Life – Tokokura Miya

life tokokura miya

TOKOKURA Miya 常倉三矢
ISBN: 9782375061138
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784832290105 (JP)
Houbunsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Une douce romance où les rêves sont mis à mal mais finissent toujours par apporter le bonheur.

Dans ce one-shot, Tokokura Miya sensei suit un couple de rêveurs de leur rencontre jusqu’à la mort. Elle aborde quelques étapes de leur vie, avec leurs joies et leurs problèmes: par exemple, les doutes professionnels ou sentimentaux, la séparation, les retrouvailles, les maladies. Ainsi, les titres des chapitres reprennent l’âge des personnages. Un écart se creuse petit à petit entre Nishi et Itô, malgré eux, alors qu’Akira mûrit et perd son côté rêveur. De plus, l’acceptation de leur sexualité ne se fait pas au même rythme. La narration alterne donc entre les protagonistes. L’auteure décrit avec pudeur et poésie leurs pensées et sentiments. Elle joue sur la métaphore de la ligne au bord de la route qui accompagne la destinée de ce couple. Les moments de joie sont concentrés dans le dernier chapitre, contrebalançant la fin mélancolique.

La mangaka a une approche graphique très poétique. D’ailleurs, elle retranscrit en images le monde imaginaire des héros. La ligne sur la route semble parfois prendre vie. Les cadrages sont dynamiques. Ainsi, Tokokura sensei privilégie les cases ou planches silencieuses, narrant son histoire avec le dessin. Le jeu des clairs-obscurs appuie l’action. De même, les décors et les trames d’ambiance se font discrètes. Son style assez classique met en valeur son trait doux et expressif. De plus, les déformations et les simplifications renforcent l’expressivité des visages. Les scènes érotiques mettent en avant les sentiments. La censure joue sur l’absence de traits mais ne gâche en rien l’esthétique.

En résumé

En marchant sur les lignes bordant les routes, Nishi Yûki (17 ans) s’imagine traverser une mer de requins. Itô Akira (17 ans), quant à lui, est en suspension au-dessus de pics de glace. Un jour, ces deux rêveurs se croisent sur la même ligne et doivent négocier pour pouvoir continuer leur route. Alors qu’une agréable routine s’installe entre eux dans l’attente de chaque rencontre, une certaine complicité se développe. Cependant, Itô est de plus en plus troublé par d’étranges sentiments envers son ami et finit par l’embrasser. Ayant rompu leur jeu, il fuit Nishi qui l’attend en vain. Mais ce dernier décide de le rejoindre au lycée…

En conclusion

Ce manga est un vrai coup de cœur. J’adore la joie de vivre de Nishi, m’étant particulièrement attachée à lui. Grâce à l’admirable traitement scénaristique de l’auteure, je passe par diverses émotions, du sourire aux larmes, accompagnant les sentiments des héros. Je recommande donc vivement ce BL. Il mérite pleinement sa première place de meilleur manga au Chill chill BL award 2018.

Loopy peeps! – RUNa

loopy peeps runa

RUNa るんぁ
ISBN: 9782368776629
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801962873 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

L’amour dans les soirées étudiantes libertines.

Ce one-shot de RUNa sensei est une romance légère entre deux couples d’amis qui tombent amoureux, sur fond de soirées étudiantes alcoolisées et libertines. L’auteure propose une histoire assez classique, avec des ikemen aux caractères plutôt clichés: un pervers à lunettes, un gay naïf mais obsédé, un tombeur dominateur, un uke obstiné. Le côté aguicheur mais maladroit de Chiharu et Fuyuha fait tout leur charme. Certaines situations jouent sur le fan service mais quelques intrigues permettent de dynamiser un peu le récit. Par contre, il est dommage que celle avec le président du club de Fuyuha ne soit pas plus développée. La narration se fait du point de vue des uke. La relation entre Nanatsu et Fuyuha occupe la première moitié du volume. L’aventure de Saneaki et Chiharu puis des deux couples se partagent l’autre moitié du tome.

