Punch up 5 – Kano Shiuko

punch up 5 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820340139
Asuka, 2020
ISBN: 9784799735152 (JP)
Libre, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Alors que Kôta attend un peu plus de sérieux de son amant, Motoharu ne réfléchit qu’à assouvir ses fantasmes de plus en plus débridés.

Kano Shiuko sensei continue la suite de sa série avec l’architecte pervers et l’ouvrier bagarreur. Après un recueil de quelques chapitres distincts, elle reprend le cours de l’histoire en introduisant le passé de Maki. Les chapitres uniques mêlent à la fois humour et scènes sexy, mettant en avant les fantasmes de plus en plus extrêmes de Motoharu. Le crossover avec P.B.B. questionne sur l’amour avec les frivoles Maki et Shinobu qui se sont assagis. D’ailleurs, les uke se montrent pour une fois très entreprenant. Et les deux couples de chaque série semblent très solides. Ensuite, l’auteure met en scène Shibuzawa Yutaka et Mibu Yukiya, un couple adepte d’échangisme. En outre, elle présente une facette un peu sombre de l’architecte. Ses personnages ne se retiennent donc pas pour parler crûment.

La mangaka utilise des traits fins légèrement épurés. Bien qu’elle a une approche plutôt réaliste, elle simplifie les lignes dans les scènes humoristiques. L’expressivité des visages suffit à comprendre ce qu’il se passe. Par exemple, on distingue facilement la gêne ou l’envie de Kôta à ses joues rougissantes et son regard. Les carrures sont assez masculines. Les décors permettent principalement de situer les actions. Kano sensei apporte un travail soigné sur les ombres et les trames d’ambiance. Les angles de vue variés jouent sur les plongées, contre-plongées, pleines pages et renforcent la dynamique de la mise en page. Ainsi, les positions des scènes érotiques ont un côté très sensuel. Malheureusement, la censure marquée par de grands aplats blancs occultant les parties intimes, les gâchent un peu. En fin de chapitre, des yonkoma illustrent les commentaires avec humour.

En résumé

Un soir, Motoharu se montre plus séducteur et classe que d’habitude envers Kôta. Le lendemain, il s’excuse platement. En effet, il était ivre et ne se rappelant de rien, il a peur d’avoir dépassé les limites de sa perversion. Mais son amant calme immédiatement l’imagination de l’architecte, lui dévoilant qu’il s’est simplement assoupi. Légèrement déçu, Maki espère alors profiter du voyage d’affaires avec la compagnie Matsumoto pour retenter l’expérience, espérant que l’ouvrier baisse sa garde.

En conclusion

Ôki Kôta ne se classe pas au Chill chill BL award 2018 mais les lecteurs le cite parmi les meilleurs uke séduisant, appréciant son côté tsundere. Le fantôme gay accro au sexe est un thème récurrent de l’auteure dans certains de ses recueils. Même si ce tome semble un peu décousu au premier abord, je suis heureuse de retrouver ce couple charmant. D’autres épreuves se profilent. J’ai donc hâte de lire la suite!

Punch up 4 – Kano Shiuko

punch up 4 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820306166
Asuka, 2013
ISBN: 9784862639103 (JP)
Libre, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Un couple qui se redécouvre petit à petit et se reconstruit.

Kano Shiuko sensei nous plonge dans un tome fort en émotions, offrant une conclusion à son récit. Elle privilégie d’abord la redécouverte des sentiments de ses personnages, le partage et la communication, alternant entre moments tendres et dramatiques. Elle présente ensuite de nouvelles facettes de ses personnages, provoquant même un peu de compassion pour Yûya. Ainsi, la relation entre Maki et Ôki prend une forme plus familiale. Les diverses épreuves et l’entourage bienveillant font évoluer le comportement des deux héros: Motoharu est plus prévenant et Kôta s’exprime plus facilement. L’ouvrier charpentier devient même narrateur à la fin du récit. L’auteure rend parfaitement la dissociation entre le jeune homme de 15 ans et celui de 19 ans: en effet, elle joue sur les flash-back, mais également sur l’innocence adolescente. En fin de volume, elle ajoute des histoires bonus humoristiques sur les fantasmes de Motoharu et la vie quotidienne du couple.

