Drag-less sex 2 – Enzo

drag-less sex 2 enzo

Enzo エンゾウ
ISBN: 9782368776889
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801963580 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Y a-t-il un peu de place pour l’amour quand on est atteint du syndrome des phéromones?

Enzo sensei offre un spin-off de Drag-less sex en s’attardant sur le couple d’Inui et Tatsumi. Ce manga a obtenu la seconde place au classement de la meilleure BD au Chill Chill BL award 2019. Même si le consentement n’est pas naturel, influencé par les phéromones ou les manipulations d’Inui, l’humour joue justement sur le chantage de l’otaku pour obtenir la satisfaction de ses fantasmes. Tatsumi finit toujours par céder, ses sentiments se développant doucement. Même si l’auteure garde une certaine distance dans la narration, posant les lecteurs comme de simples observateurs, elle développe divers sentiments comme la jalousie, le doute, les regrets et la peur du changement. Elle présente certains moments de la vie du couple, du lycée jusqu’à leur cohabitation, et conclut sur leur situation quand ils ont atteint la trentaine.

La mangaka a un style graphique plutôt réaliste, reconnaissable immédiatement à ses yeux cernés de noir. Elle exagère les expressions pour transcrire les sentiments. Ainsi, ses visages déformés par le plaisir ne sont pas forcément mignons. Ses cadrages sont dynamiques et ses angles de vues recherchés. Elle privilégie les trames d’ambiance et les décors servent principalement à situer les scènes. Pour rendre réaliste son univers, elle a même créé la mascotte en forme de gélule Misao-chan, du comité de protection sanitaire du syndrome des phéromones. Sous la jaquette, Enzo sensei a dessiné sa postface et un yonkoma amusant avec la mère d’Inui. Les scènes érotiques ne sont pas censurées. Il y a même les détails et les coupes internes.

En résumé

Le syndrome des phéromones est une sorte d’allergie. La personne atteinte dégage beaucoup de phéromones, amplifiant et transformant en désir sexuel l’amour ou l’attirance que les personnes éprouvent pour elle. Atteint de cette pathologie, Tatsumi ne prenait pas de traitement, profitant de pouvoir coucher avec plusieurs filles; jusqu’à ce qu’Inui, son camarade de classe amoureux de lui, le viole. Cependant, depuis qu’il se soigne, les filles se sont désintéressées de lui. Alors quand Inui l’invite chez lui, il finit par accepter, légèrement frustré de le voir si froid. Mais en réalité, pris de remords de l’avoir forcé, l’otaku essaie de contrôler ses pulsions, son attirance restant intacte malgré les cachets. En manque, Tatsumi couche alors à nouveau avec son camarade, appréciant les sensations qu’il lui procure. Cédant à ses supplications et menaces, il accepte donc de sortir avec lui bien qu’il ne ressente pas d’amour en particulier…

En conclusion

Il est amusant de voir tomber ce dragueur de Tatsumi fou amoureux, même si Inui ne le ménage pas. D’ailleurs, le chapitre sur la crise dans le couple est bien mené et a réussi à m’émouvoir. Cela donne envie de découvrir l’évolution des autres couples du premier volume. En tout cas, le concept est beaucoup plus appréciable sur un tome entier, même si les scènes érotiques sont très présentes. Avec la mascotte qui apporte explications et statistiques, l’univers des phéromones semble vraiment crédible.

Le carnet d’expériences d’Endô-kun 2 – Hayakawa Nojico

le carnet d experiences d Endo kun 2 hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368776063
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031543 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Et si les résolutions commençaient par une coupe de cheveux?

