L’oiseau de Shangri-la 1 – Zariya Ranmaru

l oiseau de shangri-la zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782368777152
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784829686171 (JP)
Printemps, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Le parcours d’un hétérosexuel engagé dans une maison close uniquement d’hommes.

Zariya Ranmaru sensei partage le quotidien de la maison close Shangri-la en suivant la formation d’Apollon. Elle donne l’image d’un bordel paradisiaque où le patron ne cherche pas à s’enrichir. Pourtant, en dehors de cette belle cage dorée, la vision de la prostitution reste négative. Pour l’instant, ce premier tome installe les personnages et le contexte. Entre tendresse et sensualité, l’auteure s’amuse à confronter Fee, un prostitué venant de la rue, à Apollon, son étalon hétérosexuel et consciencieux. En effet, les deux hommes nouent une relation plutôt particulière, l’oiseau cherchant à faire réagir son placide apprenti. De plus, la droiture de ce dernier tranche avec cet univers de débauche. Les deux hommes semblent avoir un passé assez sombre et traumatisant, révélé au compte-gouttes.

La mangaka offre un graphisme très réaliste, aussi bien au niveau des personnages que des décors, détaillés. Elle se focalise également sur quelques détails. Le travail des ombres est très précis. Il y a beaucoup de beaux hommes de différentes statures et styles. Par exemple, Fee a la peau basané et tatouée et Apollon porte parfaitement son nom, transpirant la sensualité. La mise en page est dynamique, avec des plongées, des contre-plongées, des illustrations pleine page, mettant en avant l’esthétique. Certaines pages silencieuses invitent même à la contemplation, permettant de respirer (ou se rincer l’œil). Les trames d’ambiance sont discrètes. Des motifs de tatouage ethnique séparent les chapitres. Vu le thème, les scènes érotiques sont très présentes. Zariya sensei joue sur les angles de vue et les trames pour cacher ce qui est nécessaire. D’ailleurs, les cœurs flottants occultant les entrejambes donnent une touche humoristique.

En résumé

Apollon, hétérosexuel en instance de divorce, est embauché comme étalon à Shangri-la, une maison close élitiste. Privilégiant le bonheur de ses prostitués qu’il appelle ses « oiseaux », le riche patron de ce bordel sélectionne ses clients. Afin de préparer ces travailleurs du sexe, les boute-en-train s’occupent de les exciter ou les dorloter avant et après chaque client. Ainsi, le nouvel employé est confié à Fee, l’un des prostitué, pour sa formation. Cet hétérosexuel parviendra-t-il à s’adapter à ses nouvelles fonctions?

En conclusion

Cette vision idyllique de la prostitution dérange et plait à la fois. En outre, la forme de la maison close entourée du jardin me rappelle les cages à oiseaux tropicaux. L’auteure nous offre un manga très esthétique, avec des pages contemplatives, sur un thème plutôt difficile. Après avoir fondu devant les muscles et la tendresse d’Apollon, j’ai hâte de découvrir comment va évoluer cette romance.
Mise à jour: Ce tome a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020.

Un démon au paradis 1 – Aga Naomi et Oyoshikawa Kyôko

un demon au paradis 1 oyoshikawa kyoko aga naomi

AGA Naomi 阿賀直己
OYOSHIKAWA Kyôko お吉川京子
ISBN: 9782375061855
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784801964440 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Titre original: 鬼と天国 上
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Lorsqu’un pervers manipulateur domine son jouet idéal en lui ouvrant la porte d’autres plaisirs.

Aga Naomi sensei propose une romance basée sur la manipulation psychologique, entre un pervers et un masochiste. Tengoku utilise son statut d’infirmier pour pratiquer des attouchements en toute impunité sous couvert de traitement thérapeutique. Aoki, quant à lui, a développé un traumatisme suite à l’éducation stricte de sa mère qui mêlait punitions corporelles et récompenses. Ainsi, le pervers infirmier s’amuse de l’innocence de ses victimes, aimant les voir s’ouvrir à des plaisirs plutôt déviants comme le soft SM, l’exhibition. Les relations sont donc charnelles et sans consentement. Le côté fuyant et passif du professeur qui n’a aucune estime de soi en fait un jouet idéal. Par contre, l’étrange lien entre les deux hommes évolue doucement au fil du récit. L’histoire bonus laisse pourtant croire à un peu de tendresse du sadique. Le jeu de mot sur le nom de l’infirmier est bien trouvé, tengoku (天国) signifiant paradis en japonais.

