Memento Scarlet – Kusabi Keri

memento scarlet kusabi keri

KUSABI Keri 楔ケリ
ISBN: 9782368776926
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801965812 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Entre meurtres et drogues, une enquête réunissant un détective obsédé et un ancien policier.

Ce one-shot de Kusabi Keri sensei propose de suivre deux enquêteurs au sein d’une cellule un peu spéciale sur les traces d’un trafiquant de drogue mêlé à de mystérieuses affaires de meurtres. L’histoire a un ton plutôt réaliste, avec un humour très discret, souvent graphique. L’auteure développe avec précision la psychologie de ses personnages, assez complexe: Tetsuo a touché le fond, obnubilé par son passé. La relation d’abord ambiguë entre les deux coéquipiers évolue rapidement, le côté sado-masochiste de Kairi devenant presque un élément salvateur. Les scènes érotiques ne sont pas forcément gratuites et s’intègrent bien à l’enquête. Par contre, les sentiments du couple prennent finalement l’aval sur le récit.

Les traits de la mangaka sont fins, légèrement simplifiés. Il se dégage beaucoup de sensualité des visages des personnages. La mise en page est dynamique. La maîtrise des angles de vue facilite la lecture. Kusabi sensei laisse quelques indices graphiques tout en maintenant le suspense. Elle utilise les trames pour colorer ou ombrer. Les décors sont très présents. Les souvenirs de Tetsuo, qui possède une excellente mémoire photographique, sont justement illustrés par des images en négatif. En milieu de tome, un organigramme représentant les protagonistes permet de se situer dans l’histoire. Par ailleurs, des fiches détaillées sont disponibles en bonus en fin de volume. Comme les scènes érotiques ne sont pas censurées, certains passages peuvent paraître un peu violents, mais cela correspond à l’ambiance.

En résumé

Le lieutenant Amane Kairi (30 ans) fait partie de l’élite de la police même s’il est plutôt violent. Enquêtant sur la drogue « maze », il n’hésite pas à utiliser des moyens peu conventionnels pour obtenir des aveux ou des renseignements. Un soir, dans un bar, il se rapproche d’un certain Kanô Tetsuo (28 ans) en lui proposant une drogue. Ils finissent alors à l’hôtel. En réalité, il cherche à recruter cet ancien policier qui a quitté son service deux ans auparavant, suite à une affaire traumatisante. Les voilà donc à devoir faire équipe au sein de la cellule spéciale du Bureau d’investigation, où d’anciens criminels officient, pour retrouver l’homme « à la capuche rouge »…

En conclusion

Malgré les 292 pages, j’ai dévoré ce tome d’une traite. J’aime beaucoup la relation qui se lie entre Tetsuo et Kairi, d’abord charnelle puis, peu à peu, complétée par des sentiments avec une approche vers la guérison. Pour moi, c’est un véritable coup de cœur! Par contre, certains lecteurs pourront être gênés par les ébats plutôt violents et le côté bitch de Kairi.
Mise à jour: Ce titre a obtenu la sixième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2020.

Le rouge & le noir 2 – Katsura Komachi

le rouge et le noir 2 katsura komachi

KATSURA Komachi 桂小町
ISBN: 9782368777022
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: (JP)
Kaiohsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Juste un peu d’amour dans ce monde de brutes.

Katsura Komachi sensei conclut son histoire avec ce deuxième tome mêlant tendresse et mélancolie. Une certaine intensité se dégage de son scénario, un évènement dramatique précipitant l’émancipation des deux héros. Pourtant, la relation entre les deux amis se met lentement en place, entre amour, dévotion et peur de l’avenir. L’auteure affine également la psychologie de chacun: Yamato a tendance à cacher ses sentiments profonds, Yukio fuit les siens mais ils finiront par se dépasser en faisant des choix parfois très difficiles. Elle boucle la fin de son récit avec le début de Rouge. Les trois derniers chapitres offrent une note plus légère en présentant des anecdotes et le regard de quelques personnages secondaires.

Les traits toujours aussi fins de la mangaka dessinent de beaux ikemen. Les trames d’ambiance se font discrètes, illustrant surtout les sentiments. De même, les décors semblent s’effacer pour mettre en avant les expressions ou les actions. Même si la mise en page est assez classique, elle est très efficace et accompagne le regard. Katsura sensei joue sur les vides et les blancs des cases. Comme elle met en avant les sentiments pendant les échanges amoureux, les scènes érotiques sont censurées par les angles de vue et les cadrages, en montrant le moins possible. La couverture et l’illustration de frontispice offrent un diptyque se répondant; le changement d’expression de Yamato est magnifique avec le jeu du lit de pétales.

