Two sides of the same coin 2 – Nishimoto Rou

two sides of the same coin 2 nishimoto rou
NISHIMOTO Rou 西本ろう
ISBN: 9782368777428
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784829686294 (JP)
Printemps shuppan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Dites, vous savez ce que c’est, le bonheur? »

Nishimoto Rou sensei base maintenant la narration du point de vue de Kôsuke. Elle dévoile au fur et à mesure le passé traumatisant du boxeur tout en posant des indices sur son projet de vengeance. En parallèle, elle oblige son héros à s’interroger sur ses sentiments naissants mais immoraux. Yoshida Takahiro révèle son vrai visage, utilisant les deux garçons pour son profit personnel. Toutefois, Yûji qui s’est pris en mains, agit maintenant et se bat pour changer les choses. L’auteure continue à dépeindre la perversion du père qui s’avère être un véritable monstre violent, abusif et dont l’ego démesuré l’entraîne dans le déni total de ce qui l’entoure. Minase et Hishiya vont évoluer, mûrir suite aux chocs et aux décisions qu’ils vont prendre pour leur bonheur commun.

La mangaka a un trait magnifique. Elle varie beaucoup les expressions du visage jouant sur les nuances. D’ailleurs, les émotions de Kôsuke se devinent immédiatement. L’utilisation des trames est équilibrée. De même, les décors sont soignés. Nishimoto sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle les détaille même avec des coupes intérieures. Elle donne sa postface sous la jaquette avec une planche révélant ce que sont devenus les deux héros. Les couvertures du premier et du second tome mises côte à côte forment une seule illustration.

En résumé

Pendant son sommeil, Hishiya Kôsuke se souvient de son enfance. Il ne fait plus confiance aux gens depuis qu’il a failli se faire violer par un homme qui lui avait proposé le logis pendant que son père était avec sa mère. Le lendemain matin, Minase Yûji réitère encore ses sentiments envers le boxeur. Durant une pause sur le chantier d’archéologie, Miki aborde Kô et lui explique alors que l’étudiant, plutôt asocial, est souvent mis à part dans l’équipe. Sa présence étonne donc tout le monde car il est difficile d’obtenir un tel poste. Alors quand des élèves médisent sur son bienfaiteur, Kôsuke le défend. Mais, touché par la gentillesse de Yûji, il commence à culpabiliser de son rapprochement avec celui qu’il a pris en réalité pour cible…

En conclusion

Attention! Ce tome peut choquer car il est question d’inceste (avec un père abusif et une relation entre demi-frères). Sa lecture demande donc de prendre une certaine distance. Je suis émue par ce récit où deux familles sont détruites à cause d’un seul individu à l’ego démesuré. Les deux jeunes adultes ne peuvent que constater leur impuissance et cherche à évacuer leur sentiment de culpabilité en trouvant un bouc émissaire. Pourtant, en affrontant leurs peurs, ils vont réussir à évoluer et trouver enfin le bonheur.

Two sides of the same coin 1 – Nishimoto Rou

two sides of the same coin 1 nishimoto rou
NISHIMOTO Rou 西本ろう
ISBN: 9782368777411
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784829686287 (JP)
Printemps shuppan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Quelle est cette force capable de rapprocher inexorablement deux êtres ignorants de leur existence mutuelle? »

Nishimoto Rou sensei narre un drame sentimental avec un étudiant passif, complexé par rapport à son père, mais qui évolue grâce à l’amour. La narration donne le point de vue de Yûji. Même si il apparaît au premier abord comme un fils modèle, il subit en réalité la pression de son paternel qui l’a rejeté depuis qu’il ne répond plus à ses attentes. De même, Kôsuke qui semble frivole et fort cache en réalité ses faiblesses. Son masochisme traduit sûrement un certain mal-être. L’auteure révèle au fur et à mesure le passé de Yûji ainsi que les liens qui relient ses personnages. Par ailleurs, elle pose des indices tout en maintenant le suspense. L’image du père de Yûji, parfaite aux yeux de la société, se dégrade au fil du récit. Son fils éprouve une attirance sans borne pour Kô même si cela n’est pas forcément réciproque.

La mangaka a un trait légèrement épuré assez réaliste. Elle dessine des personnages plutôt musclés. Elle travaille particulièrement les expressions du visage. Les trames d’ambiance se font très discrètes. De même, l’usage des trames est équilibré entre ombres et colorations. Par contre, les décors situent principalement l’action en restant tout de même assez précis. La mise en page simplement dynamique rythme la lecture et ménage le suspense. Nishimoto sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle les décrit même avec beaucoup de détails.

