Ikumen after +a – Kodaka Kazuma

ikumen after plus a kodaka kazuma

KODAKA Kazuma こだか和麻
ISBN: 9782375061794
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784799734477 (JP)
Libre, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

La famille est le moteur de toute motivation.

Kodaka Kazuma sensei offre une suite à sa série Ikumen after. Mais ce tome peut également être lu comme un one-shot. La narration alterne entre les deux pères puis laisse la place au couple. Grâce à une opportunité professionnelle, l’auteure décrit comment le soutien et l’entraide permettent à Izumi de réaliser son rêve. Parallèlement, elle montre les deux facettes de la bienveillance qui peut être blessante ou salvatrice. En effet, alors qu’Asakura voit sa condition de veuf influencer le comportement de ses subalternes, Kentarô trouve du courage pour se lancer. Entre les petits drames causés par des personnes extérieures, les deux pères démontrent que la communication et la famille sont essentielles pour tout surmonter. De même, afin d’avancer dans leur relation intime, le salaryman ose prendre des initiatives en s’informant, bien que son amant le ménage. Le consentement est clair et partagé. Le ton général du récit reste très réaliste.

Les traits de la mangaka s’adoucissent légèrement. Elle simplifie les traits dans les passages humoristiques. Ses décors et ses trames sont toujours aussi détaillés. Certaines vignettes sont tellement expressives qu’il n’y a pas besoin de dialogue pour comprendre ce qui se passe. Les illustrations de début de chapitre rappellent les photographies d’un album. Pour les scènes érotiques peu censurées, Kodaka sensei joue sur les cadrages et les angles de vue, cachant les parties intimes. Certaines scènes dégagent beaucoup de sensualité comme les baisers ou lorsque Asakura se lèche les lèvres.

En résumé

Cela fait trois semaines qu’Izumi Kentarô et son fils habitent chez les Asakura. Pourtant, même si les deux pères filent le parfait amour, leur relation intime n’avance pas. N’ayant pas confiance en lui à cause de son manque d’expérience, Asakura se laisse facilement porter. Cependant, Kentarô refuse de le brusquer et se contente de petits câlins. Un nouvel employé, Higuchi, arrive dans le service d’Asakura et fait immédiatement son coming out afin d’éviter les malentendus. Alors que le salaryman sympathise vite avec le nouveau, trouvant un confident, le personnel féminin met en garde ce dernier. De son côté, Kentarô reçoit une invitation d’Okonogi Hikaru pour une répétition de sa nouvelle pièce de théâtre et attire le regard d’un metteur en scène…

En conclusion

La conclusion de cette série nous invite à rester positif dans la vie et à reconsidérer ce qui nous entoure: le sentiment familiale que l’on crée, la communication, oser demander de l’aide, accepter le soutien des autres, l’amour, ne pas avoir peur de se lancer. Suivre ce jeune couple de pères célibataires donne du baume au cœur. Comme à son habitude, la mangaka va bien au-delà d’une simple romance et s’intéresse aux différents liens qui se nouent au fil de la vie. En outre, l’homoparentalité apparaît toute naturelle dans cette cellule familiale. J’adore!

Ikumen after 2 – Kodaka Kazuma

ikumen after 2 kodaka kazuma

KODAKA Kazuma こだか和麻
ISBN: 9782375060087
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784799714690 (JP)
Libre, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Vivre sous le même toit que l’homme qu’on aime: entre bonheur et torture.

Kodaka Kazuma sensei accélère son récit et met principalement en avant la difficulté à avouer ses sentiments pour ne pas briser une belle amitié. Suite à un évènement dramatique, les deux amis vont cohabiter, entrainant une rapide évolution de leurs sentiments. L’auteure s’attarde un peu plus sur le passé d’Izumi et aborde la prise de conscience des regards extérieurs qui domine les sentiments. Elle met également en avant les jugements hâtifs que peut porter la belle-famille ou son aide, les quiproquos qu’entrainent secrets et non-dits. De même, elle interroge sur la vision de la paternité par rapport à la pornographie, d’autant plus quand elle est homosexuelle. Par exemple, l’idée qu’un père de famille ne peut être acteur porno ou qu’un père regardant des films pornographiques homosexuels est catégorisé de pervers. L’humour est plus présent et la déclaration se fait dans le rapprochement et le partage du bonheur.

