La ville à ta couleur – Umeda Miso

couverture de La ville à ta couleurs d'Umeda Miso, éditions Hana

UMEDA Miso 梅田みそ
ISBN: 9782382765111
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784403667114 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

« Mes sentiments ne le regardent pas. »

Umeda Miso sensei propose une romance classique entre deux amis d’enfance dont l’un est secrètement amoureux de l’autre. Toutefois, elle aborde avec finesse la question de l’orientation sexuelle, de la communication et du doute qui persiste dans une relation avec un hétérosexuel. D’ailleurs, elle reprend ces thèmes dans la courte histoire « Tes sentiments en cage ». La narration alterne entre Chika et Miyamori, présentant leurs interrogations. Ne voulant pas briser son amitié, Yoshiyuki fait tout pour cacher ses sentiments tandis que Daiki prend un certain temps pour les comprendre. L’entourage des deux amis permet d’ajouter quelques tensions mais également de faire bouger le couple. Miyuki ajoute toutefois une note humoristique par ses réactions. L’autrice s’intéresse également aux choix d’avenir et à la difficulté à entretenir une relation à distance aussi bien amicale qu’amoureuse.

La mangaka a un trait fin et épuré légèrement anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. En plus de l’utilisation de trames aux tons plutôt clairs, elle dessine des décors soignés mais dans une palette de gris plus clairs que celle du premier plan, donnant ainsi une impression diffuse. De même, les trames d’ambiance très graphiques appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Umeda sensei met souvent en avant les paysages de la ville entre mer et montagne, ajoutant une note poétique au récit. Par ailleurs, dans les scènes érotiques, elle joue sur les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes.

En résumé

La ville à ta couleur / Retour à la maison: Quand il a emménagé il y a dix ans, Miyamori Yoshiyuki a immédiatement subi le harcèlement de Miura. Comme il résistait, il a vite sympathisé avec Chiba Daiki venu également à son aide. Ils sont ainsi devenus inséparables. Maintenant en dernière année de lycée, Yoshiyuki, secrètement amoureux de son ami, hésite encore pour son orientation, d’autant plus qu’il est bon élève. Héritier d’un fabriquant de tissus pour kimonos, Daiki, quant à lui, va apprendre la teinture à Yamagata. Il propose alors à son ami d’intégrer une université là-bas. Que va décider Miyamori?
Tes sentiments en cage: Sagisawa et Ozaki sortent ensemble depuis le lycée. Homosexuel, Ozaki complexe un peu sur ses traits féminins et s’interroge encore sur la sincérité des sentiments de son partenaire qui le compare souvent à une fille…

En conclusion

Umeda Miso sensei propose une tranche de vie des passages importants de l’évolution de la relation entre Daiki et Yoshiyuki. Elle va à l’essentiel mais détaille avec soin leurs différentes interrogations. Son graphisme assez classique reste agréable. Toutefois, je trouve que les quelques moments poétiques et nostalgiques s’intègrent avec maladresse. Le couple est touchant, même si parfois j’avais envie de claquer les deux amoureux. J’ai tout de même passé un agréable moment de lecture.

House backer – Natsume Isaku

Couverture de House backer de Natsume Isaku, édité par Hana

NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782382765128
Hana, 2025
ISBN: 9784403667374 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« C’est mon travail de m’occuper de toi. »

Natsume Isaku sensei propose un recueil d’histoires courtes publiées chez différents éditeurs. Malgré le format, elle maîtrise parfaitement le développement des scénarios, allant à l’essentiel et diffusant les informations complémentaires via la narration à travers quelques remarques. Elle crée des relations plutôt consensuelles, malgré la présence de quelques baisers volés. L’histoire principale qui donne son titre au manga, représente la moitié du tome. L’humour se base principalement sur l’imagination débordante de l’écrivain ainsi que ses réactions immatures. Le couple apprend à mieux communiquer entre deux chamailleries. La deuxième, la troisième et la cinquième histoire abordent l’amour secret réciproque et la difficulté à transmettre ses sentiments. Dans « Une douce odeur », l’autrice s’intéresse également aux stéréotypes genrés et au jugement extérieur. Par ailleurs, elle offre un court récit sur son chien en bonus.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. Elle a un style graphique assez constant bien que certaines histoires datent. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques, appuient les émotions. Le fond noir indique aussi bien les flash-back que les cauchemars. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Natsume sensei joue sur les cadrages pour cacher l’essentiel. D’ailleurs, elle ne détaille pas trop les parties intimes sans pour autant les censurer.

