Blue lust 3 – Hinako

blue lust 3 hinako
Hinako ひなこ
ISBN: 9782375061411
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784866570556 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Reconquérir son bien-aimé en se montrant sincère et patient.

Après un tome plutôt dramatique, Hinako sensei développe le long cheminement vers la réconciliation entre Hayato et Sôma. Elle met en avant la sincérité des sentiments, la nécessité des discussions et la force de l’honnêteté. La narration alterne entre Sôma, Noboru et Hayato, permettant de comprendre leurs interrogations intérieures. Les liens entre eux trois évoluent. Ainsi, Noboru devient un soutien. Hayato respecte les décisions de Sôma qui a décidé de fréquenter un homme homosexuel, qui le comprendrait mieux, mais se bat pour reconquérir sa confiance. Hitokawa l’incite également à réfléchir sur les difficultés rencontrées par les homosexuels dans l’intimité et dans la société. L’auteure met également en avant l’influence des amis, le partage. Elle dévoile les circonstances de l’isolement de Sôma et sa brusquerie quand il se sent acculé. En fin de tome, elle révèle ce que sont devenus les personnages un peu plus tard.

La mangaka a un trait fin léché avec une petite touche réaliste et classique. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques. De même, elle dessine les personnages en SD quand ils sont gênés, ajoutant un côté mignon. La force des différents regards graphiquement expressifs permet de se passer des dialogues Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Par ailleurs, la mise en page est dynamique grâce aux découpages, ellipses et emboitements. Hinako sensei censure légèrement les scènes érotiques par des points et des bandelettes blanches. Elle donne le ton du récit à travers les illustrations en début de chapitre ainsi que dans ses illustrations couleurs. Sous la jaquette, se trouvent encore des croquis ainsi que la postface.

En résumé

Katahira Sôma confie à Miyazawa Noboru ses doutes sur sa relation avec Iokawa Hayato. Le lycéen lui révèle alors qu’il est le meilleur ami d’Iokawa, qui a tenté de se suicider. Tout son amour s’était transformé en haine suite aux brimades des autres élèves et à l’inaction de son ami. En voulant sciemment blesser ce dernier, il a donc sauté devant lui. Sôma réalise alors que Hayato a complètement changé suite à ce traumatisme. Comprenant les sentiments profonds de Katahira, Noboru décide de discuter avec Hayato avant de l’encourager. En effet, l’amour de ce dernier lui paraît sincère et profond.

En conclusion

Ce tome n’a pas réussi à être classé dans les meilleures séries au Chill Chill BL award 2018, mais les lecteurs apprécient le suspense jusqu’à la fin. Les sentiments explosent dans ce final. L’auteure a pris soin de développer le chemin réflexif des personnages sur leurs sentiments et leur relation. Son style narratif permet de comprendre leurs évolutions. Le happy end est bienvenu après toute ces péripéties. J’adore le couple principal mais apprécie également les personnages secondaires. Je les trouve adorables sur la couverture au verso. De même, j’aime les respirations apportées par la présence de Mâ et Itô. Une excellente série que je ne peux que recommander.

Blue lust 2 – Hinako

blue lust 2 hinako
Hinako ひなこ
ISBN: 9782375061275
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784861348822 (JP)
Frontier works, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Affronter son passé pour faire face à son bien-aimé.

Hinako sensei approfondit sa thématique du traumatisme et d’un amour mélancolique en dévoilant le passé de ses protagonistes. Elle développe l’influence du passé sur les émotions. Noboru a donc du mal à contenir son ressentiment encore présent envers Hayato. Ce dernier, au contraire, arrive à éclaircir ses sentiments alors qu’il doutait de leur sincérité polluée par son envie de repentance, grâce à sa discussion avec son ancien ami. L’auteure aborde parallèlement la perte de confiance, le doute, la remise en question et la culpabilité. Elle décrit avec clarté les émotions de ses personnages, le malaise qui s’installe entre Sôma et Hayato ainsi que le désir de ne rien laisser paraître. Elle montre également les réactions parfois extrêmes dues à la tension psychique. Comme dans le premier tome, la narration est toujours concentrée sur Iokawa.