La mangaka détaille les décors. Elle travaille particulièrement les expressions mais aussi les mouvements et les actions. Elle communique donc beaucoup par le dessin. Les trames d’ambiance appuient le récit. Il se dégage un style réaliste général, cependant elle n’hésite pas à simplifier les traits dans les scènes humoristiques. Les illustrations de début de chapitre alternent entre les parents, les enfants ou les deux réunis.

En résumé

Trois jours ont passé depuis l’échange de leur baiser mais Asakura et Izumi font comme si rien ne s’était passé. Le salaryman ayant composé un album photos pour chacun des enfants, il propose à Kentarô de classer également ses photographies en apprenant qu’il ne fait que les stocker sur son PC. Au travail, Izumi croise Yamagishi, un réalisateur de films avec qui il avait travaillé. Ce dernier lui demande alors de reprendre au moins un tournage, sa starlette du moment, Okonogi Hikaru, le réclamant. En effet, l’acteur porno est un grand fan. Pour le convaincre, il lui promet de lui envoyer une vidéo. Un soir, en classant les photos de son ami, Asakura tombe sur le film érotique. Tandis que Kentarô s’explique, le naïf père tente de le rassurer. Mais le soir venu, se rappelant de leur baiser, il ne peut contenir son désir…

En conclusion

Après un premier tome concentré sur Asakura, Kodaka sensei s’intéresse à Izumi. Derrière son grand sourire, on découvre toutes les difficultés qu’il a rencontré par le passé et la torture pour un gay de rester sous le même toit que l’homme qu’il aime. Mais voir ce couple se former dans la tendresse et la douceur est tellement touchant. Une ode aux câlins!

Ikumen after 1 – Kodaka Kazuma

ikumen after 1 kodaka kazuma

KODAKA Kazuma こだか和麻
ISBN: 9782375060049
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784799710531 (JP)
Libre, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Le quotidien de deux pères célibataires qui se lient d’amitié.

Kodaka Kazuma sensei nous propose de suivre l’évolution de l’amitié entre deux pères célibataires: Asakura, un veuf hétérosexuel et Izumi, un bisexuel divorcé. Entre les petits drames du quotidien, elle partage les divers échanges entre ces parents comme la cuisine, les techniques éducatives et l’entraide. Son approche conserve un ton réaliste. En outre, ses héros venant d’un milieu social différent, l’auteure s’interroge également sur le veuvage, la séduction entre gay et hétérosexuel et la philosophie de vie. De plus, le caractère opposé des deux hommes pimente un peu cette douce tranche de vie. Chaque chapitre permet de voir petit à petit les changements des sentiments entre les deux parents. La naïveté du salaryman lui donne un côté mignon. Se focalisant plutôt sur les sentiments, même le baiser volé de Kentarô semble tout doux.

Le graphisme typique de la mangaka garde quelques traces du style shônen: des traits fermes, des visages ovales plutôt réalistes, des enfants aux grands yeux. Comme à son habitude, elle soigne les expressions, utilisant de légères exagérations ou simplifications. Les décors sont détaillés. Les trames d’ambiance illustrent le récit. De même, Kodaka sensei apporte un travail précis sur les trames de couleurs et d’ombre. Le jeu des angles de vue et des cadrages dynamisent la mise en page. Les illustration de début de chapitre, attendrissantes, présentent les deux pères et leurs enfants. En fin de tome, deux planches mettent en parallèle, avec humour, une matinée typique chez Asakura et Izumi.

En résumé

Depuis le décès de sa femme, Asakura (30 ans) élève seul son fils. Cependant, il a beaucoup de mal à concilier travail et éducation. D’autant plus que Hiromi ne sourit plus et continue à faire pipi au lit. En allant à la maternelle, il rencontre Izumi Kentarô (26 ans), qui élève également seul son fils Motoki. Ce dernier a sympathisé avec le jeune Hiromi. Le salaryman, bien que surmené, saute même les repas pour pouvoir s’avancer dans son travail. Mais en récupérant son fils le soir, il s’effondre, épuisé. Après que l’instituteur Hikari lui ait prodigué les premiers soins, Kentarô lui donne quelques conseils. Les deux hommes se lient alors d’amitié.

