I cannot reach you 6 – Mika

Couverture de I cannot reach you 6 de Mika, éditions Kana

Mika みか
ISBN: 9782505123453
Kana, 2025
ISBN: 9784046814470 (JP)
Kadokawa, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Ça me donne envie d’encore mieux m’entendre avec lui! »

Mika sensei narre l’enfance de Kakeru et Yamato et développe un peu plus leur environnement familial. Elle alterne la narration entre les deux enfants. Ainsi, elle montre leur rapide rapprochement. En effet, grâce au soutien de son ami, le mûr Oohara trouve un confident lui permettant de surmonter son choc et son sentiment de culpabilité suite à l’accident de son père. Kakeru, quant à lui, a conscience de ses limites mais essaie toujours de trouver les mots de réconfort ainsi que de parler sincèrement. La mère d’Oohara, qui fait face aux rumeurs, essaie de gérer au mieux son angoisse. Elle trouve également conseil et soutien avec la mère d’Ashiya. Par ailleurs, l’autrice dévoile les premiers sentiments amoureux de Yamato. Après ce saut dans le passé, elle reprend le fil de son récit avec la Saint-Valentin. Elle sème des indices sur le futur dans l’histoire bonus.

La mangaka a un trait épuré et arrondi qui lui donne un aspect doux. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance alternent avec des décors soignés. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Mika sensei donne l’ambiance du récit dans les illustrations en début de chapitre. A la fin des chapitres, elle offre deux planches qui fait le lien avec le présent, directement à la suite du tome précédent. Par ailleurs, elle s’amuse à parfois intégrer son avatar (un lapin) en arrière-plan. La couverture se classe dixième au Chill chill BL award 2023.

En résumé

La mère d’Ashiya Kakeru accepte de garder Oohara Yamato et Mikoto pour la journée. Trop heureux de pouvoir s’amuser avec son ami, Kakeru est trop dissipé pour faire ses devoirs de vacances mais Yamato l’encourage à d’abord les terminer. Désirant mieux connaître son ami, Ashiya s’interroge sur l’absence du père Oohara. Mikoto lui confie alors que ce dernier est dans le coma suite à un accident durant son travail. Toutefois, quand Kakeru propose à Yamato d’aller voir son père, ce dernier fuit, semblant cacher un lourd secret à propos de son père…

En conclusion

Mika sensei dévoile le passé de Yamato et Kakeru. Elle partage les évènements les plus marquants qui leur ont permis de se rapprocher. D’ailleurs, elle dépeint avec finesse leurs différents sentiments, décortiquant la naissance d’une profonde amitié. Son graphisme doux rend les bouilles d’enfants tellement adorables! Mes sentiments ont fait le yoyo entre les moments tendus, comiques ou émouvants. Si vous aimez les romances slow-burn douces, foncez!

I cannot reach you 5 – Mika

Couverture de I cannot reach you 5 de Mika, éditions Kana

Mika みか
ISBN: 9782505123446
Kana, 2025
ISBN: 9784046808790 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Ce que je sais, c’est que quand Yamato sourit, ça me rend très heureux et je sens mon cœur se serrer. »

Mika sensei continue d’analyser les réactions et les émotions des adolescents, en particulier la gestion du malaise qui s’installe entre Ashiya Kakeru et Oohara Yamato. Elle interroge sur la définition de l’amour et le sentiment amoureux, dénonçant au passage la commercialisation de l’amour à Noël. Comme dans le tome précédent, elle met en avant le soutien des amis à travers Hosoka Yui, Amamiya Sôichirô et Oohara Mikoto. D’ailleurs, les personnages secondaires sont un peu plus développés. Kakeru prend conscience des quiproquos et fait des efforts pour mieux communiquer. A cause de remarques désobligeantes extérieures, il ne cesse de se comparer à son ami considéré comme un beau gosse et se déprécie. Ainsi, l’autrice aborde l’influence et le poids du jugement extérieur, le manque de confiance en soi. Par ailleurs, elle continue de développer la question du consentement. Les histoires bonus détendent l’atmosphère plus tendue de ce tome.