En résumé

Deux semaines après l’enterrement de sa mère, Yûji découvre que son père entretient une relation adultère. Comme sa mère s’est sacrifiée pour satisfaire ce commissaire autoritaire et soucieux de sa réputation, l’étudiant d’abord chamboulé, enrage. Il décide alors de rejoindre son senpai, Yoshida Takahiro, à une soirée. Dans sa précipitation, il bouscule un beau boxeur qui lui vole un baiser pour s’excuser. Mais après un verre d’alcool, Yûji sombre rapidement. Quand il reprend conscience, il réalise que la soirée entre étudiants a dégénéré en partouse. En plus, Yoshida le photographie en plein ébats. Redoutant les réactions de son père, il fuit. Mais en allant aux toilettes, il est embarqué de force dans un match de boxe illégal qui se déroule au sous-sol et se retrouve aux pieds de Hishiya Kôsuke. Est-ce un hasard?

En conclusion

Attention, certaines scènes peuvent choquer! Les relations ne sont pas forcément très consenties au début. En plus, la relation qui se lie entre Kô et Yûji n’est pas des plus saines au départ. Mais pour ma part, j’apprécie beaucoup le dessin de la mangaka, le récit et la tournure que prend les évènements. J’ai hâte de lire la suite. Nous avons heureusement la chance d’avoir les deux tomes publiés en même temps, comme au Japon.

Un nom, pour nous deux 2 – Agata Ito

un nom pour nous deux 2 agata ito
AGATA Ito あがた愛
ISBN: 9782368777442
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784813032380 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Titre original: 僕等に名前をつけるなら 下
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« Je peux prendre ta première fois, grand frère? »

Agata Ito sensei continue sa romance incestueuse. Comme dans le premier tome, la narration donne principalement le point de vue de Toosaka. Cependant, le chapitre spécial et le chapitre bonus se concentrent sur Kaoru et permettent de découvrir un peu son passé. Contrairement à son aîné qui se sent homosexuel dès le départ, il s’interroge sur sa sexualité et ses sentiments envers son frère. De même, il patiente et respecte les hésitations d’Izumi, lui laissant le temps de prendre ses décisions en gardant une certaine distance et en n’imposant pas ses désirs. L’auteure analyse avec précision leurs émotions. En plus de leur relation particulière, elle ajoute les interrogations classiques du regard extérieur de la société sur les couples gay. Malgré l’interdit, les deux héros vont assumer leur relation.

La mangaka fait attention aux détails, aux petits gestes et aux regards fuyants. Par exemple, elle ajoute en commentaire avoir attaché beaucoup d’importance à la coloration des cheveux de Kaoru qui s’estompent, mais je trouve que le changement de trames est très discret et se remarque peu. En revanche, dans le chapitre spécial, ce détail permet de se repérer dans l’enchainement des flash-back. Par ailleurs, Agata sensei utilise beaucoup de trames différentes, assombrissant parfois les pages. Les décors sont toujours aussi présents. La mise en page reste classique. Dans les scènes érotiques, de fines bandelettes blanches censurent les parties intimes.

En résumé

Au petit matin, alors que Yano Kaoru déclarait ses sentiments à son grand frère tout en le touchant, il reçoit l’appel de Sekiya, une collègue de sa mère. Cette dernière a été conduite à l’hôpital suite à un accident. Inquiet, il décide d’aller la voir à Kyoto, son beau-père étant injoignable. Toosaka Izumi l’accompagne alors. Bien que voyant sa mère après tant d’années, l’aîné ne lui révèle pas son identité et culpabilise soudain de ses sentiments pour son cadet. Pourtant, elle semble le reconnaître. De passage à la maison familiale Yano, Izumi remarque alors que Kaoru a conservé précieusement leurs photos d’enfance. Se demandant pourquoi il ne lui avait pas transmis sa nouvelle adresse, son petit frère lui avoue avoir éprouver de la jalousie en le voyant dans la rue avec son ex petit ami. Il a alors tout fait pour le retrouver.

En conclusion

Bien que l’auteure aborde le sujet avec justesse, je trouve qu’il manque un peu de profondeur, en particulier sur l’avenir du couple. Le récit se termine sur un happy end. Néanmoins, alors que le déroulement semble tout de même relever du fantasme, l’approche réaliste brouille le message de la mangaka. Hormis leur situation familial, ce titre se résume donc à une simple romance lycéenne. Certains lecteurs risquent d’être choqués par la conclusion. Pour moi, cela reste tout de même une fiction agréable à lire.