En conclusion

Il n’y a rien de rocambolesques dans cette histoire, juste la vie de tous les jours entre deux parents qui s’apprécient. Cette série dégage plein d’amour et de sentiments positifs. Les enfants sont tellement mignons qu’il est impossible de ne pas craquer. Laissez-vous donc séduire par cette tendre romance débordant d’amour!

A story of love – Hamada Kamome

a story of love hamada kamome

HAMADA Kamome 波真田かもめ
ISBN: 9782375061480
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784799735169 (JP)
Libre, 2017 (JP)
Titre original: たとえばこんな恋のはなし
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

L’amour se construit petit à petit, en partageant à deux ses joies, ses peines et ses désirs.

Ce one-shot de Hamada Kamome sensei est basé sur une histoire vraie. En décrivant la cohabitation entre un homosexuel et un hétérosexuel tombé amoureux de lui, l’auteure questionne la construction d’une relation et les sentiments. Elle offre donc une vision de l’amour simple et pure. D’abord platonique, la relation entre Akira et Masaru évolue doucement: les deux hommes apprennent à se connaître et se rapprochent petit à petit entre disputes, efforts et compromis. Le comportement de Masaru peut paraître ambigu et déconcertant: bien que fou amoureux et sérieux, il a un côté assez coincé et maladroit. Son manque de tact égaye un peu cette romance tendre et mignonne. En fin de tome, une interview de Yanagi Kento, qui a servi de modèle pour Akira, permet d’en découvrir un peu plus sur le couple. Il y a aussi la recette du hamburger maison.

La mangaka utilise des traits assez épais, superposés, donnant un aspect croquis. Son style est assez proche du shôjo. Les visages sont plutôt ronds, avec des traits simplifiés. L’équilibre entre les décors et les trames d’ambiance est maîtrisé. La mise en page reste assez classique. Les illustrations en début de chapitre mettent en scène le couple dans leur quotidien. Sous la jaquette, il y a le plan de l’appartement. Les scènes érotiques se concentrent sur les sentiments et ne montrent donc pas de détails. La couverture a obtenu la seizième place au Chill Chill BL award 2018.

En résumé

Au lycée, Takamori Akira récolte les cannettes pour se faire un peu d’argent et offrir un CD au garçon qu’il aime secrètement. Mais ce dernier, gêné, refuse. Pour combler sa peine, le lycéen prépare énormément de bons plats pour les assistantes et sa mère mangaka. Devant ce festin, l’une d’elle l’incite à poster ses recettes sur Internet. Le jeune homme lance alors son blog, s’affichant comme un garçon aimant les garçons et passionné de cuisine. Mais un jour, il reçoit un commentaire blessant lui demandant si son homosexualité influence son don pour la cuisine. Bien que rude au premier abord, le blogueur sympathise avec Nanjô. Enfin à l’université, Akira reçoit, un soir, un appel de Nanjô Masaru qui a débarqué à Tokyo. Puis quelques semaines plus tard, ce dernier s’installe chez l’étudiant tout en lui annonçant qu’il l’aime…

En conclusion

Une très belle histoire d’amour construite par la discussion, les compromis et de petits gestes tendres. Il est touchant de voir Masaru briser ses propres barrières, coincé malgré ses forts sentiments. Comme un témoignage sur la vie à deux, on a envie d’appliquer leurs conseils pour entretenir la flamme. Une lecture pour tous les couples, qu’ils soient gay ou non!

Life – Tokokura Miya

life tokokura miya

TOKOKURA Miya 常倉三矢
ISBN: 9782375061138
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784832290105 (JP)
Houbunsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Une douce romance où les rêves sont mis à mal mais finissent toujours par apporter le bonheur.