La mangaka a un trait fin et épuré, légèrement léché. Elle donne une touche réaliste en se focalisant sur les regards changeants. Néanmoins, elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les rares passages humoristiques. Les trames d’ambiance plutôt graphiques illustrent les émotions. La mise en page est dynamique. Il n’y a pas de scènes érotiques, le récit se concentrant sur les sentiments des personnages. Hinako sensei dessine de magnifiques illustrations couleurs, simples mais dégageant une certaine douceur. Sous la jaquette, elle présente quelques croquis.

En résumé

Iokawa Hayato retrouve comme prévu Katahira Sôma à la sortie de la gare mais il est accompagné de son ami Miyazawa Noboru. Or, ce dernier était le meilleur ami de Hayato au collège jusqu’à ce que ce dernier déclare ses sentiments. Encore immature, il en avait parlé à toute la classe, entrainant des conséquences graves. Mal à l’aise de feindre les inconnus, Hayato s’éclipse durant la nuit, oppressé par les regrets. Mais Sôma remarquant son trouble le suit et l’embrasse pour le réconforter. Toutefois, Noboru les observe de loin. Le lendemain, alors que Katahira a attrapé froid, Iokawa raccompagne Miyazawa à la gare. Mais son ancien ami lui demande des explications…

En conclusion

L’auteure offre un tome fort en émotions où l’espoir s’effondre tandis que les héros deviennent honnêtes envers eux-mêmes. Pourtant, elle réussit à ne pas tomber dans le mélodrame, dosant avec justesse les moments dramatiques et plus positifs, partageant les réflexions de ses personnages. J’aime beaucoup le style de la mangaka qui arrive à décrire avec justesse les réactions de ces personnages. Je suis complètement happée par ce récit.

Blue lust 1 – Hinako

blue lust 1 hinako
Hinako ひなこ
ISBN: 9782375061206
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784861347931 (JP)
Frontier works, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Pourquoi répétons-nous sans cesse le passé? »

Hinako sensei offre une romance lycéenne assez réaliste entre deux garçons profondément traumatisés. Elle base la narration sur Hayato, qui semble parfois se confier au lecteur. Le lycéen fuit un passé douloureux qui influence sa gentillesse envers Sôma. Toutefois, il en a clairement conscience et rejette donc tout compliment. De même, il réfléchit beaucoup à ses actes et s’interroge constamment sur ses sentiments. Sôma se confie facilement envers son nouvel ami et tombe donc amoureux. Le soutien qu’il reçoit lui permet également d’avancer et de s’ouvrir à Itô et Mâ dans sa classe. L’auteure dépeint avec finesse les émotions de ses personnages, en particulier la peur de refaire les mêmes erreurs. Elle aborde les changements de comportements suite à un traumatisme, les difficultés à assumer son homosexualité au lycée, les brimades qui peuvent entraîner le suicide. Elle maintient également un certain suspense en révélant le passé par parcimonie.

La mangaka a un trait fin, épuré et léché qui possède une touche un peu réaliste. Elle dessine les personnages en SD dans les passages mignons. Les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors sont plutôt simples. Toutefois, la mise en page est dynamique. Pour les scènes érotiques, Hinako sensei se concentre sur les sensations de ses héros et reste donc plutôt pudique. Sous la jaquette, il y a quelques croquis et ébauches.

En résumé

Alors qu’il sortait les poubelles, Iokawa Hayato aperçoit une silhouette sur le toit du lycée dangereusement penchée. De peur que cette personne saute, il fonce l’arrêter. Il trouve alors Katahira Sôma qui semble se sentir mal. Ce dernier, récemment transféré, lui rembourse plus tard la boisson qu’il lui avait prise. Hayato sympathise rapidement avec Sôma qu’il trouve réservé mais honnête. Alors dès qu’il le peut, il lui vient en aide ou discute. Mais en allant lui emprunter un dictionnaire, il remarque que son nouvel ami reste isolé en classe. Pourtant, Katahira s’ouvre peu à peu à lui. Iokawa lui propose alors de faire une sortie ensemble. Il découvre donc que Sôma vit seul. En s’endormant dans son confortable pouf, de douloureux souvenirs du collège remontent à la surface. Quand il se réveille, il surprend Sôma prêt à l’embrasser et, apeuré, ce dernier l’agresse…

En conclusion

L’auteure arrive à m’émouvoir avec cet amour mélancolique qui se développe en léchant les blessures de chacun. Les deux héros sont attendrissants et j’ai envie de les encourager. En plus, le dessin est magnifique. Les regards sont tellement expressifs que l’on devine les pensées des personnages. Le tome se termine sur un cliffhanger insoutenable.

