Blue lust 1 – Hinako

blue lust 1 hinako
Hinako ひなこ
ISBN: 9782375061206
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784861347931 (JP)
Frontier works, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Pourquoi répétons-nous sans cesse le passé? »

Hinako sensei offre une romance lycéenne assez réaliste entre deux garçons profondément traumatisés. Elle base la narration sur Hayato, qui semble parfois se confier au lecteur. Le lycéen fuit un passé douloureux qui influence sa gentillesse envers Sôma. Toutefois, il en a clairement conscience et rejette donc tout compliment. De même, il réfléchit beaucoup à ses actes et s’interroge constamment sur ses sentiments. Sôma se confie facilement envers son nouvel ami et tombe donc amoureux. Le soutien qu’il reçoit lui permet également d’avancer et de s’ouvrir à Itô et Mâ dans sa classe. L’auteure dépeint avec finesse les émotions de ses personnages, en particulier la peur de refaire les mêmes erreurs. Elle aborde les changements de comportements suite à un traumatisme, les difficultés à assumer son homosexualité au lycée, les brimades qui peuvent entraîner le suicide. Elle maintient également un certain suspense en révélant le passé par parcimonie.

La mangaka a un trait fin, épuré et léché qui possède une touche un peu réaliste. Elle dessine les personnages en SD dans les passages mignons. Les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors sont plutôt simples. Toutefois, la mise en page est dynamique. Pour les scènes érotiques, Hinako sensei se concentre sur les sensations de ses héros et reste donc plutôt pudique. Sous la jaquette, il y a quelques croquis et ébauches.

En résumé

Alors qu’il sortait les poubelles, Iokawa Hayato aperçoit une silhouette sur le toit du lycée dangereusement penchée. De peur que cette personne saute, il fonce l’arrêter. Il trouve alors Katahira Sôma qui semble se sentir mal. Ce dernier, récemment transféré, lui rembourse plus tard la boisson qu’il lui avait prise. Hayato sympathise rapidement avec Sôma qu’il trouve réservé mais honnête. Alors dès qu’il le peut, il lui vient en aide ou discute. Mais en allant lui emprunter un dictionnaire, il remarque que son nouvel ami reste isolé en classe. Pourtant, Katahira s’ouvre peu à peu à lui. Iokawa lui propose alors de faire une sortie ensemble. Il découvre donc que Sôma vit seul. En s’endormant dans son confortable pouf, de douloureux souvenirs du collège remontent à la surface. Quand il se réveille, il surprend Sôma prêt à l’embrasser et, apeuré, ce dernier l’agresse…

En conclusion

L’auteure arrive à m’émouvoir avec cet amour mélancolique qui se développe en léchant les blessures de chacun. Les deux héros sont attendrissants et j’ai envie de les encourager. En plus, le dessin est magnifique. Les regards sont tellement expressifs que l’on devine les pensées des personnages. Le tome se termine sur un cliffhanger insoutenable.

Minori no te – Scarlet Beriko

minori no te scarlet beriko
SCARLET Beriko スカーレット・ベリ子
ISBN: 9782375061008
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403664793 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Un ostéopathe au cœur blessé qui soigne pourtant celui de ses patients.

Scarlet Beriko sensei propose de suivre quelques tranches de vie de l’ostéopathe Shigefuji Minori. Elle sème des indices au fil des chapitres, permettant à la fois d’introduire la suite et de révéler au fur et à mesure le contexte et le passé du médecin. Qui Minori fuit et pourquoi? Même si les deux premiers clients ont un petit rôle, leur psychologie est tout de même travaillée. Le comportement de Minori change brusquement, passant du masseur consciencieux au pervers un peu sadique. De même, les actions du têtu Yanai Sôta le font passer pour un masochiste. L’auteure aborde différents thèmes comme la culpabilité, le sentiment d’impuissance malgré un amour démesuré, les problèmes de communication et la difficile gestion de sentiments restés en suspens. Elle complète son récit par un chapitre abordant le manque de confiance en soi face à la célébrité d’un être cher.

