Smells like green spirit : side A – Nagai Saburo

smells like green spirit side a nagai saburo

NAGAI Saburo 永井三郎
ISBN: 9782368776421
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784893937483 (JP)
Fusion product, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Difficile d’être différent quand on vit à la campagne.

Nagai Saburo sensei décrit, par tranches de vie, les difficultés que rencontrent les adolescents campagnards qui s’éveillent à une orientation sexuelle non hétéronormée. Parallèlement au harcèlement scolaire, elle développe les dégâts engendrés par les rumeurs, la pression sociale renforcée et les spécificités de la vie à la campagne. Le rejet de la différence semble assez frontal, entraînant facilement des violences psychologiques ou physiques. Par contre, l’auteure évite de tomber dans le mélodrame. Justement, elle aborde avec finesse les réflexions de Mishima, Kirino et Yumeno tout en les faisant évoluer doucement. Elle reste dans une approche plutôt réaliste.

Le graphisme de la mangaka est particulier: ses traits fins et épurés sont assez variés. Parfois, certains personnages ont un côté caricatural, avec des expressions exagérées. D’ailleurs, dans les effet comiques, les visages sont complètement déformés. Les cadrages sont dynamiques. Les décors bien que très travaillés sont peu nombreux. Il y a quelques trames d’ambiance. Mais Nagai sensei privilégie le jeu des contrastes noir et blanc. Elle joue également sur des effets graphiques pour exprimer le mal-être, les perversités ou l’imagination des protagonistes.

En résumé

Dans un collège au fin fond de la campagne, Mishima Futoshi est souvent harcelé à cause de ses cheveux longs et de son air efféminé. Il a tendance à se laisser faire, se considérant comme homosexuel. Alors pour s’apaiser, la nuit, il se travestit en cachette. Un jour, les meneurs des assauts dans la classe, Kirino Makoto et Yumeno Tarô, vont beaucoup plus loin en lui coupant les cheveux. Pourtant, Mishima trouve qu’au final, cette coupe renforce son côté mignon. Pourquoi ont-ils fait ça?

En conclusion

Ce premier tome installe et approfondit la relation entre les trois personnages principaux et se termine en plein suspense. Il est donc difficile de ne pas se jeter immédiatement sur le tome suivant! Certaines paroles sont assez dures. Mais ce manga, qui s’éloigne des romances des gakuenmono et des BL habituels pour s’intéresser principalement au contexte, mérite vraiment l’attention.

Hang out crisis – Owal

hang out crisis owal

Owal おわる
ISBN: 9782368773594
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784801953710 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Deux beaux gosses, de l’alcool, un love hotel… Et vous obtiendrez un cocktail explosif! »

Owaru sensei annonce dès sa présentation que ce manga a pour but de nous faire rire. Et ces trois comédies disjonctées accumulent situations rocambolesques, personnages aux caractères extrêmes et scènes érotiques parfois crues. En effet, les protagonistes ont tendance à privilégier le plaisir aux sentiments. Le consentement n’est donc pas leur priorité. L’histoire principale donne son titre au manga. Même si Jôsei et Motoki apparaissent comme de véritables ennemis des femmes au début, les voir tomber peu à peu amoureux les rend attachants. Alors que Tsubakiya utilise Sakurai pour réaliser ses fantasmes, l’uke est le premier à évoluer. D’ailleurs, l’auteure s’amuse à confronter leurs changements, ajoutant un rival gay, Hasumi Shinya, qui a une approche de l’amour plus tendre. La deuxième histoire traite avec humour les fantasmes d’un débutant pervers. Le dernier chapitre revisite le conte de La Belle et la Bête.

Le style graphique de la mangaka est proche du shôjo: des traits fins, des visages ronds, des chevelure touffues. Sa mise en page est dynamique. Cependant, les trames d’ambiance alternent avec les décors, chargeant un peu trop les pages. Quelques fiches personnages sont présentes en fin de chapitre. Les nombreuses scènes érotiques sont plutôt détaillées, la censure se concentrant uniquement sur les organes génitaux par de simples hachures, ce qui ne cache presque rien.

