Que veux-tu manger demain? – London Pariko

que veux tu manger demain london pariko

LONDON Pariko 倫敦巴里湖
ISBN: 9782368771921
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784796405829 (JP)
Kaiohsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

Difficile de choisir entre de bons petits plats préparés avec amour et la satisfaction sexuelle.

London Pariko sensei propose un recueil d’histoires sans prétention tournant autour de la nourriture et l’alcool. Alors que le graphisme est constant et mignon, il y a un déséquilibre de composition entre certains chapitres. Bien que les scénarios soient plutôt simples et que les personnages aient peu de profondeur, ces récits sont tout de même agréables à suivre, avec des héros adultes. Quelques clichés et scènes fan service peuvent cependant déplaire. Les deux premiers chapitres et le chapitre final forment un récit tranche de vie avec un couple intéressant. Malheureusement, il n’est pas approfondi. L’histoire de Mimura et Katagiri donne une anecdote supplémentaire sur le couple phare du recueil Mimura & Katagiri. La construction des deux autres récits est intéressant mais se termine un peu trop précipitamment, faisant perdre l’approche réaliste.

La mangaka utilise un graphisme rond de style shôjo. Les uke sont petits, ont de grands yeux et des traits efféminés. Elle met en avant l’esthétique de ses personnages qui sont plutôt mignons. De plus, la simplification des traits renforce les passages humoristiques. Les trames d’ambiance dominent par rapport aux décors. Les cadrages sont assez classiques. L’absence de lignes et de contours des parties génitales permet de censurer les scènes érotiques, qui sont de plus très courtes pour certaines.

En résumé

Qu’est-ce que tu veux manger demain? / Laisse-moi ta place / Les substances nutritives essentielles: Saegusa a recueilli Kuroe, un jeune homme qui n’a pas réussi à se prostituer. En échange, ce dernier lui prépare des petits plats. Bien qu’il le trouve mignon, le salaryman n’ose pas le toucher et continue donc à fréquenter ses amants disséminés à travers le Japon quand il part en mission. Pourtant, il le trouve tellement attachant à s’acharner à lui préparer ce qu’il aime.
De tes lèvres au goût de fraise: Alors que Mimura (30 ans) est à Tochigi chez ses parents pour voir sa grand-mère hospitalisée, Katagiri (30 ans) a repris son accent en discutant au téléphone. En le rejoignant, ils se remémorent le passé.
Ce n’est pas mignon: Suite à une dispute, Sakuraba Atsushi s’est fait plaquer le jour de son anniversaire par sa petite amie qui admirait trop l’acteur Morozumi Chisato. Alors qu’il vient au secours d’un jeune homme qui subissait des attouchements dans le train, il réalise que ce dernier n’est autre que ce fameux acteur. Pour le remercier, la star s’incruste et lui prépare alors chaque jour des petits plats!
Order made honey: Amamiya Shunsaku se réveille au côté d’un bel inconnu après une soirée arrosée. Mais ce dernier a disparu de chez lui à son retour. Intrigué, il remarque qu’il le croise à chaque fois qu’il est ivre…

En conclusion

Le format court ne permet pas d’approfondir ces récits divertissants et mignons mais un peu trop légers pour s’attacher. C’est tout de même un plaisir de retrouver Katagiri et Mimura.

Les âmes perdues – Yuki Ringo

les ames perdues yuki ringo

YUKI Ringo ゆき林檎
ISBN: 9782368776971
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784829686188 (JP)
Printemps shuppan, 2019 (JP)
Titre original: 少年と神隠し
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Un amour non déclaré traversant les époques pour enfin se réaliser.

Dans ce one-shot, Yuki Ringo sensei, avec sa touche poétique habituelle, narre une romance nostalgique qui traverse le temps grâce à la réincarnation. Elle installe doucement son récit et dévoile les mystères entourant ses personnages au compte-gouttes, maintenant un suspense constant. Shûichirô est le narrateur principal. Bien qu’il évolue vite et que ses questionnements sur Ten se dissipent rapidement, ses sentiments se développent tout en douceur. Ainsi, leur relation paraît tendre, malgré quelques évènements difficiles et dramatiques. En parallèle, l’auteure traite, avec délicatesse et réserve, la tradition admise à l’époque des liens initiatiques, affectifs et souvent sexuels entre les moines et leur chigo, privilégiant les sentiments. Elle mène parfaitement son scénario en dosant les révélations, les tensions et les moments tendres.