En résumé

En froid avec Yahagi Yukio, Bidô Yamato (17 ans) demande à Kaga Ai de lui apporter de la glace dans son appartement. Face à son cadet essoufflé et dévoué, il l’invite à diner. Quelle n’est pas sa surprise en apprenant que ce dernier ne sait pas utiliser des baguettes. En effet, le lycéen vit souvent seul, abandonné par sa mère aux soins de ses ex. Il lui propose alors de faire le ménage ou travailler pour lui en échange du logis. Pourtant, il a bien conscience qu’il ne pourra exaucer tous les souhaits de son admirateur. Alors que Yamato sèche le lycée, Ai confie à Yukio son inquiétude pour son sauveur, ayant deviné que ce dernier affiche un sourire de façade…

En conclusion

Une petite touche positive se dégage à la fin de ce tome, donnant envie de découvrir comment le couple changera le clan. Justement, le récit abordant principalement les sentiments et l’évolution de Yamato et Yukio dans cet univers mélancolique et sombre, on en oublie presque qu’il s’agit d’un BL.

Best & worst service – Sagami Waka

best and worst service sagami waka

SAGAMI Waka サガミワカ
ISBN: 9782368771914
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784877241957 (JP)
Kaiohsha, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

Quand l’amour naît de la vengeance.

Dans ce recueil de deux histoires, Sagami Waka sensei met en scène des relations atypiques bouleversées par l’arrivée d’un rival. Le premier récit mélange à la fois humour et léger sado-masochisme. La double personnalité de Mima entraîne rapidement le peureux Yô à faire son introspection et à analyser son comportement et ses envies. L’arrivée d’un rival, Kakurai, permet de faire évoluer rapidement la relation tout en renouvelant les mécanismes comiques. De plus, les personnages ont des caractères assez excessifs: Mima, bien que possessif, est dans le déni alors que Yô devient un amoureux transi masochiste. La seconde histoire occupe un tiers du tome et s’attarde sur la relation fusionnelle entre les jumeaux Konno, remise en cause par l’arrivée de Sudô Rintarô qui les différencie facilement. L’auteure aborde donc les différentes formes d’amour et les premiers émois amoureux, jouant sur le fantasme des relations entre jumeaux.

La mangaka dessine des personnages sveltes, au visage ovale. Ses traits sont plutôt simples mais expressifs, surtout dans les scènes comiques. Elle utilise peu de décors et privilégie les trames d’ambiance. Les angles de vue variés donnent du dynamisme à la mise en page plutôt recherchée. Les scènes érotiques sont censurées par l’absence de trait, un halo blanc cachant les organes génitaux.

En résumé

Service excellent et service effroyable / Service tendre et service amer / Service impeccable et service maladroit / Service d’un jour de congé: Ushiroi Yô, président d’une entreprise montante, réserve une suite dans un hôtel de luxe et exige que l’assistant manager Mima Takashi soit à son service. En réalité, il souhaite se venger de cet ancien camarade de classe qui le tourmentait au primaire. Mais il se retrouve déstabilisé par le service impeccable du docile employé. Alors qu’il lui demande de se comporter comme une vieille connaissance, Mima laisse soudain tomber le masque!
Labyrinthe d’été / Guide d’automne / Cachette d’hiver: Konno Minami et Tôru sont frères jumeaux. Minami cherche désespérément à se différencier de son frère. Quelle n’est pas sa déception quand le coiffeur lui apprend que son frère aîné a demandé la même coupe quelques heures auparavant. En plus, Tôru est de plus en plus tactile et a tendance à envahir l’espace intime de son frère…

En conclusion

Je préfère l’histoire principale qui donne son titre au manga, m’amusant de l’inversion des situations entre Mima et Yô. Même si on passe un excellent moment à la lecture, l’approche reste trop légère pour marquer l’esprit. De même, j’aurais aimé que la romance entre Rintarô et Minami soit plus développée.

