Swinging hearts – Miyata Toworu

couverture de Swinging hearts de Miyata Toworu, éditions Taifu

MIYATA Toworu 宮田トヲル
ISBN: 9782375064863
Taifu comics, 2025
ISBN:‎ 9784403668463 (JP)
Shinshoka, 2022 (JP)
Titre original: カタコイシーソー
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Se retrouver pour enfin concrétiser un amour de jeunesse. »

Miyata Toworu sensei narre une romance au premier abord classique entre amis d’enfance perdus de vue. Toutefois, elle ajoute une note dramatique qui donne toute sa saveur au récit. Ainsi, elle analyse avec soin les différents sentiments des personnages et construit une relation consensuelle qui évolue grâce à la communication. La narration alterne entre Nagao et Izumi. Derrière son assurance et son altruisme, Chihiro cache sa peur du regard extérieur et un traumatisme qui l’a fragilisé. Le franc et direct Issei, quant à lui, réalise très vite que son admiration et sa rivalité envers son aîné se transforme peu à peu en sentiment amoureux. Un jeu de séduction s’installe entre les deux amis. En introduisant le tactile Takai, l’autrice confronte le comportement brusque de ce dernier à celui bienveillant de Nagao. Elle aborde donc la difficulté à surmonter un traumatisme et le poids d’un écart d’âge quand on devient adulte.

La mangaka a un trait épuré plutôt en rondeur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors soignés apportent une touche réaliste et apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Miyata sensei censure les parties intimes par de larges languettes blanches. En début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages ou intègre directement l’illustration au récit. La couverture se classe cinquième au Chill chill BL award 2023.

En résumé

Nagao Issei quitte sa campagne natale pour l’université à Tokyo. A la gare, il retrouve son ami d’enfance Izumi Chihiro dont il admire l’intelligence et la prestance. Au lycée, ayant aperçu son aîné en train d’embrasser un garçon, Issei avait pris de la distance avec ce dernier. Mais Izumi se comporte avec lui comme si rien n’avait changé. Il continue même à le traiter comme un gamin. Toutefois, Nagao ayant compris l’origine de sa frustration à l’époque, a bien l’intention de le draguer.

En conclusion

Miyata Toworu sensei maîtrise son scénario, surtout pour un one-shot, développant plutôt ses sujets au fur et à mesure, permettant ainsi de bien cerner la personnalité des protagonistes. En plus, son graphisme dégage une certaine douceur très agréable. Le couple devient rapidement attachant et on se retrouve presque à les encourager au fil des pages. Je suis agréablement surprise par ce titre et j’espère que l’on aura l’occasion de découvrir d’autres œuvres de la mangaka. Une lecture plaisante!

vs.Love 1 – Ogawa Chise

couverture de vs.Love 1 d'Ogawa Chise, éditions Taifu

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782375064894
Taifu comics, 2025
ISBN:‎ 9784799760055 (JP)
Libre, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Quand la romance de Roméo et Juliette s’invite dans un manga de baston! »

Ogawa Chise sensei mélange les genres avec une comédie romantique, de la bagarre, du suspense et une pointe de drame. Elle révèle au fur et à mesure le passé traumatisant d’Ibuki. Ainsi, le chef de gang a tendance à se montrer très protecteur, prisonnier d’une promesse. Au contraire, Tsuzumi, fraîchement arrivé dans la ville, s’avère un véritable électron libre qui s’impose par la force. Les affrontements entre lycéens prennent différentes formes, du simple jeu à des actions délictueuses. Ainsi, l’autrice s’intéresse à la violence des adolescents, analysant avec finesse leurs émotions à fleur de peau. Par ailleurs, elle aborde avec humour des sujets d’actualités tels que le déclin démographique en province, l’influence intergénérationnelle, la vision différente des jeunes par rapport aux plus âgés. Pour l’instant, elle installe le contexte ainsi que les différents personnages.