How to keep me, and how to scold – Kasai Chiaki

how to keep me and how to scold kasai chiaki

KASAI Chiaki かさいちあき
ISBN: 9782368775301
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784796408509 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je voudrais que tu me fasses l’amour! »

Kasai Chiaki sensei propose une comédie romantique et sexy jouant sur les malentendus et les confrontations pour la place d’uke. En effet, le sérieux et direct Hachimaki rêve de découvrir le plaisir anal mais le romantique et inexpérimenté Sayama se considère également comme passif. Les deux garçons vont apprendre à se découvrir et développer leurs sentiments au gré des discussions et des expériences. Toutefois, bien qu’ils soient rarement sur la même longueur d’ondes, ils s’ouvrent à différentes possibilités. L’auteure s’amuse à jouer sur la méprise du terme neko et chat. Elle donne un petit côté benêt à ses héros qui les rend attachants. Ainsi, Ten se laisse pour ainsi dire apprivoiser par le tactile et attentionné Waka. La narration donne principalement la version de Sayama mais alterne au chapitre 5 sur Hachimaki. Et le chapitre bonus montre les petits jeux érotiques entre eux.

La mangaka a un trait fin très épuré et anguleux. Néanmoins, ses contours conservent parfois un aspect croqué. Elle n’hésite pas à représenter Ten en chat, accentuant les passages comiques. Les trames d’ambiance et les décors sont très présents. Par contre, les pages semblent claires car les autres trames sont utilisées avec parcimonie. La mise en page est également très dynamique. Kasai sensei ne censure pas les scènes érotiques, mais les effets de lumière peuvent cacher quelques détails. Les illustrations en début de chapitre présentent le couple durant leurs câlins.

En résumé

Un jour, Hachimaki Waka, un étudiant hétérosexuel sérieux ayant du succès auprès des filles, aborde Sayama Ten, un étudiant banal réputé homosexuel. Dans l’amphithéâtre devant tout le monde, il lui demande directement de lui faire l’amour. Vexé, Sayama refuse: premièrement, parce qu’il ne couche pas avec le premier venu et deuxièmement, parce qu’il ne peut réaliser son souhait étant un neko. D’ailleurs, il ne rêve que du grand amour, ce qui lui apporte souvent les moqueries de son ami Konagei et du patron du café Chin Chin. Mais le lendemain, Hachimaki s’excuse et lui offre des friandises au poisson en lui caressant la tête. Et il continue chaque jour à le gâter ainsi de diverses gourmandises au poisson. Quand Ten trouve accroché à sa porte du sake à l’herbe à chat, il fonce l’interroger. Se pourrait-il que Waka le prenne vraiment pour un chat?

En conclusion

Ce manga a obtenu la 21ème place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. Même si il y a beaucoup de scènes érotiques, leurs ébats se font dans le consentement et le partage. Les deux héros étant à l’université, leur relation a un ton adulte. Je m’amuse à voir leur curiosité envers certaines expériences. Par contre, l’humour prime sur la romance. J’espère pouvoir lire un jour le tome 2 en français ainsi que le spin-off avec Koganei.

Jackass! – Scarlet Beriko

jackass scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061015
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403665288 (JP)
Shinshokan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Comment distinguer le sentiment amoureux lorsque le fantasme d’un fétichisme se réalise?

Scarlet Beriko sensei propose de suivre trois romances homosexuelles différentes de trois lycéens. Elle traite avec subtilité le sujet du fétichisme, en prenant en compte le refus de devenir un objet. De même, elle développe différents questionnements selon les couples. Ainsi, Keisuke et Masayuki s’interrogent énormément sur leur attirance mutuelle et leur rapprochement suite à la découverte d’un secret. Toutefois, tous deux ont peur de perdre définitivement leur forte amitié et s’inquiètent de l’influence de leur différence sociale sur leur possible couple. Avec Aramaki et Katsumi, l’auteure aborde la différence d’âge, les doutes dans une relation entre homosexuel et hétérosexuel. Elle présente également l’homophobie d’un gay refoulé avec Miyoshi qui trouvera conseil auprès de Hosoka. Elle dévoile au fur et à mesure la fragilité de ses personnages, leurs sentiments. Ainsi, après avoir tâtonné, chacun apprend à se confier, communiquer et s’accepter.

