La concession d’un oméga brisé – Enuoka Yochi

la concession d un omega brise enuoka yochi
ENUOKA Yochi エヌオカヨチ
ISBN: 9782382761397
Hana, 2022
ISBN: 9784865548181 (JP)
Overlap, 2021 (JP)
Titre original: キスは番にひざまずく
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Les sentiments que ressent Iori sont-ils le fait de l’amour, du destin ou bien de ses pulsions? »

Enuoka Yochi sensei propose une romance omegaverse questionnant sur la place des sentiments dans un lien entre âmes sœurs. Elle confronte l’instinct et l’influence des phéromones à l’amour qui se construit en parallèle de la confiance. Elle base principalement la narration du point de vue de Tachibana mais donne parfois celui de Mitsugi. Le lecteur accompagne Iori dans sa découverte du passé dramatique de Léo ainsi que de sa condition particulière. D’ailleurs, l’alpha, naïf mais persévérant, s’impose petit à petit tout en se remettant en question. L’oméga, quant à lui, refuse de se soumettre au destin suite à son traumatisme d’enfance. L’auteure apporte des touches humoristiques avec les enfants malicieux et mignons de l’orphelinat. De même, elle met en avant le soutien des amis entourant les deux héros. D’ailleurs, elle transcrit avec finesse la souffrance de Kakegawa Chitose, impuissant face au désespoir de son ami cher.

La mangaka a un trait fin, anguleux et légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à représenter les personnages en SD. Par contre, elle travaille beaucoup les détails: les cheveux sont méchés et les yeux très expressifs. De même, les protagonistes, bien que sveltes, sont finement musclés. Ainsi, même les amis des héros offrent une galerie de beaux et mignons garçons. Les décors s’estompent autour des personnages. Les trames sont variées et les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les angles de vue. Par ailleurs, Enuoka sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

En croisant l’oméga Mitsugi Léo durant la pause déjeuner, l’alpha Tachibana Iori croit reconnaître en lui son âme sœur. Mais l’oméga le rejette violemment. Les amis de Iori l’avertissent alors que ce dernier, surnommé le « bouffeur d’alphas », fait payer ses faveurs sexuelles chaque soir après les cours. Ne pouvant y croire, Iori se rend dans la salle de classe des rendez-vous. Mais excité par les phéromones de Léo, il perd à la fois ses mots et le contrôle puis finit par coucher avec lui. L’oméga continue pourtant à le rejeter par la suite. Toutefois, l’alpha a décidé de toujours aimer son âme sœur…

En conclusion

Ce one-shot obtient la quatrième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2022. Le tome épais permet de bien développer la romance et les liens entre les personnages. D’ailleurs, j’apprécie particulièrement la candeur agréable de Iori et ses interactions avec les enfants. Et puis, pour une fois, c’est un alpha qui n’est pas issu de la haute société. Une très belle histoire d’amour entraînante bien que classique.

Boy meets Maria – PEYO

boy meets maria peyo
PEYO
ISBN: 9782375063255
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784829686133 (JP)
Printemps, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« S’il te plaît, soit l’héroïne de ma vie. »

PEYO sensei propose une romance à la fois dramatique et débordante de tendresse. Elle dépeint avec précision les émotions de l’adolescence ainsi que l’évolution des deux héros vers l’âge adulte. Par ailleurs, elle aborde un thème plutôt rare dans le BL: la non-binarité. En effet, Arima ressent une dysphorie de genre suite à plusieurs traumatismes. Il est instable et a donc tendance à s’isoler. Sous son air confiant, Taiga cache également des souvenirs blessants. Il reste superficiel dans ses relations. Les deux adolescents vont alors apprendre à se connaître, à s’apprécier mutuellement. L’auteure maintient le suspense au fil des chapitres en révélant petit à petit le passé des personnages qui s’entremêle. Elle aborde l’amitié et l’amour, la construction de l’identité sexuelle. Elle joue sur l’excès de positivisme de Taiga pour ajouter des touches d’humour. L’histoire bonus en fin de tome s’amuse de la maladresse innocente du couple.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle utilise des métaphores graphiques, dessinant quelques planches poétiques où l’imagination se mêle au réel. Les décors, soignés, apparaissent dans les plans larges. Par ailleurs, les trames sont nombreuses et variées. En revanche, les trames d’ambiance sont très discrètes et plutôt rares. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique utilise des sorties de case, des angles de vue originaux, le découpage précis de certains passages. D’ailleurs, PEYO sensei a son propre style, qui apporte une touche rafraichissante. Elle évite de détailler les scènes érotiques, ne montrant pas les parties intimes.

