Inside full bloom – Kuki Wakame

inside full boom kuki wakame

KUKI Wakame 久喜わかめ
ISBN: 9782368776995
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801964105 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« La mélancolique histoire d’amour de deux jeunes hommes profondément blessés qui, ensemble, vont apprendre à se reconstruire. »

Pour son premier manga, Kuki Wakame sensei offre un one-shot au ton poétique et dramatique. Elle met en parallèle le langage des fleurs avec les sentiments de ses personnages. Comme une fleur qui s’épanouit jour après jour, Kana et Keigo, profondément blessés, s’ouvre douloureusement l’un à l’autre. Leur relation d’abord conflictuelle contrecarre tout consentement. Malgré une compatibilité sexuelle, leur caractère s’oppose. Ainsi, l’auteure aborde deux approches différentes: Kana préfère le secret alors que Keigo affirme ouvertement son orientation sexuelle. Pourtant leurs traumatismes influent énormément sur leur relation amoureuse. Même si des sentiments se développent au fil des discussions, leurs ébats, souvent forcés et parfois gratuits, occultent tout romantisme, brouillant un peu l’appréciation de l’histoire. Le scénario pêche donc légèrement par manque d’expérience mais se tient parfaitement.

La mangaka a un trait fin et épuré, assez anguleux. Elle a tendance à utiliser des touches et des lignes peu liées, donnant un aspect encore croquis pour les yeux ou la bouche. De même, elle se focalise sur certains détails comme les regards et tient compte du mouvement des cheveux. Elle maîtrise déjà son graphisme, beau et aéré, n’hésitant pas à simplifier et caricaturer les traits pour les passages humoristiques. Elle utilise peu de trames d’ambiance. Ses décors permettent de situer les actions. Ses cadrages et quelques angles de vue recherchés dynamisent la lecture. Les scènes érotiques ne sont pas censurées et plutôt détaillées. Sous la jaquette, il y a deux illustrations présentant Kana et ses amis.

En résumé

Saitô Kanaru est invité par ses amis Oshibu et Ono à un gôkon. Peu motivé, il accepte malgré tout, espérant passer une simple soirée à boire. Mais les étudiantes arrivent à deux accompagnées d’un garçon, Miura Keigo, qui remplace une fille qui s’est désistée. Au fil de la conversation, ce dernier annonce ouvertement qu’il est gay. Surpris et troublé, Kana se raffraîchit aux toilettes mais Keigo l’a suivi, ayant deviné que l’étudiant cachait son orientation sexuelle. Alors que Miura commence à lui faire des avances discrètes, Saitô boit plus que de raison et finit par perdre conscience. Il se réveille plus tard en plein ébats avec Keigo. Le lendemain, de retour chez lui, il s’effondre, ne pouvant contenir ses souvenirs traumatisants de l’époque du lycée.

en conclusion

Kana et Keigo pansent leurs blessures intérieures dans la douleur. Certains lecteurs pourront être gênés par les scènes non consenties. Personnellement, mes sentiments sont mitigés: j’ai apprécié cette vision de l’amour assez sombre, mais je trouve dommage que Keigo ne trouve de solutions qu’à travers la soumission sexuelle. D’autant plus que j’adore particulièrement le personnage de Kana. Placée 20ème au classement des nouveaux venus du Chill Chill BL award 2019, j’attends avec impatience de voir les prochaines œuvres de Kuki sensei.

Crie-moi que tu m’aimes! – Sachimo

crie-moi que tu m aimes sachimo

Sachimo さちも
ISBN: 9782368776674
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784041067246 (JP)
Kadokawa, 2018 (JP)
Titre original: うるさいくらいの告白ください
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Quelqu’un qui se trouve plein de défauts est en réalité parfait aux yeux de quelqu’un d’autre. »

Sachimo sensei propose deux histoires de quatre chapitres chacune dans lesquelles des héros complexés vont finir par trouver l’amour. L’humour est assez discret. Malgré la facilité du scénario, l’auteure aborde tout de même quelques sujets, sans les approfondir. Ainsi, le premier récit qui donne son titre au manga, fait allusion à l’homophobie, aux rejets suite à des rumeurs et à l’hypocrisie. La narration donne le point de vue de Hayashida. Et les deux héros, dans leur maladresse, se complètent plutôt bien. Par contre, la seconde histoire peut être gênante de part son thème paradoxal: manipulation, attouchements et viol qui se concluent par une relation amoureuse. Tôdô, avec sa candeur, est complètement dominé par ses complexes. Narrateur, il s’adresse directement aux lecteurs.