Le trait fin et doux de la mangaka est plus proche du style shôjo. Ses visages sont ovales et ses yeux légèrement grands sont expressifs. Même si ses mises en page sont assez classiques, elles sont efficaces et mettent en valeur les actions et l’esthétique des personnages. Yuki sensei s’attarde sur les détails. Elle alterne les décors et les trames d’ambiance. Justement, son travail des trames est plutôt précis dans, par exemple, l’ombre des vêtements ou les dégradés. Les scènes érotiques sont censurées par le cadrage qui évite de montrer les parties génitales. Pourtant elles dégagent une certaine sensualité. Cette retenue permet également d’endurer les scènes choquantes d’initiation du chigo par son moine. Sous la jaquette, des fiches présentent les deux personnages principaux.

En résumé

Octobre 1953 (28e année de l’ère Shôwa). Au décès de sa grand-mère adoptive, Morimiya Shûichirô (16 ans) quitte le village de fermiers où il a grandi. Ayant la capacité de percevoir les êtres surnaturels et les ondes négatives, il est obligé de fuir le sanctuaire où il s’était arrêté pour prier, entendant une voix menaçante. Mais il s’évanouit de fatigue. Il est alors recueilli par un étrange yamabushi, Ten, qui porte un masque et vit seul dans la forêt. Le moine lui propose le gîte et le couvert jusqu’à ce que la situation de l’adolescent se stabilise et accepte de lui montrer son visage. Shûichirô réalise alors que ce dernier ressemble beaucoup au moine qu’il voit toujours dans le même rêve…

En conclusion

Ce tome est plus épais que les manga habituels. Pourtant, je l’ai lu d’une seule traite tellement l’histoire est prenante. Impossible de s’arrêter en cours!
Mise à jour: Ce one-shot a obtenu la neuvième place du manga profond au Chill Chill BL award 2020.

Remnant jujin omegaverse 1 – Hasumi Hana

remnant jujin omegaverse 1 hasumi hana

HASUMI Hana 羽純ハナ
ISBN: 9782375061787
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784866570228 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Bien que les omega ne sont que des « poules pondeuses », Dahto fait face à sa cruelle destinée.

Dans ce spin-off de Pendulum jujin omegaverse, Hasumi Hana sensei développe l’histoire de Judas et Dahto qui se retrouvent unis par un lien spirituel malgré leurs sentiments non partagés. Elle apporte une touche personnelle au genre de l’omegaverse en introduisant une hiérarchie entre les omega. Entre rejet, soif de liberté et destinée, Dahto expose ses points de vue. L’auteure s’attarde particulièrement sur l’étrange relation qui se noue entre le Bestial et l’humain, alternant attirance et chamailleries. Elle introduit également une autre approche de la première rencontre avec Kai. Le flegmatique Baron apporte un peu d’humour avec ses remarques sarcastiques.

Le graphisme de la mangaka est plutôt beau, avec un travail appuyé sur les regards. Elle se focalise sur certains détails. Les cadrages dynamiques accompagnent le rythme de la lecture, jouant sur les angles de vue, les formes et les séquences. De même, les trames d’ambiance et les décors sont assez travaillés et variés. La page peut parfois sembler chargée. Sous la jaquette, deux planches amusantes mettent en scène le quotidien de Dahto et détendent un peu l’atmosphère. Les scènes érotiques sont censurées simplement par l’absence des organes génitaux.

En résumé

Dans la vieille ville de Barnerude, les orphelins omega Dahto et Bella ont été recueillis dans une église. Rêvant de vivre libre avec sa sœur, l’adolescent gagne de l’argent en se prostituant. Un jour, il découvre que le prêtre participe en réalité à un trafic, le surprenant en train de vendre son ami Furio. Quand Bella a ses premières chaleurs, l’aîné décide de profaner la tombe de sa mère pour récolter de quoi acheter des pilules retardatrices. Cependant, un bon samaritain l’arrête et lui donne un peu d’argent. Par la suite, en cherchant du travail, l’orphelin reçoit une proposition louche où des Bestials sont forcés de s’accoupler à des omega. Dahto réussit à fuir grâce à une descente de police mais Judas, son bienfaiteur, l’arrête. Soudain, ses chaleurs se déclenchant, le Bestial isole l’omega dans une demeure puis finit par le mordre, ne résistant plus à ses phéromones.