Le style d’Oyoshikawa Kyôko sensei est assez réaliste malgré ses traits simples, répétés, donnant de l’épaisseur. Par exemple, la fatigue marque graphiquement le visage d’Aoki. Ce trait de croquis contraste avec la finesse du traitement des décors. Les personnages se détachent donc clairement des fonds. En outre, les trames d’ambiance soutiennent l’expression des vignettes. La mise en page joue sur les découpages pour dynamiser le récit, avec des blancs, des cases vides, des ellipses et des détails. Même les angles de vue varient. En fin de tome, des fiches présentent les personnages secondaires. De même, sous la jaquette, Aoki est mis en avant. Les scènes érotiques ne sont pas censurées mais la mangaka joue sur les cadrages pour éviter de montrer trop de détails.

En résumé

Aoki Atsurô est un professeur désabusé qui fuit le contact avec les autres. Traumatisé par l’éducation très stricte de sa mère quand il était enfant, il n’a pas réellement choisi son métier. Suite aux nombreuses absences de son élève Kasai qui passe du temps à l’infirmerie, le professeur coordinateur Horio Katsumi lui demande de régler le problème. Ayant entendu des rumeurs circulant parmi les élèves sur l’infirmerie, Aoki prend sur lui pour interroger l’infirmier scolaire Tengoku Manabu. Mal à l’aise avec le praticien qui l’accule de questions, il perd ses moyens quand il réalise que ce dernier l’embrasse de force…

En conclusion

La situation un peu floue sur la relation entre Tengoku et Sakai pourra déranger. Mais la scénariste mène très bien son récit. Il est difficile d’avoir de l’empathie pour le pervers infirmier et on a envie de secouer Aoki. Le trait expressif de la mangaka colle parfaitement à l’ambiance. D’abord mitigée, je me suis laissée prendre par l’histoire. Je me demande vraiment comment la relation entre les deux hommes va évoluer. Avec ce titre, l’auteure a obtenu la première place dans la catégorie meilleure nouvelle venue au Chill chill BL award 2019

Coyote 2 – Zariya Ranmaru

coyote 2 zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782368776742
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866571638 (JP)
Frontier works, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’amour pourra-t-il triompher des secrets et des conflits familiaux?

Dans ce second tome, Zariya Ranmaru sensei dévoile le passé de Joshua et Coyote et introduit une partie du plan des loups-garous. L’histoire prend donc une tournure un peu plus dramatique, la romance passant au second plan. Par ailleurs, l’auteure introduit quelques personnages secondaires qui semblent avoir également une psychologie assez développée. De même, elle approfondit les personnalités de Marlène et Lili, se focalisant sur leurs combats intérieurs, leurs sentiments et leurs liens. Le contraste entre le chef des loups-garous, Kiefer, et celui de la mafia, Simon F. Garland, est subtilement mis en avant.

Les traits fins de la mangaka sont plutôt réalistes. Les trames d’ambiance sont discrètes et les décors détaillés. La mise en page alterne entre classique et dynamique, et même très travaillée pour certains passages clés. Il n’y a pas de censure directe pour les scènes érotiques. Par exemple, Zariya sensei joue sur les angles de vue pour cacher l’essentiel et utilise même le préservatif pour éviter les détails. D’ailleurs, cela augmente l’aspect érotique de ces passages peu nombreux.

En résumé

Ayant remarqué sa photo dans les affaires de Lili, Marlène laisse exploser ses inquiétudes et devient assez brusque durant leurs ébats. Comprenant que les loups-garous se préparent à agir, le pianiste souhaite révéler son identité à son amant mais n’y arrive pas. Coyote devant partir à la fin de ses chaleurs, Joshua demande à Allen Brown de l’observer pour essayer de découvrir son lieu de résidence. De retour au repaire, le loup-garou et ses acolytes, Schneider et Agassi, reçoivent de nouvelles instructions de Kiefer. Ils doivent surveiller leur cible durant un mois afin de frapper tous en même temps. Par contre, il manque encore des données à propos de Joshua Garland. Justement, Mimi est sur sa piste. Quelle n’est pas sa surprise de le trouver près de leur refuge, avec quelques effluves restantes de Coyote…

En conclusion

Alors que le premier tome installait la relation de notre couple, les nombreuses révélations rendent la détresse de Joshua et de Coyote touchante. J’admire le travail de l’auteure qui maîtrise également le format sériel. Le suspense dans lequel elle nous laisse à la fin de ce volume est insoutenable! La série est classée troisième au Chill Chill BL award 2019.

