L’étranger de la plage – Kii Kanna

l etranger de la plage kii kanna

KII Kanna 紀伊カンナ
ISBN: 9782368775110
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784396783488 (JP)
Shodensha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Une douce romance entre un écrivain gay plutôt lâche qui séduira malgré lui un innocent lycéen.

Kii Kanna sensei présente une romance douce et poétique entre un homosexuel qui ne s’assume pas et un jeune trop franc. Elle dépeint avec finesse les questionnements de ses personnages sur l’homosexualité et l’amour. En introduisant Eri, la cousine de Shun, déjà en couple avec Shizu, elle confronte ses héros aux difficultés de la vie à deux. Malgré le ton réaliste général, le caractère des protagonistes semble un peu exacerbé. Par exemple, Shun, lâche, agit ou parle avec beaucoup de sous-entendus, tandis que l’innocent Mio s’exprime franchement et avec insouciance. De même, l’écrivain culpabilise d’avoir influencé la sexualité de son partenaire. L’auteure aborde d’autres sujets plus légèrement comme le manque de libido, l’éjaculation précoce, la communication au sein du couple. L’arrivée de Sakurako permet de découvrir le passé de Shun. Les chats apportent discrètement une petite touche mignonne et humoristique.

La mangaka a un style graphique très shôjo: ses visages sont ronds, avec de grands yeux, de petits nez. Les personnages ne font pas leur âge mais ont un côté mignon. Elle travaille avec soin les décors. En plus, comme elle utilise beaucoup de trames, ses pages semblent assez chargées. D’ailleurs, ses paysages sont esthétiques et certaines vignettes invitent à la contemplation. Kii sensei s’attache aux détails. Par exemple, les animaux sont actifs en arrière plan. En fin de chapitre, elle présente des illustrations de paysages ou des chats faisant des bêtises. Les scènes érotiques jouent sur l’absence de détails et la simplification des traits pour censurer les parties intimes.

En résumé

Sur une île d’Okinawa, Chibana Mio a perdu ses parents et vit chez son oncle. Mais n’étant pas à l’aise avec eux, il passe ses fins de journée à regarder la mer assis sur un banc. Attiré par le charme du jeune homme, Hashimoto Shun s’inquiète de sa solitude. Un jour, il arrive enfin à entamer la conversation avec le lycéen. Cependant, une remarque de Mio lui rappelle de douloureux souvenirs et il s’évanouit. En effet, Shun a fait son coming out le jour de son mariage arrangé et depuis, a fui chez sa tante où il loue une chambre dans son auberge. Écrivain, il l’aide pour de menus travaux. Intrigué, Mio sympathise alors avec Shun, juste avant de partir vivre sur une autre île. Malgré sa promesse, Mio ne le contacte pas. Pourtant, trois ans plus tard, il revient comme pensionnaire dans l’auberge et lui déclare alors sa flamme.

En conclusion

Une fois habitué aux graphismes mignons, ce récit est touchant et dégage beaucoup de douceur. Ce manga a obtenu la treizième place de la meilleure création de nouvel auteur au Chill Chill BL award 2015. On pourrait regretter que l’auteure n’approfondisse pas les différents thèmes abordés mais ce titre, prévu d’abord à la prépublication en magazine, a eu assez de succès pour une publication reliée puis pour une suite. Une adaptation en film d’animation est même prévue avec une sortie en septembre 2020. Si vous aimez les romances douces, ce titre est fait pour vous!

Asa & Mitya 2 – Billy Balibally

asa and mitya 2 billy balibally

BILLY Balibally
ISBN: 9782368775868
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866570273 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

L’amour mutuel d’Asa et Mitya arrivera-t-il à guérir leurs blessures profondes?