Les traits de la mangaka deviennent plus doux. Elle offre une panoplie d’expressions des visages, avec un travail détaillé ou des simplifications. Par exemple, les mimiques de Motoharu quand il est obsédé sont craquantes. De même, l’innocence de Kôta, amnésique, se voit graphiquement. Les trames d’ambiance alternent avec les décors cependant, ces derniers sont plus rares. La mise en page est à nouveau très dynamique, rythmant la lecture. Kano sensei joue sur les trames et l’absence de détails pour censurer les scènes érotiques. Elle présente, en fin de chapitre, les panneaux de vente qu’elle a composé pour l’installation dans les librairies. L’impression un peu sombre empêche d’apprécier pleinement les dégradés des trames. La version numérique disponible sur Izneo ne souffre pas de ce problème.

En résumé

Depuis son geste déplacé envers son amant amnésique redevenu adolescent, Maki redoute de succomber à ses pulsions et se plonge à fond dans son travail dormant même sur place. En discutant avec Wakui, Saiga et Fukazu, Ôki a l’impression que tout le monde attend qu’il retrouve la mémoire. Avec l’aide de Hisashi, Motoharu offre une console à Kôta. Devant la joie du garçon, il décide alors de prendre quelques jours de congés pour passer un peu de temps avec lui. A force de partager des moments et de discuter, le jeune homme s’ouvre peu à peu. Mais il commence à se laisser faire quand Maki fait des blagues indécentes, au point d’échanger un baiser…

En conclusion

En concluant l’aventure dramatique du tome précédent, l’auteure termine avec un couple plus solide et épanoui. Premièrement, j’apprécie que tous les personnages aient un profil travaillé. Même un personnage secondaire d’abord insupportable devient par la suite touchant, lorsque l’on découvre son histoire. Kano sensei a tout de même réussi à me faire apprécier le pervers Maki, alors que dans la réalité, je ne le supporterai pas! D’autre part, elle alterne avec justesse les moments érotiques et sérieux. Alors, n’hésitez pas à suivre cette belle romance. Ce titre a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2010. De plus, Motoharu a été classé deuxième meilleur seme, premier meilleur personnage pitoyable et Kôta deuxième meilleur uke et premier personnage brave.

Punch up 3 – Kano Shiuko

punch up 3 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820304988
Asuka, 2012
ISBN: 9784862637314 (JP)
Libre, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Un grave accident remet en cause les liens entre Kôta et Motoharu. Vont-ils se retrouver?

Dans ce troisième tome, Kano Shiuko sensei remet complètement en question la relation de son couple phare suite à un évènement dramatique. Elle se focalise d’abord sur leurs sentiments et leurs sensations et questionne leur avenir. L’amnésie qui plonge Kôta dans son adolescence permet de confronter un garçon pur et innocent au pervers Motoharu qui se trouve perdu. Cependant, ils vont reconstruire d’autres liens, plus sains, qui confortera leur amour grâce à la communication. D’ailleurs, l’architecte doit surpasser ses habitudes: prendre soin de quelqu’un et s’organiser du temps libre. De même, Kiyoto, le frère transsexuel de Kôta, apporte un regard extérieur sur le couple. L’histoire bonus comble le manque de passages érotiques en s’amusant sur un fantasme de Maki sur la masturbation. En fin de chapitre, l’auteure présente les drama CD de la série.

La mangaka arrondit légèrement le visage de Kôta. Elle se focalise sur les détails ou les regards. Les dégradés et trames d’ambiance accompagnent principalement les situations dramatiques ou légères. De même, la mise en page semble un peu plus sobre. Il y a moins de scènes érotiques. Mais la censure se fait par des points lumineux qui ne cachent presque rien.

