Le carnet d’expériences d’Endô-kun 1 – Hayakawa Nojico

le carnet d experiences d Endo kun 1 hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368776056
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031536 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

J’aime être avec lui, lui parler et aussi monopoliser son regard. Mais quel est ce sentiment?

Hayakawa Nojico sensei propose une suite au « Carnet de notes d’Endô-kun ». Elle développe l’année de terminale du petit groupe sur deux tomes. Dans ce premier volume, elle introduit de nouveaux personnages qui, par leur conseil ou leur rivalité, permettront à ses deux héros d’approfondir leurs réflexions. Alors que Tsuda cumule les petits boulots et préfère foncer droit après avoir pris une décision, Endô hésite. Comme le couple communique peu, le doute s’installe. De plus, les deux lycéens n’arrivent toujours pas à définir clairement leur sentiment réciproque. Il n’y a plus de narrateur unique: les personnages partagent tous leurs pensées. L’auteure se focalise principalement sur des détails, aborde les questionnements par des suggestions et des non-dits, laissant au lecteur le soin d’appréhender les situations. De ce fait, ces tranches de vie quotidienne semblent traîner un peu en longueur.

La mangaka utilise encore plus d’ellipses. De plus, l’absence de trames d’ambiance et la rareté des décors renforcent l’effet de blancheur des pages. Les cadrages morcelés donnent un ton poétique au récit mais ce dernier semble parfois confus. La finesse du trait est agréable cependant le style épuré oblige l’auteure à caricaturer certaines expressions. Elle continue à donner quelques anecdotes en fin de chapitre. Sous la jaquette, deux yonkoma présentent un moment ordinaire des deux lycéens où Endô attend Tsuda à la gare. Il n’y a aucune scène dans ce tome; ce gakuenmono délaisse la romance au profit de la contemplation des moments quotidiens des personnages.

En résumé

Tsuda et Endô apprécient d’être ensemble. Aimant la musique, ils fréquentent le même disquaire, Sugiura, qui s’avère être un ami du frère aîné de Tsuda. Cela fait maintenant un an que les deux lycéens ont sympathisé; ils se retrouvent à nouveau dans la même classe en terminale. Mais ils doivent commencer à réfléchir à leur avenir. Cependant Tsuda n’a pas vraiment la tête à ça, préférant profiter des moments passés avec Endô…

En conclusion

Hayakawa sensei prend son temps pour peaufiner son récit. En effet, elle aborde avec délicatesse et douceur les choix difficiles auxquels sont confrontés des terminales, d’autant plus quand un fort sentiment les lient. Cependant, les tergiversations d’Aoyama, Endô et Tsuda paraissent parfois un peu trop dramatiques à mon goût. Par contre, j’adore Kanzaki qui fonce droit vers ses choix mais trouve tout de même le temps de jouer les cupidons en constatant l’inertie des deux principaux intéressés.

Le carnet de notes d’Endô-kun – Hayakawa Nojiko

le carnet de notes d Endo kun hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojiko ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368774670
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784813053293 (JP)
Taiyohtosho, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Et si l’amour commençait d’abord par l’attirance pour des détails, puis une coupe de cheveux!

Pour son premier manga, Hayakawa Nojiko sensei s’attarde sur l’attirance puis les premiers émois amoureux. Elle décrit l’évolution et la compréhension des sentiments. Cependant, elle reste dans la suggestion, le non-dit. Tsuda et Endô sont plutôt solitaires, indifférents à ce qui les entoure mais ont les mêmes goûts. Leur amitié va permettre d’élargir leur cercle d’amis mais également d’ouvrir leur cœur et leur esprit à autrui. Tsuda est le narrateur principal, sauf dans le chapitre 0 consacré à Endô. Justement, l’auteure s’amuse en y introduisant un décompte révélant énormément de choses à propose d’Endô tout en rebouclant avec le début du récit. Elle présente avec subtilité et de manière réaliste les émotions de ses personnages, même si l’intervention d’Aoyama Chihiro et Chiba n’est guère approfondie. Ses personnages évoluent lentement.

