Sleeping on the paper ship 1 – Yatsuda Teki

Couverture de Sleeping on the paper ship 1 de Yatsuda Teki, éditions Taifu

YATSUDA Teki 八田てき
ISBN: 9782375065198
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784829686881 (JP)
France shoin, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« J’étais définitivement possédé par ce dieu de la mort. »

Yatsuda Teki sensei mêle réalité et fiction, incluant également des évènements historiques à son récit. Elle brouille volontairement la première impression des lecteurs sur les personnages en dévoilant des facettes différentes au fil du récit, oscillant entre imagination ou folie. La narration alterne entre les deux héros, présentant deux visions différentes entre des survivants de catastrophe. En effet, Kei, hanté par son passé, trouve une certaine libération à travers l’écriture. Yôichi quant à lui manque cruellement de confiance en lui et a l’impression d’être une coquille vide. Malgré une attirance réciproque, le destin semble s’acharner sur les deux amants qui n’arrivent pas à avancer. Ainsi, l’autrice aborde la culpabilité du survivant, la difficulté à dépasser un traumatisme, le sentiment d’impuissance et de déconnexion dans un monde qui avance à un autre rythme. Elle interroge sur la manipulation, la malédiction, la différence entre amour et admiration.

La mangaka a un trait à peine épuré, plutôt fin et détaillé, presque réaliste. Elle le renforce par des décors soignés très présents, inspirés de photographies. Ainsi, elle utilise beaucoup de trames pour rendre les détails des ombres et des couleurs. Néanmoins, son style se simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, les trames d’ambiance, parfois graphiques, appuient les émotions. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Les illustrations en début de chapitre dégagent un aspect poétique avec les personnage qui posent. Yatsuda sensei rend parfaitement l’ambiance, le style vestimentaire et les décors des différentes époques. Elle représente de manière métaphorique la mort qui accompagne parfois Kei. Dans les scènes érotiques, elle ne montre pas les parties intimes, jouant sur les cadrages et les angles de vue. Sous la jaquette, il y a une histoire à lire à la fin des deux tomes.

En résumé

Après avoir survécu à un accident durant l’enfance, Kitahara Kei écrit frénétiquement, comme possédé par le dieu de la mort. Toutefois, tous ceux dont il s’inspire dans ses scénarios, meurent dans d’étranges circonstances. Persuadé de devenir fou, il refuse depuis d’écrire et noie ses soucis dans l’alcool. Un soir, alors qu’il est frappé par des soldats américains, il est recueilli par Mikami Yôichi, photographe.

En conclusion

Yatsuda Teki sensei ancre d’abord son récit dans la réalité avant de perturber le lecteur en semant différents indices au fil de son récit, interrogeant sur la folie ou non de Kei. Elle crée ainsi tension et suspense. Son graphisme aux traits plutôt réalistes renforce l’immersion dans le récit. Toutefois, certains passages semblent confus ou trop expéditifs mais cela ne dérange en rien la compréhension générale. Hâte de découvrir la suite!

Lullaby of the dawn 5 – Yuno Ichika

Couverture de Lullaby of the dawn 5 de Yuno Ichika, éditions Taifu

YUNO Ichika ユノイチカ
ISBN: 9782375065112
Taifu comics, 2025
ISBN: ‎9784910526461 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« S’il n’est plus que l’eau noire… S’il me le confirme… Je n’aurai pas d’autres choix que de le tuer. »

Yuno Ichika sensei dévoile enfin comment le système d’exploitation des chamans s’est établi au fil des ans. Comme dans le tome précédent, elle dénonce les côtés très sombres du pouvoir, analysant encore les différents comportements humains ainsi que les effets de foule et la désignation d’un bouc émissaire. Elva se retrouve tiraillé entre son devoir et le doute provoqué par des souvenirs traumatisants, révélés par brides. La spécificité de Mikaël, en plein conflit intérieur, permet de mieux comprendre le fonctionnement de l’eau noire. Les actions du chaman chamboulent complètement la hiérarchie établie de l’île. Ainsi, à travers le regard des chamans du passé et du présent, l’autrice aborde la violence, l’avidité et la perversité humaine, exacerbées par les conflits. Elle confronte les chamans à leur résignation et un sentiment naissant de révolte, partageant leurs réflexions, leurs attentes. L’histoire bonus apporte un peu de tendresse et de légèreté.

