Deadlock 4 – Aida Saki et Takashina Yuh

deadlock 4 aida saki takashina yuh
AIDA Saki 英田サキ
TAKASHINA Yuh 高階佑
ISBN: 9782375062586
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784199608162 (JP)
Tokuma shoten, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Dick, même si on ne devait plus jamais se revoir, je m’en souviendrais toute ma vie. »

Aida Saki sensei amène Yûto à s’interroger sur ses sentiments et à l’homosexualité. Elle montre la difficulté de concilier relation et travail, de se projeter dans un avenir incertain malgré les sentiments. Pour Lenix, la famille reste importante et ne se sacrifie pas au nom de l’amour. Pourtant, sa rencontre avec Banford lui permet d’évoluer et de reprendre en main son destin. D’ailleurs la narration se concentre toujours sur l’enquêteur du FBI. L’auteure met également en avant l’incohérence des projets politiques sur les prisons, les annonces fortes pour rassurer la population incompatibles avec les réelles conditions carcérales. En effet, la modernisation des systèmes de sécurité et les investissements courts priment sur les réels manques à combler. Deux chapitres bonus permettent d’en découvrir plus sur Dick, dont son enfance. De même, le bonus en roman présente la version du récit selon le point de vue de l’agent de la CIA.

Le trait léché légèrement épuré de Takashina Yuh sensei dégage beaucoup de sensualité. Elle porte attention aux détails et aux petits gestes. Les décors situent principalement l’action. Comparé au tome précédent, la mise en page dynamique est plus aérée, traduisant graphiquement l’esprit de liberté qui s’installe. La mangaka tire profit des vides et des ellipses pour renforcer la suspension des sentiments. Elle joue également sur les trames d’ambiance pour ajouter une sensation de rêve ou de doux souvenirs. Dans les scènes érotiques, elle censure les organes sexuels en ne les dessinant pas. De même, le choix des angles de vue permet d’en montrer moins. La couverture avec Yûto donne un indice sur le dénouement. Par ailleurs, la postface révèle quelques anecdotes sur la création.

En résumé

Pendant l’émeute, Dick Banford et Yûto Lenix ont trouvé refuge dans la réserve. Infiltré pour la CIA, Dick projette de s’enfuir lors de l’intervention de la garde nationale afin de poursuivre Corbus. Il propose alors à Yûto de l’accompagner mais ce dernier refuse. Contrairement à son codétenu, il a un casier judiciaire et ne souhaite pas le gêner dans sa quête de vengeance. Cependant, il réalise qu’il est amoureux de Dick, éprouvant même de la jalousie quand il parle de son défunt partenaire. En partageant leur peine et réalisant que leur séparation sera sûrement définitive, les deux hommes se rapprochent et finissent par céder à leur attirance mutuelle.

En conclusion

La fin de ce tome donne envie de découvrir la suite dans les romans. On se retrouve à la fois frustré et heureux. La romance apporte un plus mais n’est pas vraiment le cœur de l’histoire. Cette série plaira donc à tous ceux qui aiment les récits policiers.

Deadlock 3 – Aida Saki et Takashina Yuh

deadlock 3 aida saki takashina yuh
AIDA Saki 英田サキ
TAKASHINA Yuh 高階佑
ISBN: 9782375062418
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784199608148 (JP)
Tokuma shoten, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Le doute s’installe après la découverte d’un nouveau suspect non répertorié…

Aida Saki sensei dépeint avec finesse le sentiment de culpabilité d’une victime de viol, les émotions contradictoires et la difficulté à surmonter ce traumatisme. Elle montre également comment une émeute peut se déclencher facilement dans une prison. Par ailleurs, elle révèle un peu le passé de Dick. Alors que Lenix résiste à l’esprit de vengeance, Banford reste prisonnier de l’engrenage de ce sentiment. L’enquête sur Corbus est remise en cause avec l’apparition d’un suspect non répertorié dans la liste. Les pièces du puzzle s’assemblent peu à peu. Toutefois, l’auteure conclut rapidement l’enquête en révélant son visage. A travers l’organisation terroriste White heaven, elle interroge les motivations de Corbus. Elle dénonce aussi la concurrence entre le FBI et la CIA qui, en ne partageant pas leurs informations, se gênent dans leurs enquêtes. De même, les deux organisations ne déploient pas les mêmes moyens.