Dans ce one-shot, Tokokura Miya sensei suit un couple de rêveurs de leur rencontre jusqu’à la mort. Elle aborde quelques étapes de leur vie, avec leurs joies et leurs problèmes: par exemple, les doutes professionnels ou sentimentaux, la séparation, les retrouvailles, les maladies. Ainsi, les titres des chapitres reprennent l’âge des personnages. Un écart se creuse petit à petit entre Nishi et Itô, malgré eux, alors qu’Akira mûrit et perd son côté rêveur. De plus, l’acceptation de leur sexualité ne se fait pas au même rythme. La narration alterne donc entre les protagonistes. L’auteure décrit avec pudeur et poésie leurs pensées et sentiments. Elle joue sur la métaphore de la ligne au bord de la route qui accompagne la destinée de ce couple. Les moments de joie sont concentrés dans le dernier chapitre, contrebalançant la fin mélancolique.

La mangaka a une approche graphique très poétique. D’ailleurs, elle retranscrit en images le monde imaginaire des héros. La ligne sur la route semble parfois prendre vie. Les cadrages sont dynamiques. Ainsi, Tokokura sensei privilégie les cases ou planches silencieuses, narrant son histoire avec le dessin. Le jeu des clairs-obscurs appuie l’action. De même, les décors et les trames d’ambiance se font discrètes. Son style assez classique met en valeur son trait doux et expressif. De plus, les déformations et les simplifications renforcent l’expressivité des visages. Les scènes érotiques mettent en avant les sentiments. La censure joue sur l’absence de traits mais ne gâche en rien l’esthétique.

En résumé

En marchant sur les lignes bordant les routes, Nishi Yûki (17 ans) s’imagine traverser une mer de requins. Itô Akira (17 ans), quant à lui, est en suspension au-dessus de pics de glace. Un jour, ces deux rêveurs se croisent sur la même ligne et doivent négocier pour pouvoir continuer leur route. Alors qu’une agréable routine s’installe entre eux dans l’attente de chaque rencontre, une certaine complicité se développe. Cependant, Itô est de plus en plus troublé par d’étranges sentiments envers son ami et finit par l’embrasser. Ayant rompu leur jeu, il fuit Nishi qui l’attend en vain. Mais ce dernier décide de le rejoindre au lycée…

En conclusion

Ce manga est un vrai coup de cœur. J’adore la joie de vivre de Nishi, m’étant particulièrement attachée à lui. Grâce à l’admirable traitement scénaristique de l’auteure, je passe par diverses émotions, du sourire aux larmes, accompagnant les sentiments des héros. Je recommande donc vivement ce BL. Il mérite pleinement sa première place de meilleur manga au Chill chill BL award 2018.

Drag-less sex 2 – Enzo

drag-less sex 2 enzo

Enzo エンゾウ
ISBN: 9782368776889
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801963580 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Y a-t-il un peu de place pour l’amour quand on est atteint du syndrome des phéromones?

Enzo sensei offre un spin-off de Drag-less sex en s’attardant sur le couple d’Inui et Tatsumi. Ce manga a obtenu la seconde place au classement de la meilleure BD au Chill Chill BL award 2019. Même si le consentement n’est pas naturel, influencé par les phéromones ou les manipulations d’Inui, l’humour joue justement sur le chantage de l’otaku pour obtenir la satisfaction de ses fantasmes. Tatsumi finit toujours par céder, ses sentiments se développant doucement. Même si l’auteure garde une certaine distance dans la narration, posant les lecteurs comme de simples observateurs, elle développe divers sentiments comme la jalousie, le doute, les regrets et la peur du changement. Elle présente certains moments de la vie du couple, du lycée jusqu’à leur cohabitation, et conclut sur leur situation quand ils ont atteint la trentaine.

La mangaka a un style graphique plutôt réaliste, reconnaissable immédiatement à ses yeux cernés de noir. Elle exagère les expressions pour transcrire les sentiments. Ainsi, ses visages déformés par le plaisir ne sont pas forcément mignons. Ses cadrages sont dynamiques et ses angles de vues recherchés. Elle privilégie les trames d’ambiance et les décors servent principalement à situer les scènes. Pour rendre réaliste son univers, elle a même créé la mascotte en forme de gélule Misao-chan, du comité de protection sanitaire du syndrome des phéromones. Sous la jaquette, Enzo sensei a dessiné sa postface et un yonkoma amusant avec la mère d’Inui. Les scènes érotiques ne sont pas censurées. Il y a même les détails et les coupes internes.