La mangaka a un trait épuré, très fin, qui conserve cependant une touche réaliste. En exagérant certaines expressions, elle apporte un peu d’humour graphique. Elle dessine des yeux assez grands et expressifs et soigne particulièrement les positions des corps ainsi que les angles de vue. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, l’utilisation des trames est équilibrée. Le découpage semble presque cinématographique. Dans les scènes érotiques, Scarlet sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches ou tout simplement par l’absence de détails. Elle équilibre les sentiments avec les câlins. D’ailleurs, il se dégage beaucoup de sensualité dans ses traits. Les illustrations en début de chapitre présentent un moment tendre du couple. Sous la jaquette, deux planches, à lire à la fin pour ne pas gâcher la surprise, donnent des anecdotes sur Minori.

En résumé

Minori no te / Conversation au quotidien: Le réputé ostéopathe Shigefuji Minori reçoit en consultation Ôyamato Tatsuyuki, un fils de yakuza envoyé de force par son homme de main Asoda. Mais ce médecin a des méthodes assez particulières. En effet, il soigne aussi bien le corps que le cœur, plongeant ses patients dans le plaisir. Le jeune héritier qui n’a pas envie de prendre la succession du clan prend alors vite goût à ces massages libérateurs…
Le bonheur format B4: Avec sa série « Samurai kingo », le mangaka Kazutora Rikka (37 ans) commence à devenir célèbre. Nekoyashiki, son ami de lycée, colocataire qui officie également comme homme à tout faire, l’assiste tout en s’occupant des tâches ménagères. Mais la responsable éditoriale, Kumagaya, lui demande de proposer de nouveaux assistants au dessinateur…

En conclusion

Ce manga a obtenu la première place de la meilleure création de nouvel auteur au Chill Chill BL award 2016. Malgré un format court, l’essentiel apparaît et permet de s’immerger complètement dans l’histoire. Même les personnalités sont assez approfondies pour plaire. En plus, le graphisme de l’auteure est de toute beauté. On ne peut qu’être charmé par cette lecture agréable!

Twinkling star dial – Natsume Isaku

twinkling star dial natsume isaku

NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782351806296
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784862637031 (JP)
Libre, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La médecine peut-elle soigner deux maladroits en amour?

Natsume Isaku sensei propose de suivre une romance entre un médecin citadin qui se retrouve à la campagne et son hébergeur taciturne. Elle met en avant la vie à la campagne entre entraide, travail harassant et un grand nombre de personnes âgées. Elle ménage aussi le suspense en dévoilant au fur et à mesure des détails dramatiques sur les deux héros. Ainsi, la narration se concentre sur Toba. Malgré un premier contact difficile, le médecin cherche d’abord à comprendre le comportement différent de Kazushige. Certains personnages extravagants permettent de détendre l’atmosphère. Grâce à Ichirô, l’auteure fait avancer la romance, obligeant Toba à se questionner sur ses sentiments. Elle décrit avec finesse comment se crée le lien entre le médecin et Kazu. Finalement, leur passé douloureux leur permet de s’ouvrir peu à peu l’un à l’autre.

