Et demain, ce sera quoi! 1 – Yamamoto Kotetsuko

et demain ce sera quoi 1 yamamoto kotetsuko

YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782368775318
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784813031116 (JP)
Taiyohtosho, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommantation: beaucoup

Kirara est amoureux de son ami d’enfance Ken, mais ce dernier éprouve du dégoût envers les homosexuels…

Dans ce premier tome, Yamamoto Kotetsuko sensei pose d’abord le contexte de sa comédie romantique. L’histoire avance assez vite jusqu’au lycée. Le côté un peu idiot de Kirara l’entraîne dans des situations amusantes, parfois exagérées. De même, quelques personnages secondaires comme le poulet King et le délinquant Omaeda ajoutent des instants encore plus comiques. Ainsi, tout en abordant avec humour les premiers émois, l’auteure s’intéresse aux dégâts de l’homosexualité non assumée, à l’homophobie, aux relations familiales conflictuelles, au paraître chez les jeunes et à la surprotection maternelle. Elle développe des personnages à la personnalité assez complexes. Par exemple, Ken semble plus gentil qu’il ne s’en donne l’air. Miyagawa Tarô s’efface auprès des deux fils de son amant, Masakazu, connaissant leurs sentiments. La relation entre Kirara et ses voisins évolue doucement.

La mangaka utilise des traits plutôt épurés. Elle dessine les cils supérieurs avec plusieurs traits, leur donnant une épaisseur caractéristique à son style. Le travail sur le regard est très soigné. En revanche, les visages ronds dégagent une certaine douceur. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. De même, l’utilisation des trames est équilibrée. La mise en page est dynamique. Même si les bagarres ne s’éternisent pas, les angles de vue rendent bien les actions. Un yonkoma complète un chapitre en donnant une anecdote amusante.

En résumé

A 9 ans, Mayuzumi Kirara a gagné un concours de beauté. En effet, depuis sa naissance et bien qu’il soit un garçon, sa mère adore l’habiller de vêtements très mignons. Mais le garçonnet rêve d’être un garçon viril. Après avoir découpé toutes ses fanfreluches, il sort en slip pour aller à l’école et percute leur nouveau voisin: Tosayamada Masakazu élève seul ses deux fils Kyôichi et Ken. En admiration devant ces bagarreurs surnommés « les chiens enragés », Kirara se met alors à les suivre. Au collège, le frêle Kirara impressionne ses comparses en tenant tête à Ken et sympathise vite avec Yamaguchi Susumu. Des élèves de troisième voulant faire la peau à Kyôichi, l’abordent mais finissent par le menacer devant son air efféminé mais rebelle. Ken arrive à temps pour le sauver mais Kirara remarque que son cœur s’emballe…

En conclusion

Classé 26ème meilleur manga au Chill Chill BL award 2017, cette adorable comédie romantique entre un idiot et un faux voyou nous prend par les sentiments. Yamamoto sensei arrive à donner de la légèreté à ses récits, à nous toucher et nous faire rire sur une situation un peu complexe. Je n’ai qu’une seule envie: voir si Kirara pourra être heureux en amour!

A boring man – Yamamoto Kotetsuko

a boring man yamamoto kotetsuko

YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782368771396
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877244897 (JP)
Kaiohsha, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Trois tendres romances avec des uke blessés et de jeunes seme compréhensifs.

Yamamoto Kotetsuko sensei offre un recueil de trois romances touchantes avec des uke blessés. Elle développe suffisamment la psychologie de ses personnages malgré le format court. Comme les seme sont attentifs à l’être aimé, les relations se font tout en douceur. Les personnages sont donc attachants. Le premier récit donne son titre au manga. L’auteure se focalise principalement sur l’évolution de la relation entre les deux collègues, l’un deux ayant perdu confiance en lui suite à la remarque d’un ex. Elle donne un aperçu de l’avenir du couple dans l’histoire bonus. « Sweet room » joue sur l’esprit de contradiction du héros pour apporter une touche humoristique. Le dernier récit occupe la moitié du tome. Cette romance met principalement en œuvre le pouvoir de l’amour pour surmonter un traumatisme. La douceur et la patience du seme sont bien rendues.