En résumé

House backer / Après le travail: Le romancier Azumi (27 ans) fait souvent appel à une femme de ménage pour gérer ses tâches ménagères. Mais à cause de son comportement capricieux qui les fait toutes fuir, l’agence lui a envoyé le jeune Wakui (21 ans). Toutefois, le très doué homme de ménage oblige le négligent écrivain à manger équilibré, n’hésitant pas à le traiter comme un enfant.
La jeunesse et l’amour: Depuis le collège, Sano Wataru admire le génie de la course, Shimizu Kenta. Ils sont ainsi devenus amis en fréquentant le même club d’athlétisme et sont actuellement colocataires à l’université. Toutefois, depuis que Wataru a abandonné le club, un malaise s’est installé entre eux.
L’amour en fuite: Le solitaire Oikawa Mitsuya reçoit toujours du réconfort auprès de Yamana qui sait l’encourager à chaque fois qu’il stresse. Malgré des caractères opposés, ils ont vite sympathisé, devenant même voisins à l’université. Toutefois Micchi trouve vraiment Yamana trop tactile!
Une douce odeur / La Saint-Valentin du pâtissier: Depuis son enfance, Ishikawa aime la pâtisserie et il en a même fait son métier. Durant son apprentissage, il a aidé Hashimoto qui bavait devant la vitrine, affamé. Depuis, ce dernier a également intégré la pâtisserie et ne le lâche plus. Serait-il amoureux?
Avec toi, à jamais: Un étudiant universitaire trouve chez lui son ami lycéen qui déborde d’amour pour lui mais ne le lui dit jamais directement.

En conclusion

Natsume Isaku sensei maîtrise vraiment n’importe quel format. Avec son graphisme expressif, il est facile de comprendre les émotions des personnages. Et le découpage des planches montre l’essentiel. J’adore les bouilles des personnages dans les passages humoristiques, avec leur air un peu niais mais si mignon! Bien que j’ai apprécié tous ces récits, j’ai une préférence pour « House backer » et « Une douce odeur » qui semblent plus abouties. Une lecture divertissante et une valeur sûre.

Salad days 6 – Jing Shuibian et Tang Liuzang

Couverture de Salad days 6 de Jing Shuibian et Tang Liuzang, édité par Nazca

JING Shuibian
TANG Liuzang
ISBN: 9782494400399
Nazca, 2025
2019 (CN)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Vous êtes les protagonistes, et nous, les figurants. »

Jing Shuibian interroge sur la différence entre talent inné et progrès rapide grâce à un entraînement intensif. Ainsi, elle s’attarde sur les compliments qui prennent une connotation sarcastique quand des sentiments négatifs tels que la jalousie ou l’envie, transparaissent, déniant les efforts incommensurables fournis. Les chamailleries entre Luoyun et Xingzhi apportent une note d’humour. De même, le côté protecteur des membres du club de boxe de Bai envers Jiang contraste avec l’ambiance habituellement électrique. Comme Jinyi se montre de plus en plus tactile, Shen s’interroge sur ses sentiments. Par ailleurs, à travers l’histoire de Chen Qingling et Maoxiu, l’auteure s’intéresse au sacrifice de soi pour autrui. Elle montre la place des fans et leurs différents comportements avec, par exemple, le Petit cygne qui idolâtre son ami. Elle aborde également l’échec, la question de la gratuité des places de spectacles, le stress des auditions et la recherche thématique en danse.

Tang Liuzang a un trait épuré et fin qui s’arrondit dans les passages humoristiques. Les couleurs réalistes s’adoucissent grâce aux dégradés et aux ombres en ton sur ton. Par ailleurs, les trames d’ambiance colorées ou graphiques, appuient les émotions. Les décors bien que soignés, sont parfois réduits à l’essentiel pour ne pas surcharger les pages. D’ailleurs, la mise en page très dynamique joue beaucoup sur les chevauchements, les pleines pages et des vignettes de différentes formes qui s’adaptent au contenu. Comme dans le tome précédent, il y a des fiches personnages sur le rabat de la couverture. De même, la jaquette, réversible lors de la première publication, utilise un vernis sélectif qui met en relief les personnages.

