Life – Tokokura Miya

life tokokura miya

TOKOKURA Miya 常倉三矢
ISBN: 9782375061138
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784832290105 (JP)
Houbunsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Une douce romance où les rêves sont mis à mal mais finissent toujours par apporter le bonheur.

Dans ce one-shot, Tokokura Miya sensei suit un couple de rêveurs de leur rencontre jusqu’à la mort. Elle aborde quelques étapes de leur vie, avec leurs joies et leurs problèmes: par exemple, les doutes professionnels ou sentimentaux, la séparation, les retrouvailles, les maladies. Ainsi, les titres des chapitres reprennent l’âge des personnages. Un écart se creuse petit à petit entre Nishi et Itô, malgré eux, alors qu’Akira mûrit et perd son côté rêveur. De plus, l’acceptation de leur sexualité ne se fait pas au même rythme. La narration alterne donc entre les protagonistes. L’auteure décrit avec pudeur et poésie leurs pensées et sentiments. Elle joue sur la métaphore de la ligne au bord de la route qui accompagne la destinée de ce couple. Les moments de joie sont concentrés dans le dernier chapitre, contrebalançant la fin mélancolique.

La mangaka a une approche graphique très poétique. D’ailleurs, elle retranscrit en images le monde imaginaire des héros. La ligne sur la route semble parfois prendre vie. Les cadrages sont dynamiques. Ainsi, Tokokura sensei privilégie les cases ou planches silencieuses, narrant son histoire avec le dessin. Le jeu des clairs-obscurs appuie l’action. De même, les décors et les trames d’ambiance se font discrètes. Son style assez classique met en valeur son trait doux et expressif. De plus, les déformations et les simplifications renforcent l’expressivité des visages. Les scènes érotiques mettent en avant les sentiments. La censure joue sur l’absence de traits mais ne gâche en rien l’esthétique.

En résumé

En marchant sur les lignes bordant les routes, Nishi Yûki (17 ans) s’imagine traverser une mer de requins. Itô Akira (17 ans), quant à lui, est en suspension au-dessus de pics de glace. Un jour, ces deux rêveurs se croisent sur la même ligne et doivent négocier pour pouvoir continuer leur route. Alors qu’une agréable routine s’installe entre eux dans l’attente de chaque rencontre, une certaine complicité se développe. Cependant, Itô est de plus en plus troublé par d’étranges sentiments envers son ami et finit par l’embrasser. Ayant rompu leur jeu, il fuit Nishi qui l’attend en vain. Mais ce dernier décide de le rejoindre au lycée…

En conclusion

Ce manga est un vrai coup de cœur. J’adore la joie de vivre de Nishi, m’étant particulièrement attachée à lui. Grâce à l’admirable traitement scénaristique de l’auteure, je passe par diverses émotions, du sourire aux larmes, accompagnant les sentiments des héros. Je recommande donc vivement ce BL. Il mérite pleinement sa première place de meilleur manga au Chill chill BL award 2018.

Loopy peeps! – RUNa

loopy peeps runa

RUNa るんぁ
ISBN: 9782368776629
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801962873 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

L’amour dans les soirées étudiantes libertines.

Ce one-shot de RUNa sensei est une romance légère entre deux couples d’amis qui tombent amoureux, sur fond de soirées étudiantes alcoolisées et libertines. L’auteure propose une histoire assez classique, avec des ikemen aux caractères plutôt clichés: un pervers à lunettes, un gay naïf mais obsédé, un tombeur dominateur, un uke obstiné. Le côté aguicheur mais maladroit de Chiharu et Fuyuha fait tout leur charme. Certaines situations jouent sur le fan service mais quelques intrigues permettent de dynamiser un peu le récit. Par contre, il est dommage que celle avec le président du club de Fuyuha ne soit pas plus développée. La narration se fait du point de vue des uke. La relation entre Nanatsu et Fuyuha occupe la première moitié du volume. L’aventure de Saneaki et Chiharu puis des deux couples se partagent l’autre moitié du tome.

La mangaka possède un style shôjo, aux traits assez fins. Même si ses personnages sont grands et sveltes, elle travaille suffisamment les pectoraux pour qu’ils conservent une certaine masculinité. Dans les moments humoristiques, elle simplifie les traits: par exemple, les yeux deviennent de simples carrés quand les protagonistes sont surpris ou ils deviennent SD. Ses cadrages sont dynamiques. L’alternance entre les décors et les trames d’ambiance est équilibrée. Sous la jaquette, RUNa sensei a dessiné deux planches amusantes mettant en scène la passion des bananes de Fuyuha provoquant les fantasmes de Nanatsu. Il y a beaucoup de scènes érotiques, dégageant de la sensualité malgré l’auto-censure qui simplifie les organes génitaux.