Le rouge & le noir 1 – Katsura Komachi

le rouge et le noir 1 katsura komachi

KATSURA Komachi 桂小町
ISBN: 9782368777015
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784796410304 (JP)
Kaiosha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

L’histoire de Yamato et Yukio, à 17 ans, juste avant qu’ils ne deviennent yakuza.

Katsura Komachi sensei offre une préquelle de Rouge développant l’histoire des fils de yakuza Yukio et Yamato. Par contre, elle se contente d’installer, dans ce premier tome, le contexte de leur relation puis la situation du clan. Elle décrit également la psychologie de ses deux protagonistes. Alors que Yamato conserve un côté capricieux, il s’avère être mûr et réfléchi pour son âge. Yukio, quant à lui, est très intelligent mais se retrouve pris entre sa mission confiée par son père et ses sentiments. Leur relation est pour l’instant bancale, influencée par leur place dans le clan. La narration alterne entre les deux amis. Ce récit occupe la première moitié du volume, l’autre moitié étant consacrée à la suite de Rouge. Ai apporte une touche de douceur et d’humour dans cette romance assez sombre. Il s’ouvre de plus en plus et il est agréable de le voir s’épanouir avec Nagato.

La mangaka dessine des personnages longilignes aux traits fins. Elle a tendance à faire des oreilles pointues qui donnent un certain charme à ses personnages. De même, la bouche d’Ai est pulpeuse et ses différentes moues sont craquantes. L’absence de pupille dans le regard de Yamato lui confère un air très sensuel. Les décors sont très présents. Les trames servent principalement à la coloration et aux ombres, donnant un côté réaliste. De gros plans et les cadrages cachent les détails dans les scènes érotiques. Les illustrations couleurs sont magnifiques, surtout la double page mettant en avant les tatouages des deux lycéens, avec une dominance de rouge et noir.

En résumé

Le rouge et le noir: En fouillant dans le coffre-fort du bureau de son père, Yahagi Yukio (8 ans) découvre qu’il est un yakuza. Devenu adolescent, il rencontre dans leur jardin Bidô Yamato, le fils du chef de leur clan, tandis qu’il critiquait ouvertement les changements de direction du groupe mafieux. D’abord mis en garde par le visiteur, ils commencent par se bagarrer. Ils développent ensuite une forte amitié, allant jusqu’à se prêter allégeance en échangeant une coupe de saké. En effet, le père de Bidô étant atteint d’un cancer, son fils est déterminé à prendre la suite du clan. Yukio (17 ans) décide alors de suivre son ami, même dans le lycée de délinquants Yashima…
ROUGE Apprendre à aimer / High score night!! / La paume de ces mains: Au festival scolaire, Nagato entraperçoit une belle jeune fille en marinière. Alors qu’il a invité des camarades de son ancien lycée, il trouve ces dernières en compagnie de Kaga Ai. Au fil d’une discussion sur le passé de Nagato, Ai apprend l’existence de Rena, l’ex de Nagato. Légèrement jaloux, il craque ensuite en entendant la description de la fille qui a fasciné son amant quelques heures auparavant, se reconnaissant…

En conclusion

Cette préquelle est plaisante à lire, malgré l’ambiance assez lourde. C’est un réel plaisir de découvrir l’évolution positive du couple de Nagato et Ai. La relation entre Yukio et Yamato se met doucement en place mais l’intrigue est suffisamment développée pour nous maintenir en haleine et nous donner envie de lire rapidement la suite. Un conseil: achetez les deux tomes ensemble. C’est très dur de ne pas les lire à la suite!

Inside full bloom – Kuki Wakame

inside full boom kuki wakame

KUKI Wakame 久喜わかめ
ISBN: 9782368776995
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801964105 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« La mélancolique histoire d’amour de deux jeunes hommes profondément blessés qui, ensemble, vont apprendre à se reconstruire. »

Pour son premier manga, Kuki Wakame sensei offre un one-shot au ton poétique et dramatique. Elle met en parallèle le langage des fleurs avec les sentiments de ses personnages. Comme une fleur qui s’épanouit jour après jour, Kana et Keigo, profondément blessés, s’ouvre douloureusement l’un à l’autre. Leur relation d’abord conflictuelle contrecarre tout consentement. Malgré une compatibilité sexuelle, leur caractère s’oppose. Ainsi, l’auteure aborde deux approches différentes: Kana préfère le secret alors que Keigo affirme ouvertement son orientation sexuelle. Pourtant leurs traumatismes influent énormément sur leur relation amoureuse. Même si des sentiments se développent au fil des discussions, leurs ébats, souvent forcés et parfois gratuits, occultent tout romantisme, brouillant un peu l’appréciation de l’histoire. Le scénario pêche donc légèrement par manque d’expérience mais se tient parfaitement.