La mangaka, avec ses traits simplifiés, joue sur les déformations pour renforcer les expressions ou les passages humoristiques. Un côté mignon se dégage alors de ses dessins. Il y a peu de décors et quelques trames d’ambiance. Les cadrages sont dynamiques mais les angles de vue restent classiques. L’autocensure des scènes érotiques joue sur la suppression des lignes et les blancs. Dans « Youth cinema », un poisson-clown symbolise tout simplement l’organe sexuel, augmentant le côté amusant des situations.

En résumé

Crie-moi que tu m’aimes: Hayashide est medium: il entend les pensées des gens. Jusqu’à présent, cela lui a plutôt joué des tours dans ses relations amoureuses. Alors il préfère chercher la personne qui lui est destinée. D’après lui, ce serait celle dont il n’entend pas les pensées. Justement, il a jeté son dévolu sur le capitaine de l’équipe de football, Oga. Quand il vient l’admirer à l’entrainement, il croise souvent Mori. Ce dernier, suite à des rumeurs, a très mauvaise réputation. Mais Hayashide découvre que c’est juste un obsédé des poitrines opulentes et qu’il a des vues sur Hara, la manager de l’équipe de foot. Après avoir déclaré son amour, le jeune medium est fatigué d’entendre toutes les remarques de son entourage. Se confiant à Mori qui tente de le réconforter, il constate que le redoublant parle sans filtre, disant à voix haute ce qu’il pense. Il en vient même à apprécier de longues discussions avec lui.
Youth cinema: Tôdô est sociable et populaire en classe, mais il cache en réalité beaucoup de complexes, dont la petitesse de son pénis. En classe, il n’est cependant pas à l’aise avec le sombre et discret Yamamoto. Lors d’un voyage scolaire, ils se retrouvent dans le même groupe. Prétextant être malade afin d’éviter les bains publics, il se fait surprendre sous la douche par Yamamoto, inquiet. Comprenant la situation, ce dernier tente de rassurer le complexé. Après que Tôdô ait passé sa colère sur lui, Yama-chi, constatant qu’il a un phimosis, lui propose de lui montrer comment guérir. Face à tant de générosité, le bout-en-train lui demande de devenir son maître.

En conclusion

J’apprécie particulièrement l’histoire de Hayashide et Mori. Le côté un peu candide des personnages rend ce couple attendrissant. Par contre, ce manga ne plaira pas à tout le monde avec la relation permissive du second récit.

Akihabara fall in love – Kashima Chiaki

akihabara fall in love kashima chiaki

KASHIMA Chiaki 嘉島ちあき
ISBN: 9782368776902
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784832288850 (JP)
Houbunsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Entre manga, soubrettes, figurines, fudanshi, le salaryman Hasegawa découvre l’amour.

Kashima Chiaki sensei offre une comédie romantique légère où les quiproquos et les situations rocambolesques s’enchainent. Ainsi, l’humour et la douceur s’alternent. Les deux héros se relaient pour la narration. L’auteure joue sur les flash-back pour entretenir le suspense. Elle s’amuse également à confronter Hasegawa aux divers univers des otaku. Son héros se révèle être ouvert et prévenant. De même, il apporte de la tendresse dans la relation amoureuse. Dans le chapitre bonus, il continue à découvrir l’univers des Akiba. Par ailleurs, un autre récit complète ce tome et propose une petite romance toute mignonne entre deux amis d’enfance.