En résumé

Lors de soirées étudiantes organisées par leur club, Udagawa Fuyuha aime s’amuser et se donner en spectacle avec son ami et sex friend Sakuragaoka Chiharu. Le président de leur club les met en garde contre le club concurrent dirigé par l’étudiant d’élite Sasazuka Nanatsu, à la réputation sulfureuse, et son ami Tomigaya Saneaki. Lors d’une soirée trop arrosée, Fuyuha emmène Chiharu se reposer dans une salle VIP. Cependant, en revenant des toilettes, il se retrouve par inadvertance dans la backroom, à cause du manque de lumière. Croyant d’abord être avec son ami, Fuyuha entame une fellation. Bien que réalisant son erreur, il se laisse emporter par le plaisir en couchant avec cet inconnu. Jusqu’à ce qu’il découvre tout à coup que son partenaire n’est autre que Nanatsu, réputé pour avoir couché avec plus de mille personnes!

En conclusion

Bien que l’histoire est légère, les personnages sont assez attachants. J’adore particulièrement le couple Saneaki*Chiharu, où le seme aime faire mariner son uke obsédé. En japonais, les personnages possèdent chacun dans leur prénom un caractère de saison: Fuyuha 冬羽 avec le kanji hiver, Nanatsu 七夏 avec celui de l’ été, Chiharu 千春 celui du printemps et Saneaki 実秋 celui de l’automne. Je trouve que cela colle parfaitement à leur caractère.

Drag-less sex 2 – Enzo

drag-less sex 2 enzo

Enzo エンゾウ
ISBN: 9782368776889
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801963580 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Y a-t-il un peu de place pour l’amour quand on est atteint du syndrome des phéromones?

Enzo sensei offre un spin-off de Drag-less sex en s’attardant sur le couple d’Inui et Tatsumi. Ce manga a obtenu la seconde place au classement de la meilleure BD au Chill Chill BL award 2019. Même si le consentement n’est pas naturel, influencé par les phéromones ou les manipulations d’Inui, l’humour joue justement sur le chantage de l’otaku pour obtenir la satisfaction de ses fantasmes. Tatsumi finit toujours par céder, ses sentiments se développant doucement. Même si l’auteure garde une certaine distance dans la narration, posant les lecteurs comme de simples observateurs, elle développe divers sentiments comme la jalousie, le doute, les regrets et la peur du changement. Elle présente certains moments de la vie du couple, du lycée jusqu’à leur cohabitation, et conclut sur leur situation quand ils ont atteint la trentaine.

La mangaka a un style graphique plutôt réaliste, reconnaissable immédiatement à ses yeux cernés de noir. Elle exagère les expressions pour transcrire les sentiments. Ainsi, ses visages déformés par le plaisir ne sont pas forcément mignons. Ses cadrages sont dynamiques et ses angles de vues recherchés. Elle privilégie les trames d’ambiance et les décors servent principalement à situer les scènes. Pour rendre réaliste son univers, elle a même créé la mascotte en forme de gélule Misao-chan, du comité de protection sanitaire du syndrome des phéromones. Sous la jaquette, Enzo sensei a dessiné sa postface et un yonkoma amusant avec la mère d’Inui. Les scènes érotiques ne sont pas censurées. Il y a même les détails et les coupes internes.

En résumé

Le syndrome des phéromones est une sorte d’allergie. La personne atteinte dégage beaucoup de phéromones, amplifiant et transformant en désir sexuel l’amour ou l’attirance que les personnes éprouvent pour elle. Atteint de cette pathologie, Tatsumi ne prenait pas de traitement, profitant de pouvoir coucher avec plusieurs filles; jusqu’à ce qu’Inui, son camarade de classe amoureux de lui, le viole. Cependant, depuis qu’il se soigne, les filles se sont désintéressées de lui. Alors quand Inui l’invite chez lui, il finit par accepter, légèrement frustré de le voir si froid. Mais en réalité, pris de remords de l’avoir forcé, l’otaku essaie de contrôler ses pulsions, son attirance restant intacte malgré les cachets. En manque, Tatsumi couche alors à nouveau avec son camarade, appréciant les sensations qu’il lui procure. Cédant à ses supplications et menaces, il accepte donc de sortir avec lui bien qu’il ne ressente pas d’amour en particulier…