Goodbye, Red Beryl 2 – Michinoku Atami

goodbye red beryl 2 michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782375061862
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784866571331 (JP)
Frontier works, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Briser un mur de solitude pour partager ensemble ses joies, ses peines et son amour.

Dans ce second tome, Michinoku Atami sensei développe la relation qui se noue entre Kazushige et Akihiko. Elle s’attarde principalement à la construction des liens par la découverte, l’ouverture à autrui et le partage des sentiments. De même, elle approfondit la psychologie de ses héros. Ayant connu la souffrance du deuil et du regard inquisiteur des autres, Kazushige a peur de nouer des relations humaines. Akihiko brise peu à peu ce mur défensif en imposant sa présence. L’auteure s’applique à donner une approche la plus réaliste possible, même sur le premier ébat du couple: elle se focalise par exemple, sur des détails comme le type de lubrifiant de l’époque, les réactions d’un puceau ou de quelqu’un qui s’est retenu. Parallèlement, elle dévoile un peu plus les objectifs de Masakado, même si cela reste encore vague, permettant de conserver le suspense jusqu’en fin de tome.

Les traits fins et épurés de la mangaka dégagent à la fois un côté acéré et de la douceur, augmentant l’aspect mystérieux de certains visages. Les traits simplifiés donnent un effet super-deformed dans les scènes humoristiques. Cela rend d’ailleurs Akihiko très mignon. Michinoku sensei se focalise sur les détails des petits gestes et des regards. Elle utilise peu de trames d’ambiance, privilégiant le travail des nuances de gris. Même si les décors sont peu présents, ils sont très détaillés. La censure des scènes érotiques, assez nombreuses, se fait par de fines bandelettes blanches, cachant peu les détails. La sensualité des positions est mise en avant grâce à des angles de vue recherchés.

En résumé

Bien que gravement blessé, Kazushige refuse de boire le sang qu’Akihiko lui propose et le jette dehors. Réfugié dans un parc, le jeune homme ne comprend pas la réaction du vampire. Il est soudain interrompu dans ses réflexions par Moronatsu qui lui apprend qu’il n’est qu’à moitié vampire. Malgré ses craintes, Akihiko décide d’interroger directement Kazushige. Ce dernier lui confie alors sa peur de le transformer en monstre. Touché, le jeune homme finit par lui déclarer ses sentiments puis l’embrasse…

En conclusion

Ce couple attendrissant se construisant par la discussion et le partage des sentiments, il est donc agréable de voir leur amour s’épanouir. Ce tome est magnifique! D’ailleurs, le trait délicat de l’auteure sied parfaitement à l’ambiance. Vivement la suite!

Le chien innocent et le chat hypocrite – Niyama

le chien innocent et le chat hypocrite niyama

Niyama にやま
ISBN: 9782368777152
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801955172 (JP)
Takeshobo, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Lorsque le masque de l’homme parfait finit par tomber à force de côtoyer l’innocence de la jeunesse…

Premier manga relié de Niyama sensei, ce one-shot s’intéresse à la naissance des sentiments durant une cohabitation, la différence d’âge et le sentiment de solitude, en particulier quand le rythme de travail du couple est décalé. Même si certaines coïncidences paraissent un peu exagérées, l’auteure développe la psychologie de ses personnages avec réalisme. Alors que Yagi fuit les problèmes, son comportement parfois enfantin le rend attachant. De même, le côté innocent de Tôru détonne avec son comportement légèrement sans gêne. Mettant en avant le contraste entre ce que pense et ce que dit Yagi, la narration donne principalement son point de vue. Cependant, un chapitre est consacré à l’avis d’Akasaka. Le couple partage ses sentiments avec consentement, même alcoolisé. D’ailleurs, il prend tout son temps.