La mangaka a un trait épuré et anguleux au style particulier reconnaissable. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Pour l’instant, il n’y a pas de scènes érotiques, malgré quelques tensions câlines. Ogawa sensei varie souvent les angles de vue, notamment les plongées et les contre-plongées dans les scènes d’action, dynamisant ainsi une mise en page un peu classique. Elle représente l’essentiel dans les bastons. Par ailleurs, elle montre le quotidien des personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Il y a vingt ans, la ville de Fûrai, souvent touchée par le vent et la foudre, est née de la fusion des villes Raiden et Fûun. Toutefois, les dissensions persistent entre les habitants des deux anciennes villes. Ainsi, les élèves des lycées Raiden et Fûun s’affrontent fréquemment pour s’accaparer des lieux intéressants en ville. Alors que Gôdon et Miruki de Fûun, sous la supervision de Nagi, se battent face à plusieurs lycéens de Raiden pour un nouveau restaurant, le légendaire Ibuki Marin les rejoint et met rapidement fin au combat. Mais le lendemain, Gôdon est terrassé par un certain Tsuzumi Nikoru, nouvel élève de Raiden…

En conclusion

Ogawa Chitose sensei offre une romance à la Roméo et Juliette, ponctuée de « bastons », qui aborde pourtant des sujets d’actualités. Elle dépeint des adolescents sensibles capables néanmoins d’une violence extrême pour arriver à leur fin. Ainsi, l’action et le drame côtoient constamment l’amour et l’humour. Son graphisme très expressif offre des bagarres dynamiques même si elles ne sont pas aussi détaillées qu’un shônen. Avec une belle palette de beaux garçons, j’imagine déjà le potentiel de couples secondaires très intéressants. Une lecture surprenante qui donne envie de découvrir la suite!

Tashiro est un peu… 2 – Yamada

couverture de Tashiro est un peu 2 de Yamada, éditions Taifu

Yamada ヤマダ
ISBN: 9782375063927
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784799742846 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Titre original: 鯛代くん、君ってやつは。2
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Je peux très bien te sauter dessus, là, tout de suite, si je veux. »

Yamada sensei oscille constamment entre sérieux et comique tout en interrogeant sur le consentement. Elle continue également de détourner avec humour les poncifs des romances. Ainsi, elle décortique le malaise qui s’installe dans une amitié après une déclaration d’amour et analyse les différents sentiments et réactions. Ebihara s’interroge sur l’amour homosexuel. Son imagination débordante crée des quiproquos hilarants. Tashiro fait des efforts pour se contrôler et n’hésite pas à exprimer ses limites. Bannai apporte une note bienveillante. Sega s’installe de plus en plus en tant que rival de Tashiro tout en dévoilant sa maladresse. Ainsi, l’autrice développe un peu plus les personnages secondaires. Par ailleurs, elle s’intéresse à l’univers otaku, avec entre autres, la sexualisation des cosplayeurs, la passion et l’investissement dans les loisirs. Elle termine ce tome sur un suspense insoutenable et une histoire bonus amusante sur le camp d’écriture.

La mangaka a un trait épuré qui se simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle passe d’un visage sérieux à une expression complètement loufoque en une case, les personnages surréagissant. Ainsi, tout les membres du club de recherches sur les mangas ont une physionomie caricaturale. Cela contraste avec les décors soignés et très détaillés qui apparaissent sur les plans larges. En plus, les nombreuses trames ajoutent une note réaliste. Par ailleurs, les trames d’ambiance souvent graphiques participent à la narration. Contrairement au tome précédent, la mise en page est plus classique avec quelques pages plus dynamiques. Bien qu’il n’y ait pour l’instant pas de scènes érotiques, Yamada sensei joue sur la censure des parties intimes durant le bain de manière comique. Elle donne également des anecdotes amusantes sous la jaquette.