La mangaka a un trait épuré, jouant sur les pleins et les déliés. Dans les passages humoristiques, elle n’hésite pas à déformer ou simplifier ses traits, exagérant certaines expressions pour les renforcer. Les trames servent principalement à ombrer et colorer. D’ailleurs, les trames d’ambiance sont rares, laissant la place aux décors. Scarlet sensei met en avant les petits gestes et les expressions, proposant un découpage précis des angles de vue. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties trop intimes par de fines bandelettes blanches. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre présentent des moments tendres des couples. Sous la jaquette, deux planches conclusives permettent de découvrir ce que deviennent Katsumi et Miyoshi, à lire donc à la fin.

En résumé

Tous les matins, Shinohara Katsumi passe prendre son ami, Hara Keisuke, chez lui pour ensuite aller au lycée. En chemin, ils croisent Shimoda Masayuki qui arrive au lycée en bicyclette. Ce dernier, délégué de classe, est très proche de Kei, qui le seconde comme sous-délégué. Pourtant, les deux garçons n’ont pas vraiment le même caractère et les mêmes goûts. Alors qu’il se changeait pour aller au cours de sport, Keisuke enfile le collant noir que sa sœur, Akiko, a laissé par mégarde dans son survêtement qu’elle avait emprunté. Remarquant sa gêne, Masa lui vient en aide et l’emmène à l’infirmerie. Ils surprennent sans le vouloir, Katsu qui allait embrasser l’infirmier scolaire, Aramaki. Mais avant que Kei se déshabille, son ami lui fait une demande particulière. En effet, Shimoda est fétichiste des collants noirs sur les belles jambes…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la cinquième place au classement du Chill Chill BL award 2017. Shimoda Masayuki est classé 25ème meilleur seme et Hara Keisuke 29ème meilleur uke. En effet, l’auteure arrive à insuffler beaucoup de sentiments dans son œuvre, avec une touche d’humour. Alors que le sujet du fétichisme aurait pu devenir un simple prétexte, elle préfère au contraire le développer. Parmi les œuvres traduites en français de la mangaka, c’est mon manga préféré. Bien qu’elle n’ait pas encore la maîtrise que l’on retrouve dans ses autres titres, j’aime l’approche des différents questionnements avec trois couples attachants. C’est mignon et touchant.

Les caprices du jaguar 2 – Unohana

les caprices du jaguar 2 unohana

Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368776582
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866691275 (JP)
J publishing, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

On dit que l’amour rend aveugle, mais pour ces deux musiciens, leur amour les rendrait plutôt sourd…

Après un premier tome introductif, Unohana sensei dévoile le passé entre Shiina et Asô jusqu’à leur rencontre avec les membres de Peg. Elle centre la narration sur Arata. Comme ce dernier réfléchit constamment, il analyse beaucoup ses sentiments et finit par complexer par rapport à son petit ami. Au contraire, Sôjun semble fonctionner surtout à l’instinct. Ainsi, tous deux admirent réciproquement le talent musical de l’autre, mais à cause d’un manque de maturité, n’arrivent pas à exprimer leurs sentiments. D’ailleurs, l’auteure dépeint parfaitement leurs émotions, les rendant presque palpables: entre culpabilité, jalousie, possessivité, souffrance, monopolisation, leur amour semble désespéré mais profond. Elle pense également à montrer en quelques cases l’évolution du groupe dans le présent.

La mangaka a un trait légèrement anguleux et épuré. Elle dédouble les contours, parfois très épais, mais cela correspond parfaitement à son style graphique. Elle simplifie ses traits pour les fortes expressions. Dans les passages humoristiques, les personnages deviennent à moitié super deformed, avec une tête ronde ou carré sur un corps tout fin. Le défilement du temps se repère facilement grâce à des petits changements comme la taille, la coupe de cheveux. Par ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance. Aussi, la mise en page est dynamique. Unohana sensei ne censure pas les scènes érotiques mais les phylactères ou certains angles de vue cachent tout de même quelques détails.