En résumé

Depuis tout petit, Hirosawa Taiga (15 ans) rêve de devenir un super héros qui protège les femmes. Maintenant au lycée, il souhaite intégrer le club de théâtre, poursuivant son rêve en devenant le plus grand acteur du Japon. Mais sa trop grande confiance en lui inquiète ses deux amis: Fukumaru qui le connaît depuis le collège et Tetsu, rencontré récemment. En plus, ils se retrouvent souvent mêlés aux délires de leur ami. Durant une représentation du club de théâtre, Taiga a le coup de foudre pour la belle danseuse Maria. Il l’attend déjà à la fin du spectacle pour lui déclarer sa flamme. Bien que surpris par sa voix masculine, il persévère et refuse de croire le président du club de théâtre qui lui révèle pourtant que Maria est en réalité un garçon qui s’appelle Arima Yû…

En conclusion

Ce one-shot obtient la huitième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2019. Malgré le traitement réservé de PEYO sensei pour ménager les lecteurs, il comporte quelques scènes pouvant choquer les plus sensibles (viol sur mineur). Ce petit bijou, intense en émotions, est à la fois doux et violent, navigant entre humour et drame. De même, le graphisme très expressif permet de comprendre immédiatement les émotions des personnages. J’ai été ébranlée par cette romance prenante et passionnante. Un énorme coup de cœur à découvrir!

Ze 6 – Shimizu Yuki

ze 6 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805299
Taifu comics, 2011
ISBN:‎ 9784403661891 (JP)
Shishokan, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Tu vivras toute ta vie avec la douleur des remords. »

Shimizu Yuki sensei conclut l’histoire mouvementée de Moriya et Ryûsei. Elle bouleverse un peu le schéma narratif habituel grâce à un kami qui prend des initiatives et n’obéit pas facilement à son maître kotodama. Ainsi Moriya agit par amour et devient légèrement sadique envers Ryûsei pour satisfaire ses propres désirs. En effet, Kitamura, rongé par les remords, a un comportement suicidaire et ne peut surmonter son traumatisme que par lui-même. A travers l’affaire de Moriyama, l’auteure met en avant la violence qui appelle la violence et l’utilité du kotodama face aux injustices. Elle offre un chapitre amusant avec l’évolution de la relation entre Kon et Shichikawa Raizô. De même, elle introduit les aventures du couple suivant, Mitô Kotoha et Konoe, avec la question de la responsabilité d’un adulte « dépravé » dans l’éducation d’un enfant. L’histoire bonus permet de découvrir enfin la position de Moriya et Ryûsei dans le couple.

La mangaka simplifie son trait anguleux et épuré dans les passages humoristiques. Elle transforme même Raizô en adorable wanko. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions, utilisant parfois des pois, des cœurs ou des fleurs. Les décors apparaissent dès que le cadrage s’élargit. La mise en page est dynamique. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. A la fin du chapitre « Lune de miel pour de faux », elle donne deux anecdotes sur Raizô grâce à des yonkoma. Comme dans le tome précédent, elle présente les personnages importants au début du volume.

En résumé

Alors que Kitamura Ryûsei prend un peu de plaisir avec Moriya, il reçoit l’appel de son ami Takewaki Kazuo. Son petit frère Yôji n’est pas rentré. Pourtant, Ryûsei l’a laissé devant la supérette près de son domicile. Peu après l’appel, l’enfant a été retrouvé inconscient après avoir été battu et est emmené à l’hôpital. Trois jours après, il est toujours dans le coma. Depuis, Ryûsei culpabilise, se nourrissant à peine et dormant peu. Moriya remplace Take à son travail mais se sent impuissant face à son maître qui ne le regarde même pas et se laisse dépérir. Mais un jour, il lui demande si il peut soigner quelqu’un d’autre que son maître kotodama. De son côté, Takewaki entend par hasard des lycéens parler d’un certain Moriyama qui se vanterait d’être l’auteur de cette affaire…

En conclusion

Beaucoup d’émotions dans ce tome! J’aime beaucoup le caractère de Moriya, qui paraît si coincé, et qui contraste avec la vulgarité de Ryûsei. De même, Raizô continue à se montrer très prévenant avec son petit ami, apportant réellement de la douceur et un esprit d’ouverture dans cet univers fantastique.