La mangaka possède un style shôjo, aux traits assez fins. Même si ses personnages sont grands et sveltes, elle travaille suffisamment les pectoraux pour qu’ils conservent une certaine masculinité. Dans les moments humoristiques, elle simplifie les traits: par exemple, les yeux deviennent de simples carrés quand les protagonistes sont surpris ou ils deviennent SD. Ses cadrages sont dynamiques. L’alternance entre les décors et les trames d’ambiance est équilibrée. Sous la jaquette, RUNa sensei a dessiné deux planches amusantes mettant en scène la passion des bananes de Fuyuha provoquant les fantasmes de Nanatsu. Il y a beaucoup de scènes érotiques, dégageant de la sensualité malgré l’auto-censure qui simplifie les organes génitaux.

En résumé

Lors de soirées étudiantes organisées par leur club, Udagawa Fuyuha aime s’amuser et se donner en spectacle avec son ami et sex friend Sakuragaoka Chiharu. Le président de leur club les met en garde contre le club concurrent dirigé par l’étudiant d’élite Sasazuka Nanatsu, à la réputation sulfureuse, et son ami Tomigaya Saneaki. Lors d’une soirée trop arrosée, Fuyuha emmène Chiharu se reposer dans une salle VIP. Cependant, en revenant des toilettes, il se retrouve par inadvertance dans la backroom, à cause du manque de lumière. Croyant d’abord être avec son ami, Fuyuha entame une fellation. Bien que réalisant son erreur, il se laisse emporter par le plaisir en couchant avec cet inconnu. Jusqu’à ce qu’il découvre tout à coup que son partenaire n’est autre que Nanatsu, réputé pour avoir couché avec plus de mille personnes!

En conclusion

Bien que l’histoire est légère, les personnages sont assez attachants. J’adore particulièrement le couple Saneaki*Chiharu, où le seme aime faire mariner son uke obsédé. En japonais, les personnages possèdent chacun dans leur prénom un caractère de saison: Fuyuha 冬羽 avec le kanji hiver, Nanatsu 七夏 avec celui de l’ été, Chiharu 千春 celui du printemps et Saneaki 実秋 celui de l’automne. Je trouve que cela colle parfaitement à leur caractère.

Drag-less sex 2 – Enzo

drag-less sex 2 enzo

Enzo エンゾウ
ISBN: 9782368776889
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801963580 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Y a-t-il un peu de place pour l’amour quand on est atteint du syndrome des phéromones?

Enzo sensei offre un spin-off de Drag-less sex en s’attardant sur le couple d’Inui et Tatsumi. Ce manga a obtenu la seconde place au classement de la meilleure BD au Chill Chill BL award 2019. Même si le consentement n’est pas naturel, influencé par les phéromones ou les manipulations d’Inui, l’humour joue justement sur le chantage de l’otaku pour obtenir la satisfaction de ses fantasmes. Tatsumi finit toujours par céder, ses sentiments se développant doucement. Même si l’auteure garde une certaine distance dans la narration, posant les lecteurs comme de simples observateurs, elle développe divers sentiments comme la jalousie, le doute, les regrets et la peur du changement. Elle présente certains moments de la vie du couple, du lycée jusqu’à leur cohabitation, et conclut sur leur situation quand ils ont atteint la trentaine.

La mangaka a un style graphique plutôt réaliste, reconnaissable immédiatement à ses yeux cernés de noir. Elle exagère les expressions pour transcrire les sentiments. Ainsi, ses visages déformés par le plaisir ne sont pas forcément mignons. Ses cadrages sont dynamiques et ses angles de vues recherchés. Elle privilégie les trames d’ambiance et les décors servent principalement à situer les scènes. Pour rendre réaliste son univers, elle a même créé la mascotte en forme de gélule Misao-chan, du comité de protection sanitaire du syndrome des phéromones. Sous la jaquette, Enzo sensei a dessiné sa postface et un yonkoma amusant avec la mère d’Inui. Les scènes érotiques ne sont pas censurées. Il y a même les détails et les coupes internes.

