The monster exposed 2 – Ogeretsu Tanaka

the monster exposed 2 ogeretsu tanaka
OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782375062708
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403667107 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Avancer sans oublier ni recommencer les mêmes erreurs.

Ogeretsu Tanaka sensei conclut son récit réaliste sur le repentir d’un auteur de violence conjugale. Elle alterne la narration entre Hayashida, Shûna et Yumi, détaillant leurs réflexions. Ainsi, elle permet au lecteur de mieux cerner l’évolution progressive de ses personnages. Shûna se sent impuissant mais comprend que son amant ne peut avancer que par lui-même. En effet, Yumi et Hayashida, marqués physiquement et psychologiquement, garderont toujours leurs souvenirs douloureux. L’auteure dépeint avec finesse les divers sentiments de ses protagonistes. Elle montre le malaise qui s’installe dans le couple ainsi que les difficultés à communiquer sur ce passé traumatisant. Elle distingue clairement la position de chacun, entre victime, bourreau et nouveau partenaire ignorant du passé. La volonté de trouver une solution se détache particulièrement. En fin de tome, des histoires bonus apportent une petite touche d’humour détendant l’atmosphère dramatique générale.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux, avec des contours parfois dédoublés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps finement musclés. Les détails des petits gestes et des regards transmettent indirectement les émotions ressenties par les personnages. Les décors, présents, renforcent le réalisme du récit. Ogeretsu sensei varie les nombreuses trames pour jouer principalement sur la luminosité. Elle ne censure pas les scènes érotiques, d’ailleurs très détaillées. Les couleurs des couvertures contrastent avec le caractère des personnages avec pour le premier tome, une dominante bleue pour Shûna et pour ce volume, du rouge chaleureux avec Hayashida.

En conclusion

Shûna Ayumu fait le rapprochement entre Yumi et le garçon visible sur la photographie accrochée dans la chambre de Hayashida Kannosuke. Mais il ne sait pas comment aborder le sujet avec le barman. Quand il réussit enfin à se lancer, Yumi reste vague dans ses réponses. Toutefois Shûna devine qu’ils sortaient ensemble. Alors que Hayashida se montre habituellement distant, il a envoyé des dorayaki à son amant, surpris. Lors de sa visite à Tokyo, Shûna lui propose alors un jeu érotique que son petit ami accepte. Le lendemain, il essaie de discuter de la photo avec Hayashida mais abandonne devant son air triste. En effet, ce dernier a encore du mal à se confier, persuadé d’être incompris.

En résumé

Ce tome obtient la quatrième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Shûna Ayumu est classé huitième meilleur seme et Hayashida troisième meilleur uke. Une petite merveille malgré l’ambiance dramatique. Je trouve vraiment le couple de Shûna et Hayashida touchant. Ils acceptent leurs faiblesses, luttent contre leurs pulsions et cherchent à progresser. D’ailleurs, Hayashida comprend enfin qu’il a le droit d’être heureux tant qu’il résiste et se souvient du « monstre » enfoui au fond de lui. C’est très intéressant de voir ce bourreau se remettre en cause. Un titre à lire et relire sans fin.

The monster exposed 1 – Ogeretsu Tanaka

the monster exposed 1 ogeretsu tanaka
OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782375062531
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403666087 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Comment construire un couple solide quand le passé empêche d’avancer?

Ogeretsu Tanaka sensei développe un peu plus la romance de Shûna et Hayashida débutée dans The proper way to write love. Elle questionne sur le basculement de la violence, entre maltraitance, harcèlement moral, pression familiale et traumatisme. En parallèle, elle approfondit la psychologie de ses personnages. Ainsi, Ayumu s’avère plus fragile qu’il n’y paraît. Attirant les filles superficielles à cause de sa beauté, il effaçait sa véritable personnalité pour répondre à leur idéal. Mais pour Kan, il souhaite réellement s’investir et devenir un soutien. L’auteure aborde la peur de blesser son partenaire physiquement ou psychologiquement, la difficulté d’une relation à distance, l’inquiétude sur l’avenir. Elle offre un chapitre sur Mayama et Yumi. Dans le livret Azami, elle décrit avec plus de précision comment et pourquoi Hayashida a basculé dans la violence. Malgré des sentiments palpables, le couple a du mal à avancer pour l’instant.