Le trait épuré et fin de la mangaka est mis en valeur par le traitement de ses mises en page. En effet, elle joue avec la dynamique des cadrages morcelés, des ellipses, des cases dépouillées. De même, elle privilégie les clairs-obscurs et les pages blanches. Il n’y a donc pas de trames d’ambiances et les décors se font rares. Un certaine poésie graphique émane de son style. En fin de chapitre, des yonkoma donnent des anecdotes sur les personnages. Sous la jaquette, quatre yonkoma mettent en scène les protagonistes pendant le nouvel an. Même s’il n’y a aucune scène érotique, les baisers sont traités avec délicatesse et transmettent leur intensité.

En résumé

Tsuda se retrouve assis derrière le taciturne et réservé Endô. Alors que ce dernier lui passe des polycopiés, le grand lycéen reçoit une page blanche. Est-ce volontaire? Bien qu’Endô l’ignore, Tsuda n’arrête pas de le solliciter, de plus en plus intrigué par des petits détails comme ses grains de beauté, sa touffe de cheveux mal coiffée qui cache la beauté de ses yeux, la finesse de son cou… Une de leur connaissance commune, Kanzaki, rêve de couper les cheveux d’Endô. Remarquant le petit manège entre les deux voisins de table, il se rapproche d’eux. A force de se faire caresser les cheveux par Tsuda, Endô finit par accepter de les couper à une condition: que Tsuda s’en occupe lui-même!

En conclusion

Dans ce premier manga, le style poétique et subtil de Hayakawa Nojiko est déjà bien visible. Cependant, elle approfondit peu son récit. Ce gakuenmono reste donc assez classique.

Les deux lions – Furuya Nagisa

les deux lions furuya nagisa

FURUYA Nagisa 古矢渚
ISBN: 9782368776865
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784344843974 (JP)
Gentosha, 2019
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Le « Lion enragé » est certes très fort mais il est tout autant gentil.

Dans ce one-shot, Furuya Nagisa sensei s’intéresse aux ravages des rumeurs et à l’amitié. Influencé par son grand-père, Leo est fort et gentil mais son côté taciturne le rend d’un abord difficile. De part son caractère simple, Junpei préfère se fier à son instinct. L’auteure décrit avec précision les mécanismes de leur amitié naissante à l’université et son évolution. Elle pose un scénario simple mais rondement mené. Narrateur, Shishido partage ses questionnements. L’entourage des deux héros joue un rôle assez important dans le développement des sentiments, orientant leurs réflexions. De même, les petits évènements qui parcourent leur vie étudiante sont assez réalistes.

Le graphisme de la mangaka est simple et classique. Ses traits sont épurés mais l’auteure propose une grande variété de visages et de carrures. Les hommes ne sont pas des ikemen et dégagent une certaine banalité malgré un peu de charme. Leurs expressions sont très bien rendues. L’équilibre entre les trames et les décors rendent discret le jeu des clairs-obscurs. Les ellipses et les cadrages dynamiques sont principalement au service de la lecture. Les détails évitent de surcharger les cases silencieuses. Il n’y a aucune scène érotique, le propos de l’histoire se basant sur la naissance de l’amour.

En résumé

A l’université, le sociable Shishido Junpei sympathise avec tout le monde. Pendant qu’il discutait assis sur un banc, il remarque qu’un étudiant a oublié sa bouteille d’eau. Il l’interpelle mais Onizuka Leo la lui donne. Intrigué, Shishido a la vague impression de l’avoir déjà rencontré. Plus tard, il le croise au distributeur de boissons et lui propose de lui offrir une bouteille d’eau. Mais, l’étudiant a l’air mécontent. En fait, Leo vient du même lycée que Junpei. Surnommé « le Lion enragé », des rumeurs circulaient sur lui…

En conclusion

Même si l’histoire narre une simple amitié qui évolue en amour, Furuya sensei offre des personnages attachants et touchants. Tout le monde peut lire ce one-shot proposant une tranche de vie d’étudiants se liant d’amitié puis s’interrogeant sur leur attachement de plus en plus fort. Malheureusement, je trouve que le récit s’arrête trop tôt!

Never complex – Aoi Levin

never complex aoi levin

AOI Levin あおいれびん
ISBN: 9782368771617
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796402811 (JP)
Kaiohsha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

L’amour demande parfois beaucoup de patience.