La mangaka a un trait épuré et simple. Elle rend tout de même les pleins et déliés des contours. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. D’ailleurs, les trames pour colorer ou ombrer sont équilibrées. La mise en page dynamique et efficace fluidifie la lecture. Natsume sensei montre peu de détails dans les scènes érotiques, jouant sur les cadrages. Elle met en scène le couple à différents stades de leurs relations dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Le jeune médecin Toba Yôsuke (28 ans) vient s’installer à Yamanomachi, en pleine campagne, mais il s’est perdu en chemin. Il croise alors Suga Kazushige (23 ans), un jeune homme bourru qui le guide. Alors que les habitants accueillent chaleureusement le médecin, très attendu, Suga se montre froid. Malheureusement, en inspectant le logis fraichement rénové, son futur assistant, Sawamura Ichirô (23 ans), casse les tatamis de la chambre. Toba se retrouve donc hébergé par son voisin, Kazu. Ce dernier se montre désagréable avec son hôte. Quand Toba essaie de briser la glace, admirant les étoiles si rares dans le ciel de Tokyo, le jeune homme lui saute dessus pour le draguer. Mais il n’a pas le temps d’en discuter car dès le matin, il reçoit la visite de la vieille Ume qui a le dos coincé. Toutefois, Yôsuke se demande pourquoi Suga vit seul, reclus, dans sa grande maison.

En conclusion

Au premier abord simple, le scénario est plus profond qu’il n’y paraît, sans tomber dans le mélodrame. Au contraire, l’auteure propose une approche positive, avec une solution réaliste. De même, elle a vraiment bien développé le caractère de ses personnages. J’aime beaucoup le côté enfantin de Kazushige qui se fait rééduquer gentiment par Yôsuke, qui lui fait comprendre que le non consentement est primordial dans une relation. Même si le médecin cède parfois aux avances, il ne se gêne pas de secouer le jeune homme avec douceur. Cette dynamique entre eux me plaît et je regrette même que le tome se termine si vite!

L’oiseau de Shangri-la 1 – Zariya Ranmaru

l oiseau de shangri-la zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782368777152
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784829686171 (JP)
Printemps, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Le parcours d’un hétérosexuel engagé dans une maison close uniquement d’hommes.

Zariya Ranmaru sensei partage le quotidien de la maison close Shangri-la en suivant la formation d’Apollon. Elle donne l’image d’un bordel paradisiaque où le patron ne cherche pas à s’enrichir. Pourtant, en dehors de cette belle cage dorée, la vision de la prostitution reste négative. Pour l’instant, ce premier tome installe les personnages et le contexte. Entre tendresse et sensualité, l’auteure s’amuse à confronter Fee, un prostitué venant de la rue, à Apollon, son étalon hétérosexuel et consciencieux. En effet, les deux hommes nouent une relation plutôt particulière, l’oiseau cherchant à faire réagir son placide apprenti. De plus, la droiture de ce dernier tranche avec cet univers de débauche. Les deux hommes semblent avoir un passé assez sombre et traumatisant, révélé au compte-gouttes.

La mangaka offre un graphisme très réaliste, aussi bien au niveau des personnages que des décors, détaillés. Elle se focalise également sur quelques détails. Le travail des ombres est très précis. Il y a beaucoup de beaux hommes de différentes statures et styles. Par exemple, Fee a la peau basané et tatouée et Apollon porte parfaitement son nom, transpirant la sensualité. La mise en page est dynamique, avec des plongées, des contre-plongées, des illustrations pleine page, mettant en avant l’esthétique. Certaines pages silencieuses invitent même à la contemplation, permettant de respirer (ou se rincer l’œil). Les trames d’ambiance sont discrètes. Des motifs de tatouage ethnique séparent les chapitres. Vu le thème, les scènes érotiques sont très présentes. Zariya sensei joue sur les angles de vue et les trames pour cacher ce qui est nécessaire. D’ailleurs, les cœurs flottants occultant les entrejambes donnent une touche humoristique.

En résumé

Apollon, hétérosexuel en instance de divorce, est embauché comme étalon à Shangri-la, une maison close élitiste. Privilégiant le bonheur de ses prostitués qu’il appelle ses « oiseaux », le riche patron de ce bordel sélectionne ses clients. Afin de préparer ces travailleurs du sexe, les boute-en-train s’occupent de les exciter ou les dorloter avant et après chaque client. Ainsi, le nouvel employé est confié à Fee, l’un des prostitué, pour sa formation. Cet hétérosexuel parviendra-t-il à s’adapter à ses nouvelles fonctions?