Un nom, pour nous deux 1 – Agata Ito

un nom pour nous deux 1 agata ito
AGATA Ito あがた愛
ISBN: 9782368777435
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784813032373 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Titre original: 僕等に名前をつけるなら 上
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« J’aurais préféré ne pas savoir qu’il était mon frère… »

Agata Ito sensei propose de suivre un amour incestueux entre deux frères séparés depuis l’enfance qui se retrouvent dans la même chambre. La narration se concentre principalement sur Izumi, sauf dans le chapitre bonus qui partage les sentiments du jeune Kaoru après la séparation. Comme Yano est méconnaissable, son grand-frère, homosexuel, a le temps de tomber sous son charme avant de réaliser qui il est. Il se retrouve donc tiraillé entre ses sentiments, la peur de l’interdit, son complexe d’être homosexuel et le bonheur de retrouver un frère. N’ayant pu expérimenter les liens fraternels, il s’interroge énormément sur sa position par rapport à Kaoru : aîné, senpai ou amant. D’ailleurs, l’auteure joue sur cette frontière ténue. Elle essaie de donner un ton réaliste à son récit. Elle aborde avec finesse le sujet de l’inceste et le conflit intérieur que cela engendre.

La mangaka a un trait épuré assez classique rappelant le style shôjo. Néanmoins, son dessin est plutôt beau. Par exemple, la canine de Kaoru qui dépasse légèrement lui donne un petit air coquin. Les décors soignés sont très présents. De même, les trames très variées servent principalement à ombrer ou colorer. La mise en page reste sobre et classique avec quelques ellipses et fonds noirs. De fines bandelettes blanches censurent les parties intimes.

En résumé

A chaque rentrée, Toosaka Izumi rêve du dernier jour qu’il avait partagé avec son petit frère Kaoru avant que leurs parents divorcent. Il n’a plus de nouvelles de lui depuis déjà trois ans. Actuellement chef du dortoir dans l’internat de son lycée, il croise un futur résident venu en repérage. A sa surprise, Yano Kaoru se retrouve le lendemain affecté dans sa chambre. Homosexuel, Izumi avait eu une aventure avec son ancien colocataire mais leur relation n’a pu aboutir. En effet, il semble complètement bloqué au moment de passer à l’acte. Étrangement, il s’entend très bien avec Yano qui se montre tactile et prévenant. Pourtant, son ami Hibino lui fait remarquer que Kaoru est froid et distant avec les autres. Pourquoi ce traitement de faveur ? Et pourquoi le parfum du nouveau venu lui semble si familier ?

En conclusion

Ce tome a obtenu la troisième place du meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2020. Alors qu’en France cette histoire peut sembler invraisemblable, c’est tout à fait plausible au Japon. En effet, en droit japonais, la garde alternée n’existe pas pour les divorces. De même, le droit de visite n’est pas respecté. Ainsi, beaucoup d’enfants de parents divorcés perdent tout contact avec leurs frères ou sœurs si ils sont répartis entre les parents. En plus, l’adoption de l’enfant par le nouveau conjoint se fait sans en informer l’autre parent biologique. D’où le changement de nom de famille de Kaoru suite au remariage de sa mère. Il est donc tout à fait logique qu’Izumi ne reconnaisse pas forcément son frère. Malgré un traitement du sujet sérieux, le récit semble assez classique. Mais le suspense de la fin du tome donne envie de vite découvrir la suite!

It can’t be helped – Matsuda Usachiko

it cant be helped matsuda usachiko

MATSUDA Usachiko 松田うさち子
ISBN: 9782368775998
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801956124 (JP)
Takeshobo, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Différents amours désespérés sombres mais tendres, entre inceste, jeux érotiques, initiation et abandon avec un inconnu.

Matsuda Usachiko sensei offre un recueil d’histoires au ton assez réaliste et légèrement sombre. Le format court ne permet pas d’approfondir réellement les histoires et les psychologies. Pourtant, des thèmes intéressants comme le harcèlement, l’inceste, le suicide, la différence d’âge, avaient un fort potentiel. Le premier récit, qui donne son titre au manga, aborde une forte dépendance entre deux frères qui se transforme en inceste. La narration alterne entre les deux garçons. Bien que l’auteure transcrit bien l’immoralité, elle reste trop floue sur leurs sentiments, entre amour et possessivité. « Adam’s romance » est une comédie romantique légère jouant sur le fan service, avec fundoshi et kimono. Malgré son fort potentiel, la troisième histoire présente une romance entre un lycéen et un homme mûr blessés qui se réconfortent dans le sexe, avec une initiation en douceur. Le dernier récit maintient le suspense jusqu’à la fin en brouillant réalité et rêve.