Après un tome sombre, Billy Balibally sensei donne une approche plus positive du tendre couple d’Asa et Mitya. Elle abandonne la narration de style contée et invite les lecteurs à observer l’évolution des personnages. Saitô et Mimori ont conscience de changer mutuellement. Face à Mikado, Dimitri décide de s’ouvrir plus et de se confier. Son partenaire, bien qu’apeuré, fait de même. Grâce à ce soutien mutuel, ils vont pouvoir affronter leurs problèmes et outrepasser leurs souffrances. Leur interdépendance devient salvatrice. L’auteure fait également évoluer leur entourage comme Yûsuke, l’oncle d’Asa. Elle s’intéresse aux sentiments des protagonistes qu’elle fait mûrir et grandir. L’introduction du demi-frère de Mitya, Alyosha, permet de découvrir le passé de l’adolescent. De même, elle introduit l’histoire de Mika, Eri et son frère jumeau Michiru dans un chapitre bonus, par le point de vue d’Eri.

La mangaka dessine des personnages longilignes mais tout de même musclé, en particulier Mitya. Elle se focalise sur les détails, les regards et les gestes. Les trames d’ambiance se font plus discrètes. Cependant, les fonds noirs accompagnent encore les moments dramatiques. En revanche, il y a plus de décors. Par ailleurs, Billy sensei utilise moins de trames sombres, éclaircissant ainsi ses pages. En plus, son trait fin renforce cet aspect. La mise en page dynamique s’appuie sur les ellipses, les vides et les emboîtements de vignettes. Le graphisme dégage une approche très esthétique, presque poétique, avec par exemple, le reflet de Dimitri en pleurs, enfant, sur le carrelage de l’aéroport. De même, les illustrations de début de chapitre sont directement intégrées au récit. Les scènes érotiques sensuelles évitent de montrer les parties intimes grâce aux cadrages.

En résumé

Mikado débarque au lycée et se présente à Mitya comme son premier homme. Il essaie de provoquer l’adolescent en le faisant douter mais Dimitri tient bon. Ses arguments finissent même par exaspérer le délinquant qui tente alors de le frapper. Mais Asahiko arrive juste à cet instant et prend le coup de poing en s’interposant. Son partenaire craque alors. Les deux bagarreurs se retrouvent donc à l’hôpital dans la même chambre. Quand Eri arrive, il découvre Mika et Asa en train de se chamailler…

En conclusion

L’auteure arrive à donner un ton agréable à son scénario, malgré les épreuves que subissent ses personnages. Le dénouement qui aboutit à une touche joyeuse soulage même le lecteur. Voir Asa et Mitya, qui se détestent eux-même, partager un amour inconditionnel l’un pour l’autre, leur permettant d’apprécier enfin la vie, est tellement émouvant. En revanche, je suis surprise par le nombre de jumeaux intervenant dans cette histoire: Yûsuke et Akihiko, le père d’Asahiko, Eri et Michiru, et les amis d’Asa, Ebihara Sakura et Botan. D’ailleurs, ils font tous l’objet d’un amour particulier. Si vous aimez plutôt voir des romances avec des personnages torturés, n’hésitez pas à lire cette série en deux tomes.

Asa & Mitya 1 – Billy Balibally

asa and mitya 1 billy balibally

BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782368775851
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784861348754 (JP)
Frontier works, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Une relation fusionnelle entre deux lycéens profondément meurtris. Mais l’amour n’est pas forcément salvateur.

Billy Balibally sensei propose une romance sombre entre deux lycéens meurtris. Le couple étant formé dès le début, elle se focalise sur leurs sentiments, leurs inquiétudes et leurs souffrances. Elle s’intéresse donc à différentes formes de l’amour, à leurs dérives comme la dépendance ou la possessivité et leurs pouvoirs salvateurs. En effet, les héros ont subi divers traumatismes avec la perte d’êtres chers ou l’abandon. Plongés dans un désespoir ou une souffrance destructrice, ils éprouvent des difficultés à se comprendre. Par exemple, de part son expérience passé, Asa a peur de perdre son nouveau bonheur. Les quelques amis d’Asahiko viennent apporter une touche d’humour. En revanche, l’introduction de Mikado qui nourrissait une relation toxique avec Asa, précipite le récit dans le suspense. L’auteure joue sur les non-dits. Elle alterne la narration entre Mitya et Asa, comme s’ils racontaient leur propre histoire. Elle provoque ainsi l’empathie des lecteurs pour ses personnages.