En conclusion

Cette vision idyllique de la prostitution dérange et plait à la fois. En outre, la forme de la maison close entourée du jardin me rappelle les cages à oiseaux tropicaux. L’auteure nous offre un manga très esthétique, avec des pages contemplatives, sur un thème plutôt difficile. Après avoir fondu devant les muscles et la tendresse d’Apollon, j’ai hâte de découvrir comment va évoluer cette romance.
Mise à jour: Ce tome a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020.

Memento Scarlet – Kusabi Keri

memento scarlet kusabi keri

KUSABI Keri 楔ケリ
ISBN: 9782368776926
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801965812 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Entre meurtres et drogues, une enquête réunissant un détective obsédé et un ancien policier.

Ce one-shot de Kusabi Keri sensei propose de suivre deux enquêteurs au sein d’une cellule un peu spéciale sur les traces d’un trafiquant de drogue mêlé à de mystérieuses affaires de meurtres. L’histoire a un ton plutôt réaliste, avec un humour très discret, souvent graphique. L’auteure développe avec précision la psychologie de ses personnages, assez complexe: Tetsuo a touché le fond, obnubilé par son passé. La relation d’abord ambiguë entre les deux coéquipiers évolue rapidement, le côté sado-masochiste de Kairi devenant presque un élément salvateur. Les scènes érotiques ne sont pas forcément gratuites et s’intègrent bien à l’enquête. Par contre, les sentiments du couple prennent finalement l’aval sur le récit.

Les traits de la mangaka sont fins, légèrement simplifiés. Il se dégage beaucoup de sensualité des visages des personnages. La mise en page est dynamique. La maîtrise des angles de vue facilite la lecture. Kusabi sensei laisse quelques indices graphiques tout en maintenant le suspense. Elle utilise les trames pour colorer ou ombrer. Les décors sont très présents. Les souvenirs de Tetsuo, qui possède une excellente mémoire photographique, sont justement illustrés par des images en négatif. En milieu de tome, un organigramme représentant les protagonistes permet de se situer dans l’histoire. Par ailleurs, des fiches détaillées sont disponibles en bonus en fin de volume. Comme les scènes érotiques ne sont pas censurées, certains passages peuvent paraître un peu violents, mais cela correspond à l’ambiance.

En résumé

Le lieutenant Amane Kairi (30 ans) fait partie de l’élite de la police même s’il est plutôt violent. Enquêtant sur la drogue « maze », il n’hésite pas à utiliser des moyens peu conventionnels pour obtenir des aveux ou des renseignements. Un soir, dans un bar, il se rapproche d’un certain Kanô Tetsuo (28 ans) en lui proposant une drogue. Ils finissent alors à l’hôtel. En réalité, il cherche à recruter cet ancien policier qui a quitté son service deux ans auparavant, suite à une affaire traumatisante. Les voilà donc à devoir faire équipe au sein de la cellule spéciale du Bureau d’investigation, où d’anciens criminels officient, pour retrouver l’homme « à la capuche rouge »…

En conclusion

Malgré les 292 pages, j’ai dévoré ce tome d’une traite. J’aime beaucoup la relation qui se lie entre Tetsuo et Kairi, d’abord charnelle puis, peu à peu, complétée par des sentiments avec une approche vers la guérison. Pour moi, c’est un véritable coup de cœur! Par contre, certains lecteurs pourront être gênés par les ébats plutôt violents et le côté bitch de Kairi.
Mise à jour: Ce titre a obtenu la sixième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2020.