Takashina Yuh sensei a un trait léché légèrement épuré. Elle dessine bien les musculatures. L’équilibre des trames renforce le réalisme du récit. De même, les décors sont présents dès que le cadrage s’élargit. En revanche, les scènes d’action, plutôt bien rendues, se résume à l’essentiel. La mise en page est dynamique. La mangaka occulte quelques traits des parties intimes dans les scènes érotiques. Elle joue sur la vapeur de la douche pour éviter de donner trop de détails. D’ailleurs, elle se focalise plutôt sur les sensations et les sentiments des personnages. En début de tome, une présentation des protagonistes permet de se repérer rapidement dans le récit. Comparé au tome précédent qui se focalisait sur le duo d’amis, la couverture met en avant Dick tout en posant quelques indices.

En résumé

Piégé par BB, avec la complicité de Hose et du gardien Owen, Yûto Lenix a été violé dans les douches. Quand il se réveille à l’infirmerie, Dick Banford se trouve à ses côtés. Malgré la rage et la proposition de son codétenu, l’ancien policier refuse de se venger. Toutefois, il demande une analyse sanguine. Allant mieux, Michael Ronini et Nathan Clarke lui rendent visite. En revanche, lors de sa déposition, Lenix feint ne pas avoir vu son agresseur. Suivent alors Rivera Ernesto et Tonya, mais Neto ne supportant pas de voir son ami blessé, s’éclipse. Yûto apprend alors que suite au décès de Choker, la tension est palpable entre le gang Loco Hermano et celui des Black soldiers. Quatre jours plus tard, Lenix, allant mieux, est autorisé à prendre une douche. Dick l’accompagne. Mais les souvenirs affluant, l’ancien policier panique…

En conclusion

Ce tome intense en émotions arrive à créer la surprise jusqu’au bout. Même si les sentiments entre Yûto et Dick évoluent, ils ne sont pas centraux. Cette histoire met réellement en avant l’enquête policière. Connaissant le roman, je n’ai pas eu la grande surprise attendue mais je trouve que cela est parfaitement bien amené dans le manga. Je regretterai presque d’avoir déjà lu le roman!

Deadlock 2 – Aida Saki et Takashina Yuh

deadlock 2 aida saki takashina yuh
AIDA Saki 英田サキ
TAKASHINA Yuh 高階佑
ISBN: 9782351809846
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784199606373 (JP)
Tokuma shoten, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Sa gentillesse me touche plus que celle des autres. »

Aida Saki sensei met en avant les intrigues politiques qui se trament entre les gangs. Elle dénonce l’industrie carcérale avec la privatisation des prisons. Elle fait avancer l’enquête de Yûto en parallèle, maintenant le suspense. L’ancien policier s’attache de plus en plus à son compagnon de cellule et aimerait mieux le connaître. Toutefois, leur relation n’est pas stable. Lenix va également trouver un allié de poids avec Neto. Élevé dans une famille multiculturelle, il s’interroge sur sa place dans ce milieu qui se divise selon les ethnies. De même, il réalise sa rapide adaptation aux nouvelles règles carcérales. Par ailleurs, l’auteure montre l’influence de l’environnement carcéral et de l’isolation sur les psychologies, ainsi que les différentes réactions selon le caractère. Alors que Yûto perd patience et a tendance à réfléchir sur lui-même, Neto semble parfaitement maitriser ses états d’âme et Dick, résigné, voit l’isolement comme des vacances.

Takashina Yuh sensei a un trait épuré léché. Elle porte attention aux petits gestes, aux regards. Elle varie les angles de vue. Quelques trames d’ambiance viennent appuyer les émotions. En revanche, les fonds noirs et les trames sombres renforcent les moments dramatiques. De même, les décors rappellent constamment l’enfermement. La mise en page est donc dynamique et très esthétique. Les scènes d’action, rapides, se concentrent sur les mouvements clés. Par ailleurs, la mangaka ne détaille pas les scènes érotiques mais exprime clairement la violence des viols.