Les traits fins de la mangaka sont épurés. Ses personnages ont des carrures sveltes, des visages ovales avec de longs yeux tombants. Les expressions sont simplifiées dans les scènes humoristiques. Billy sensei joue sur les fonds noirs, les vides, les clairs-obscurs et les détails. Elle alterne les décors et les trames d’ambiance et varie ses angles de vue. Ainsi, la mise en page dynamique accompagne le rythme de lecture. Par ailleurs, elle évite de montrer les scènes trop dures comme la drogue ou les relations violentes en les grisant avec des trames. Les scènes érotiques dégagent beaucoup de sensualité. D’ailleurs, les cadrages évitent de montrer les détails des parties intimes. En fin de tome, des yonkoma détendent l’atmosphère avec des anecdotes amusantes.

En résumé

Saitô Dimitri, alias Mitya, et Mimori Asahiko, surnommé Asa, ont une relation amoureuse fusionnelle et dépendante. Ils ont eu le coup de foudre en se croisant sur le toit du lycée. Ayant tous deux une mauvaise réputation parmi les autres élèves, ils préfèrent rester entre eux. Surnommé « l’étranger », le métisse russo-japonais d’un naturel taciturne vit seul depuis que sa mère l’a abandonné, ne connaissant pas son père. Quand un ami d’Asahiko tente de lui faire une blague en lui claquant le dos, Mitya s’interpose, prêt à en découdre. En effet, il n’arrive pas à contrôler sa colère, mêlée de possessivité. Heureusement, Asa arrive facilement à le calmer. Malgré son dévouement, Saitô s’inquiète parfois du sourire masochiste de son partenaire. Il a du mal à comprendre pourquoi ce dernier le considère comme un ange, alors qu’il est rejeté par les autres.

En conclusion

Ce tome a obtenu la dixième place du meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2017. En effet, l’auteure installe principalement le passé de ses personnages et leurs sentiments dans ce premier volume. Comme Mitya commence doucement à évoluer, j’ai hâte de découvrir sa confrontation avec Mika. Je n’ai qu’une seule envie: qu’ils trouvent enfin le bonheur dans un amour apaisé.

Shinjuku lucky hole 2 – Kumota Haruko

shinjuku lucky hole 2 kumota haruko

KUMOTA Haruko 雲田はるこ
ISBN: 9782368776919
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784396784638 (JP)
Shodensha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Un nouveau clan de yakuza étend son influence à Shinjuku. Que va devenir la société Lucky hole?

Six ans après le premier tome, Kumota Haruko sensei reprend le cours de son récit. Elle s’intéresse au devenir de la société Lucky hole prise dans une lutte de clans de yakuza. A chaque chapitre, elle présente l’histoire d’un des personnages tout en suivant à la fois un fil conducteur en rapport avec la crise d’influence de la mafia. D’ailleurs les derniers chapitres comportent plus d’actions. Les personnages continuent d’évoluer: Saiki (28 ans) et Lenny (26 ans) s’ouvrent à d’autres activités, Sakuma et Hiyama partagent plus facilement leurs sentiments même s’ils se font beaucoup de cachoteries, Ryû (24 ans) garde son côté enfantin même s’il a mûri. Sur fond d’espionnage, l’auteure mélange à la fois suspense, tension, romance et scènes sexy. Elle donne quelques indices au compte-gouttes.

La mangaka utilise des traits fins et des déformations qui rendent les expressions facilement éloquentes. Elle travaille avec soin les visages vieillissants et les regards, renforcés par des gros plans. Une fiche personnages en début de tome permet de se remémorer les différents intervenants. La mise en page est discrètement dynamique. Il y a peu de décors, seulement quelques trames d’ambiance. Kumota sensei n’abuse pas des trames d’ombres et de couleurs, aérant ainsi ses pages. Les illustrations de début de chapitre reprennent encore les héros du récit. Il n’y a pas de réelle censure des scènes érotiques mais les cadrages et les angles de vue cachent les détails des parties trop intimes.