Inside full bloom – Kuki Wakame

inside full boom kuki wakame

KUKI Wakame 久喜わかめ
ISBN: 9782368776995
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801964105 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« La mélancolique histoire d’amour de deux jeunes hommes profondément blessés qui, ensemble, vont apprendre à se reconstruire. »

Pour son premier manga, Kuki Wakame sensei offre un one-shot au ton poétique et dramatique. Elle met en parallèle le langage des fleurs avec les sentiments de ses personnages. Comme une fleur qui s’épanouit jour après jour, Kana et Keigo, profondément blessés, s’ouvre douloureusement l’un à l’autre. Leur relation d’abord conflictuelle contrecarre tout consentement. Malgré une compatibilité sexuelle, leur caractère s’oppose. Ainsi, l’auteure aborde deux approches différentes: Kana préfère le secret alors que Keigo affirme ouvertement son orientation sexuelle. Pourtant leurs traumatismes influent énormément sur leur relation amoureuse. Même si des sentiments se développent au fil des discussions, leurs ébats, souvent forcés et parfois gratuits, occultent tout romantisme, brouillant un peu l’appréciation de l’histoire. Le scénario pêche donc légèrement par manque d’expérience mais se tient parfaitement.

La mangaka a un trait fin et épuré, assez anguleux. Elle a tendance à utiliser des touches et des lignes peu liées, donnant un aspect encore croquis pour les yeux ou la bouche. De même, elle se focalise sur certains détails comme les regards et tient compte du mouvement des cheveux. Elle maîtrise déjà son graphisme, beau et aéré, n’hésitant pas à simplifier et caricaturer les traits pour les passages humoristiques. Elle utilise peu de trames d’ambiance. Ses décors permettent de situer les actions. Ses cadrages et quelques angles de vue recherchés dynamisent la lecture. Les scènes érotiques ne sont pas censurées et plutôt détaillées. Sous la jaquette, il y a deux illustrations présentant Kana et ses amis.

En résumé

Saitô Kanaru est invité par ses amis Oshibu et Ono à un gôkon. Peu motivé, il accepte malgré tout, espérant passer une simple soirée à boire. Mais les étudiantes arrivent à deux accompagnées d’un garçon, Miura Keigo, qui remplace une fille qui s’est désistée. Au fil de la conversation, ce dernier annonce ouvertement qu’il est gay. Surpris et troublé, Kana se raffraîchit aux toilettes mais Keigo l’a suivi, ayant deviné que l’étudiant cachait son orientation sexuelle. Alors que Miura commence à lui faire des avances discrètes, Saitô boit plus que de raison et finit par perdre conscience. Il se réveille plus tard en plein ébats avec Keigo. Le lendemain, de retour chez lui, il s’effondre, ne pouvant contenir ses souvenirs traumatisants de l’époque du lycée.

en conclusion

Kana et Keigo pansent leurs blessures intérieures dans la douleur. Certains lecteurs pourront être gênés par les scènes non consenties. Personnellement, mes sentiments sont mitigés: j’ai apprécié cette vision de l’amour assez sombre, mais je trouve dommage que Keigo ne trouve de solutions qu’à travers la soumission sexuelle. D’autant plus que j’adore particulièrement le personnage de Kana. Placée 20ème au classement des nouveaux venus du Chill Chill BL award 2019, j’attends avec impatience de voir les prochaines œuvres de Kuki sensei.

La bande des obstinés – Hiiragi Nozomu

la bande des obstines hiiragi nozomu

HIIRAGI Nozomu 柊のぞむ
ISBN: 9782368771099
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877248550 (JP)
Kaiohsha, 2008 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

L’amour se développe parfois dans des situations improbables…

Dans ce recueil, Hiiragi Nozomu sensei propose cinq histoires aux styles variés, avec, pour certaines, un contexte recherché même si leur traitement reste superficiel. Elle maîtrise la narration pour un format court en intégrant l’essentiel. La première histoire donne son titre au manga et introduit un triangle amoureux dans une situation hilarante, avec deux obstinés et un beau gosse une peu benêt. L’histoire bonus permet de voir l’évolution du couple. « Pourquoi je t’aime » questionne sur le sentiment amoureux. Le troisième récit est plus sérieux avec deux protagonistes blessés et traite du suicide et de la culpabilité suite à un décès. « Un mouton » a un ton plus léger sur le paraître et la chaleur des sentiments. La dernière histoire préserve le suspense jusqu’au bout sur les liens qui unissent un médecin et un patient.