La mangaka a un trait léché et fin, légèrement épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont très variées. Les décors alternent avec les trames d’ambiance qui jouent beaucoup sur les clairs-obscurs. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page très dynamique utilise des sorties de vignettes, l’absence de cadre et des formes selon le contenu. Comme indiqué dans l’avertissement du sommaire, il y a des scènes de violence sexuelle sur mineur. Néanmoins, Ichika sensei ne montre pas les parties intimes, préférant cadrer de loin. Ainsi, elle s’attarde plutôt sur la souffrance des victimes. En début de tome, elle présente les personnages.

En résumé

Depuis qu’Arnór a découvert ses origines, il hésite à se confier à Elva. Il s’interroge également sur sa propre conscience. Mais lorsqu’un chaman s’attaque aux familles nobles, Elva est chargé de les protéger par le Seigneur de l’île, Seán. Lors d’un assaut, il croit alors reconnaître Mikaël, décédé huit ans auparavant. Pendant ce temps, Arnór prend soin de Dana qui a reçu l’ordre de protéger le Sud en l’absence de son chaman.

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2025. Yuno Ichika sensei plonge les lecteurs dans les révélations, créant ainsi énormément de tension et de suspense. Les évènements s’enchaînent mais quelques passages plus calmes permettent de souffler, le tout restant tout à fait cohérent et maîtrisé. Le graphisme participe à la narration, transcrivant parfaitement l’ambiance. Attention, quelques scènes pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. Je suis complètement happée par le récit. Une lecture intense!

Tends les mains et vole – Yamada Nonono

Couverture de Tends les mains et vole de Yamada Nonono, éditions Hana

YAMADA Nonono 山田ノノノ
ISBN: 9782382765104
Hana, 2025
ISBN: 9784403667893(JP)
Shinshokan, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Quand je suis avec toi, j’ai l’impression que tout est possible. »

Yamada Nonono sensei narre une romance avec une note dramatique entre deux étudiants attirés mutuellement. Elle révèle au fur et à mesure les facettes cachées des deux personnages, entre le rêveur et innocent Chikara et le manipulateur Chihiro cabossé par la vie. Ainsi, en dévoilant également le secret autour du tatouage, elle aborde la question du jugement sur l’apparence, l’anormalité, la violence intrafamiliale, la peur du rejet. L’approche différente des recherches permet au deux hommes de débattre et se rapprocher. De même, leur vision opposée de l’amour va créer quelques tensions. L’autrice s’intéresse donc à l’importance de la réalisation d’un rêve, quelque soit l’âge, de l’influence bénéfique d’un soutien et à l’acceptation de l’autre tel qu’il est. Elle montre également les dangers d’un harceleur.

La mangaka a un trait épuré dont les pleins et déliés ajoutent du relief. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Yamada Nonono sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine d’ailleurs une scène par chapitre. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages, les intégrant parfois au récit.

En résumé

L’étudiant Morino Chikara se laisse facilement emballer par ses recherches sur un oiseau robot. Un professeur lui permet de se rattraper en effectuant une synthèse sur un sujet donné. Le jeune et brillant Satomi Chihiro lui propose alors de l’aider. Comme Chikara habite en face de l’immeuble de Chihiro, il accepte un soir de l’espionner à la demande de son amie Himeno Miki, qui a des vues sur ce dernier. Mais en voyant Satomi se masturber, Morino ressent de l’excitation. Toutefois, ce qui l’intrigue encore plus, c’est le magnifique tatouage sur le buste de son voisin.

