La bande des obstinés – Hiiragi Nozomu

la bande des obstines hiiragi nozomu

HIIRAGI Nozomu 柊のぞむ
ISBN: 9782368771099
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877248550 (JP)
Kaiohsha, 2008 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

L’amour se développe parfois dans des situations improbables…

Dans ce recueil, Hiiragi Nozomu sensei propose cinq histoires aux styles variés, avec, pour certaines, un contexte recherché même si leur traitement reste superficiel. Elle maîtrise la narration pour un format court en intégrant l’essentiel. La première histoire donne son titre au manga et introduit un triangle amoureux dans une situation hilarante, avec deux obstinés et un beau gosse une peu benêt. L’histoire bonus permet de voir l’évolution du couple. « Pourquoi je t’aime » questionne sur le sentiment amoureux. Le troisième récit est plus sérieux avec deux protagonistes blessés et traite du suicide et de la culpabilité suite à un décès. « Un mouton » a un ton plus léger sur le paraître et la chaleur des sentiments. La dernière histoire préserve le suspense jusqu’au bout sur les liens qui unissent un médecin et un patient.

La mangaka utilise un graphisme simple, avec un petit côté mignon qui sied parfaitement au genre humoristique de son récit. Ses personnages SD sont adorables. Les visages sont expressifs et variés; les âges sont bien marqués. Les décors sont rares, laissant la place à quelques trames d’ambiance. Le cadrage dynamique et les angles de vue variés accompagnent les raccourcis et les actions. Deux yonkoma en fin de tome concluent la romance de Nobunaga. Les histoires se concentrant sur l’évolution des sentiments, le lecteur se contentera de baisers.

En résumé

Obstinate fellows! / Obstinate after: Depuis qu’Aoyama Musashi a interrompu une de ses bagarres et s’occupe de lui, Sakamoto Yuu est tombé amoureux de son unique ami. Alors qu’il se masturbait dans les toilettes en pensant à son amour, il est surpris par Nobunaga, un ami d’Aoyama, qui en profite pour le faire chanter et en fait son esclave.
Pourquoi je t’aime: Komaki a le coup de foudre pour Todoroki, président du club d’arts plastiques. Mais des rumeurs circulent sur ce dernier: il serait le fils d’un yakuza. Pour ce motif, le lycéen est isolé. Cependant, cela n’arrête pas le naïf Komaki qui s’interroge sérieusement sur ses sentiments.
Plus & moins: Itsuki s’est cassé le doigt. A l’hôpital, il est bousculé par le déplaisant Nachi qui a un bras en écharpe et porte toujours des lunettes de soleil. Piqué d’intérêt, l’étudiant le croise à nouveau dans un café et tente de sympathiser.
Un mouton: Okachimachi Yuri joue les élèves modèles car il aime avoir tout le monde à ses pieds. Mais suite à une erreur de décalage de réponses, il se retrouve au rattrapage. Il tombe de sommeil après trois jours intenses de révisions. C’est à ce moment qu’il est surpris par Tamura Shinobu qui lui déclare son amour!
Reviens-moi: Comme il manque des chambres à l’hôpital, le psychiatre Tamaki accepte d’accueillir chez lui un allemand amnésique, Tot. Mais la présence de l’affectueux patient fait remonter de douloureux souvenirs…

En conclusion

A cause du format court, la mangaka n’approfondit pas ses histoires qui proposent pourtant des contextes intéressants. C’est dommage! La lecture est tout de même agréable.

Mimura & Katagiri – London Pariko

mimura et katagiri london pariko

LONDON Pariko 倫敦巴里子
ISBN: 9782368771501
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877241940 (JP)
Kaiohsha, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Comment savoir quand l’amour est tari, a changé ou s’est renforcé?

Dans ce recueil, London Pariko sensei offre cinq histoires aux thèmes variés. Même si ses récits sont courts, elle maîtrise assez ses scénarios. Elle s’intéresse particulièrement aux liens d’une relation et à l’amour. La première histoire qui donne son titre au manga décrit la lassitude dans un couple. L’auteure partage les réflexions des deux héros qui ne sont plus sur la même longueur d’ondes. Alors que Mimura s’inquiète d’un amour tari, Katagiri apprécie la stabilité incrustée dans leur quotidien. Un chapitre bonus narre avec humour leur première fois. « Curtain call » met en avant la manipulation et entrecoupe avec soin le récit par des flash-back. La troisième histoire interroge principalement sur le moment où l’on sort avec quelqu’un. Les deux derniers chapitres mêlent fantastique et romance avec des chats pouvant prendre l’apparence humaine.