En résumé

Le syndrome des phéromones est une sorte d’allergie. La personne atteinte dégage beaucoup de phéromones, amplifiant et transformant en désir sexuel l’amour ou l’attirance que les personnes éprouvent pour elle. Atteint de cette pathologie, Tatsumi ne prenait pas de traitement, profitant de pouvoir coucher avec plusieurs filles; jusqu’à ce qu’Inui, son camarade de classe amoureux de lui, le viole. Cependant, depuis qu’il se soigne, les filles se sont désintéressées de lui. Alors quand Inui l’invite chez lui, il finit par accepter, légèrement frustré de le voir si froid. Mais en réalité, pris de remords de l’avoir forcé, l’otaku essaie de contrôler ses pulsions, son attirance restant intacte malgré les cachets. En manque, Tatsumi couche alors à nouveau avec son camarade, appréciant les sensations qu’il lui procure. Cédant à ses supplications et menaces, il accepte donc de sortir avec lui bien qu’il ne ressente pas d’amour en particulier…

En conclusion

Il est amusant de voir tomber ce dragueur de Tatsumi fou amoureux, même si Inui ne le ménage pas. D’ailleurs, le chapitre sur la crise dans le couple est bien mené et a réussi à m’émouvoir. Cela donne envie de découvrir l’évolution des autres couples du premier volume. En tout cas, le concept est beaucoup plus appréciable sur un tome entier, même si les scènes érotiques sont très présentes. Avec la mascotte qui apporte explications et statistiques, l’univers des phéromones semble vraiment crédible.

Le carnet d’expériences d’Endô-kun 2 – Hayakawa Nojico

le carnet d experiences d Endo kun 2 hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368776063
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031543 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Et si les résolutions commençaient par une coupe de cheveux?

Hayakawa Nojico sensei conclut son histoire avec des coupes de cheveux. Ce second volume débute sur un chapitre rétrospectif après la coupe courte d’Endô avant de reprendre la suite directe du tome précédent. Même si la narration est faite du point de vue de Tsuda, le développement de l’histoire se concentre sur l’émancipation d’Endô. L’auteure détaille la relation difficile entre Masaru et son frère Akira, qui a pour ainsi dire façonné le comportement de son cadet. Les deux héros se montrent possessif l’un envers l’autre mais ont des difficultés à l’exprimer. Même si le couple se questionne et trouve des réponses, Hayakawa sensei privilégie les non-dits. Elle laisse les lecteurs deviner le déroulement du récit en dispersant quelques indices. Le côté un peu mièvre de la relation contraste avec l’intensité des baisers. De même les deux lycéens contiennent leurs pulsions, rendant cette relation pudique et douce. Le caractère extrême de certains personnages gâche un peu le ton réaliste général. Le dernier chapitre, du point de vue d’Endô, offre une conclusion rebouclant sur le début de cette romance, avec une légère touche humoristique.

Malgré des traits simplifiés, les visages des personnages sont assez expressifs. La mangaka exagère parfois leurs traitements afin de faire passer au mieux les émotions par des rougissements, des déformations. Par exemple, les yeux deviennent de simples points ou traits. Les ellipses et les nombreux silences incitent à lire par l’image. Au lieu des sentiments, l’auteure semble plutôt dépeindre avec poésie le temps qui passe. Les contrastes noirs et blancs se font discrets. Les yonkoma dévoilent des anecdotes amusantes sur les protagonistes. Sous la jaquette, deux planches décrivent avec délicatesse un moment intime entre Endô et Tsuda attendant le train à la gare en se tenant discrètement par la main. Le découpage cinématographique de la scène renforce la douceur de leur relation.

En résumé

Suite à la déclaration de Chiba qu’il a éconduit, Tsuda Masaru prend soudain conscience du temps qui défile, des changements d’Endô et de ce que son frère Akira peut apporter pour l’avenir de son ami. Malgré tout, il ne peut se résoudre à le perdre. Tout en se confiant à Endô, il finit par laisser exploser ses sentiments en l’enlaçant. Comme le lycéen répond à son étreinte et fait également part de sa possessivité envers Tsuda, les deux garçons finissent par s’embrasser passionnément. De son côté, Chihiro console du mieux qu’elle peut Chiba.