La mangaka a un trait épuré qu’elle n’hésite pas à simplifier dans les passages humoristiques, allant jusqu’à représenter ses personnages en SD. Elle dessine des corps finement musclés qui contrastent un peu avec la douceur des visages ovales. Ses contours sont parfois très épais. Il y a beaucoup plus de trames et de décors que dans Love whispers, even in the rusted night. Les flash-back se repèrent facilement avec leur fond noir. Toutefois, les souvenirs s’intercalent souvent au récit, demandant un petit peu de concentration à la lecture. La mise en page est dynamique. Ogeretsu sensei ne censure pas les scènes érotiques, dessinant même des coupes intérieures. D’ailleurs, elle ajoute parfois un mignon visage au pénis. Le lettrage de JF Leyssène respecte bien le rendu de la violence des mots dans les pages où le texte envahit l’image.

En résumé

Shûna Ayumu couche régulièrement avec son supérieur Hayashida Kannosuke, depuis qu’ils sont devenus sex friends après une soirée arrosée. Toutefois, le jeune salaryman s’étonne de s’attacher de plus en plus à Kan. Mais quand il essaie de montrer ses sentiments, son partenaire préfère fuir. En effet, ce dernier cache de lourdes blessures psychologiques ayant, par le passé, violenté son ex petit ami Yumi. Shûna, de plus en plus curieux du passé de Hayashida, n’ose pourtant pas l’interroger alors qu’il souhaite de tout son cœur le soutenir. Mais voilà que la société le mute pendant deux ans à Ôsaka.

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2018. Shûna Ayumu est classé cinquième meilleur seme et Hayashida troisième meilleur uke. L’auteure continue à aborder le thème de la violence conjugale en s’intéressant à la reconstruction difficile de Hayashida, hanté par son passé. Je trouve intéressant de développer également la vision du responsable des actes de violence. J’ai maintenant envie d’encourager Shûna. Vivement la suite!

Blue lust 3 – Hinako

blue lust 3 hinako
Hinako ひなこ
ISBN: 9782375061411
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784866570556 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Reconquérir son bien-aimé en se montrant sincère et patient.

Après un tome plutôt dramatique, Hinako sensei développe le long cheminement vers la réconciliation entre Hayato et Sôma. Elle met en avant la sincérité des sentiments, la nécessité des discussions et la force de l’honnêteté. La narration alterne entre Sôma, Noboru et Hayato, permettant de comprendre leurs interrogations intérieures. Les liens entre eux trois évoluent. Ainsi, Noboru devient un soutien. Hayato respecte les décisions de Sôma qui a décidé de fréquenter un homme homosexuel, qui le comprendrait mieux, mais se bat pour reconquérir sa confiance. Hitokawa l’incite également à réfléchir sur les difficultés rencontrées par les homosexuels dans l’intimité et dans la société. L’auteure met également en avant l’influence des amis, le partage. Elle dévoile les circonstances de l’isolement de Sôma et sa brusquerie quand il se sent acculé. En fin de tome, elle révèle ce que sont devenus les personnages un peu plus tard.

La mangaka a un trait fin léché avec une petite touche réaliste et classique. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques. De même, elle dessine les personnages en SD quand ils sont gênés, ajoutant un côté mignon. La force des différents regards graphiquement expressifs permet de se passer des dialogues Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Par ailleurs, la mise en page est dynamique grâce aux découpages, ellipses et emboitements. Hinako sensei censure légèrement les scènes érotiques par des points et des bandelettes blanches. Elle donne le ton du récit à travers les illustrations en début de chapitre ainsi que dans ses illustrations couleurs. Sous la jaquette, se trouvent encore des croquis ainsi que la postface.

En résumé

Katahira Sôma confie à Miyazawa Noboru ses doutes sur sa relation avec Iokawa Hayato. Le lycéen lui révèle alors qu’il est le meilleur ami d’Iokawa, qui a tenté de se suicider. Tout son amour s’était transformé en haine suite aux brimades des autres élèves et à l’inaction de son ami. En voulant sciemment blesser ce dernier, il a donc sauté devant lui. Sôma réalise alors que Hayato a complètement changé suite à ce traumatisme. Comprenant les sentiments profonds de Katahira, Noboru décide de discuter avec Hayato avant de l’encourager. En effet, l’amour de ce dernier lui paraît sincère et profond.