En résumé

Le syndrome des phéromones est une sorte d’allergie. La personne atteinte dégage beaucoup de phéromones, amplifiant et transformant en désir sexuel l’amour ou l’attirance que les personnes éprouvent pour elle. Atteint de cette pathologie, Tatsumi ne prenait pas de traitement, profitant de pouvoir coucher avec plusieurs filles; jusqu’à ce qu’Inui, son camarade de classe amoureux de lui, le viole. Cependant, depuis qu’il se soigne, les filles se sont désintéressées de lui. Alors quand Inui l’invite chez lui, il finit par accepter, légèrement frustré de le voir si froid. Mais en réalité, pris de remords de l’avoir forcé, l’otaku essaie de contrôler ses pulsions, son attirance restant intacte malgré les cachets. En manque, Tatsumi couche alors à nouveau avec son camarade, appréciant les sensations qu’il lui procure. Cédant à ses supplications et menaces, il accepte donc de sortir avec lui bien qu’il ne ressente pas d’amour en particulier…

En conclusion

Il est amusant de voir tomber ce dragueur de Tatsumi fou amoureux, même si Inui ne le ménage pas. D’ailleurs, le chapitre sur la crise dans le couple est bien mené et a réussi à m’émouvoir. Cela donne envie de découvrir l’évolution des autres couples du premier volume. En tout cas, le concept est beaucoup plus appréciable sur un tome entier, même si les scènes érotiques sont très présentes. Avec la mascotte qui apporte explications et statistiques, l’univers des phéromones semble vraiment crédible.

Won’t you believe your destiny? – London Pariko

won t you belive your destiny london pariko

LONDON Pariko 倫敦巴里子
ISBN: 9782368771488
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796403535 (JP)
Kaiohsha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

Le fil du destin au service de l’amour.

Ce recueil de London Pariko sensei offre des romances légères peu approfondies. L’auteure met principalement en avant le manque de communication. La première histoire est la plus travaillée et est développée sur deux chapitres. Elle suit deux timides qui s’interrogent sur leurs sentiments, influencés par les discussions de leurs collègues féminines. Malheureusement, les autres récits restent plutôt anecdotiques, surtout le dernier qui semble inachevé, étant une réponse à un thème imposé. « Ta voix, tes yeux » joue sur les quiproquos et les flash-back avec un amour réciproque entravé par des problèmes de compréhension mutuelle. L’univers de l’interprétariat est abordé de manière superficielle. La troisième histoire commence par une relation sans sentiment mais tranche avec un aspect presque poétique.

Le graphisme rond de la mangaka se rapproche du style shôjo et dégage une certaine douceur. Ainsi les visages ont des traits un peu poupin. Les personnages ne font donc pas leur âge. Les uke ont de grands yeux. London sensei privilégie la simplification des traits pour renforcer les expressions. Elle utilise beaucoup de trames d’ambiance et peu de décors. Comme certaines histoires sont anciennes, son style n’est pas encore stable. Ses cadrages sont plutôt classiques. Ses scènes érotiques sont assez détaillées mais centrées sur le lien et l’amour partagé.

En résumé

Won’t you believe your destiny? / Impassible urgence: Lors d’un gôkon, Gotô rencontre Fujiwara avec qui il sympathise très vite. En effet, ils partagent les mêmes loisirs et sont souvent sur la même longueur d’ondes. Mais à force de le fréquenter, des sentiments inavouables germent dans le cœur du salaryman.
Ta voix, tes yeux: Le professeur Tsutsumi Yoshio conseille à son étudiant Ôzaki Akira de travailler dans l’interprétariat, sa voix étant agréable. Presque dix ans plus tard, ils se croisent à un colloque. Mais alors qu’ils s’étaient quittés abruptement, Akira se montre froid envers son mentor, ressassant un passé douloureux.
L’envers de la lune: Yokota, amoureux de sa collègue Nakano, l’espionne chaque soir par la fenêtre de son immeuble situé juste en face de celui de la jeune femme. Son ami Asuka tente de le ramener à la raison, le jeune salaryman finissant à chaque fois en larmes en voyant son aimée cumuler les aventures. Un soir, il lui propose de la remplacer.
Aogeba Tôtoshi: A la cérémonie de remise des diplômes, le professeur Macchan accepte de porter l’uniforme féminin pour faire plaisir à ses élèves. Le lycéen Kashiwagi réalise alors ses sentiments…

En conclusion

Ces histoires sont bien trop légères pour passionner. Cependant, le graphisme de l’auteure reste agréable, conférant un côté mignon à ses dessins. Les deux premiers récits sont les plus intéressants.