En résumé

Bien que populaire auprès des filles, Shiina Sôjun (16 ans) rejette toujours leurs déclarations. En effet, il est fou amoureux d’Asô Arata (18 ans) qui lui donne des cours de soutien. Mais ce dernier visant une université à Tokyo et voyant ses notes baisser, essaie de le fréquenter moins. Refusant d’aller trop loin dans leur relation, il s’inquiète de voir Sôjun prêt à abandonner ses études pour le suivre. D’ailleurs, l’adolescent ne rêve que de former un groupe de musique avec lui. Il lui donne même à écouter une chanson qu’il a composée lui-même. Pourtant, Arata, jaloux du talent de son petit ami, délaisse la guitare. Et son sentiment de culpabilité augmente face à l’inquiétude du père de Shiina pour l’avenir de son fils insouciant.

En conclusion

Ce tome ne se classe pas au Chill Chill BL award 2019 mais les lecteurs le citent parmi les meilleures séries palpitantes. J’adore cette série! Le couple est attachant. J’apprécie également l’univers musical décrit qui englobe aussi bien les musiciens que la production, les salles de concert. Certains lecteurs seront tentés de comparer cette série à Given de Katsuki Kizu. Pour ma part, je trouve que les registres sont totalement différents. Je classerais plus Given dans les romances lycéennes et jeunes adultes avec, au centre, un chanteur de talent qui permet à un groupe de percer, alors que Les caprices du jaguar se rapproche plus de la tranche de vie de trentenaires dans le monde musical en général avec un groupe dans l’expectative du retour de leur guitariste de génie.

High school Lala love – Haruta

high school lala love haruta

Haruta 春田
ISBN: 9782368777541
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784861238130 (JP)
Brite, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

A force de rêver au grand amour, Hinata finira bien par le trouver!

Haruta sensei s’amuse des clichés romantiques avec son héros fleur bleue à l’imagination débordante. Elle offre une comédie romantique basée sur le comique de répétition et de situation. Par exemple, elle commence presque tous ses chapitres par un rêve. La narration se concentre principalement sur Hinata. Ce doux rêveur qui se montre constamment positif, cache toutefois un manque de confiance en lui, suite à une mauvaise expérience. L’auteure dévoile donc son passé par brides, approfondissant sa psychologie. Elle met en avant l’ouverture d’esprit de son héros, renforcé par son premier ami, un yankee au cœur d’or, Fukami Ryû. Elle aborde indirectement le sentiment amoureux, la difficulté à se déclarer, la peur d’un second échec, l’influence des rumeurs, le jugement sur l’apparence. Toutefois, ces thématiques sont peu approfondies, l’humour primant. Le collégien Oono Haru, au caractère manipulateur contrastant avec son visage d’ange, permet de bousculer un peu le lycéen.

La mangaka a un trait shôjo épuré. Elle le simplifie totalement dans les passages humoristiques. Sa mise en page très dynamique met en avant les ikemen qui entourent le héros. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent le comique de situation, rappelant les codes graphiques des shôjo. De même, les décors sont discrets. En outre, Haruta sensei montre peu de détails dans les scènes érotiques.

En résumé

Hino Hinata emménage chez les amis de ses parents suite à la mutation de son père en Italie. Il rayonne de bonheur à la seule idée de trouver enfin l’amour dans un lycée pour garçons. A peine arrivé chez ses hôtes, il a le coup de foudre pour le fils aîné de la famille Oono, Aki. Débordant d’imagination, son bas-ventre réagit déjà alors qu’il s’installait dans sa nouvelle chambre. Mais Aki le surprend et lui propose de le soulager. Pourtant, le lendemain, il se montre à nouveau indifférent.

En conclusion

Même si ce one-shot n’a pas été classé au Chill Chill BL award 2020, les lecteurs le citent parmi les mangas profonds comme un titre qui apporte de la lumière aux fujoshi avec son côté constamment mignon et fantasque. Même si l’histoire est simple et classique, je m’amuse des délires de Hinata. J’ai donc lu ce titre d’une traite, sans m’en rendre compte, absorbée par la force positive du héros. Ce titre pourra déplaire à certains qui trouveront le héros fade et l’histoire trop clichée, mais pour moi, c’est un rafraichissement bien venu.

Glare at you, because I love you 2 – Yukue Moegi

glare at you because I love you 2 yukue moegi

YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782368772638
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784796406376 (JP)
Kaiohsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Deux voyous uke à la merci de leurs petits amis respectifs manipulateurs.