En résumé

La rentrée scolaire approche. Jiang Shen se demande alors comment s’organiser pour les cours avec ses entraînements intensifs de danse. Jing Luoyun le rassure d’abord mais lui apprend également que Liu Xingzhi, studieux, aurait pu quant à lui intégrer une grande école. D’ailleurs le meilleur danseur de l’école met un peu la pression au jeune élève. En classe de cours général, Zhang Zhi, du 3e étage, aborde Shen pour le complimenter mais ses remarques semblent surtout insister sur leurs différences. Pendant ce temps, Bai Jinyi se prépare pour un match et compte absolument sur la présence de son ami pour se motiver.

En conclusion

Jing Shuibian maîtrise parfaitement le rythme de son récit. Elle continue d’exploiter différents sujets autour de la passion. Tang Liuzang alterne avec finesse les ambiances colorées, facilitant la lecture. J’apprécie particulièrement de pouvoir découvrir l’évolution des personnages secondaires. Mais j’adore par dessus tout voir Jinyi se heurter constamment au mur d’innocence de Shen malgré toutes ses tentatives de rapprochement. Une merveilleuse lecture!

Salad days 5 – Jing Shuibian et Tang Liuzang

couverture de Salad days 5 de Jing Shuibian et Tang Liuzang, édité par Nazca

JING Shuibian
TANG Liuzang
ISBN: 9782494400382
Nazca, 2024
2019 (CN)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« En continuant de se soutenir dans leur travail et leur passion, ces deux étoiles vont continuer à se rapprocher. »

Jing Shuibian met en avant les entraînements intensifs et contraignants ainsi que la différence de niveau importante entre les élèves. Elle montre également l’influence à double tranchant du soutien externe sur le moral, entre les encouragements bénéfiques et le poids des attentes des villageois. Ainsi, elle aborde la confiance en soi, l’impatience à réussir, la pression ressentie, la jalousie entre élèves. De nouveaux personnages entrent en scène: Liu Xingzhi, meilleur danseur de l’école Lai-Yi, considère Shen comme un rival tandis que Jing Luoyun a tendance à le couver. Par ailleurs, le Petit cygne découvre les médisances des autres élèves. L’escapade à la campagne de tout le groupe d’adolescents permet de détendre l’atmosphère intense du récit et de découvrir leurs projets d’avenir. L’auteure montre l’importance de la passion dans l’investissement personnel. Elle s’amuse également avec le comportement ambigu de Bai Jinyi, dont certaines remarques et taquineries se rapprochent de la drague.

Tang Liuzang a un trait fin et épuré qui s’arrondit dans les passages humoristiques, déformant les personnages en SD. Les couleurs réalistes sont sublimées par les dégradés et les ombres. De même, les trames d’ambiance jouent principalement sur des contrastes colorés. Les décors soignés mettent surtout en avant les paysages de la campagne ainsi que la beauté des immeubles de la ville. Comme dans le tome précédent, la mise en page est très dynamique. Toutefois, on peut rencontrer quelques hésitations sur le sens de la lecture, mais ce n’est pas gênant. La manhuaga présente les personnages sur le rabat intérieur de la couverture. A noter que l’éditeur propose une jaquette réversible lors de la première édition.

En résumé

Durant sa visite du studio Lai-Yi, Jiang Shen reçoit finalement son premier cours avec le professeur Shen Junyi. Ce dernier lui donne déjà des exercices pour améliorer son équilibre corporel et lui explique également toutes les modalités de fonctionnement de son école, dont les frais conséquents comprenant les cours d’enseignements généraux, la nourriture, les vêtements ainsi que le dortoir. Inquiet pour les frais, le Petit cygne appelle son père qui l’encourage pourtant à continuer sa passion. Pendant ce temps, Bai Jinyi a aménagé rapidement la moitié de sa salle de sport en salle de danse pour son ami.

En conclusion

Jing Shuibian commence tout doucement à amorcer la romance dans son récit. Comme à son habitude, elle maîtrise son scénario, alternant entre comique, tension et moments paisibles du quotidien. La présentation des nouveaux personnages va à l’essentiel tout en étant précise. Le graphisme de Tang Liuzang s’affine et ses ambiances de couleurs subliment le récit. Si comme moi, vous avez dû quitter votre foyer pour vos études très tôt, vous trouverez sûrement dans cette série toutes les émotions que vous avez ressenties à cette époque. Une lecture « bonbon »!