En résumé

Maki Motoharu profite d’une réunion près du chantier d’Ôki Kôta pour rentrer en train avec lui. En effet, il va s’occuper de l’aménagement intérieur du futur restaurant de Fukazu Yûya et n’est donc pas rassuré. Depuis quelques temps, l’ouvrier s’inquiète du comportement de son amant: plus sérieux que d’habitude, ce dernier ne dit plus d’obscénités. Quand l’architecte lui demande des vidéos érotiques avant son départ en mission pour trois jours, il est d’abord rassuré. Mais il a la surprise de découvrir le lendemain que son petit ami tente de lui imposer des congés pour l’accompagner. En froid, le trentenaire part sans se réconcilier avec Kôta. En trouvant Yûya devant leur bâtiment le lendemain soir, le charpentier comprend alors les inquiétudes de son amant. Il fonce donc retrouver ce dernier. Mais la réaction étrange de Motoharu le trouble. Perdu dans ses pensées, le lendemain, Kôta fait une chute d’un échafaudage…

En conclusion

Kano sensei évite le mélodrame en alternant avec finesse les moments durs et les moments bienveillants entre ces deux amoureux. En confrontant la perversité habituelle de Motoharu à la jeunesse temporaire de Kôta, elle renforce le côté gênant des situations. C’est tellement amusant de voir le seme galérer un peu.

Punch up 2 – Kano Shiuko

punch up 2 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820304612
Asuka, 2012
ISBN: 9784862635389 (JP)
Libre, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Quand le passé entraîne des doutes difficiles à surpasser.

Kano Shiuko sensei propose des tranches de la vie de Kôta et Motoharu, en couple depuis six mois. Tandis qu’une certaine routine s’est installée, les deux amants commencent à douter de leurs sentiments tout en se découvrant. Cette inquiétude latente entraîne donc des changements de comportement. En effet, Ôki se montre plus entreprenant et Motoharu en profite pour imposer ses désirs déviants. L’auteure met clairement en avant le manque de confiance, les difficultés de communication au sein du couple, l’influence du passé de chacun mais également les changements qui s’opèrent peu à peu pour atteindre un certain équilibre. Ainsi, les compromis se font à deux. L’architecte participe un peu plus au foyer. L’ouvrier partage ses sentiments et s’ouvre également un peu plus aux autres. Un chapitre spécial conclut ce tome en présentant le passé de Kôta avec son premier petit ami Fukazu Yûya.

La mangaka a adouci les traits des visages. Elle simplifie les expressions dans les scènes humoristiques. Ses hommes ont des muscles fins harmonieux. Elle joue beaucoup sur les dégradés de gris avec les trames. Ainsi, les décors donnent une touche réaliste car ils sont très présents et permettent de se situer immédiatement. La mise en page guide le regard et impose le rythme de lecture. Afin d’éviter la censure, Kano sensei joue sur les cadrages ou les angles de vue dans les scènes érotiques. Ces dernières sont détaillées avec parfois une coupe intérieure. En fin de chapitre, des fiches personnages, une fiche métier et des yonkoma ajoutent une touche amusante. Par exemple, le fantasme de Maki sur les cotons-tiges est hilarant.