En conclusion

Ce premier tome pose les bases de la relation tendue entre Dahto et Judas. On découvre donc l’adolescence de l’omega. J’adore le trait de Hasumi sensei. Pour moi, cette série surpasse en qualité scénaristique et graphique Pendulum jujin omegaverse. D’ailleurs, la relation est moins idyllique et le ton légèrement dramatique, plus adulte. La fin ouverte rend insoutenable l’attente du prochain tome!
Mise à jour: Avec seulement ces deux volumes, la série est déjà classée dix-huitième au Chill Chill BL award 2018.

My pretty policeman 2 – Niyama

my pretty policeman 2 niyama

Niyama にやま
ISBN: 9782368776872
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801965980 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Les joies et les difficultés de la vie de couple avec une différence d’âge de 10 ans.

Dans ce second tome, Niyama sensei s’attarde sur la vie de couple avec une différence d’âge: une libido et un rythme de vie différents qui amènent le couple à s’interroger sur leur relation. Ainsi, les deux héros communiquent beaucoup, même durant leurs ébats amoureux. Cependant, un décalage de perception se fait sentir. D’ailleurs, l’humour s’appuie entre autre sur le contraste d’interprétation entre Shin et Seiji. L’auteure partage donc les différents points de vue des personnages. Elle approfondit également leur psychologie en décrivant leurs réactions et leurs réflexions. Parallèlement, elle présente la vie de quartier lors des festivités du nouvel an, les contraintes des policiers pour s’installer hors des foyers et le système des astreintes. L’histoire bonus continue à jouer sur le fantasme de l’uniforme.

Malgré les traits simplifiés dans les moments humoristiques, le style de la mangaka conserve un ton assez réaliste. Les personnages virils ont des traits plutôt carrés, anguleux. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les cadrages sont plutôt classiques. Cependant, quelques angles de vue mettent parfaitement en avant la tendresse du couple, se focalisant sur les regards langoureux. Les scènes érotiques ne sont pas censurées et le langage peut paraître un peu cru. Sous la jaquette, deux planches concluent le récit de manière amusante avec l’arrivée du printemps. La couverture en couleurs offre une illustration toute romantique, assez rare sur les BL.

En résumé

Au début de l’automne, Nakamoto Shin (30 ans) emménage chez Tajima Seiji (40 ans). Ce dernier lui apporte le double des clés au kôban, ce qui intrigue son ancien collègue Maki. Le couple expérimente la vie à deux mais alors que Shin fond de bonheur, Seiji a l’impression de jouer le rôle d’une mère plus que d’un amoureux. En plus, entre le travail et l’installation, le policier n’a pas trop l’occasion d’être avec le commerçant qui a tendance à se coucher tôt. Difficile alors de créer une ambiance romantique, surtout quand la programmation d’un examen médical exige de s’abstenir quelques temps!

En conclusion

Cette suite vraiment attendrissante se focalise sur la vie quotidienne du couple. De même, les questionnements sont traités avec finesse. J’adore les expressions variées de Shin, surtout quand il est frustré. Et Seiji avec ses poignées d’amour est même chou! Un véritable bonheur à lire et relire sans fin.
Mise à jour: Ce manga a obtenu la dixième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2020.

My pretty policeman 1 – Niyama

my pretty policeman 1 niyama

Niyama にやま
ISBN: 9782368776445
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801960336 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une rencontre dix ans auparavant avec un policier qui changera la vie de Shin, prêt à suivre ses traces.

Niyama sensei narre une romance entre un policier de quartier et un ancien policier devenu commerçant. C’est un spin-off de An innocent Puppy meets a two-faced cat (無邪気なわんこと猫かぶり) avec le couple Akasaka (25 ans) et Yagi (39 ans) qui apparaissent dans ce tome. L’auteure décrit la vie de quartier et donne un aperçu des tâches des policiers de proximité. Grâce aux flash-back, elle dévoile par brides le passé des personnages tout en maintenant le suspense. Seiji s’interroge sur le premier rapport homosexuel et discute facilement de ses appréhensions avec son partenaire qui se montre plutôt patient et à l’écoute. Le couple s’épanouit donc à son rythme. Les deux héros alternent la narration. Par ailleurs, le langage est parfois un peu cru mais colle parfaitement avec le caractère des protagonistes. Le récit de l’épilogue répond aux fantasmes sur les uniformes de policier.