En conclusion

Ce one-shot se classe deuxième meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Yamada Nonono sensei s’éparpille autour de trop de sujets, enchaînant ainsi les évènements et les révélations. A cause du format, on a l’impression que tout est précipité et le suspense constant perd un peu de sa force. Toutefois, les thèmes abordés sont intéressants, même si non approfondis. Le graphisme est agréable. Attention, quelques scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs. J’ai tout de même apprécié cette histoire, notamment le passé dramatique de Chihiro et la candeur de Chikara. Impossible d’en dire plus sans spoiler, désolée. Une lecture qui ne touchera pas un public exigeant mais tout de même prenante!

Swinging hearts – Miyata Toworu

couverture de Swinging hearts de Miyata Toworu, éditions Taifu

MIYATA Toworu 宮田トヲル
ISBN: 9782375064863
Taifu comics, 2025
ISBN:‎ 9784403668463 (JP)
Shinshoka, 2022 (JP)
Titre original: カタコイシーソー
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Se retrouver pour enfin concrétiser un amour de jeunesse. »

Miyata Toworu sensei narre une romance au premier abord classique entre amis d’enfance perdus de vue. Toutefois, elle ajoute une note dramatique qui donne toute sa saveur au récit. Ainsi, elle analyse avec soin les différents sentiments des personnages et construit une relation consensuelle qui évolue grâce à la communication. La narration alterne entre Nagao et Izumi. Derrière son assurance et son altruisme, Chihiro cache sa peur du regard extérieur et un traumatisme qui l’a fragilisé. Le franc et direct Issei, quant à lui, réalise très vite que son admiration et sa rivalité envers son aîné se transforme peu à peu en sentiment amoureux. Un jeu de séduction s’installe entre les deux amis. En introduisant le tactile Takai, l’autrice confronte le comportement brusque de ce dernier à celui bienveillant de Nagao. Elle aborde donc la difficulté à surmonter un traumatisme et le poids d’un écart d’âge quand on devient adulte.

La mangaka a un trait épuré plutôt en rondeur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors soignés apportent une touche réaliste et apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Miyata sensei censure les parties intimes par de larges languettes blanches. En début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages ou intègre directement l’illustration au récit. La couverture se classe cinquième au Chill chill BL award 2023.

En résumé

Nagao Issei quitte sa campagne natale pour l’université à Tokyo. A la gare, il retrouve son ami d’enfance Izumi Chihiro dont il admire l’intelligence et la prestance. Au lycée, ayant aperçu son aîné en train d’embrasser un garçon, Issei avait pris de la distance avec ce dernier. Mais Izumi se comporte avec lui comme si rien n’avait changé. Il continue même à le traiter comme un gamin. Toutefois, Nagao ayant compris l’origine de sa frustration à l’époque, a bien l’intention de le draguer.

En conclusion

Miyata Toworu sensei maîtrise son scénario, surtout pour un one-shot, développant plutôt ses sujets au fur et à mesure, permettant ainsi de bien cerner la personnalité des protagonistes. En plus, son graphisme dégage une certaine douceur très agréable. Le couple devient rapidement attachant et on se retrouve presque à les encourager au fil des pages. Je suis agréablement surprise par ce titre et j’espère que l’on aura l’occasion de découvrir d’autres œuvres de la mangaka. Une lecture plaisante!

10 count 6 – Takarai Rihito

10 count 6 takarai rihito

TAKARAI Rihito 宝井理人
ISBN: 9782375061190
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784403666216 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Si tu m’embrasses et que ça te plaît… Tu voudras bien reconnaître que tu m’aimes? »

Takarai Rihito sensei conclut sa romance en dévoilant enfin le dixième point de la liste de Shirotani. En introduisant Ueda, elle permet au mysophobe de se confronter à son traumatisme. Elle joue sur les différents sentiments ressentis, les manipulations et les réactions tout en portant une attention aux détails pour créer de la tension et du suspense jusqu’à la fin. Il est alors amusant de voir le secrétaire et le psychologue sortir tous les deux de leurs zones de confort, poussés par leur amour, et avancer à leur rythme. Par contre, le temps qui passe devient légèrement plus confus sur la fin du récit. L’auteure dépeint avec aisance l’évolution de la relation du couple en révélant encore quelques secrets. Elle offre une fin un peu ouverte. Dans l’histoire bonus, elle montre ce que devient le couple.