En conclusion

Ce tome n’a pas réussi à être classé dans les meilleures séries au Chill Chill BL award 2018, mais les lecteurs apprécient le suspense jusqu’à la fin. Les sentiments explosent dans ce final. L’auteure a pris soin de développer le chemin réflexif des personnages sur leurs sentiments et leur relation. Son style narratif permet de comprendre leurs évolutions. Le happy end est bienvenu après toute ces péripéties. J’adore le couple principal mais apprécie également les personnages secondaires. Je les trouve adorables sur la couverture au verso. De même, j’aime les respirations apportées par la présence de Mâ et Itô. Une excellente série que je ne peux que recommander.

Blue lust 2 – Hinako

blue lust 2 hinako
Hinako ひなこ
ISBN: 9782375061275
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784861348822 (JP)
Frontier works, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Affronter son passé pour faire face à son bien-aimé.

Hinako sensei approfondit sa thématique du traumatisme et d’un amour mélancolique en dévoilant le passé de ses protagonistes. Elle développe l’influence du passé sur les émotions. Noboru a donc du mal à contenir son ressentiment encore présent envers Hayato. Ce dernier, au contraire, arrive à éclaircir ses sentiments alors qu’il doutait de leur sincérité polluée par son envie de repentance, grâce à sa discussion avec son ancien ami. L’auteure aborde parallèlement la perte de confiance, le doute, la remise en question et la culpabilité. Elle décrit avec clarté les émotions de ses personnages, le malaise qui s’installe entre Sôma et Hayato ainsi que le désir de ne rien laisser paraître. Elle montre également les réactions parfois extrêmes dues à la tension psychique. Comme dans le premier tome, la narration est toujours concentrée sur Iokawa.

La mangaka a un trait fin et épuré, légèrement léché. Elle donne une touche réaliste en se focalisant sur les regards changeants. Néanmoins, elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les rares passages humoristiques. Les trames d’ambiance plutôt graphiques illustrent les émotions. La mise en page est dynamique. Il n’y a pas de scènes érotiques, le récit se concentrant sur les sentiments des personnages. Hinako sensei dessine de magnifiques illustrations couleurs, simples mais dégageant une certaine douceur. Sous la jaquette, elle présente quelques croquis.

En résumé

Iokawa Hayato retrouve comme prévu Katahira Sôma à la sortie de la gare mais il est accompagné de son ami Miyazawa Noboru. Or, ce dernier était le meilleur ami de Hayato au collège jusqu’à ce que ce dernier déclare ses sentiments. Encore immature, il en avait parlé à toute la classe, entrainant des conséquences graves. Mal à l’aise de feindre les inconnus, Hayato s’éclipse durant la nuit, oppressé par les regrets. Mais Sôma remarquant son trouble le suit et l’embrasse pour le réconforter. Toutefois, Noboru les observe de loin. Le lendemain, alors que Katahira a attrapé froid, Iokawa raccompagne Miyazawa à la gare. Mais son ancien ami lui demande des explications…

En conclusion

L’auteure offre un tome fort en émotions où l’espoir s’effondre tandis que les héros deviennent honnêtes envers eux-mêmes. Pourtant, elle réussit à ne pas tomber dans le mélodrame, dosant avec justesse les moments dramatiques et plus positifs, partageant les réflexions de ses personnages. J’aime beaucoup le style de la mangaka qui arrive à décrire avec justesse les réactions de ces personnages. Je suis complètement happée par ce récit.

Blue lust 1 – Hinako

blue lust 1 hinako
Hinako ひなこ
ISBN: 9782375061206
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784861347931 (JP)
Frontier works, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Pourquoi répétons-nous sans cesse le passé? »

Hinako sensei offre une romance lycéenne assez réaliste entre deux garçons profondément traumatisés. Elle base la narration sur Hayato, qui semble parfois se confier au lecteur. Le lycéen fuit un passé douloureux qui influence sa gentillesse envers Sôma. Toutefois, il en a clairement conscience et rejette donc tout compliment. De même, il réfléchit beaucoup à ses actes et s’interroge constamment sur ses sentiments. Sôma se confie facilement envers son nouvel ami et tombe donc amoureux. Le soutien qu’il reçoit lui permet également d’avancer et de s’ouvrir à Itô et Mâ dans sa classe. L’auteure dépeint avec finesse les émotions de ses personnages, en particulier la peur de refaire les mêmes erreurs. Elle aborde les changements de comportements suite à un traumatisme, les difficultés à assumer son homosexualité au lycée, les brimades qui peuvent entraîner le suicide. Elle maintient également un certain suspense en révélant le passé par parcimonie.