The world revolves around you – Ogawa Chise

the world revolves around you ogawa chise

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782368771556
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404365 (JP)
Kaiohsha, 2013
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

« Aime-moi et laisse-moi t’aimer. »

Dans ce recueil, Ogawa Chise sensei regroupe ses premiers récits réalisés à l’origine en dôjinshi. Elle va à l’essentiel dans ces formats parfois très courts. Ce gakuenmono confronte des seme entreprenants à des uke hésitants; le consentement n’est donc pas forcément clair. La première histoire donne son titre au manga et met en scène un amour manipulateur entre deux protagonistes complexés qui cherchent à exister à travers l’amour de l’autre. « Le manga du faux coiffeur » est le premier BL de l’auteure. Alors que Yûshi se montre possessif, Tadachika n’est pas honnête avec ses propres sentiments. Le récit suivant met en valeur Harumi qui se sent en fait hideux de l’intérieur bien qu’il a pleinement conscience de son charme. La quatrième histoire aborde vaguement les ravages des rumeurs mais s’attarde surtout sur le petit jeu qui s’installe dans le couple. Enfin, « Excellent dessert » est une comédie romantique entre deux beaux gosses dont l’un est très gourmand.

Le style de la mangaka se remarque déjà: des visages anguleux, des corps graciles. Les yeux paraissent un peu vide avec parfois de minuscules pupilles. Les uke sont toujours plus petits et semblent plus fragiles ou efféminés. L’humour est renforcé par la simplification des traits. Il y a peu de décors et de trames. Les cadrages sont assez dynamiques et abusent un peu des ellipses. Les scènes érotiques évitent la censure par le choix de cadrages ne montrant pas les parties intimes.

En résumé

Le monde tourne autour de toi / Le monde est dans tes bras: Complexé par la banalité de son visage, Maki Sôichi ne comprend pas pourquoi le beau Fukamachi le trouve mignon. De plus, ce dernier dit l’aimer et le poursuit de ses assiduités.
Le manga du faux coiffeur: Takada Yûshi souhaite prendre la suite du salon de coiffure de ses parents. Pour s’entraîner, il joue le coiffeur temporaire en salle de chimie et en profite pour se faire un peu d’argent. Son client préféré, Tadachika, le trouve beau mais est de plus en plus troublé par ses petits attouchements, jusqu’au jour où il l’embrasse.
Bête et beau: Harumi est beau mais bête avec, en plus, un mauvais caractère. Il emprunte souvent les notes de son ami Ryôhei qu’il remercie à chaque fois en l’embrassant. Alors que Ryôhei attire les gens par sa gentillesse, Harumi fait tout pour le garder auprès de lui, quitte à saborder les déclarations d’amour des filles que son ami reçoit.
Âme bon marché / Un avenir rayonnant: Quand son kôhai Mori Yôsuke lui annonce vouloir essayer de coucher avec un homme, Satomi accepte contre la somme dérisoire de 100 yens. Malgré les rumeurs tendancieuses qui circulent sur lui dû à son homosexualité, il est en réalité plutôt inexpérimenté. Un jeu s’engage alors entre les deux garçons.
Excellent dessert: Natsume a la côte auprès des filles et en profite pour avoir des friandises. Mais son rival Kaji lui vole la vedette. Pourquoi accepte-t-il alors de partager ses gâteaux?

En conclusion

Les formats trop courts ne permettent pas d’approfondir le scénario. Même si le graphisme de la mangaka est déjà reconnaissable, certains personnages se ressemblent, brouillant un peu la compréhension. Et ces seme qui privilégient la contrainte psychologique ou physique sont assez dérangeants. J’ai bien aimé « Âme bon marché » avec sa conclusion se déroulant quelques années plus tard.

Principle – Sachimo

principle sachimo

Sachimo さちも
ISBN: 9782368776803
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784832290679 (JP)
Houbunsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Dualité entre un stalker intellectuel et un travailleur manuel déluré.

Ce one-shot de Sachimo sensei offre une comédie romantique entre un homme déterminé aux critères élevés et un beau gosse déluré ayant plein de principes. Leurs comportements extrêmes, presque déviants, semblent au premier abord clichés mais l’auteure dévoile au fil des chapitres leurs motifs et leurs influences, approfondissant un peu leur psychologie. Elle alterne les narrateurs entre Yamashiro et Yashiro qui partagent leurs envies, pensées, questionnements sur leurs sentiments. De même, le charpentier Tsuji, qui paraît froid et blasé, a droit à un chapitre pour s’exprimer. Alors que Yamashiro s’est fixé des règles strictes, Yashiro se fie à ses impressions. L’humour est principalement basé sur la dualité entre les deux héros et comment Yamashiro sera amené à briser ses propres règles. Leur relation évolue vite mais avec leurs caractères têtus, elle reste tendue.

