Kitayama & Minamiya 1 – Satoh Sugar

Couverture de Kitayama et Minamiya 1 de Satoh Sugar, éditions Hana

SATOH Sugar 砂藤シュガー
ISBN: 9782382765197
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784781622316 (JP)
East press, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Le plan d’origine de Minamiya sera-t-il contré par les sentiments sincères de son nouveau partenaire? »

Satoh Sugar sensei confronte un impatient lycéen aux hormones bouillonnantes à un sérieux étudiant romantique. Ainsi, elle joue sur les quiproquos mais également les commentaires des personnages qui nous rappellent parfois qu’il s’agit d’un manga. La narration alterne entre les deux jeunes hommes. Minamiya à l’imagination débordante élabore des stratégies pour satisfaire sa curiosité mais son manque d’expérience et les recadrages de Kitayama bouleversent tout à chaque fois. Il sera alors amené à réfléchir à l’amour. Les deux hommes apprennent à se connaître et construisent finalement une relation consensuelle. Leur collègue Nishiko et la sœur d’Ayumu soutiennent le couple. L’autrice aborde donc l’importance du consentement, de la communication dans le couple, du temps pour développer et renforcer ses sentiments. Elle surprend les lecteurs par des réactions imprévues, inversant à chaque fois le rapport entre manipulateur et manipulé.

La mangaka a un trait épuré, presque dépouillé, avec un contour épais qui donne du relief. Elle transforme ses personnages en SD dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie, en aplat. Toutefois, les trames d’ambiance très graphiques accompagnent la narration. De même, un fond noir marque les flash-back. Par ailleurs, les décors apportent une note réaliste. Ainsi, le style graphique tout en contraste renforce la dynamique de la mise en page. D’ailleurs, Satoh sensei s’attarde sur les détails comme les gestes discrets. Dans les scènes érotiques, elle joue d’abord sur les cadrages pour ne rien montrer mais censure ensuite les parties intimes par des bandelettes blanches dans l’histoire bonus, offrant même des coupes intérieures. Les personnages posent dans les illustrations en début de chapitre. A la suite, un petit dessin donne une anecdote ou conclut le chapitre précédent.

En résumé

En parallèle de ses études, le lycéen Minamiya Ayumu travaille dans une supérette. La tête pleine de fantasmes, il aime imaginer les visages lubriques des personnes qu’il rencontre. Toutefois, malgré son imagination débordante, il n’y arrive pas avec son collègue et étudiant Kitayama Yuuki. Il élabore alors une stratégie pour le séduire et arriver à ses fins.

En conclusion

Ce tome se classe quatrième des meilleurs nouveaux venus au Chill chill BL award 2024. Satoh Sugar sensei maîtrise le développement de son histoire, surprenant jusqu’à la conclusion. Malgré la répétition de certains gags, elle crée une dynamique entraînante entre les deux étudiants. Son graphisme, qui joue beaucoup sur les contrastes et différents styles, apporte beaucoup de fraîcheur tout en étant très expressif. Je craque complètement pour Kitayama, très à cheval sur le consentement. Je trouve qu’il apporte beaucoup de saveur au récit. Une lecture séduisante!

Tends les mains et vole – Yamada Nonono

Couverture de Tends les mains et vole de Yamada Nonono, éditions Hana

YAMADA Nonono 山田ノノノ
ISBN: 9782382765104
Hana, 2025
ISBN: 9784403667893(JP)
Shinshokan, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Quand je suis avec toi, j’ai l’impression que tout est possible. »

Yamada Nonono sensei narre une romance avec une note dramatique entre deux étudiants attirés mutuellement. Elle révèle au fur et à mesure les facettes cachées des deux personnages, entre le rêveur et innocent Chikara et le manipulateur Chihiro cabossé par la vie. Ainsi, en dévoilant également le secret autour du tatouage, elle aborde la question du jugement sur l’apparence, l’anormalité, la violence intrafamiliale, la peur du rejet. L’approche différente des recherches permet au deux hommes de débattre et se rapprocher. De même, leur vision opposée de l’amour va créer quelques tensions. L’autrice s’intéresse donc à l’importance de la réalisation d’un rêve, quelque soit l’âge, de l’influence bénéfique d’un soutien et à l’acceptation de l’autre tel qu’il est. Elle montre également les dangers d’un harceleur.