En résumé

A son réveil, Tashiro Keima se souvient avoir touché Ebihara sans son consentement. Empli de remord, il part à sa rencontre. Il trouve alors Ebihara sous un abri de bus, attendant la fin de la pluie. Ce dernier s’est par ailleurs légèrement blessé après avoir fui un chien errant. Malgré des excuses sincères, Tashiro réitère sa déclaration d’amour…

En conclusion

Yamada sensei semble insister sur les situations de drague à risque et le consentement, questionnant les éléments scénaristiques classiques des BL. Son graphisme participe également aux scènes comiques. Toutefois, son humour ne plaira peut-être pas à tout le monde. Pour ma part, j’aime les échanges houleux entre Tashiro qui craque facilement et Ebihara qui le recadre tout aussi sec. Et j’apprécie de plus en plus Bannai qui a toujours le mot pour réconforter tout le monde. Une lecture réjouissante!

Moi seul connais ton corps – Usui Iroha

Couverture de Moi seul connais ton corps d'Usui Iroha, éditions Hana

USUI Iroha 薄井いろは
ISBN: 9782382761830
Hana, 2025
ISBN: ‎9784801965294 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Me feras-tu l’amour? Juste une fois? »

Usui Iroha sensei narre une romance érotique entre deux étudiants aux caractères opposés. Elle alterne la narration entre les deux héros, partageant ainsi leur réflexion sur l’évolution de leurs sentiments. En effet, le couple débute par une relation purement charnelle et consentie. Ishiguro Yûma manque de confiance en lui et se contente donc du peu d’attention que lui consacre celui qu’il adore passionnément. Takahashi Ryôhei, habitué à des relations superficielles et fuyant les ruptures douloureuses, s’étonne d’abord de son attirance mais fait l’effort de la comprendre. Ainsi, malgré des sentiments amoureux à l’intensité complètement différentes, les deux hommes s’accommodent de leur lien déséquilibré. Ainsi, l’autrice interroge sur la soumission totale à l’être aimée, l’exclusivité, les différentes formes de possessivité, les limites que l’on s’impose par amour. Malgré un manque de communication, elle construit une certaine confiance au sein du couple.

La mangaka a un trait légèrement anguleux. Elle dessine des visages bien ovales ainsi que de fines musculatures. Dans les passages humoristiques, elle simplifie légèrement son trait. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés ancrent le récit dans le réalisme. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Usui sensei ne censure pas vraiment les parties intimes. Toutefois elle évite de trop les détailler par un contour blanc et diffus. Elle offre une scène par chapitre.

En résumé

A la remise des diplômes, le sérieux Ishiguro Yûma demande à discuter en particulier avec le beau gosse du lycée Takahashi Ryôhei. Alors que ce dernier s’attendait à une classique déclaration d’amour, à sa surprise, son camarade lui demande de coucher avec lui une seule et unique fois. Curieux, le populaire lycéen accepte volontiers. Mais pourquoi l’expression désespérée d’Ishi lui fait autant d’effet?

En conclusion

Ce tome se classe à la dixième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2020. Usui Iroha sensei a un magnifique graphisme empreint de sensualité. Malgré un scénario purement érotique, elle aborde quelques sujets intéressants, en particulier la question de l’influence d’un partenaire sur l’autre. Par ailleurs, elle construit des personnages plutôt réalistes et attachants. J’apprécie de voir le sérieux Ishiguro prendre des initiatives ainsi que Takahashi se torturer l’esprit pour décrypter ses émotions. Une romance certes légère mais une lecture sexy et entraînante!