Ze 5 – Shimizu Yuki

ze 5 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805060
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403661723 (JP)
Shinshokan, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Me voilà obligé de supplier à genoux ce rustre grossier et obscène…! »

Shimizu Yuki sensei présente un nouveau couple qui a développé un lien forgé par leur volonté commune. Elle utilise les méconnaissances de Ryûsei pour apporter des détails sur les fonctions des kamis. Par ailleurs, elle base la narration principalement sur le point de vue de Moriya. Le kami, qui a connu une mauvaise expérience avec son ancien maître, s’attache à la vie et ne supporte pas la hiérarchie qui existe entre humain et kami. Au contact de Ryûsei, il découvre donc petit à petit les qualités cachées de son nouveau maître derrière ses défauts. En plus, il s’éveille peu à peu aux sentiments en travaillant comme un humain. L’auteure met en avant l’emprise de la famille Mitô, même sur un enfant illégitime. Elle maintient un certain suspense en révélant peu à peu le passé traumatisant de Ryûsei. Par ailleurs, elle alterne entre ton sérieux et touche d’humour.

Avec son trait anguleux et épuré, la mangaka a un style immédiatement reconnaissable. Elle dessine des lèvres pulpeuses et des yeux effilés. Comparé au tome précédent, elle varie énormément les trames, pour travailler surtout les ombres car les scènes se déroulent souvent la nuit. De même, les flash-back sont encore bien intégrés. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, Shimizu sensei compense le manque de scènes érotiques avec l’histoire bonus sur Genma et Himi. Elle cache les parties intimes grâce aux cadrages et aux angles de vue. Elle présente les personnages dans des fiches en début de tome.

En résumé

L’entretien étant annulé, Kitamura Ryûsei et Moriya se retrouvent à enterrer des preuves sur un chantier sur ordre de Yashiro Genma. Pendant que Moriya s’absente pour récupérer les cigarettes de son maître, Ryûsei se fait agresser. De retour, le kami le retrouve ensanglanté et l’embrasse langoureusement pour le soigner. En effet, son maître refuse catégoriquement d’utiliser son kotodama. Moriya se rappelle alors des circonstances de leur rencontre. A la mort de son premier maître kotodama, il ne voulait pas redevenir une page blanche. Et Waki lui a alors donné une chance unique: persuader un des rejetons Mitô qui a vécu à l’écart du clan, de le prendre. Mais Ryûsei est vulgaire, immoral et couche avec n’importe qui…

En conclusion

Suite au succès de la série, l’auteure annonce dans sa postface son adaptation en drama CD. J’adore le couple formé par Moriya et Ryûsei. Je trouve leur relation magnifique. De même, j’aime l’évolution de Moriya qui s’attache à ce gamin blessé. Comme ils se provoquent mutuellement, il est difficile de déterminer qui dominera qui.

Take over zone 2 – Minase Masara

take over zone 2 minase masara
MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351806876
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784199604515 (JP)
Tokuma shoten, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je trouve ça génial de courir en équipe! »

Minase Masara sensei continue à développer la relation amoureuse entre Hashimoto et Konno. Elle sème quelques difficultés à surmonter, comme l’entrainement intensif ou des triangles amoureux. Elle s’intéresse au manque de communication, à l’installation du doute dans un jeune couple. Bien que Mizuki ait surmonté son traumatisme, sa peur surgit selon certaines circonstances. En se confiant petit à petit, il permettra à son entourage de s’adapter et de le soutenir. Par ailleurs, l’auteure montre l’influence du moral sur la concentration et les résultats sportifs. Elle met surtout en avant l’importance de la cohésion de l’équipe dans le relais. Comme dans le tome précédent, l’histoire bonus offre une anecdote amusante sur les personnages secondaires: Yamauchi fait les frais de l’enthousiasme d’Ogasawara.