Hayakawa Nojico sensei conclut son histoire avec des coupes de cheveux. Ce second volume débute sur un chapitre rétrospectif après la coupe courte d’Endô avant de reprendre la suite directe du tome précédent. Même si la narration est faite du point de vue de Tsuda, le développement de l’histoire se concentre sur l’émancipation d’Endô. L’auteure détaille la relation difficile entre Masaru et son frère Akira, qui a pour ainsi dire façonné le comportement de son cadet. Les deux héros se montrent possessif l’un envers l’autre mais ont des difficultés à l’exprimer. Même si le couple se questionne et trouve des réponses, Hayakawa sensei privilégie les non-dits. Elle laisse les lecteurs deviner le déroulement du récit en dispersant quelques indices. Le côté un peu mièvre de la relation contraste avec l’intensité des baisers. De même les deux lycéens contiennent leurs pulsions, rendant cette relation pudique et douce. Le caractère extrême de certains personnages gâche un peu le ton réaliste général. Le dernier chapitre, du point de vue d’Endô, offre une conclusion rebouclant sur le début de cette romance, avec une légère touche humoristique.

Malgré des traits simplifiés, les visages des personnages sont assez expressifs. La mangaka exagère parfois leurs traitements afin de faire passer au mieux les émotions par des rougissements, des déformations. Par exemple, les yeux deviennent de simples points ou traits. Les ellipses et les nombreux silences incitent à lire par l’image. Au lieu des sentiments, l’auteure semble plutôt dépeindre avec poésie le temps qui passe. Les contrastes noirs et blancs se font discrets. Les yonkoma dévoilent des anecdotes amusantes sur les protagonistes. Sous la jaquette, deux planches décrivent avec délicatesse un moment intime entre Endô et Tsuda attendant le train à la gare en se tenant discrètement par la main. Le découpage cinématographique de la scène renforce la douceur de leur relation.

En résumé

Suite à la déclaration de Chiba qu’il a éconduit, Tsuda Masaru prend soudain conscience du temps qui défile, des changements d’Endô et de ce que son frère Akira peut apporter pour l’avenir de son ami. Malgré tout, il ne peut se résoudre à le perdre. Tout en se confiant à Endô, il finit par laisser exploser ses sentiments en l’enlaçant. Comme le lycéen répond à son étreinte et fait également part de sa possessivité envers Tsuda, les deux garçons finissent par s’embrasser passionnément. De son côté, Chihiro console du mieux qu’elle peut Chiba.

En conclusion

Ce dernier tome est beaucoup mieux rythmé que le précédant. Même s’il n’y a pas d’aboutissement charnel à cette relation, la conclusion de cette romance colle parfaitement au style de la mangaka. Pourtant, j’ai l’impression que le thème de la coupe de cheveux a pris le dessus sur le reste… C’est assez amusant!

Le carnet d’expériences d’Endô-kun 1 – Hayakawa Nojico

le carnet d experiences d Endo kun 1 hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368776056
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031536 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

J’aime être avec lui, lui parler et aussi monopoliser son regard. Mais quel est ce sentiment?

Hayakawa Nojico sensei propose une suite au « Carnet de notes d’Endô-kun ». Elle développe l’année de terminale du petit groupe sur deux tomes. Dans ce premier volume, elle introduit de nouveaux personnages qui, par leur conseil ou leur rivalité, permettront à ses deux héros d’approfondir leurs réflexions. Alors que Tsuda cumule les petits boulots et préfère foncer droit après avoir pris une décision, Endô hésite. Comme le couple communique peu, le doute s’installe. De plus, les deux lycéens n’arrivent toujours pas à définir clairement leur sentiment réciproque. Il n’y a plus de narrateur unique: les personnages partagent tous leurs pensées. L’auteure se focalise principalement sur des détails, aborde les questionnements par des suggestions et des non-dits, laissant au lecteur le soin d’appréhender les situations. De ce fait, ces tranches de vie quotidienne semblent traîner un peu en longueur.