Le trait de la mangaka est fin. Les hommes sont grands, de carrures sveltes mais musclées. Les yeux sont fins mais restent expressifs. Sachimo sensei utilise des simplifications pour les passages humoristiques: par exemple, les joues rougissantes sont toutes rondes. Elle tire complètement profit des trames en les utilisant pour la colorisation, les ombres et les ambiances. Elle utilise les décors principalement pour situer les actions. Ses cadrages sont dynamiques mais dégagent un certain formalisme. La censure des scènes érotiques est faite en occultant des traits mais les trames suggèrent parfaitement les détails, permettant de conserver une certaine sensualité.

En résumé

Le charpentier Yamashiro Kanta ne couche qu’avec des « magiciens », c’est-à-dire des hommes de plus de 30 ans encore puceaux prêt à tout pour se dépuceler. Pour se protéger de déconvenues, il s’impose plusieurs règles strictes à suivre. Mais un jour, il rencontre l’architecte d’élite Yashiro qui travaille avec son patron Seki. Alors qu’une aventure d’un soir s’est mal passée, il tombe sur l’intellectuel qui le suivait. Ce dernier se prétendant magicien, il accepte de coucher avec lui malgré ses doutes. Mais l’architecte n’a pas l’intention de respecter la règle d’un coup du soir…

En conclusion

De premier abord simple et léger, le scénario s’avère légèrement approfondi et met en scène deux hommes opposés fuyant l’amour. Il faut tout de même avouer que tout est prétexte à introduire une scène érotique et que le principal but de l’histoire est de voir tomber les principes de Yamashiro un à un. Ce one-shot a obtenu la dix-neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019.

Incitant porno – Jita

incitant porno jita

Jita 爺太
ISBN: 9782368776834
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866691732 (JP)
J publishing, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Romance dans le cinéma pornographique.

Ce one-shot de Jita sensei a pour thème le milieu du cinéma pornographique. L’auteure détaille les moments de tournage, alliant scènes érotiques et avis des acteurs sur les répliques ou le scénario. Par ce thème, elle questionne donc la reconversion des acteurs, la place d’une relation amoureuse, les raisons poussant à faire ce métier, la vision extérieure du métier, les différences entre cinéma pornographique hétérosexuel et homosexuel. Elle donne un profil psychologique plutôt travaillé à ses personnages: malgré son métier, Takumi conserve une certaine droiture, même s’il est accro aux jeux d’argent. Kai, entré dans le milieu par nécessité, travaille pour une agence à la gestion douteuse mais ne sombre pas dans le mélodrame. La jeune recrue Arata et le travesti Maria apportent une touche humoristique. Par ailleurs, l’allusion au tournage d’un scénario BL fait indirectement un clin d’œil aux adaptations des homo-romances à l’attention du public féminin.

La mangaka soigne son graphisme: ses personnages sont musclés, les traits de leurs visages sont assez réalistes, leur pomme d’Adam est saillante. Même si les hommes ont des carrures masculines, le traitement de Maria joue sur l’ambiguïté. Les protagonistes apparaissent en super-deformed dans les moments comiques. Jita sensei travaille ses angles de vue. Les décors assez présents ne sont pas envahissants. De même, les trames appuient le côté réaliste des scènes: ombres, colorisation. Quelques trames d’ambiance se font discrètes. Les scènes érotiques ne sont pas censurées.

En résumé

Takumi (27 ans) est une star du porno en vogue. Se vantant d’être un pro pouvant assurer avec n’importe quel partenaire, son agent lui propose des contrats de plus en plus originaux. Après son dernier tournage avec un travesti, Maria, il est invité par ce dernier dans un bar gay où il rencontre Kai, qui semble connaître le secret de son début de carrière. Le lendemain, ils se retrouvent sur le tournage suivant: un plan à trois entre hommes. Kai s’avère être un mannequin et acteur porno gay. A sa surprise, Takumi se laisse emporter par le feu de l’action et découvre de nouvelles sensations…

En conclusion

Les personnages sont attachants et tellement choux en SD. Mais ce qui me plaît le plus, c’est le traitement du sujet par l’auteure qui propose un scénario travaillé, logique avec une relation naturelle entre deux acteurs qui distinguent bien la vie privée et la vie professionnelle.