Le graphisme de la mangaka est épuré, avec des traits fins. Ses personnages sont classiques: le seme est grand, l’uke a de grands yeux et semble fragile. Les trames d’ambiance sont assez discrètes. Les décors plutôt détaillés servent principalement à situer l’action. Kashima sensei intègre quelques angles de vue recherchés. Sous la jaquette, une planche donne une anecdote sur la recherche du titre. Les scènes érotiques évitent de montrer trop de détails grâce aux cadrages, aux trames et l’absence de lignes.

En résumé

Akihabara fall in love / Bonus: Petit, Hasegawa Yûki était pris pour un otaku à cause de ses lunettes. Son destin a changé dès qu’il s’est mis à porter des lentilles. Ayant réussi à intégrer une grande entreprise, il se retrouve pourtant à travailler actuellement au cœur d’Akihabara. Quand il se réveille dans une chambre inconnue et surprend deux hommes dans une position suggestive, il les prend pour des homosexuels et s’enfuit. Il se remémore alors avoir aidé précédemment un otaku qui se faisait racketter et s’être fait détrousser. Par la suite, Hasegawa (25 ans) n’arrête pas de croiser le maladroit Akiba Ayumu (30 ans), au sourire ravageur. Sympathisant avec lui, il apprend que le frère de l’otaku est un fudanshi qui utilise son aîné comme modèle. Le quiproquos démêlé, le salaryman remarque alors que ses sentiments s’éveillent envers son nouvel ami.
Le « Je t’aime » du peureux: Koinuma Genta revient des Etats-Unis et retrouve en classe son ami d’enfance Ichinose Haruki. Malgré six ans d’absence, Haru est toujours secrètement amoureux de lui…

En conclusion

Malgré la légèreté du thème, je m’amuse à suivre les péripéties amoureuses de Hasegawa. De plus, le dessin de l’auteure est vraiment mignon. La mangaka précise au verso de la couverture qu’elle aimerait développer l’histoire d’Akiba Satoru, le petit frère. Alors, j’attends avec plaisir cette suite.

Maou lover – Kinuta Nana

maou lover kinuta nana

KINUTA Nana 砧菜々
ISBN: 9782368770856
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404334 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Il n’y a qu’un pas de la rivalité à l’amour entre deux sportifs.

Ce recueil de Kinuta Nana sensei propose une comédie romantique entre deux sportifs professionnels, développée sur la moitié du tome et complétée par trois romances courtes. Les couples assez basiques se forment très vite. « Maou Lover », qui donne son titre au manga, joue sur la rivalité. La narration se fait du point de vue de Mao. Ce dernier passe son temps à lancer des défis, même lors des ébats. De plus, l’arrogant uke se fait complètement manipuler par le seme possessif. Les situations comiques sont souvent exagérées. L’histoire bonus conclut sur une interview hilarante ambiguë. Le second récit est très court et s’attarde sur une romance en devenir, narré par Yû. « Celui que j’aime » met en scène avec humour les difficultés d’un puceau trentenaire à déclarer son amour. La dernière histoire développe une aventure à la Robinson Crusoë sur fond futuriste.

La mangaka possède un graphisme classique au style shôjo. Elle utilise d’ailleurs des traits simplifiés ou exagérés pour les scènes humoristiques. Les décors sont rares et laissent la place aux trames d’ambiance. La mise en page met en avant l’esthétique des personnages. Le cadrage autocensure les scènes érotiques en évitant de montrer en détails les organes génitaux. Les trames servent également de cache.