Le graphisme de la mangaka possède quelques touches shôjo. Son trait est rond et doux, mais possède une certaine fermeté dans son traitement. A cause de cette uniformité, il est difficile de donner un âge à ses personnages. Comme les récits sont développés sur un chapitre, London sensei utilise beaucoup les ellipses et les raccourcis. Les trames d’ambiance dominent alors que les décors servent uniquement à situer les scènes. Les cadrages sont assez dynamiques mais ils mettent surtout en avant la plastique des personnages ou les moment importants. Il y a peu de scènes érotiques qui sont, de plus, peu détaillées.

En résumé

Mimura & Katagiri / L’échappée du bonheur: Quatorze ans que Katagiri et Mimura sont ensemble. Alors qu’ils approchent la trentaine, un train train quotidien sans libido s’est installé entre eux. De plus, Katagiri ne s’inquiète même pas quand Mimura lui apprend qu’il participera à un gôkon avec ses collègues. L’amour s’est-il tari?
Curtain call: Alors que Tachibana Seizô devait se marier avec la fille de son supérieur, la future mariée ne s’est jamais présentée à l’église, s’étant enfuie avec son amant marié. Cependant, la famille de la jeune femme entretient le contact avec l’homme bafoué. Mais le jeune Shôhei, qui s’occupe particulièrement de Seizô, semble cacher un lourd secret…
Un chemin sans merci: Morita propose un jour à Shimazaki de coucher avec lui. Le froid et taciturne lycéen accepte. Mais en réalité, Morita est amoureux de ce dernier. Depuis, même s’ils se fréquentent, plus rien ne se passe entre eux. Sortent-ils vraiment ensemble?
Tu ne veux pas d’un chat?: Quand ils sont amoureux d’un humain, les chats à longue vie prennent l’apparence d’un humain aux yeux de tout le monde sauf l’être aimé qui ne voit qu’un chat qui miaule, jusqu’à ce qu’il accepte totalement ce possible amour dans son cœur. Mitsuru est amoureux de son senpai, mais ce dernier a déjà une petite amie. Le chat qu’il a recueilli reste constamment à ses côtés mais…
Tu n’aimes pas les chats?: La grand-mère de Kôta est décédée. Durant l’enterrement, un étrange jeune homme fait irruption. La vieille dame qui disait pouvoir parler aux plantes et aux animaux s’occupait particulièrement d’un chat. Kôta continue à venir chez sa grand-mère pour discuter avec l’inconnu…

En conclusion

L’histoire de Mimura et Katagiri traite d’un sujet intéressant mais bascule malheureusement vite dans la comédie. Les autres récits paraissent assez anecdotiques, surtout ceux avec les chats à longue vie. En effet, même si l’auteure maîtrise son univers, le format ne permet pas de le développer. Au final, on passe juste un agréable moment à la lecture de ce manga simple mais frais.

Rouge – Katsura Komachi

rouge katsura komachi

KATSURA Komachi 桂小町
ISBN: 9782368775592
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784796408646 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Il a les lèvres pleines de sang… Comme s’il avait mis du rouge à lèvres. »

Dans ce recueil, Katsura Komachi sensei présente deux romances sur fond dramatique. « Rouge » plonge le lecteur dans un lycée où des délinquants rivalisent. Parmi eux, Kaga Aï a subi des violences sexuelles et est complètement dévoué à son sauveur Yamato. L’arrivée de Nagato va chambouler l’équilibre précaire du lycée et permettre de libérer Aï. La romance se développe un peu vite en deux chapitres. De plus, les protagonistes ont des caractères peu approfondis, assez basiques et clichés. La seconde histoire demeure plus dans les questionnements plutôt que les sentiments. Le thème est la difficulté pour un homosexuel d’assumer son couple face à la pression sociale et l’insécurité à fréquenter un hétérosexuel ou un bisexuel. Malheureusement, l’humour et les moments tendres prennent le dessus. L’arrivée d’un rival gay permet de compléter les réflexions. Ces récits sont plutôt traités avec légèreté malgré une certaine dureté et restent principalement touchants et mignons.