Because I dislike math – Rinteku

Couverture de Because I dislike math de Rinteku, éditions Boys'love IDP

Rinteku 厘てく
ISBN: 9782368774755
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784813030799 (JP)
Taiyohtosho, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

Mathématique versus histoire.

Dans ce one-shot, Rinteku sensei offre une romance simple et mignonne entre deux caractères opposés qui s’attirent. En jouant sur la confrontation d’un esprit scientifique à un esprit littéraire et sur deux méthodes pédagogiques différentes, elle nous plonge dans le milieu scolaire du côté du professorat. De même, elle s’intéresse aux relations entre enseignants et élèves. Cependant, l’humour confère un ton léger au récit. L’auteure reste dans l’observation et n’approfondit pas les questionnements. Ainsi, bien que Shinoda soit le narrateur, il se contente de constater l’évolution de ses sentiments. La traductrice a ajouté quelques annotations bien pensées qui permettent de mieux comprendre certaines subtilités.

Le dessin de la mangaka est agréable: son trait fin épuré convient parfaitement à ses personnages longilignes. De plus, elle accentue les simplification des visages ovales pour renforcer leurs expressions. De même, elle n’hésite pas à les transformer en super-deformed. D’ailleurs, les deux héros apparaissant en SD à chaque fin de chapitre narrent une petite histoire humoristique. Rin sensei privilégie les contrastes noirs et blancs. Les trames servent principalement pour la colorisation ou l’ambiance. Les angles de vue sont recherchés et parfois originaux. Les illustrations de début de chapitre donnent le ton général du récit. Les scènes érotiques ne montrent que l’essentiel, jouant sur les cadrages et le choix des plans.

En résumé

Shinoda Chitose (24 ans) débute comme professeur d’histoire-géographie dans l’école préparatoire Tôsei. Il a toutefois tendance à sympathiser et à être trop familier avec ses élèves. Le professeur de mathématiques Nakatsu, tout en se montrant sévère, le met en garde des risques qu’il prend. Mais Chitose, confiant dans sa méthode d’apprentissage, persiste. Finalement, la jeune Yoshida lui demande un jour son numéro de téléphone portable. Nakatsu vient alors à la rescousse…

En conclusion

Cette petite tranche de vie scolaire avait un fort potentiel mais elle reste trop légère pour faire battre mon cœur. Cependant, le graphisme de la mangaka dégage un certain charme. Une auteure à surveiller à mon humble avis.

Petit bilan des lectures de 2019

Comme j’ai cumulé du retard dans ma pile à lire, mes avis de lecture concernent autant les nouveautés de 2019 que des livres publiés précédemment. Cependant, parmi tous ceux que j’ai recommandés absolument ou beaucoup, je vous propose une petite sélection de mes lectures préférées de l’année écoulée.

A lire absolument
  1. Twittering birds never fly de Yoneda Kou.
    La mangaka a une approche de l’univers des yakuza plutôt personnelle, même si elle transcrit parfaitement l’ambiance des films sur ce sujet.
  2. 10 dance 2 d’Inoue Satou.
    Cette série est idéale pour découvrir les danses de société. Par contre, l’homo-romance est secondaire.
  3. Coyote 1 de Zariya Ranmaru.
    Ce Roméo et Juliette revisité mêle le fantastique représenté par des loups-garous et l’univers mafieux.
  4. Liquor & cigarette de Zariya Ranmaru.
    Une amitié d’enfance qui évolue, avec l’alcool désinhibant en toile de fond. De plus, la mangaka offre des planches nimbée d’érotisme.
  5. Hearty de Yoshida Yuko.
    Ne vous fiez pas au trait doucereux de l’auteure, cette histoire nous plonge dans la manipulation et le mensonge.
A lire beaucoup
  1. Coup de foudre pour Cupidon de Suzumaru Minta.
    Sans jeu de mots, j’ai eu le coup de foudre pour cette douce romance adolescente qui m’a permis de découvrir la mangaka.
  2. Tokyo boy meets country de Takayoshi Yuri.
    Mon avis est peut-être influencé par ma lecture de l’étude d’Erick Laurent, Les Chrysanthèmes roses (édité par Les Belles lettres, 2011), mais j’aime beaucoup cette comédie qui plonge un parfait citadin à la campagne.
  3. Zhenniao de Monzen Yayohi.
    Le graphisme de l’auteure est magnifique et cette relation particulière humain x jingai poignante.
  4. Qualia under the snow de Kii Kanna.
    La description des liens entre les personnages est le point fort de la mangaka. Pour ceux qui aime les histoires contemplatives, poétiques et délicates.
  5. Pas cet amour-là d’itz.
    L’amour peut se développer lentement, tendrement, à force de découvrir et d’apprécier la personne avec qui on parle sans fard.