Salad days 4 – Jing Shuibian et Tang Liuzang

Couverture de salad days 4 de Jing Shuibian et Tang Liuzang, édité par Nazca

JING Shuibian
TANG Liuzang
ISBN: 9782494400030
Nazca, 2024
2019 (CN)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Apprendre la danse est très dur et usant. »

Jing Shuibian développe maintenant l’univers de la boxe avec Lai Song qui apporte des explications au fil des chapitres. Elle montre également les différentes réactions des spectateurs avec l’ambiance électrique ainsi que les inquiétudes de Jiang Shen, impressionné par les blessures. Obsédé par la boxe, Bai Jinyi a tendance à rejeter tout ce qui ne concerne pas directement sa passion, communiquant avec difficulté avec son coach américain. En même temps que le Petit cygne, le lecteur découvre de nouvelles facettes du boxeur, en particulier son côté séducteur et frimeur. La relation entre les deux amis évolue, chacun étant très attentif aux moindres besoins de l’autre. A la suite du tome précédent, l’auteure dévoile les spécificités de l’école de danse Lai-Yi, dirigée par Shen Junyi, avec entre autres, son organisation tournée vraiment vers la progression des élèves. Par ailleurs, elle met en avant l’émancipation consciente de ses deux héros.

Tang Liuzang a un trait épuré qui se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques, renforçant l’aspect mignon. Les physionomies des personnages ont des caractéristiques bien distinctes tels que la forme des visages et des yeux, permettant de les reconnaître facilement. Les couleurs réalistes transcrivent bien les ombres et les dégradés. De même, les trames d’ambiance, parfois graphiques mais surtout colorées, accompagnent les émotions. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est très dynamique. Un vernis sélectif sublime l’illustration de la couverture. D’ailleurs, la jaquette est réversible lors du premier tirage.

En résumé

Shen Junyi, un grand professeur de danse à Shanghai, rend visite à la famille Jiang. Après quelques tests, il propose à Shen de rejoindre son école. Mais le Petit cygne a également reçu une proposition du célèbre danseur Zhou Luoxiang à Beijing. Qui va-t-il choisir?

En conclusion

Changement d’ambiance avec Bai Jinyi et le monde de la boxe. Jing Shuibian analyse avec finesse l’ambiance, les réflexions ainsi que les réactions des différents intervenants. Le graphisme de Tang Liuzang semble se durcir, avec un trait un peu plus anguleux mettant en valeur les muscles et une ambiance colorée plus sombre. Une lecture toujours aussi passionnante!

Salad days 3 – Jing Shuibian et Tang Liuzang

salad days 3 jing shuibian et tang liuzang

JING Shuibian
TANG Liuzang
ISBN: 9782494400023
Nazca, 2024
2019 (CN)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Tu est parti aux États-Unis, non? »

Jing Shuibian s’attarde sur l’évolution de Jiang Shen, ses progrès et ses projets. Ainsi, elle aborde les choix d’avenir, les hésitations face à des opportunités, la peur de la séparation, le sentiment coupable de poursuivre son rêve à la place d’autres qui y renoncent. Le campagnard a tout à fait conscience que le manque de moyens financiers freine ses ambitions mais continue d’avancer avec le soutien de tous. Bai Jinyi, quant à lui, refuse de rater la moindre chance de progresser. Leur amitié qui se renforce prend la forme d’une relation pure. Les quiproquos apportent une touche humoristique. De même, l’auteure détend les tensions avec les réactions parfois exagérées du groupe d’amis des deux héros. Elle présente également leurs projets d’avenir. A la fin d’un chapitre, des explications avec un lien vers une vidéo YouTube permet de découvrir la danse de la taille verte dont parle Song Xin.

Tang Liuzang a un trait épuré, fin et doux qui se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Elle exagère les expressions. Les couleurs plutôt réalistes utilisent une large palette de teintes, avec un effet doux et mat. D’ailleurs, les contours à peine visibles reprennent le même ton que la couleur de remplissage. Les décors situent principalement l’action et alternent avec les trames d’ambiance colorées. Comme dans le tome précédent, la mise en page très dynamique joue sur les doubles pages et les pleines pages pour mettre en avant l’ampleur des gestes de danse. La manhuaga affine les corps qui se sont développés, marquant ainsi l’évolution des âges. A noter que la jaquette est réversible lors du premier tirage de chaque tome.