En conclusion

Ce dernier tome est beaucoup mieux rythmé que le précédant. Même s’il n’y a pas d’aboutissement charnel à cette relation, la conclusion de cette romance colle parfaitement au style de la mangaka. Pourtant, j’ai l’impression que le thème de la coupe de cheveux a pris le dessus sur le reste… C’est assez amusant!

Le carnet d’expériences d’Endô-kun 1 – Hayakawa Nojico

le carnet d experiences d Endo kun 1 hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368776056
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031536 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

J’aime être avec lui, lui parler et aussi monopoliser son regard. Mais quel est ce sentiment?

Hayakawa Nojico sensei propose une suite au « Carnet de notes d’Endô-kun ». Elle développe l’année de terminale du petit groupe sur deux tomes. Dans ce premier volume, elle introduit de nouveaux personnages qui, par leur conseil ou leur rivalité, permettront à ses deux héros d’approfondir leurs réflexions. Alors que Tsuda cumule les petits boulots et préfère foncer droit après avoir pris une décision, Endô hésite. Comme le couple communique peu, le doute s’installe. De plus, les deux lycéens n’arrivent toujours pas à définir clairement leur sentiment réciproque. Il n’y a plus de narrateur unique: les personnages partagent tous leurs pensées. L’auteure se focalise principalement sur des détails, aborde les questionnements par des suggestions et des non-dits, laissant au lecteur le soin d’appréhender les situations. De ce fait, ces tranches de vie quotidienne semblent traîner un peu en longueur.

La mangaka utilise encore plus d’ellipses. De plus, l’absence de trames d’ambiance et la rareté des décors renforcent l’effet de blancheur des pages. Les cadrages morcelés donnent un ton poétique au récit mais ce dernier semble parfois confus. La finesse du trait est agréable cependant le style épuré oblige l’auteure à caricaturer certaines expressions. Elle continue à donner quelques anecdotes en fin de chapitre. Sous la jaquette, deux yonkoma présentent un moment ordinaire des deux lycéens où Endô attend Tsuda à la gare. Il n’y a aucune scène dans ce tome; ce gakuenmono délaisse la romance au profit de la contemplation des moments quotidiens des personnages.

En résumé

Tsuda et Endô apprécient d’être ensemble. Aimant la musique, ils fréquentent le même disquaire, Sugiura, qui s’avère être un ami du frère aîné de Tsuda. Cela fait maintenant un an que les deux lycéens ont sympathisé; ils se retrouvent à nouveau dans la même classe en terminale. Mais ils doivent commencer à réfléchir à leur avenir. Cependant Tsuda n’a pas vraiment la tête à ça, préférant profiter des moments passés avec Endô…

En conclusion

Hayakawa sensei prend son temps pour peaufiner son récit. En effet, elle aborde avec délicatesse et douceur les choix difficiles auxquels sont confrontés des terminales, d’autant plus quand un fort sentiment les lient. Cependant, les tergiversations d’Aoyama, Endô et Tsuda paraissent parfois un peu trop dramatiques à mon goût. Par contre, j’adore Kanzaki qui fonce droit vers ses choix mais trouve tout de même le temps de jouer les cupidons en constatant l’inertie des deux principaux intéressés.

Le carnet de notes d’Endô-kun – Hayakawa Nojiko

le carnet de notes d Endo kun hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojiko ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368774670
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784813053293 (JP)
Taiyohtosho, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Et si l’amour commençait d’abord par l’attirance pour des détails, puis une coupe de cheveux!

Pour son premier manga, Hayakawa Nojiko sensei s’attarde sur l’attirance puis les premiers émois amoureux. Elle décrit l’évolution et la compréhension des sentiments. Cependant, elle reste dans la suggestion, le non-dit. Tsuda et Endô sont plutôt solitaires, indifférents à ce qui les entoure mais ont les mêmes goûts. Leur amitié va permettre d’élargir leur cercle d’amis mais également d’ouvrir leur cœur et leur esprit à autrui. Tsuda est le narrateur principal, sauf dans le chapitre 0 consacré à Endô. Justement, l’auteure s’amuse en y introduisant un décompte révélant énormément de choses à propose d’Endô tout en rebouclant avec le début du récit. Elle présente avec subtilité et de manière réaliste les émotions de ses personnages, même si l’intervention d’Aoyama Chihiro et Chiba n’est guère approfondie. Ses personnages évoluent lentement.