La mangaka possède un trait plutôt réaliste. Elle n’hésite pas à mettre les poils, les rides. De même, elle dessine des carrures viriles. La simplification des traits renforce les scènes humoristiques. L’alternance entre les décors et trames d’ambiance est équilibrée. Bien que les cadrages soient assez classiques, les angles de vue sont parfois recherchés. La censure des scènes érotiques utilise simplement l’absence de traits. Sous la jaquette, deux planches concluent l’histoire avec l’arrivée du chat Chiko-chan.

En résumé

Ancien policier, Tajima Seiji (39 ans) s’occupe de la boutique héritée de sa mère. Le policier de quartier, Nakamoto Shin (30 ans), lui amène une fillette qui a rencontré un problème avec le distributeur de boissons. Constatant qu’il ne lui manquait qu’un peu de monnaie, il lui en prête. Admiratif de Seiji qui l’avait sauvé quand il était au bord de la délinquance, il n’ose pas refuser le remboursement du commerçant. Quand la fillette lui rapporte les 10 yens empruntés au kôban, il décide de les ramener à Seiji. Son collègue Maki (35 ans) lui demande également de transmettre son désistement au machikon du quartier. Seiji propose alors au jeune policier de remplacer Maki. Encore célibataire, il se demande s’il ne devrait pas sortir avec un homme. Secrètement amoureux de lui depuis dix ans, Shin l’embrasse alors…

En conclusion

L’humour domine parfois cette romance légère mais agréable à lire. Le couple est attachant, avec Seiji qui se mêle de tout et qui finit par être conquis malgré lui par l’amour de Shin. De plus, le graphisme plutôt viril de Niyama sensei est rafraichissant. Alors, n’hésitez pas à le lire! J’espère que son autre récit aura droit à une traduction française.
Mise à jour: Ce premier tome a obtenu la septième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018.

Files – Sato Tsubame

files sato tsubame

SATO Tsubame 里つばめ
ISBN: 9782375061800
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784829685976 (JP)
Printan shuppan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Un détective taciturne poursuivi par une victime collatérale d’une enquête.

Dans ce one-shot, Sato Tsubame sensei préfère décrire le lien qui se noue entre ses héros plutôt que s’attarder sur leur romance. L’humour est discret, basé sur des situations cocasses et souvent menées par la malchance de Kikuchi. Au gré des enquêtes, le rapprochement entre le secret Yoshino et le curieux Kikuchi évolue selon des évènements déclencheurs. Par exemple, le chat joue le lien entre les différents personnages et mène les lecteurs sur quelques indices. Kikuchi s’interroge sur ses sentiments et est très ouvert. Sa complicité avec Minami Yûma (20 ans) apporte à la fois légèreté et réflexions. Ainsi, l’histoire semble avoir une approche plus LGBT que BL. Parallèlement, l’auteure ménage le suspense en installant l’intrigue tranquillement puis en diffusant les indices à petite dose.

Le trait de la mangaka est simple mais reste tout de même inspiré de la réalité. Des simplifications renforcent les expressions et les cases humoristiques. Il y a beaucoup de cases silencieuses. D’ailleurs, Sato sensei pose beaucoup d’indices graphiques mettant les lecteurs sur la piste du frère disparu et la responsable de la protection rapprochée qui travaille dans l’ombre. Il n’y a presque pas de décors. Les trames servent principalement à la colorisation, aux ombres et à la dramatisation. Cependant quelques trames d’ambiance originales renforcent les effets des vignettes, en particulier celle avec des chats, trop mignonne. La mise en page est assez classique. Comme le récit s’intéresse d’abord aux sentiments, il n’y aucune scène érotique.

En résumé

Kikuchi Takaya (28 ans) a perdu son emploi d’agent immobilier et son logement de fonction, suite à l’enquête du détective Yoshino Akihito (28 ans) qui a révélé sa liaison avec la femme de son patron. Il essaie alors de se faire embaucher chez le détective, mais ce dernier refuse. Cependant, le nouveau chômeur s’incruste dans une enquête sur la locataire d’une résidence de haut standing qui tournerait des films pornographiques dans son appartement. Un soir, un chat le guide vers la jeune femme évanouie dans le parking. Grâce à son contact avec la cible, il apporte des éléments supplémentaires à l’enquête…

En conclusion

A la première lecture, le récit laisse un arrière-goût d’inachevé mais en relisant le manga ou en portant attention aux détails, je trouve que le scénario est bien plus profond que je ne le pensais. J’ai donc beaucoup apprécié cette histoire. Par contre, une fois les indices découverts, l’effet de surprise et de suspense s’estompe. Alors, trouverez-vous la personne chargée de la protection à distance de Yoshino?