En résumé

Jiang Shen n’arrive pas à se concentrer durant ses derniers cours de danse. La professeure Lin lui accorde alors une pause pour qu’il se ressaisisse. En effet, durant la représentation du centre de loisirs, des professeurs de renom viennent recruter leurs futurs danseurs. Song Xin explique alors à son ami les opportunités qui peuvent se présenter à lui, dont la spécificité de deux danseurs célèbres: Zhou Luoxiang et Shen Junyi qui ont fondé leurs écoles avec leurs propres styles. Le soir, tandis que Shen rêvasse en admirant la lune, un appel de Bai Jinyi le ramène à la réalité.

En conclusion

Jing Shuibian analyse avec finesse les différents stades de la réalisation d’un rêve, mettant en avant les difficultés ainsi que les divers soutiens rencontrés par les adolescents durant leur croissance. Le graphisme de Tang Liuzang retranscrit parfaitement l’évolution des corps en pleine croissance, permettant de deviner facilement le temps qui passe. Ainsi, l’histoire peut se concentrer sur l’essentiel, des petites notes comiques détendant l’atmosphère. Je suis complètement happée par le récit de Shen et Jinyi. J’adore leur relation. En plus les scènes de danse sont sublimes. Un petit bijou qui apporte du baume au cœur à chaque tome!

Salad days 2 – Jing Shuibian et Tang Liuzang

salad days 2 jing shuibian tang liuzang

JING Shuibian
TANG Liuzang
ISBN: 9782494400016
Nazca, 2023
2019 (CN)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Tu es comme la lune et les étoiles! »

Jing Shuibian montre la progression des personnages, les confrontant à différentes difficultés dont les limites de leur environnement. Elle met en avant l’entraide, les différents types de soutien. A travers Song Xin et Chen Qingling, elle montre la pression familiale que subissent principalement les filles, les parents privilégiant la sécurité d’un travail classique. Bai exprime maladroitement ses sentiments créant des moments comiques tandis que les réactions spontanées de Shen sont toutes mignonnes. Les deux amis prennent conscience de l’évolution de leurs rêves de jeunesse en objectifs d’avenir. Les amis des deux personnages principaux les entourent constamment de bienveillance. L’auteure analyse les tiraillements et les interrogations de ses deux héros. Elle montre le renforcement d’une amitié équitable malgré la différence sociale. Par ailleurs, elle aborde la question de l’avenir, de l’éloignement nécessaire, les risques ainsi que les sacrifices. L’histoire bonus révèle quelques secrets sur un personnage secondaire.

Tang Liuzang a un trait fin et épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. Elle n’hésite pas à transformer ses personnages en SD tout mignon. Les couleurs réalistes sont pourtant variées. D’ailleurs, les jeux de lumière complètent les trames d’ambiance colorées. De même, les décors soignés, parfois sans contour mais dans une palette de teintes peu nuancées, renforcent les ambiances. La mise en page très dynamique exploite les pleines pages pour mettre en valeur la beauté des mouvements de danse mais ralentit également le rythme de lecture, invitant ainsi le lecteur à la contemplation ou à la respiration. Toutefois, le sens de lecture paraît parfois confus lors des double pages. Comme dans le tome précédent, les personnages sont présentés sur le rabat de la couverture. En fin de chapitre, des notes du traducteur permettent de comprendre quelques questions culturelles. Un vernis sélectif met en relief l’illustration de la jaquette.

En résumé

Jiang Shen se faisait une joie d’annoncer à Bai Jinyi qu’il avait été sélectionné comme danseur principal. Mais lorsque son ami lui annonce qu’il part bientôt s’entraîner aux États-Unis avec un boxeur professionnel, la tristesse l’envahit. Informés par la professeur de danse des capacités de Jiang et de la possible présence de recruteurs de renoms lors de la représentation culturelle annuelle, les parents de ce dernier décident de laisser leur fils embrasser la carrière de danseur s’il le souhaite…

En conclusion

Jing Shuibian approfondit ses thèmes en comparant différentes situations à travers l’entourage de ses deux héros. Elle oscille entre moments tendres, comiques et intercale quelques moments de tensions. Le graphisme de Tang Liuzang crée des ambiances qui collent parfaitement au récit. En plus ses personnages sont tous charmants, même le « Pépé de la bibliothèque »! Une lecture toujours aussi douce, idéale pour se motiver et se dorloter.