La mangaka utilise une mise en page plus classique mais toujours dynamique. Elle établit un équilibre entre les décors et les cases sans fond. Les trames d’ambiance se font plus rares tandis que les autres trames sont variées. Comme dans le tome précédent, il y a beaucoup plus de gros plans, de détails. Par ailleurs, la découpe presque filmique ralentit certains passages. Takarai sensei transmet les sentiments des personnages à travers la sensualité des corps durant les scènes érotiques. Elle censure d’ailleurs l’essentiel avec plusieurs bandelettes blanches. Avec l’illustration de la postface, elle conclut un récit qui s’est développé image par image à chaque tome.

En résumé

Bien décidé à ne pas se laisser mener par Kurose Riku, Shirotani Tadaomi tente de prendre la direction de leur sortie en amoureux. Mais quelle n’est pas sa surprise de croiser une connaissance, Ueda, alors que le psychologue a ramassé les clés tombées au sol de la jeune femme. Cette ancienne élève du père de Tadaomi s’incruste alors dans leur rendez-vous en proposant de les remercier autour d’un thé. Énervé par les minauderies de Ueda, Shirotani perd peu à peu son sang-froid et file au toilettes après avoir vidé le verre de Riku…

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2019. Kurose Riku se classe troisième meilleur seme tandis que Shirotani Tadaomi est quatrième meilleur uke. Takarai Rihito sensei mène rondement sa conclusion, arrivant encore à surprendre les lecteurs malgré les dernières révélations. Elle transmet avec finesse les sentiments de ses personnages. En 2019, la série devait faire l’objet d’une adaptation en série animée dont la diffusion était prévue en 2020, puis suite à plusieurs reports, en 2022, il a été annoncé que le projet devenait un film d’animation pour finalement être complètement annulé en janvier 2024. Dommage pour ce titre touchant qui propose un thème singulier, avec des personnages tellement attachants. Une lecture à la fois sexy et émouvante.

10 count 5 – Takarai Rihito

10 count 5 takarai rihito

TAKARAI Rihito 宝井理人
ISBN: 9782351809686
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784403665141 (JP)
Shinshokan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’origine de l’obsession de Kurose pour la mysophobie.

Takarai Rihito sensei s’attarde sur l’enfance de Kurose. Elle révèle donc l’origine de son caractère tordu mais aussi de son intérêt spécifique pour la mysophibie suite à sa rencontre avec son voisin Nishigaki, souffrant ce cette phobie. Le lecteur découvre alors la culpabilité que le psychologue traîne depuis l’enfance, chamboulant ainsi ses premières impressions. Shirotani, quant à lui accepte un peu mieux ses désirs mais également l’amour tordu de son partenaire. Ainsi, l’auteure alterne avec brio les flash-back et les passages érotiques, détaillant les sentiments de ses personnages. Comme les chapitres raccourcissent, elle les regroupe pour ne pas trop scinder les moments forts. Par ailleurs, elle détend l’atmosphère avec une histoire bonus et présente également en images quelques anecdotes sur l’enregistrement du troisième drama CD de la série.

La mangaka travaille principalement sur les non-dits et met donc en avant les petits gestes de gênes et d’hésitation. D’ailleurs, l’intégration de flash-back et la focalisation sur les expressions du visage au fur et à mesure que le couple se lie donnent une tonalité très intimes. Par ailleurs, la mise en page est plus classique, avec tout de même quelques pages dynamiques. Les décors se font un peu plus présents. Par contre, les trames bien que variées, ont une dominante claire. De même, les trames d’ambiance sont discrètes. Comme dans le tome précédent, Takarai sensei censure les scènes érotiques par de fines bandelettes blanches qui cachent à peine les détails. Elle met principalement en scène le couple dans les illustrations de début de chapitre.