Les traits soignés et épurés de la mangaka sont fins et anguleux. Ses personnages ont de grands yeux , des corps sveltes, même maigres. Les cadrages sont plutôt classiques. Les décors permettent de situer immédiatement les scènes. Quelques trames illustrent l’ambiance. L’auteure privilégie les aplats noirs, en particulier pour les cheveux et les vêtements, et les contrastes. Le découpage des scènes érotiques se concentre sur les sentiments et les sensations des protagonistes et évite la censure.

En résumé

Rouge / Bonus: Nagato est violent et a été viré de son école pour avoir frappé un professeur. A peine transféré dans son nouveau lycée, ce fils de poissonniers se bat avec le chef menant les premières, Kanzaki. Il attire alors l’attention de Yamato qui dirige le clan des terminales en guerre contre les voyous de première. Ce fils de yakuza a installé sa réputation en sauvant Kaga Aï, un jeune élève de seconde, du joug de l’ancien terminal Yata qui l’utilisait comme jouet sexuel. Intrigué par le nouveau , Aï rend visite à Nagato qui le prend pour une fille. Vexé, il l’étale d’un coup de poing. Mais Nagato souhaite prendre sa revanche et colle de plus en plus le subalterne de Yamato. Il est d’autant plus déterminé depuis qu’il a entendu les terribles rumeurs concernant ce dernier. Un étrange lien se noue alors entre les deux lycéens.
L’amour attend son tour / L’amour arrive enfin: Haruna, gay, a rencontré Ryûta dans le bar de son amie Yumi. Ryû, même s’il est moine bouddhiste, profite pleinement des plaisirs de la vie. Souhaitant expérimenter une relation homosexuelle, il provoque Haruna qui accepte de devenir son sex friend. Un soir, le jeune gay surprend son amant dans le lit avec une femme. Il comprend alors qu’il est tombé amoureux!

En conclusion

Les deux récits sont touchants mais « Rouge » se démarque clairement du reste par son traitement. Le graphisme agréable dégage une certaine sensualité, mais parallèlement, il n’y a que des ikemen! Par contre, Nagato qui se retient et reste à l’écoute d’Aï est rafraichissant.

Sick – Kurahashi Tomo

sick kurahashi tomo

KURAHASHI Tomo 倉橋トモ
ISBN: 9782368774717
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784801952263 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Taquiner celui qu’on aime pour attirer son attention, puis son regard et enfin son amour.

Dans ce one-shot, Kurahashi Tomo sensei narre une comédie romantique entre un étudiant capricieux qui aime embêter un garçon plus âgé. Elle s’amuse à confronter deux caractères opposés, avec un seme antipathique qui finit par devenir gentil. Tout oppose les deux héros: leur classe sociale, leur situation familiale et leurs goûts. Alors que Sudô est très tactile, Kishi est réservé et ne supporte pas le contact. Le comportement un peu enfantin de Keito évolue au fur et à mesure; ses petites farces basculent pour ainsi dire en harcèlement sexuel. De plus, leur relation est assez ambigüe: le seme a une approche à la limite contraignante tandis que son partenaire a tendance à se laisser faire. Heureusement, l’évolution des protagonistes permet de développer les sentiments. La narration alterne entre le point de vue de Sudô et Kishi. Les personnages secondaires, en particulier la famille, apportent une touche humoristique.

Le graphisme de la mangaka est doux. Son style assez classique utilise des traits fins et délicats. Pour rendre les visages expressifs, elle n’hésite pas à simplifier ses traits. Elle équilibre avec dextérité les trames et les décors. La dynamique des cadrages facilite la lecture. Pour les scènes érotiques, la censure occulte les parties génitales mais un certain érotisme se dégage des images. Chaque chapitre se conclut sur un croquis donnant une anecdote amusante.

En résumé

Sudô Keito est un bel étudiant riche, entouré d’amis et ayant du succès auprès des filles. Tout lui réussit et il prend la vie comme elle vient. Pourtant, il est obnubilé par Kishi Shôta, un étudiant boursier âgé de deux ans de plus que lui. Il n’arrête pas de l’embêter en espérant faire tomber son masque stoïque. Mais c’est pour une raison infantile qu’il s’acharne sur le calme Shôta: ce dernier lui rappelle son premier amour de primaire qui l’avait rejeté. Ses petites blagues ne l’atteignant pas, il le force alors à participer à un gôkon. Mais contrairement à ses attentes, voir son senpai dragué par une fille l’irrite. La jeune femme renverse un verre sur Kishi, mais à peine a-t-elle le temps de réagir que Sudô entraîne le jeune homme dans les toilettes. Là, il finit par l’embrasser…