La mangaka utilise un graphisme simple, avec un petit côté mignon qui sied parfaitement au genre humoristique de son récit. Ses personnages SD sont adorables. Les visages sont expressifs et variés; les âges sont bien marqués. Les décors sont rares, laissant la place à quelques trames d’ambiance. Le cadrage dynamique et les angles de vue variés accompagnent les raccourcis et les actions. Deux yonkoma en fin de tome concluent la romance de Nobunaga. Les histoires se concentrant sur l’évolution des sentiments, le lecteur se contentera de baisers.

En résumé

Obstinate fellows! / Obstinate after: Depuis qu’Aoyama Musashi a interrompu une de ses bagarres et s’occupe de lui, Sakamoto Yuu est tombé amoureux de son unique ami. Alors qu’il se masturbait dans les toilettes en pensant à son amour, il est surpris par Nobunaga, un ami d’Aoyama, qui en profite pour le faire chanter et en fait son esclave.
Pourquoi je t’aime: Komaki a le coup de foudre pour Todoroki, président du club d’arts plastiques. Mais des rumeurs circulent sur ce dernier: il serait le fils d’un yakuza. Pour ce motif, le lycéen est isolé. Cependant, cela n’arrête pas le naïf Komaki qui s’interroge sérieusement sur ses sentiments.
Plus & moins: Itsuki s’est cassé le doigt. A l’hôpital, il est bousculé par le déplaisant Nachi qui a un bras en écharpe et porte toujours des lunettes de soleil. Piqué d’intérêt, l’étudiant le croise à nouveau dans un café et tente de sympathiser.
Un mouton: Okachimachi Yuri joue les élèves modèles car il aime avoir tout le monde à ses pieds. Mais suite à une erreur de décalage de réponses, il se retrouve au rattrapage. Il tombe de sommeil après trois jours intenses de révisions. C’est à ce moment qu’il est surpris par Tamura Shinobu qui lui déclare son amour!
Reviens-moi: Comme il manque des chambres à l’hôpital, le psychiatre Tamaki accepte d’accueillir chez lui un allemand amnésique, Tot. Mais la présence de l’affectueux patient fait remonter de douloureux souvenirs…

En conclusion

A cause du format court, la mangaka n’approfondit pas ses histoires qui proposent pourtant des contextes intéressants. C’est dommage! La lecture est tout de même agréable.

Rouge – Katsura Komachi

rouge katsura komachi

KATSURA Komachi 桂小町
ISBN: 9782368775592
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784796408646 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Il a les lèvres pleines de sang… Comme s’il avait mis du rouge à lèvres. »

Dans ce recueil, Katsura Komachi sensei présente deux romances sur fond dramatique. « Rouge » plonge le lecteur dans un lycée où des délinquants rivalisent. Parmi eux, Kaga Aï a subi des violences sexuelles et est complètement dévoué à son sauveur Yamato. L’arrivée de Nagato va chambouler l’équilibre précaire du lycée et permettre de libérer Aï. La romance se développe un peu vite en deux chapitres. De plus, les protagonistes ont des caractères peu approfondis, assez basiques et clichés. La seconde histoire demeure plus dans les questionnements plutôt que les sentiments. Le thème est la difficulté pour un homosexuel d’assumer son couple face à la pression sociale et l’insécurité à fréquenter un hétérosexuel ou un bisexuel. Malheureusement, l’humour et les moments tendres prennent le dessus. L’arrivée d’un rival gay permet de compléter les réflexions. Ces récits sont plutôt traités avec légèreté malgré une certaine dureté et restent principalement touchants et mignons.