En résumé

Après leur shopping, Ôki Kôta retrouve Maki Motoharu dans un café en train de baver sur un magazine. Alors qu’il a acheté des produits pour la maison, l’architecte a préféré lui prendre des vêtements, lui réclamant un défilé. Cependant, à leur retour dans leur foyer, le jeune homme reçoit l’appel d’un ami de collège. Le lendemain, Maki trouve Saiga Katsutoshi, assez agressif, devant son bureau. Inquiet par les différences sociales et d’âge du couple, l’ami de Kôta est venu s’assurer des sentiments de l’architecte. Mais sa première impression est mauvaise, le trentenaire faisant mine de le draguer. Le soir, vexé par les cachoteries de son amant, le couple se dispute. Quand Saiga revient à la charge, Maki se confie alors sincèrement, ne sachant comment exprimer son amour à force de s’être fait larguer…

En conclusion

Maki Motoharu se classe troisième meilleur seme pitoyable au Chill chill BL award 2009. Je m’amuse à voir Kôta acculer son petit ami, ayant cerné ses goûts masculins. Et comme Motoharu ne se comporte pas de la même manière avec lui qu’avec ses autres conquêtes, le couple en devient touchant. L’auteure dépeint avec finesse la sensibilité de la formation d’un couple entre doutes et difficultés de communication et de compréhension. J’ai donc hâte de voir jusqu’où elle va nous mener!

Punch up 1 – Kano Shiuko

punch up 1 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820303363
Asuka, 2012
ISBN: 9784862630810 (JP)
Libre, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Une romance explosive entre un architecte immature et un ouvrier charpentier au sang chaud.

Kano Shiuko sensei met en scène un couple détonant où la différence d’âge apporte divers questionnements. Malgré ses 19 ans, Kôta a déjà un corps musclé par le travail même s’il est encore imberbe. Motoharu, malgré ses 31 ans, a un comportement parfois immature et des goûts de pervers. Bien que le couple file le parfait amour sur le plan sexuel, les deux hommes ne sont pas encore sûrs de leurs sentiments: la jalousie et le doute entravent la communication au sein du couple. D’autant plus que le frivole architecte continue à admirer les hommes à son goût. De plus, il a tendance à traiter Ôki comme une poupée, se montrant égoïste et parfois brutal. Justement, l’auteure se concentre principalement sur l’évolution des sentiments des personnages, les accompagnant avec des confidents, Hishiya Shinobu et Wakui Hisashi, ou les mettant à l’épreuve en introduisant d’anciennes conquêtes. En bonus, elle narre une aventure sexy avec les protagonistes de P.B.B..

Le style graphique particulier de la mangaka est facilement reconnaissable. Les visages sont ovales avec des mentons longs et pointus et des yeux effilés. Les personnages ont des carrures masculines. Kano sensei exagère certaines expressions, donnant une touche humoristique. Par exemple, le visage déformé par les larmes de Motoharu est hilarant. Les décors détaillés alternent avec les trames d’ambiance. Les angles de vue sont recherchés. De même, la mise en page dynamique joue sur les emboîtements et des vignettes de formes variées. Les illustrations de début de chapitre mettent en scène le couple. Des yonkoma en fin de chapitre ou de tome apportent des anecdotes humoristiques sur la perversité de Motoharu. Le travail des trames permet d’éviter la censure lors des scènes érotiques, assez nombreuses.

En résumé

Sur un chantier, le brillant architecte Maki Motoharu tente de s’interposer dans une bagarre entre un électricien et un ouvrier charpentier mais se prend un coup. Remarquant son chat disparu depuis une semaine dans les bras de Hishiya Shinobu, il apprend que l’animal a été recueilli par le charpentier au sang chaud qui l’a frappé. Ôki Kôta a même perdu son logement à cause du félin. Bon prince, l’architecte lui propose alors de l’héberger temporairement. Mais leur cohabitation reste houleuse. En effet, le frivole Motoharu néglige plutôt l’entretien de son appartement. Kôta, au contraire, refuse de dépendre de quelqu’un et se retrouve donc à s’occuper des tâches ménagères. Les surprenant en train de faire les courses, le petit copain de Kôta fait un scandale l’obligeant à le suivre. Motoharu réalise alors que le jeune ouvrier lui manque plus qu’il ne croyait. Alors quand Katayuki lui propose de lui rendre Kôta contre une somme d’argent, il n’hésite pas!