La mangaka utilise encore plus d’ellipses. De plus, l’absence de trames d’ambiance et la rareté des décors renforcent l’effet de blancheur des pages. Les cadrages morcelés donnent un ton poétique au récit mais ce dernier semble parfois confus. La finesse du trait est agréable cependant le style épuré oblige l’auteure à caricaturer certaines expressions. Elle continue à donner quelques anecdotes en fin de chapitre. Sous la jaquette, deux yonkoma présentent un moment ordinaire des deux lycéens où Endô attend Tsuda à la gare. Il n’y a aucune scène dans ce tome; ce gakuenmono délaisse la romance au profit de la contemplation des moments quotidiens des personnages.

En résumé

Tsuda et Endô apprécient d’être ensemble. Aimant la musique, ils fréquentent le même disquaire, Sugiura, qui s’avère être un ami du frère aîné de Tsuda. Cela fait maintenant un an que les deux lycéens ont sympathisé; ils se retrouvent à nouveau dans la même classe en terminale. Mais ils doivent commencer à réfléchir à leur avenir. Cependant Tsuda n’a pas vraiment la tête à ça, préférant profiter des moments passés avec Endô…

En conclusion

Hayakawa sensei prend son temps pour peaufiner son récit. En effet, elle aborde avec délicatesse et douceur les choix difficiles auxquels sont confrontés des terminales, d’autant plus quand un fort sentiment les lient. Cependant, les tergiversations d’Aoyama, Endô et Tsuda paraissent parfois un peu trop dramatiques à mon goût. Par contre, j’adore Kanzaki qui fonce droit vers ses choix mais trouve tout de même le temps de jouer les cupidons en constatant l’inertie des deux principaux intéressés.

Le carnet de notes d’Endô-kun – Hayakawa Nojiko

le carnet de notes d Endo kun hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojiko ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368774670
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784813053293 (JP)
Taiyohtosho, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Et si l’amour commençait d’abord par l’attirance pour des détails, puis une coupe de cheveux!

Pour son premier manga, Hayakawa Nojiko sensei s’attarde sur l’attirance puis les premiers émois amoureux. Elle décrit l’évolution et la compréhension des sentiments. Cependant, elle reste dans la suggestion, le non-dit. Tsuda et Endô sont plutôt solitaires, indifférents à ce qui les entoure mais ont les mêmes goûts. Leur amitié va permettre d’élargir leur cercle d’amis mais également d’ouvrir leur cœur et leur esprit à autrui. Tsuda est le narrateur principal, sauf dans le chapitre 0 consacré à Endô. Justement, l’auteure s’amuse en y introduisant un décompte révélant énormément de choses à propose d’Endô tout en rebouclant avec le début du récit. Elle présente avec subtilité et de manière réaliste les émotions de ses personnages, même si l’intervention d’Aoyama Chihiro et Chiba n’est guère approfondie. Ses personnages évoluent lentement.

Le trait épuré et fin de la mangaka est mis en valeur par le traitement de ses mises en page. En effet, elle joue avec la dynamique des cadrages morcelés, des ellipses, des cases dépouillées. De même, elle privilégie les clairs-obscurs et les pages blanches. Il n’y a donc pas de trames d’ambiances et les décors se font rares. Un certaine poésie graphique émane de son style. En fin de chapitre, des yonkoma donnent des anecdotes sur les personnages. Sous la jaquette, quatre yonkoma mettent en scène les protagonistes pendant le nouvel an. Même s’il n’y a aucune scène érotique, les baisers sont traités avec délicatesse et transmettent leur intensité.

En résumé

Tsuda se retrouve assis derrière le taciturne et réservé Endô. Alors que ce dernier lui passe des polycopiés, le grand lycéen reçoit une page blanche. Est-ce volontaire? Bien qu’Endô l’ignore, Tsuda n’arrête pas de le solliciter, de plus en plus intrigué par des petits détails comme ses grains de beauté, sa touffe de cheveux mal coiffée qui cache la beauté de ses yeux, la finesse de son cou… Une de leur connaissance commune, Kanzaki, rêve de couper les cheveux d’Endô. Remarquant le petit manège entre les deux voisins de table, il se rapproche d’eux. A force de se faire caresser les cheveux par Tsuda, Endô finit par accepter de les couper à une condition: que Tsuda s’en occupe lui-même!