La mangaka a un trait épuré dont les pleins et déliés ajoutent du relief. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Yamada Nonono sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine d’ailleurs une scène par chapitre. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages, les intégrant parfois au récit.

En résumé

L’étudiant Morino Chikara se laisse facilement emballer par ses recherches sur un oiseau robot. Un professeur lui permet de se rattraper en effectuant une synthèse sur un sujet donné. Le jeune et brillant Satomi Chihiro lui propose alors de l’aider. Comme Chikara habite en face de l’immeuble de Chihiro, il accepte un soir de l’espionner à la demande de son amie Himeno Miki, qui a des vues sur ce dernier. Mais en voyant Satomi se masturber, Morino ressent de l’excitation. Toutefois, ce qui l’intrigue encore plus, c’est le magnifique tatouage sur le buste de son voisin.

En conclusion

Ce one-shot se classe deuxième meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Yamada Nonono sensei s’éparpille autour de trop de sujets, enchaînant ainsi les évènements et les révélations. A cause du format, on a l’impression que tout est précipité et le suspense constant perd un peu de sa force. Toutefois, les thèmes abordés sont intéressants, même si non approfondis. Le graphisme est agréable. Attention, quelques scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs. J’ai tout de même apprécié cette histoire, notamment le passé dramatique de Chihiro et la candeur de Chikara. Impossible d’en dire plus sans spoiler, désolée. Une lecture qui ne touchera pas un public exigeant mais tout de même prenante!

Swinging hearts – Miyata Toworu

couverture de Swinging hearts de Miyata Toworu, éditions Taifu

MIYATA Toworu 宮田トヲル
ISBN: 9782375064863
Taifu comics, 2025
ISBN:‎ 9784403668463 (JP)
Shinshoka, 2022 (JP)
Titre original: カタコイシーソー
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Se retrouver pour enfin concrétiser un amour de jeunesse. »

Miyata Toworu sensei narre une romance au premier abord classique entre amis d’enfance perdus de vue. Toutefois, elle ajoute une note dramatique qui donne toute sa saveur au récit. Ainsi, elle analyse avec soin les différents sentiments des personnages et construit une relation consensuelle qui évolue grâce à la communication. La narration alterne entre Nagao et Izumi. Derrière son assurance et son altruisme, Chihiro cache sa peur du regard extérieur et un traumatisme qui l’a fragilisé. Le franc et direct Issei, quant à lui, réalise très vite que son admiration et sa rivalité envers son aîné se transforme peu à peu en sentiment amoureux. Un jeu de séduction s’installe entre les deux amis. En introduisant le tactile Takai, l’autrice confronte le comportement brusque de ce dernier à celui bienveillant de Nagao. Elle aborde donc la difficulté à surmonter un traumatisme et le poids d’un écart d’âge quand on devient adulte.

La mangaka a un trait épuré plutôt en rondeur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors soignés apportent une touche réaliste et apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Miyata sensei censure les parties intimes par de larges languettes blanches. En début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages ou intègre directement l’illustration au récit. La couverture se classe cinquième au Chill chill BL award 2023.

En résumé

Nagao Issei quitte sa campagne natale pour l’université à Tokyo. A la gare, il retrouve son ami d’enfance Izumi Chihiro dont il admire l’intelligence et la prestance. Au lycée, ayant aperçu son aîné en train d’embrasser un garçon, Issei avait pris de la distance avec ce dernier. Mais Izumi se comporte avec lui comme si rien n’avait changé. Il continue même à le traiter comme un gamin. Toutefois, Nagao ayant compris l’origine de sa frustration à l’époque, a bien l’intention de le draguer.