En conclusion

On retrouve déjà les thèmes principaux de la mangaka comme la famille et les câlins dans cette deuxième œuvre. L’auteure exprime avec facilité les sentiments de ses personnages, les rendant attachants. Il est amusant de voir que malgré une commande de l’éditeur, elle a repris la main sur son scénario, transformant Sudô en un amant attendrissant et prévenant. J’aime beaucoup Kurahashi Tomo sensei, et même si ce manga propose une histoire plutôt simple et légère, je vous en recommande la lecture. Il a obtenu la seconde place du manga doux au Chill Chill BL award 2016.

Golden sparkle – Suzumaru Minta

golden sparkle suzumaru minta

SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782368776773
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784834264241 (JP)
Homesha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommadation: beaucoup

Une romance pure et sincère entre deux lycéens tourmentés.

Dans ce one-shot, Suzumaru Minta sensei s’amuse à mettre en scène un garçon au cœur pur peu dégourdi en amour avec un adolescent blessé qui a peur du regard des autres suite à de mauvaises expériences. Elle alterne les points de vue narratifs entre Uehara et Akida tout en partageant leurs questionnements. Même si Gaku semble profiter de la situation, il se montre pédagogique. Ainsi, ce couple se découvre, communique et s’interroge en toute tendresse. D’abord curieux, leurs sentiments s’éveillent et évoluent. L’approche est assez réaliste. Le contraste entre les caractères d’Akida et Uehara est bien équilibré, rendant les protagonistes attachants. L’auteure apporte un soin particulier en dépeignant leur passé et en s’attardant sur leurs sentiments. Le chapitre final se déroule un mois plus tard et permet de voir comment le couple évolue.

La mangaka n’hésite pas à simplifier les expressions du visage, leur donnant un côté mignon. Elle utilise les trames d’ambiance avec parcimonie. De même, les décors ne sont pas envahissants. Son découpage est presque filmique : les scènes érotiques détaillent assez bien les mouvements. La censure se résume à des bandelettes blanches qui ne gâchent en rien les images. L’auteure s’attarde sur les réactions et les physionomies, offrant une large palette d’expressions différentes.

En résumé

Suite à un traumatisme d’enfance, Uehara Himari n’est pas à l’aise avec les filles. Alors, il s’est inscrit dans un lycée non-mixte pour garçons. Dans sa classe, il sympathise très vite avec son voisin de table, Akida Gaku. Ce dernier était considéré comme un tombeur au collège. Tout irait pour le mieux si Himari ne tâchait pas son caleçon chaque nuit. L’adolescent, dont le père est souvent en déplacement à l’étranger, est perturbé par ces pollutions nocturnes dont il ignore l’origine. Au hasard d’une conversation, Gaku lui apporte des explications et lui propose même de lui montrer comment régler son problème…

En conclusions

Ce one-shot a obtenu la cinquième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019. L’approche tendre et presque pédagogique sur la masturbation innove le genre gakuenmono. De plus, le dessin doux de la mangaka rend la lecture encore plus agréable. Un petit bijou de bonheur!

Une lumière dans la pénombre – Hayakawa Nojico

une lumiere dans la penombre hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368775738
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784864421225 (JP)
Tokyo mangasha, 2013 (JP)
Titre original: くらやみにストロボ
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Quand l’amitié se transforme en amour.

Dans ce one-shot, Hayakawa Nojico sensei s’intéresse à la transformation d’une amitié en amour. La narration se fait du point de vu d’Arata, qui a été légèrement traumatisé au collège en voyant un senpai gay se faire martyriser. Il est donc constamment écartelé entre ses sentiments et ses appréhensions. De plus, Shôtarô est direct. L’auteure dépeint en détails les questionnements de son héros, les différents sentiments qui l’habitent ainsi que les réactions de leurs amis en découvrant leur relation homosexuelle. Un chapitre spécial permet justement d’approfondir la vision de Tôru Sawamiya qui tolère une relation tendue avec Kôichi Hase, alors que ce dernier tente de la faire évoluer.