La mangaka a un trait épuré plutôt arrondi qui apporte de la douceur. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames équilibrées rendent néanmoins les nuances dégradées. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques accompagnent les émotions. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Mika sensei utilise les codes du shôjo tels que les sorties de case, les ellipses, l’absence de cadre, la forme des vignettes en fonction de leur contenu, créant ainsi une mise en page dynamique. En fin de chapitre, elle offre des anecdotes amusantes en une planche. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre montre le quotidien des personnages.

En résumé

A l’approche de Noël, Oohara Mikoto rejette froidement toutes les sollicitations de Seo Yûma. Pourtant, elle accepte de rentrer en train avec lui. Mais un incident survint et dans la bousculade, elle perd alors l’élastique que lui a offert son frère Yamato. Attachée à ce cadeau, la jeune fille le cherche désespérément. A sa surprise, Hosaka Yui, de passage, le trouve et lui annonce l’avoir choisi pour son frère. D’abord dépitée, elle est vite rassurée par les explications de Yamato…

En conclusion

Mika sensei plonge les lecteurs directement dans le malaise entre les deux adolescents. Elle analyse la pression d’un premier rancard. Son graphisme doux transcrit avec finesse les émotions. J’apprécie le développement des personnages secondaires, permettant ainsi de découvrir d’autres points de vue sur les thèmes abordés. Un petit bijou de lecture!

Our love language 1 – Rinteku

Couverture de Our love language 1 de Rinteku, éditions Akata

Rinteku 厘てく
ISBN: 9782385690359
Akata, 2025
ISBN: 9784757587519 (JP)
Square enix, 2023 (JP)
Titre original: カメレオンはてのひらに恋をする。1
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Je connais très bien la frustration de ne pas réussir à communiquer ce que je veux… »

Rinteku sensei narre une romance entre deux étudiants, avec pour thème principal la question de la surdité. Elle base principalement la narration du point de vue de Fujinaga mais dévoile la version de Keito dans le chapitre bonus. De même, à travers les conversations du « Monde de Keito », elle attire l’attention sur le ressenti et les différentes manières de percevoir les sons. D’ailleurs, la communication est au cœur du récit, avec les quiproquos, la franchise de la langue des signes, l’iconicité et l’expression corporelle du théâtre qui diffère de celle de l’audiovisuel. Grâce à Maejima, Aoi n’hésite pas à remettre en question ses projets d’avenir. Il prend d’ailleurs conscience au fur et à mesure des difficultés rencontrées par son ami dans son quotidien. Ainsi, l’autrice aborde la question de l’intégration des personnes handicapées dans la société. Elle montre également comment des communications ardues provoquent une perte de confiance en soi.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui dégage une certaine souplesse. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page dynamique joue sur les ellipses et les superpositions. Néanmoins, les décors soignés s’estompent parfois pour ne pas surcharger la page. D’ailleurs, Rinteku sensei décompose les mouvements de la langue des signes, superposant parfois les différentes formes des mains dans une mème case. De même, le lettreur Tom « spAde » Bertrand effectue un gros travail pour transmettre la compréhension difficile de Keito. A la fin de certains chapitres, il y a aussi des conversations entre Aoi et Maejima expliquant le monde ressenti par l’étudiant sourd. Sous la jaquette se trouve la présentation des personnages.

En résumé

Étudiant en lettres modernes, Aoi Fujinaga rêve de devenir acteur mais il échoue à la majorité de ses auditions car il surjoue trop. Un jour, il rencontre Maejima Keito, en sciences de l’éducation, un étudiant sourd, oraliste et signant. Les deux jeunes hommes sympathisent rapidement, cherchant à se comprendre. D’ailleurs, Fujinaga s’intéresse rapidement à la langue des signes. Keito, quant à lui, trouve que son nouvel ami a du talent pour exprimer ses émotions…

En conclusion

Ce tome se classe à la sixième place du meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2024. Rinteku sensei fait découvrir aux lecteurices les spécificités de la surdité, ainsi que les différents dispositifs pour aider les malentendants. Grâce à Fujinaga, elle fait le lien entre la langue des signes et le langage corporel, mettant en avant les efforts nécessaires pour communiquer. Son graphisme est magnifique et très expressif. Malgré un tome très épais, j’ai dévoré d’une traite ce récit émouvant. J’adore les deux protagonistes mais également les personnages secondaires, même si ces derniers sont peu développés. Une lecture que je vous recommande grandement! Énorme coup de cœur!