Les traits épurés de la mangaka donnent une certaine douceur à son graphisme. De plus, ils sont très expressifs. Les visages sont plutôt ronds, avec de grands yeux. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, Yamamoto sensei utilise les trames avec parcimonie, ne chargeant pas ses pages. Les angles de vue variés dynamisent la mise en page. Les scènes érotiques sont pudiques et portent attention aux sensations des personnages. Cela leur confère donc une agréable tendresse.

En résumé

A boring man/ A troubled man: Hashimoto (26 ans) s’est fait plaqué par son petit ami qui le trouvait trop ennuyeux et banal. Il noie alors son chagrin dans l’alcool. En se rendant dans la salle de bain commune de la résidence, il croise son voisin de chambre et collègue Karasuma (23 ans). Devant la beauté et l’intelligence du jeune salaryman prometteur, il se sent encore plus minable. Alors que Karasuma le rejoint dans la salle de bain, Hashimoto s’endort dans la grande baignoire. Heureusement, son jeune collègue le sauve de la noyade. Mais quand son senpai reprend ses esprits, il lui fait alors une déclaration d’amour.
Sweet room: Kotobuki Kazumi (2e année) cherche un nouveau colocataire. Bien qu’il soit mignon physiquement, son côté économe à l’extrême le rend presque tyrannique. Intéressé par l’annonce, Fujiya Ryôsuke (1e année) demande alors à visiter l’appartement le soir même et décide de faire une semaine d’essai. Mais Kazumi a le coup de foudre pour son nouveau résidant. Redoutant que ce dernier découvre ses sentiments, il décide de se montrer encore plus exigeant pour le faire partir…
Serre fort ma main / Toujours main dans la main: Chaque matin, Kitanaka Atsushi (20 ans) est réveillé par le même cauchemar. Alors qu’il travaillait sur le continent dans une entreprise, il est revenu au bout de deux ans aider ses parents dans leur restaurant. Croisant son ami d’enfance, Kinjô Satoru (16 ans), il lui propose de faire le trajet à vélo ensemble. Mais depuis son retour, le lycéen se montre assez froid avec lui. Le soir, Atsushi lui demande alors des explications. Satoru avoue être tombé amoureux. Les deux amis commencent donc à sortir ensemble. Cependant, lors de leur premier baiser, assaillis par de douloureux souvenirs, Atsushi le repousse, tremblant.

En conclusion

Malgré le format court, l’auteure arrive à me toucher avec ces couples tellement attendrissants. Ces romances vous feront passer un agréable moment.

The Teijo academy 1 – Natsushita Fuyu

the teijo academy 1 natsushita fuyu

NATSUSHITA Fuyu 夏下冬
ISBN: 9782368776933
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784865895568 (JP)
Fusion product, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

En suivant son ex dans l’académie Teijo, Harutaka ne pensait pas tomber dans un environnement aussi élitiste.

Natsushita Fuyu sensei installe d’abord le contexte et les personnages de son gakuenmono. Bien que ce soit un omegaverse, elle ne précise pas forcément l’appartenance de ses héros. Malgré l’égalité prônée par l’académie, des préjugés persistent. L’omega Harutaka va venir bousculer les traditions, réclamant plus d’intégrité. En effet, derrière l’excellence, l’école semble cacher une partie sombre, en particulier dans la manière de nouer un réseau ou d’accéder à un certain statut. La promotion canapé n’est donc plus l’apanage des omega. En fin de chapitre, l’auteure donne des fiches explicatives sur le fonctionnement de l’école. Ce tome se concentre sur l’effervescence du bal et l’influence hiérarchique remontant jusqu’au anciens membres. En fin de volume, l’histoire de Tsuji est narrée ainsi que la suite des aventures de Le maître de maison est un alpha, avec la grand-mère Isaka qui souhaite inscrire son petit-fils à l’académie.

Le graphisme de la mangaka est plutôt réaliste. Les étudiants ont des carrures variées. Par contre, Natsushita sensei n’hésite pas à exagérer les expressions de Harutaka. De même, elle met en image l’imagination de l’omega et représente sa conscience par trois personnalités intérieures qui débattent entre elles. Les décors sont précis et les trames d’ambiances discrètes. La mise en page semble assez classique pourtant les angles de vue sont très variés. Sous la jaquette, un plan présente l’académie. Les scènes érotiques sont courtes et censurées par de fines bandelettes blanches qui ne cachent pas grand chose.