En résumé

Après un baiser torride, Hiyama Kumi (38 ans) était partant pour passer une chaude nuit avec Sakuma (46 ans). Mais son amant le plante et préfère rentrer chez lui. Frustré, l’ancien acteur commence alors à se soulager seul sur le canapé quand le nouvel assistant, Chan, apporte le matériel pour le tournage de demain. Embauché depuis une semaine, ce dernier s’avère être en réalité un jeune mafieux qui fait du chantage, cherchant à prendre sous sa coupe la société Lucky hole. Kumi lui donne rendez-vous le lendemain soir, espérant régler l’affaire sans y mêler Sakuma. Mais au moment fatidique, son amant arrive légèrement éméché, réclamant un gros câlin…

En conclusion

Au Chill Chill BL award 2019, les lecteurs ont beaucoup cité ce tome dans les meilleures séries palpitantes, hors classement. Entre tournages chauds, trahisons, lutte de clans mafieux, cette suite mieux équilibrée est toujours aussi prenante. Quel bonheur de retrouver les membres de la société Lucky hole! Mon cœur palpite à chacune de leurs péripéties. Alors n’hésitez pas à vous jeter sur ce tome.

Shinjuku lucky hole 1 – Kumota Haruko

shinjuku lucky hole 1 kumota haruko

KUMOTA Haruko 雲田はるこ
ISBN: 9782368775141
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396783211 (JP)
Shodensha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

L’univers du porno gay abordé de manière décomplexée où l’amour a une place particulière.

Kumota Haruko sensei présente, par tranche de vie, le quotidien de la société de production de films pornographiques gay Lucky hole. Chaque chapitre permet ainsi de découvrir un des membres de la société. Ses personnages ont une psychologie assez complexe. Kumi, qui était suicidaire, entretient un lien assez particulier avec l’ancien yakuza Sakuma, presque au bord de la dépendance affective. Les deux otaku, le monteur Saika et l’acteur Lenny, quant à eux, développent une romance contrariée apportant un peu de tendresse dans ce tome. Tous font clairement la distinction entre sentiments et sexe. D’ailleurs, l’auteure apporte une certaine sensibilité au traitement de ses protagonistes, les rendant tous attachants.

La mangaka a son propre style facilement reconnaissable, avec des traits épurés, simplifiés et expressifs. D’ailleurs, elle n’hésite pas à déformer les visages, rappelant le style graphique des manga comiques. Ses personnages prennent alors des mimiques amusantes, même pendant leurs ébats. Quelques poils et quelques rides apparaissent également. Kumota sensei utilise beaucoup les aplats, même pour ses trames représentant les ombres ou les couleurs. En outre, ses décors sont assez présents. La mise en page est plutôt dynamique. Les illustration de début de chapitre mettent en avant le héros du récit. Les scènes érotiques évitent de montrer les détails des parties intimes en jouant sur les angles de vue, les cadrages ou en occultant les traits, ne laissant qu’une ombre tramée.

En résumé

Ancien acteur porno, Hiyama Kumi codirige maintenant la société Lucky hole, spécialisée dans les films pornographiques gay. Son collègue, un ancien yakuza qui s’occupe de rabattre des acteurs potentiels, lui a envoyé un jeune salaryman un peu désespéré et sans emploi. Comme Katagiri semble pur et innocent, Kumi lui passe une de ses vidéos pour le rassurer. Rapidement excités, ils finissent donc par coucher ensemble…

En conclusion

J’adore le style graphique de l’auteure et la manière de narrer ses histoires. Même si elle ne développe pas aussi bien l’univers du cinéma pornographique comparé à Jita sensei dans Incitant porno, elle dessine avec justesse les sentiments de ses personnages. En plus, il y a un couple reverse. Ce titre a obtenu la sixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2012. Mais j’aimerais tant que sa série phare My lovely like a cat soit un jour traduite en français.