Smell – Nagabe

Couverture de Smell de Nagabe, éditions Komikku

Nagabe ながべ
ISBN: 9782372878517
Komikku, 2025
ISBN: ‎9784041145548 (JP)
Kadokawa, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Je sais que c’est malsain de faire ça. Mais je ne peux pas résister à l’envie de le renifler!! »

Nagabe sensei narre une romance lycéenne avec deux hommes-bêtes qui se découvrent un fétichisme pour les odeurs. D’ailleurs, il reprend les spécificités animales pour construire le caractère de ses personnages, avec un Saint Hubert, race spécialisée dans le pistage et un Border collie foufou. Il joue également sur leurs caractères opposés pour créer une dynamique. La narration se base principalement du point de vue de Joseph. Le Border collie s’interroge sur son attirance, son excitation par certaines odeurs et n’hésite pas à remettre en question son comportement parfois pressant. Le taciturne Noi, quant à lui, conserve une certaine innocence. Un jeu érotique s’installe entre eux, les incitant à mieux communiquer. Ainsi, l’auteur aborde la différence entre odeur et phéromone, l’acceptation de l’autre, la question de la normalité. Il questionne également sur le consentement.

Le mangaka a un trait épuré et anguleux. Il reprend les caractéristiques principales des races des chiens mais certaines sont parfois méconnaissables. Il simplifie son trait et exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors situent principalement l’action et s’estompent néanmoins pour ne pas surcharger les pages. Les trames d’ambiance appuient les émotions fortes tandis que les autres trames sont en aplat, utilisées avec parcimonie. La mise en page plutôt classique colle parfaitement au style graphique. Dans les scènes érotiques, Nagabe sensei ne montre pas les parties intimes grâce au cadrage et à des phylactères bien placés. Toutefois, dans certaines vignettes, il ne les dessine tout simplement pas.

En résumé

L’enjoué Joseph (Border collie) surprend son camarade de classe Noi (Saint Hubert) en train de renifler son t-shirt. Mais loin d’être choqué, il s’amuse même par la suite à tester l’odorat de son nouvel ami. Toutefois, lorsqu’il lui fait sentir son caleçon, la réaction de Noinoi lui procure un plaisir inattendu.

En conclusion

Nagabe sensei arrive à mêler les premiers émois d’une romance lycéenne avec la découverte d’un fétichisme, tout en conservant une certaine candeur de ses personnages. En se basant sur les spécificités des races des chiens, il crée une dynamique intéressante entre les personnages, rendant crédible leurs recherches d’odeurs. Toutefois, le sujet pourra déplaire à certains lecteurs. Le graphisme est très expressif. J’aime beaucoup la relation qui se construit entre Noi et Joseph. Un bon moment de lecture!

Le regard de la bête – Shinou Ryo

couverture de Le regard de la bête de Shinou Ryo, éditions Taifu

SHINOU Ryo 紫能了
ISBN: 9782375065518
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801982161 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Titre original: キミが獣になれるまで
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je t’avais bien dit que je te soumettrai à moi, non? »