I cannot reach you 4 – Mika

Couverture de I cannot reach you 4 de Mika, éditions Kana

Mika みか
ISBN: 982505123439
Kana, 2024
ISBN: 9784046802804 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« J’ai tellement envie de le toucher, là, tout de suite, que j’ai du mal à me retenir. »

Mika sensei s’attaque au classique schéma narratif de l’amnésie très courant dans les romances shôjo et BL. Comme dans le tome précédent, elle analyse les réactions et les sentiments de ses personnages, pointant ainsi la différence d’interprétation des gestes perçus précédemment comme simplement amicaux. Elle interroge également sur l’acceptation des sentiments de l’autre. En effet, un malaise s’installe entre Kakeru qui surréagit et Yamato qui semble impassible. Leur difficulté à communiquer franchement et leur hésitation provoquent encore plus de quiproquos pour le bonheur des lecteurs. Ainsi, la narration alterne entre les deux lycéens. Oohara Mikoto, Fujino et Hosoka Yui apportent soutien et conseil. L’autrice aborde la question du consentement, la difficulté à déterminer exactement de nouvelles émotions, la facilité à se méfier et fuir. Dans sa note en début de tome, elle annonce l’adaptation de sa série en roman et drama CD. Elle détend l’atmosphère dans les chapitres bonus.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle fait parler le chat des Oohara qui apporte ainsi des commentaires amusants. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance participent à la narration, survenant même en fond des phylactères. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, la mise en page est très dynamique. En fin de chapitre, Mika sensei propose des anecdotes amusantes au format yonkoma. Elle fait poser les personnages sans aucun décors dans les illustrations en début de chapitre. La couverture se classe neuvième au Chill chill BL award 2022.

En résumé

Durant le voyage scolaire, Oohara Yamato a fait sa déclaration puis a embrassé Ashiya Kakeru. Mais à cause de la fièvre, il s’est soudainement effondré. Depuis, Kakeru se torture l’esprit et a peur de regarder son ami en face. Ses amis Kurosawa et Fujino, inquiets de l’absence de Yamato depuis leur retour au lycée, incitent Kakeru à lui rendre visite. Ce dernier découvre alors que son ami a tout oublié de ce qu’il s’est passé entre eux.

En conclusion

Mika sensei décortique une relation amoureuse en proposant à chaque tome de développer en détail une émotion. Après le tourment, l’indécision, l’agitation, elle s’attarde sur l’hésitation mais présente toujours différentes réactions selon le caractère des individus. En plus, l’humour pointe discrètement certains schémas narratifs problématiques sur le consentement devenus classiques dans les romances et met en avant des comportements plus bienveillants. Son graphisme en apparence tout doux participe totalement à la narration, transmettant avec finesse les émotions. C’est un pur bonheur à lire!

Tu es trop mignon alors c’est ta faute – Nen Nenko

couverture de Tu es trop mignon alors c'est ta faute de Nen Nenko, édition Hana

NEN Nenko 稔ねんこ
ISBN: 9782382767535
Hana, 2024
ISBN: 9784865548815 (JP)
Overlap, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Un lycéen doux et taquin, parfois aussi cruel qu’amoureux. »

Nen Nenko sensei narre un amour secret entre deux cousins, cumulant les quiproquos à cause de leur difficulté à transmettre leurs sentiments. Elle joue sur les limites des comportements problématiques mais construit pourtant une relation consensuelle. La narration débute par le point de vue de Yukito puis se poursuit avec celui de Taiki. Basé sur le principe toutefois plus doux de « qui aime bien châtie bien », le populaire lycéen passe son temps à taquiner son cousin qui le fuit constamment. Le passé entre les trois cousins se révèle au fur et à mesure. Alors que Yuki s’inquiète du regard des autres dont sa sœur, son cousin assume son homosexualité. Ainsi, l’autrice aborde l’influence des rumeurs et le manque de communication. Avec Natsuna, elle interroge indirectement sur l’éthique dans une relation professeur et élève. De même, elle introduit Ako pour apporter quelques tensions supplémentaires.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo avec de grands yeux expressifs et des hachures pour les rougissements. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges mais s’estompent légèrement autour des personnages. La mise en page est dynamique. Nen Nenko sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Le populaire Higuchi Taiki et la solaire Sakuma Natsuna, membres du comité du festival culturel, sont très proches, étant cousins. Mais au lycée, la rumeur qu’ils sortent ensemble circule. Tous leurs camarades essaient donc de savoir la vérité auprès de Yukito, le jumeau de Natsuna. Ce dernier, bien que ressemblant à sa sœur physiquement, est plutôt taciturne et renfermé. Mais il cache son attirance pour son cousin Taiki. Alors qu’il essayait le costume de serveuse de sa sœur pour le festival, il se couche dans son lit et fait semblant de dormir en entendant son cousin rentrer. Toutefois, Taiki commence à le caresser…