La mangaka a un trait fin, épuré et léché qui possède une touche un peu réaliste. Elle dessine les personnages en SD dans les passages mignons. Les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors sont plutôt simples. Toutefois, la mise en page est dynamique. Pour les scènes érotiques, Hinako sensei se concentre sur les sensations de ses héros et reste donc plutôt pudique. Sous la jaquette, il y a quelques croquis et ébauches.

En résumé

Alors qu’il sortait les poubelles, Iokawa Hayato aperçoit une silhouette sur le toit du lycée dangereusement penchée. De peur que cette personne saute, il fonce l’arrêter. Il trouve alors Katahira Sôma qui semble se sentir mal. Ce dernier, récemment transféré, lui rembourse plus tard la boisson qu’il lui avait prise. Hayato sympathise rapidement avec Sôma qu’il trouve réservé mais honnête. Alors dès qu’il le peut, il lui vient en aide ou discute. Mais en allant lui emprunter un dictionnaire, il remarque que son nouvel ami reste isolé en classe. Pourtant, Katahira s’ouvre peu à peu à lui. Iokawa lui propose alors de faire une sortie ensemble. Il découvre donc que Sôma vit seul. En s’endormant dans son confortable pouf, de douloureux souvenirs du collège remontent à la surface. Quand il se réveille, il surprend Sôma prêt à l’embrasser et, apeuré, ce dernier l’agresse…

En conclusion

L’auteure arrive à m’émouvoir avec cet amour mélancolique qui se développe en léchant les blessures de chacun. Les deux héros sont attendrissants et j’ai envie de les encourager. En plus, le dessin est magnifique. Les regards sont tellement expressifs que l’on devine les pensées des personnages. Le tome se termine sur un cliffhanger insoutenable.

Minori no te – Scarlet Beriko

minori no te scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリ子
ISBN: 9782375061008
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403664793 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Un ostéopathe au cœur blessé qui soigne pourtant celui de ses patients.

Scarlet Beriko sensei propose de suivre quelques tranches de vie de l’ostéopathe Shigefuji Minori. Elle sème des indices au fil des chapitres, permettant à la fois d’introduire la suite et de révéler au fur et à mesure le contexte et le passé du médecin. Qui Minori fuit et pourquoi? Même si les deux premiers clients ont un petit rôle, leur psychologie est tout de même travaillée. Le comportement de Minori change brusquement, passant du masseur consciencieux au pervers un peu sadique. De même, les actions du têtu Yanai Sôta le font passer pour un masochiste. L’auteure aborde différents thèmes comme la culpabilité, le sentiment d’impuissance malgré un amour démesuré, les problèmes de communication et la difficile gestion de sentiments restés en suspens. Elle complète son récit par un chapitre abordant le manque de confiance en soi face à la célébrité d’un être cher.

La mangaka a un trait épuré, très fin, qui conserve cependant une touche réaliste. En exagérant certaines expressions, elle apporte un peu d’humour graphique. Elle dessine des yeux assez grands et expressifs et soigne particulièrement les positions des corps ainsi que les angles de vue. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, l’utilisation des trames est équilibrée. Le découpage semble presque cinématographique. Dans les scènes érotiques, Scarlet sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches ou tout simplement par l’absence de détails. Elle équilibre les sentiments avec les câlins. D’ailleurs, il se dégage beaucoup de sensualité dans ses traits. Les illustrations en début de chapitre présentent un moment tendre du couple. Sous la jaquette, deux planches, à lire à la fin pour ne pas gâcher la surprise, donnent des anecdotes sur Minori.

En résumé

Minori no te / Conversation au quotidien: Le réputé ostéopathe Shigefuji Minori reçoit en consultation Ôyamato Tatsuyuki, un fils de yakuza envoyé de force par son homme de main Asoda. Mais ce médecin a des méthodes assez particulières. En effet, il soigne aussi bien le corps que le cœur, plongeant ses patients dans le plaisir. Le jeune héritier qui n’a pas envie de prendre la succession du clan prend alors vite goût à ces massages libérateurs…
Le bonheur format B4: Avec sa série « Samurai kingo », le mangaka Kazutora Rikka (37 ans) commence à devenir célèbre. Nekoyashiki, son ami de lycée, colocataire qui officie également comme homme à tout faire, l’assiste tout en s’occupant des tâches ménagères. Mais la responsable éditoriale, Kumagaya, lui demande de proposer de nouveaux assistants au dessinateur…

En conclusion

Ce manga a obtenu la première place de la meilleure création de nouvel auteur au Chill Chill BL award 2016. Malgré un format court, l’essentiel apparaît et permet de s’immerger complètement dans l’histoire. Même les personnalités sont assez approfondies pour plaire. En plus, le graphisme de l’auteure est de toute beauté. On ne peut qu’être charmé par cette lecture agréable!