Shinou Ryo sensei propose un dom/sub avec une vraie relation sado-masochiste, y ajoutant au passage quelques touches personnelles. Ainsi, elle intègre ses explications au fil du récit. Elle aborde donc la question du consentement, le difficile contrôle des pulsions et la place des sentiments face à l’instinct. Les médecins Mashinome Tsukasa (dom) et Ikari Jin (switch) dévoilent au fur et à mesure les spécificités de la mutation de Minoru. En effet, Kageshita développe deux personnalités contradictoires selon qu’il est normal ou dom. Aki, quant à lui, culpabilise de ne pas satisfaire suffisamment son ami. Malgré des sentiments réciproques, le couple peine à trouver un équilibre. Par ailleurs, l’autrice enrichit son univers avec des effets secondaires suite à une transformation instable. Elle questionne sur le besoin de possession du point de vue du dominant et du soumis. Elle joue également sur les limites de la violence, créant constamment de la tension.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions. Les trames sont nombreuses tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page très dynamique utilise les superpositions, les angles de vue variés, les sorties de vignettes ou même l’absence de cadre. Ainsi, Shinou sensei s’attarde sur les détails. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des hachures et offre même une scène par chapitre. En début de tome se trouvent les explications sur le dom/subverse ainsi que les spécificités inventées par l’autrice. Des fiches personnages permettent de découvrir quelques secrets en fin de tome.

En résumé

Un soir, alors que Haruki Aki (sub) s’apprêtait à coucher avec un dom dans un parc, ils sont interrompus par le regard de bête d’un autre dom encore plus puissant. Suite à la soudaine réduction de sa bourse universitaire, le sub cherche un petit job et postule alors à un test clinique pour des inhibiteurs. Malheureusement, il doit absolument être accompagné d’un dom. Durant sa recherche, il rencontre son ami d’enfance Kageshita Minoru (normal), qui le soumet soudain par des phéromones. Ce dernier a par ailleurs le même regard de bête que le dom qu’Aki avait croisé quelques jours auparavant. Pourquoi?

En conclusion

Ce tome obtient la huitième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2024. Ce one-shot épais permet à Shinou Ryo sensei de bien développer son scénario, entre tension et érotisme. La touche SM apporte vraiment un plus au récit, collant parfaitement au dom/subverse. Son graphisme sensuel sublime également les interactions entre les personnages. Je suis subjuguée par la relation du couple, à la fois attendrissante et entraînante. J’aimerais par ailleurs découvrir un jour l’histoire des médecins. Si les scènes SM ne vous dérangent pas, je vous recommande ce dom/sub. Un coup de cœur!

Megumi & Tsugumi 5 – Si Mitsuru

Couverture de Megumi & Tsugumi 5 de Si Mitsuru, éditions Taifu

SI Mitsuru S井ミツル
ISBN: 9782375065280
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801982437 (JP)
Takeshobo, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Ils se fichent complètement de piétiner nos sentiments. »

Si Mitsuru sensei continue de développer les questions de l’engagement pour l’avenir et de l’entêtement des parents qui décident à la place de leur progéniture. Elle aborde le jugement sur l’apparence ainsi que les différences des classes sociales. Comme dans le tome précédent, elle alterne la narration entre les deux héros. A notre surprise, Tsugumi accepte enfin quelques compromis mais il ne peut s’empêcher de relever des défis. Megumi, quant à lui, arrive de mieux en mieux à anticiper les réactions de son petit ami. Les parents Yamada, Harutsugu et Kuroji, offrent une vision différente de l’éducation comparé à Kokonoe Makoto. D’ailleurs, le directeur d’école a tendance à mélanger ses convictions personnelles avec ses fonctions professionnelles. Ainsi, l’autrice analyse les relations entre parents et enfants adolescents. Avec le collier pour oméga, elle interroge sur le double sens qui de dégage entre afficher sa possession et protéger l’être aimé.

La mangaka a un trait épuré avec des angles plutôt marqués. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées malgré une palette de teinte plutôt restreinte. De même, les trames d’ambiance, plutôt graphiques, accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page classique mais efficace rythme la lecture. Si Mitsuru sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle détaille peu les parties intimes, ce qui correspond parfaitement à son style général. En fin de chapitre, elle résume un peu l’ambiance avec les personnages en SD. Sous la jaquette, deux planches font suite à la dernière histoire bonus, à lire donc à la fin.

En résumé

Alors que Kokonoe Megumi (alpha) pensait discuter de son avenir avec son père Makoto, ce dernier lui a organisé un rendez-vous avec Inami (alpha). L’étudiant qui hésite à intégrer le lycée Kokonoe a également été piégé par son père. Megumi s’oppose alors courageusement à son géniteur, inspirant aussi Inami qui ose enfin se rebeller. Mais Yamada Tsugumi (oméga) débarque soudain dans le restaurant. Cédant à ses supplications, le père Kokonoe accepte d’écouter enfin son fils et de rencontrer la famille Yamada.