En conclusion

Dans ce premier manga, le style poétique et subtil de Hayakawa Nojiko est déjà bien visible. Cependant, elle approfondit peu son récit. Ce gakuenmono reste donc assez classique.

Les deux lions – Furuya Nagisa

les deux lions furuya nagisa

FURUYA Nagisa 古矢渚
ISBN: 9782368776865
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784344843974 (JP)
Gentosha, 2019
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Le « Lion enragé » est certes très fort mais il est tout autant gentil.

Dans ce one-shot, Furuya Nagisa sensei s’intéresse aux ravages des rumeurs et à l’amitié. Influencé par son grand-père, Leo est fort et gentil mais son côté taciturne le rend d’un abord difficile. De part son caractère simple, Junpei préfère se fier à son instinct. L’auteure décrit avec précision les mécanismes de leur amitié naissante à l’université et son évolution. Elle pose un scénario simple mais rondement mené. Narrateur, Shishido partage ses questionnements. L’entourage des deux héros joue un rôle assez important dans le développement des sentiments, orientant leurs réflexions. De même, les petits évènements qui parcourent leur vie étudiante sont assez réalistes.

Le graphisme de la mangaka est simple et classique. Ses traits sont épurés mais l’auteure propose une grande variété de visages et de carrures. Les hommes ne sont pas des ikemen et dégagent une certaine banalité malgré un peu de charme. Leurs expressions sont très bien rendues. L’équilibre entre les trames et les décors rendent discret le jeu des clairs-obscurs. Les ellipses et les cadrages dynamiques sont principalement au service de la lecture. Les détails évitent de surcharger les cases silencieuses. Il n’y a aucune scène érotique, le propos de l’histoire se basant sur la naissance de l’amour.

En résumé

A l’université, le sociable Shishido Junpei sympathise avec tout le monde. Pendant qu’il discutait assis sur un banc, il remarque qu’un étudiant a oublié sa bouteille d’eau. Il l’interpelle mais Onizuka Leo la lui donne. Intrigué, Shishido a la vague impression de l’avoir déjà rencontré. Plus tard, il le croise au distributeur de boissons et lui propose de lui offrir une bouteille d’eau. Mais, l’étudiant a l’air mécontent. En fait, Leo vient du même lycée que Junpei. Surnommé « le Lion enragé », des rumeurs circulaient sur lui…

En conclusion

Même si l’histoire narre une simple amitié qui évolue en amour, Furuya sensei offre des personnages attachants et touchants. Tout le monde peut lire ce one-shot proposant une tranche de vie d’étudiants se liant d’amitié puis s’interrogeant sur leur attachement de plus en plus fort. Malheureusement, je trouve que le récit s’arrête trop tôt!

Mimura & Katagiri – London Pariko

mimura et katagiri london pariko

LONDON Pariko 倫敦巴里子
ISBN: 9782368771501
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877241940 (JP)
Kaiohsha, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Comment savoir quand l’amour est tari, a changé ou s’est renforcé?

Dans ce recueil, London Pariko sensei offre cinq histoires aux thèmes variés. Même si ses récits sont courts, elle maîtrise assez ses scénarios. Elle s’intéresse particulièrement aux liens d’une relation et à l’amour. La première histoire qui donne son titre au manga décrit la lassitude dans un couple. L’auteure partage les réflexions des deux héros qui ne sont plus sur la même longueur d’ondes. Alors que Mimura s’inquiète d’un amour tari, Katagiri apprécie la stabilité incrustée dans leur quotidien. Un chapitre bonus narre avec humour leur première fois. « Curtain call » met en avant la manipulation et entrecoupe avec soin le récit par des flash-back. La troisième histoire interroge principalement sur le moment où l’on sort avec quelqu’un. Les deux derniers chapitres mêlent fantastique et romance avec des chats pouvant prendre l’apparence humaine.