En conclusion

Nen Nenko sensei aborde un sujet intéressant mais reste souvent trop légère sur certaines problématiques. Ainsi, elle s’éparpille un peu et enchaine parfois les évènements abruptement. Même si la relation de Natsuna n’est pas mise en image, elle pourra choquer la sensibilité de certains lecteurs. Le graphisme mignon ne se démarque pas mais reste agréable. Cette romance légère ravira ceux qui n’ont pas envie de se prendre la tête. J’ai pour ma part passé un bon moment de lecture.

My beloved strange man – Amco

couverture de My beloved strange man d'Amco, éditions Taifu

amco
ISBN: 9782375065006
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784778120801 (JP)
Shinkosha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« On s’entend déjà mieux que la plupart des couples existants! »

amco sensei narre une romance entre deux amis aux caractères opposés. Elle alterne la narration entre les deux héros, présentant par ailleurs le point de vue de chacun sur certains évènements. Ainsi, elle aborde la différence entre amitié et amour et la communication au sein d’un couple en devenir. Comme Gô projette ses idéaux sur Yutaka, populaire, beau et gentil, il n’arrive pas à gérer sa déception en découvrant la personnalité plutôt taciturne et maladroite de son ami. Ses amis Takumi et Kobayashi Akira le guident et le conseillent sans le ménager sur son comportement puéril. Ainsi, l’autrice s’intéresse au jugement sur l’apparence et à l’acceptation des imperfections. Elle questionne également sur la première fois, créant une relation consensuelle. La courte histoire en fin de tome « Parabola » reprend majoritairement les mêmes thèmes avec la vision de lycéens.

La mangaka a un trait épuré anguleux et découpé. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. En plus de son style graphique bien marqué, elle utilise des trames plutôt graphiques, créant des effets d’ombre et lumière particulier, même dans les ombres. De même, les trames d’ambiance accompagnent la narration. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors sont très présents. La mise en page est également très dynamique. Dans les scènes érotiques, amco sensei ne montrent pas les parties intimes, jouant sur les cadrages et les angles de vue. D’ailleurs, elle estompe leurs contours qui se fondent alors dans les trames. Sous la jaquette, elle présente plus en détail les personnage et offre quelques anecdotes en yonkoma.

En résumé

My dear strange man: Yamaoka Gô déclare enfin ses sentiments à son ami Nemoto Yutaka. Mais ce dernier reste complètement de marbre. Sur les conseils de son ami Hayakawa Takumi, Gô persévère alors pour lui transmettre au mieux ses sentiments. Et un soir, alors qu’il dormait chez Yutaka, ce dernier le prend enfin dans ses bras…
Parabola: Ayant suivi son père photographe à la campagne, Takahashi intègre son nouveau lycée et tombe sous le charme de Segawa, un camarade de classe solitaire et lunatique.

En conclusion

amco sensei a un graphisme rafraîchissant bien marqué et très expressif. Elle décortique avec délicatesse les émotions et les réflexions de ses personnages, mettant en avant leurs qualités et leurs défauts. La naïveté de Gô est à la fois déstabilisante et mignonne et les remarques parfois un peu rudes de Takumi et Akira apportent beaucoup de vivacité dans le récit. J’ai passé un moment de lecture sympathique. Du classique simplement efficace!