En conclusion

Si Mitsuru sensei maîtrise parfaitement le développement de son récit, décortiquant point par point ses différents sujets. En plus des interrogations autour des principes de l’omegaverse, elle offre une belle comédie romantique. Elle analyse également l’évolution des adolescents ainsi que des parents. Son graphisme reconnaissable est expressif et agréable. Certains lecteurs pourront regretter le changement du style des débuts à cause de la simplification de certains détails. J’apprécie particulièrement ce tome dans lequel les deux amoureux se battent pour faire reconnaître la sincérité de leurs sentiments. Une lecture plaisante!

Here U are 4 – Djun

Couverture de Here U are 4 de Djun, éditions Taifu

Djun
ISBN: 9782375064955
Taifu comics, 2025
Dongman, 2022 (CN)
Manhua
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Je ne veux pas l’entraîner là-dedans… »

Djun s’intéresse aux différences de point de vue entre hétérosexuel et homosexuel. Yu Yang doute constamment des sentiments de Li Huan car ce dernier manque d’expérience amoureuse. Pourtant, le jeune homme taciturne se montre câlin et démonstratif, ne tenant pas compte du jugement extérieur. Il se laisse d’ailleurs facilement embarquer, avec Xiao Yi, par les délires de Xia Wangwang. La passion de la jeune fille pour le BL permet également d’aborder la différence entre réalité et fiction. La relation entre Yu et Li évolue petit à petit, pour notre plus grand plaisir. Chu Huanwen apporte conseil et soutien. La confrontation du couple à des railleries homophobes met en avant diverses réactions. Ainsi, l’autrice décortique le sentiment de culpabilité que ressent une personne homosexuelle lorsqu’elle aime un hétérosexuel. Elle introduit doucement de nouvelles intrigues autour du gérant de bar Pan ainsi que Chu Huanwen à travers des rencontres marquantes.

Djun a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise des tons plutôt réalistes et sobres. Par ailleurs, les décors soignés sont très présents. Les arrière-plans éloignés deviennent plus clairs ou flous, renforçant ainsi l’effet de profondeur et rappelant la focale d’un appareil photo. La mise en page est dynamique mais l’agencement de certaines cases fait parfois hésiter sur le sens lecture. Comme dans le tome précédent le personnage de la couverture (ici, Pan) apparaît en SD en pyjama animal dans le sommaire. Sur la couverture, un vernis sélectif donne un peu de relief. En fin de tome, il y a un message de l’autrice pour les lecteurs français et une magnifique illustration.

En résumé

Lors de la compétition universitaire d’athlétisme, Xia Wangwang percute malencontreusement Yu Yang. Li Huan amène alors la jeune fille à l’infirmerie. Mais il remarque également que son ami l’évite depuis qu’il lui a déclaré ses sentiments. Xia décide alors de jouer les Cupidons pour les rapprocher et donne donc quelques conseils de séduction à Li Huan.

En conclusion

Djun alterne avec dextérité entre sujets sérieux, humour et tension. Elle dépeint avec beaucoup de finesse les émotions de ses personnages. Les interactions entre Li Huan et Yu Yang, mais également Xia Wangwang et Xiao Yi sont entraînantes, touchantes et même hilarantes. De même, le graphisme est un pur bonheur. Une lecture palpitante!