Punch up 5 – Kano Shiuko

punch up 5 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820340139
Asuka, 2020
ISBN: 9784799735152 (JP)
Libre, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Alors que Kôta attend un peu plus de sérieux de son amant, Motoharu ne réfléchit qu’à assouvir ses fantasmes de plus en plus débridés.

Kano Shiuko sensei continue la suite de sa série avec l’architecte pervers et l’ouvrier bagarreur. Après un recueil de quelques chapitres distincts, elle reprend le cours de l’histoire en introduisant le passé de Maki. Les chapitres uniques mêlent à la fois humour et scènes sexy, mettant en avant les fantasmes de plus en plus extrêmes de Motoharu. Le crossover avec P.B.B. questionne sur l’amour avec les frivoles Maki et Shinobu qui se sont assagis. D’ailleurs, les uke se montrent pour une fois très entreprenant. Et les deux couples de chaque série semblent très solides. Ensuite, l’auteure met en scène Shibuzawa Yutaka et Mibu Yukiya, un couple adepte d’échangisme. En outre, elle présente une facette un peu sombre de l’architecte. Ses personnages ne se retiennent donc pas pour parler crûment.

La mangaka utilise des traits fins légèrement épurés. Bien qu’elle a une approche plutôt réaliste, elle simplifie les lignes dans les scènes humoristiques. L’expressivité des visages suffit à comprendre ce qu’il se passe. Par exemple, on distingue facilement la gêne ou l’envie de Kôta à ses joues rougissantes et son regard. Les carrures sont assez masculines. Les décors permettent principalement de situer les actions. Kano sensei apporte un travail soigné sur les ombres et les trames d’ambiance. Les angles de vue variés jouent sur les plongées, contre-plongées, pleines pages et renforcent la dynamique de la mise en page. Ainsi, les positions des scènes érotiques ont un côté très sensuel. Malheureusement, la censure marquée par de grands aplats blancs occultant les parties intimes, les gâchent un peu. En fin de chapitre, des yonkoma illustrent les commentaires avec humour.

En résumé

Un soir, Motoharu se montre plus séducteur et classe que d’habitude envers Kôta. Le lendemain, il s’excuse platement. En effet, il était ivre et ne se rappelant de rien, il a peur d’avoir dépassé les limites de sa perversion. Mais son amant calme immédiatement l’imagination de l’architecte, lui dévoilant qu’il s’est simplement assoupi. Légèrement déçu, Maki espère alors profiter du voyage d’affaires avec la compagnie Matsumoto pour retenter l’expérience, espérant que l’ouvrier baisse sa garde.

En conclusion

Ôki Kôta ne se classe pas au Chill chill BL award 2018 mais les lecteurs le cite parmi les meilleurs uke séduisant, appréciant son côté tsundere. Le fantôme gay accro au sexe est un thème récurrent de l’auteure dans certains de ses recueils. Même si ce tome semble un peu décousu au premier abord, je suis heureuse de retrouver ce couple charmant. D’autres épreuves se profilent. J’ai donc hâte de lire la suite!

Punch up 4 – Kano Shiuko

punch up 4 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820306166
Asuka, 2013
ISBN: 9784862639103 (JP)
Libre, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Un couple qui se redécouvre petit à petit et se reconstruit.

Kano Shiuko sensei nous plonge dans un tome fort en émotions, offrant une conclusion à son récit. Elle privilégie d’abord la redécouverte des sentiments de ses personnages, le partage et la communication, alternant entre moments tendres et dramatiques. Elle présente ensuite de nouvelles facettes de ses personnages, provoquant même un peu de compassion pour Yûya. Ainsi, la relation entre Maki et Ôki prend une forme plus familiale. Les diverses épreuves et l’entourage bienveillant font évoluer le comportement des deux héros: Motoharu est plus prévenant et Kôta s’exprime plus facilement. L’ouvrier charpentier devient même narrateur à la fin du récit. L’auteure rend parfaitement la dissociation entre le jeune homme de 15 ans et celui de 19 ans: en effet, elle joue sur les flash-back, mais également sur l’innocence adolescente. En fin de volume, elle ajoute des histoires bonus humoristiques sur les fantasmes de Motoharu et la vie quotidienne du couple.