La mangaka a déjà un beau dessin, avec des traits anguleux épurés qui gardent une touche réaliste. Elle apporte un certain soin aux regards. Cependant, ses personnages se ressemblent parfois. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. D’ailleurs, les trames sombres renforcent le ton dramatique de certains passages. La mise en page est assez classique mais efficace. Des hachures blanches censurent les parties génitales, mais les scènes érotiques restent tout de même sensuelles. Sous la jaquette, deux planches mettent en scène tous les personnages qui présentent respectivement leurs petits amis avec humour.

En résumé

Doushiyou mo nai It can’t be helped / What should I do / We’ll find a way / Au quotidien: Takahiro et son petit frère Kôki ont l’habitude de dormir ensemble depuis l’enfance, leurs parents étant souvent absents. Mais quand l’aîné s’est installé seul, travaillant à domicile, Kôki est devenu insomniaque en son absence et a dû le rejoindre, ayant besoin de son odeur pour s’endormir. Passé la vingtaine, il décide enfin de s’installer seul, ayant une petite amie. Mais un mois après, il revient mort de fatigue et trouve son aîné dans un état plus lamentable que lui.
Adam’s romance: Yamato, vendeur de gâteaux traditionnels, aime faire des jeux érotiques costumés avec son petit ami Adam, un homme d’affaires étranger passionné de culture japonaise…
Appelle-moi « Onii-san »: Se faisant harceler au lycée parce qu’il est gay, depuis sa déclaration à un ami, Takeru veut se suicider en se jetant du haut du toit d’un immeuble. Suzuka, le propriétaire de l’immeuble, essaie de le raisonner et lui propose en échange de lui faire perdre sa virginité.
Happy dream man: Himekawa est insomniaque et subit du harcèlement moral à son travail. Un jour, alors qu’il pensait se suicider par ingestion de cachets, un bel inconnu apparaît et lui fait l’amour. Depuis, chaque soir, il a hâte de retrouver Yume dans ses rêves.

En conclusion

Ce recueil a obtenue la septième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2017. Pour sa première œuvre, Matsuda sensei propose des récits ambitieux, comblant les défauts scénaristiques par de nombreuses scènes érotiques. C’est d’autant plus dommage car elle travaille avec soin les psychologies de ses personnages. « Appelle-moi « Onii-san » » est mon histoire préférée: le bonus humoristique sous la couverture permet d’en apprendre un peu plus sur ce couple à la grande différence d’âge ayant beaucoup de points communs. Par contre, la relation incestueuse entre Takashiro et Kôki pourra gêner certains lecteurs, surtout que le cadet a tendance à se montrer parfois violent. Je suis curieuse de voir comment va évoluer l’auteure par la suite.

Brother’s life – Tsuge Amayo

brother s life tsuge amayo

TSUGE Amayo つげ雨夜
ISBN: 9782368770931
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877241216 (JP)
Kaiohsha, 2009 (JP)
Titre original: 兄弟日和
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

De l’antipathie à l’amour…

Tsuge Amayo sensei propose un one-shot relatant une romance amoureuse entre frères. Elle s’intéresse principalement aux sentiments et aux conflits intérieurs des héros qui résistent du mieux qu’ils peuvent à cette relation immorale. Elle dévoile les raisons de leur relation froide au fur et à mesure par flash-back, accompagnant les souvenirs de Kôta. Tetsurô provoque rapidement son petit frère pour le faire avancer. Cet amour qui a toujours couvé éclate avec cette colocation imposée.

Le graphisme de la mangaka est mignon mais inégal. Parfois, les proportions sont mal respectées avec une tête plus large par rapport au corps. Les personnages ont tendance à faire plus jeune que leur âge. Le style très shôjo utilise de grands yeux, des visages plutôt ronds, des cheveux méchés, des rougissements de joues, des profils au nez et menton pointu. L’auteur maintient un bon équilibre entre les décors et les trames d’ambiance. Les couleurs sombres dominent dans les flash-back et les pensées des personnages. Les cadrages sont assez classiques. Les scènes érotiques sont peu nombreuses et ne montrent que l’essentiel. Afin de ne pas frustrer les lecteurs, l’histoire bonus compense en offrant une autre scène.