En conclusion

J’adore Kano Shiuko sensei! Son style graphique ne plaira pas à tout le monde, mais il est très expressif. Elle joue beaucoup sur les nuances de gris, malheureusement l’édition française sombre un peu trop les pages, perdant les subtils dégradés. Cette auteure s’intéresse beaucoup à des milieux sociaux peu représentés dans les BL et n’hésite pas à se renseigner sur le terrain. De plus, elle allie à la fois côté sexy et sentiments. Par ailleurs, les personnages de ses différentes séries s’entrecroisent. Je ne peux donc que vous recommander cette romance explosive qui vous fera rire et pleurer et vous fera réfléchir sur le couple et la vie à deux.

Ikumen after +a – Kodaka Kazuma

ikumen after plus a kodaka kazuma

KODAKA Kazuma こだか和麻
ISBN: 9782375061794
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784799734477 (JP)
Libre, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

La famille est le moteur de toute motivation.

Kodaka Kazuma sensei offre une suite à sa série Ikumen after. Mais ce tome peut également être lu comme un one-shot. La narration alterne entre les deux pères puis laisse la place au couple. Grâce à une opportunité professionnelle, l’auteure décrit comment le soutien et l’entraide permettent à Izumi de réaliser son rêve. Parallèlement, elle montre les deux facettes de la bienveillance qui peut être blessante ou salvatrice. En effet, alors qu’Asakura voit sa condition de veuf influencer le comportement de ses subalternes, Kentarô trouve du courage pour se lancer. Entre les petits drames causés par des personnes extérieures, les deux pères démontrent que la communication et la famille sont essentielles pour tout surmonter. De même, afin d’avancer dans leur relation intime, le salaryman ose prendre des initiatives en s’informant, bien que son amant le ménage. Le consentement est clair et partagé. Le ton général du récit reste très réaliste.

Les traits de la mangaka s’adoucissent légèrement. Elle simplifie les traits dans les passages humoristiques. Ses décors et ses trames sont toujours aussi détaillés. Certaines vignettes sont tellement expressives qu’il n’y a pas besoin de dialogue pour comprendre ce qui se passe. Les illustrations de début de chapitre rappellent les photographies d’un album. Pour les scènes érotiques peu censurées, Kodaka sensei joue sur les cadrages et les angles de vue, cachant les parties intimes. Certaines scènes dégagent beaucoup de sensualité comme les baisers ou lorsque Asakura se lèche les lèvres.

En résumé

Cela fait trois semaines qu’Izumi Kentarô et son fils habitent chez les Asakura. Pourtant, même si les deux pères filent le parfait amour, leur relation intime n’avance pas. N’ayant pas confiance en lui à cause de son manque d’expérience, Asakura se laisse facilement porter. Cependant, Kentarô refuse de le brusquer et se contente de petits câlins. Un nouvel employé, Higuchi, arrive dans le service d’Asakura et fait immédiatement son coming out afin d’éviter les malentendus. Alors que le salaryman sympathise vite avec le nouveau, trouvant un confident, le personnel féminin met en garde ce dernier. De son côté, Kentarô reçoit une invitation d’Okonogi Hikaru pour une répétition de sa nouvelle pièce de théâtre et attire le regard d’un metteur en scène…

En conclusion

La conclusion de cette série nous invite à rester positif dans la vie et à reconsidérer ce qui nous entoure: le sentiment familiale que l’on crée, la communication, oser demander de l’aide, accepter le soutien des autres, l’amour, ne pas avoir peur de se lancer. Suivre ce jeune couple de pères célibataires donne du baume au cœur. Comme à son habitude, la mangaka va bien au-delà d’une simple romance et s’intéresse aux différents liens qui se nouent au fil de la vie. En outre, l’homoparentalité apparaît toute naturelle dans cette cellule familiale. J’adore!