En résumé

Hang out crisis: Tsubakiya Jôsei et Sakurai Motoki sont les tombeurs de légende de l’université. Ils aiment participer à des soirées étudiantes et leur club « où on fait des trucs » leur permet souvent de trouver un coup du soir. Mais après une soirée ratée trop arrosée, ils finissent au love hotel. Alors que Jôsei prétextait trouver Motoki mignon, il demande à ce dernier de le soulager. Acceptant de le masturber, Motoki se laisse emporter par l’ambiance suivi par son ami. Le plaisir et la curiosité l’emportant sur la raison, les deux garçons finissent par coucher ensemble…
Monsieur le salaryman est un véritable pervers: Un salaryman a le coup de foudre pour le beau Kyô qui a ramassé sa carte de transport. Il se rend alors dans le club de massage de ce dernier. En plus d’une réservation d’une durée de 6h, il a élaboré tout un planning…
La Belle et la Bête: Il y a bien longtemps, un bon à rien de prince, qui jetait les filles sans ménagement après les avoir séduites, a été transformé en bête par une sorcière. Un jour, surprenant un voyageur qui cueillait une rose de son jardin sans permission, il exige du père qu’il lui donne son enfant en échange de sa vie. Et voilà le mignon Bernard tout heureux de cohabiter avec cet énorme toutou!

En conclusion

J’apprécie les manga d’Owal sensei. Par contre, ses histoires peuvent déplaire car elles mettent souvent en scène des seme obsédés, égoïstes et autoritaires et donc peu sensibles au consentement. Mais il est tellement amusant de les voir tomber fou amoureux. En outre, l’adaptation BL de La Belle et la Bête est mignonne à croquer. Ce one-shot a obtenu la sixième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2016.

Le cœur de la méprise – Ogawa Chise

le coeur de la meprise ogawa chitose

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782368771563
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404303 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Quand la persévérance et la prévenance font palpiter le cœur.

Dans ce recueil, Ogawa Chise sensei questionne l’amour qui se développe face à la prévenance et la tendresse. La première histoire donne son titre au manga et occupe la moitié du tome. La narration débute avec Miki pour passer ensuite à Udô. L’auteure pointe les différentes expressions de l’amour comme la tendresse, la possessivité, la jalousie et la violence. Elle s’amuse en confrontant deux beaux garçons aux caractères opposés: Miki est frivole et considère l’amour comme un jeu alors qu’Udô est plutôt sérieux et aimant. Cependant, leurs sentiments amoureux dévoileront d’autres facettes de leurs personnalités. L’histoire bonus offre une anecdote amusante sur le couple mettant en avant le côté obsédé de l’uke. « Last summer blues » est une romance platonique s’intéressant à la limite entre l’attirance, l’admiration et la compassion. Le dernier chapitre offre une douce romance à ses débuts entre un salaryman maladroit qui fond pour quelqu’un de prévenant.

La mangaka a un trait épuré qu’elle n’hésite pas à simplifier dans les moments amusants. Par exemple, les yeux deviennent de simples points ou traits. Les trames d’ambiance sont discrètes et il y a peu de décors. Même si les trames servent principalement à la coloration et aux ombres, elles sont assez claires. De plus, le blanc domine sur les pages, Ogawa sensei jouant sur les ellipses et les cases vides. De même, la mise en page est dynamique. Les scènes érotiques évitent les détails, privilégiant les préliminaires. En outre, le jeu de cadrage permet d’en montrer le moins possible.