En résumé

Maou lover / Interview: Oumi Mao (21 ans) est un joueur de tennis professionnel, avec un jeu puissant qui s’autoproclame Roi des démons. Son rival depuis les juniors, Sawaya Hikaru (21 ans), possède quant à lui un jeu précis. Chaque année, ils suivent le même stage d’entrainement en été. Mais lorsqu’apparaît Kaho, la petite amie présumée de Sawaya, Mao ressent divers sentiments et exige alors que son rival ne regarde que lui. Il fait donc tout pour attirer son attention!
Celui que j’aime: Tateno Yû aime son senpai Hirota du club de football. En plus, ce dernier, très tactile, a tendance à l’enlacer et l’embrasser, le trouvant mignon avec sa petite stature…
L’amour arrive sans prévenir: Kifune Jintoku est mangaka et, n’étant jamais sorti avec une fille, il ne supporte pas de dessiner les scènes romantiques. De plus, il a eu le coup de foudre pour son assistant Tsujino mais n’arrive pas à se déclarer. Un jour, alors qu’il tentait de fuir son travail, son assistant lui propose de sortir ensemble.
L’île aux oiseaux de paradis: L’aventurier Luc a échoué sur une île déserte inconnue avec R051, une machine de traduction humanoïde. Il y rencontre Pioupiou, un humain élevé par des oiseaux. Grâce à la machine, les deux humains peuvent communiquer. Mais plus le temps passe, plus l’explorateur tombe amoureux de cet homme sauvage et n’a plus envie de rentrer…

En conclusion

L’histoire principale est amusante et le couple attachant. Heureusement que l’auteure a dessiné un second tome car je reste un peu sur ma faim avec ce développement léger et rapide.

Life – Tokokura Miya

life tokokura miya

TOKOKURA Miya 常倉三矢
ISBN: 9782375061138
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784832290105 (JP)
Houbunsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Une douce romance où les rêves sont mis à mal mais finissent toujours par apporter le bonheur.

Dans ce one-shot, Tokokura Miya sensei suit un couple de rêveurs de leur rencontre jusqu’à la mort. Elle aborde quelques étapes de leur vie, avec leurs joies et leurs problèmes: par exemple, les doutes professionnels ou sentimentaux, la séparation, les retrouvailles, les maladies. Ainsi, les titres des chapitres reprennent l’âge des personnages. Un écart se creuse petit à petit entre Nishi et Itô, malgré eux, alors qu’Akira mûrit et perd son côté rêveur. De plus, l’acceptation de leur sexualité ne se fait pas au même rythme. La narration alterne donc entre les protagonistes. L’auteure décrit avec pudeur et poésie leurs pensées et sentiments. Elle joue sur la métaphore de la ligne au bord de la route qui accompagne la destinée de ce couple. Les moments de joie sont concentrés dans le dernier chapitre, contrebalançant la fin mélancolique.

La mangaka a une approche graphique très poétique. D’ailleurs, elle retranscrit en images le monde imaginaire des héros. La ligne sur la route semble parfois prendre vie. Les cadrages sont dynamiques. Ainsi, Tokokura sensei privilégie les cases ou planches silencieuses, narrant son histoire avec le dessin. Le jeu des clairs-obscurs appuie l’action. De même, les décors et les trames d’ambiance se font discrètes. Son style assez classique met en valeur son trait doux et expressif. De plus, les déformations et les simplifications renforcent l’expressivité des visages. Les scènes érotiques mettent en avant les sentiments. La censure joue sur l’absence de traits mais ne gâche en rien l’esthétique.

En résumé

En marchant sur les lignes bordant les routes, Nishi Yûki (17 ans) s’imagine traverser une mer de requins. Itô Akira (17 ans), quant à lui, est en suspension au-dessus de pics de glace. Un jour, ces deux rêveurs se croisent sur la même ligne et doivent négocier pour pouvoir continuer leur route. Alors qu’une agréable routine s’installe entre eux dans l’attente de chaque rencontre, une certaine complicité se développe. Cependant, Itô est de plus en plus troublé par d’étranges sentiments envers son ami et finit par l’embrasser. Ayant rompu leur jeu, il fuit Nishi qui l’attend en vain. Mais ce dernier décide de le rejoindre au lycée…

En conclusion

Ce manga est un vrai coup de cœur. J’adore la joie de vivre de Nishi, m’étant particulièrement attachée à lui. Grâce à l’admirable traitement scénaristique de l’auteure, je passe par diverses émotions, du sourire aux larmes, accompagnant les sentiments des héros. Je recommande donc vivement ce BL. Il mérite pleinement sa première place de meilleur manga au Chill chill BL award 2018.

Loopy peeps! – RUNa

loopy peeps runa

RUNa るんぁ
ISBN: 9782368776629
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801962873 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

L’amour dans les soirées étudiantes libertines.