En conclusion

Il est amusant de voir tomber ce dragueur de Tatsumi fou amoureux, même si Inui ne le ménage pas. D’ailleurs, le chapitre sur la crise dans le couple est bien mené et a réussi à m’émouvoir. Cela donne envie de découvrir l’évolution des autres couples du premier volume. En tout cas, le concept est beaucoup plus appréciable sur un tome entier, même si les scènes érotiques sont très présentes. Avec la mascotte qui apporte explications et statistiques, l’univers des phéromones semble vraiment crédible.

The world revolves around you – Ogawa Chise

the world revolves around you ogawa chise

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782368771556
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404365 (JP)
Kaiohsha, 2013
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

« Aime-moi et laisse-moi t’aimer. »

Dans ce recueil, Ogawa Chise sensei regroupe ses premiers récits réalisés à l’origine en dôjinshi. Elle va à l’essentiel dans ces formats parfois très courts. Ce gakuenmono confronte des seme entreprenants à des uke hésitants; le consentement n’est donc pas forcément clair. La première histoire donne son titre au manga et met en scène un amour manipulateur entre deux protagonistes complexés qui cherchent à exister à travers l’amour de l’autre. « Le manga du faux coiffeur » est le premier BL de l’auteure. Alors que Yûshi se montre possessif, Tadachika n’est pas honnête avec ses propres sentiments. Le récit suivant met en valeur Harumi qui se sent en fait hideux de l’intérieur bien qu’il a pleinement conscience de son charme. La quatrième histoire aborde vaguement les ravages des rumeurs mais s’attarde surtout sur le petit jeu qui s’installe dans le couple. Enfin, « Excellent dessert » est une comédie romantique entre deux beaux gosses dont l’un est très gourmand.

Le style de la mangaka se remarque déjà: des visages anguleux, des corps graciles. Les yeux paraissent un peu vide avec parfois de minuscules pupilles. Les uke sont toujours plus petits et semblent plus fragiles ou efféminés. L’humour est renforcé par la simplification des traits. Il y a peu de décors et de trames. Les cadrages sont assez dynamiques et abusent un peu des ellipses. Les scènes érotiques évitent la censure par le choix de cadrages ne montrant pas les parties intimes.

En résumé

Le monde tourne autour de toi / Le monde est dans tes bras: Complexé par la banalité de son visage, Maki Sôichi ne comprend pas pourquoi le beau Fukamachi le trouve mignon. De plus, ce dernier dit l’aimer et le poursuit de ses assiduités.
Le manga du faux coiffeur: Takada Yûshi souhaite prendre la suite du salon de coiffure de ses parents. Pour s’entraîner, il joue le coiffeur temporaire en salle de chimie et en profite pour se faire un peu d’argent. Son client préféré, Tadachika, le trouve beau mais est de plus en plus troublé par ses petits attouchements, jusqu’au jour où il l’embrasse.
Bête et beau: Harumi est beau mais bête avec, en plus, un mauvais caractère. Il emprunte souvent les notes de son ami Ryôhei qu’il remercie à chaque fois en l’embrassant. Alors que Ryôhei attire les gens par sa gentillesse, Harumi fait tout pour le garder auprès de lui, quitte à saborder les déclarations d’amour des filles que son ami reçoit.
Âme bon marché / Un avenir rayonnant: Quand son kôhai Mori Yôsuke lui annonce vouloir essayer de coucher avec un homme, Satomi accepte contre la somme dérisoire de 100 yens. Malgré les rumeurs tendancieuses qui circulent sur lui dû à son homosexualité, il est en réalité plutôt inexpérimenté. Un jeu s’engage alors entre les deux garçons.
Excellent dessert: Natsume a la côte auprès des filles et en profite pour avoir des friandises. Mais son rival Kaji lui vole la vedette. Pourquoi accepte-t-il alors de partager ses gâteaux?

En conclusion

Les formats trop courts ne permettent pas d’approfondir le scénario. Même si le graphisme de la mangaka est déjà reconnaissable, certains personnages se ressemblent, brouillant un peu la compréhension. Et ces seme qui privilégient la contrainte psychologique ou physique sont assez dérangeants. J’ai bien aimé « Âme bon marché » avec sa conclusion se déroulant quelques années plus tard.