En résumé

Le cœur de la méprise / The date of miscalculation: Miki sort avec n’importe quelle fille du moment qu’il peut être satisfait sexuellement. Un jour, il surprend Udô en train de se séparer de sa petite amie, n’éprouvant aucun sentiment pour elle. Pour l’aider, il se fait alors passer pour son petit copain.
Last summer blues: Kuzumi est le meilleur lanceur de l’équipe de base-ball de son lycée. Malheureusement, il n’a pu mener son équipe au Kôshien, éliminée à la finale du tournoi régional. Depuis, il évite le club. Pourtant Ichigaya, son kôhai, grand admirateur et rival, tente désespérément de le faire revenir…
Un après-midi sans défense: Surnommé le chef-démon, Ômura a été promu dans la section planning et doit former les nouveaux, mais il n’aime pas le travail d’équipe. Tamachi, de la section vente, cherche à sympathiser avec lui mais, par inadvertance, il casse les lunettes de vue d’Ômura…

En conclusion

Il est amusant de voir le stoïque Udô craquer pour le capricieux et obsédé Miki. Les deux autres histoires sont mignonnes, sans scènes érotiques. Même si la psychologie des personnages est peu approfondie, on passe un agréable moment. Au Chill Chill BL award 2014, ce titre était placé quatorzième des meilleurs manga.

Le rouge & le noir 2 – Katsura Komachi

le rouge et le noir 2 katsura komachi

KATSURA Komachi 桂小町
ISBN: 9782368777022
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: (JP)
Kaiohsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Juste un peu d’amour dans ce monde de brutes.

Katsura Komachi sensei conclut son histoire avec ce deuxième tome mêlant tendresse et mélancolie. Une certaine intensité se dégage de son scénario, un évènement dramatique précipitant l’émancipation des deux héros. Pourtant, la relation entre les deux amis se met lentement en place, entre amour, dévotion et peur de l’avenir. L’auteure affine également la psychologie de chacun: Yamato a tendance à cacher ses sentiments profonds, Yukio fuit les siens mais ils finiront par se dépasser en faisant des choix parfois très difficiles. Elle boucle la fin de son récit avec le début de Rouge. Les trois derniers chapitres offrent une note plus légère en présentant des anecdotes et le regard de quelques personnages secondaires.

Les traits toujours aussi fins de la mangaka dessinent de beaux ikemen. Les trames d’ambiance se font discrètes, illustrant surtout les sentiments. De même, les décors semblent s’effacer pour mettre en avant les expressions ou les actions. Même si la mise en page est assez classique, elle est très efficace et accompagne le regard. Katsura sensei joue sur les vides et les blancs des cases. Comme elle met en avant les sentiments pendant les échanges amoureux, les scènes érotiques sont censurées par les angles de vue et les cadrages, en montrant le moins possible. La couverture et l’illustration de frontispice offrent un diptyque se répondant; le changement d’expression de Yamato est magnifique avec le jeu du lit de pétales.

En résumé

En froid avec Yahagi Yukio, Bidô Yamato (17 ans) demande à Kaga Ai de lui apporter de la glace dans son appartement. Face à son cadet essoufflé et dévoué, il l’invite à diner. Quelle n’est pas sa surprise en apprenant que ce dernier ne sait pas utiliser des baguettes. En effet, le lycéen vit souvent seul, abandonné par sa mère aux soins de ses ex. Il lui propose alors de faire le ménage ou travailler pour lui en échange du logis. Pourtant, il a bien conscience qu’il ne pourra exaucer tous les souhaits de son admirateur. Alors que Yamato sèche le lycée, Ai confie à Yukio son inquiétude pour son sauveur, ayant deviné que ce dernier affiche un sourire de façade…

En conclusion

Une petite touche positive se dégage à la fin de ce tome, donnant envie de découvrir comment le couple changera le clan. Justement, le récit abordant principalement les sentiments et l’évolution de Yamato et Yukio dans cet univers mélancolique et sombre, on en oublie presque qu’il s’agit d’un BL.