La mangaka a un trait fin et épuré, assez anguleux. Elle a tendance à utiliser des touches et des lignes peu liées, donnant un aspect encore croquis pour les yeux ou la bouche. De même, elle se focalise sur certains détails comme les regards et tient compte du mouvement des cheveux. Elle maîtrise déjà son graphisme, beau et aéré, n’hésitant pas à simplifier et caricaturer les traits pour les passages humoristiques. Elle utilise peu de trames d’ambiance. Ses décors permettent de situer les actions. Ses cadrages et quelques angles de vue recherchés dynamisent la lecture. Les scènes érotiques ne sont pas censurées et plutôt détaillées. Sous la jaquette, il y a deux illustrations présentant Kana et ses amis.

En résumé

Saitô Kanaru est invité par ses amis Oshibu et Ono à un gôkon. Peu motivé, il accepte malgré tout, espérant passer une simple soirée à boire. Mais les étudiantes arrivent à deux accompagnées d’un garçon, Miura Keigo, qui remplace une fille qui s’est désistée. Au fil de la conversation, ce dernier annonce ouvertement qu’il est gay. Surpris et troublé, Kana se raffraîchit aux toilettes mais Keigo l’a suivi, ayant deviné que l’étudiant cachait son orientation sexuelle. Alors que Miura commence à lui faire des avances discrètes, Saitô boit plus que de raison et finit par perdre conscience. Il se réveille plus tard en plein ébats avec Keigo. Le lendemain, de retour chez lui, il s’effondre, ne pouvant contenir ses souvenirs traumatisants de l’époque du lycée.

en conclusion

Kana et Keigo pansent leurs blessures intérieures dans la douleur. Certains lecteurs pourront être gênés par les scènes non consenties. Personnellement, mes sentiments sont mitigés: j’ai apprécié cette vision de l’amour assez sombre, mais je trouve dommage que Keigo ne trouve de solutions qu’à travers la soumission sexuelle. D’autant plus que j’adore particulièrement le personnage de Kana. Placée 20ème au classement des nouveaux venus du Chill Chill BL award 2019, j’attends avec impatience de voir les prochaines œuvres de Kuki sensei.

Que veux-tu manger demain? – London Pariko

que veux tu manger demain london pariko

LONDON Pariko 倫敦巴里湖
ISBN: 9782368771921
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784796405829 (JP)
Kaiohsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

Difficile de choisir entre de bons petits plats préparés avec amour et la satisfaction sexuelle.

London Pariko sensei propose un recueil d’histoires sans prétention tournant autour de la nourriture et l’alcool. Alors que le graphisme est constant et mignon, il y a un déséquilibre de composition entre certains chapitres. Bien que les scénarios soient plutôt simples et que les personnages aient peu de profondeur, ces récits sont tout de même agréables à suivre, avec des héros adultes. Quelques clichés et scènes fan service peuvent cependant déplaire. Les deux premiers chapitres et le chapitre final forment un récit tranche de vie avec un couple intéressant. Malheureusement, il n’est pas approfondi. L’histoire de Mimura et Katagiri donne une anecdote supplémentaire sur le couple phare du recueil Mimura & Katagiri. La construction des deux autres récits est intéressant mais se termine un peu trop précipitamment, faisant perdre l’approche réaliste.

La mangaka utilise un graphisme rond de style shôjo. Les uke sont petits, ont de grands yeux et des traits efféminés. Elle met en avant l’esthétique de ses personnages qui sont plutôt mignons. De plus, la simplification des traits renforce les passages humoristiques. Les trames d’ambiance dominent par rapport aux décors. Les cadrages sont assez classiques. L’absence de lignes et de contours des parties génitales permet de censurer les scènes érotiques, qui sont de plus très courtes pour certaines.