Yukue Moegi sensei continue à développer l’histoire d’amour entre Shima et Ryûnosuke en les confrontant à divers obstacles. Un autre couple apparaît, avec un seme un peu sadique: Akira et Reiji. Comparé au premier tome, l’humour se fait discret. Par ailleurs, la maîtrise de la narration rend la lecture agréable. L’auteure approfondit ses personnages et leur environnement. Elle met surtout en avant les moments tendres et de partage du couple qui communique et se découvre, présentant un peu plus l’intimité des héros. D’ailleurs, Shima mûrit, essayant de concilier ses nouvelles activités et sa relation. Leurs amis sont également plus présents et donnent des conseils. En revanche, le consentement n’est pas clair dans la relation entre Reiji et Akira, ce dernier abusant de la naïveté de l’uke. En plus, le frère jumeau d’Osamu cède complètement à sa jalousie.

La mangaka a un graphisme simple mettant en avant les lignes déliées de la plume. Elle dessine des visages assez réalistes avec des yeux fins. Le trait épuré est anguleux. Même dans les passages humoristiques, les déformations restent discrètes, conservant l’esprit réaliste de la scène. Les trames servent principalement à colorer et ombrer. Les décors se remarquent lors des grands angles, situant surtout l’action. Toutefois, l’utilisation des aplats donne des pages à dominance blanche. Dans les scènes érotiques, le choix des cadrages et des angles de vue permet d’éviter la censure, même si quelques points blancs cachent les parties génitales. D’ailleurs, Yukue sensei privilégie les sentiments durant les préliminaires. En début de tome, elle présente succinctement les personnages.

En résumé

Glare at you, because I love you / Ryû-san, montre-moi: Shima se rend dans le salon de coiffure où travaille Kajimoto Toranosuke pour discuter de la relation qu’il entretient avec son petit frère Ryônosuke. Il ne cède pas aux menaces de l’aîné et apprend même quelques secrets sur son petit ami. En effet, ce dernier n’a été au salon qu’une seule fois, de peur de faire fuir la clientèle. Alors Shima le convainc d’y retourner…
Comment prendre conscience de ses sentiments: Depuis que Shima et Ryûnosuke sortent ensemble, Reiji se sent abandonné. Il passe son temps à pleurnicher auprès de son ami d’enfance, Akira. Mais ce dernier qui cache ses sentiments profonds pour son ami, regrette de ne plus être l’objet de son admiration.

En conclusion

Quel plaisir de retrouver le regard de tueur de Ryûnosuke quand il est gêné! J’adore ce couple un peu mièvre mais attachant. L’auteure arrive vraiment à dépeindre les sentiments et l’évolution d’une relation. Je pourrais même me passer des quelques ébats tellement je suis subjuguée!

Glare at you, because I love you 1 – Yukue Moegi

glare at you because I love you 1 yukue moegi

YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782368771419
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404440 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Ne jamais juger sur les apparences.

Yukue Moegi sensei développe une romance mettant en avant le jugement sur l’apparence et les différences de goût. Ainsi, Shima trouve un certain charme à certains visages jugés disgracieux. Par exemple, il s’attache au chat Busamen. De part le passé de son frère aîné délinquant Kajimoto Toranosuke (25 ans), Ryûnosuke est considéré comme un voyou, impliqué souvent dans des bagarres à cause de son regard de tueur et sa manie à répondre aux provocations. Pourtant, il dégage en réalité beaucoup de douceur, étant attentionné avec sa famille et ses amis. Heta Reiji apporte une touche humoristique avec son admiration pour Ryûnosuke. L’auteure s’amuse à jouer sur les contrastes. Elle développe doucement l’attirance entre ses deux héros qui apprennent à se connaître peu à peu. Elle aborde encore le regard acéré dans une histoire bonus narrant une romance entre un ancien voyou et un gosse de riche devenu délinquant par admiration.

La mangaka a un trait épuré mais les contours jouent sur les épaisseurs. Elle les simplifie dans les passages humoristiques. Les trames et les décors sont équilibrés. D’ailleurs, les trames d’ambiance sont discrètes. La mise en page paraît plutôt classique, pourtant les angles de vue, les ellipses et les cadrages la dynamisent. Les scènes érotiques évitent de montrer les détails. Yukue sensei offre des préliminaires peu romantiques mais elles correspondent au caractère direct des personnages. Elle met en avant le consentement, même si les demandes sont parfois insistantes, sauf dans « The dragon of memories ». Les illustrations en début de chapitre résument ce qui s’y passe.