Les traits soignés et épurés de la mangaka sont fins et anguleux. Ses personnages ont de grands yeux , des corps sveltes, même maigres. Les cadrages sont plutôt classiques. Les décors permettent de situer immédiatement les scènes. Quelques trames illustrent l’ambiance. L’auteure privilégie les aplats noirs, en particulier pour les cheveux et les vêtements, et les contrastes. Le découpage des scènes érotiques se concentre sur les sentiments et les sensations des protagonistes et évite la censure.

En résumé

Rouge / Bonus: Nagato est violent et a été viré de son école pour avoir frappé un professeur. A peine transféré dans son nouveau lycée, ce fils de poissonniers se bat avec le chef menant les premières, Kanzaki. Il attire alors l’attention de Yamato qui dirige le clan des terminales en guerre contre les voyous de première. Ce fils de yakuza a installé sa réputation en sauvant Kaga Aï, un jeune élève de seconde, du joug de l’ancien terminal Yata qui l’utilisait comme jouet sexuel. Intrigué par le nouveau , Aï rend visite à Nagato qui le prend pour une fille. Vexé, il l’étale d’un coup de poing. Mais Nagato souhaite prendre sa revanche et colle de plus en plus le subalterne de Yamato. Il est d’autant plus déterminé depuis qu’il a entendu les terribles rumeurs concernant ce dernier. Un étrange lien se noue alors entre les deux lycéens.
L’amour attend son tour / L’amour arrive enfin: Haruna, gay, a rencontré Ryûta dans le bar de son amie Yumi. Ryû, même s’il est moine bouddhiste, profite pleinement des plaisirs de la vie. Souhaitant expérimenter une relation homosexuelle, il provoque Haruna qui accepte de devenir son sex friend. Un soir, le jeune gay surprend son amant dans le lit avec une femme. Il comprend alors qu’il est tombé amoureux!

En conclusion

Les deux récits sont touchants mais « Rouge » se démarque clairement du reste par son traitement. Le graphisme agréable dégage une certaine sensualité, mais parallèlement, il n’y a que des ikemen! Par contre, Nagato qui se retient et reste à l’écoute d’Aï est rafraichissant.

Orpheus of midnight – Billy Balibally

orpheus of midnight billy balibally

BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782375061435
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784799731697 (JP)
Libre, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Je ne peux pas dormir, j’ai peur de rêver. »

Dans ce one-shot, Billy Balibally sensei propose de suivre la guérison de l’insomniaque Fujimine Kazushi grâce à une cohabitation un peu spéciale. Sous forme de tranches de vie, elle présente l’évolution du cauchemar, retissant le lien avec le passé puis les connexions entre le fils et le père. L’auteure se focalise principalement sur la psychologie de ses personnages, exprimant bien leurs sensations. De ce fait, elle ne développe pas trop la relation romantique, ni les questionnements que se posent les protagonistes. De plus, la dépendance entre Fujimine et Wakuba brouille légèrement la compréhension de leurs sentiments. Au cours de l’histoire, Billy sensei introduit d’autres personnages également touchés par l’évènement qui a bouleversé la vie des Fujimine.

La mangaka possède un style graphique assez classique des BL contemporains mais son traitement des yeux est assez particulier. Son trait est doux et fin. Elle utilise des déformations, des simplifications ou des exagérations pour rendre les passages humoristiques ou renforcer l’expressivité avec de grands yeux brillants tous mignons. Les visages sont ovales, les carrures de certains personnages bien masculines. Les trames d’ambiance renforcent l’atmosphère. Les cadrages dynamiques accompagnent le mouvement de lecture. Les cauchemars se détachent de l’ensemble, jouant sur les clairs-obscurs. Les illustrations de début de chapitre rappellent les œuvres d’art nouveau, mêlant loup et mouton en symbolique. Les scènes érotiques restent plutôt sobres. Le chapitre bonus mêle à la fois des yonkoma et des planches. La couverture a obtenu la première place, méritée, au classement du Chill Chill BL award 2017.