En résumé

Qu’est-ce que tu veux manger demain? / Laisse-moi ta place / Les substances nutritives essentielles: Saegusa a recueilli Kuroe, un jeune homme qui n’a pas réussi à se prostituer. En échange, ce dernier lui prépare des petits plats. Bien qu’il le trouve mignon, le salaryman n’ose pas le toucher et continue donc à fréquenter ses amants disséminés à travers le Japon quand il part en mission. Pourtant, il le trouve tellement attachant à s’acharner à lui préparer ce qu’il aime.
De tes lèvres au goût de fraise: Alors que Mimura (30 ans) est à Tochigi chez ses parents pour voir sa grand-mère hospitalisée, Katagiri (30 ans) a repris son accent en discutant au téléphone. En le rejoignant, ils se remémorent le passé.
Ce n’est pas mignon: Suite à une dispute, Sakuraba Atsushi s’est fait plaquer le jour de son anniversaire par sa petite amie qui admirait trop l’acteur Morozumi Chisato. Alors qu’il vient au secours d’un jeune homme qui subissait des attouchements dans le train, il réalise que ce dernier n’est autre que ce fameux acteur. Pour le remercier, la star s’incruste et lui prépare alors chaque jour des petits plats!
Order made honey: Amamiya Shunsaku se réveille au côté d’un bel inconnu après une soirée arrosée. Mais ce dernier a disparu de chez lui à son retour. Intrigué, il remarque qu’il le croise à chaque fois qu’il est ivre…

En conclusion

Le format court ne permet pas d’approfondir ces récits divertissants et mignons mais un peu trop légers pour s’attacher. C’est tout de même un plaisir de retrouver Katagiri et Mimura.

Les âmes perdues – Yuki Ringo

les ames perdues yuki ringo

YUKI Ringo ゆき林檎
ISBN: 9782368776971
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784829686188 (JP)
Printemps shuppan, 2019 (JP)
Titre original: 少年と神隠し
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Un amour non déclaré traversant les époques pour enfin se réaliser.

Dans ce one-shot, Yuki Ringo sensei, avec sa touche poétique habituelle, narre une romance nostalgique qui traverse le temps grâce à la réincarnation. Elle installe doucement son récit et dévoile les mystères entourant ses personnages au compte-gouttes, maintenant un suspense constant. Shûichirô est le narrateur principal. Bien qu’il évolue vite et que ses questionnements sur Ten se dissipent rapidement, ses sentiments se développent tout en douceur. Ainsi, leur relation paraît tendre, malgré quelques évènements difficiles et dramatiques. En parallèle, l’auteure traite, avec délicatesse et réserve, la tradition admise à l’époque des liens initiatiques, affectifs et souvent sexuels entre les moines et leur chigo, privilégiant les sentiments. Elle mène parfaitement son scénario en dosant les révélations, les tensions et les moments tendres.

Le trait fin et doux de la mangaka est plus proche du style shôjo. Ses visages sont ovales et ses yeux légèrement grands sont expressifs. Même si ses mises en page sont assez classiques, elles sont efficaces et mettent en valeur les actions et l’esthétique des personnages. Yuki sensei s’attarde sur les détails. Elle alterne les décors et les trames d’ambiance. Justement, son travail des trames est plutôt précis dans, par exemple, l’ombre des vêtements ou les dégradés. Les scènes érotiques sont censurées par le cadrage qui évite de montrer les parties génitales. Pourtant elles dégagent une certaine sensualité. Cette retenue permet également d’endurer les scènes choquantes d’initiation du chigo par son moine. Sous la jaquette, des fiches présentent les deux personnages principaux.

En résumé

Octobre 1953 (28e année de l’ère Shôwa). Au décès de sa grand-mère adoptive, Morimiya Shûichirô (16 ans) quitte le village de fermiers où il a grandi. Ayant la capacité de percevoir les êtres surnaturels et les ondes négatives, il est obligé de fuir le sanctuaire où il s’était arrêté pour prier, entendant une voix menaçante. Mais il s’évanouit de fatigue. Il est alors recueilli par un étrange yamabushi, Ten, qui porte un masque et vit seul dans la forêt. Le moine lui propose le gîte et le couvert jusqu’à ce que la situation de l’adolescent se stabilise et accepte de lui montrer son visage. Shûichirô réalise alors que ce dernier ressemble beaucoup au moine qu’il voit toujours dans le même rêve…

En conclusion

Ce tome est plus épais que les manga habituels. Pourtant, je l’ai lu d’une seule traite tellement l’histoire est prenante. Impossible de s’arrêter en cours!
Mise à jour: Ce one-shot a obtenu la neuvième place du manga profond au Chill Chill BL award 2020.