Dans ce recueil, Aoi Levin sensei présente quatre romances plutôt légères ayant pour thème l’amour patient. La première histoire donne son titre au manga et est développée sur plusieurs chapitres. Même si les personnages s’interrogent sur les conséquences d’une relation homosexuelle (regard extérieur, enfant, première fois), l’auteure n’approfondit pas le sujet et reste focalisée sur le complexe d’infériorité de Maki envers Hiro. De plus, Maki narre constamment ses états d’âme. Les deux pages bonus anecdotiques transmettent le changement de pensée de l’uke. Aoi sensei introduit assez mal ses flash-back rendant parfois le scénario confus. C’est particulièrement visible sur « Summer vacation » qui propose un triangle amoureux prévisible. « Over drive » sombre dans l’érotisme alors que la relation professeur*élève aurait pu poser des questionnements intéressants. La dernière histoire est toute mignonne avec le seme qui laisse exploser sa passion après s’être retenu pendant longtemps en attendant la majorité de son amant.

Le graphisme de la mangaka est particulier: les visages sont petits mais anguleux, avec des cheveux touffus et méchés. Le traitement des yeux consiste en des traits épais striés, leur donnant un côté un peu vide et inexpressif. Hiro se transforme en wanko. Les décors permettent juste de se situer. L’auteure utilise beaucoup de trames d’ambiance et des angles de vue recherchés mettant en avant la plastique de ses personnages. Elle n’hésite pas à superposer les cases ou à sortir des cadrages. Les scènes érotiques, intenses, semblent un peu brouillon avec des gros plans, des trames et l’absence de traits qui censurent les parties génitales.

En résumé

Never complex / Ce qui doit être là: Maki et Hiro ont grandi ensemble à l’orphelinat. Malgré son QI élevé, Hiro se contente de suivre fidèlement tous les ordres de Maki. Il est simplement heureux d’être à ses côtés et de l’aimer. Mais son ami, qui complexe vis à vis de lui, travaille dur pour réussir. Justement, il obtient un poste en Angleterre…
Over drive: Takizawa Midori est devenu professeur d’arts plastiques en renonçant à ses rêves par amour pour le jeune Tomoki. Mais maintenant, ils sont dans le même lycée…
Summer vacation: Chaque été, Mizuki se rend au centre de vacances Yamaneko et y retrouve ses amis Kazuma et Kôta. Mais l’année dernière, juste avant qu’il ne prenne le train, Kazuma lui a fait une déclaration d’amour. Que va-t-il répondre?
Honey rodeo boys: Ramsey est l’un des meilleurs cow-boys de la ville. Il sort avec Malloy depuis un petit moment cependant le couple n’a jamais dépassé le stade du baiser. Mais aujourd’hui, Malloy fête son anniversaire et devient enfin majeur.

En conclusion

Malgré des histoires à fort potentiel, avec un graphisme plutôt mignon, la mangaka n’approfondit malheureusement pas les questionnements posés et se contente de conclure sur des relations érotiques intenses. De plus, son traitement des flashback et des cadrages ralentissent la lecture et son appréciation.

La bande des obstinés – Hiiragi Nozomu

la bande des obstines hiiragi nozomu

HIIRAGI Nozomu 柊のぞむ
ISBN: 9782368771099
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877248550 (JP)
Kaiohsha, 2008 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

L’amour se développe parfois dans des situations improbables…

Dans ce recueil, Hiiragi Nozomu sensei propose cinq histoires aux styles variés, avec, pour certaines, un contexte recherché même si leur traitement reste superficiel. Elle maîtrise la narration pour un format court en intégrant l’essentiel. La première histoire donne son titre au manga et introduit un triangle amoureux dans une situation hilarante, avec deux obstinés et un beau gosse une peu benêt. L’histoire bonus permet de voir l’évolution du couple. « Pourquoi je t’aime » questionne sur le sentiment amoureux. Le troisième récit est plus sérieux avec deux protagonistes blessés et traite du suicide et de la culpabilité suite à un décès. « Un mouton » a un ton plus léger sur le paraître et la chaleur des sentiments. La dernière histoire préserve le suspense jusqu’au bout sur les liens qui unissent un médecin et un patient.

La mangaka utilise un graphisme simple, avec un petit côté mignon qui sied parfaitement au genre humoristique de son récit. Ses personnages SD sont adorables. Les visages sont expressifs et variés; les âges sont bien marqués. Les décors sont rares, laissant la place à quelques trames d’ambiance. Le cadrage dynamique et les angles de vue variés accompagnent les raccourcis et les actions. Deux yonkoma en fin de tome concluent la romance de Nobunaga. Les histoires se concentrant sur l’évolution des sentiments, le lecteur se contentera de baisers.