Caste heaven 1 – Ogawa Chise

caste heaven 1 ogawa chise

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782351809679
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784799725436 (JP)
Libre, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Le monde ne se résume-t-il vraiment qu’à manipuler ou être manipulé?

Ogawa Chise sensei dépeint la noirceur humaine à travers sa série en s’intéressant à différents couples qui se forment suite à un jeu imposant une hiérarchie. La narration varie selon le point de vue d’un personnage: pour ce premier tome, Azusa, Kusakabe et Kuze. L’auteure décrit parfaitement comment les brimades se mettent en place dans l’indifférence, comment les victimes peuvent se briser ou se rebeller et comment des sentiments contradictoires prennent forme avec l’effet de groupe ou l’isolement. De même, elle travaille la psychologie de ses protagonistes, même si certains ont des profils un peu clichés. Ainsi, Azusa, issu d’un milieu modeste, se retrouve confronté au privilégié Karino. De plus, les caractères de Kusakabe et Kuze s’opposent totalement: l’ancienne cible connaît les brimades et l’isolement bien avant le jeu et le beau gosse tire parti de son charme pour obtenir ce qu’il veut.

La mangaka possède un style graphique plutôt classique mais le traitement de ses visages simplifiés est assez reconnaissable. De même, ses uke sont typés: fins avec quelques traits efféminés. Les autres personnages ont des carrures variées. Sa mise en page est plutôt dynamique. L’équilibre entre les décors et les trames permet de jouer sur les clairs-obscurs et l’ambiance. La censure des scènes érotiques est discrète avec un jeu sur les angles de vue mais cela n’empêche pas de mettre une fine bandelette blanche. L’illustration de postface humoristique permet de détendre l’atmosphère plutôt lourde du récit.

En résumé

Dans ce lycée, le jeu des castes détermine la hiérarchie en classe. Organisé à l’improviste, chaque élève se doit de retrouver une carte cachée dans le lycée. La valeur de la carte confère un statut auquel ils doivent se conformer jusqu’à la prochaine partie. Celui qui ne respecte pas les règles devient automatiquement une cible, soit un souffre-douleur, désigné normalement par le Jocker. Azusa Yûya est un roi autoritaire qui manipule sans vergogne son courtisan Karino Kôhei. Il avait en réalité échangé sa carte de cible avec Kusakabe Atsumu. Lorsque le jeu est relancé, il pense profiter de l’affection de son sous-fifre pour conserver sa place. Cependant, il est poussé dans les escaliers avant d’être violé. Il réalise alors que Karino a décidé de se venger: devenu roi, le lycéen lui cède la carte de cible. Le cauchemar débute pour le roi déchu!

En conclusion

Ce manga a obtenu la dix-huitième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2016. Il dégage une certaine violence psychologique qui pourra déranger certains lecteurs. En effet, le viol sert avant tout à dominer et rabaisser. Ogawa sensei ne le remet pas en cause et Azusa semble de plus s’y habituer. Mais cela correspond au thème général. Par contre, j’adore le couple Kuze*Kusakabe.

Le carnet d’expériences d’Endô-kun 2 – Hayakawa Nojico

le carnet d experiences d Endo kun 2 hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368776063
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031543 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Et si les résolutions commençaient par une coupe de cheveux?

Hayakawa Nojico sensei conclut son histoire avec des coupes de cheveux. Ce second volume débute sur un chapitre rétrospectif après la coupe courte d’Endô avant de reprendre la suite directe du tome précédent. Même si la narration est faite du point de vue de Tsuda, le développement de l’histoire se concentre sur l’émancipation d’Endô. L’auteure détaille la relation difficile entre Masaru et son frère Akira, qui a pour ainsi dire façonné le comportement de son cadet. Les deux héros se montrent possessif l’un envers l’autre mais ont des difficultés à l’exprimer. Même si le couple se questionne et trouve des réponses, Hayakawa sensei privilégie les non-dits. Elle laisse les lecteurs deviner le déroulement du récit en dispersant quelques indices. Le côté un peu mièvre de la relation contraste avec l’intensité des baisers. De même les deux lycéens contiennent leurs pulsions, rendant cette relation pudique et douce. Le caractère extrême de certains personnages gâche un peu le ton réaliste général. Le dernier chapitre, du point de vue d’Endô, offre une conclusion rebouclant sur le début de cette romance, avec une légère touche humoristique.