Remnant jujin omegaverse 1 – Hasumi Hana

remnant jujin omegaverse 1 hasumi hana

HASUMI Hana 羽純ハナ
ISBN: 9782375061787
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784866570228 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Bien que les omega ne sont que des « poules pondeuses », Dahto fait face à sa cruelle destinée.

Dans ce spin-off de Pendulum jujin omegaverse, Hasumi Hana sensei développe l’histoire de Judas et Dahto qui se retrouvent unis par un lien spirituel malgré leurs sentiments non partagés. Elle apporte une touche personnelle au genre de l’omegaverse en introduisant une hiérarchie entre les omega. Entre rejet, soif de liberté et destinée, Dahto expose ses points de vue. L’auteure s’attarde particulièrement sur l’étrange relation qui se noue entre le Bestial et l’humain, alternant attirance et chamailleries. Elle introduit également une autre approche de la première rencontre avec Kai. Le flegmatique Baron apporte un peu d’humour avec ses remarques sarcastiques.

Le graphisme de la mangaka est plutôt beau, avec un travail appuyé sur les regards. Elle se focalise sur certains détails. Les cadrages dynamiques accompagnent le rythme de la lecture, jouant sur les angles de vue, les formes et les séquences. De même, les trames d’ambiance et les décors sont assez travaillés et variés. La page peut parfois sembler chargée. Sous la jaquette, deux planches amusantes mettent en scène le quotidien de Dahto et détendent un peu l’atmosphère. Les scènes érotiques sont censurées simplement par l’absence des organes génitaux.

En résumé

Dans la vieille ville de Barnerude, les orphelins omega Dahto et Bella ont été recueillis dans une église. Rêvant de vivre libre avec sa sœur, l’adolescent gagne de l’argent en se prostituant. Un jour, il découvre que le prêtre participe en réalité à un trafic, le surprenant en train de vendre son ami Furio. Quand Bella a ses premières chaleurs, l’aîné décide de profaner la tombe de sa mère pour récolter de quoi acheter des pilules retardatrices. Cependant, un bon samaritain l’arrête et lui donne un peu d’argent. Par la suite, en cherchant du travail, l’orphelin reçoit une proposition louche où des Bestials sont forcés de s’accoupler à des omega. Dahto réussit à fuir grâce à une descente de police mais Judas, son bienfaiteur, l’arrête. Soudain, ses chaleurs se déclenchant, le Bestial isole l’omega dans une demeure puis finit par le mordre, ne résistant plus à ses phéromones.

En conclusion

Ce premier tome pose les bases de la relation tendue entre Dahto et Judas. On découvre donc l’adolescence de l’omega. J’adore le trait de Hasumi sensei. Pour moi, cette série surpasse en qualité scénaristique et graphique Pendulum jujin omegaverse. D’ailleurs, la relation est moins idyllique et le ton légèrement dramatique, plus adulte. La fin ouverte rend insoutenable l’attente du prochain tome!
Mise à jour: Avec seulement ces deux volumes, la série est déjà classée dix-huitième au Chill Chill BL award 2018.

My pretty policeman 2 – Niyama

my pretty policeman 2 niyama

Niyama にやま
ISBN: 9782368776872
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801965980 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Les joies et les difficultés de la vie de couple avec une différence d’âge de 10 ans.

Dans ce second tome, Niyama sensei s’attarde sur la vie de couple avec une différence d’âge: une libido et un rythme de vie différents qui amènent le couple à s’interroger sur leur relation. Ainsi, les deux héros communiquent beaucoup, même durant leurs ébats amoureux. Cependant, un décalage de perception se fait sentir. D’ailleurs, l’humour s’appuie entre autre sur le contraste d’interprétation entre Shin et Seiji. L’auteure partage donc les différents points de vue des personnages. Elle approfondit également leur psychologie en décrivant leurs réactions et leurs réflexions. Parallèlement, elle présente la vie de quartier lors des festivités du nouvel an, les contraintes des policiers pour s’installer hors des foyers et le système des astreintes. L’histoire bonus continue à jouer sur le fantasme de l’uniforme.