En résumé

Fujimine Kazushi est insomniaque: suite à un stress post-traumatique lié à son enfance, il a peur de dormir car le même cauchemar hante ses nuits. Après avoir cumulé quelques nuits blanches au bureau, il tente de combattre la fatigue en prenant un café. Mais en entendant la voix douce et grave de Wakuba, du services des ventes, il s’effondre en succombant au sommeil. A l’infirmerie, à moitié endormi, il demande à son sauveur de continuer à parler car sa voix l’apaise. Surpris, Wakuba décide de rester avec lui pour la nuit. En voyant Kazushi rafraîchi après une bonne nuit de sommeil, il propose alors de dormir chaque soir avec lui…

En conclusion

J’aurais bien aimé voir une romance entre le thérapeute Kota Harumi et son ami Fujimine Kazuomi. Même si le thème de départ était intéressant, je trouve que Billy sensei perd par la suite le fil de son récit en se focalisant trop sur le jeu des cauchemars et des ténèbres. Alors que l’histoire avait un ton réaliste, une touche un peu fantastique s’ajoute au tout, tombant dans le côté mignon. C’est dommage!

Twittering birds never fly 1 – Yoneda Kou

twittering birds never fly 1 yoneda kou

Yoneda Kou ヨネダコウ
ISBN: 9782351807682
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784813030133 (JP)
Taiyohtosho, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Un yakuza débauché qui ne désire pas être aimé par celui qu’il aime. Le masochisme jusqu’au bout!

Yoneda Kou sensei présente une histoire d’amour dans le milieu de la mafia japonaise, avec un yakuza masochiste et son garde du corps impuissant. Le ton est réaliste. L’auteure maîtrise parfaitement son scénario et la relation amoureuse semble n’être qu’un détail. Elle se concentre surtout sur le psyché de ses personnages. La narration est faite du point de vue de Yashiro. Le passé est révélé au compte goutte: pour Dômeki, l’arrivée de sa sœur permet d’introduire l’essentiel alors que l’enfance de Yashiro occupe un chapitre à part entière. Ce premier tome met surtout en place les protagonistes.

La mangaka utilise un découpage cinématographique. L’équilibre des décors et la maîtrise des trames de coloration et d’ombre permettent d’ancrer facilement les scènes dans le temps et l’espace. Les traits fins sont assez réalistes: les hommes ont différentes carrures. Tous les genres sont représentés, tous les âges. Certains yakuza ont vraiment une tête antipathique ou patibulaire. La censure se fait par abstraction de détails. Les illustrations de début de chapitre mettent en scène les personnages avec un oiseau.

En résumé

Don’t say gold: Yashiro cherche à recruter Kuga (22 ans), un jeune chien fou qui est en train de massacrer ses hommes. Il le laisse chez son ami d’enfance et médecin Kageyama (36 ans). Mais l’homme fétichiste des cicatrices et brûlures est peu à peu attiré par le jeune homme.
Twittering birds never fly: Yashiro est le boss du clan Shinsai. Ce yakuza masochiste dépravé, embauche comme garde du corps Dômeki Chikara (25 ans), un homme taciturne impuissant.
A la dérive,sans couler, sans un cri: Au lycée, Yashiro cache ses bleus sous des manches longues même en été. Mais dans sa classe, Kageyama n’arrête pas de lui offrir des sparadraps. Une amitié se développe entre les deux lycéens solitaires: Yashiro satisfaisant sa libido masochiste avec des hommes peu recommandables et Kageyama, fétichiste des cicatrices…

En conclusion

Pour l’instant, la mise en place de l’histoire permet surtout de repérer les différents liens entre les personnages, spécifiquement la relation ambigüe entre Yashiro et Kageyama. Ce tome a obtenu la première place bien méritée du meilleur manga au Chill Chill BL award 2014.