En résumé

Enfin libérés de l’ascenseur et le typhon faisant rage, Kurose Riku tente d’alpaguer un taxi. Il décide de céder sa place à Shirotani Tadaomi mais ce dernier lui propose de le partager. Cependant, lorsque le psychologue descend, le secrétaire le suit bien décidé à enfin lui avouer tout ce qu’il a sur le cœur.

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2017. Kurose Riku se classe deuxième meilleur seme tandis que Shirotani Tadaomi est troisième meilleur uke. D’ailleurs, voir ce dernier prendre enfin des initiatives est un réel plaisir. Quel bonheur de ressentir à nouveau un peu mieux les sentiments des personnages et d’avoir enfin des relations plus consenties. Takarai Rihito sensei offre un retournement de situation émouvant et très bien mené. Son graphisme sensuel sublime les scènes érotiques. Une lecture à la fois prenante, sexy et tendre.

10 count 4 – Takarai Rihito

10 count 4 takarai rihito

TAKARAI Rihito 宝井理人
ISBN: 9782351809686
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784403664915 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Si tu me le demandes, j’accepterai de te salir encore plus… »

Takarai Rihito sensei révèle enfin l’origine du mal-être de Shirotani. Elle transforme la thérapie en jeu sexuel permettant également de mieux cerner le caractère tordu de Kurose. D’ailleurs, elle plonge le lecteur directement dans la suite du tome précédent. Toutefois, le consentement n’est plus vraiment respecté. La relation entre le psychologue et son patient prend un aspect plus psychologique, légèrement dramatique. D’ailleurs, les deux héros oscillent constamment entre rejet et attirance. L’auteure aborde entre autres le traumatisme, le rapport avec le corps, la manipulation. Elle pense toujours à signaler les changements dans le temps. Elle apporte un peu de légèreté avec les trois histoires bonus en fin de tome. Celle avec un petit chat blanc amende d’ailleurs le comportement négatif de Riku dans tout le tome.

Le trait de la mangaka donne une touche mélancolique aux visages de ses personnages. D’ailleurs, elle transcrit clairement les sensations de Tadaomi en jouant avec des tâches noires envahissantes ou en superposant la silhouette de Riku. Par ailleurs, elle équilibre les trames et les décors, ancrant ainsi son récit dans la réalité. Par contre, les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page maîtrisée rend parfaitement la tension et l’écoulement du temps. Par exemple, la pesanteur du silence dans la scènes de l’ascenseur se développe sur plusieurs pages. Dans les scènes érotiques, Takarai sensei censure les lignes trop explicites par de fines bandelettes blanches. Elle joue également sur les cadrages. Elle introduit certains chapitres par une illustration traduisant poétiquement la narration.

En résumé

Au lieu de regarder le film, Kurose s’amuse avec le corps de Shirotani, l’initiant doucement au plaisir. Il révèle également à son patient la raison de son amour. Choqué, le mysophobe fuit mais son corps continue à réagir. Peu à peu des souvenirs traumatisants remontent…

En conclusion

Takarai Rihito sensei perturbe le lecteur avec des révélations émouvantes mais surtout le comportement de plus en plus tordu de Kurose qui manipule Shirotani pour avoir ce qu’il désire. D’ailleurs, certaines scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs. J’aime beaucoup les métaphores graphiques qui expriment parfaitement le malaise et la vision de Shirotani. On vibre avec les personnages. Un récit que j’apprécie de plus en plus!