La mangaka utilise des traits fins légèrement simplifiés. Ses personnages ont une carrure masculine avec de grands yeux expressifs. Pour les passages humoristiques, Niyama sensei n’hésite pas à simplifier ses dessins à l’extrême. Ainsi, le côté naïf d’Akasaka ressort bien graphiquement. Par contre, Yagi porte parfois des oreilles de chat quand il pousse à fond l’hypocrisie. Il n’y a pas de distinction entre les chapitres, peu marqués. La mise en page, plutôt classique, joue sur les ellipses et quelques angles de vue recherchés pour dynamiser la lecture. L’alternance entre les trames d’ambiance et les décors paraît naturelle. Sous la jaquette, la postface et deux illustrations permettent de découvrir la création du scénario. Parfois, quelques trames ou blancs censurent légèrement les scènes érotiques, plutôt détaillées.

En résumé

Yagi Naohito (39 ans) est invité par son ami Tajima Seiji (39 ans) à un gôkon. Ne cherchant pas à draguer, le salaryman s’isole à une table pour manger. Asakasa Tôru (24 ans) l’aborde et demande à s’installer à sa table. Comme le jeune homme entame immédiatement la conversation et parle sans filtre, Yagi n’est pas à l’aise. En effet, il affiche toujours un sourire conciliant, jouant les hypocrites pour plaire à tout le monde. L’alcool aidant, les deux hommes se confient assez facilement, le quarantenaire étant persuadé de ne jamais revoir son interlocuteur collant. Mais ce dernier s’avère être un employé d’un de ses clients. Un soir, le salaryman recroise l’ouvrier loin de son quartier. Asakasa lui apprend qu’un incendie a détruit son appartement et qu’il a perdu son porte-feuille. Devant tant de malchance, Yagi propose au jeune homme de le loger temporairement malgré son appréhension.

En conclusion

Cette histoire mignonne précède My pretty policeman et met en avant la romance du couple d’amis de Seiji. Le contraste entre Yagi qui fuit les relations alors qu’il a peur d’être seul et Asakasa qui s’attache facilement aux gens me touche énormément. J’adore l’évolution tout en douceur et dans le partage de ce couple.
Mise à jour: Ce one-shot a obtenu la treizième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2017.

Smells like green spirit : side B – Nagai Saburo

smells like green spririt side b nagai saburo

NAGAI Saburo 永井三郎
ISBN: 9782368776438
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784893938060 (JP)
Fusion product, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Des adolescents qui peinent à trouver leur voie, coincés entre ce qu’ils aimeraient être et les attentes de leur famille.

Dans ce second tome, Nagai Saburo sensei prend un ton plus dramatique. Elle aborde le thème de la pédophilie, de la tentative de viol et des traumatismes qui en découlent, ainsi que les conséquences des rumeurs suite à des quiproquos. Par ailleurs, elle décrit le changement des relations suite à un évènement traumatisant, la souffrance du rejet, le problème d’acceptation de soi ou de l’autre. Elle détaille également les réactions différentes des trois mères, entre acceptation, interrogation et refus total. L’auteure reste pudique sur la relation et les sentiments. La narration donne le point de vue de Mishima qui personnalise légèrement la conclusion des chapitres en partageant ses réflexions. La fin permet de découvrir ce que les trois héros sont devenus plus tard en prenant des chemins différents. En bonus, une anecdote sur Yanagida et le père américain de Tarô détend l’atmosphère lourde.

La mangaka apporte un travail particulier sur les regards. L’expressivité est poussée et permet de comprendre immédiatement le ressenti des personnages. Les trames d’ambiance se font plus discrètes. Le jeu des clairs-obscurs est privilégié avec le fond noir qui appuie la narration, les ellipses ou les souvenirs. La dynamique de la mise en page est avant tout au service du récit et sert également la lecture. Ainsi, Nagai sensei s’attarde principalement sur les détails des gestes. Les illustrations de début de chapitre sont très expressives, en rapport avec l’humeur du récit.