Les traits de la mangaka deviennent plus doux. Elle offre une panoplie d’expressions des visages, avec un travail détaillé ou des simplifications. Par exemple, les mimiques de Motoharu quand il est obsédé sont craquantes. De même, l’innocence de Kôta, amnésique, se voit graphiquement. Les trames d’ambiance alternent avec les décors cependant, ces derniers sont plus rares. La mise en page est à nouveau très dynamique, rythmant la lecture. Kano sensei joue sur les trames et l’absence de détails pour censurer les scènes érotiques. Elle présente, en fin de chapitre, les panneaux de vente qu’elle a composé pour l’installation dans les librairies. L’impression un peu sombre empêche d’apprécier pleinement les dégradés des trames. La version numérique disponible sur Izneo ne souffre pas de ce problème.

En résumé

Depuis son geste déplacé envers son amant amnésique redevenu adolescent, Maki redoute de succomber à ses pulsions et se plonge à fond dans son travail dormant même sur place. En discutant avec Wakui, Saiga et Fukazu, Ôki a l’impression que tout le monde attend qu’il retrouve la mémoire. Avec l’aide de Hisashi, Motoharu offre une console à Kôta. Devant la joie du garçon, il décide alors de prendre quelques jours de congés pour passer un peu de temps avec lui. A force de partager des moments et de discuter, le jeune homme s’ouvre peu à peu. Mais il commence à se laisser faire quand Maki fait des blagues indécentes, au point d’échanger un baiser…

En conclusion

En concluant l’aventure dramatique du tome précédent, l’auteure termine avec un couple plus solide et épanoui. Premièrement, j’apprécie que tous les personnages aient un profil travaillé. Même un personnage secondaire d’abord insupportable devient par la suite touchant, lorsque l’on découvre son histoire. Kano sensei a tout de même réussi à me faire apprécier le pervers Maki, alors que dans la réalité, je ne le supporterai pas! D’autre part, elle alterne avec justesse les moments érotiques et sérieux. Alors, n’hésitez pas à suivre cette belle romance. Ce titre a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2010. De plus, Motoharu a été classé deuxième meilleur seme, premier meilleur personnage pitoyable et Kôta deuxième meilleur uke et premier personnage brave.

Punch up 3 – Kano Shiuko

punch up 3 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820304988
Asuka, 2012
ISBN: 9784862637314 (JP)
Libre, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Un grave accident remet en cause les liens entre Kôta et Motoharu. Vont-ils se retrouver?

Dans ce troisième tome, Kano Shiuko sensei remet complètement en question la relation de son couple phare suite à un évènement dramatique. Elle se focalise d’abord sur leurs sentiments et leurs sensations et questionne leur avenir. L’amnésie qui plonge Kôta dans son adolescence permet de confronter un garçon pur et innocent au pervers Motoharu qui se trouve perdu. Cependant, ils vont reconstruire d’autres liens, plus sains, qui confortera leur amour grâce à la communication. D’ailleurs, l’architecte doit surpasser ses habitudes: prendre soin de quelqu’un et s’organiser du temps libre. De même, Kiyoto, le frère transsexuel de Kôta, apporte un regard extérieur sur le couple. L’histoire bonus comble le manque de passages érotiques en s’amusant sur un fantasme de Maki sur la masturbation. En fin de chapitre, l’auteure présente les drama CD de la série.

La mangaka arrondit légèrement le visage de Kôta. Elle se focalise sur les détails ou les regards. Les dégradés et trames d’ambiance accompagnent principalement les situations dramatiques ou légères. De même, la mise en page semble un peu plus sobre. Il y a moins de scènes érotiques. Mais la censure se fait par des points lumineux qui ne cachent presque rien.