La mangaka utilise un trait fin épuré. L’agencement des cases laisse souvent des blancs et les décors se font rares. Ces ellipses confèrent un style dépouillé à ses pages. Elle n’hésite pas à utiliser des déformations. Les visages sont facilement rougissants. Ses trames servent uniquement à ombrer ou colorer. Elle use des passages sans dialogue, détaillant les petits gestes. Son image est très expressive. Des saynètes en quatre cases terminent les chapitres avec humour. De même, sous la jaquette, Sakaki et Miyamoto sont soumis à un interrogatoire humoristique. L’illustration de la couverture, jouant sur l’aquarelle et l’harmonie des couleurs, donne une touche poétique.

En résumé

De parents photographes et étant membre du club de photographie, Sakaki Arata revend aux filles les photographies des beaux garçons du lycée qu’il s’amuse à prendre. Son voisin et ami d’enfance, Miyamoto Shôtarô, joue au basketball et a la côte auprès des lycéennes. Cependant, il refuse toujours de sortir avec elles. Le photographe amateur qui a pris l’habitude de l’espionner lors des déclaration, est un jour surpris en entendant le sportif répondre qu’il est amoureux de quelqu’un. Qui cela peut-il bien être, alors qu’ils sont toujours ensemble?

En conclusion

Ce gakuenmono pudique allie poésie graphique et réflexions adolescentes sur l’homosexualité. Une très bonne approche, même si le traitement principal est léger et reste dans la relation mignonne.

Coup de foudre pour Cupidon – Suzumaru Minta

coup de foudre pour cupidon suzumaru minta

SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782368776513
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784864423120 (JP)
Tokyo mangasha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Que se passe-t-il quand Cupidon est touché par un coup de foudre?

Dans ce one-shot, Suzumaru Minta sensei offre deux amitiés naissantes qui se transforment vite en amour. Pour son premier manga, elle insuffle suffisamment de psychologie à ses protagonistes et maîtrise déjà bien son scénario même si le récit se déroule assez vite. Les relations dégagent de la douceur. La narration suit le point de vue de Shingo et d’Ao, en écho à leur attachement et au déroulement scénaristique; le jeune couple s’interroge sur ses sentiments, sur sa première fois. « Fétichisme à l’heure du bain » paraît moins abouti mais la relation entre Taira et Ryônosuke propose une approche divertissante sur l’émoi que peut ressentir un homosexuel face à des provocations innocentes et inconscientes. Les personnages, attendrissants, ont des caractères originaux et les amis exercent une bonne influence sur leurs décisions, sans être intrusifs. Le chapitre final met en avant la forte amitié des amis d’Ao.

Le trait de la mangaka est fin, doux et simplifié, en particulier dans les moments humoristiques. Son style graphique rappelle celui des shôjo, avec des visages ronds et des déformations donnant un aspect mignon aux bouilles larmoyantes, surprises ou tristes. Les trames d’ambiance sont discrètes. La présence des décors est équilibrée. Les cadrages sont dynamiques, avec des angles recherchés. Les chapitres se terminent sur des yonkoma offrant une anecdote amusante. Les scènes érotiques allient à la fois sensualité et humour. La censure se fait par le cadrage et l’absence de détails. Sous la jaquette, une illustration des personnages donne quelques informations et un comic strip narre la création de l’histoire.

En résumé

Un coup de foudre pour Cupidon / VIVA! à la plage… / Attaque à la maison! / Les vacances continuent / Avant les vacances d’été – meilleurs amis: A la demande des filles, Shingo Nagata (16 ans) enquête sur les beaux garçons du lycée, en échange de nourriture. Il se retrouve donc à jouer indirectement les entremetteurs. Mais alors qu’on lui demande de s’informer sur l’origine de la cicatrice au front d’Ao Totoki (17 ans), le cupidon se trouve confronté à son premier échec. En effet, le lycéen n’est pas d’abord facile. Mais cela motive encore plus Shingo à devenir son ami, surtout depuis qu’il a découvert par hasard que son senpai a peur de l’orage.
Fétichisme à l’heure du bain: Taira Mikami (19 ans) aide volontiers sa famille qui gère un sento. Passionné par les muscles, il peut alors se rincer l’œil et même tripoter les clients consentants. Ryûnosuke Shinoda (21 ans), croyant que le jeune homme est agressé, vient à sa rescousse. Une nouvelle amitié naît…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la huitième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. Une histoire mignonne et touchante, où l’évolution des sentiments se passe tout en douceur. Il est agréable d’accompagner ce petit couple attendrissant. Cependant, le récit peut paraître un peu trop léger pour certains lecteurs exigeants.