Ikumen after 2 – Kodaka Kazuma

ikumen after 2 kodaka kazuma

KODAKA Kazuma こだか和麻
ISBN: 9782375060087
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784799714690 (JP)
Libre, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Vivre sous le même toit que l’homme qu’on aime: entre bonheur et torture.

Kodaka Kazuma sensei accélère son récit et met principalement en avant la difficulté à avouer ses sentiments pour ne pas briser une belle amitié. Suite à un évènement dramatique, les deux amis vont cohabiter, entrainant une rapide évolution de leurs sentiments. L’auteure s’attarde un peu plus sur le passé d’Izumi et aborde la prise de conscience des regards extérieurs qui domine les sentiments. Elle met également en avant les jugements hâtifs que peut porter la belle-famille ou son aide, les quiproquos qu’entrainent secrets et non-dits. De même, elle interroge sur la vision de la paternité par rapport à la pornographie, d’autant plus quand elle est homosexuelle. Par exemple, l’idée qu’un père de famille ne peut être acteur porno ou qu’un père regardant des films pornographiques homosexuels est catégorisé de pervers. L’humour est plus présent et la déclaration se fait dans le rapprochement et le partage du bonheur.

La mangaka détaille les décors. Elle travaille particulièrement les expressions mais aussi les mouvements et les actions. Elle communique donc beaucoup par le dessin. Les trames d’ambiance appuient le récit. Il se dégage un style réaliste général, cependant elle n’hésite pas à simplifier les traits dans les scènes humoristiques. Les illustrations de début de chapitre alternent entre les parents, les enfants ou les deux réunis.

En résumé

Trois jours ont passé depuis l’échange de leur baiser mais Asakura et Izumi font comme si rien ne s’était passé. Le salaryman ayant composé un album photos pour chacun des enfants, il propose à Kentarô de classer également ses photographies en apprenant qu’il ne fait que les stocker sur son PC. Au travail, Izumi croise Yamagishi, un réalisateur de films avec qui il avait travaillé. Ce dernier lui demande alors de reprendre au moins un tournage, sa starlette du moment, Okonogi Hikaru, le réclamant. En effet, l’acteur porno est un grand fan. Pour le convaincre, il lui promet de lui envoyer une vidéo. Un soir, en classant les photos de son ami, Asakura tombe sur le film érotique. Tandis que Kentarô s’explique, le naïf père tente de le rassurer. Mais le soir venu, se rappelant de leur baiser, il ne peut contenir son désir…

En conclusion

Après un premier tome concentré sur Asakura, Kodaka sensei s’intéresse à Izumi. Derrière son grand sourire, on découvre toutes les difficultés qu’il a rencontré par le passé et la torture pour un gay de rester sous le même toit que l’homme qu’il aime. Mais voir ce couple se former dans la tendresse et la douceur est tellement touchant. Une ode aux câlins!

Ikumen after 1 – Kodaka Kazuma

ikumen after 1 kodaka kazuma

KODAKA Kazuma こだか和麻
ISBN: 9782375060049
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784799710531 (JP)
Libre, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Le quotidien de deux pères célibataires qui se lient d’amitié.

Kodaka Kazuma sensei nous propose de suivre l’évolution de l’amitié entre deux pères célibataires: Asakura, un veuf hétérosexuel et Izumi, un bisexuel divorcé. Entre les petits drames du quotidien, elle partage les divers échanges entre ces parents comme la cuisine, les techniques éducatives et l’entraide. Son approche conserve un ton réaliste. En outre, ses héros venant d’un milieu social différent, l’auteure s’interroge également sur le veuvage, la séduction entre gay et hétérosexuel et la philosophie de vie. De plus, le caractère opposé des deux hommes pimente un peu cette douce tranche de vie. Chaque chapitre permet de voir petit à petit les changements des sentiments entre les deux parents. La naïveté du salaryman lui donne un côté mignon. Se focalisant plutôt sur les sentiments, même le baiser volé de Kentarô semble tout doux.