En résumé

Maki Motoharu profite d’une réunion près du chantier d’Ôki Kôta pour rentrer en train avec lui. En effet, il va s’occuper de l’aménagement intérieur du futur restaurant de Fukazu Yûya et n’est donc pas rassuré. Depuis quelques temps, l’ouvrier s’inquiète du comportement de son amant: plus sérieux que d’habitude, ce dernier ne dit plus d’obscénités. Quand l’architecte lui demande des vidéos érotiques avant son départ en mission pour trois jours, il est d’abord rassuré. Mais il a la surprise de découvrir le lendemain que son petit ami tente de lui imposer des congés pour l’accompagner. En froid, le trentenaire part sans se réconcilier avec Kôta. En trouvant Yûya devant leur bâtiment le lendemain soir, le charpentier comprend alors les inquiétudes de son amant. Il fonce donc retrouver ce dernier. Mais la réaction étrange de Motoharu le trouble. Perdu dans ses pensées, le lendemain, Kôta fait une chute d’un échafaudage…

En conclusion

Kano sensei évite le mélodrame en alternant avec finesse les moments durs et les moments bienveillants entre ces deux amoureux. En confrontant la perversité habituelle de Motoharu à la jeunesse temporaire de Kôta, elle renforce le côté gênant des situations. C’est tellement amusant de voir le seme galérer un peu.

Punch up 2 – Kano Shiuko

punch up 2 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820304612
Asuka, 2012
ISBN: 9784862635389 (JP)
Libre, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Quand le passé entraîne des doutes difficiles à surpasser.

Kano Shiuko sensei propose des tranches de la vie de Kôta et Motoharu, en couple depuis six mois. Tandis qu’une certaine routine s’est installée, les deux amants commencent à douter de leurs sentiments tout en se découvrant. Cette inquiétude latente entraîne donc des changements de comportement. En effet, Ôki se montre plus entreprenant et Motoharu en profite pour imposer ses désirs déviants. L’auteure met clairement en avant le manque de confiance, les difficultés de communication au sein du couple, l’influence du passé de chacun mais également les changements qui s’opèrent peu à peu pour atteindre un certain équilibre. Ainsi, les compromis se font à deux. L’architecte participe un peu plus au foyer. L’ouvrier partage ses sentiments et s’ouvre également un peu plus aux autres. Un chapitre spécial conclut ce tome en présentant le passé de Kôta avec son premier petit ami Fukazu Yûya.

La mangaka a adouci les traits des visages. Elle simplifie les expressions dans les scènes humoristiques. Ses hommes ont des muscles fins harmonieux. Elle joue beaucoup sur les dégradés de gris avec les trames. Ainsi, les décors donnent une touche réaliste car ils sont très présents et permettent de se situer immédiatement. La mise en page guide le regard et impose le rythme de lecture. Afin d’éviter la censure, Kano sensei joue sur les cadrages ou les angles de vue dans les scènes érotiques. Ces dernières sont détaillées avec parfois une coupe intérieure. En fin de chapitre, des fiches personnages, une fiche métier et des yonkoma ajoutent une touche amusante. Par exemple, le fantasme de Maki sur les cotons-tiges est hilarant.

En résumé

Après leur shopping, Ôki Kôta retrouve Maki Motoharu dans un café en train de baver sur un magazine. Alors qu’il a acheté des produits pour la maison, l’architecte a préféré lui prendre des vêtements, lui réclamant un défilé. Cependant, à leur retour dans leur foyer, le jeune homme reçoit l’appel d’un ami de collège. Le lendemain, Maki trouve Saiga Katsutoshi, assez agressif, devant son bureau. Inquiet par les différences sociales et d’âge du couple, l’ami de Kôta est venu s’assurer des sentiments de l’architecte. Mais sa première impression est mauvaise, le trentenaire faisant mine de le draguer. Le soir, vexé par les cachoteries de son amant, le couple se dispute. Quand Saiga revient à la charge, Maki se confie alors sincèrement, ne sachant comment exprimer son amour à force de s’être fait larguer…

En conclusion

Maki Motoharu se classe troisième meilleur seme pitoyable au Chill chill BL award 2009. Je m’amuse à voir Kôta acculer son petit ami, ayant cerné ses goûts masculins. Et comme Motoharu ne se comporte pas de la même manière avec lui qu’avec ses autres conquêtes, le couple en devient touchant. L’auteure dépeint avec finesse la sensibilité de la formation d’un couple entre doutes et difficultés de communication et de compréhension. J’ai donc hâte de voir jusqu’où elle va nous mener!