Salad days 1 – Jing Shuibian et Tang Liuzang

salad days 1 jing shuibian tang liuzang

JING Shuibian
TANG Liuzang
ISBN: 9782902487967
Nazca, 2023
2019 (CN)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Il y a des garçons parmi les petits cygnes? »

Jing Shuibian narre une tranche de vie avec une romance slow burn entre deux garçons de classes sociales totalement différentes. Elle installe d’abord le contexte et les différents personnages pour développer ensuite l’évolution de la relation entre Shen et Jinyi qui démarre par une belle amitié. En effet, les deux garçons se soutiennent mutuellement, acceptant les privations et les efforts pour atteindre un jour leurs rêves. L’entourage et les amis apportent à la fois une note bienveillante et quelques moments comiques. Le lecteur, placé en simple observateur, découvre au fil des chapitres les interrogations des enfants sur certains stéréotypes sociaux. Ainsi, l’auteure aborde entre autres le jugement extérieur, la catégorisation genrée ou sociale. Elle joue beaucoup sur les comparaisons tout en restant toujours dans une analyse bienveillante.

Tang Liuzang a un trait épuré tout en rondeur très doux, renforcé par la texture du papier mat. Le trait se simplifie dans les passages humoristiques, se déformant en semi SD, avec des expressions parfois exagérées. Les couleurs plutôt réalistes et également douces détaillent les ombres par des dégradés. Les décors soignés alternent avec les trames d’ambiance colorées ou graphiques. D’ailleurs, le jeu des lumières estompe quelques traits. Les cadres épais mettent en relief certaines images. La mise en page très dynamique joue sur les superpositions, les pleines pages, et accompagne le regard. Sur le rabat intérieur de la couverture se trouve la présentation des personnages. A la fin de quelques chapitres, des notes de traduction apportent des précisions. Un vernis sélectif sur la jaquette donne un bel effet de relief.

En résumé

Jiang Shen (12 ans) admire les cours de danse classique de la professeur Lin alors que sa mère livrait l’école. La professeure lui propose un cours d’essai et remarque sa souplesse ainsi que sa passion. Malgré leurs revenus modestes, la mère et le père de Shen, constatant que leur fils accepte de sacrifier tous ses autres loisirs, lui proposent donc de l’inscrire aux cours de danse. Le campagnard sympathise rapidement avec son aînée Song Xin. Mais alors que les filles espionnaient comme à leur habitude le cours de boxe à côté de leur classe pendant la pause, le nouveau Petit cygne attire l’attention du beau Bai Jinyi (12 ans), un garçon de bonne famille qui rêve de devenir boxeur.

En conclusion

Jing Shuibian maîtrise son scénario, invitant indirectement les lecteurs à réfléchir sur les stéréotypes sociaux qui compliquent inutilement notre vie. Bien que ce soit un slow burn, elle maîtrise les sauts dans le temps et diffuse l’essentiel pour comprendre le récit. Par ailleurs, le graphisme de Tang Liuzang sublime la bienveillance et la douceur générale du récit. Je fonds complètement pour les personnages, avec chacun leurs motivations et leurs efforts pour atteindre leurs rêves. Une lecture aussi douce que du miel, réconfortante et pleines de valeurs positives.

Treat me gently, please 11 – Nekota Yonezou

couverture de Treat m gently, please de Nekota Yonezou, éditions Taifu

NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782375064993
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799756508 (JP)
Libre, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Le voisin du nouvel appartement de Maya n’est autre qu’un élève de l’école de Nemugasa! »

Nekota Yonezou sensei met un peu plus en avant Nemugasa. Elle interroge sur la perception de l’homosexualité d’un professeur par ses élèves, analysant deux réactions différentes de lycéens. Elle décrypte également les relations entre enseignants et étudiants, en particulier les malentendus qui découlent de la bienveillance. Ainsi, le comportement ambigu d’Ao pose de nouvelles intrigues et questionnements. Takashi prend de l’assurance et cherche à résoudre ses problèmes par lui-même, communiquant mieux avec son entourage. Maya, quant à lui, progresse aussi au sein de son travail, ayant mûri. Il gère stratégiquement ses rivaux à notre agréable surprise. Par ailleurs, l’auteure s’amuse avec la naïveté de Nemu qui ne remarque pas son charme de plus en plus ravageur. Dans la continuité du tome précédent, elle montre l’évolution de la relation entre Kutani et Okino basée sur la confiance.