Le graphisme typique de la mangaka garde quelques traces du style shônen: des traits fermes, des visages ovales plutôt réalistes, des enfants aux grands yeux. Comme à son habitude, elle soigne les expressions, utilisant de légères exagérations ou simplifications. Les décors sont détaillés. Les trames d’ambiance illustrent le récit. De même, Kodaka sensei apporte un travail précis sur les trames de couleurs et d’ombre. Le jeu des angles de vue et des cadrages dynamisent la mise en page. Les illustration de début de chapitre, attendrissantes, présentent les deux pères et leurs enfants. En fin de tome, deux planches mettent en parallèle, avec humour, une matinée typique chez Asakura et Izumi.

En résumé

Depuis le décès de sa femme, Asakura (30 ans) élève seul son fils. Cependant, il a beaucoup de mal à concilier travail et éducation. D’autant plus que Hiromi ne sourit plus et continue à faire pipi au lit. En allant à la maternelle, il rencontre Izumi Kentarô (26 ans), qui élève également seul son fils Motoki. Ce dernier a sympathisé avec le jeune Hiromi. Le salaryman, bien que surmené, saute même les repas pour pouvoir s’avancer dans son travail. Mais en récupérant son fils le soir, il s’effondre, épuisé. Après que l’instituteur Hikari lui ait prodigué les premiers soins, Kentarô lui donne quelques conseils. Les deux hommes se lient alors d’amitié.

En conclusion

Il n’y a rien de rocambolesques dans cette histoire, juste la vie de tous les jours entre deux parents qui s’apprécient. Cette série dégage plein d’amour et de sentiments positifs. Les enfants sont tellement mignons qu’il est impossible de ne pas craquer. Laissez-vous donc séduire par cette tendre romance débordant d’amour!

A story of love – Hamada Kamome

a story of love hamada kamome

HAMADA Kamome 波真田かもめ
ISBN: 9782375061480
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784799735169 (JP)
Libre, 2017 (JP)
Titre original: たとえばこんな恋のはなし
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

L’amour se construit petit à petit, en partageant à deux ses joies, ses peines et ses désirs.

Ce one-shot de Hamada Kamome sensei est basé sur une histoire vraie. En décrivant la cohabitation entre un homosexuel et un hétérosexuel tombé amoureux de lui, l’auteure questionne la construction d’une relation et les sentiments. Elle offre donc une vision de l’amour simple et pure. D’abord platonique, la relation entre Akira et Masaru évolue doucement: les deux hommes apprennent à se connaître et se rapprochent petit à petit entre disputes, efforts et compromis. Le comportement de Masaru peut paraître ambigu et déconcertant: bien que fou amoureux et sérieux, il a un côté assez coincé et maladroit. Son manque de tact égaye un peu cette romance tendre et mignonne. En fin de tome, une interview de Yanagi Kento, qui a servi de modèle pour Akira, permet d’en découvrir un peu plus sur le couple. Il y a aussi la recette du hamburger maison.

La mangaka utilise des traits assez épais, superposés, donnant un aspect croquis. Son style est assez proche du shôjo. Les visages sont plutôt ronds, avec des traits simplifiés. L’équilibre entre les décors et les trames d’ambiance est maîtrisé. La mise en page reste assez classique. Les illustrations en début de chapitre mettent en scène le couple dans leur quotidien. Sous la jaquette, il y a le plan de l’appartement. Les scènes érotiques se concentrent sur les sentiments et ne montrent donc pas de détails. La couverture a obtenu la seizième place au Chill Chill BL award 2018.