Best & worst service – Sagami Waka

best and worst service sagami waka

SAGAMI Waka サガミワカ
ISBN: 9782368771914
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784877241957 (JP)
Kaiohsha, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

Quand l’amour naît de la vengeance.

Dans ce recueil de deux histoires, Sagami Waka sensei met en scène des relations atypiques bouleversées par l’arrivée d’un rival. Le premier récit mélange à la fois humour et léger sado-masochisme. La double personnalité de Mima entraîne rapidement le peureux Yô à faire son introspection et à analyser son comportement et ses envies. L’arrivée d’un rival, Kakurai, permet de faire évoluer rapidement la relation tout en renouvelant les mécanismes comiques. De plus, les personnages ont des caractères assez excessifs: Mima, bien que possessif, est dans le déni alors que Yô devient un amoureux transi masochiste. La seconde histoire occupe un tiers du tome et s’attarde sur la relation fusionnelle entre les jumeaux Konno, remise en cause par l’arrivée de Sudô Rintarô qui les différencie facilement. L’auteure aborde donc les différentes formes d’amour et les premiers émois amoureux, jouant sur le fantasme des relations entre jumeaux.

La mangaka dessine des personnages sveltes, au visage ovale. Ses traits sont plutôt simples mais expressifs, surtout dans les scènes comiques. Elle utilise peu de décors et privilégie les trames d’ambiance. Les angles de vue variés donnent du dynamisme à la mise en page plutôt recherchée. Les scènes érotiques sont censurées par l’absence de trait, un halo blanc cachant les organes génitaux.

En résumé

Service excellent et service effroyable / Service tendre et service amer / Service impeccable et service maladroit / Service d’un jour de congé: Ushiroi Yô, président d’une entreprise montante, réserve une suite dans un hôtel de luxe et exige que l’assistant manager Mima Takashi soit à son service. En réalité, il souhaite se venger de cet ancien camarade de classe qui le tourmentait au primaire. Mais il se retrouve déstabilisé par le service impeccable du docile employé. Alors qu’il lui demande de se comporter comme une vieille connaissance, Mima laisse soudain tomber le masque!
Labyrinthe d’été / Guide d’automne / Cachette d’hiver: Konno Minami et Tôru sont frères jumeaux. Minami cherche désespérément à se différencier de son frère. Quelle n’est pas sa déception quand le coiffeur lui apprend que son frère aîné a demandé la même coupe quelques heures auparavant. En plus, Tôru est de plus en plus tactile et a tendance à envahir l’espace intime de son frère…

En conclusion

Je préfère l’histoire principale qui donne son titre au manga, m’amusant de l’inversion des situations entre Mima et Yô. Même si on passe un excellent moment à la lecture, l’approche reste trop légère pour marquer l’esprit. De même, j’aurais aimé que la romance entre Rintarô et Minami soit plus développée.

Le rouge & le noir 1 – Katsura Komachi

le rouge et le noir 1 katsura komachi

KATSURA Komachi 桂小町
ISBN: 9782368777015
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784796410304 (JP)
Kaiosha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

L’histoire de Yamato et Yukio, à 17 ans, juste avant qu’ils ne deviennent yakuza.

Katsura Komachi sensei offre une préquelle de Rouge développant l’histoire des fils de yakuza Yukio et Yamato. Par contre, elle se contente d’installer, dans ce premier tome, le contexte de leur relation puis la situation du clan. Elle décrit également la psychologie de ses deux protagonistes. Alors que Yamato conserve un côté capricieux, il s’avère être mûr et réfléchi pour son âge. Yukio, quant à lui, est très intelligent mais se retrouve pris entre sa mission confiée par son père et ses sentiments. Leur relation est pour l’instant bancale, influencée par leur place dans le clan. La narration alterne entre les deux amis. Ce récit occupe la première moitié du volume, l’autre moitié étant consacrée à la suite de Rouge. Ai apporte une touche de douceur et d’humour dans cette romance assez sombre. Il s’ouvre de plus en plus et il est agréable de le voir s’épanouir avec Nagato.