Le graphisme de la mangaka possède quelques touches shôjo. Son trait est rond et doux, mais possède une certaine fermeté dans son traitement. A cause de cette uniformité, il est difficile de donner un âge à ses personnages. Comme les récits sont développés sur un chapitre, London sensei utilise beaucoup les ellipses et les raccourcis. Les trames d’ambiance dominent alors que les décors servent uniquement à situer les scènes. Les cadrages sont assez dynamiques mais ils mettent surtout en avant la plastique des personnages ou les moment importants. Il y a peu de scènes érotiques qui sont, de plus, peu détaillées.

En résumé

Mimura & Katagiri / L’échappée du bonheur: Quatorze ans que Katagiri et Mimura sont ensemble. Alors qu’ils approchent la trentaine, un train train quotidien sans libido s’est installé entre eux. De plus, Katagiri ne s’inquiète même pas quand Mimura lui apprend qu’il participera à un gôkon avec ses collègues. L’amour s’est-il tari?
Curtain call: Alors que Tachibana Seizô devait se marier avec la fille de son supérieur, la future mariée ne s’est jamais présentée à l’église, s’étant enfuie avec son amant marié. Cependant, la famille de la jeune femme entretient le contact avec l’homme bafoué. Mais le jeune Shôhei, qui s’occupe particulièrement de Seizô, semble cacher un lourd secret…
Un chemin sans merci: Morita propose un jour à Shimazaki de coucher avec lui. Le froid et taciturne lycéen accepte. Mais en réalité, Morita est amoureux de ce dernier. Depuis, même s’ils se fréquentent, plus rien ne se passe entre eux. Sortent-ils vraiment ensemble?
Tu ne veux pas d’un chat?: Quand ils sont amoureux d’un humain, les chats à longue vie prennent l’apparence d’un humain aux yeux de tout le monde sauf l’être aimé qui ne voit qu’un chat qui miaule, jusqu’à ce qu’il accepte totalement ce possible amour dans son cœur. Mitsuru est amoureux de son senpai, mais ce dernier a déjà une petite amie. Le chat qu’il a recueilli reste constamment à ses côtés mais…
Tu n’aimes pas les chats?: La grand-mère de Kôta est décédée. Durant l’enterrement, un étrange jeune homme fait irruption. La vieille dame qui disait pouvoir parler aux plantes et aux animaux s’occupait particulièrement d’un chat. Kôta continue à venir chez sa grand-mère pour discuter avec l’inconnu…

En conclusion

L’histoire de Mimura et Katagiri traite d’un sujet intéressant mais bascule malheureusement vite dans la comédie. Les autres récits paraissent assez anecdotiques, surtout ceux avec les chats à longue vie. En effet, même si l’auteure maîtrise son univers, le format ne permet pas de le développer. Au final, on passe juste un agréable moment à la lecture de ce manga simple mais frais.

Orpheus of midnight – Billy Balibally

orpheus of midnight billy balibally

BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782375061435
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784799731697 (JP)
Libre, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Je ne peux pas dormir, j’ai peur de rêver. »

Dans ce one-shot, Billy Balibally sensei propose de suivre la guérison de l’insomniaque Fujimine Kazushi grâce à une cohabitation un peu spéciale. Sous forme de tranches de vie, elle présente l’évolution du cauchemar, retissant le lien avec le passé puis les connexions entre le fils et le père. L’auteure se focalise principalement sur la psychologie de ses personnages, exprimant bien leurs sensations. De ce fait, elle ne développe pas trop la relation romantique, ni les questionnements que se posent les protagonistes. De plus, la dépendance entre Fujimine et Wakuba brouille légèrement la compréhension de leurs sentiments. Au cours de l’histoire, Billy sensei introduit d’autres personnages également touchés par l’évènement qui a bouleversé la vie des Fujimine.