En résumé

Gayren, le chef des ABL, a tué son petit ami Lindsay Scott qui le trompait. Yûto Lenix ne comprend pas pourquoi Dick Banford et Nathan Clark l’empêchent de le dénoncer aux gardiens et préfèrent retourner en cellule. D’ailleurs, l’alarme sonne rapidement. Face à la colère de son compagnon de cellule, l’ancien policier se calme. Après 24h d’enquête, le pénitencier reprend son train-train, n’ayant pas trouvé de coupable. En effet, tous les détenus se sont tus, redoutant les représailles du gang. Alors que Hose cherchait Matthew Cain, Michael Ronini s’inquiète de la longue absence de son jeune protégé. Quand un détenu l’informe l’avoir vu avec Bernard, un pédophile sadique, il panique et fonce à sa recherche. Mais, il arrive trop tard et trouve le jeune homme gravement blessé. Fou de rage, Mickey décide de le venger malgré les risques.

En conclusion

Comparé au tome précédent, l’histoire devient plus dramatique. Takashina Yuh sensei arrive parfaitement à suggérer la violence sans entrer dans les détails, marquant tout de même les esprits à la lecture. Le suspense, constamment au rendez-vous, s’efface lors des petits échanges quotidiens. La fin du tome transforme l’attente de la suite en véritable torture.

Deadlock 1 – Aida Saki et Takashina Yuh

deadlock 1 aida saki takashina yuh
AIDA Saki 英田サキ
TAKASHINA Yuh 高階佑
ISBN: 9782351809808
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784199605284 (JP)
Tokuma shoten, (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Enquête dans le milieu carcéral.

Après avoir introduit une intrigue autour de Yûto, Aida Saki sensei ajoute une enquête parallèle avec la recherche d’un terroriste surnommé Corbus. Pour l’instant, elle présente principalement les personnages ainsi que les liens qui se forment. Bien que Dick se montre secret et distant, il s’ouvre petit à petit à Yûto. L’ancien policier, quant à lui, découvre le microcosme que représente la prison, avec les tensions ethniques exacerbées, les psychologies déviantes, la pression explosive. D’ailleurs, l’auteure dépeint avec un certain réalisme le milieu carcéral américain. Elle montre la corruption, le marché noir, le fonctionnement des gangs, la violence latente. Elle aborde également l’injustice générée par les règles internes qui se construisent au sein du pénitencier. Malgré des tensions avec les détenus, Yûto trouve également des amis. En fin de tome, un chapitre romancé donne une anecdote amusante sur Dick.

Takashina Yuh sensei a un trait épuré plutôt léché avec quelques pleins et déliés. Elle varie les styles, les morphologies, permettant d’identifier rapidement les personnages même de loin. En revanche, certains hommes ressemblent beaucoup plus à des gravures de mode qu’à des criminels. Les trames d’ambiance se font très discrètes pour ne pas trop casser l’ambiance réaliste. D’ailleurs, les décors sont présents, mais pas envahissants, dès que l’angle de vue s’élargit un peu. Pour l’instant, la mangaka suggère, avec subtilité, la violence sans montrer les détails. Et il n’y a pas de scènes érotiques.

En résumé

Yûto Lenix (28 ans), ancien agent de la brigade des stups de New York, est transféré au pénitencier de Schelger. Bien qu’il clame son innocence, il a été condamné pour le meurtre de son collègue Paul Mc Lane. Dès son arrivée, il attire l’attention du chef des Black soldiers, Bob Trankler, alias BB, qui compte faire de lui sa femme. Il sympathise d’abord avec le jeune Matthew Cain, arrivé en même temps que lui. Ce dernier, malchanceux, se retrouve au bloc ouest A qui rassemble des criminels violents, à cause du manque de place dans la section des peines légères. Michael Ronini et son compagnon de cellule, Nathan Clarke, les emmènent alors au réfectoire. En effet, Mickey dirige une partie du marché noir et prend soin des nouveaux et potentiels futurs clients. Mais alors que BB agresse déjà Yûto, Dick Banford, le codétenu de Lenix, intervient.

En conclusion

L’adaptation du roman d’Aida Saki sensei en manga respecte bien le scénario. Le suspense côtoie constamment les moments du quotidien. J’apprécie cette adaptation du roman. Alors, même si je rate quelques tensions connaissant déjà la fin, j’aime voir l’interaction entre les personnages, leurs réactions, les petits gestes, les réflexions.