La mangaka a un trait léché, anguleux et épuré. Elle dessine des personnages sveltes. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les passages humoristiques, aplatissant ses longs mentons. Les décors situent principalement l’action. De même, les trames servent surtout à colorer ou à indiquer les contre-jours. Toutefois, les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page est dynamique, en particulier dans les séquences de sport, avec des angles de vue très variés. Dans les scènes érotiques, Minase sensei évite de montrer les parties intimes en jouant sur les cadrages. Par ailleurs, elle représente des scènes de camaraderie dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Après les qualifications pour le tournoi, Hashimoto Mizuki, fiévreux, se lie corps et âme avec Konno Eishi, surmontant sa peur. Son partenaire d’abord hésitant, reste à son écoute. Depuis le rapprochement des deux amoureux, Yamauchi et Ogasawara se sentent alors un peu délaissés. Pour préparer le tournoi du Kantô, le club d’athlétisme ira en camp d’entraînement avec l’université Hakuhô, profitant au passage de leur équipement ainsi que des conseils de leur coach spécialisé. Mais parmi les étudiants, Nashida se montre très familier avec Konno. Mizuki a donc du mal à contenir son inquiétude.

En conclusion

L’alternance entre romance et sport donne un ton particulier à ce BL. Une lecture agréable et distrayante procurant de belles émotions!

Take over zone 1 – Minase Masara

take over zone 1 minase masara
MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351806722
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784199604171 (JP)
Tokuma shoten, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Surmonter un traumatisme grâce à la passion et l’amour.

Minase Masara sensei offre une romance dans le milieu sportif scolaire. Elle intègre la possible formation d’autres couples autour des deux héros. Elle développe également des personnalités intéressantes. Par exemple, Yamauchi est à la fois manipulateur et bienveillant. Les entrainements intensifient les sentiments entre rivalité, admiration, attirance. De même, les quelques explications sur les spécificités de l’athlétisme apportent un plus à l’histoire. Ainsi, l’auteure utilise les ficelles classiques du récit sportif: le surpassement de soi, l’esprit d’équipe. A travers Mizuki, elle montre l’influence, sur les sportifs en devenir, d’une ambiance différente entre une équipe soudée, bienveillante et une équipe privilégiant les performances entrainant l’isolement. Par ailleurs, elle aborde la difficulté à se reconstruire après un traumatisme. L’histoire bonus apporte une anecdote amusante sur les autres membres de l’équipe.

La mangaka a un trait léché et anguleux. Elle dessine des mentons longs et proéminents. Elle varie les angles de vue, surtout dans les illustrations en début de chapitre. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors sont présents. Par contre, les lignes d’action restent discrètes. La mise en page est dynamique. Pour l’instant, Minase sensei ne détaille pas les scènes érotiques. Elle reste même pudique sur les attouchements qui apparaissent en flash-back.

En résumé

En cours de sport, Hashimoto Mizuki se fait remarquer par un bon chrono au 100 mètres. Sentant qu’il cache ses capacités, le professeur Wada lui demande alors de refaire une course avec Ogasawara, membre du club d’athlétisme. Mais le lycéen bat l’athlète sans difficulté. Depuis, Ogasawara essaie de le recruter dans le club. Wada, responsable du club d’athlétisme, et le capitaine du club Takashima, tentent également de le convaincre. Sur le terrain, Mizuki semble reconnaître Konno Eishi qui s’entraine au saut en hauteur. Effectivement, il pratiquait le sprint au collège et avait même participé à un tournoi national mais il a arrêté brusquement. Le taquin Yamauchi lance alors un défi au nouveau: si il bat Konno, il intègrera le club. Pourtant, frustré d’avoir perdu, Mizuki ne peut s’empêcher de provoquer à nouveau son adversaire…

En conclusion

Je trouve Mizuki trop adorable dans ses réactions. Minase sensei reste pudique dans le traitement du traumatisme mais rend parfaitement le malaise ressenti. Les BL en milieu sportif étant rares, c’est une lecture appréciable d’autant plus que l’aspect sportif prime sur la romance.

L’oiseau de Shangri-la 2 – Zariya Ranmaru

l oiseau de shangri la 2 zariya ranmaru
ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782382760475
Hana, 2021
ISBN: 9784829686430 (JP)
Printemps shuppan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Apollon et Fee se rapprochent petit à petit.