Crie-moi que tu m’aimes! – Sachimo

crie-moi que tu m aimes sachimo

Sachimo さちも
ISBN: 9782368776674
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784041067246 (JP)
Kadokawa, 2018 (JP)
Titre original: うるさいくらいの告白ください
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Quelqu’un qui se trouve plein de défauts est en réalité parfait aux yeux de quelqu’un d’autre. »

Sachimo sensei propose deux histoires de quatre chapitres chacune dans lesquelles des héros complexés vont finir par trouver l’amour. L’humour est assez discret. Malgré la facilité du scénario, l’auteure aborde tout de même quelques sujets, sans les approfondir. Ainsi, le premier récit qui donne son titre au manga, fait allusion à l’homophobie, aux rejets suite à des rumeurs et à l’hypocrisie. La narration donne le point de vue de Hayashida. Et les deux héros, dans leur maladresse, se complètent plutôt bien. Par contre, la seconde histoire peut être gênante de part son thème paradoxal: manipulation, attouchements et viol qui se concluent par une relation amoureuse. Tôdô, avec sa candeur, est complètement dominé par ses complexes. Narrateur, il s’adresse directement aux lecteurs.

La mangaka, avec ses traits simplifiés, joue sur les déformations pour renforcer les expressions ou les passages humoristiques. Un côté mignon se dégage alors de ses dessins. Il y a peu de décors et quelques trames d’ambiance. Les cadrages sont dynamiques mais les angles de vue restent classiques. L’autocensure des scènes érotiques joue sur la suppression des lignes et les blancs. Dans « Youth cinema », un poisson-clown symbolise tout simplement l’organe sexuel, augmentant le côté amusant des situations.

En résumé

Crie-moi que tu m’aimes: Hayashide est medium: il entend les pensées des gens. Jusqu’à présent, cela lui a plutôt joué des tours dans ses relations amoureuses. Alors il préfère chercher la personne qui lui est destinée. D’après lui, ce serait celle dont il n’entend pas les pensées. Justement, il a jeté son dévolu sur le capitaine de l’équipe de football, Oga. Quand il vient l’admirer à l’entrainement, il croise souvent Mori. Ce dernier, suite à des rumeurs, a très mauvaise réputation. Mais Hayashide découvre que c’est juste un obsédé des poitrines opulentes et qu’il a des vues sur Hara, la manager de l’équipe de foot. Après avoir déclaré son amour, le jeune medium est fatigué d’entendre toutes les remarques de son entourage. Se confiant à Mori qui tente de le réconforter, il constate que le redoublant parle sans filtre, disant à voix haute ce qu’il pense. Il en vient même à apprécier de longues discussions avec lui.
Youth cinema: Tôdô est sociable et populaire en classe, mais il cache en réalité beaucoup de complexes, dont la petitesse de son pénis. En classe, il n’est cependant pas à l’aise avec le sombre et discret Yamamoto. Lors d’un voyage scolaire, ils se retrouvent dans le même groupe. Prétextant être malade afin d’éviter les bains publics, il se fait surprendre sous la douche par Yamamoto, inquiet. Comprenant la situation, ce dernier tente de rassurer le complexé. Après que Tôdô ait passé sa colère sur lui, Yama-chi, constatant qu’il a un phimosis, lui propose de lui montrer comment guérir. Face à tant de générosité, le bout-en-train lui demande de devenir son maître.

En conclusion

J’apprécie particulièrement l’histoire de Hayashide et Mori. Le côté un peu candide des personnages rend ce couple attendrissant. Par contre, ce manga ne plaira pas à tout le monde avec la relation permissive du second récit.

Pendulum jujin omegaverse – Hasumi Hana

pendulum jujin omegaverse hasumi hana

HASUMI Hana 羽純ハナ
ISBN: 9782375061534
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784861348730 (JP)
Frontier works, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Seuls des omega peuvent donner naissance aux progénitures des Bestials. Mais Luard élève-t-il Kai uniquement dans ce but?