En résumé

Bien que l’académie Teijo accueille la future élite du Japon, elle est ouverte à tous: alpha, beta et omega. Les dirigeants des quatre clubs scolaires, surnommés les quatre légendaires ou 4L, y règnent en maître. Alors que le représentant de l’éthique Hasunomiya ne cherche qu’à assouvir sa libido, Aoki, responsable du savoir, refuse ses privilèges. Souhaitant suivre les traces de son père politicien, l’alpha Einan Nachi quitte son petit ami omega afin d’intégrer cette école. Cependant, Ichijô Harutaka décide de le suivre pour le soutenir. Le jour de la rentrée, il surprend Tsubaki et Kakuya, respectivement les responsables du club de sport et d’art, exclure un élève alpha qui aurait discriminé les omega sur les réseaux sociaux. Alors que son colocataire, Tsuji Akihiko, ne rêve que de devenir un favori, n’hésitant pas à coucher pour y arriver, Harutaka préfère vivre pleinement sa vie étudiante avec son ami omega Mitomi.

En conclusion

Les mimiques de Harutaka sont hilarantes. Alors que la couverture laisse espérer un triangle amoureux (ou même un threesome), le manga nous oriente dans une toute autre direction. Mais c’est très intéressant de découvrir tous l’univers construit par l’auteure. Et le suspense nous invite à nous jeter sur la suite.

Smells like green spirit : side B – Nagai Saburo

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NAGAI Saburo 永井三郎
ISBN: 9782368776438
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784893938060 (JP)
Fusion product, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Des adolescents qui peinent à trouver leur voie, coincés entre ce qu’ils aimeraient être et les attentes de leur famille.

Dans ce second tome, Nagai Saburo sensei prend un ton plus dramatique. Elle aborde le thème de la pédophilie, de la tentative de viol et des traumatismes qui en découlent, ainsi que les conséquences des rumeurs suite à des quiproquos. Par ailleurs, elle décrit le changement des relations suite à un évènement traumatisant, la souffrance du rejet, le problème d’acceptation de soi ou de l’autre. Elle détaille également les réactions différentes des trois mères, entre acceptation, interrogation et refus total. L’auteure reste pudique sur la relation et les sentiments. La narration donne le point de vue de Mishima qui personnalise légèrement la conclusion des chapitres en partageant ses réflexions. La fin permet de découvrir ce que les trois héros sont devenus plus tard en prenant des chemins différents. En bonus, une anecdote sur Yanagida et le père américain de Tarô détend l’atmosphère lourde.

La mangaka apporte un travail particulier sur les regards. L’expressivité est poussée et permet de comprendre immédiatement le ressenti des personnages. Les trames d’ambiance se font plus discrètes. Le jeu des clairs-obscurs est privilégié avec le fond noir qui appuie la narration, les ellipses ou les souvenirs. La dynamique de la mise en page est avant tout au service du récit et sert également la lecture. Ainsi, Nagai sensei s’attarde principalement sur les détails des gestes. Les illustrations de début de chapitre sont très expressives, en rapport avec l’humeur du récit.

En résumé

Alors que Mishima Futoshi rentrait à pieds, son pneu de vélo étant crevé, il est accosté par le professeur Yanagida en voiture qui lui propose de l’aider. Sentant le danger, Kirino Makoto et Yumeno Tarô partent à sa recherche. Arrivés dans une usine désaffectée, le professeur lâche toute sa frustration sur le lycéen terrorisé puis l’agresse. Les deux autres garçons arrivent juste à temps pour empêcher l’irréparable. Fou de rage, Yumeno se jette sur le professeur pendant que Kirino libère leur ami. Mais alors que Tarô voulait avertir l’école, Mishima l’arrête. Yanagida disparaît alors sans laisser de traces…

En conclusion

Je trouve la métaphore de la boîte de pandore bien trouvée. L’auteure donne une vision assez réaliste de l’homosexualité adolescente. Ce manga est très loin de l’homo-romance et donne plutôt une perception sociale de l’homosexualité en milieu rural. A lire, même si on n’est pas fan de BL!
Mise à jour: Ce tome a obtenu la quatrième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2014.

Smells like green spirit : side A – Nagai Saburo

smells like green spirit side a nagai saburo

NAGAI Saburo 永井三郎
ISBN: 9782368776421
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784893937483 (JP)
Fusion product, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Difficile d’être différent quand on vit à la campagne.