Here U are 3 – Djun

couverture de Here U are 3 de Djun, éditions Taifu

Djun
ISBN: 9782375064504
Taifu comics, 2025
Dongman, 2017 (CN)
Manhua
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« J’ai dû mélanger mes rêves et mes souvenirs flous. »

Djun développe un peu plus les questions sur la communication et le jugement sur l’apparence. Elle pointe certains clichés qui deviennent des critères de « classement » sociétal comme par exemple les effets de mode tels que les tenues assorties pour les couples et certains gestes amicaux confondus avec de l’affection amoureuse. Ainsi, le lecteur peut constater de possibles similitudes avec le couple de Lin Xiang et Yu Xiaogung qui affichent ouvertement son amour. Li Huan essaie de décrypter ses nouveaux sentiments tandis que Yu Yuang tente d’oublier son amour à sens unique. D’ailleurs, l’autrice révèle un peu son passé, dévoilant la relation compliquée qu’il entretient avec ses parents. Ainsi, elle dénonce les différentes réactions négatives face à l’homosexualité ainsi que la pression constante pour imposer une « normalité ». Xia Wangwang, malgré son comportement problématique, et Dabai détendent l’atmosphère.

Djun a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques, se rapprochant du style SD. D’ailleurs, comme dans le tome précédent, elle ajoute Chu Huanwen, de la couverture, avec un adorable pyjama animal dans le sommaire. Les personnages ont des physionomies caractéristiques qui permettent de les reconnaître facilement. Les couleurs plutôt réalistes utilisent différents dégradés de tons pour les ombres. De même, les trames d’ambiance se font très discrètes. Les décors soignés situent principalement l’action. La mise en page est par ailleurs dynamique.

En résumé

Après une soirée trop arrosée, Yu Yang se réveille le lendemain dans sa chambre. Il réalise alors que ses souvenirs de la veille sont complètement flous et décide donc d’ignorer ce vague baiser avec Li Huan. Chu Huanwen lui apprend alors que l’étudiant en première année a pris soin de lui et qu’une bagarre a éclaté dans une des chambres du dortoir. Quand Yu croise la bande de Wang Ming en piteux état, il est surpris de les voir s’excuser. En retrouvant ensuite Li, il tente alors de se réconcilier…

En conclusion

Djun passe d’un sujet à un autre avec fluidité, sans se perdre, introduisant au fur et à mesure les nouveaux personnages. Elle maintient le lecteur en haleine avec des moments comiques imprévisibles et des révélations au compte-gouttes. En plus son magnifique graphisme, à la fois expressif et mignon, est un pur bonheur. Beaucoup d’émotions et de surprises dans ce tome!

Long period 2 – Furuya Nagisa

couverture de Long period 2 de Furuya Nagisa, éditions Hana

FURUYA Nagisa 古谷渚
ISBN: 9782382765036
Hana, 2025
ISBN: 9784829686805 (JP)
France shoin, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Si je n’abats pas la barrière qu’a érigée Yûsei, on sera séparés pour toujours. »

Furuya Nagisa sensei révèle au fur à mesure le passé de ses personnages, dévoilant ainsi l’origine du malaise entre les deux frères Hayakawa. Elle montre comment un trop grand talent peut devenir un complexe, entre les jalousies, les remarques blessantes et les frustrations. Ainsi, elle met en avant la dépendance qui s’est construite entre Itsuki et Yûsei. Grâce à leur entourage, les deux amis prennent conscience de leur stagnation générale aussi bien sur leurs décisions d’avenir que sur leur sentiments. Ils comprennent la nécessité de se confronter aux problèmes. Ainsi, l’autrice met en avant la maladresse des deux lycéens pour mieux communiquer. Elle aborde l’acceptation de soi, du sentiment de culpabilité, de la peur de perdre une amitié.

La mangaka a un trait épuré qui se simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames en aplat, avec une palette restreinte. Ainsi, elle marque principalement les ombres fortes par des hachures. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Comme dans le tome précédent, Furuya sensei renforce l’aspect aéré de sa mise en page par des pages aux tons majoritairement clairs. Par ailleurs, dans les scènes érotiques, elle s’arrête aux préliminaires et s’attarde plutôt sur les sentiments. En fin de tome, elle offre une postface en images.