Zariya Ranmaru sensei continue à développer l’univers de Shangri-la en révélant ses côtés sombres. Elle met en avant la position précaire de l’établissement qui dépend des décisions politiques du continent. De même, des intrigues supplémentaires égratignent l’image idéale de la luxueuse maison close, établie dans le premier tome. D’abord, le comportement de certains clients en extérieur limite la liberté des oiseaux. Ensuite, le lourd passé de Fee, qui remonte à la surface, installe une certaine tension. La relation entre l’étalon et son oiseau évolue petit à petit, le prostitué faisant de plus en plus confiance à Apollon. L’auteure dépeint parfaitement la psychologie de ses personnages, en particulier le changement de comportement de Fee. Elle interroge également sur la vision de l’amour, confrontant les idées préconçues d’Apollon au vécu de Fee ou même du couple formé par Lloyd et Jean.

La mangaka privilégie le réalisme de son graphisme. Ainsi, elle épure à peine son trait plutôt léché. Elle dessine des corps sculpturaux. Par ailleurs, les trames très variées rendent le moindre détail des ombres, des variations de teintes. Même les trames d’ambiance s’intègrent discrètement et se font rares. En plus, les décors très précis exploitent pleinement les grandes vignettes, ajoutant encore une touche réaliste. La mise en page est dynamique. Zariya sensei offre des scènes érotiques débordant de sensualité. Elle joue sur les angles de vue, les positions ainsi que les objets du décor pour cacher les organes génitaux.

En résumé

Le patron de Shangri-la rappelle à Apollon les principes de son établissement sous forme de conte, insistant sur l’obligation de respecter les règles pour conserver ce paradis. Plus tard, l’étalon accompagne au ferry son ami Douglas. Ce dernier lui demande alors de faire des efforts pour mieux s’intégrer et surtout s’entendre avec Fee qui se serait attaché à lui. Le soir, troublé par ces paroles, Apollon a du mal à se concentrer sur la préparation de son oiseau, d’autant plus que ce dernier s’amuse à le provoquer. Le lendemain matin, Fee est brusquement réveillé par un cauchemar du passé. Et quand Apollon se réveille plus tard dans la matinée, il trouve alors le prostitué endormi dans son lit…

En conclusion

Ce tome obtient la neuvième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Apollon est classé dix-septième meilleur seme et Fee dixième meilleur uke. L’auteure nous offre un récit vraiment prenant, au graphisme de toute beauté et avec des personnages attachants. Après avoir émerveillé le lecteur, elle détruit ses illusions petit à petit, installant des tensions pour la suite. J’adore Carna, avec son côté très observateur et protecteur. De même, j’apprécie l’ouverture d’esprit d’Apollon qui accepte de se remettre en question en réalisant sa vision étroite de l’amour. Je recommande donc chaudement cette série qui, par son thème et son approche, peut plaire à un large public adulte.

Gift 3 Le ciel rouge pâle, la spirale sinueuse, le rivage rougeoyant – Ichinose Yuma

gift 3 ichinose yuma
ICHINOSE Yuma 一ノ瀬ゆま
ISBN: 9782368776711
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784344843585 (JP)
Gentosha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Si Kei a voulu mourir, c’est parce qu’il a été abandonné. »

Ichinose Yuma sensei offre un final mouvementé, continuant à révéler quelques secrets et à maintenir le suspense jusqu’au bout. Elle s’intéresse d’abord au rétablissement de Kei et détaille le processus de son changement. Ainsi, Shiraishi s’ouvre peu à peu à l’amour, redécouvre les émotions et les sentiments, soutenu par son nouvel entourage, sa nouvelle famille. Il trouve alors un équilibre petit à petit jusqu’à réussir à exprimer par lui-même ses désirs et envies. L’auteure montre aussi bien son évolution extérieure qu’intérieure. Par ailleurs, elle s’intéresse à la différence entre monde professionnel et amateur dans la boxe. A travers Hirota Yasushi, elle met en avant les difficultés et hésitations d’un ancien boxeur champion du monde à retrouver motivation et projet professionnel. De même, Yutaka s’affirme un peu plus.