Malgré les traits simplifiés dans les moments humoristiques, le style de la mangaka conserve un ton assez réaliste. Les personnages virils ont des traits plutôt carrés, anguleux. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les cadrages sont plutôt classiques. Cependant, quelques angles de vue mettent parfaitement en avant la tendresse du couple, se focalisant sur les regards langoureux. Les scènes érotiques ne sont pas censurées et le langage peut paraître un peu cru. Sous la jaquette, deux planches concluent le récit de manière amusante avec l’arrivée du printemps. La couverture en couleurs offre une illustration toute romantique, assez rare sur les BL.

En résumé

Au début de l’automne, Nakamoto Shin (30 ans) emménage chez Tajima Seiji (40 ans). Ce dernier lui apporte le double des clés au kôban, ce qui intrigue son ancien collègue Maki. Le couple expérimente la vie à deux mais alors que Shin fond de bonheur, Seiji a l’impression de jouer le rôle d’une mère plus que d’un amoureux. En plus, entre le travail et l’installation, le policier n’a pas trop l’occasion d’être avec le commerçant qui a tendance à se coucher tôt. Difficile alors de créer une ambiance romantique, surtout quand la programmation d’un examen médical exige de s’abstenir quelques temps!

En conclusion

Cette suite vraiment attendrissante se focalise sur la vie quotidienne du couple. De même, les questionnements sont traités avec finesse. J’adore les expressions variées de Shin, surtout quand il est frustré. Et Seiji avec ses poignées d’amour est même chou! Un véritable bonheur à lire et relire sans fin.
Mise à jour: Ce manga a obtenu la dixième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2020.

My pretty policeman 1 – Niyama

my pretty policeman 1 niyama

Niyama にやま
ISBN: 9782368776445
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801960336 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une rencontre dix ans auparavant avec un policier qui changera la vie de Shin, prêt à suivre ses traces.

Niyama sensei narre une romance entre un policier de quartier et un ancien policier devenu commerçant. C’est un spin-off de An innocent Puppy meets a two-faced cat (無邪気なわんこと猫かぶり) avec le couple Akasaka (25 ans) et Yagi (39 ans) qui apparaissent dans ce tome. L’auteure décrit la vie de quartier et donne un aperçu des tâches des policiers de proximité. Grâce aux flash-back, elle dévoile par brides le passé des personnages tout en maintenant le suspense. Seiji s’interroge sur le premier rapport homosexuel et discute facilement de ses appréhensions avec son partenaire qui se montre plutôt patient et à l’écoute. Le couple s’épanouit donc à son rythme. Les deux héros alternent la narration. Par ailleurs, le langage est parfois un peu cru mais colle parfaitement avec le caractère des protagonistes. Le récit de l’épilogue répond aux fantasmes sur les uniformes de policier.

La mangaka possède un trait plutôt réaliste. Elle n’hésite pas à mettre les poils, les rides. De même, elle dessine des carrures viriles. La simplification des traits renforce les scènes humoristiques. L’alternance entre les décors et trames d’ambiance est équilibrée. Bien que les cadrages soient assez classiques, les angles de vue sont parfois recherchés. La censure des scènes érotiques utilise simplement l’absence de traits. Sous la jaquette, deux planches concluent l’histoire avec l’arrivée du chat Chiko-chan.

En résumé

Ancien policier, Tajima Seiji (39 ans) s’occupe de la boutique héritée de sa mère. Le policier de quartier, Nakamoto Shin (30 ans), lui amène une fillette qui a rencontré un problème avec le distributeur de boissons. Constatant qu’il ne lui manquait qu’un peu de monnaie, il lui en prête. Admiratif de Seiji qui l’avait sauvé quand il était au bord de la délinquance, il n’ose pas refuser le remboursement du commerçant. Quand la fillette lui rapporte les 10 yens empruntés au kôban, il décide de les ramener à Seiji. Son collègue Maki (35 ans) lui demande également de transmettre son désistement au machikon du quartier. Seiji propose alors au jeune policier de remplacer Maki. Encore célibataire, il se demande s’il ne devrait pas sortir avec un homme. Secrètement amoureux de lui depuis dix ans, Shin l’embrasse alors…

En conclusion

L’humour domine parfois cette romance légère mais agréable à lire. Le couple est attachant, avec Seiji qui se mêle de tout et qui finit par être conquis malgré lui par l’amour de Shin. De plus, le graphisme plutôt viril de Niyama sensei est rafraichissant. Alors, n’hésitez pas à le lire! J’espère que son autre récit aura droit à une traduction française.
Mise à jour: Ce premier tome a obtenu la septième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018.