La mangaka dessine des personnages longilignes aux traits fins. Elle a tendance à faire des oreilles pointues qui donnent un certain charme à ses personnages. De même, la bouche d’Ai est pulpeuse et ses différentes moues sont craquantes. L’absence de pupille dans le regard de Yamato lui confère un air très sensuel. Les décors sont très présents. Les trames servent principalement à la coloration et aux ombres, donnant un côté réaliste. De gros plans et les cadrages cachent les détails dans les scènes érotiques. Les illustrations couleurs sont magnifiques, surtout la double page mettant en avant les tatouages des deux lycéens, avec une dominance de rouge et noir.

En résumé

Le rouge et le noir: En fouillant dans le coffre-fort du bureau de son père, Yahagi Yukio (8 ans) découvre qu’il est un yakuza. Devenu adolescent, il rencontre dans leur jardin Bidô Yamato, le fils du chef de leur clan, tandis qu’il critiquait ouvertement les changements de direction du groupe mafieux. D’abord mis en garde par le visiteur, ils commencent par se bagarrer. Ils développent ensuite une forte amitié, allant jusqu’à se prêter allégeance en échangeant une coupe de saké. En effet, le père de Bidô étant atteint d’un cancer, son fils est déterminé à prendre la suite du clan. Yukio (17 ans) décide alors de suivre son ami, même dans le lycée de délinquants Yashima…
ROUGE Apprendre à aimer / High score night!! / La paume de ces mains: Au festival scolaire, Nagato entraperçoit une belle jeune fille en marinière. Alors qu’il a invité des camarades de son ancien lycée, il trouve ces dernières en compagnie de Kaga Ai. Au fil d’une discussion sur le passé de Nagato, Ai apprend l’existence de Rena, l’ex de Nagato. Légèrement jaloux, il craque ensuite en entendant la description de la fille qui a fasciné son amant quelques heures auparavant, se reconnaissant…

En conclusion

Cette préquelle est plaisante à lire, malgré l’ambiance assez lourde. C’est un réel plaisir de découvrir l’évolution positive du couple de Nagato et Ai. La relation entre Yukio et Yamato se met doucement en place mais l’intrigue est suffisamment développée pour nous maintenir en haleine et nous donner envie de lire rapidement la suite. Un conseil: achetez les deux tomes ensemble. C’est très dur de ne pas les lire à la suite!

Inside full bloom – Kuki Wakame

inside full boom kuki wakame

KUKI Wakame 久喜わかめ
ISBN: 9782368776995
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801964105 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« La mélancolique histoire d’amour de deux jeunes hommes profondément blessés qui, ensemble, vont apprendre à se reconstruire. »

Pour son premier manga, Kuki Wakame sensei offre un one-shot au ton poétique et dramatique. Elle met en parallèle le langage des fleurs avec les sentiments de ses personnages. Comme une fleur qui s’épanouit jour après jour, Kana et Keigo, profondément blessés, s’ouvre douloureusement l’un à l’autre. Leur relation d’abord conflictuelle contrecarre tout consentement. Malgré une compatibilité sexuelle, leur caractère s’oppose. Ainsi, l’auteure aborde deux approches différentes: Kana préfère le secret alors que Keigo affirme ouvertement son orientation sexuelle. Pourtant leurs traumatismes influent énormément sur leur relation amoureuse. Même si des sentiments se développent au fil des discussions, leurs ébats, souvent forcés et parfois gratuits, occultent tout romantisme, brouillant un peu l’appréciation de l’histoire. Le scénario pêche donc légèrement par manque d’expérience mais se tient parfaitement.