En résumé

Obstinate fellows! / Obstinate after: Depuis qu’Aoyama Musashi a interrompu une de ses bagarres et s’occupe de lui, Sakamoto Yuu est tombé amoureux de son unique ami. Alors qu’il se masturbait dans les toilettes en pensant à son amour, il est surpris par Nobunaga, un ami d’Aoyama, qui en profite pour le faire chanter et en fait son esclave.
Pourquoi je t’aime: Komaki a le coup de foudre pour Todoroki, président du club d’arts plastiques. Mais des rumeurs circulent sur ce dernier: il serait le fils d’un yakuza. Pour ce motif, le lycéen est isolé. Cependant, cela n’arrête pas le naïf Komaki qui s’interroge sérieusement sur ses sentiments.
Plus & moins: Itsuki s’est cassé le doigt. A l’hôpital, il est bousculé par le déplaisant Nachi qui a un bras en écharpe et porte toujours des lunettes de soleil. Piqué d’intérêt, l’étudiant le croise à nouveau dans un café et tente de sympathiser.
Un mouton: Okachimachi Yuri joue les élèves modèles car il aime avoir tout le monde à ses pieds. Mais suite à une erreur de décalage de réponses, il se retrouve au rattrapage. Il tombe de sommeil après trois jours intenses de révisions. C’est à ce moment qu’il est surpris par Tamura Shinobu qui lui déclare son amour!
Reviens-moi: Comme il manque des chambres à l’hôpital, le psychiatre Tamaki accepte d’accueillir chez lui un allemand amnésique, Tot. Mais la présence de l’affectueux patient fait remonter de douloureux souvenirs…

En conclusion

A cause du format court, la mangaka n’approfondit pas ses histoires qui proposent pourtant des contextes intéressants. C’est dommage! La lecture est tout de même agréable.

Mimura & Katagiri – London Pariko

mimura et katagiri london pariko

LONDON Pariko 倫敦巴里子
ISBN: 9782368771501
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877241940 (JP)
Kaiohsha, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Comment savoir quand l’amour est tari, a changé ou s’est renforcé?

Dans ce recueil, London Pariko sensei offre cinq histoires aux thèmes variés. Même si ses récits sont courts, elle maîtrise assez ses scénarios. Elle s’intéresse particulièrement aux liens d’une relation et à l’amour. La première histoire qui donne son titre au manga décrit la lassitude dans un couple. L’auteure partage les réflexions des deux héros qui ne sont plus sur la même longueur d’ondes. Alors que Mimura s’inquiète d’un amour tari, Katagiri apprécie la stabilité incrustée dans leur quotidien. Un chapitre bonus narre avec humour leur première fois. « Curtain call » met en avant la manipulation et entrecoupe avec soin le récit par des flash-back. La troisième histoire interroge principalement sur le moment où l’on sort avec quelqu’un. Les deux derniers chapitres mêlent fantastique et romance avec des chats pouvant prendre l’apparence humaine.

Le graphisme de la mangaka possède quelques touches shôjo. Son trait est rond et doux, mais possède une certaine fermeté dans son traitement. A cause de cette uniformité, il est difficile de donner un âge à ses personnages. Comme les récits sont développés sur un chapitre, London sensei utilise beaucoup les ellipses et les raccourcis. Les trames d’ambiance dominent alors que les décors servent uniquement à situer les scènes. Les cadrages sont assez dynamiques mais ils mettent surtout en avant la plastique des personnages ou les moment importants. Il y a peu de scènes érotiques qui sont, de plus, peu détaillées.