Nagai Saburo sensei décrit, par tranches de vie, les difficultés que rencontrent les adolescents campagnards qui s’éveillent à une orientation sexuelle non hétéronormée. Parallèlement au harcèlement scolaire, elle développe les dégâts engendrés par les rumeurs, la pression sociale renforcée et les spécificités de la vie à la campagne. Le rejet de la différence semble assez frontal, entraînant facilement des violences psychologiques ou physiques. Par contre, l’auteure évite de tomber dans le mélodrame. Justement, elle aborde avec finesse les réflexions de Mishima, Kirino et Yumeno tout en les faisant évoluer doucement. Elle reste dans une approche plutôt réaliste.

Le graphisme de la mangaka est particulier: ses traits fins et épurés sont assez variés. Parfois, certains personnages ont un côté caricatural, avec des expressions exagérées. D’ailleurs, dans les effet comiques, les visages sont complètement déformés. Les cadrages sont dynamiques. Les décors bien que très travaillés sont peu nombreux. Il y a quelques trames d’ambiance. Mais Nagai sensei privilégie le jeu des contrastes noir et blanc. Elle joue également sur des effets graphiques pour exprimer le mal-être, les perversités ou l’imagination des protagonistes.

En résumé

Dans un collège au fin fond de la campagne, Mishima Futoshi est souvent harcelé à cause de ses cheveux longs et de son air efféminé. Il a tendance à se laisser faire, se considérant comme homosexuel. Alors pour s’apaiser, la nuit, il se travestit en cachette. Un jour, les meneurs des assauts dans la classe, Kirino Makoto et Yumeno Tarô, vont beaucoup plus loin en lui coupant les cheveux. Pourtant, Mishima trouve qu’au final, cette coupe renforce son côté mignon. Pourquoi ont-ils fait ça?

En conclusion

Ce premier tome installe et approfondit la relation entre les trois personnages principaux et se termine en plein suspense. Il est donc difficile de ne pas se jeter immédiatement sur le tome suivant! Certaines paroles sont assez dures. Mais ce manga, qui s’éloigne des romances des gakuenmono et des BL habituels pour s’intéresser principalement au contexte, mérite vraiment l’attention.

Hang out crisis – Owal

hang out crisis owal

Owal おわる
ISBN: 9782368773594
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784801953710 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Deux beaux gosses, de l’alcool, un love hotel… Et vous obtiendrez un cocktail explosif! »

Owaru sensei annonce dès sa présentation que ce manga a pour but de nous faire rire. Et ces trois comédies disjonctées accumulent situations rocambolesques, personnages aux caractères extrêmes et scènes érotiques parfois crues. En effet, les protagonistes ont tendance à privilégier le plaisir aux sentiments. Le consentement n’est donc pas leur priorité. L’histoire principale donne son titre au manga. Même si Jôsei et Motoki apparaissent comme de véritables ennemis des femmes au début, les voir tomber peu à peu amoureux les rend attachants. Alors que Tsubakiya utilise Sakurai pour réaliser ses fantasmes, l’uke est le premier à évoluer. D’ailleurs, l’auteure s’amuse à confronter leurs changements, ajoutant un rival gay, Hasumi Shinya, qui a une approche de l’amour plus tendre. La deuxième histoire traite avec humour les fantasmes d’un débutant pervers. Le dernier chapitre revisite le conte de La Belle et la Bête.

Le style graphique de la mangaka est proche du shôjo: des traits fins, des visages ronds, des chevelure touffues. Sa mise en page est dynamique. Cependant, les trames d’ambiance alternent avec les décors, chargeant un peu trop les pages. Quelques fiches personnages sont présentes en fin de chapitre. Les nombreuses scènes érotiques sont plutôt détaillées, la censure se concentrant uniquement sur les organes génitaux par de simples hachures, ce qui ne cache presque rien.

En résumé

Hang out crisis: Tsubakiya Jôsei et Sakurai Motoki sont les tombeurs de légende de l’université. Ils aiment participer à des soirées étudiantes et leur club « où on fait des trucs » leur permet souvent de trouver un coup du soir. Mais après une soirée ratée trop arrosée, ils finissent au love hotel. Alors que Jôsei prétextait trouver Motoki mignon, il demande à ce dernier de le soulager. Acceptant de le masturber, Motoki se laisse emporter par l’ambiance suivi par son ami. Le plaisir et la curiosité l’emportant sur la raison, les deux garçons finissent par coucher ensemble…
Monsieur le salaryman est un véritable pervers: Un salaryman a le coup de foudre pour le beau Kyô qui a ramassé sa carte de transport. Il se rend alors dans le club de massage de ce dernier. En plus d’une réservation d’une durée de 6h, il a élaboré tout un planning…
La Belle et la Bête: Il y a bien longtemps, un bon à rien de prince, qui jetait les filles sans ménagement après les avoir séduites, a été transformé en bête par une sorcière. Un jour, surprenant un voyageur qui cueillait une rose de son jardin sans permission, il exige du père qu’il lui donne son enfant en échange de sa vie. Et voilà le mignon Bernard tout heureux de cohabiter avec cet énorme toutou!