Twinkling star dial – Natsume Isaku

twinkling star dial natsume isaku

NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782351806296
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784862637031 (JP)
Libre, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La médecine peut-elle soigner deux maladroits en amour?

Natsume Isaku sensei propose de suivre une romance entre un médecin citadin qui se retrouve à la campagne et son hébergeur taciturne. Elle met en avant la vie à la campagne entre entraide, travail harassant et un grand nombre de personnes âgées. Elle ménage aussi le suspense en dévoilant au fur et à mesure des détails dramatiques sur les deux héros. Ainsi, la narration se concentre sur Toba. Malgré un premier contact difficile, le médecin cherche d’abord à comprendre le comportement différent de Kazushige. Certains personnages extravagants permettent de détendre l’atmosphère. Grâce à Ichirô, l’auteure fait avancer la romance, obligeant Toba à se questionner sur ses sentiments. Elle décrit avec finesse comment se crée le lien entre le médecin et Kazu. Finalement, leur passé douloureux leur permet de s’ouvrir peu à peu l’un à l’autre.

La mangaka a un trait épuré et simple. Elle rend tout de même les pleins et déliés des contours. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. D’ailleurs, les trames pour colorer ou ombrer sont équilibrées. La mise en page dynamique et efficace fluidifie la lecture. Natsume sensei montre peu de détails dans les scènes érotiques, jouant sur les cadrages. Elle met en scène le couple à différents stades de leurs relations dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Le jeune médecin Toba Yôsuke (28 ans) vient s’installer à Yamanomachi, en pleine campagne, mais il s’est perdu en chemin. Il croise alors Suga Kazushige (23 ans), un jeune homme bourru qui le guide. Alors que les habitants accueillent chaleureusement le médecin, très attendu, Suga se montre froid. Malheureusement, en inspectant le logis fraichement rénové, son futur assistant, Sawamura Ichirô (23 ans), casse les tatamis de la chambre. Toba se retrouve donc hébergé par son voisin, Kazu. Ce dernier se montre désagréable avec son hôte. Quand Toba essaie de briser la glace, admirant les étoiles si rares dans le ciel de Tokyo, le jeune homme lui saute dessus pour le draguer. Mais il n’a pas le temps d’en discuter car dès le matin, il reçoit la visite de la vieille Ume qui a le dos coincé. Toutefois, Yôsuke se demande pourquoi Suga vit seul, reclus, dans sa grande maison.

En conclusion

Au premier abord simple, le scénario est plus profond qu’il n’y paraît, sans tomber dans le mélodrame. Au contraire, l’auteure propose une approche positive, avec une solution réaliste. De même, elle a vraiment bien développé le caractère de ses personnages. J’aime beaucoup le côté enfantin de Kazushige qui se fait rééduquer gentiment par Yôsuke, qui lui fait comprendre que le non consentement est primordial dans une relation. Même si le médecin cède parfois aux avances, il ne se gêne pas de secouer le jeune homme avec douceur. Cette dynamique entre eux me plaît et je regrette même que le tome se termine si vite!

L’oiseau de Shangri-la 1 – Zariya Ranmaru

l oiseau de shangri-la zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782368777152
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784829686171 (JP)
Printemps, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Le parcours d’un hétérosexuel engagé dans une maison close uniquement d’hommes.

Zariya Ranmaru sensei partage le quotidien de la maison close Shangri-la en suivant la formation d’Apollon. Elle donne l’image d’un bordel paradisiaque où le patron ne cherche pas à s’enrichir. Pourtant, en dehors de cette belle cage dorée, la vision de la prostitution reste négative. Pour l’instant, ce premier tome installe les personnages et le contexte. Entre tendresse et sensualité, l’auteure s’amuse à confronter Fee, un prostitué venant de la rue, à Apollon, son étalon hétérosexuel et consciencieux. En effet, les deux hommes nouent une relation plutôt particulière, l’oiseau cherchant à faire réagir son placide apprenti. De plus, la droiture de ce dernier tranche avec cet univers de débauche. Les deux hommes semblent avoir un passé assez sombre et traumatisant, révélé au compte-gouttes.