10 count 3 – Takarai Rihito

10 count 3 takarai rihito

TAKARAI Rihito 宝井理人
ISBN: 9782351809297
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784403664618 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Mon corps est imprégné de l’odeur de Kurose. »

Takarai Rihito sensei continue de présenter le point de vue de Shirotani en décryptant ses pensées. Comme dans le tome précédent, elle s’attarde sur les sentiments contradictoires assaillant ce dernier. Ainsi, le secrétaire prend conscience de sa routine épuisante et chronophage et se motive encore plus à surpasser sa peur. Il oscille constamment entre fuite et endurance, se sentant perdu face à ses sentiments envers Kurose. En effet, ce dernier se montre à la fois sadique et prévenant avec son partenaire, laissant exprimer sa jalousie et son impatience à travers quelques piques. L’histoire ralentit mais cela permet de mieux cerner le changement progressif de la relation. L’auteure joue encore sur les limites du consentement pour donner l’illusion d’un apprentissage d’un masochiste par un sadique. Néanmoins, elle détend l’atmosphère dans les histoires bonus avec des anecdotes amusantes.

La maîtrise de la mangaka dans l’agencement des cases rend la lecture agréable. L’utilisation de noir ou blanc pour les transitions fluidifie le tout. Par ailleurs, son graphisme est constant. Par exemple, malgré son côté taciturne, les émotions de Kurose se devinent facilement à ses expressions. L’équilibre entre les trames et les décors permet de rendre les trames d’ambiance discrètes. Takarai sensei joue sur l’expression des regards, les attitudes, les petits détails comme un simple mouvement stoppé, pour exprimer les difficultés éprouvées par Tadaomi. D’ailleurs, elle s’attarde beaucoup sur la sensualité de certaines images. La censure des scènes érotiques par de fines bandelettes se fait en douceur, principalement avec le choix des cadrages.

En résumé

Shirotani Tadaomi a réussi à passer une nuit chez Kurose Riku. Ce dernier lui a même prêté des vêtements. Les deux hommes font alors une sortie shopping, le psychologue souhaitant lui offrir un nouveau costume. D’abord confiant d’avoir dépassé certains défis de sa liste, le secrétaire déchante ensuite en se sentant mal dans l’ascenseur bondé. Riku l’invite à se reposer mais, se remémorant des attouchements de la veille, Tadaomi sent son bas ventre réagir…

En conclusion

Ce tome a obtenu la deuxième place du meilleur manga au Chil Chil BL award 2016. Kurose Riku est toujours classé premier meilleur seme tandis que Shirotani Tadaomi descend à la seconde place du meilleur uke. Takarai Rihito sensei fait oublier aux lecteurs friands d’érotisme toutes les frustrations des tomes précédents en un seul volume. Un tome chaud et sexy!

10 count 2 – Takarai Rihito

10 count 2 takarai rihito

TAKARAI Rihito 宝井理人
ISBN: 9782351808863
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784403664403 (JP)
Shinshokan, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Aujourd’hui je n’ai pas réussi à penser à autre chose qu’à toi en train de me toucher. »

Takarai Rihito sensei fait évoluer la relation entre le psychologue et le secrétaire mysophobe, avec une note très légèrement sadomasochiste. Elle continue de baser la narration du point de vue de Shirotani. Elle crée la surprise en révélant les raisons du brusque éloignement de Kurose. D’ailleurs, le médecin ne ménage plus son patient, le poussant parfois dans ses retranchements et créant volontairement une dépendance envers lui. Shirotani est quant à lui, conscient des changements qui le touchent, prisonnier de sentiments contradictoires. En effet, il ne gère pas le plaisir et le dégoût qu’il ressent à être touché. Ainsi, le consentement frôle constamment les limites. L’auteure révèle au fur et à mesure les probables traumatismes de Tadaomi qui ont provoqué sa phobie. Elle s’attarde particulièrement sur son malaise.

La mangaka a un trait fin épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie même si elles sont tout de même variées. Les trames d’ambiance se font par ailleurs discrètes. Les décors apparaissent sur les plans larges et s’estompent autour des personnages. Des trames grises recouvrant les vignettes marquent les flash-back. Mais un fond noir représente également les souvenirs traumatisants. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Takarai sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes qui ne cachent presque rien. Toutefois, elle montre surtout les réactions et les émotions des personnages, s’attardant sur la sensualité mais également le malaise de Shirotani. En début de tome, elle présente les protagonistes. Les illustrations en début de chapitre donnent l’ambiance du récit. L’illustration de la postface fait suite à celle du tome précédent.