Ce one-shot de RUNa sensei est une romance légère entre deux couples d’amis qui tombent amoureux, sur fond de soirées étudiantes alcoolisées et libertines. L’auteure propose une histoire assez classique, avec des ikemen aux caractères plutôt clichés: un pervers à lunettes, un gay naïf mais obsédé, un tombeur dominateur, un uke obstiné. Le côté aguicheur mais maladroit de Chiharu et Fuyuha fait tout leur charme. Certaines situations jouent sur le fan service mais quelques intrigues permettent de dynamiser un peu le récit. Par contre, il est dommage que celle avec le président du club de Fuyuha ne soit pas plus développée. La narration se fait du point de vue des uke. La relation entre Nanatsu et Fuyuha occupe la première moitié du volume. L’aventure de Saneaki et Chiharu puis des deux couples se partagent l’autre moitié du tome.

La mangaka possède un style shôjo, aux traits assez fins. Même si ses personnages sont grands et sveltes, elle travaille suffisamment les pectoraux pour qu’ils conservent une certaine masculinité. Dans les moments humoristiques, elle simplifie les traits: par exemple, les yeux deviennent de simples carrés quand les protagonistes sont surpris ou ils deviennent SD. Ses cadrages sont dynamiques. L’alternance entre les décors et les trames d’ambiance est équilibrée. Sous la jaquette, RUNa sensei a dessiné deux planches amusantes mettant en scène la passion des bananes de Fuyuha provoquant les fantasmes de Nanatsu. Il y a beaucoup de scènes érotiques, dégageant de la sensualité malgré l’auto-censure qui simplifie les organes génitaux.

En résumé

Lors de soirées étudiantes organisées par leur club, Udagawa Fuyuha aime s’amuser et se donner en spectacle avec son ami et sex friend Sakuragaoka Chiharu. Le président de leur club les met en garde contre le club concurrent dirigé par l’étudiant d’élite Sasazuka Nanatsu, à la réputation sulfureuse, et son ami Tomigaya Saneaki. Lors d’une soirée trop arrosée, Fuyuha emmène Chiharu se reposer dans une salle VIP. Cependant, en revenant des toilettes, il se retrouve par inadvertance dans la backroom, à cause du manque de lumière. Croyant d’abord être avec son ami, Fuyuha entame une fellation. Bien que réalisant son erreur, il se laisse emporter par le plaisir en couchant avec cet inconnu. Jusqu’à ce qu’il découvre tout à coup que son partenaire n’est autre que Nanatsu, réputé pour avoir couché avec plus de mille personnes!

En conclusion

Bien que l’histoire est légère, les personnages sont assez attachants. J’adore particulièrement le couple Saneaki*Chiharu, où le seme aime faire mariner son uke obsédé. En japonais, les personnages possèdent chacun dans leur prénom un caractère de saison: Fuyuha 冬羽 avec le kanji hiver, Nanatsu 七夏 avec celui de l’ été, Chiharu 千春 celui du printemps et Saneaki 実秋 celui de l’automne. Je trouve que cela colle parfaitement à leur caractère.

Drag-less sex 2 – Enzo

drag-less sex 2 enzo

Enzo エンゾウ
ISBN: 9782368776889
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801963580 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Y a-t-il un peu de place pour l’amour quand on est atteint du syndrome des phéromones?

Enzo sensei offre un spin-off de Drag-less sex en s’attardant sur le couple d’Inui et Tatsumi. Ce manga a obtenu la seconde place au classement de la meilleure BD au Chill Chill BL award 2019. Même si le consentement n’est pas naturel, influencé par les phéromones ou les manipulations d’Inui, l’humour joue justement sur le chantage de l’otaku pour obtenir la satisfaction de ses fantasmes. Tatsumi finit toujours par céder, ses sentiments se développant doucement. Même si l’auteure garde une certaine distance dans la narration, posant les lecteurs comme de simples observateurs, elle développe divers sentiments comme la jalousie, le doute, les regrets et la peur du changement. Elle présente certains moments de la vie du couple, du lycée jusqu’à leur cohabitation, et conclut sur leur situation quand ils ont atteint la trentaine.