En résumé

Alors que Mishima Futoshi rentrait à pieds, son pneu de vélo étant crevé, il est accosté par le professeur Yanagida en voiture qui lui propose de l’aider. Sentant le danger, Kirino Makoto et Yumeno Tarô partent à sa recherche. Arrivés dans une usine désaffectée, le professeur lâche toute sa frustration sur le lycéen terrorisé puis l’agresse. Les deux autres garçons arrivent juste à temps pour empêcher l’irréparable. Fou de rage, Yumeno se jette sur le professeur pendant que Kirino libère leur ami. Mais alors que Tarô voulait avertir l’école, Mishima l’arrête. Yanagida disparaît alors sans laisser de traces…

En conclusion

Je trouve la métaphore de la boîte de pandore bien trouvée. L’auteure donne une vision assez réaliste de l’homosexualité adolescente. Ce manga est très loin de l’homo-romance et donne plutôt une perception sociale de l’homosexualité en milieu rural. A lire, même si on n’est pas fan de BL!
Mise à jour: Ce tome a obtenu la quatrième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2014.

Smells like green spirit : side A – Nagai Saburo

smells like green spirit side a nagai saburo

NAGAI Saburo 永井三郎
ISBN: 9782368776421
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784893937483 (JP)
Fusion product, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Difficile d’être différent quand on vit à la campagne.

Nagai Saburo sensei décrit, par tranches de vie, les difficultés que rencontrent les adolescents campagnards qui s’éveillent à une orientation sexuelle non hétéronormée. Parallèlement au harcèlement scolaire, elle développe les dégâts engendrés par les rumeurs, la pression sociale renforcée et les spécificités de la vie à la campagne. Le rejet de la différence semble assez frontal, entraînant facilement des violences psychologiques ou physiques. Par contre, l’auteure évite de tomber dans le mélodrame. Justement, elle aborde avec finesse les réflexions de Mishima, Kirino et Yumeno tout en les faisant évoluer doucement. Elle reste dans une approche plutôt réaliste.

Le graphisme de la mangaka est particulier: ses traits fins et épurés sont assez variés. Parfois, certains personnages ont un côté caricatural, avec des expressions exagérées. D’ailleurs, dans les effet comiques, les visages sont complètement déformés. Les cadrages sont dynamiques. Les décors bien que très travaillés sont peu nombreux. Il y a quelques trames d’ambiance. Mais Nagai sensei privilégie le jeu des contrastes noir et blanc. Elle joue également sur des effets graphiques pour exprimer le mal-être, les perversités ou l’imagination des protagonistes.

En résumé

Dans un collège au fin fond de la campagne, Mishima Futoshi est souvent harcelé à cause de ses cheveux longs et de son air efféminé. Il a tendance à se laisser faire, se considérant comme homosexuel. Alors pour s’apaiser, la nuit, il se travestit en cachette. Un jour, les meneurs des assauts dans la classe, Kirino Makoto et Yumeno Tarô, vont beaucoup plus loin en lui coupant les cheveux. Pourtant, Mishima trouve qu’au final, cette coupe renforce son côté mignon. Pourquoi ont-ils fait ça?

En conclusion

Ce premier tome installe et approfondit la relation entre les trois personnages principaux et se termine en plein suspense. Il est donc difficile de ne pas se jeter immédiatement sur le tome suivant! Certaines paroles sont assez dures. Mais ce manga, qui s’éloigne des romances des gakuenmono et des BL habituels pour s’intéresser principalement au contexte, mérite vraiment l’attention.

Hang out crisis – Owal

hang out crisis owal

Owal おわる
ISBN: 9782368773594
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784801953710 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Deux beaux gosses, de l’alcool, un love hotel… Et vous obtiendrez un cocktail explosif! »

Owaru sensei annonce dès sa présentation que ce manga a pour but de nous faire rire. Et ces trois comédies disjonctées accumulent situations rocambolesques, personnages aux caractères extrêmes et scènes érotiques parfois crues. En effet, les protagonistes ont tendance à privilégier le plaisir aux sentiments. Le consentement n’est donc pas leur priorité. L’histoire principale donne son titre au manga. Même si Jôsei et Motoki apparaissent comme de véritables ennemis des femmes au début, les voir tomber peu à peu amoureux les rend attachants. Alors que Tsubakiya utilise Sakurai pour réaliser ses fantasmes, l’uke est le premier à évoluer. D’ailleurs, l’auteure s’amuse à confronter leurs changements, ajoutant un rival gay, Hasumi Shinya, qui a une approche de l’amour plus tendre. La deuxième histoire traite avec humour les fantasmes d’un débutant pervers. Le dernier chapitre revisite le conte de La Belle et la Bête.