La mangaka possède un style graphique assez classique des BL contemporains mais son traitement des yeux est assez particulier. Son trait est doux et fin. Elle utilise des déformations, des simplifications ou des exagérations pour rendre les passages humoristiques ou renforcer l’expressivité avec de grands yeux brillants tous mignons. Les visages sont ovales, les carrures de certains personnages bien masculines. Les trames d’ambiance renforcent l’atmosphère. Les cadrages dynamiques accompagnent le mouvement de lecture. Les cauchemars se détachent de l’ensemble, jouant sur les clairs-obscurs. Les illustrations de début de chapitre rappellent les œuvres d’art nouveau, mêlant loup et mouton en symbolique. Les scènes érotiques restent plutôt sobres. Le chapitre bonus mêle à la fois des yonkoma et des planches. La couverture a obtenu la première place, méritée, au classement du Chill Chill BL award 2017.

En résumé

Fujimine Kazushi est insomniaque: suite à un stress post-traumatique lié à son enfance, il a peur de dormir car le même cauchemar hante ses nuits. Après avoir cumulé quelques nuits blanches au bureau, il tente de combattre la fatigue en prenant un café. Mais en entendant la voix douce et grave de Wakuba, du services des ventes, il s’effondre en succombant au sommeil. A l’infirmerie, à moitié endormi, il demande à son sauveur de continuer à parler car sa voix l’apaise. Surpris, Wakuba décide de rester avec lui pour la nuit. En voyant Kazushi rafraîchi après une bonne nuit de sommeil, il propose alors de dormir chaque soir avec lui…

En conclusion

J’aurais bien aimé voir une romance entre le thérapeute Kota Harumi et son ami Fujimine Kazuomi. Même si le thème de départ était intéressant, je trouve que Billy sensei perd par la suite le fil de son récit en se focalisant trop sur le jeu des cauchemars et des ténèbres. Alors que l’histoire avait un ton réaliste, une touche un peu fantastique s’ajoute au tout, tombant dans le côté mignon. C’est dommage!

Dans un coin de ciel nocturne – Hayakawa Nojico

dans un coin de ciel nocturne hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico
ISBN: 9782368774533
Boy’s love IDP, 2015
ISBN : 9784813030270 (JP)
Taiyohtosho, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

Quand des sentiments enfouis au plus profond de soi depuis onze ans refont surface…

Dans ce one-shot, Hayakawa Nojico sensei s’intéresse aux retrouvailles, onze ans plus tard, entre deux amis épris l’un par l’autre lorsqu’ils étaient lycéens. Ses personnages ont des caractères assez extrêmes, renforçant leur sentimentalisme: Hoshino a enfoui ses sensations troubles au point de les oublier. De plus, sa naïveté lui donne un côté peu crédible en tant que professeur des écoles. Le scénario avance lentement au gré des atermoiements et des hésitations des protagonistes, jusqu’à l’acceptation de leur amour. L’auteure joue beaucoup sur les non-dits et les flash-back. Elle n’approfondit pas les diverses problématiques pourtant présentes comme la monoparentalité, les difficultés de l’adoption, le regard de la société, la relation homosexuelle compliquée entre un professeur et un parent d’élève… Même les secrets entourant la mère de Shôta ne sont pas expliqués. Par contre, les enfants apportent une petite touche humoristique bien venue.