La mangaka a un trait fin et épuré, assez anguleux. Elle a tendance à utiliser des touches et des lignes peu liées, donnant un aspect encore croquis pour les yeux ou la bouche. De même, elle se focalise sur certains détails comme les regards et tient compte du mouvement des cheveux. Elle maîtrise déjà son graphisme, beau et aéré, n’hésitant pas à simplifier et caricaturer les traits pour les passages humoristiques. Elle utilise peu de trames d’ambiance. Ses décors permettent de situer les actions. Ses cadrages et quelques angles de vue recherchés dynamisent la lecture. Les scènes érotiques ne sont pas censurées et plutôt détaillées. Sous la jaquette, il y a deux illustrations présentant Kana et ses amis.

En résumé

Saitô Kanaru est invité par ses amis Oshibu et Ono à un gôkon. Peu motivé, il accepte malgré tout, espérant passer une simple soirée à boire. Mais les étudiantes arrivent à deux accompagnées d’un garçon, Miura Keigo, qui remplace une fille qui s’est désistée. Au fil de la conversation, ce dernier annonce ouvertement qu’il est gay. Surpris et troublé, Kana se raffraîchit aux toilettes mais Keigo l’a suivi, ayant deviné que l’étudiant cachait son orientation sexuelle. Alors que Miura commence à lui faire des avances discrètes, Saitô boit plus que de raison et finit par perdre conscience. Il se réveille plus tard en plein ébats avec Keigo. Le lendemain, de retour chez lui, il s’effondre, ne pouvant contenir ses souvenirs traumatisants de l’époque du lycée.

en conclusion

Kana et Keigo pansent leurs blessures intérieures dans la douleur. Certains lecteurs pourront être gênés par les scènes non consenties. Personnellement, mes sentiments sont mitigés: j’ai apprécié cette vision de l’amour assez sombre, mais je trouve dommage que Keigo ne trouve de solutions qu’à travers la soumission sexuelle. D’autant plus que j’adore particulièrement le personnage de Kana. Placée 20ème au classement des nouveaux venus du Chill Chill BL award 2019, j’attends avec impatience de voir les prochaines œuvres de Kuki sensei.

Crie-moi que tu m’aimes! – Sachimo

crie-moi que tu m aimes sachimo

Sachimo さちも
ISBN: 9782368776674
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784041067246 (JP)
Kadokawa, 2018 (JP)
Titre original: うるさいくらいの告白ください
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Quelqu’un qui se trouve plein de défauts est en réalité parfait aux yeux de quelqu’un d’autre. »

Sachimo sensei propose deux histoires de quatre chapitres chacune dans lesquelles des héros complexés vont finir par trouver l’amour. L’humour est assez discret. Malgré la facilité du scénario, l’auteure aborde tout de même quelques sujets, sans les approfondir. Ainsi, le premier récit qui donne son titre au manga, fait allusion à l’homophobie, aux rejets suite à des rumeurs et à l’hypocrisie. La narration donne le point de vue de Hayashida. Et les deux héros, dans leur maladresse, se complètent plutôt bien. Par contre, la seconde histoire peut être gênante de part son thème paradoxal: manipulation, attouchements et viol qui se concluent par une relation amoureuse. Tôdô, avec sa candeur, est complètement dominé par ses complexes. Narrateur, il s’adresse directement aux lecteurs.

La mangaka, avec ses traits simplifiés, joue sur les déformations pour renforcer les expressions ou les passages humoristiques. Un côté mignon se dégage alors de ses dessins. Il y a peu de décors et quelques trames d’ambiance. Les cadrages sont dynamiques mais les angles de vue restent classiques. L’autocensure des scènes érotiques joue sur la suppression des lignes et les blancs. Dans « Youth cinema », un poisson-clown symbolise tout simplement l’organe sexuel, augmentant le côté amusant des situations.