La mangaka a un trait léché légèrement anguleux. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance appuient discrètement les émotions. Par ailleurs, les décors soignés s’estompent parfois autour des personnages pour les mettre en relief. La mise en page est dynamique. Nekota sensei censure à peine les scènes érotiques. Toutefois, elle évite de détailler les parties intimes, jouant sur les trames. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien du couple ou leurs moments câlins.

En résumé

Nemugasa Takashi découvre qu’un lycéen de son école, Ao, est le voisin de Maya. Gêné que l’élève ait pu entendre ses gémissements durant leurs ébats, il décide donc de moins fréquenter l’appartement de son petit ami. Toutefois, il hésite à en parler à ce dernier. Un soir, il doit remplacer le professeur Eda à la dernière minute. Or, Ao est dans cette classe. Le lycéen a-t-il révélé son secret à ses camarades?

En conclusion

Nekota Yonezou sensei aborde de nouveaux thèmes plus centrés autour de la relation enseignant et élève. Elle alterne toujours avec dextérité les moments dramatiques, comiques et sensuels. Son graphisme qui s’affine de plus en plus offre de magnifiques dessins et compositions. Je fonds complètement pour le couple. Et j’apprécie la petite incursion de Kutani et Okino. Une lecture passionnante qui nous met du baume au cœur!

Good morning sunshine – Taji Makoto

couverture de Good morning sunshine de Taji Makoto, éditions Taifu

TAJI Makoto たじまこと
ISBN: 9782375064856
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784801978843 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Et si on essayait l’amour sans drama? »

Taji Makoto sensei narre une tranche de vie romantique entre deux étudiants qui s’admirent d’abord puis tombent petit à petit amoureux. Ainsi, elle analyse en détail la construction et l’évolution d’une relation amoureuse, de l’amitié à la première fois, tout en présentant les réflexions de chacun des protagonistes ainsi que les regards extérieurs. Elle s’intéresse également aux études d’art, s’attardant sur les difficultés, les débouchés et l’ambiance. Yôhei, gay, a tendance à fuir ses sentiments, les déclamant pourtant à tout va. Subaru, quant à lui s’interroge sérieusement sur l’homosexualité et la différence entre couple et amis. Les deux étudiants respectent donc le rythme de l’autre pour se découvrir. D’ailleurs, l’auteure crée une relation consensuelle. Elle aborde la communication, le soutien mutuel dans les limites de ses possibilités, la gestion difficile entre vie privée, études et travail. Dans l’histoire bonus, elle révèle ce que devient le couple par la suite.

La mangaka a un trait épuré plutôt en rondeur qui dégage de la douceur. Elle joue sur les pleins et déliés et dessine de grands yeux expressifs. Dans les passages humoristiques, elle simplifie encore plus son trait. Malgré des trames variées, des hachures soulignent également les volumes et les fréquents rougissements. Par ailleurs, les trames d’ambiance plutôt graphiques, accompagnent les émotions. De même, les décors sont plutôt présents. La mise en page dynamique utilise beaucoup les sorties de cadre et les chevauchements. Taji sensei distingue les pensées et les paroles selon la forme des phylactères, mettant ainsi en avant les contradictions. Elle ne censure pas les scènes érotiques. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre l’évolution du couple dans leur quotidien. En fin de chapitre, il y a des anecdotes en une case. Sous la jaquette, deux planches donnent également une histoire amusante.

En résumé

Lors des journées portes ouvertes de l’université, Tosaka Subaru tombe sous le charme d’une toile de Yumoto Yôhei et se décide alors d’intégrer des études de design. Plus tard, il découvre que Yôhei est son voisin lorsqu’il s’installe dans son appartement. Néanmoins, l’étudiant en art est un grand dormeur et ne range pas beaucoup. En fin de compte, Subaru se retrouve à l’aider, le réveillant chaque jeudi et lui préparant le petit-déjeuner. Et comme Yumoto lui déclame souvent son amour pour le remercier, il lui répond toujours favorablement. Mais leurs sentiments sont-ils sincères?

En conclusion

Taji Makoto sensei détaille le développement naturel d’une relation amoureuse dans la bienveillance, la communication et la gentillesse. En plus, elle a un graphisme expressif tout doux qui colle parfaitement à l’ambiance générale du récit. J’aime beaucoup la dynamique entre Subaru et Yôhei. Une lecture réconfortante que je recommande aux fans de tranche de vie.