En résumé

Mimura & Katagiri / L’échappée du bonheur: Quatorze ans que Katagiri et Mimura sont ensemble. Alors qu’ils approchent la trentaine, un train train quotidien sans libido s’est installé entre eux. De plus, Katagiri ne s’inquiète même pas quand Mimura lui apprend qu’il participera à un gôkon avec ses collègues. L’amour s’est-il tari?
Curtain call: Alors que Tachibana Seizô devait se marier avec la fille de son supérieur, la future mariée ne s’est jamais présentée à l’église, s’étant enfuie avec son amant marié. Cependant, la famille de la jeune femme entretient le contact avec l’homme bafoué. Mais le jeune Shôhei, qui s’occupe particulièrement de Seizô, semble cacher un lourd secret…
Un chemin sans merci: Morita propose un jour à Shimazaki de coucher avec lui. Le froid et taciturne lycéen accepte. Mais en réalité, Morita est amoureux de ce dernier. Depuis, même s’ils se fréquentent, plus rien ne se passe entre eux. Sortent-ils vraiment ensemble?
Tu ne veux pas d’un chat?: Quand ils sont amoureux d’un humain, les chats à longue vie prennent l’apparence d’un humain aux yeux de tout le monde sauf l’être aimé qui ne voit qu’un chat qui miaule, jusqu’à ce qu’il accepte totalement ce possible amour dans son cœur. Mitsuru est amoureux de son senpai, mais ce dernier a déjà une petite amie. Le chat qu’il a recueilli reste constamment à ses côtés mais…
Tu n’aimes pas les chats?: La grand-mère de Kôta est décédée. Durant l’enterrement, un étrange jeune homme fait irruption. La vieille dame qui disait pouvoir parler aux plantes et aux animaux s’occupait particulièrement d’un chat. Kôta continue à venir chez sa grand-mère pour discuter avec l’inconnu…

En conclusion

L’histoire de Mimura et Katagiri traite d’un sujet intéressant mais bascule malheureusement vite dans la comédie. Les autres récits paraissent assez anecdotiques, surtout ceux avec les chats à longue vie. En effet, même si l’auteure maîtrise son univers, le format ne permet pas de le développer. Au final, on passe juste un agréable moment à la lecture de ce manga simple mais frais.

Rouge – Katsura Komachi

rouge katsura komachi

KATSURA Komachi 桂小町
ISBN: 9782368775592
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784796408646 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Il a les lèvres pleines de sang… Comme s’il avait mis du rouge à lèvres. »

Dans ce recueil, Katsura Komachi sensei présente deux romances sur fond dramatique. « Rouge » plonge le lecteur dans un lycée où des délinquants rivalisent. Parmi eux, Kaga Aï a subi des violences sexuelles et est complètement dévoué à son sauveur Yamato. L’arrivée de Nagato va chambouler l’équilibre précaire du lycée et permettre de libérer Aï. La romance se développe un peu vite en deux chapitres. De plus, les protagonistes ont des caractères peu approfondis, assez basiques et clichés. La seconde histoire demeure plus dans les questionnements plutôt que les sentiments. Le thème est la difficulté pour un homosexuel d’assumer son couple face à la pression sociale et l’insécurité à fréquenter un hétérosexuel ou un bisexuel. Malheureusement, l’humour et les moments tendres prennent le dessus. L’arrivée d’un rival gay permet de compléter les réflexions. Ces récits sont plutôt traités avec légèreté malgré une certaine dureté et restent principalement touchants et mignons.

Les traits soignés et épurés de la mangaka sont fins et anguleux. Ses personnages ont de grands yeux , des corps sveltes, même maigres. Les cadrages sont plutôt classiques. Les décors permettent de situer immédiatement les scènes. Quelques trames illustrent l’ambiance. L’auteure privilégie les aplats noirs, en particulier pour les cheveux et les vêtements, et les contrastes. Le découpage des scènes érotiques se concentre sur les sentiments et les sensations des protagonistes et évite la censure.

En résumé

Rouge / Bonus: Nagato est violent et a été viré de son école pour avoir frappé un professeur. A peine transféré dans son nouveau lycée, ce fils de poissonniers se bat avec le chef menant les premières, Kanzaki. Il attire alors l’attention de Yamato qui dirige le clan des terminales en guerre contre les voyous de première. Ce fils de yakuza a installé sa réputation en sauvant Kaga Aï, un jeune élève de seconde, du joug de l’ancien terminal Yata qui l’utilisait comme jouet sexuel. Intrigué par le nouveau , Aï rend visite à Nagato qui le prend pour une fille. Vexé, il l’étale d’un coup de poing. Mais Nagato souhaite prendre sa revanche et colle de plus en plus le subalterne de Yamato. Il est d’autant plus déterminé depuis qu’il a entendu les terribles rumeurs concernant ce dernier. Un étrange lien se noue alors entre les deux lycéens.
L’amour attend son tour / L’amour arrive enfin: Haruna, gay, a rencontré Ryûta dans le bar de son amie Yumi. Ryû, même s’il est moine bouddhiste, profite pleinement des plaisirs de la vie. Souhaitant expérimenter une relation homosexuelle, il provoque Haruna qui accepte de devenir son sex friend. Un soir, le jeune gay surprend son amant dans le lit avec une femme. Il comprend alors qu’il est tombé amoureux!