Hasumi Hana sensei mélange un univers fantastique avec l’omegaverse et réinterprète à sa manière les liens entre alpha et omega. Elle maîtrise parfaitement son scénario et propose de suivre l’étrange relation qui se lie entre Luard et Kai. Elle contrebalance son couple principal qui nie ses sentiments partagés avec celui tendu de Judas et Dahto. Sa version du lien spirituel permet d’éviter le problème des relations trop violentes fréquentes dans ce genre littéraire. Horan apporte un peu de douceur et d’humour dans cet univers plutôt froid. L’auteure développe premièrement son histoire jusqu’à la majorité de Kai tout en maintenant un certain suspense puis modifie ce destin dans un foisonnement sensuel.

Le graphisme de la mangaka est plutôt classique. Mais son trait fin confère de la douceur à ses personnages, même les Bestials pourtant imposants. Kai possède de grands yeux qui lui donnent un côté mignon et renforcent son air naïf. De plus, il rougit facilement. Hasumi sensei travaille particulièrement le jeu des regards, très expressifs. Elle utilise beaucoup les trames, pour coloriser ou ombrer. L’alternance entre les décors parfois somptueux et les trames d’ambiance est équilibrée. Ses cadrages sont dynamiques. De même, les scènes érotiques sont détaillées et la censure se fait par des trames et des blancs.

En résumé

Au royaume de Barnerude, les Bestials occupent les postes de pouvoir et cohabitent en paix avec les humains. Le jeune Kai (10 ans) est un omega né dans une famille d’alpha. Un soir de pluie, son père l’abandonne aux soins du Bestial Sigfried Luard. En effet, ces bêtes humanoïdes choisissent normalement des omega de haute lignée pour pouvoir procréer. Cependant, l’enfant innocent ne sait pas que le destin des omega consiste souvent à devenir des esclaves sexuels pour les alpha. Appréciant de plus en plus son tuteur, éduqué par le gentil serviteur Horan, Kai espère pouvoir se lier un jour avec Luard…

En conclusion

Pour un premier manga, l’auteure développe en priorité son univers et son scénario, ce qui rend cette romance attendrissante et mignonne. Avec ce titre, elle a obtenu la quatrième place de la meilleure nouvelle venue au Chill Chill BL award 2017. Complètement conquise par ce récit, j’attends donc avec impatience l’aventure de Judas et Dahto.

Akihabara fall in love – Kashima Chiaki

akihabara fall in love kashima chiaki

KASHIMA Chiaki 嘉島ちあき
ISBN: 9782368776902
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784832288850 (JP)
Houbunsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Entre manga, soubrettes, figurines, fudanshi, le salaryman Hasegawa découvre l’amour.

Kashima Chiaki sensei offre une comédie romantique légère où les quiproquos et les situations rocambolesques s’enchainent. Ainsi, l’humour et la douceur s’alternent. Les deux héros se relaient pour la narration. L’auteure joue sur les flash-back pour entretenir le suspense. Elle s’amuse également à confronter Hasegawa aux divers univers des otaku. Son héros se révèle être ouvert et prévenant. De même, il apporte de la tendresse dans la relation amoureuse. Dans le chapitre bonus, il continue à découvrir l’univers des Akiba. Par ailleurs, un autre récit complète ce tome et propose une petite romance toute mignonne entre deux amis d’enfance.

Le graphisme de la mangaka est épuré, avec des traits fins. Ses personnages sont classiques: le seme est grand, l’uke a de grands yeux et semble fragile. Les trames d’ambiance sont assez discrètes. Les décors plutôt détaillés servent principalement à situer l’action. Kashima sensei intègre quelques angles de vue recherchés. Sous la jaquette, une planche donne une anecdote sur la recherche du titre. Les scènes érotiques évitent de montrer trop de détails grâce aux cadrages, aux trames et l’absence de lignes.