Mes habitudes avec mon petit ami 2 – Sakurabi Hashigo

mes habitudes avec mon petit ami 2 sakurabi hashigo

SAKURABI Hashigo 桜日梯子
ISBN: 9782368774526
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784812487877 (JP)
Takeshobo, 2014 (JP)
Titre original: 年下彼氏の恋愛管理癖 2
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Un toutou veut être constamment gâté par son maître!

Sakurabi Hashigo sensei dresse divers obstacles devant ses trois couples filant le parfait amour. L’apparition d’autres personnages étonnants comme un lycéen tordu, un PDG pervers, entraîne le récit dans un délire humoristique, prétexte pour déclencher facilement des scènes érotiques. Les protagonistes s’interrogent sur leurs sentiments et leurs fantasmes. « Mes habitudes avec mon petit ami » est découpé en deux chapitres abordant respectivement les pensées d’Izumi puis celles de Satoshi. Par contre, « Me vouer au sadisme pour toi » est narré uniquement du point de vue de Kuramoto. En fin de récit, des fiches présentent les personnages secondaires. L’histoire bonus réunit les trois couples dans un ryokan. Sous la jaquette, une illustration avec Nasir Rushdie Muflis, le garde du corps de Red, et la suite de la conversation entre Rintarô et Anjô, qui s’avère lui aussi peu vigilant, concluent avec humour ce tome.

Les traits des visages se sont légèrement adoucis. Les cheveux n’ont pas de reflets mais le travail sur les mèches permet de donner du volume. Ainsi, la mangaka n’abuse pas des trames qui servent principalement à colorer ou ombrer. La mise en page est plus fluide, facilitant ainsi la lecture. L’auteur n’hésite pas à employer des déformations et des simplifications pour les passages comiques. Elle utilise des angles plus explicites pour les scènes érotiques mais s’évertue à cacher les détails.

En résumé

Mes habitudes avec mon petit ami: Momosaki Rintarô, bien que lycéen, est un adepte du bondage, et prend plaisir à séduire les femmes mariées. Ayant oublié ses clefs, sa sœur Koume lui propose de les récupérer auprès d’Onozuka Satoshi. Hirasaka Izumi étant pris entre ses études et les concours, Onocchi essaie de se débrouiller seul mais n’étant pas assez sur ses gardes, il se fait piéger par le lycéen qui a craqué sur lui…
Donnez-moi la main, mon prince: Tachibana Mineo file le parfait amour avec Redouane Safoua Ilyas et tente de se justifier auprès d’Izumi et Satoshi des photos de cosplay assez osé du prince…
Me vouer au sadisme pour toi: Misumi Kyôya est de plus en plus quémandeur des faveurs punitives de son manager sadique. Mais Kuramoto Yûji souhaite que l’acteur ne confonde pas sa dévotion au travail avec de l’amour.

En conclusion

Dommage que les uke, d’abord entreprenants et avides, redeviennent vite passifs pendant l’acte. Cela casse un peu l’originalité du scénario. Par contre, j’aimerais tant voir l’histoire entre l’insolent Rintarô avec le professeur Takao! Ce tome a tout de même obtenu la onzième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2015.

Mes habitudes avec mon petit ami 1 – Sakurabi Hashigo

Couverture de Mes habitudes avec mon petit ami 1 de Sakurabi Hashigo

SAKURABI Hashigo 桜日梯子
ISBN: 9782368774519
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784812483473 (JP)
Takeshobo, 2013 (JP)
Titre original: 年下彼氏の恋愛管理癖 1
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Occupez-vous seulement de moi, maître!

Sakurabi Hashigo sensei offre, pour son premier manga relié, sa propre vision du rôle des uke et seme. Ses personnages sont attachants, avec des psychologies un peu extrêmes: Onozuka est tellement passif qu’il attire les harceleurs, Misumi confond masochisme et soumission. L’uke peut être entreprenant, obsédé, aguicheur et le seme doux, manipulé. Ainsi, les dialogues sont parfois crus. Les couples se forment vite et la mise en scène présente quelques tranches de leur vie. L’université fait le lien entre les protagonistes. Les trois histoires bonus en fin de tome traitent avec humour le même thème pour chacun des couples.