La mangaka a un style shôjo très épuré, avec des traits fins simplifiés. Elle n’hésite pas à utiliser des déformations pour renforcer les expressions ou les effets comiques. Par exemple, Hoshino devient mécanique face au cumul des surprises. De même, elle travaille particulièrement les expressions des visages, en priorité les regards. Les trames d’ambiance sont bien intégrées. L’auteure joue avec les contrastes et les ellipses, grâce à des cadrages déstructurés, des cases vides et des métaphores graphiques s’incrustant en arrière-plan. Le peu de décors renforce cet effet de vide. Les scènes érotiques sont justes suggérées. En fin de chapitre, des yonkoma donnent quelques anecdotes. Sous la jaquette, deux planches concluent l’histoire deux ans après. Les illustrations en couleurs sont poétiques avec leur fond étoilé et des couleurs diffuses.

En résumé

Par hasard, Hoshino (28 ans) retrouve Sudô Akihiro, son senpai qu’il admirait au lycée. A sa grande surprise, ce doux rêveur qui souhaitait devenir pilote de ligne s’avère être le père de Shôta, un de ses élèves à problèmes. Alors qu’il était convoqué suite à une bagarre provoquée par son fils, Sudô s’effondre de sommeil dans les bras du professeur…

En conclusion

Ce titre a obtenu la seizième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2014. Bien que l’histoire effleure plusieurs questions, l’auteure reste dans une approche purement romantique, se focalisant finalement sur les sentiments. Certes, c’est beau et poétique. Mais même si les personnages sont attachants, je reste sur ma faim.

Lover’s interview – Kaneko Ako

lover s interview kaneko ako

KANEKO Ako 金子アコ
ISBN: 9782368770689
Boy’s love IDP, 2013
ISBN: 9784796402132 (JP)
Kaiohsha, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Des amours maladroits qui s’expriment par des relations forcées.

Ce recueil de Kaneko Ako sensei met en scène des relations forcées avec des amours maladroits et des seme dominateurs. Malgré le format court, le scénario se tient, même si la conclusion reste un échange charnel. La première histoire qui donne son titre au manga est développée sur deux chapitres. Même si le sexe est contraint par chantage, l’arrogance de Fujikura qui ne sait pas gérer son coup de foudre ni comment s’y prendre quand on refuse ses avances devient presque excusable. Voir évoluer ce couple excentrique reste touchant. Le second récit joue sur la soumission d’un professeur à un jeune seme. « Love junkie » présente en réalité un amour réciproque qui a besoin d’être provoquer pour s’exprimer. La dernière histoire, se déroulant sur deux chapitres, peut être dérangeante avec un viol et un seme qui cherche surtout à dominer, même si les sentiments se développent par la suite.

La mangaka maîtrise parfaitement son graphisme mais ses seme et uke ont tendance à se ressembler dans les divers chapitres. Seul la coiffure permet de les distinguer. Son style est assez réaliste. Elle utilise peu de décors et privilégie les trames pour colorer les pages. Les cadrages sont dynamiques. Les scènes érotiques sont censurées par des bandelettes blanches ou noires sur les détails génitaux mais également en jouant sur les angles ou en occultant quelques lignes.

En résumé

Lover’s interview / Lover’s contract: Tajima Atsuki cumule les petits boulots pour subvenir aux besoins de sa famille depuis le décès de son père. Son ami Shinji le recommande auprès de son cousin Fujikura Shûsaku, PDG d’une grande compagnie. Mais l’entretien prend une tournure particulière; car il s’agit d’un poste d’amant!
Play with the teacher: Sôta Ohara, fils de médecin, rejette tous ses professeurs à domicile. Cependant, Ryô a réussi à le dompter. Mais l’adolescent lui pose de plus en plus de questions très personnelles…
Love junkie: Aoki Shôgo est un coureur de jupons. Il s’entend bien avec Sugihara Misataka qui est en réalité amoureux de lui. Ce dernier le surprend en pleine action dans les toilettes des hommes, faisant fuir la demoiselle. Shôgo se jette alors sur son ami.
The secret / Honey meeting: L’interne Narita Riku a du mal avec le docteur Ôsawa Daisuke qui est sévère, bourru et grossier avec ses collègues. Mais il est intrigué par l’expression du chirurgien lorsqu’il reçoit une connaissance, Akiyama, qui ressemble plus à une petite frappe. Les espionnant, il les voit s’embrasser. Décidé à profiter du secret du docteur, il se jette sur lui.