La mangaka a un style graphique plutôt réaliste, reconnaissable immédiatement à ses yeux cernés de noir. Elle exagère les expressions pour transcrire les sentiments. Ainsi, ses visages déformés par le plaisir ne sont pas forcément mignons. Ses cadrages sont dynamiques et ses angles de vues recherchés. Elle privilégie les trames d’ambiance et les décors servent principalement à situer les scènes. Pour rendre réaliste son univers, elle a même créé la mascotte en forme de gélule Misao-chan, du comité de protection sanitaire du syndrome des phéromones. Sous la jaquette, Enzo sensei a dessiné sa postface et un yonkoma amusant avec la mère d’Inui. Les scènes érotiques ne sont pas censurées. Il y a même les détails et les coupes internes.

En résumé

Le syndrome des phéromones est une sorte d’allergie. La personne atteinte dégage beaucoup de phéromones, amplifiant et transformant en désir sexuel l’amour ou l’attirance que les personnes éprouvent pour elle. Atteint de cette pathologie, Tatsumi ne prenait pas de traitement, profitant de pouvoir coucher avec plusieurs filles; jusqu’à ce qu’Inui, son camarade de classe amoureux de lui, le viole. Cependant, depuis qu’il se soigne, les filles se sont désintéressées de lui. Alors quand Inui l’invite chez lui, il finit par accepter, légèrement frustré de le voir si froid. Mais en réalité, pris de remords de l’avoir forcé, l’otaku essaie de contrôler ses pulsions, son attirance restant intacte malgré les cachets. En manque, Tatsumi couche alors à nouveau avec son camarade, appréciant les sensations qu’il lui procure. Cédant à ses supplications et menaces, il accepte donc de sortir avec lui bien qu’il ne ressente pas d’amour en particulier…

En conclusion

Il est amusant de voir tomber ce dragueur de Tatsumi fou amoureux, même si Inui ne le ménage pas. D’ailleurs, le chapitre sur la crise dans le couple est bien mené et a réussi à m’émouvoir. Cela donne envie de découvrir l’évolution des autres couples du premier volume. En tout cas, le concept est beaucoup plus appréciable sur un tome entier, même si les scènes érotiques sont très présentes. Avec la mascotte qui apporte explications et statistiques, l’univers des phéromones semble vraiment crédible.

The world revolves around you – Ogawa Chise

the world revolves around you ogawa chise

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782368771556
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404365 (JP)
Kaiohsha, 2013
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

« Aime-moi et laisse-moi t’aimer. »

Dans ce recueil, Ogawa Chise sensei regroupe ses premiers récits réalisés à l’origine en dôjinshi. Elle va à l’essentiel dans ces formats parfois très courts. Ce gakuenmono confronte des seme entreprenants à des uke hésitants; le consentement n’est donc pas forcément clair. La première histoire donne son titre au manga et met en scène un amour manipulateur entre deux protagonistes complexés qui cherchent à exister à travers l’amour de l’autre. « Le manga du faux coiffeur » est le premier BL de l’auteure. Alors que Yûshi se montre possessif, Tadachika n’est pas honnête avec ses propres sentiments. Le récit suivant met en valeur Harumi qui se sent en fait hideux de l’intérieur bien qu’il a pleinement conscience de son charme. La quatrième histoire aborde vaguement les ravages des rumeurs mais s’attarde surtout sur le petit jeu qui s’installe dans le couple. Enfin, « Excellent dessert » est une comédie romantique entre deux beaux gosses dont l’un est très gourmand.

Le style de la mangaka se remarque déjà: des visages anguleux, des corps graciles. Les yeux paraissent un peu vide avec parfois de minuscules pupilles. Les uke sont toujours plus petits et semblent plus fragiles ou efféminés. L’humour est renforcé par la simplification des traits. Il y a peu de décors et de trames. Les cadrages sont assez dynamiques et abusent un peu des ellipses. Les scènes érotiques évitent la censure par le choix de cadrages ne montrant pas les parties intimes.