En conclusion

Les deux récits sont touchants mais « Rouge » se démarque clairement du reste par son traitement. Le graphisme agréable dégage une certaine sensualité, mais parallèlement, il n’y a que des ikemen! Par contre, Nagato qui se retient et reste à l’écoute d’Aï est rafraichissant.

Sick – Kurahashi Tomo

sick kurahashi tomo

KURAHASHI Tomo 倉橋トモ
ISBN: 9782368774717
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784801952263 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Taquiner celui qu’on aime pour attirer son attention, puis son regard et enfin son amour.

Dans ce one-shot, Kurahashi Tomo sensei narre une comédie romantique entre un étudiant capricieux qui aime embêter un garçon plus âgé. Elle s’amuse à confronter deux caractères opposés, avec un seme antipathique qui finit par devenir gentil. Tout oppose les deux héros: leur classe sociale, leur situation familiale et leurs goûts. Alors que Sudô est très tactile, Kishi est réservé et ne supporte pas le contact. Le comportement un peu enfantin de Keito évolue au fur et à mesure; ses petites farces basculent pour ainsi dire en harcèlement sexuel. De plus, leur relation est assez ambigüe: le seme a une approche à la limite contraignante tandis que son partenaire a tendance à se laisser faire. Heureusement, l’évolution des protagonistes permet de développer les sentiments. La narration alterne entre le point de vue de Sudô et Kishi. Les personnages secondaires, en particulier la famille, apportent une touche humoristique.

Le graphisme de la mangaka est doux. Son style assez classique utilise des traits fins et délicats. Pour rendre les visages expressifs, elle n’hésite pas à simplifier ses traits. Elle équilibre avec dextérité les trames et les décors. La dynamique des cadrages facilite la lecture. Pour les scènes érotiques, la censure occulte les parties génitales mais un certain érotisme se dégage des images. Chaque chapitre se conclut sur un croquis donnant une anecdote amusante.

En résumé

Sudô Keito est un bel étudiant riche, entouré d’amis et ayant du succès auprès des filles. Tout lui réussit et il prend la vie comme elle vient. Pourtant, il est obnubilé par Kishi Shôta, un étudiant boursier âgé de deux ans de plus que lui. Il n’arrête pas de l’embêter en espérant faire tomber son masque stoïque. Mais c’est pour une raison infantile qu’il s’acharne sur le calme Shôta: ce dernier lui rappelle son premier amour de primaire qui l’avait rejeté. Ses petites blagues ne l’atteignant pas, il le force alors à participer à un gôkon. Mais contrairement à ses attentes, voir son senpai dragué par une fille l’irrite. La jeune femme renverse un verre sur Kishi, mais à peine a-t-elle le temps de réagir que Sudô entraîne le jeune homme dans les toilettes. Là, il finit par l’embrasser…

En conclusion

On retrouve déjà les thèmes principaux de la mangaka comme la famille et les câlins dans cette deuxième œuvre. L’auteure exprime avec facilité les sentiments de ses personnages, les rendant attachants. Il est amusant de voir que malgré une commande de l’éditeur, elle a repris la main sur son scénario, transformant Sudô en un amant attendrissant et prévenant. J’aime beaucoup Kurahashi Tomo sensei, et même si ce manga propose une histoire plutôt simple et légère, je vous en recommande la lecture. Il a obtenu la seconde place du manga doux au Chill Chill BL award 2016.

Golden sparkle – Suzumaru Minta

golden sparkle suzumaru minta

SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782368776773
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784834264241 (JP)
Homesha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommadation: beaucoup

Une romance pure et sincère entre deux lycéens tourmentés.