En résumé

Akihabara fall in love / Bonus: Petit, Hasegawa Yûki était pris pour un otaku à cause de ses lunettes. Son destin a changé dès qu’il s’est mis à porter des lentilles. Ayant réussi à intégrer une grande entreprise, il se retrouve pourtant à travailler actuellement au cœur d’Akihabara. Quand il se réveille dans une chambre inconnue et surprend deux hommes dans une position suggestive, il les prend pour des homosexuels et s’enfuit. Il se remémore alors avoir aidé précédemment un otaku qui se faisait racketter et s’être fait détrousser. Par la suite, Hasegawa (25 ans) n’arrête pas de croiser le maladroit Akiba Ayumu (30 ans), au sourire ravageur. Sympathisant avec lui, il apprend que le frère de l’otaku est un fudanshi qui utilise son aîné comme modèle. Le quiproquos démêlé, le salaryman remarque alors que ses sentiments s’éveillent envers son nouvel ami.
Le « Je t’aime » du peureux: Koinuma Genta revient des Etats-Unis et retrouve en classe son ami d’enfance Ichinose Haruki. Malgré six ans d’absence, Haru est toujours secrètement amoureux de lui…

En conclusion

Malgré la légèreté du thème, je m’amuse à suivre les péripéties amoureuses de Hasegawa. De plus, le dessin de l’auteure est vraiment mignon. La mangaka précise au verso de la couverture qu’elle aimerait développer l’histoire d’Akiba Satoru, le petit frère. Alors, j’attends avec plaisir cette suite.

Maou lover – Kinuta Nana

maou lover kinuta nana

KINUTA Nana 砧菜々
ISBN: 9782368770856
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404334 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Il n’y a qu’un pas de la rivalité à l’amour entre deux sportifs.

Ce recueil de Kinuta Nana sensei propose une comédie romantique entre deux sportifs professionnels, développée sur la moitié du tome et complétée par trois romances courtes. Les couples assez basiques se forment très vite. « Maou Lover », qui donne son titre au manga, joue sur la rivalité. La narration se fait du point de vue de Mao. Ce dernier passe son temps à lancer des défis, même lors des ébats. De plus, l’arrogant uke se fait complètement manipuler par le seme possessif. Les situations comiques sont souvent exagérées. L’histoire bonus conclut sur une interview hilarante ambiguë. Le second récit est très court et s’attarde sur une romance en devenir, narré par Yû. « Celui que j’aime » met en scène avec humour les difficultés d’un puceau trentenaire à déclarer son amour. La dernière histoire développe une aventure à la Robinson Crusoë sur fond futuriste.

La mangaka possède un graphisme classique au style shôjo. Elle utilise d’ailleurs des traits simplifiés ou exagérés pour les scènes humoristiques. Les décors sont rares et laissent la place aux trames d’ambiance. La mise en page met en avant l’esthétique des personnages. Le cadrage autocensure les scènes érotiques en évitant de montrer en détails les organes génitaux. Les trames servent également de cache.

En résumé

Maou lover / Interview: Oumi Mao (21 ans) est un joueur de tennis professionnel, avec un jeu puissant qui s’autoproclame Roi des démons. Son rival depuis les juniors, Sawaya Hikaru (21 ans), possède quant à lui un jeu précis. Chaque année, ils suivent le même stage d’entrainement en été. Mais lorsqu’apparaît Kaho, la petite amie présumée de Sawaya, Mao ressent divers sentiments et exige alors que son rival ne regarde que lui. Il fait donc tout pour attirer son attention!
Celui que j’aime: Tateno Yû aime son senpai Hirota du club de football. En plus, ce dernier, très tactile, a tendance à l’enlacer et l’embrasser, le trouvant mignon avec sa petite stature…
L’amour arrive sans prévenir: Kifune Jintoku est mangaka et, n’étant jamais sorti avec une fille, il ne supporte pas de dessiner les scènes romantiques. De plus, il a eu le coup de foudre pour son assistant Tsujino mais n’arrive pas à se déclarer. Un jour, alors qu’il tentait de fuir son travail, son assistant lui propose de sortir ensemble.
L’île aux oiseaux de paradis: L’aventurier Luc a échoué sur une île déserte inconnue avec R051, une machine de traduction humanoïde. Il y rencontre Pioupiou, un humain élevé par des oiseaux. Grâce à la machine, les deux humains peuvent communiquer. Mais plus le temps passe, plus l’explorateur tombe amoureux de cet homme sauvage et n’a plus envie de rentrer…

En conclusion

L’histoire principale est amusante et le couple attachant. Heureusement que l’auteure a dessiné un second tome car je reste un peu sur ma faim avec ce développement léger et rapide.