En résumé

Le monde tourne autour de toi / Le monde est dans tes bras: Complexé par la banalité de son visage, Maki Sôichi ne comprend pas pourquoi le beau Fukamachi le trouve mignon. De plus, ce dernier dit l’aimer et le poursuit de ses assiduités.
Le manga du faux coiffeur: Takada Yûshi souhaite prendre la suite du salon de coiffure de ses parents. Pour s’entraîner, il joue le coiffeur temporaire en salle de chimie et en profite pour se faire un peu d’argent. Son client préféré, Tadachika, le trouve beau mais est de plus en plus troublé par ses petits attouchements, jusqu’au jour où il l’embrasse.
Bête et beau: Harumi est beau mais bête avec, en plus, un mauvais caractère. Il emprunte souvent les notes de son ami Ryôhei qu’il remercie à chaque fois en l’embrassant. Alors que Ryôhei attire les gens par sa gentillesse, Harumi fait tout pour le garder auprès de lui, quitte à saborder les déclarations d’amour des filles que son ami reçoit.
Âme bon marché / Un avenir rayonnant: Quand son kôhai Mori Yôsuke lui annonce vouloir essayer de coucher avec un homme, Satomi accepte contre la somme dérisoire de 100 yens. Malgré les rumeurs tendancieuses qui circulent sur lui dû à son homosexualité, il est en réalité plutôt inexpérimenté. Un jeu s’engage alors entre les deux garçons.
Excellent dessert: Natsume a la côte auprès des filles et en profite pour avoir des friandises. Mais son rival Kaji lui vole la vedette. Pourquoi accepte-t-il alors de partager ses gâteaux?

En conclusion

Les formats trop courts ne permettent pas d’approfondir le scénario. Même si le graphisme de la mangaka est déjà reconnaissable, certains personnages se ressemblent, brouillant un peu la compréhension. Et ces seme qui privilégient la contrainte psychologique ou physique sont assez dérangeants. J’ai bien aimé « Âme bon marché » avec sa conclusion se déroulant quelques années plus tard.

Caste heaven 1 – Ogawa Chise

caste heaven 1 ogawa chise

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782351809679
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784799725436 (JP)
Libre, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Le monde ne se résume-t-il vraiment qu’à manipuler ou être manipulé?

Ogawa Chise sensei dépeint la noirceur humaine à travers sa série en s’intéressant à différents couples qui se forment suite à un jeu imposant une hiérarchie. La narration varie selon le point de vue d’un personnage: pour ce premier tome, Azusa, Kusakabe et Kuze. L’auteure décrit parfaitement comment les brimades se mettent en place dans l’indifférence, comment les victimes peuvent se briser ou se rebeller et comment des sentiments contradictoires prennent forme avec l’effet de groupe ou l’isolement. De même, elle travaille la psychologie de ses protagonistes, même si certains ont des profils un peu clichés. Ainsi, Azusa, issu d’un milieu modeste, se retrouve confronté au privilégié Karino. De plus, les caractères de Kusakabe et Kuze s’opposent totalement: l’ancienne cible connaît les brimades et l’isolement bien avant le jeu et le beau gosse tire parti de son charme pour obtenir ce qu’il veut.

La mangaka possède un style graphique plutôt classique mais le traitement de ses visages simplifiés est assez reconnaissable. De même, ses uke sont typés: fins avec quelques traits efféminés. Les autres personnages ont des carrures variées. Sa mise en page est plutôt dynamique. L’équilibre entre les décors et les trames permet de jouer sur les clairs-obscurs et l’ambiance. La censure des scènes érotiques est discrète avec un jeu sur les angles de vue mais cela n’empêche pas de mettre une fine bandelette blanche. L’illustration de postface humoristique permet de détendre l’atmosphère plutôt lourde du récit.