Désormais, je vais essayer de lire plus souvent des titres récents afin de fournir un top annuel. En espérant que cette liste pourra vous être utile, je vous souhaite une bonne lecture!

10 dance 2 – Inoue Satoh

10 dance 2 inoue satoh

INOUE Satoh 井上佐藤
ISBN: 9782368774502
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784065101322 (JP)
Kodansha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Quand le désir de compétition se mêle à une ardeur amoureuse provoquée par l’érotisme de la danse…

Dans ce deuxième tome, Inoue Satoh sensei s’attarde principalement sur les changements des deux danseurs et l’évolution de leur relation. Entre amitié, rivalité, doute et admiration, Suzuki semble complètement perdu dans ses sentiments alors que Sugiki annonce sa bisexualité. L’auteure continue à détailler l’univers de la danse: les différences de contact entre les danses standards et latinos, les trucages des concours où l’influence des appuis joue sur la notation qui, de plus, est parfois subjective. De même, elle aborde les définitions différentes de la séduction dans la chorégraphie. Elle distille au compte-goutte des informations sur le passé des protagonistes. Des chapitres courts humoristiques détendent l’atmosphère un peu plus sérieuse que le volume précédent. Les filles partagent même leur point de vue sur leur partenaire dans « Shall we dance? ». Justement, dans ses commentaires, Inoue sensei explique s’être inspirée de titres de musiques souvent utilisées en compétition pour ses chapitres.

La mangaka retranscrit graphiquement les changements de ses personnages: le côté strict de Sugiki s’adoucit à certains moments et l’insouciance de Suzuki semble s’effacer dans ses expressions. De même, elle utilise un dessin stylisé lors des compétitions pour rendre l’effet virevoltant des danses. Elle introduit de nouveaux personnages d’âges différents mais dont il est facile de deviner immédiatement la tranche d’âge. Son jeu des cadrages facilite la lecture et rend parfaitement les mouvements. D’ailleurs, l’auteure esthétise avec délicatesse l’érotisme de certaines danses. Ses personnages revêtent différents styles vestimentaires ou coupes de cheveux renforçant le côté réaliste. Même s’il n’y a pas de scène érotique, le jeux des regards et les baisers de plus en plus fougueux transcrivent les sentiments des personnages.

En résumé

Sugiki reçoit un appel de son ami de fac, le compositeur Ernest, qui s’inquiète de ne pas le voir participer à certains concours d’Angleterre. En effet, le danseur ne veut pas laisser Suzuki qui stagne dans son apprentissage de la valse. Apprenant les origines du Latinos, le surnommé Arnie lui conseille de l’entraîner en musique et non par décompte. La magie opère immédiatement, Suzuki étant plus à l’aise quand il s’amuse. Les entraînements respectifs avancent bien malgré quelques tensions. Surtout que le latino aime taquiner le gentleman en le bécotant. Sugiki invite alors son rival à venir admirer sa prestation au championnat du monde.

En conclusion

Ce second tome récidive en obtenant la sixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2015. L’histoire s’accélère légèrement mais l’auteure ne délaisse pas pour autant ses explications sur le monde de la danse. Elle plonge aussi bien ses personnages que les lecteurs dans le doute: s’aiment-ils réellement? N’est-ce donc pas l’influence de la danse qui les échauffe? J’adore!