En résumé

Hayakawa Itsuki s’introduit dans le lit d’Arima Yûsei, en prétextant avoir froid. Alors que son ami proteste et le menace de lui sauter dessus, il répond favorablement à ses petites provocations. Soudain, Yûsei l’embrasse avant de fuir de peur de ne pas résister à ses pulsions. Mais depuis, les deux amis ne se parlent plus. Alors qu’Itsuki était poursuivi par Matsushita du club d’athlétisme, le professeur Doi lui vient en aide mais en profite pour lui confier une tâche à faire. En réalité, il essaie également de discuter un peu de son orientation…

En conclusion

Furuya Nagisa sensei développe d’autres thèmes en parallèle de la romance, mettant en avant les vicissitudes de l’adolescence. Elle analyse avec finesse les différentes réflexions et émotions des personnages. Son graphisme accompagne avec douceur ses propos. Comme d’habitude, la maîtrise de la narration et les personnages vibrant de réalisme permettent une parfaite immersion dans ce récit pourtant classique. J’aime lire les œuvres de cette mangaka car je sais que je rencontrerais une palette d’émotions agréables durant ma lecture. Coup de cœur confirmé!

Long period 1 – Furuya Nagisa

couverture de Long period 1 de Furuya Nagisa, éditions Hana

FURUYA Nagisa 古谷渚
ISBN: 9782382765029
Hana, 2025
ISBN: 9784829686799 (JP)
France shoin, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Les sentiments peuvent-ils s’effacer à force de clamer le contraire de ce qu’on ressent? »

Furuya Nagisa sensei narre une romance entre deux amis d’enfance qui cachent leurs sentiments pourtant réciproques. Elle montre comment une relation amicale devient de plus en plus bancale quand l’amour s’en mêle. Ainsi, elle s’attarde particulièrement sur les comportements ambigus, la fragilité des liens, le poids des silences. Malgré des caractères différents, les deux amis ont tendance à fuir et à attendre une action de l’autre. Tôji et Tsugumi soutiennent leurs amis tandis que Matsushima, du club d’athlétisme, apporte une touche comique. Shinohara Riho et Minami Yûka donnent un autre regard sur la relation entre les deux lycéens. L’autrice dépeint avec finesse les sentiments ambivalents et la peur de se confronter. Ainsi, elle aborde la question des choix d’avenir, la difficulté à trouver une passion quand on excelle en tout ou à reprendre une passion abandonnée. Avec Nayakawa Ichiya, elle installe un peu de suspense.

La mangaka a un trait épuré, de style shôjo, qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie. Toutefois, les trames d’ambiance parfois très graphiques appuient les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. Furuya sensei espace beaucoup les vignettes, créant une mise en page aérée.

En résumé

Amis d’enfance depuis la maternelle, Arima Yûsei en a assez de se faire traîner n’importe où par Nayakawa Itsuki. Ce dernier, aussi doué en sport qu’en études, vise pourtant la même université que lui alors qu’il peut prétendre à mieux. Comme ils passent leurs temps à se chamailler, leurs amis Tôji et Tsugumi se demandent alors s’ils s’apprécient vraiment ou se détestent. Mais en réalité, Yûsei pense ne plus pouvoir côtoyer son ami pour lequel il nourrit un amour à sens unique.

En conclusion

Furuya Nagisa sensei excelle comme à son habitude à dépeindre avec sensibilité les émotions de ses personnages, leur cheminement de pensée ainsi que leur évolution. Malgré un scénario au premier abord classique, elle traite des sujets différents, créant des personnalités réalistes avec ses défauts et ses qualités. Son graphisme dégage énormément de douceur mais reste néanmoins très expressif. Je trouve la relation entre Yûsei et Itsuki touchante. Un petit coup de cœur pour une valeur sûre.