En conclusion

Miyata Toworu sensei maîtrise son scénario, surtout pour un one-shot, développant plutôt ses sujets au fur et à mesure, permettant ainsi de bien cerner la personnalité des protagonistes. En plus, son graphisme dégage une certaine douceur très agréable. Le couple devient rapidement attachant et on se retrouve presque à les encourager au fil des pages. Je suis agréablement surprise par ce titre et j’espère que l’on aura l’occasion de découvrir d’autres œuvres de la mangaka. Une lecture plaisante!

vs.Love 1 – Ogawa Chise

couverture de vs.Love 1 d'Ogawa Chise, éditions Taifu

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782375064894
Taifu comics, 2025
ISBN:‎ 9784799760055 (JP)
Libre, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Quand la romance de Roméo et Juliette s’invite dans un manga de baston! »

Ogawa Chise sensei mélange les genres avec une comédie romantique, de la bagarre, du suspense et une pointe de drame. Elle révèle au fur et à mesure le passé traumatisant d’Ibuki. Ainsi, le chef de gang a tendance à se montrer très protecteur, prisonnier d’une promesse. Au contraire, Tsuzumi, fraîchement arrivé dans la ville, s’avère un véritable électron libre qui s’impose par la force. Les affrontements entre lycéens prennent différentes formes, du simple jeu à des actions délictueuses. Ainsi, l’autrice s’intéresse à la violence des adolescents, analysant avec finesse leurs émotions à fleur de peau. Par ailleurs, elle aborde avec humour des sujets d’actualités tels que le déclin démographique en province, l’influence intergénérationnelle, la vision différente des jeunes par rapport aux plus âgés. Pour l’instant, elle installe le contexte ainsi que les différents personnages.

La mangaka a un trait épuré et anguleux au style particulier reconnaissable. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Pour l’instant, il n’y a pas de scènes érotiques, malgré quelques tensions câlines. Ogawa sensei varie souvent les angles de vue, notamment les plongées et les contre-plongées dans les scènes d’action, dynamisant ainsi une mise en page un peu classique. Elle représente l’essentiel dans les bastons. Par ailleurs, elle montre le quotidien des personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Il y a vingt ans, la ville de Fûrai, souvent touchée par le vent et la foudre, est née de la fusion des villes Raiden et Fûun. Toutefois, les dissensions persistent entre les habitants des deux anciennes villes. Ainsi, les élèves des lycées Raiden et Fûun s’affrontent fréquemment pour s’accaparer des lieux intéressants en ville. Alors que Gôdon et Miruki de Fûun, sous la supervision de Nagi, se battent face à plusieurs lycéens de Raiden pour un nouveau restaurant, le légendaire Ibuki Marin les rejoint et met rapidement fin au combat. Mais le lendemain, Gôdon est terrassé par un certain Tsuzumi Nikoru, nouvel élève de Raiden…

En conclusion

Ogawa Chitose sensei offre une romance à la Roméo et Juliette, ponctuée de « bastons », qui aborde pourtant des sujets d’actualités. Elle dépeint des adolescents sensibles capables néanmoins d’une violence extrême pour arriver à leur fin. Ainsi, l’action et le drame côtoient constamment l’amour et l’humour. Son graphisme très expressif offre des bagarres dynamiques même si elles ne sont pas aussi détaillées qu’un shônen. Avec une belle palette de beaux garçons, j’imagine déjà le potentiel de couples secondaires très intéressants. Une lecture surprenante qui donne envie de découvrir la suite!