La mangaka offre un graphisme très réaliste, aussi bien au niveau des personnages que des décors, détaillés. Elle se focalise également sur quelques détails. Le travail des ombres est très précis. Il y a beaucoup de beaux hommes de différentes statures et styles. Par exemple, Fee a la peau basané et tatouée et Apollon porte parfaitement son nom, transpirant la sensualité. La mise en page est dynamique, avec des plongées, des contre-plongées, des illustrations pleine page, mettant en avant l’esthétique. Certaines pages silencieuses invitent même à la contemplation, permettant de respirer (ou se rincer l’œil). Les trames d’ambiance sont discrètes. Des motifs de tatouage ethnique séparent les chapitres. Vu le thème, les scènes érotiques sont très présentes. Zariya sensei joue sur les angles de vue et les trames pour cacher ce qui est nécessaire. D’ailleurs, les cœurs flottants occultant les entrejambes donnent une touche humoristique.

En résumé

Apollon, hétérosexuel en instance de divorce, est embauché comme étalon à Shangri-la, une maison close élitiste. Privilégiant le bonheur de ses prostitués qu’il appelle ses « oiseaux », le riche patron de ce bordel sélectionne ses clients. Afin de préparer ces travailleurs du sexe, les boute-en-train s’occupent de les exciter ou les dorloter avant et après chaque client. Ainsi, le nouvel employé est confié à Fee, l’un des prostitué, pour sa formation. Cet hétérosexuel parviendra-t-il à s’adapter à ses nouvelles fonctions?

En conclusion

Cette vision idyllique de la prostitution dérange et plait à la fois. En outre, la forme de la maison close entourée du jardin me rappelle les cages à oiseaux tropicaux. L’auteure nous offre un manga très esthétique, avec des pages contemplatives, sur un thème plutôt difficile. Après avoir fondu devant les muscles et la tendresse d’Apollon, j’ai hâte de découvrir comment va évoluer cette romance.
Mise à jour: Ce tome a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020.

Memento Scarlet – Kusabi Keri

memento scarlet kusabi keri

KUSABI Keri 楔ケリ
ISBN: 9782368776926
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801965812 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Entre meurtres et drogues, une enquête réunissant un détective obsédé et un ancien policier.

Ce one-shot de Kusabi Keri sensei propose de suivre deux enquêteurs au sein d’une cellule un peu spéciale sur les traces d’un trafiquant de drogue mêlé à de mystérieuses affaires de meurtres. L’histoire a un ton plutôt réaliste, avec un humour très discret, souvent graphique. L’auteure développe avec précision la psychologie de ses personnages, assez complexe: Tetsuo a touché le fond, obnubilé par son passé. La relation d’abord ambiguë entre les deux coéquipiers évolue rapidement, le côté sado-masochiste de Kairi devenant presque un élément salvateur. Les scènes érotiques ne sont pas forcément gratuites et s’intègrent bien à l’enquête. Par contre, les sentiments du couple prennent finalement l’aval sur le récit.

Les traits de la mangaka sont fins, légèrement simplifiés. Il se dégage beaucoup de sensualité des visages des personnages. La mise en page est dynamique. La maîtrise des angles de vue facilite la lecture. Kusabi sensei laisse quelques indices graphiques tout en maintenant le suspense. Elle utilise les trames pour colorer ou ombrer. Les décors sont très présents. Les souvenirs de Tetsuo, qui possède une excellente mémoire photographique, sont justement illustrés par des images en négatif. En milieu de tome, un organigramme représentant les protagonistes permet de se situer dans l’histoire. Par ailleurs, des fiches détaillées sont disponibles en bonus en fin de volume. Comme les scènes érotiques ne sont pas censurées, certains passages peuvent paraître un peu violents, mais cela correspond à l’ambiance.