En résumé

Crie-moi que tu m’aimes: Hayashide est medium: il entend les pensées des gens. Jusqu’à présent, cela lui a plutôt joué des tours dans ses relations amoureuses. Alors il préfère chercher la personne qui lui est destinée. D’après lui, ce serait celle dont il n’entend pas les pensées. Justement, il a jeté son dévolu sur le capitaine de l’équipe de football, Oga. Quand il vient l’admirer à l’entrainement, il croise souvent Mori. Ce dernier, suite à des rumeurs, a très mauvaise réputation. Mais Hayashide découvre que c’est juste un obsédé des poitrines opulentes et qu’il a des vues sur Hara, la manager de l’équipe de foot. Après avoir déclaré son amour, le jeune medium est fatigué d’entendre toutes les remarques de son entourage. Se confiant à Mori qui tente de le réconforter, il constate que le redoublant parle sans filtre, disant à voix haute ce qu’il pense. Il en vient même à apprécier de longues discussions avec lui.
Youth cinema: Tôdô est sociable et populaire en classe, mais il cache en réalité beaucoup de complexes, dont la petitesse de son pénis. En classe, il n’est cependant pas à l’aise avec le sombre et discret Yamamoto. Lors d’un voyage scolaire, ils se retrouvent dans le même groupe. Prétextant être malade afin d’éviter les bains publics, il se fait surprendre sous la douche par Yamamoto, inquiet. Comprenant la situation, ce dernier tente de rassurer le complexé. Après que Tôdô ait passé sa colère sur lui, Yama-chi, constatant qu’il a un phimosis, lui propose de lui montrer comment guérir. Face à tant de générosité, le bout-en-train lui demande de devenir son maître.

En conclusion

J’apprécie particulièrement l’histoire de Hayashide et Mori. Le côté un peu candide des personnages rend ce couple attendrissant. Par contre, ce manga ne plaira pas à tout le monde avec la relation permissive du second récit.

Akihabara fall in love – Kashima Chiaki

akihabara fall in love kashima chiaki

KASHIMA Chiaki 嘉島ちあき
ISBN: 9782368776902
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784832288850 (JP)
Houbunsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Entre manga, soubrettes, figurines, fudanshi, le salaryman Hasegawa découvre l’amour.

Kashima Chiaki sensei offre une comédie romantique légère où les quiproquos et les situations rocambolesques s’enchainent. Ainsi, l’humour et la douceur s’alternent. Les deux héros se relaient pour la narration. L’auteure joue sur les flash-back pour entretenir le suspense. Elle s’amuse également à confronter Hasegawa aux divers univers des otaku. Son héros se révèle être ouvert et prévenant. De même, il apporte de la tendresse dans la relation amoureuse. Dans le chapitre bonus, il continue à découvrir l’univers des Akiba. Par ailleurs, un autre récit complète ce tome et propose une petite romance toute mignonne entre deux amis d’enfance.

Le graphisme de la mangaka est épuré, avec des traits fins. Ses personnages sont classiques: le seme est grand, l’uke a de grands yeux et semble fragile. Les trames d’ambiance sont assez discrètes. Les décors plutôt détaillés servent principalement à situer l’action. Kashima sensei intègre quelques angles de vue recherchés. Sous la jaquette, une planche donne une anecdote sur la recherche du titre. Les scènes érotiques évitent de montrer trop de détails grâce aux cadrages, aux trames et l’absence de lignes.

En résumé

Akihabara fall in love / Bonus: Petit, Hasegawa Yûki était pris pour un otaku à cause de ses lunettes. Son destin a changé dès qu’il s’est mis à porter des lentilles. Ayant réussi à intégrer une grande entreprise, il se retrouve pourtant à travailler actuellement au cœur d’Akihabara. Quand il se réveille dans une chambre inconnue et surprend deux hommes dans une position suggestive, il les prend pour des homosexuels et s’enfuit. Il se remémore alors avoir aidé précédemment un otaku qui se faisait racketter et s’être fait détrousser. Par la suite, Hasegawa (25 ans) n’arrête pas de croiser le maladroit Akiba Ayumu (30 ans), au sourire ravageur. Sympathisant avec lui, il apprend que le frère de l’otaku est un fudanshi qui utilise son aîné comme modèle. Le quiproquos démêlé, le salaryman remarque alors que ses sentiments s’éveillent envers son nouvel ami.
Le « Je t’aime » du peureux: Koinuma Genta revient des Etats-Unis et retrouve en classe son ami d’enfance Ichinose Haruki. Malgré six ans d’absence, Haru est toujours secrètement amoureux de lui…