Dans ce one-shot, Suzumaru Minta sensei s’amuse à mettre en scène un garçon au cœur pur peu dégourdi en amour avec un adolescent blessé qui a peur du regard des autres suite à de mauvaises expériences. Elle alterne les points de vue narratifs entre Uehara et Akida tout en partageant leurs questionnements. Même si Gaku semble profiter de la situation, il se montre pédagogique. Ainsi, ce couple se découvre, communique et s’interroge en toute tendresse. D’abord curieux, leurs sentiments s’éveillent et évoluent. L’approche est assez réaliste. Le contraste entre les caractères d’Akida et Uehara est bien équilibré, rendant les protagonistes attachants. L’auteure apporte un soin particulier en dépeignant leur passé et en s’attardant sur leurs sentiments. Le chapitre final se déroule un mois plus tard et permet de voir comment le couple évolue.

La mangaka n’hésite pas à simplifier les expressions du visage, leur donnant un côté mignon. Elle utilise les trames d’ambiance avec parcimonie. De même, les décors ne sont pas envahissants. Son découpage est presque filmique : les scènes érotiques détaillent assez bien les mouvements. La censure se résume à des bandelettes blanches qui ne gâchent en rien les images. L’auteure s’attarde sur les réactions et les physionomies, offrant une large palette d’expressions différentes.

En résumé

Suite à un traumatisme d’enfance, Uehara Himari n’est pas à l’aise avec les filles. Alors, il s’est inscrit dans un lycée non-mixte pour garçons. Dans sa classe, il sympathise très vite avec son voisin de table, Akida Gaku. Ce dernier était considéré comme un tombeur au collège. Tout irait pour le mieux si Himari ne tâchait pas son caleçon chaque nuit. L’adolescent, dont le père est souvent en déplacement à l’étranger, est perturbé par ces pollutions nocturnes dont il ignore l’origine. Au hasard d’une conversation, Gaku lui apporte des explications et lui propose même de lui montrer comment régler son problème…

En conclusions

Ce one-shot a obtenu la cinquième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019. L’approche tendre et presque pédagogique sur la masturbation innove le genre gakuenmono. De plus, le dessin doux de la mangaka rend la lecture encore plus agréable. Un petit bijou de bonheur!

Une lumière dans la pénombre – Hayakawa Nojico

une lumiere dans la penombre hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368775738
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784864421225 (JP)
Tokyo mangasha, 2013 (JP)
Titre original: くらやみにストロボ
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Quand l’amitié se transforme en amour.

Dans ce one-shot, Hayakawa Nojico sensei s’intéresse à la transformation d’une amitié en amour. La narration se fait du point de vu d’Arata, qui a été légèrement traumatisé au collège en voyant un senpai gay se faire martyriser. Il est donc constamment écartelé entre ses sentiments et ses appréhensions. De plus, Shôtarô est direct. L’auteure dépeint en détails les questionnements de son héros, les différents sentiments qui l’habitent ainsi que les réactions de leurs amis en découvrant leur relation homosexuelle. Un chapitre spécial permet justement d’approfondir la vision de Tôru Sawamiya qui tolère une relation tendue avec Kôichi Hase, alors que ce dernier tente de la faire évoluer.

La mangaka utilise un trait fin épuré. L’agencement des cases laisse souvent des blancs et les décors se font rares. Ces ellipses confèrent un style dépouillé à ses pages. Elle n’hésite pas à utiliser des déformations. Les visages sont facilement rougissants. Ses trames servent uniquement à ombrer ou colorer. Elle use des passages sans dialogue, détaillant les petits gestes. Son image est très expressive. Des saynètes en quatre cases terminent les chapitres avec humour. De même, sous la jaquette, Sakaki et Miyamoto sont soumis à un interrogatoire humoristique. L’illustration de la couverture, jouant sur l’aquarelle et l’harmonie des couleurs, donne une touche poétique.

En résumé

De parents photographes et étant membre du club de photographie, Sakaki Arata revend aux filles les photographies des beaux garçons du lycée qu’il s’amuse à prendre. Son voisin et ami d’enfance, Miyamoto Shôtarô, joue au basketball et a la côte auprès des lycéennes. Cependant, il refuse toujours de sortir avec elles. Le photographe amateur qui a pris l’habitude de l’espionner lors des déclaration, est un jour surpris en entendant le sportif répondre qu’il est amoureux de quelqu’un. Qui cela peut-il bien être, alors qu’ils sont toujours ensemble?

En conclusion

Ce gakuenmono pudique allie poésie graphique et réflexions adolescentes sur l’homosexualité. Une très bonne approche, même si le traitement principal est léger et reste dans la relation mignonne.