En résumé

Depuis que Kurose Riku a mis brusquement fin aux consultations privées avec Shirotani Tadaomi, le secrétaire refuse de sortir de chez lui. Comme il ne répond pas aux appels de son patron Kuramoto ni de son collègue Mikami, ces derniers contactent le psychologue pour solliciter son aide. Quelques jours plus tard, Shirotani remarque enfin le message de rendez-vous habituel du médecin et décide de s’y rendre malgré son retard et la pluie qui l’incommode. Arrivé trempé au café, il lui demande alors de faire comme s’ils ne s’étaient jamais rencontrés. Mais en partant précipitamment, il laisse tomber sa carte de transport.

En conclusion

Ce tome obtient la première place du meilleur manga au Chill chill BL award 2015. La couverture se classe également première au classement. Kurose Riku se classe premier meilleur seme et Shirotani Tadaomi est premier meilleur uke. En effet, Takarai Rihito sensei surprend avec cette romance particulière dans laquelle la relation se construit sur un jeu érotique au prétexte d’une thérapie. C’est à la fois touchant, dérangeant et passionnant.

Gimme heaven – Mogako

gimme heaven mogako

Mogako モガ子
ISBN: 9782382764039
Hana, 2023
ISBN: 9784796415194 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Le trouble de Kaïri serait-il dû à un traumatisme d’ordre sexuel? »

Mogako sensei narre un drame psychologique abordant en particulier le trouble dissociatif de l’identité. Elle prend le temps de présenter les différentes personnalités cohabitant en Kaïri et crée du suspense en remontant au fur et à mesure son passé traumatisant. Ainsi, elle alterne la narration entre les personnages. Par amour, Masaki fait beaucoup d’efforts pour comprendre et aider son partenaire, s’adaptant aux circonstances et construisant un lien particulier avec ses autres personnalités. D’ailleurs, Kakeru, Amane, Misa et Aoï apportent soit une touche humoristique, soit de la tension. Ainsi, l’auteure s’intéresse au traumatisme suite à des abus sexuels, la difficulté à se reconstruire, à affronter son passé et à le surmonter. Elle montre le besoin de reconnaissance et le bienfait de l’acceptation de ses problèmes pour avancer.

La mangaka a un trait léché. Elle dessine des corps musclés mais n’hésite pas à ajouter une note mignonne en représentant ses personnages en SD. D’ailleurs, elle retranscrit parfaitement les différentes personnalités de Kaïri à travers des détails, dans l’expression des visages et les positions. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, les trames sont équilibrées. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page plutôt classique offre quelques planches dynamiques. Mogako sensei ajoute également quelques touches esthétiques lors des discussions des différentes personnalités. De même, elle atténue, grâce à un jeu d’ombres et de trames, les images trop choquantes. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques. Les illustrations en début de chapitre traduisent l’ambiance du récit.

En résumé

Le sommelier Ichinose Masaki sort avec le comédien Tadano Kaïri depuis trois mois mais ils n’ont jamais couché ensemble. Ils se sont rencontrés devant un bar et ont très vite sympathisé. Pourtant, Kaïri souffre d’un trouble dissociatif de l’identité. Il cohabite avec quatre autres personnalités avec lesquelles Masaki a réussi à nouer des liens amicaux. Toutefois, Aoï qui apparaît à chaque fois qu’ils se câlinent, le rejette…

En conclusion

Mogako sensei offre un drame psychologique émouvant avec des personnages très attachants. Son graphisme est en plus charmant. Bien qu’elle ne censure pas les scènes érotiques, elle évite tout de même de confronter directement les lecteurs aux quelques images violentes du passé de Kaïri, en prenant de la distance ou en jouant sur les ombres. J’ai d’ailleurs été surprise de m’attacher énormément à Kakeru et à Aoï qui sont pourtant des personnalités du comédien. Un coup de cœur!