En résumé

Dans ce lycée, le jeu des castes détermine la hiérarchie en classe. Organisé à l’improviste, chaque élève se doit de retrouver une carte cachée dans le lycée. La valeur de la carte confère un statut auquel ils doivent se conformer jusqu’à la prochaine partie. Celui qui ne respecte pas les règles devient automatiquement une cible, soit un souffre-douleur, désigné normalement par le Jocker. Azusa Yûya est un roi autoritaire qui manipule sans vergogne son courtisan Karino Kôhei. Il avait en réalité échangé sa carte de cible avec Kusakabe Atsumu. Lorsque le jeu est relancé, il pense profiter de l’affection de son sous-fifre pour conserver sa place. Cependant, il est poussé dans les escaliers avant d’être violé. Il réalise alors que Karino a décidé de se venger: devenu roi, le lycéen lui cède la carte de cible. Le cauchemar débute pour le roi déchu!

En conclusion

Ce manga a obtenu la dix-huitième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2016. Il dégage une certaine violence psychologique qui pourra déranger certains lecteurs. En effet, le viol sert avant tout à dominer et rabaisser. Ogawa sensei ne le remet pas en cause et Azusa semble de plus s’y habituer. Mais cela correspond au thème général. Par contre, j’adore le couple Kuze*Kusakabe.

Le carnet d’expériences d’Endô-kun 2 – Hayakawa Nojico

le carnet d experiences d Endo kun 2 hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368776063
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031543 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Et si les résolutions commençaient par une coupe de cheveux?

Hayakawa Nojico sensei conclut son histoire avec des coupes de cheveux. Ce second volume débute sur un chapitre rétrospectif après la coupe courte d’Endô avant de reprendre la suite directe du tome précédent. Même si la narration est faite du point de vue de Tsuda, le développement de l’histoire se concentre sur l’émancipation d’Endô. L’auteure détaille la relation difficile entre Masaru et son frère Akira, qui a pour ainsi dire façonné le comportement de son cadet. Les deux héros se montrent possessif l’un envers l’autre mais ont des difficultés à l’exprimer. Même si le couple se questionne et trouve des réponses, Hayakawa sensei privilégie les non-dits. Elle laisse les lecteurs deviner le déroulement du récit en dispersant quelques indices. Le côté un peu mièvre de la relation contraste avec l’intensité des baisers. De même les deux lycéens contiennent leurs pulsions, rendant cette relation pudique et douce. Le caractère extrême de certains personnages gâche un peu le ton réaliste général. Le dernier chapitre, du point de vue d’Endô, offre une conclusion rebouclant sur le début de cette romance, avec une légère touche humoristique.

Malgré des traits simplifiés, les visages des personnages sont assez expressifs. La mangaka exagère parfois leurs traitements afin de faire passer au mieux les émotions par des rougissements, des déformations. Par exemple, les yeux deviennent de simples points ou traits. Les ellipses et les nombreux silences incitent à lire par l’image. Au lieu des sentiments, l’auteure semble plutôt dépeindre avec poésie le temps qui passe. Les contrastes noirs et blancs se font discrets. Les yonkoma dévoilent des anecdotes amusantes sur les protagonistes. Sous la jaquette, deux planches décrivent avec délicatesse un moment intime entre Endô et Tsuda attendant le train à la gare en se tenant discrètement par la main. Le découpage cinématographique de la scène renforce la douceur de leur relation.

En résumé

Suite à la déclaration de Chiba qu’il a éconduit, Tsuda Masaru prend soudain conscience du temps qui défile, des changements d’Endô et de ce que son frère Akira peut apporter pour l’avenir de son ami. Malgré tout, il ne peut se résoudre à le perdre. Tout en se confiant à Endô, il finit par laisser exploser ses sentiments en l’enlaçant. Comme le lycéen répond à son étreinte et fait également part de sa possessivité envers Tsuda, les deux garçons finissent par s’embrasser passionnément. De son côté, Chihiro console du mieux qu’elle peut Chiba.

En conclusion

Ce dernier tome est beaucoup mieux rythmé que le précédant. Même s’il n’y a pas d’aboutissement charnel à cette relation, la conclusion de cette romance colle parfaitement au style de la mangaka. Pourtant, j’ai l’impression que le thème de la coupe de cheveux a pris le dessus sur le reste… C’est assez amusant!