En conclusion

J’adore principalement « Lover’s interview » qui aurait mérité d’être développé. Pour les autres histoires, les relations forcées peuvent déranger certaines sensibilités.

Drag-less sex – Enzo

drag-less sex enzo

Enzo エンゾウ
ISBN: 9782368776018
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801956193 (JP)
Takeshobo, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« Erotisme et sexe à haute tension. »

Dans ce recueil, Enzo sensei utilise un scénario prétexte à des scènes de sexe torrides. L’idée du syndrome des phéromones qui transforme les personnages en obsédés sexuels insatiables est sympathique mais le développement manque de subtilité. L’aventure entre Sugino et Hinoki s’étale sur trois chapitres qui permettent d’inclure un peu plus de sentiments dans ces relations charnelles. Deux autres histoires complètent ce volume. Le dernier récit se déroule sur deux chapitres et tourne en dérision un amour pervers obsessionnel. Sous la jaquette, l’auteur partage les secrets de fabrication et une histoire humoristique avec le couple de « Je veux t’aimer ». Elle voulait répondre au slogan du magazine de prépublication: « salement mature et douloureusement dramatique ». Un deuxième tome de Drag-less sex uniquement consacré au couple de Tatsumi et Inui a été publié en 2018 et a obtenu la seconde place du meilleur manga au Chill Chill BL awards 2019.

Le style reconnaissable de la mangaka avec des yeux cernés de noir, souvent tombants, est très expressif. Comme il y a peu de décors et de trames d’ambiance, ses pages sont assez blanches. Pendant les scènes érotiques, elle a tendance à abuser des gros plans. La censure cache de petits détails.

En résumé

Dragless sex (Sugino & Hinoki) / (Sugino & Hinoki #2) / (Bonus): Le salaryman Hinoki Tôru est atteint par le syndrome des phéromones. « Ceux qui sont touchés éprouvent du désir simplement en rencontrant quelqu’un qui est attiré par eux, indépendamment du sexe de la personne. » Malgré son traitement, il est troublé et excité par le vendeur de bentô Sugino Kôichi. Ce dernier le suit jusque dans les toilettes…
Dragless sex (Tatsumi & Inui): Atteint du syndrome des phéromones, Tatsumi ne prend pas son traitement et en profite pour coucher facilement avec toutes les femmes du lycée, dont les professeures. Dérangé en pleine action par l’otaku Inui, il remarque que ce dernier réagit à son odeur.
Dragless sex (Mura & Yakushiji): Le professeur Miura, génie en biochimie, n’arrive pas à convaincre ses mécènes de financer ses recherches sur le syndrome des phéromones, ces derniers exigeant la création d’un inhibiteur. Mais un des employés, Yakushiku, semble contaminé…
Un bon à rien: Moriyama se fait plaquer dans le restaurant où travaille son voisin, Mizukawa. Le serveur, entendant un grand bruit dans l’appartement voisin, découvre le salaryman effondré parmi des déchets. En effet, ce dernier ne participait pas du tout aux tâches ménagères. Apprenant que Moriyama était en fait marié, il décide de l’entraîner pour reconquérir son épouse…
Je veux t’aimer / Je veux t’aimer #2: Fujio et Masumi sont voisins et amis d’enfance. Ils sortent ensemble, mais Fujio a des penchants plutôt pervers…

En conclusion

Classé à la onzième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017, ce recueil est comme un défouloir où tout est prétexte pour une partie de jambes en l’air. Certains passages de « Je veux t’aimer » peuvent même choquer certaines sensibilités. J’ai tout de même apprécié « Un bon à rien », qui dépeint une histoire un peu plus tendre que les autres, avec un homme en instance de divorce.