Tashiro est un peu… 2 – Yamada

couverture de Tashiro est un peu 2 de Yamada, éditions Taifu

Yamada ヤマダ
ISBN: 9782375063927
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784799742846 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Titre original: 鯛代くん、君ってやつは。2
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Je peux très bien te sauter dessus, là, tout de suite, si je veux. »

Yamada sensei oscille constamment entre sérieux et comique tout en interrogeant sur le consentement. Elle continue également de détourner avec humour les poncifs des romances. Ainsi, elle décortique le malaise qui s’installe dans une amitié après une déclaration d’amour et analyse les différents sentiments et réactions. Ebihara s’interroge sur l’amour homosexuel. Son imagination débordante crée des quiproquos hilarants. Tashiro fait des efforts pour se contrôler et n’hésite pas à exprimer ses limites. Bannai apporte une note bienveillante. Sega s’installe de plus en plus en tant que rival de Tashiro tout en dévoilant sa maladresse. Ainsi, l’autrice développe un peu plus les personnages secondaires. Par ailleurs, elle s’intéresse à l’univers otaku, avec entre autres, la sexualisation des cosplayeurs, la passion et l’investissement dans les loisirs. Elle termine ce tome sur un suspense insoutenable et une histoire bonus amusante sur le camp d’écriture.

La mangaka a un trait épuré qui se simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle passe d’un visage sérieux à une expression complètement loufoque en une case, les personnages surréagissant. Ainsi, tout les membres du club de recherches sur les mangas ont une physionomie caricaturale. Cela contraste avec les décors soignés et très détaillés qui apparaissent sur les plans larges. En plus, les nombreuses trames ajoutent une note réaliste. Par ailleurs, les trames d’ambiance souvent graphiques participent à la narration. Contrairement au tome précédent, la mise en page est plus classique avec quelques pages plus dynamiques. Bien qu’il n’y ait pour l’instant pas de scènes érotiques, Yamada sensei joue sur la censure des parties intimes durant le bain de manière comique. Elle donne également des anecdotes amusantes sous la jaquette.

En résumé

A son réveil, Tashiro Keima se souvient avoir touché Ebihara sans son consentement. Empli de remord, il part à sa rencontre. Il trouve alors Ebihara sous un abri de bus, attendant la fin de la pluie. Ce dernier s’est par ailleurs légèrement blessé après avoir fui un chien errant. Malgré des excuses sincères, Tashiro réitère sa déclaration d’amour…

En conclusion

Yamada sensei semble insister sur les situations de drague à risque et le consentement, questionnant les éléments scénaristiques classiques des BL. Son graphisme participe également aux scènes comiques. Toutefois, son humour ne plaira peut-être pas à tout le monde. Pour ma part, j’aime les échanges houleux entre Tashiro qui craque facilement et Ebihara qui le recadre tout aussi sec. Et j’apprécie de plus en plus Bannai qui a toujours le mot pour réconforter tout le monde. Une lecture réjouissante!

Moi seul connais ton corps – Usui Iroha

Couverture de Moi seul connais ton corps d'Usui Iroha, éditions Hana

USUI Iroha 薄井いろは
ISBN: 9782382761830
Hana, 2025
ISBN: ‎9784801965294 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Me feras-tu l’amour? Juste une fois? »

Usui Iroha sensei narre une romance érotique entre deux étudiants aux caractères opposés. Elle alterne la narration entre les deux héros, partageant ainsi leur réflexion sur l’évolution de leurs sentiments. En effet, le couple débute par une relation purement charnelle et consentie. Ishiguro Yûma manque de confiance en lui et se contente donc du peu d’attention que lui consacre celui qu’il adore passionnément. Takahashi Ryôhei, habitué à des relations superficielles et fuyant les ruptures douloureuses, s’étonne d’abord de son attirance mais fait l’effort de la comprendre. Ainsi, malgré des sentiments amoureux à l’intensité complètement différentes, les deux hommes s’accommodent de leur lien déséquilibré. Ainsi, l’autrice interroge sur la soumission totale à l’être aimée, l’exclusivité, les différentes formes de possessivité, les limites que l’on s’impose par amour. Malgré un manque de communication, elle construit une certaine confiance au sein du couple.

La mangaka a un trait légèrement anguleux. Elle dessine des visages bien ovales ainsi que de fines musculatures. Dans les passages humoristiques, elle simplifie légèrement son trait. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés ancrent le récit dans le réalisme. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Usui sensei ne censure pas vraiment les parties intimes. Toutefois elle évite de trop les détailler par un contour blanc et diffus. Elle offre une scène par chapitre.