Le style graphique de la mangaka est proche du shôjo: des traits fins, des visages ronds, des chevelure touffues. Sa mise en page est dynamique. Cependant, les trames d’ambiance alternent avec les décors, chargeant un peu trop les pages. Quelques fiches personnages sont présentes en fin de chapitre. Les nombreuses scènes érotiques sont plutôt détaillées, la censure se concentrant uniquement sur les organes génitaux par de simples hachures, ce qui ne cache presque rien.

En résumé

Hang out crisis: Tsubakiya Jôsei et Sakurai Motoki sont les tombeurs de légende de l’université. Ils aiment participer à des soirées étudiantes et leur club « où on fait des trucs » leur permet souvent de trouver un coup du soir. Mais après une soirée ratée trop arrosée, ils finissent au love hotel. Alors que Jôsei prétextait trouver Motoki mignon, il demande à ce dernier de le soulager. Acceptant de le masturber, Motoki se laisse emporter par l’ambiance suivi par son ami. Le plaisir et la curiosité l’emportant sur la raison, les deux garçons finissent par coucher ensemble…
Monsieur le salaryman est un véritable pervers: Un salaryman a le coup de foudre pour le beau Kyô qui a ramassé sa carte de transport. Il se rend alors dans le club de massage de ce dernier. En plus d’une réservation d’une durée de 6h, il a élaboré tout un planning…
La Belle et la Bête: Il y a bien longtemps, un bon à rien de prince, qui jetait les filles sans ménagement après les avoir séduites, a été transformé en bête par une sorcière. Un jour, surprenant un voyageur qui cueillait une rose de son jardin sans permission, il exige du père qu’il lui donne son enfant en échange de sa vie. Et voilà le mignon Bernard tout heureux de cohabiter avec cet énorme toutou!

En conclusion

J’apprécie les manga d’Owal sensei. Par contre, ses histoires peuvent déplaire car elles mettent souvent en scène des seme obsédés, égoïstes et autoritaires et donc peu sensibles au consentement. Mais il est tellement amusant de les voir tomber fou amoureux. En outre, l’adaptation BL de La Belle et la Bête est mignonne à croquer. Ce one-shot a obtenu la sixième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2016.

A story of love – Hamada Kamome

a story of love hamada kamome

HAMADA Kamome 波真田かもめ
ISBN: 9782375061480
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784799735169 (JP)
Libre, 2017 (JP)
Titre original: たとえばこんな恋のはなし
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

L’amour se construit petit à petit, en partageant à deux ses joies, ses peines et ses désirs.

Ce one-shot de Hamada Kamome sensei est basé sur une histoire vraie. En décrivant la cohabitation entre un homosexuel et un hétérosexuel tombé amoureux de lui, l’auteure questionne la construction d’une relation et les sentiments. Elle offre donc une vision de l’amour simple et pure. D’abord platonique, la relation entre Akira et Masaru évolue doucement: les deux hommes apprennent à se connaître et se rapprochent petit à petit entre disputes, efforts et compromis. Le comportement de Masaru peut paraître ambigu et déconcertant: bien que fou amoureux et sérieux, il a un côté assez coincé et maladroit. Son manque de tact égaye un peu cette romance tendre et mignonne. En fin de tome, une interview de Yanagi Kento, qui a servi de modèle pour Akira, permet d’en découvrir un peu plus sur le couple. Il y a aussi la recette du hamburger maison.

La mangaka utilise des traits assez épais, superposés, donnant un aspect croquis. Son style est assez proche du shôjo. Les visages sont plutôt ronds, avec des traits simplifiés. L’équilibre entre les décors et les trames d’ambiance est maîtrisé. La mise en page reste assez classique. Les illustrations en début de chapitre mettent en scène le couple dans leur quotidien. Sous la jaquette, il y a le plan de l’appartement. Les scènes érotiques se concentrent sur les sentiments et ne montrent donc pas de détails. La couverture a obtenu la seizième place au Chill Chill BL award 2018.