La mangaka a un trait fin léché avec une petite touche réaliste. Elle simplifie ses traits dans les rares passages humoristiques. Elle privilégie le jeu de contraste clair et sombre, même dans le choix de ses trames. Comme dans le tome précédent, l’inconscient de Kei prend la forme d’une salle de jeu vidéo avec plusieurs personnalités aux sentiments différents qui se confrontent, évoluent et prennent des décisions. Les décors soignés sont présents dans les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Ichinose sensei cache les parties intimes grâce aux choix des angles de vue et des cadrages. Elle représente la fin de son récit comme un générique de film, avec quelques extraits montrant ce que sont devenus les personnages par la suite.

En résumé

En échange de l’arrêt du projet de destruction du club de boxe Mikoshiba, Shiraishi Kei accepte d’être poignardé, espérant faire plaisir à Yutaka. Malgré ses blessures, il veut absolument se rendre à son rendez-vous avec son petit ami sous le pont de Misegawa. Cela provoque alors l’hilarité de Che Sebom car le jeune homme ne comprend pas l’amour. Il demande donc à Sensei, 8 et Kô d’accompagner Kei. Quand Yutaka trouve son amant ensanglanté, le poignard encore dans le ventre, il tente désespérément d’appeler les secours. Mais Miké a infecté le numéro d’urgence avec un virus. En effet, il accompagne le docteur Daitômiya en hélicoptère. Sous le pont, Yutaka appelle au secours, en vain…

En conclusion

Ce tome obtient la vingtième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2019. Il est une ode à l’amour et à la joie de vivre tout simplement. L’auteure arrive à insuffler un style particulier à sa narration et à transmettre les émotions de ses personnages. En plus, les personnages sont attachants, même les plus vils. J’avais l’impression d’être sur un ring, dans un match de boxe, avec les informations qui viennent donner des coups pour me happer dans les aventures de Kei et Yutaka. Un titre à ne pas rater!

Gift 2 Les liens écarlates, le lieu promis, la croix espérée – Ichinose Yuma

gift 2 ichinose yuma
ICHINOSE Yuma 一ノ瀬ゆま
ISBN: 9782368776490
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784344839205 (JP)
Gentosha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je te donnerai tout ce dont tu auras envie… »

Ichinose Yuma sensei révèle le passé de Kei ainsi que l’environnement dans lequel il vivait. Elle aborde l’influence psychologique des sectes, mettant en avant les méthodes du manipulateur Che Sebom sur les personnes instables. D’ailleurs, elle détaille particulièrement les liens particuliers qu’il tisse avec son entourage pour mener son organisation criminelle. Par ailleurs, l’auteure interroge sur la notion de famille et d’amour quand la violence, la haine et la folie dominent. Elle installe un rythme narratif particulier, baladant le lecteur entre Kei et Yutaka. Elle montre les différentes expressions de la noirceur humaine dans ces deux milieux et la difficulté de l’innocent à y survivre ou à garder ses principes. Sous l’emprise de son frère Kô, Kei se comporte comme une poupée vide de sentiments mais son attachement à Yutaka lui permet d’exprimer un peu sa volonté. Il a développé une certaine dépendance envers son amant.

La mangaka a un trait léché plutôt réaliste. Elle porte attention au regard terne de Kei qui ne s’illumine qu’à l’évocation de Yutaka. Elle continue à représenter les différentes émotions du jeune homme sous la forme d’enfants. Étonnamment, l’affection a un aspect démoniaque. Comparé au tome précédent, les trames choisies sont un peu plus sombres, accompagnant l’ambiance générale du récit. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique, avec des angles de vue parfois recherchés. L’agencement des scènes accompagne un rythme de narration, avec une alternance entre les actions ou les réflexions de Kei et celles de Yutaka, donnant l’impression d’une réponse en résonance. Dans les scènes érotiques, Ichinose sensei ne montre pas les détails en jouant sur le cadrage et les angles de vue. Elle garde également une certaine réserve dans les scènes violentes, restant plutôt dans la suggestion.