Malgré des traits simplifiés, les visages des personnages sont assez expressifs. La mangaka exagère parfois leurs traitements afin de faire passer au mieux les émotions par des rougissements, des déformations. Par exemple, les yeux deviennent de simples points ou traits. Les ellipses et les nombreux silences incitent à lire par l’image. Au lieu des sentiments, l’auteure semble plutôt dépeindre avec poésie le temps qui passe. Les contrastes noirs et blancs se font discrets. Les yonkoma dévoilent des anecdotes amusantes sur les protagonistes. Sous la jaquette, deux planches décrivent avec délicatesse un moment intime entre Endô et Tsuda attendant le train à la gare en se tenant discrètement par la main. Le découpage cinématographique de la scène renforce la douceur de leur relation.

En résumé

Suite à la déclaration de Chiba qu’il a éconduit, Tsuda Masaru prend soudain conscience du temps qui défile, des changements d’Endô et de ce que son frère Akira peut apporter pour l’avenir de son ami. Malgré tout, il ne peut se résoudre à le perdre. Tout en se confiant à Endô, il finit par laisser exploser ses sentiments en l’enlaçant. Comme le lycéen répond à son étreinte et fait également part de sa possessivité envers Tsuda, les deux garçons finissent par s’embrasser passionnément. De son côté, Chihiro console du mieux qu’elle peut Chiba.

En conclusion

Ce dernier tome est beaucoup mieux rythmé que le précédant. Même s’il n’y a pas d’aboutissement charnel à cette relation, la conclusion de cette romance colle parfaitement au style de la mangaka. Pourtant, j’ai l’impression que le thème de la coupe de cheveux a pris le dessus sur le reste… C’est assez amusant!

Le carnet d’expériences d’Endô-kun 1 – Hayakawa Nojico

le carnet d experiences d Endo kun 1 hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368776056
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031536 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

J’aime être avec lui, lui parler et aussi monopoliser son regard. Mais quel est ce sentiment?

Hayakawa Nojico sensei propose une suite au « Carnet de notes d’Endô-kun ». Elle développe l’année de terminale du petit groupe sur deux tomes. Dans ce premier volume, elle introduit de nouveaux personnages qui, par leur conseil ou leur rivalité, permettront à ses deux héros d’approfondir leurs réflexions. Alors que Tsuda cumule les petits boulots et préfère foncer droit après avoir pris une décision, Endô hésite. Comme le couple communique peu, le doute s’installe. De plus, les deux lycéens n’arrivent toujours pas à définir clairement leur sentiment réciproque. Il n’y a plus de narrateur unique: les personnages partagent tous leurs pensées. L’auteure se focalise principalement sur des détails, aborde les questionnements par des suggestions et des non-dits, laissant au lecteur le soin d’appréhender les situations. De ce fait, ces tranches de vie quotidienne semblent traîner un peu en longueur.

La mangaka utilise encore plus d’ellipses. De plus, l’absence de trames d’ambiance et la rareté des décors renforcent l’effet de blancheur des pages. Les cadrages morcelés donnent un ton poétique au récit mais ce dernier semble parfois confus. La finesse du trait est agréable cependant le style épuré oblige l’auteure à caricaturer certaines expressions. Elle continue à donner quelques anecdotes en fin de chapitre. Sous la jaquette, deux yonkoma présentent un moment ordinaire des deux lycéens où Endô attend Tsuda à la gare. Il n’y a aucune scène dans ce tome; ce gakuenmono délaisse la romance au profit de la contemplation des moments quotidiens des personnages.

En résumé

Tsuda et Endô apprécient d’être ensemble. Aimant la musique, ils fréquentent le même disquaire, Sugiura, qui s’avère être un ami du frère aîné de Tsuda. Cela fait maintenant un an que les deux lycéens ont sympathisé; ils se retrouvent à nouveau dans la même classe en terminale. Mais ils doivent commencer à réfléchir à leur avenir. Cependant Tsuda n’a pas vraiment la tête à ça, préférant profiter des moments passés avec Endô…

En conclusion

Hayakawa sensei prend son temps pour peaufiner son récit. En effet, elle aborde avec délicatesse et douceur les choix difficiles auxquels sont confrontés des terminales, d’autant plus quand un fort sentiment les lient. Cependant, les tergiversations d’Aoyama, Endô et Tsuda paraissent parfois un peu trop dramatiques à mon goût. Par contre, j’adore Kanzaki qui fonce droit vers ses choix mais trouve tout de même le temps de jouer les cupidons en constatant l’inertie des deux principaux intéressés.