En résumé

Au lycée, Takamori Akira récolte les cannettes pour se faire un peu d’argent et offrir un CD au garçon qu’il aime secrètement. Mais ce dernier, gêné, refuse. Pour combler sa peine, le lycéen prépare énormément de bons plats pour les assistantes et sa mère mangaka. Devant ce festin, l’une d’elle l’incite à poster ses recettes sur Internet. Le jeune homme lance alors son blog, s’affichant comme un garçon aimant les garçons et passionné de cuisine. Mais un jour, il reçoit un commentaire blessant lui demandant si son homosexualité influence son don pour la cuisine. Bien que rude au premier abord, le blogueur sympathise avec Nanjô. Enfin à l’université, Akira reçoit, un soir, un appel de Nanjô Masaru qui a débarqué à Tokyo. Puis quelques semaines plus tard, ce dernier s’installe chez l’étudiant tout en lui annonçant qu’il l’aime…

En conclusion

Une très belle histoire d’amour construite par la discussion, les compromis et de petits gestes tendres. Il est touchant de voir Masaru briser ses propres barrières, coincé malgré ses forts sentiments. Comme un témoignage sur la vie à deux, on a envie d’appliquer leurs conseils pour entretenir la flamme. Une lecture pour tous les couples, qu’ils soient gay ou non!

Le cœur de la méprise – Ogawa Chise

le coeur de la meprise ogawa chitose

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782368771563
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404303 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Quand la persévérance et la prévenance font palpiter le cœur.

Dans ce recueil, Ogawa Chise sensei questionne l’amour qui se développe face à la prévenance et la tendresse. La première histoire donne son titre au manga et occupe la moitié du tome. La narration débute avec Miki pour passer ensuite à Udô. L’auteure pointe les différentes expressions de l’amour comme la tendresse, la possessivité, la jalousie et la violence. Elle s’amuse en confrontant deux beaux garçons aux caractères opposés: Miki est frivole et considère l’amour comme un jeu alors qu’Udô est plutôt sérieux et aimant. Cependant, leurs sentiments amoureux dévoileront d’autres facettes de leurs personnalités. L’histoire bonus offre une anecdote amusante sur le couple mettant en avant le côté obsédé de l’uke. « Last summer blues » est une romance platonique s’intéressant à la limite entre l’attirance, l’admiration et la compassion. Le dernier chapitre offre une douce romance à ses débuts entre un salaryman maladroit qui fond pour quelqu’un de prévenant.

La mangaka a un trait épuré qu’elle n’hésite pas à simplifier dans les moments amusants. Par exemple, les yeux deviennent de simples points ou traits. Les trames d’ambiance sont discrètes et il y a peu de décors. Même si les trames servent principalement à la coloration et aux ombres, elles sont assez claires. De plus, le blanc domine sur les pages, Ogawa sensei jouant sur les ellipses et les cases vides. De même, la mise en page est dynamique. Les scènes érotiques évitent les détails, privilégiant les préliminaires. En outre, le jeu de cadrage permet d’en montrer le moins possible.

En résumé

Le cœur de la méprise / The date of miscalculation: Miki sort avec n’importe quelle fille du moment qu’il peut être satisfait sexuellement. Un jour, il surprend Udô en train de se séparer de sa petite amie, n’éprouvant aucun sentiment pour elle. Pour l’aider, il se fait alors passer pour son petit copain.
Last summer blues: Kuzumi est le meilleur lanceur de l’équipe de base-ball de son lycée. Malheureusement, il n’a pu mener son équipe au Kôshien, éliminée à la finale du tournoi régional. Depuis, il évite le club. Pourtant Ichigaya, son kôhai, grand admirateur et rival, tente désespérément de le faire revenir…
Un après-midi sans défense: Surnommé le chef-démon, Ômura a été promu dans la section planning et doit former les nouveaux, mais il n’aime pas le travail d’équipe. Tamachi, de la section vente, cherche à sympathiser avec lui mais, par inadvertance, il casse les lunettes de vue d’Ômura…

En conclusion

Il est amusant de voir le stoïque Udô craquer pour le capricieux et obsédé Miki. Les deux autres histoires sont mignonnes, sans scènes érotiques. Même si la psychologie des personnages est peu approfondie, on passe un agréable moment. Au Chill Chill BL award 2014, ce titre était placé quatorzième des meilleurs manga.