En conclusion

J’apprécie les manga d’Owal sensei. Par contre, ses histoires peuvent déplaire car elles mettent souvent en scène des seme obsédés, égoïstes et autoritaires et donc peu sensibles au consentement. Mais il est tellement amusant de les voir tomber fou amoureux. En outre, l’adaptation BL de La Belle et la Bête est mignonne à croquer. Ce one-shot a obtenu la sixième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2016.

Le cœur de la méprise – Ogawa Chise

le coeur de la meprise ogawa chitose

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782368771563
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404303 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Quand la persévérance et la prévenance font palpiter le cœur.

Dans ce recueil, Ogawa Chise sensei questionne l’amour qui se développe face à la prévenance et la tendresse. La première histoire donne son titre au manga et occupe la moitié du tome. La narration débute avec Miki pour passer ensuite à Udô. L’auteure pointe les différentes expressions de l’amour comme la tendresse, la possessivité, la jalousie et la violence. Elle s’amuse en confrontant deux beaux garçons aux caractères opposés: Miki est frivole et considère l’amour comme un jeu alors qu’Udô est plutôt sérieux et aimant. Cependant, leurs sentiments amoureux dévoileront d’autres facettes de leurs personnalités. L’histoire bonus offre une anecdote amusante sur le couple mettant en avant le côté obsédé de l’uke. « Last summer blues » est une romance platonique s’intéressant à la limite entre l’attirance, l’admiration et la compassion. Le dernier chapitre offre une douce romance à ses débuts entre un salaryman maladroit qui fond pour quelqu’un de prévenant.

La mangaka a un trait épuré qu’elle n’hésite pas à simplifier dans les moments amusants. Par exemple, les yeux deviennent de simples points ou traits. Les trames d’ambiance sont discrètes et il y a peu de décors. Même si les trames servent principalement à la coloration et aux ombres, elles sont assez claires. De plus, le blanc domine sur les pages, Ogawa sensei jouant sur les ellipses et les cases vides. De même, la mise en page est dynamique. Les scènes érotiques évitent les détails, privilégiant les préliminaires. En outre, le jeu de cadrage permet d’en montrer le moins possible.

En résumé

Le cœur de la méprise / The date of miscalculation: Miki sort avec n’importe quelle fille du moment qu’il peut être satisfait sexuellement. Un jour, il surprend Udô en train de se séparer de sa petite amie, n’éprouvant aucun sentiment pour elle. Pour l’aider, il se fait alors passer pour son petit copain.
Last summer blues: Kuzumi est le meilleur lanceur de l’équipe de base-ball de son lycée. Malheureusement, il n’a pu mener son équipe au Kôshien, éliminée à la finale du tournoi régional. Depuis, il évite le club. Pourtant Ichigaya, son kôhai, grand admirateur et rival, tente désespérément de le faire revenir…
Un après-midi sans défense: Surnommé le chef-démon, Ômura a été promu dans la section planning et doit former les nouveaux, mais il n’aime pas le travail d’équipe. Tamachi, de la section vente, cherche à sympathiser avec lui mais, par inadvertance, il casse les lunettes de vue d’Ômura…

En conclusion

Il est amusant de voir le stoïque Udô craquer pour le capricieux et obsédé Miki. Les deux autres histoires sont mignonnes, sans scènes érotiques. Même si la psychologie des personnages est peu approfondie, on passe un agréable moment. Au Chill Chill BL award 2014, ce titre était placé quatorzième des meilleurs manga.

Le rouge & le noir 2 – Katsura Komachi

le rouge et le noir 2 katsura komachi

KATSURA Komachi 桂小町
ISBN: 9782368777022
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: (JP)
Kaiohsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Juste un peu d’amour dans ce monde de brutes.