Le trait épuré et fin de la mangaka est mis en valeur par le traitement de ses mises en page. En effet, elle joue avec la dynamique des cadrages morcelés, des ellipses, des cases dépouillées. De même, elle privilégie les clairs-obscurs et les pages blanches. Il n’y a donc pas de trames d’ambiances et les décors se font rares. Un certaine poésie graphique émane de son style. En fin de chapitre, des yonkoma donnent des anecdotes sur les personnages. Sous la jaquette, quatre yonkoma mettent en scène les protagonistes pendant le nouvel an. Même s’il n’y a aucune scène érotique, les baisers sont traités avec délicatesse et transmettent leur intensité.

En résumé

Tsuda se retrouve assis derrière le taciturne et réservé Endô. Alors que ce dernier lui passe des polycopiés, le grand lycéen reçoit une page blanche. Est-ce volontaire? Bien qu’Endô l’ignore, Tsuda n’arrête pas de le solliciter, de plus en plus intrigué par des petits détails comme ses grains de beauté, sa touffe de cheveux mal coiffée qui cache la beauté de ses yeux, la finesse de son cou… Une de leur connaissance commune, Kanzaki, rêve de couper les cheveux d’Endô. Remarquant le petit manège entre les deux voisins de table, il se rapproche d’eux. A force de se faire caresser les cheveux par Tsuda, Endô finit par accepter de les couper à une condition: que Tsuda s’en occupe lui-même!

En conclusion

Dans ce premier manga, le style poétique et subtil de Hayakawa Nojiko est déjà bien visible. Cependant, elle approfondit peu son récit. Ce gakuenmono reste donc assez classique.

Les deux lions – Furuya Nagisa

les deux lions furuya nagisa

FURUYA Nagisa 古矢渚
ISBN: 9782368776865
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784344843974 (JP)
Gentosha, 2019
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Le « Lion enragé » est certes très fort mais il est tout autant gentil.

Dans ce one-shot, Furuya Nagisa sensei s’intéresse aux ravages des rumeurs et à l’amitié. Influencé par son grand-père, Leo est fort et gentil mais son côté taciturne le rend d’un abord difficile. De part son caractère simple, Junpei préfère se fier à son instinct. L’auteure décrit avec précision les mécanismes de leur amitié naissante à l’université et son évolution. Elle pose un scénario simple mais rondement mené. Narrateur, Shishido partage ses questionnements. L’entourage des deux héros joue un rôle assez important dans le développement des sentiments, orientant leurs réflexions. De même, les petits évènements qui parcourent leur vie étudiante sont assez réalistes.

Le graphisme de la mangaka est simple et classique. Ses traits sont épurés mais l’auteure propose une grande variété de visages et de carrures. Les hommes ne sont pas des ikemen et dégagent une certaine banalité malgré un peu de charme. Leurs expressions sont très bien rendues. L’équilibre entre les trames et les décors rendent discret le jeu des clairs-obscurs. Les ellipses et les cadrages dynamiques sont principalement au service de la lecture. Les détails évitent de surcharger les cases silencieuses. Il n’y a aucune scène érotique, le propos de l’histoire se basant sur la naissance de l’amour.

En résumé

A l’université, le sociable Shishido Junpei sympathise avec tout le monde. Pendant qu’il discutait assis sur un banc, il remarque qu’un étudiant a oublié sa bouteille d’eau. Il l’interpelle mais Onizuka Leo la lui donne. Intrigué, Shishido a la vague impression de l’avoir déjà rencontré. Plus tard, il le croise au distributeur de boissons et lui propose de lui offrir une bouteille d’eau. Mais, l’étudiant a l’air mécontent. En fait, Leo vient du même lycée que Junpei. Surnommé « le Lion enragé », des rumeurs circulaient sur lui…

En conclusion

Même si l’histoire narre une simple amitié qui évolue en amour, Furuya sensei offre des personnages attachants et touchants. Tout le monde peut lire ce one-shot proposant une tranche de vie d’étudiants se liant d’amitié puis s’interrogeant sur leur attachement de plus en plus fort. Malheureusement, je trouve que le récit s’arrête trop tôt!