My beautiful boy 3 – Nagira Yuu et Kitano Megumi

couverture de My beautiful boy 3 de Nagira Yuu et Kitano Megumi, éditions Hana

NAGIRA Yuu 凪良 ゆう
KITANO Megumi 北野 仁
ISBN: 9782382764848
Hana, 2024
ISBN: 9784199609626 (JP)
Tokuma shoten, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Je l’aime et je souffre à en mourir. Je suis incapable de renoncer à l’amour que j’ai pour Kiyoi. »

Nagira Yuu sensei s’attarde principalement sur l’évolution de Hira qui découvre enfin des comportements plus bienveillants avec le club de photographie universitaire. En introduisant les frères Koyama, en particulier Kazuki, elle analyse les différentes émotions auxquelles sont confrontées les personnes bègues, en particulier un complexe d’infériorité. De même, elle apporte un regard extérieur sur la relation toxique entre Hira et Kiyoi. Ainsi, comme dans le tome précédent, la narration se base principalement du point de vue de Kazu. L’étudiant s’interroge enfin sur ses relations, son attirance ainsi que son sentiment de culpabilité face à sa nouvelle amitié. L’installation d’un triangle amoureux permet d’aborder d’autres sujets tels que l’homosexualité, la peur de perdre une amitié à cause de l’amour. Les comportements négatifs se confrontent sans cesse à ceux plus prévenants. L’autrice analyse des amours obsessionnels qui ne provoquent que souffrance, jouant avec les limites des convenances.

Kitano Megumi sensei a un trait légèrement épuré. Elle dessine des corps longilignes aux visages bien ovales. Bien qu’elle utilise de nombreuses trames, les tons clairs dominent. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est très dynamique. La mangaka préfère suggérer les scènes érotiques à travers quelques détails. Elle intègre au récit les illustrations en début de chapitre, souvent au format de trois cases silencieuses.

En résumé

Sô Kiyoi et Hira Kazu ont pris l’habitude de se retrouver secrètement dans la salle de musique. Ils se parlent plus franchement et Hira en profite pour photographier son modèle. Mais en terminale, les deux lycéens se retrouvent dans des classes différentes. Leurs rencontres deviennent sporadiques. Après les vacances d’été, lorsque Hira apprend que Kiyoi est recruté par une agence de talents artistiques, il ne peut alors que constater leur éloignement au fur et à mesure que la popularité de son ami augmente. Pourtant lors de la remise des diplômes, Kiyoi lui vole un baiser marquant leurs adieux.

En conclusion

Nagira Yuu sensei continue de décrypter des relations obsessionnelles, à la limite malsaines. Elle dépeint parfaitement la souffrance que procurent ces amours, analysant avec finesse les émotions. Par ailleurs, le graphisme de Kitano Megumi sensei sublime les expressions des personnages. J’aime beaucoup Koyama Kazuki qui apporte un nouveau souffle dans le récit. Une lecture troublante qu’on n’arrive pas à lâcher!

Kitayama & Minamiya 2 – Satoh Sugar

Couverture de Kitayama & Minamiya 2 de Satoh Sugar, éditions Hana

SATOH Sugar 砂藤シュガー
ISBN: 9782382765203
Hana, 2025
ISBN: 9784781622736 (JP)
East press, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Kitayama sera toujours ma priorité, il n’a aucune raison d’être jaloux! »

Satoh Sugar sensei analyse la jalousie à travers les réflexions de ses deux héros. Ainsi, elle s’intéresse à la possessivité, la difficulté à comprendre l’origine de cette émotion, les problèmes engendrés mais également les solutions pour y faire face. Elle aborde donc l’écart d’âge et la différence entre imagination et réalité. En effet, Minamiya s’interroge sur les conquêtes précédentes de Kitayama, entre fantasmes et réalité, cédant peu à peu à la frustration. Son petit ami qui gère bien mieux son côté possessif, fait attention à ses réactions. Les deux étudiants découvrent mutuellement leurs facettes cachées, renforçant leur lien. Comme dans le tome précédent, l’autrice porte attention au consentement et à la communication au sein du couple. Elle continue de nous amuser avec les recadrages d’Ayumu par Yuuki. Dans l’histoire bonus, elle mêle fantasmes et situations classiques du BL.