Katsura Komachi sensei conclut son histoire avec ce deuxième tome mêlant tendresse et mélancolie. Une certaine intensité se dégage de son scénario, un évènement dramatique précipitant l’émancipation des deux héros. Pourtant, la relation entre les deux amis se met lentement en place, entre amour, dévotion et peur de l’avenir. L’auteure affine également la psychologie de chacun: Yamato a tendance à cacher ses sentiments profonds, Yukio fuit les siens mais ils finiront par se dépasser en faisant des choix parfois très difficiles. Elle boucle la fin de son récit avec le début de Rouge. Les trois derniers chapitres offrent une note plus légère en présentant des anecdotes et le regard de quelques personnages secondaires.

Les traits toujours aussi fins de la mangaka dessinent de beaux ikemen. Les trames d’ambiance se font discrètes, illustrant surtout les sentiments. De même, les décors semblent s’effacer pour mettre en avant les expressions ou les actions. Même si la mise en page est assez classique, elle est très efficace et accompagne le regard. Katsura sensei joue sur les vides et les blancs des cases. Comme elle met en avant les sentiments pendant les échanges amoureux, les scènes érotiques sont censurées par les angles de vue et les cadrages, en montrant le moins possible. La couverture et l’illustration de frontispice offrent un diptyque se répondant; le changement d’expression de Yamato est magnifique avec le jeu du lit de pétales.

En résumé

En froid avec Yahagi Yukio, Bidô Yamato (17 ans) demande à Kaga Ai de lui apporter de la glace dans son appartement. Face à son cadet essoufflé et dévoué, il l’invite à diner. Quelle n’est pas sa surprise en apprenant que ce dernier ne sait pas utiliser des baguettes. En effet, le lycéen vit souvent seul, abandonné par sa mère aux soins de ses ex. Il lui propose alors de faire le ménage ou travailler pour lui en échange du logis. Pourtant, il a bien conscience qu’il ne pourra exaucer tous les souhaits de son admirateur. Alors que Yamato sèche le lycée, Ai confie à Yukio son inquiétude pour son sauveur, ayant deviné que ce dernier affiche un sourire de façade…

En conclusion

Une petite touche positive se dégage à la fin de ce tome, donnant envie de découvrir comment le couple changera le clan. Justement, le récit abordant principalement les sentiments et l’évolution de Yamato et Yukio dans cet univers mélancolique et sombre, on en oublie presque qu’il s’agit d’un BL.

Best & worst service – Sagami Waka

best and worst service sagami waka

SAGAMI Waka サガミワカ
ISBN: 9782368771914
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784877241957 (JP)
Kaiohsha, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

Quand l’amour naît de la vengeance.

Dans ce recueil de deux histoires, Sagami Waka sensei met en scène des relations atypiques bouleversées par l’arrivée d’un rival. Le premier récit mélange à la fois humour et léger sado-masochisme. La double personnalité de Mima entraîne rapidement le peureux Yô à faire son introspection et à analyser son comportement et ses envies. L’arrivée d’un rival, Kakurai, permet de faire évoluer rapidement la relation tout en renouvelant les mécanismes comiques. De plus, les personnages ont des caractères assez excessifs: Mima, bien que possessif, est dans le déni alors que Yô devient un amoureux transi masochiste. La seconde histoire occupe un tiers du tome et s’attarde sur la relation fusionnelle entre les jumeaux Konno, remise en cause par l’arrivée de Sudô Rintarô qui les différencie facilement. L’auteure aborde donc les différentes formes d’amour et les premiers émois amoureux, jouant sur le fantasme des relations entre jumeaux.

La mangaka dessine des personnages sveltes, au visage ovale. Ses traits sont plutôt simples mais expressifs, surtout dans les scènes comiques. Elle utilise peu de décors et privilégie les trames d’ambiance. Les angles de vue variés donnent du dynamisme à la mise en page plutôt recherchée. Les scènes érotiques sont censurées par l’absence de trait, un halo blanc cachant les organes génitaux.