Le carnet de notes d’Endô-kun – Hayakawa Nojiko

le carnet de notes d Endo kun hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojiko ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368774670
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784813053293 (JP)
Taiyohtosho, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Et si l’amour commençait d’abord par l’attirance pour des détails, puis une coupe de cheveux!

Pour son premier manga, Hayakawa Nojiko sensei s’attarde sur l’attirance puis les premiers émois amoureux. Elle décrit l’évolution et la compréhension des sentiments. Cependant, elle reste dans la suggestion, le non-dit. Tsuda et Endô sont plutôt solitaires, indifférents à ce qui les entoure mais ont les mêmes goûts. Leur amitié va permettre d’élargir leur cercle d’amis mais également d’ouvrir leur cœur et leur esprit à autrui. Tsuda est le narrateur principal, sauf dans le chapitre 0 consacré à Endô. Justement, l’auteure s’amuse en y introduisant un décompte révélant énormément de choses à propose d’Endô tout en rebouclant avec le début du récit. Elle présente avec subtilité et de manière réaliste les émotions de ses personnages, même si l’intervention d’Aoyama Chihiro et Chiba n’est guère approfondie. Ses personnages évoluent lentement.

Le trait épuré et fin de la mangaka est mis en valeur par le traitement de ses mises en page. En effet, elle joue avec la dynamique des cadrages morcelés, des ellipses, des cases dépouillées. De même, elle privilégie les clairs-obscurs et les pages blanches. Il n’y a donc pas de trames d’ambiances et les décors se font rares. Un certaine poésie graphique émane de son style. En fin de chapitre, des yonkoma donnent des anecdotes sur les personnages. Sous la jaquette, quatre yonkoma mettent en scène les protagonistes pendant le nouvel an. Même s’il n’y a aucune scène érotique, les baisers sont traités avec délicatesse et transmettent leur intensité.

En résumé

Tsuda se retrouve assis derrière le taciturne et réservé Endô. Alors que ce dernier lui passe des polycopiés, le grand lycéen reçoit une page blanche. Est-ce volontaire? Bien qu’Endô l’ignore, Tsuda n’arrête pas de le solliciter, de plus en plus intrigué par des petits détails comme ses grains de beauté, sa touffe de cheveux mal coiffée qui cache la beauté de ses yeux, la finesse de son cou… Une de leur connaissance commune, Kanzaki, rêve de couper les cheveux d’Endô. Remarquant le petit manège entre les deux voisins de table, il se rapproche d’eux. A force de se faire caresser les cheveux par Tsuda, Endô finit par accepter de les couper à une condition: que Tsuda s’en occupe lui-même!

En conclusion

Dans ce premier manga, le style poétique et subtil de Hayakawa Nojiko est déjà bien visible. Cependant, elle approfondit peu son récit. Ce gakuenmono reste donc assez classique.

Les deux lions – Furuya Nagisa

les deux lions furuya nagisa

FURUYA Nagisa 古矢渚
ISBN: 9782368776865
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784344843974 (JP)
Gentosha, 2019
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Le « Lion enragé » est certes très fort mais il est tout autant gentil.

Dans ce one-shot, Furuya Nagisa sensei s’intéresse aux ravages des rumeurs et à l’amitié. Influencé par son grand-père, Leo est fort et gentil mais son côté taciturne le rend d’un abord difficile. De part son caractère simple, Junpei préfère se fier à son instinct. L’auteure décrit avec précision les mécanismes de leur amitié naissante à l’université et son évolution. Elle pose un scénario simple mais rondement mené. Narrateur, Shishido partage ses questionnements. L’entourage des deux héros joue un rôle assez important dans le développement des sentiments, orientant leurs réflexions. De même, les petits évènements qui parcourent leur vie étudiante sont assez réalistes.

Le graphisme de la mangaka est simple et classique. Ses traits sont épurés mais l’auteure propose une grande variété de visages et de carrures. Les hommes ne sont pas des ikemen et dégagent une certaine banalité malgré un peu de charme. Leurs expressions sont très bien rendues. L’équilibre entre les trames et les décors rendent discret le jeu des clairs-obscurs. Les ellipses et les cadrages dynamiques sont principalement au service de la lecture. Les détails évitent de surcharger les cases silencieuses. Il n’y a aucune scène érotique, le propos de l’histoire se basant sur la naissance de l’amour.