En résumé

Kôta n’a pas vu son frère aîné Testurô depuis plus de six ans, depuis que ce dernier est parti étudier et travailler à Tôkyô. Ayant quatre ans d’écart, leur relation était assez froide. Ses parents étant partis en mission à l’étranger pour six mois, ils ont demandé à l’aîné de rentrer dans leur maison à la campagne pour surveiller l’étudiant. Mais le malaise entre les deux frères est toujours présent. Pourquoi?

En conclusion

Cette relation incestueuse pourra rebuter certains lecteurs. Mais Tsuge sensei mène très bien son scénario et offre une histoire touchante.

Ani no senaka – Sagami Waka

ani no senaka sagami waka

SAGAMI Waka サガミワカ
ISBN: 9782375060520
Taifu comics, 2017
ISBN: 9784199606052 (JP)
Tokuma shoten, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Il y a des gens dont on n’a pas le droit de tomber amoureux. »

Ce one-shot de Sagami Waka sensei narre une romance mélancolique entre un veuf et son beau-frère, blessés par le deuil d’un être cher. Les héros réfrènent leurs sentiments, obnubilés par l’ombre de la défunte Haruhi. Même si les flash-back sont bien introduits, la culpabilité des deux frères alourdit un peu l’histoire. Quelques passages humoristiques détendent cette atmosphère pesante, mais la douleur des personnages domine le tout. Les atermoiements de Yuki expriment parfaitement la force de son amour. Une certaine symbolique se dégage du récit, illustrée par les arbres qui accompagnent le développement des sentiments entre Yuki et Keiichirô. Les personnages secondaires ne sont malheureusement pas développés. Pourtant le potentiel entre les amis de Yuki et les collègues de Keiichirô, qui sont tous attachants, exhale dans leurs courtes interventions.

Les traits de la mangaka sont assez doux et s’inspirent surtout du style shôjo. Ses cadrages mettent en avant l’esthétique des personnages. L’auteur privilégie l’utilisation des trames au lieu des décors. Elle exprime clairement le temps qui passe grâce aux saisons. Les scènes érotiques sont détaillées, mais les points trop sensibles sont occultés. Sous la couverture, une bande-dessinée en quatre cases confirme la forte amitié de Shindô.

En résumé

Yuki vit avec Komura Keiichirô, le mari de sa grande sœur décédée depuis trois ans. Le jeune homme s’occupe de la maisonnée tout en suivant ses études. Secrètement amoureux de son beau-frère depuis longtemps, il a de plus en plus de mal à supporter cette douce vie entre hommes…

En conclusion

Le titre se traduit par « Le dos de mon frère ». En effet, Yuki s’attache à ce paysage qui traduit son amour distant.

Le carnivore & le végétarien – Kitahata Akeno

le carnivore et le vegetarien kitahata akeno

KITAHATA Akeno 北畠あけ乃
ISBN: 9782368775028
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784813030980(JP)
Taiyôtosho, 2015 (JP)
Titre original: 肉食男子x草食男子
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Le loup et l’agneau version boy’s love: quand le loup se met aux fourneaux pour attendrir au mieux l’agneau!

Dans ce one-shot, il est question de nourriture et de cuisine. Kitahata Akeno sensei présente une relation ambigüe dans une famille recomposée et offre une histoire tendre et amusante avec un prédateur qui mitonne sa proie avec délicatesse. Les métaphores alléchantes et le comportement des deux héros font parallèlement allusion aux expressions à la mode au Japon où les hommes sont classifiés en deux catégories: « carnivore » pour désigner l’homme viril et « herbivore » pour un homme au caractère passif et préférant laisser le pouvoir décisionnaire aux autres. On perd un peu de ce sens dans le titre traduit, le terme de végétarien ayant été privilégié. Cependant, cela reste logique, puisque Yamato a tendance à ne manger que des légumes. Mais il ne faut pas se fier à l’air innocent de cet agneau!

Les traits fins et le graphisme rond des visages donnent un air enfantin aux personnages. Mais cela colle parfaitement à cette doucereuse histoire sentimentale. Peu de scènes érotiques, l’essentiel de ce récit se concentre sur la relation entre les deux protagonistes. Les trames illustrent l’ambiance générale de certaines cases et complètent le graphisme simplifié de la mangaka.

En résumé

Yamato, métis, est complexé et très timide. Son colocataire, Jôji, est au contraire très expansif et a la fâcheuse tendance à le surprotéger mais ce n’est pas sans arrières pensées…

En conclusion

Une légère frustration de ne pouvoir apprécier avec Jôji cet appétissant agneau concocté avec amour et tendresse!