En conclusion

Malgré la légèreté du thème, je m’amuse à suivre les péripéties amoureuses de Hasegawa. De plus, le dessin de l’auteure est vraiment mignon. La mangaka précise au verso de la couverture qu’elle aimerait développer l’histoire d’Akiba Satoru, le petit frère. Alors, j’attends avec plaisir cette suite.

Maou lover – Kinuta Nana

maou lover kinuta nana

KINUTA Nana 砧菜々
ISBN: 9782368770856
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404334 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Il n’y a qu’un pas de la rivalité à l’amour entre deux sportifs.

Ce recueil de Kinuta Nana sensei propose une comédie romantique entre deux sportifs professionnels, développée sur la moitié du tome et complétée par trois romances courtes. Les couples assez basiques se forment très vite. « Maou Lover », qui donne son titre au manga, joue sur la rivalité. La narration se fait du point de vue de Mao. Ce dernier passe son temps à lancer des défis, même lors des ébats. De plus, l’arrogant uke se fait complètement manipuler par le seme possessif. Les situations comiques sont souvent exagérées. L’histoire bonus conclut sur une interview hilarante ambiguë. Le second récit est très court et s’attarde sur une romance en devenir, narré par Yû. « Celui que j’aime » met en scène avec humour les difficultés d’un puceau trentenaire à déclarer son amour. La dernière histoire développe une aventure à la Robinson Crusoë sur fond futuriste.

La mangaka possède un graphisme classique au style shôjo. Elle utilise d’ailleurs des traits simplifiés ou exagérés pour les scènes humoristiques. Les décors sont rares et laissent la place aux trames d’ambiance. La mise en page met en avant l’esthétique des personnages. Le cadrage autocensure les scènes érotiques en évitant de montrer en détails les organes génitaux. Les trames servent également de cache.

En résumé

Maou lover / Interview: Oumi Mao (21 ans) est un joueur de tennis professionnel, avec un jeu puissant qui s’autoproclame Roi des démons. Son rival depuis les juniors, Sawaya Hikaru (21 ans), possède quant à lui un jeu précis. Chaque année, ils suivent le même stage d’entrainement en été. Mais lorsqu’apparaît Kaho, la petite amie présumée de Sawaya, Mao ressent divers sentiments et exige alors que son rival ne regarde que lui. Il fait donc tout pour attirer son attention!
Celui que j’aime: Tateno Yû aime son senpai Hirota du club de football. En plus, ce dernier, très tactile, a tendance à l’enlacer et l’embrasser, le trouvant mignon avec sa petite stature…
L’amour arrive sans prévenir: Kifune Jintoku est mangaka et, n’étant jamais sorti avec une fille, il ne supporte pas de dessiner les scènes romantiques. De plus, il a eu le coup de foudre pour son assistant Tsujino mais n’arrive pas à se déclarer. Un jour, alors qu’il tentait de fuir son travail, son assistant lui propose de sortir ensemble.
L’île aux oiseaux de paradis: L’aventurier Luc a échoué sur une île déserte inconnue avec R051, une machine de traduction humanoïde. Il y rencontre Pioupiou, un humain élevé par des oiseaux. Grâce à la machine, les deux humains peuvent communiquer. Mais plus le temps passe, plus l’explorateur tombe amoureux de cet homme sauvage et n’a plus envie de rentrer…

En conclusion

L’histoire principale est amusante et le couple attachant. Heureusement que l’auteure a dessiné un second tome car je reste un peu sur ma faim avec ce développement léger et rapide.