La mangaka a un trait épuré légèrement arrondi. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques, exagérant alors les expressions. Les trames sont équilibrées. Néanmoins, des hachures surlignent les ombres fortes. Par ailleurs, les décors soignés apportent une note réaliste bien qu’ils s’estompent autour des personnages. Les trames d’ambiance, graphiques, appuient les émotions. La mise en page est plutôt classique. Dans les scènes érotiques, Satoh sensei censure les parties intimes par des languettes blanches. Elle fait poser les personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Kitayama Yuuki et Minamiya Ayumu sortent ensemble et fréquentent la même université. Mais Minamiya remarque la jalousie excessive de son petit ami qui pourtant ne ménage pas ses efforts pour la contenir. D’ailleurs, il apprécie le sérieux de Kitayama sur le consentement bien qu’il soit toujours partant. Mais d’où vient cette jalousie maladive?

En conclusion

Satoh Sugar sensei délaisse un peu les gags pour développer quelques sujets d’actualités. Dans ce tome, elle analyse en détail la jalousie. Ainsi, elle jongle entre humour, érotisme et réflexions. Ses différents styles graphiques offrent en fin de compte une parfaite harmonie, facilitant la lecture et la compréhension. Je suis toujours aussi fan de Kitayama. Une lecture enrichissante!

Le roman Hirano et Kagiura – Hachijo Kotoko et Harusono Shou

couverture de Hirano et Kagiura le roman de Hachijo Kotoko et Harusono Shou, éditions Akata

HACHIJO Kotoko 八条ことこ
HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782385314484
Akata, 2024
ISBN: 9784040651897 (JP)
Kadokawa, 2018 (JP)
Roman
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Je veux être proche de lui au point de toucher son cœur… »

Hachijo Kotoko sensei narre le rapprochement progressif entre Kagiura et Hirano. Elle alterne la narration entre les deux lycéens, analysant l’évolution de leurs sentiments. Ainsi, elle dévoile leurs caractères au fur et à mesure, à travers le regard de chacun. Les interactions avec Sasaki et Miyano permettent de se repérer dans le temps, à condition de connaître leur histoire évidemment. Akira évolue petit à petit, s’interrogeant constamment sur sa relation avec son colocataire. Taiga, quant à lui, va également s’adoucir en prenant soin de son camarade. L’introduction de Niibashi, camarade et rival de Kagi, apporte une note comique. L’autrice présente donc une tranche de vie étudiante, entre études, activités scolaires, rythme rigoureux de l’internat et vacances. Elle joue sur les contraires pour créer une dynamique entre les deux lycéens. Par ailleurs, elle aborde la cohabitation, les premiers émois sentimentaux, la peur de perdre une amitié.

Harusono Shou sensei met l’accent sur l’évolution de la relation entre les personnages à travers ses illustrations. Elle a un trait épuré, légèrement anguleux. Par ailleurs, elle utilise les trames avec parcimonie ainsi que quelques trames d’ambiance graphiques. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est classique. Sous la jaquette se trouvent un plan de la chambre et une illustration apportant une anecdote. La mangaka dessine les moments clés du récit dans ses illustrations en début de chapitre. De même, elle offre quelques planches en fin de tome. D’ailleurs, le sommaire reprend la même présentation que le manga, avec des titres de chapitre selon un calendrier.

En résumé

Kagirua Akira entre au lycée et a choisi l’internat pour pouvoir se donner à fond au club de basketball. En effet, il a pu intégrer le lycée de ses rêves principalement grâce à ses capacités en sport. Nerveux, il découvre les lieux avec l’intendant Hanzawa mais ce dernier étant sollicité, le nouvel arrivant se retrouve seul à rejoindre sa chambre. Il la partage avec un second année, Hirano Taiga. Sous ses airs de délinquant, il semble pourtant gentil. Vont-ils s’entendre?

En conclusion

Dans sa postface, Hachijo Kotoko sensei annonce avoir pris quelques libertés sous la supervision de la mangaka. Pourtant, à la lecture, on retrouve exactement l’ambiance du manga de Sasaki et Miyano. Toutefois, ce roman peut se lire indépendamment de la série. Les illustrations de Harusono Shou sensei permettent d’imaginer au mieux les passages importants. J’ai beaucoup apprécié ma lecture, emplie de bienveillance et de douceur. Quel plaisir de découvrir la rencontre de ce possible couple. Un agréable moment!