En résumé

A la remise des diplômes, le sérieux Ishiguro Yûma demande à discuter en particulier avec le beau gosse du lycée Takahashi Ryôhei. Alors que ce dernier s’attendait à une classique déclaration d’amour, à sa surprise, son camarade lui demande de coucher avec lui une seule et unique fois. Curieux, le populaire lycéen accepte volontiers. Mais pourquoi l’expression désespérée d’Ishi lui fait autant d’effet?

En conclusion

Ce tome se classe à la dixième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2020. Usui Iroha sensei a un magnifique graphisme empreint de sensualité. Malgré un scénario purement érotique, elle aborde quelques sujets intéressants, en particulier la question de l’influence d’un partenaire sur l’autre. Par ailleurs, elle construit des personnages plutôt réalistes et attachants. J’apprécie de voir le sérieux Ishiguro prendre des initiatives ainsi que Takahashi se torturer l’esprit pour décrypter ses émotions. Une romance certes légère mais une lecture sexy et entraînante!

I cannot reach you 4 – Mika

Couverture de I cannot reach you 4 de Mika, éditions Kana

Mika みか
ISBN: 982505123439
Kana, 2024
ISBN: 9784046802804 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« J’ai tellement envie de le toucher, là, tout de suite, que j’ai du mal à me retenir. »

Mika sensei s’attaque au classique schéma narratif de l’amnésie très courant dans les romances shôjo et BL. Comme dans le tome précédent, elle analyse les réactions et les sentiments de ses personnages, pointant ainsi la différence d’interprétation des gestes perçus précédemment comme simplement amicaux. Elle interroge également sur l’acceptation des sentiments de l’autre. En effet, un malaise s’installe entre Kakeru qui surréagit et Yamato qui semble impassible. Leur difficulté à communiquer franchement et leur hésitation provoquent encore plus de quiproquos pour le bonheur des lecteurs. Ainsi, la narration alterne entre les deux lycéens. Oohara Mikoto, Fujino et Hosoka Yui apportent soutien et conseil. L’autrice aborde la question du consentement, la difficulté à déterminer exactement de nouvelles émotions, la facilité à se méfier et fuir. Dans sa note en début de tome, elle annonce l’adaptation de sa série en roman et drama CD. Elle détend l’atmosphère dans les chapitres bonus.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle fait parler le chat des Oohara qui apporte ainsi des commentaires amusants. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance participent à la narration, survenant même en fond des phylactères. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, la mise en page est très dynamique. En fin de chapitre, Mika sensei propose des anecdotes amusantes au format yonkoma. Elle fait poser les personnages sans aucun décors dans les illustrations en début de chapitre. La couverture se classe neuvième au Chill chill BL award 2022.

En résumé

Durant le voyage scolaire, Oohara Yamato a fait sa déclaration puis a embrassé Ashiya Kakeru. Mais à cause de la fièvre, il s’est soudainement effondré. Depuis, Kakeru se torture l’esprit et a peur de regarder son ami en face. Ses amis Kurosawa et Fujino, inquiets de l’absence de Yamato depuis leur retour au lycée, incitent Kakeru à lui rendre visite. Ce dernier découvre alors que son ami a tout oublié de ce qu’il s’est passé entre eux.

En conclusion

Mika sensei décortique une relation amoureuse en proposant à chaque tome de développer en détail une émotion. Après le tourment, l’indécision, l’agitation, elle s’attarde sur l’hésitation mais présente toujours différentes réactions selon le caractère des individus. En plus, l’humour pointe discrètement certains schémas narratifs problématiques sur le consentement devenus classiques dans les romances et met en avant des comportements plus bienveillants. Son graphisme en apparence tout doux participe totalement à la narration, transmettant avec finesse les émotions. C’est un pur bonheur à lire!