Le style graphique de la mangaka est assez anguleux: des visages ovales, des nez pointus, des yeux fins avec de simples pupilles. Utilisant peu de trames d’ambiance, les décors sont très présents. Le choix des angles et des cadrages sont originaux, dynamisant la mise en page. Cependant, la présence de beaucoup d’onomatopées rend parfois l’image brouillon. Surtout pendant les scènes érotiques où la censure se fait par des gros plans, des simplifications de traits et des hachures blanches cachant les organes génitaux. Sous la jaquette, une illustration et une histoire d’une page présentent avec humour une suite d’un des chapitres.

En résumé

Mes habitudes avec mon petit ami: Etudiant en architecture, Hirasaka Izumi a pris l’habitude de nourrir et prendre soin de l’apathique Onozuka Satoshi, comme un maître veille sur son toutou. Le chercheur stagiaire toujours dans la lune a tendance à attirer les harceleurs qui profitent de sa passivité. Mais lorsque Izumi voit son ami sortir débraillé du bureau du professeur Anjô Takao, il laisse exploser sa frustration.
Donnez-moi la main, mon prince: Mineo Tachibana, fan d’idoles, est désigné pour guider le prince Redouane Safoua Ilyas à l’université. Il découvre qu’ils ont beaucoup de points en commun.
Me vouer au sadisme pour toi: L’acteur Misumi Kyôya n’obtient que des rôles de sadiques alors qu’il a tendance à être masochiste. Son manager Kuramoto Yûji se dévoue pour qu’il réussisse à s’investir dans ses rôles…

En conclusion

L’univers de Sakurabi Hashigo sensei est assez délirant. Comme dans les manga de Kano Shiuko sensei et Fujisaki Kô sensei, le rôle de l’uke légèrement différent des poncifs donnent un ton plus original. Ce titre a obtenu la dixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2014.

Adult Privilege – Fuduki Atsuyo

adult privilege fuduki atsuyo

FUDUKI Atsuyo 文月あつよ
ISBN: 9782368770672
Boy’s love IDP, 2013
ISBN: 9784796402149 (JP)
Kaiohsha, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

Des uke à lunettes rattrapés par l’amour!

Dans ce recueil de Fuduki Atsuyo sensei, les hommes fuient l’amour dans trois histoires différentes. Le premier récit développé sur plusieurs chapitres dénote avec le reste du volume et s’intéresse au traumatisme de Niiyama qui se retrouve piégé par son propre jeu de séduction. La seconde histoire joue sur le fétichisme des lunettes, avec une version du point de vue de Sôta puis celui de Haruka. Les exagérations et les situations improbables apportent des moments humoristiques. Le dernier récit conte les aventures de taille-crayons et de crayons humanisés.

La mangaka utilise un style graphique classique, avec des visages ovales, plutôt longs. Les yeux ne sont pas trop grands mais sont très expressifs. Un certain équilibre entre les trames et les décors n’empêche pas une forte utilisation des trames d’ambiance. De plus, les décors sont assez simples. Une illustration à chaque fin d’histoire met en scène les personnages super-deformed dans une situation amusante. L’auteur simplifie les traits et les déformations dans les moments humoristiques. Pour les scènes érotiques, elle évite tout simplement les détails.

En résumé

Coward ice / Adult privilege / Happiness: Arata, de son vrai nom Niiyama Yoshiyuki (32 ans), simple salaryman, se contente d’une vie frivole en prenant plaisir dans la vie. Il cumule les aventures d’un soir ou les sex friends et essaie de séduire le sérieux barman Odakura qui lui plaît vraiment. Mais dès qu’une relation devient sérieuse, il fuit.
Opposite love / DATEglasses=DAMEglasses: Au club universitaire de recherches sur les lunettes, Suzuki Sôta utilise des lunettes uniquement pour le style. A la recherche de nouveaux membres, il jette son dévolu sur Wase Haruka, un étudiant qui porte des lunettes « ringardes » mais qu’il trouve trop mignon!
Une histoire d’amour sans couleur: Le crayon Blanc s’inquiète de ne pas trouver le taille-crayon Kezuru. Ce dernier « un peu bête, petit et inutile » est ramené par le chat Bernardine. En effet, le petit taille-crayon a tendance à se perdre, et il a été emporté par le chaton joueur Gorôsaburô. Alors qu’il se fait vanner, seul Blanc semble adorer les petits défauts de Kezuru. Mais il a peu de contact car étant peu utilisé, il ne peut réclamer de maintenance…

En conclusion

Des histoires sans prétention, divertissantes et tendres avec un graphisme plaisant. Dommage qu’il reste un goût d’inachevé!