En résumé

Durant son premier match, Shiraishi Kei se retrouve en difficulté. En effet, ses douloureux souvenirs affluent et le perturbent. En plus, il craint plus que tout d’être rejeté par son amant Mikoshiba Yutaka, s’il perd. Au salon de thé Ichiume, Hikita, un collègue de Honda Tomoya, déteste les sportifs et fait part de ses soupçons d’une relation homosexuelle entre le jeune boxeur et son entraineur. Intrigué depuis par ces propos, Tomoya ne cesse d’espionner Yutaka et Kei. Comme Shiraishi a accepté de participer à un tournoi national, il suit un entrainement éprouvant accompagné d’un régime. Mais durant le match, il s’effondre dans en état de faiblesse. En effet, à cause du stress et la peur de perdre Yutaka, le jeune espoir vomit tout ce qu’il avale. Pour le rassurer, l’entraineur lui avoue son amour. Mais alors qu’ils étaient en pleins ébats, Tomoya les surprend et vire Kei du dortoir…

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. Un tome sombre qui nous plonge dans les vices humains les plus abjects. Malgré la précaution de l’auteure pour atténuer la violence de son propos, certaines personnes pourront être choquées par certains passages. Mais je n’ai qu’une envie, c’est que cette histoire se termine bien et que Kei trouve enfin le bonheur.

Gift 1 La bête blanche ne voit rien et n’entend rien – Ichinose Yuma

gift 1 ichinose yuma
ICHINOSE Yuma 一ノ瀬ゆま
ISBN: 9782368776308
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784344834798 (JP)
Gentosha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Une bête triste en manque d’amour avec une âme d’enfant. »

Ichinose Yuma sensei plonge ses lecteurs dans une romance dramatique remplie de suspense. Elle alterne la narration entre Yutaka et Kei. Ainsi, elle présente comme un puzzle à reconstruire les souvenirs d’enfance de Shiraishi, abordant indirectement le traumatisme, l’inceste, la prostitution enfantine et la violence. Le jeune homme a développé des personnalités intérieures qui se confrontent dans son esprit selon les situations. De même, il a acquis un chemin de réflexion particulier, prenant la vie comme un jeu vidéo. Il apparaît alors comme une poupée vide sans libre arbitre réagissant uniquement à ses émotions. Sa froideur et son insensibilité commencent à faillir au contact de l’affection de Yutaka. L’entraineur s’attache vite au jeune homme, intrigué par son côté parfois innocent. L’auteure s’attarde un peu sur l’univers de la boxe, s’intéressant par exemple au transfert des champions entre clubs ou au quotidien des sportifs.

La mangaka a un trait fin et léché plutôt réaliste. Elle rend parfaitement les petits changements sur le visage impassible de Kei en jouant sur de petits détails comme l’écarquillement des yeux. De même, elle représente les souvenirs de Kei de manière un peu fantastique, comme le déroulement d’un jeu vidéo, avec ses émotions qui prennent différentes formes de Kei enfant, au commande de ce jeu. Ces souvenirs sont facilement repérables par leur fond noir. Les lignes d’actions, en phase avec les mouvements, ne brouillent pas les images. Les décors, parfois minimalistes, situent principalement l’action. Les trames d’ambiance sont plutôt rares et discrètes. Ichinose sensei privilégie les contrastes blanc et noir. Sa mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes en cachant les détails et en jouant sur les angles de vue.

En résumé

L’entraineur de boxe Mikoshiba Yutaka (23 ans) cache son homosexualité à son père, un ancien boxeur champion. Mais son petit ami actuel, Kamijô Shinichi, lui met la pression pour faire son coming out. Un jour, alors que ce dernier essayait de le forcer à l’embrasser dans une ruelle, ils sont interrompus par une bagarre. Yutaka remarque alors le talent d’un jeune délinquant aux cheveux blancs et lui propose de rejoindre son club. Shiraishi Kei (19 ans) fait d’abord bonne figure durant l’initiation au gymnase. Mais une fois dans le dortoir, il avoue ensuite à Mikoshiba vouloir seulement profiter du logis jusqu’à sa majorité, en échange de son silence sur son homosexualité. Comme son chantage ne fonctionne pas, il finit par le violer…

En conclusion

Certaines scènes pourront heurter la sensibilité des lecteurs même si l’auteure essaie de suggérer le drame sans trop en montrer. Ce tome obtient la septième place du meilleur manga original au Chill chill BL award 2016. La mangaka dépeint avec finesse et de manière métaphorique les différentes émotions que ressent Kei. Son style narratif oblige le lecteur à réfléchir et reconstruire ce qu’il découvre au fil de sa lecture pour analyser et comprendre Shiraishi. Je trouve que cette méthode est très efficace, provoquant beaucoup d’émotions.