Tu es trop mignon alors c’est ta faute – Nen Nenko

couverture de Tu es trop mignon alors c'est ta faute de Nen Nenko, édition Hana

NEN Nenko 稔ねんこ
ISBN: 9782382767535
Hana, 2024
ISBN: 9784865548815 (JP)
Overlap, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Un lycéen doux et taquin, parfois aussi cruel qu’amoureux. »

Nen Nenko sensei narre un amour secret entre deux cousins, cumulant les quiproquos à cause de leur difficulté à transmettre leurs sentiments. Elle joue sur les limites des comportements problématiques mais construit pourtant une relation consensuelle. La narration débute par le point de vue de Yukito puis se poursuit avec celui de Taiki. Basé sur le principe toutefois plus doux de « qui aime bien châtie bien », le populaire lycéen passe son temps à taquiner son cousin qui le fuit constamment. Le passé entre les trois cousins se révèle au fur et à mesure. Alors que Yuki s’inquiète du regard des autres dont sa sœur, son cousin assume son homosexualité. Ainsi, l’autrice aborde l’influence des rumeurs et le manque de communication. Avec Natsuna, elle interroge indirectement sur l’éthique dans une relation professeur et élève. De même, elle introduit Ako pour apporter quelques tensions supplémentaires.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo avec de grands yeux expressifs et des hachures pour les rougissements. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges mais s’estompent légèrement autour des personnages. La mise en page est dynamique. Nen Nenko sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Le populaire Higuchi Taiki et la solaire Sakuma Natsuna, membres du comité du festival culturel, sont très proches, étant cousins. Mais au lycée, la rumeur qu’ils sortent ensemble circule. Tous leurs camarades essaient donc de savoir la vérité auprès de Yukito, le jumeau de Natsuna. Ce dernier, bien que ressemblant à sa sœur physiquement, est plutôt taciturne et renfermé. Mais il cache son attirance pour son cousin Taiki. Alors qu’il essayait le costume de serveuse de sa sœur pour le festival, il se couche dans son lit et fait semblant de dormir en entendant son cousin rentrer. Toutefois, Taiki commence à le caresser…

En conclusion

Nen Nenko sensei aborde un sujet intéressant mais reste souvent trop légère sur certaines problématiques. Ainsi, elle s’éparpille un peu et enchaine parfois les évènements abruptement. Même si la relation de Natsuna n’est pas mise en image, elle pourra choquer la sensibilité de certains lecteurs. Le graphisme mignon ne se démarque pas mais reste agréable. Cette romance légère ravira ceux qui n’ont pas envie de se prendre la tête. J’ai pour ma part passé un bon moment de lecture.

My beloved strange man – Amco

couverture de My beloved strange man d'Amco, éditions Taifu

amco
ISBN: 9782375065006
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784778120801 (JP)
Shinkosha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« On s’entend déjà mieux que la plupart des couples existants! »

amco sensei narre une romance entre deux amis aux caractères opposés. Elle alterne la narration entre les deux héros, présentant par ailleurs le point de vue de chacun sur certains évènements. Ainsi, elle aborde la différence entre amitié et amour et la communication au sein d’un couple en devenir. Comme Gô projette ses idéaux sur Yutaka, populaire, beau et gentil, il n’arrive pas à gérer sa déception en découvrant la personnalité plutôt taciturne et maladroite de son ami. Ses amis Takumi et Kobayashi Akira le guident et le conseillent sans le ménager sur son comportement puéril. Ainsi, l’autrice s’intéresse au jugement sur l’apparence et à l’acceptation des imperfections. Elle questionne également sur la première fois, créant une relation consensuelle. La courte histoire en fin de tome « Parabola » reprend majoritairement les mêmes thèmes avec la vision de lycéens.

La mangaka a un trait épuré anguleux et découpé. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. En plus de son style graphique bien marqué, elle utilise des trames plutôt graphiques, créant des effets d’ombre et lumière particulier, même dans les ombres. De même, les trames d’ambiance accompagnent la narration. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors sont très présents. La mise en page est également très dynamique. Dans les scènes érotiques, amco sensei ne montrent pas les parties intimes, jouant sur les cadrages et les angles de vue. D’ailleurs, elle estompe leurs contours qui se fondent alors dans les trames. Sous la jaquette, elle présente plus en détail les personnage et offre quelques anecdotes en yonkoma.