En résumé

Glare at you, beacause I love you / After glaring: Shima (en première), membre du conseil des élèves, a remarqué que Kajimoto Ryûnosuke (en terminale) le fusille du regard. Mais alors qu’il est invité chez Eigo, le président du conseil des élèves, pour voir les chatons de Busako, il découvre que le prétendument voyou est un ami d’enfance d’Ayame, la petite soeur d’Eigo. A force de l’observer, il remarque sa gentillesse et son discret sourire. Il comprend alors que son aspect un peu sévère n’a rien à voir avec son caractère. Le trouvant mignon, il ne peut s’empêcher de toucher sa ride entre ses sourcils froncés. Mais Ryûnosuke lui demande froidement de ne pas le toucher.
The dragon of memories: Kisaki Eiko saute les cours pour fumer ou draguer les filles. Mais le nouveau gardien de l’école remplaçant Kawada hospitalisé, Nishida Tetsurô, a reçu la mission de s’occuper des délinquants. Il lui confisque donc ses cigarettes et lui en donne en chocolat à la place. Néanmoins, le lycéen a la vague impression de déjà le connaître.

En conclusion

Malgré un thème assez classique avec une romance entre bon élève et yankee, ce récit met en scène un couple original et touchant. D’ailleurs, l’auteure préfère développer l’évolution des sentiments de ses personnages. J’apprécie la relation entre les deux héros, dans l’observation, la découverte et la discussion. En revanche, l’histoire bonus est assez anecdotique, d’autant plus que le consentement y est inexistant.

La vie en rose 1 – Katsura Komachi

la vie en rose 1 katsura komachi

KATSURA Komachi 桂小町
ISBN: 9782368777503
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784796412803 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une relation respectueuse malgré un univers dramatique.

Après deux histoires courtes, Katsura Komachi sensei développe un récit plus long sur plusieurs chapitres. Elle alterne la narration entre Nagato et Ai. Le couple se confronte à divers obstacles influencés par leur passé. Ainsi, de nouveaux personnages sont introduits: l’ancien camarade de Nagato, Chinatsu Mutsu, représente l’adolescent paumé qu’aurait pu devenir Ai. En plus, il gère mal ses sentiments en découvrant l’homosexualité de son ami. Rongé par la jalousie, Shinano semble encore plus instable que le chef de gang Tone qui en a après Mutsu. Pour l’instant, l’auteure met en place le contexte. Elle révèle par brides le passé des protagonistes. Nagato reste toujours aussi prévenant avec son partenaire, retenant ses pulsions. Sa sœur, Sakura, devient même un soutien. Le couple est constamment dans la communication, Kaga s’ouvrant de plus et plus et exprimant un peu mieux ses désirs. Une anecdote mignonne sur leur relation conclut ce tome.

Comparé à Rouge, le trait épuré de la mangaka est moins anguleux. Elle se focalise surtout sur les regards et les petits gestes. Les décors et les trames d’ambiance sont plutôt discrets. Par ailleurs, la mise en page au premier abord classique est dynamisée principalement par les découpages. Katsura sensei évite de montrer les parties intimes dans les scènes érotiques, en ne dessinant qu’une forme tramée. Elle arrive même à donner beaucoup de sensualité durant les discussions, les préliminaires et les ébats. La couverture a obtenu la quatrième place au classement du Chill Chill BL award 2020. En effet, le romantisme qui s’en dégage est renforcé par la palette des tons crépusculaires.

En résumé

Nagato invite Kaga Ai chez lui pendant les vacances. Mais le temps de prendre à boire, il trouve son petit ami nu dans sa chambre. Il essaie alors de lui faire comprendre qu’il veut aussi passer du temps avec lui à le câliner sans pour autant coucher ensemble…

En conclusion

Quel bonheur de retrouver ce couple débordant d’amour. Un bel exemple d’une relation saine! Toutefois, le cliffhanger en fin de tome laisse présager un futur tome plus violent et dur. Mais pour l’instant, je savoure avec plaisir le sublime trait de l’auteure qui continue encore à s’embellir et la tendresse entre Ai et Nagato!