En résumé

A l’université, le sociable Shishido Junpei sympathise avec tout le monde. Pendant qu’il discutait assis sur un banc, il remarque qu’un étudiant a oublié sa bouteille d’eau. Il l’interpelle mais Onizuka Leo la lui donne. Intrigué, Shishido a la vague impression de l’avoir déjà rencontré. Plus tard, il le croise au distributeur de boissons et lui propose de lui offrir une bouteille d’eau. Mais, l’étudiant a l’air mécontent. En fait, Leo vient du même lycée que Junpei. Surnommé « le Lion enragé », des rumeurs circulaient sur lui…

En conclusion

Même si l’histoire narre une simple amitié qui évolue en amour, Furuya sensei offre des personnages attachants et touchants. Tout le monde peut lire ce one-shot proposant une tranche de vie d’étudiants se liant d’amitié puis s’interrogeant sur leur attachement de plus en plus fort. Malheureusement, je trouve que le récit s’arrête trop tôt!

Never complex – Aoi Levin

never complex aoi levin

AOI Levin あおいれびん
ISBN: 9782368771617
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796402811 (JP)
Kaiohsha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

L’amour demande parfois beaucoup de patience.

Dans ce recueil, Aoi Levin sensei présente quatre romances plutôt légères ayant pour thème l’amour patient. La première histoire donne son titre au manga et est développée sur plusieurs chapitres. Même si les personnages s’interrogent sur les conséquences d’une relation homosexuelle (regard extérieur, enfant, première fois), l’auteure n’approfondit pas le sujet et reste focalisée sur le complexe d’infériorité de Maki envers Hiro. De plus, Maki narre constamment ses états d’âme. Les deux pages bonus anecdotiques transmettent le changement de pensée de l’uke. Aoi sensei introduit assez mal ses flash-back rendant parfois le scénario confus. C’est particulièrement visible sur « Summer vacation » qui propose un triangle amoureux prévisible. « Over drive » sombre dans l’érotisme alors que la relation professeur*élève aurait pu poser des questionnements intéressants. La dernière histoire est toute mignonne avec le seme qui laisse exploser sa passion après s’être retenu pendant longtemps en attendant la majorité de son amant.

Le graphisme de la mangaka est particulier: les visages sont petits mais anguleux, avec des cheveux touffus et méchés. Le traitement des yeux consiste en des traits épais striés, leur donnant un côté un peu vide et inexpressif. Hiro se transforme en wanko. Les décors permettent juste de se situer. L’auteure utilise beaucoup de trames d’ambiance et des angles de vue recherchés mettant en avant la plastique de ses personnages. Elle n’hésite pas à superposer les cases ou à sortir des cadrages. Les scènes érotiques, intenses, semblent un peu brouillon avec des gros plans, des trames et l’absence de traits qui censurent les parties génitales.

En résumé

Never complex / Ce qui doit être là: Maki et Hiro ont grandi ensemble à l’orphelinat. Malgré son QI élevé, Hiro se contente de suivre fidèlement tous les ordres de Maki. Il est simplement heureux d’être à ses côtés et de l’aimer. Mais son ami, qui complexe vis à vis de lui, travaille dur pour réussir. Justement, il obtient un poste en Angleterre…
Over drive: Takizawa Midori est devenu professeur d’arts plastiques en renonçant à ses rêves par amour pour le jeune Tomoki. Mais maintenant, ils sont dans le même lycée…
Summer vacation: Chaque été, Mizuki se rend au centre de vacances Yamaneko et y retrouve ses amis Kazuma et Kôta. Mais l’année dernière, juste avant qu’il ne prenne le train, Kazuma lui a fait une déclaration d’amour. Que va-t-il répondre?
Honey rodeo boys: Ramsey est l’un des meilleurs cow-boys de la ville. Il sort avec Malloy depuis un petit moment cependant le couple n’a jamais dépassé le stade du baiser. Mais aujourd’hui, Malloy fête son anniversaire et devient enfin majeur.

En conclusion

Malgré des histoires à fort potentiel, avec un graphisme plutôt mignon, la mangaka n’approfondit malheureusement pas les questionnements posés et se contente de conclure sur des relations érotiques intenses. De plus, son traitement des flashback et des cadrages ralentissent la lecture et son appréciation.