En résumé

Service excellent et service effroyable / Service tendre et service amer / Service impeccable et service maladroit / Service d’un jour de congé: Ushiroi Yô, président d’une entreprise montante, réserve une suite dans un hôtel de luxe et exige que l’assistant manager Mima Takashi soit à son service. En réalité, il souhaite se venger de cet ancien camarade de classe qui le tourmentait au primaire. Mais il se retrouve déstabilisé par le service impeccable du docile employé. Alors qu’il lui demande de se comporter comme une vieille connaissance, Mima laisse soudain tomber le masque!
Labyrinthe d’été / Guide d’automne / Cachette d’hiver: Konno Minami et Tôru sont frères jumeaux. Minami cherche désespérément à se différencier de son frère. Quelle n’est pas sa déception quand le coiffeur lui apprend que son frère aîné a demandé la même coupe quelques heures auparavant. En plus, Tôru est de plus en plus tactile et a tendance à envahir l’espace intime de son frère…

En conclusion

Je préfère l’histoire principale qui donne son titre au manga, m’amusant de l’inversion des situations entre Mima et Yô. Même si on passe un excellent moment à la lecture, l’approche reste trop légère pour marquer l’esprit. De même, j’aurais aimé que la romance entre Rintarô et Minami soit plus développée.

Le rouge & le noir 1 – Katsura Komachi

le rouge et le noir 1 katsura komachi

KATSURA Komachi 桂小町
ISBN: 9782368777015
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784796410304 (JP)
Kaiosha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

L’histoire de Yamato et Yukio, à 17 ans, juste avant qu’ils ne deviennent yakuza.

Katsura Komachi sensei offre une préquelle de Rouge développant l’histoire des fils de yakuza Yukio et Yamato. Par contre, elle se contente d’installer, dans ce premier tome, le contexte de leur relation puis la situation du clan. Elle décrit également la psychologie de ses deux protagonistes. Alors que Yamato conserve un côté capricieux, il s’avère être mûr et réfléchi pour son âge. Yukio, quant à lui, est très intelligent mais se retrouve pris entre sa mission confiée par son père et ses sentiments. Leur relation est pour l’instant bancale, influencée par leur place dans le clan. La narration alterne entre les deux amis. Ce récit occupe la première moitié du volume, l’autre moitié étant consacrée à la suite de Rouge. Ai apporte une touche de douceur et d’humour dans cette romance assez sombre. Il s’ouvre de plus en plus et il est agréable de le voir s’épanouir avec Nagato.

La mangaka dessine des personnages longilignes aux traits fins. Elle a tendance à faire des oreilles pointues qui donnent un certain charme à ses personnages. De même, la bouche d’Ai est pulpeuse et ses différentes moues sont craquantes. L’absence de pupille dans le regard de Yamato lui confère un air très sensuel. Les décors sont très présents. Les trames servent principalement à la coloration et aux ombres, donnant un côté réaliste. De gros plans et les cadrages cachent les détails dans les scènes érotiques. Les illustrations couleurs sont magnifiques, surtout la double page mettant en avant les tatouages des deux lycéens, avec une dominance de rouge et noir.

En résumé

Le rouge et le noir: En fouillant dans le coffre-fort du bureau de son père, Yahagi Yukio (8 ans) découvre qu’il est un yakuza. Devenu adolescent, il rencontre dans leur jardin Bidô Yamato, le fils du chef de leur clan, tandis qu’il critiquait ouvertement les changements de direction du groupe mafieux. D’abord mis en garde par le visiteur, ils commencent par se bagarrer. Ils développent ensuite une forte amitié, allant jusqu’à se prêter allégeance en échangeant une coupe de saké. En effet, le père de Bidô étant atteint d’un cancer, son fils est déterminé à prendre la suite du clan. Yukio (17 ans) décide alors de suivre son ami, même dans le lycée de délinquants Yashima…
ROUGE Apprendre à aimer / High score night!! / La paume de ces mains: Au festival scolaire, Nagato entraperçoit une belle jeune fille en marinière. Alors qu’il a invité des camarades de son ancien lycée, il trouve ces dernières en compagnie de Kaga Ai. Au fil d’une discussion sur le passé de Nagato, Ai apprend l’existence de Rena, l’ex de Nagato. Légèrement jaloux, il craque ensuite en entendant la description de la fille qui a fasciné son amant quelques heures auparavant, se reconnaissant…

En conclusion

Cette préquelle est plaisante à lire, malgré l’ambiance assez lourde. C’est un réel plaisir de découvrir l’évolution positive du couple de Nagato et Ai. La relation entre Yukio et Yamato se met doucement en place mais l’intrigue est suffisamment développée pour nous maintenir en haleine et nous donner envie de lire rapidement la suite. Un conseil: achetez les deux tomes ensemble. C’est très dur de ne pas les lire à la suite!