En résumé

Au lycée, Takamori Akira récolte les cannettes pour se faire un peu d’argent et offrir un CD au garçon qu’il aime secrètement. Mais ce dernier, gêné, refuse. Pour combler sa peine, le lycéen prépare énormément de bons plats pour les assistantes et sa mère mangaka. Devant ce festin, l’une d’elle l’incite à poster ses recettes sur Internet. Le jeune homme lance alors son blog, s’affichant comme un garçon aimant les garçons et passionné de cuisine. Mais un jour, il reçoit un commentaire blessant lui demandant si son homosexualité influence son don pour la cuisine. Bien que rude au premier abord, le blogueur sympathise avec Nanjô. Enfin à l’université, Akira reçoit, un soir, un appel de Nanjô Masaru qui a débarqué à Tokyo. Puis quelques semaines plus tard, ce dernier s’installe chez l’étudiant tout en lui annonçant qu’il l’aime…

En conclusion

Une très belle histoire d’amour construite par la discussion, les compromis et de petits gestes tendres. Il est touchant de voir Masaru briser ses propres barrières, coincé malgré ses forts sentiments. Comme un témoignage sur la vie à deux, on a envie d’appliquer leurs conseils pour entretenir la flamme. Une lecture pour tous les couples, qu’ils soient gay ou non!

Life – Tokokura Miya

life tokokura miya

TOKOKURA Miya 常倉三矢
ISBN: 9782375061138
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784832290105 (JP)
Houbunsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Une douce romance où les rêves sont mis à mal mais finissent toujours par apporter le bonheur.

Dans ce one-shot, Tokokura Miya sensei suit un couple de rêveurs de leur rencontre jusqu’à la mort. Elle aborde quelques étapes de leur vie, avec leurs joies et leurs problèmes: par exemple, les doutes professionnels ou sentimentaux, la séparation, les retrouvailles, les maladies. Ainsi, les titres des chapitres reprennent l’âge des personnages. Un écart se creuse petit à petit entre Nishi et Itô, malgré eux, alors qu’Akira mûrit et perd son côté rêveur. De plus, l’acceptation de leur sexualité ne se fait pas au même rythme. La narration alterne donc entre les protagonistes. L’auteure décrit avec pudeur et poésie leurs pensées et sentiments. Elle joue sur la métaphore de la ligne au bord de la route qui accompagne la destinée de ce couple. Les moments de joie sont concentrés dans le dernier chapitre, contrebalançant la fin mélancolique.

La mangaka a une approche graphique très poétique. D’ailleurs, elle retranscrit en images le monde imaginaire des héros. La ligne sur la route semble parfois prendre vie. Les cadrages sont dynamiques. Ainsi, Tokokura sensei privilégie les cases ou planches silencieuses, narrant son histoire avec le dessin. Le jeu des clairs-obscurs appuie l’action. De même, les décors et les trames d’ambiance se font discrètes. Son style assez classique met en valeur son trait doux et expressif. De plus, les déformations et les simplifications renforcent l’expressivité des visages. Les scènes érotiques mettent en avant les sentiments. La censure joue sur l’absence de traits mais ne gâche en rien l’esthétique.

En résumé

En marchant sur les lignes bordant les routes, Nishi Yûki (17 ans) s’imagine traverser une mer de requins. Itô Akira (17 ans), quant à lui, est en suspension au-dessus de pics de glace. Un jour, ces deux rêveurs se croisent sur la même ligne et doivent négocier pour pouvoir continuer leur route. Alors qu’une agréable routine s’installe entre eux dans l’attente de chaque rencontre, une certaine complicité se développe. Cependant, Itô est de plus en plus troublé par d’étranges sentiments envers son ami et finit par l’embrasser. Ayant rompu leur jeu, il fuit Nishi qui l’attend en vain. Mais ce dernier décide de le rejoindre au lycée…

En conclusion

Ce manga est un vrai coup de cœur. J’adore la joie de vivre de Nishi, m’étant particulièrement attachée à lui. Grâce à l’admirable traitement scénaristique de l’auteure, je passe par diverses émotions, du sourire aux larmes, accompagnant les sentiments des héros. Je recommande donc vivement ce BL. Il mérite pleinement sa première place de meilleur manga au Chill chill BL award 2018.