En résumé

Le lieutenant Amane Kairi (30 ans) fait partie de l’élite de la police même s’il est plutôt violent. Enquêtant sur la drogue « maze », il n’hésite pas à utiliser des moyens peu conventionnels pour obtenir des aveux ou des renseignements. Un soir, dans un bar, il se rapproche d’un certain Kanô Tetsuo (28 ans) en lui proposant une drogue. Ils finissent alors à l’hôtel. En réalité, il cherche à recruter cet ancien policier qui a quitté son service deux ans auparavant, suite à une affaire traumatisante. Les voilà donc à devoir faire équipe au sein de la cellule spéciale du Bureau d’investigation, où d’anciens criminels officient, pour retrouver l’homme « à la capuche rouge »…

En conclusion

Malgré les 292 pages, j’ai dévoré ce tome d’une traite. J’aime beaucoup la relation qui se lie entre Tetsuo et Kairi, d’abord charnelle puis, peu à peu, complétée par des sentiments avec une approche vers la guérison. Pour moi, c’est un véritable coup de cœur! Par contre, certains lecteurs pourront être gênés par les ébats plutôt violents et le côté bitch de Kairi.
Mise à jour: Ce titre a obtenu la sixième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2020.

Inside full bloom – Kuki Wakame

inside full boom kuki wakame

KUKI Wakame 久喜わかめ
ISBN: 9782368776995
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801964105 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« La mélancolique histoire d’amour de deux jeunes hommes profondément blessés qui, ensemble, vont apprendre à se reconstruire. »

Pour son premier manga, Kuki Wakame sensei offre un one-shot au ton poétique et dramatique. Elle met en parallèle le langage des fleurs avec les sentiments de ses personnages. Comme une fleur qui s’épanouit jour après jour, Kana et Keigo, profondément blessés, s’ouvre douloureusement l’un à l’autre. Leur relation d’abord conflictuelle contrecarre tout consentement. Malgré une compatibilité sexuelle, leur caractère s’oppose. Ainsi, l’auteure aborde deux approches différentes: Kana préfère le secret alors que Keigo affirme ouvertement son orientation sexuelle. Pourtant leurs traumatismes influent énormément sur leur relation amoureuse. Même si des sentiments se développent au fil des discussions, leurs ébats, souvent forcés et parfois gratuits, occultent tout romantisme, brouillant un peu l’appréciation de l’histoire. Le scénario pêche donc légèrement par manque d’expérience mais se tient parfaitement.

La mangaka a un trait fin et épuré, assez anguleux. Elle a tendance à utiliser des touches et des lignes peu liées, donnant un aspect encore croquis pour les yeux ou la bouche. De même, elle se focalise sur certains détails comme les regards et tient compte du mouvement des cheveux. Elle maîtrise déjà son graphisme, beau et aéré, n’hésitant pas à simplifier et caricaturer les traits pour les passages humoristiques. Elle utilise peu de trames d’ambiance. Ses décors permettent de situer les actions. Ses cadrages et quelques angles de vue recherchés dynamisent la lecture. Les scènes érotiques ne sont pas censurées et plutôt détaillées. Sous la jaquette, il y a deux illustrations présentant Kana et ses amis.

En résumé

Saitô Kanaru est invité par ses amis Oshibu et Ono à un gôkon. Peu motivé, il accepte malgré tout, espérant passer une simple soirée à boire. Mais les étudiantes arrivent à deux accompagnées d’un garçon, Miura Keigo, qui remplace une fille qui s’est désistée. Au fil de la conversation, ce dernier annonce ouvertement qu’il est gay. Surpris et troublé, Kana se raffraîchit aux toilettes mais Keigo l’a suivi, ayant deviné que l’étudiant cachait son orientation sexuelle. Alors que Miura commence à lui faire des avances discrètes, Saitô boit plus que de raison et finit par perdre conscience. Il se réveille plus tard en plein ébats avec Keigo. Le lendemain, de retour chez lui, il s’effondre, ne pouvant contenir ses souvenirs traumatisants de l’époque du lycée.

en conclusion

Kana et Keigo pansent leurs blessures intérieures dans la douleur. Certains lecteurs pourront être gênés par les scènes non consenties. Personnellement, mes sentiments sont mitigés: j’ai apprécié cette vision de l’amour assez sombre, mais je trouve dommage que Keigo ne trouve de solutions qu’à travers la soumission sexuelle. D’autant plus que j’adore particulièrement le personnage de Kana. Placée 20ème au classement des nouveaux venus du Chill Chill BL award 2019, j’attends avec impatience de voir les prochaines œuvres de Kuki sensei.