Punch up 1 – Kano Shiuko

punch up 1 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820303363
Asuka, 2012
ISBN: 9784862630810 (JP)
Libre, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Une romance explosive entre un architecte immature et un ouvrier charpentier au sang chaud.

Kano Shiuko sensei met en scène un couple détonant où la différence d’âge apporte divers questionnements. Malgré ses 19 ans, Kôta a déjà un corps musclé par le travail même s’il est encore imberbe. Motoharu, malgré ses 31 ans, a un comportement parfois immature et des goûts de pervers. Bien que le couple file le parfait amour sur le plan sexuel, les deux hommes ne sont pas encore sûrs de leurs sentiments: la jalousie et le doute entravent la communication au sein du couple. D’autant plus que le frivole architecte continue à admirer les hommes à son goût. De plus, il a tendance à traiter Ôki comme une poupée, se montrant égoïste et parfois brutal. Justement, l’auteure se concentre principalement sur l’évolution des sentiments des personnages, les accompagnant avec des confidents, Hishiya Shinobu et Wakui Hisashi, ou les mettant à l’épreuve en introduisant d’anciennes conquêtes. En bonus, elle narre une aventure sexy avec les protagonistes de P.B.B..

Le style graphique particulier de la mangaka est facilement reconnaissable. Les visages sont ovales avec des mentons longs et pointus et des yeux effilés. Les personnages ont des carrures masculines. Kano sensei exagère certaines expressions, donnant une touche humoristique. Par exemple, le visage déformé par les larmes de Motoharu est hilarant. Les décors détaillés alternent avec les trames d’ambiance. Les angles de vue sont recherchés. De même, la mise en page dynamique joue sur les emboîtements et des vignettes de formes variées. Les illustrations de début de chapitre mettent en scène le couple. Des yonkoma en fin de chapitre ou de tome apportent des anecdotes humoristiques sur la perversité de Motoharu. Le travail des trames permet d’éviter la censure lors des scènes érotiques, assez nombreuses.

En résumé

Sur un chantier, le brillant architecte Maki Motoharu tente de s’interposer dans une bagarre entre un électricien et un ouvrier charpentier mais se prend un coup. Remarquant son chat disparu depuis une semaine dans les bras de Hishiya Shinobu, il apprend que l’animal a été recueilli par le charpentier au sang chaud qui l’a frappé. Ôki Kôta a même perdu son logement à cause du félin. Bon prince, l’architecte lui propose alors de l’héberger temporairement. Mais leur cohabitation reste houleuse. En effet, le frivole Motoharu néglige plutôt l’entretien de son appartement. Kôta, au contraire, refuse de dépendre de quelqu’un et se retrouve donc à s’occuper des tâches ménagères. Les surprenant en train de faire les courses, le petit copain de Kôta fait un scandale l’obligeant à le suivre. Motoharu réalise alors que le jeune ouvrier lui manque plus qu’il ne croyait. Alors quand Katayuki lui propose de lui rendre Kôta contre une somme d’argent, il n’hésite pas!

En conclusion

J’adore Kano Shiuko sensei! Son style graphique ne plaira pas à tout le monde, mais il est très expressif. Elle joue beaucoup sur les nuances de gris, malheureusement l’édition française sombre un peu trop les pages, perdant les subtils dégradés. Cette auteure s’intéresse beaucoup à des milieux sociaux peu représentés dans les BL et n’hésite pas à se renseigner sur le terrain. De plus, elle allie à la fois côté sexy et sentiments. Par ailleurs, les personnages de ses différentes séries s’entrecroisent. Je ne peux donc que vous recommander cette romance explosive qui vous fera rire et pleurer et vous fera réfléchir sur le couple et la vie à deux.