harcèlement, le coming out au bureau, le poids des rumeurs, le jugement sur l’apparence. A cause de sa grande gentillesse, Yanaka Wataru provoque involontairement des quiproquos, en particulier avec la gente féminine. Ainsi, il réalise également la distance prise avec son ami d’université Moriyama Keisuke qu’il ne connaît pas aussi bien qu’il pensait. Sous prétexte d’une initiation, les deux salarymen vont se découvrir et se rapprocher. Toutefois, leur relation frise avec les limites du consentement, Yanaka étant inexpérimenté et hésitant. L’autrice s’attarde sur les interrogations des deux hommes, entre culpabilité, influence et peur de perdre une amitié. Takagi, collègue de Yanaka, joue les confidents avec bienveillance.

La mangaka a un trait anguleux adouci par les pleins et les déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle apporte une note réaliste entre les décors détaillés et les nombreuses trames variées qui reproduisent avec finesse les dégradés. Par contre, des hachures envahissantes marquent les rougissements. Les trames d’ambiance parfois graphiques renforcent les émotions, particulièrement les moments comiques. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique joue sur les superpositions, l’absence de cadre et les sorties de vignette. Matsuda Io sensei décompose certains mouvements et détaille les petits gestes. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par de fines languettes blanches. Néanmoins, elle dessine des coupes intérieures. Les illustrations en début de chapitre montre le quotidien des personnages.

En résumé

Harcelé par une collègue, Yanaka Wataru désigne Moriyama Keisuke, qui passait non loin, comme son petit ami. Se connaissant depuis l’université, il lui demande alors de jouer le jeu quelques temps. Moriyama accepte à une condition: qu’il fasse ce qu’il veut. Et à la surprise de Yanaka, il lui demande de coucher avec lui.

En conclusion

Matsuda Io sensei maîtrise plutôt bien le format one-shot, développant avec finesse l’évolution des sentiments de ses personnages. Elle va à l’essentiel, abordant des thèmes contemporains intéressants. Malgré des intrigues simples, leurs apparitions au fil des chapitres créent un peu de suspense et de tension. Le graphisme est par ailleurs séduisant. J’aime beaucoup les échanges entre les deux hommes qui se redécouvrent. Une lecture agréable!