En résumé

My dear strange man: Yamaoka Gô déclare enfin ses sentiments à son ami Nemoto Yutaka. Mais ce dernier reste complètement de marbre. Sur les conseils de son ami Hayakawa Takumi, Gô persévère alors pour lui transmettre au mieux ses sentiments. Et un soir, alors qu’il dormait chez Yutaka, ce dernier le prend enfin dans ses bras…
Parabola: Ayant suivi son père photographe à la campagne, Takahashi intègre son nouveau lycée et tombe sous le charme de Segawa, un camarade de classe solitaire et lunatique.

En conclusion

amco sensei a un graphisme rafraîchissant bien marqué et très expressif. Elle décortique avec délicatesse les émotions et les réflexions de ses personnages, mettant en avant leurs qualités et leurs défauts. La naïveté de Gô est à la fois déstabilisante et mignonne et les remarques parfois un peu rudes de Takumi et Akira apportent beaucoup de vivacité dans le récit. J’ai passé un moment de lecture sympathique. Du classique simplement efficace!

Here U are 3 – Djun

couverture de Here U are 3 de Djun, éditions Taifu

Djun
ISBN: 9782375064504
Taifu comics, 2025
Dongman, 2017 (CN)
Manhua
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« J’ai dû mélanger mes rêves et mes souvenirs flous. »

Djun développe un peu plus les questions sur la communication et le jugement sur l’apparence. Elle pointe certains clichés qui deviennent des critères de « classement » sociétal comme par exemple les effets de mode tels que les tenues assorties pour les couples et certains gestes amicaux confondus avec de l’affection amoureuse. Ainsi, le lecteur peut constater de possibles similitudes avec le couple de Lin Xiang et Yu Xiaogung qui affichent ouvertement son amour. Li Huan essaie de décrypter ses nouveaux sentiments tandis que Yu Yuang tente d’oublier son amour à sens unique. D’ailleurs, l’autrice révèle un peu son passé, dévoilant la relation compliquée qu’il entretient avec ses parents. Ainsi, elle dénonce les différentes réactions négatives face à l’homosexualité ainsi que la pression constante pour imposer une « normalité ». Xia Wangwang, malgré son comportement problématique, et Dabai détendent l’atmosphère.

Djun a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques, se rapprochant du style SD. D’ailleurs, comme dans le tome précédent, elle ajoute Chu Huanwen, de la couverture, avec un adorable pyjama animal dans le sommaire. Les personnages ont des physionomies caractéristiques qui permettent de les reconnaître facilement. Les couleurs plutôt réalistes utilisent différents dégradés de tons pour les ombres. De même, les trames d’ambiance se font très discrètes. Les décors soignés situent principalement l’action. La mise en page est par ailleurs dynamique.

En résumé

Après une soirée trop arrosée, Yu Yang se réveille le lendemain dans sa chambre. Il réalise alors que ses souvenirs de la veille sont complètement flous et décide donc d’ignorer ce vague baiser avec Li Huan. Chu Huanwen lui apprend alors que l’étudiant en première année a pris soin de lui et qu’une bagarre a éclaté dans une des chambres du dortoir. Quand Yu croise la bande de Wang Ming en piteux état, il est surpris de les voir s’excuser. En retrouvant ensuite Li, il tente alors de se réconcilier…

En conclusion

Djun passe d’un sujet à un autre avec fluidité, sans se perdre, introduisant au fur et à mesure les nouveaux personnages. Elle maintient le lecteur en haleine avec des moments comiques imprévisibles et des révélations au compte-gouttes. En plus son magnifique graphisme, à la fois expressif et mignon, est un pur bonheur. Beaucoup d’émotions et de surprises dans ce tome!