Kakurenbo honey – Tobidase Kevin

kakurenbo honey tobidase kevin
TOBIDASE Kevin 鳶田瀬ケビン
ISBN: 9782368775936
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784865891881 (JP)
Fusion product, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Entre le devoir et l’amour, Mitsurô devra faire un choix.

Tobidase Kevin sensei met en avant la romance du froid et sérieux Mitsurô avec le rayonnant Suzume. Elle continue directement la suite d’Abarenbo honey et alterne son récit avec les aventures amusantes de Kuma et Hachi en mode fou amoureux. Elle dévoile le difficile passé de Mitsurô au compte-gouttes. Ainsi, Hanasaki, qui ne croyait pas en l’amour, va s’ouvrir petit à petit aux incitations d’Amatobi, encouragé par son entourage. Le yakuza a tendance à privilégier son sens du devoir avant ses propres sentiments. Il reste donc longtemps prisonnier de sa gratitude envers la famille Hachi. L’auteure narre son histoire par tranche de vie. Elle joue sur les quiproquos et le comique de situation, en particulier la naïveté de Takuma. Elle aborde légèrement les questions classiques d’un jeune couple comme le mariage, le travail, l’avenir. Les relations plus romantiques font oublier qu’il s’agit d’un omegaverse.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qu’elle dédouble parfois. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle travaille particulièrement les expressions des visages qui sont très variées. Ainsi, Kuma se transforme souvent en ours. Les corps sont finement musclé. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Tobidase sensei ne censure pas les scènes érotiques mais détaille peu les parties génitales. Elle offre deux planches d’anecdotes amusantes sous la jaquette, à lire de préférence à la fin.

En résumé

Hanasaki Mitsurô refuse la demande en mariage d’Amatobi Suzume. Le jeune héritier du clan Amatobi n’arrive pas à se rapprocher de son bien-aimé malgré leur petite escapade sur une île déserte. Il l’invite alors au festival de son lycée. A peine arrivé, Mitsurô cherche à fuir, mal à l’aise. Mais Suzume l’arrête et le mène dans l’atelier de sa classe: un massage café travesti. A la surprise du yakuza, les caresses du lycéen l’excitent plus que de raison. Suzume l’emmène alors se soulager dans une classe. Pourtant, l’oméga ne comprend pas pourquoi son corps réagit si facilement aux sollicitations du jeune alpha. Le lycéen lui révèle que l’amour l’influence mais le yakuza refuse d’accepter l’évidence, ne pouvant quitter le clan Hachi.

En conclusion

Ce tome a obtenu la vingt-deuxième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. L’auteure mène beaucoup mieux son scénario mais la discontinuité de la narration pourra gêner certains lecteurs. J’adore le couple formé par Mitsurô et Suzume, terriblement attendrissant. Même si cela ne révolutionne pas beaucoup le genre, j’apprécie les omégas et les alphas que la mangaka a créés, avec assez de caractère pour résister à leur instinct et leurs phéromones.

Abarenbo honey – Tobidase Kevin

abarenbo honey tobidase kevin
TOBIDASE Kevin 鳶田瀬ケビン
ISBN: 9782368775929
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784865890846 (JP)
Fusion product, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Un amour dévorant, fougueux qui devient un véritable combat.

Tobidase Kevin sensei offre d’abord une comédie romantique avec des yankees. Elle utilise ensuite l’univers de l’omegaverse pour justifier des premiers rapports non consentis influencés par les phéromones. Toutefois, elle développe suffisamment la psychologie des personnages pour remettre en question ce genre. En effet, ses omégas ont du caractère, ne se laissent pas forcément faire et peuvent être plus entreprenant qu’un alpha. De même, ses alphas cherchent à se contrôler. Ainsi, les sentiments priment. Par ailleurs, l’auteure aborde les difficultés à faire accepter une relation qui a mal commencé et la discrimination latente entre les castes. Elle joue sur les contrastes: Kuma devient trop mignon avec son côté crétin et sa passion pour les ours. De même, le froid Hachi se révèle doux avec son partenaire. En outre, le taquin Amatobi Suzume et le fier Mitsurô semblent jouer à une partie de cache-cache avec leurs sentiments pourtant réciproques.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle dessine des hommes au corps finement musclé. Dans les passages humoristiques, elle n’hésite pas à simplifier ses traits et à transformer ses personnages en d’adorables SD. D’ailleurs, Kuma est tout mignon avec des oreilles d’ours. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, les lignes d’actions et les angles de vue variés dynamisent les scènes d’actions. La mise en page rythme la lecture. Tobidase sensei ne censure pas les scènes érotiques mais les onomatopées brouillent les détails. En plus, elle dessine simplement les parties génitales. Sous la jaquette, elle complète l’histoire de « Kakurenbo honey » en deux planches amusantes.

En résumé

Le délinquant Moriyama Takuma aime se battre. Par ailleurs, il collectionne les figurines d’ours. Bien qu’oméga, il n’a pas encore eu ses chaleurs et rechigne à se promener avec ses inhibiteurs. Mais tandis qu’il était en plein combat contre son éternel rival, Hachi, fils de yakuza, il a ses premières chaleurs. Or, Hachi qui est alpha, cède complètement à ses phéromones et le viole. Son garde du corps, Hanasaki Mitsurô, les interrompt mais son jeune maître a déjà mordu au cou Kuma. Après lui avoir payé les soins de l’hôpital, il lui demande d’éviter Hachi sous la menace. Mais quand l’oméga croise l’alpha dans le hall de l’hôpital, son corps réagit immédiatement…

En conclusion

C’est comédie romantique et légère ne plaira pas à tout le monde. En effet, au premier abord, elle semble être un omegaverse assez classique. Pour ma part, j’aime beaucoup les histoires de yankees. En plus, le graphisme est très agréable. Je craque complètement pour les deux couples et apprécie la dynamique qui se construit entre eux. Et c’est un plaisir de voir les omégas et les alphas essayer de résister aux phéromones.

Sleeping lovers – Asai Sai

sleeping lovers asai sai
ASAI Sai 浅井西
ISBN: 9782368774823
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407298 (JP)
Kaiohsha, 2015(JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Des romances dans lesquelles les sentiments sont tus.

Asai Sai sensei offre un recueil d’histoires, abordant différents sujets en lien avec le sentiment amoureux. D’ailleurs, il est un peu dommage qu’elle n’approfondisse pas les thèmes abordés, comme l’inceste, l’orientation sexuelle, la communication. Pour son premier manga, le traitement narratif possède encore quelques maladresses mais dégage déjà un certain romantisme. Le premier récit qui se déroule sur plusieurs chapitres donne son titre au manga. L’auteure installe un triangle amoureux, basant sa narration sur Aki. Avec le second récit, elle interroge sur l’influence extérieure des rumeurs. Dans « Le langage du cœur » et « Secret love », elle aborde le manque de communication au sein d’un couple qui a débuté sans déclaration des sentiments.

La mangaka a un trait très épuré et anguleux, avec un style graphique très shôjo. Ses hommes sont plutôt élancés et fins. Elle s’appuie beaucoup sur les trames d’ambiance. Par contre, les décors situent principalement les actions. De même, la mise en page, dynamique, utilise beaucoup les ellipses ou les cases vides. Asai sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches. Elle évite également de donner trop de détails dans les scènes érotiques. Pourtant, une certaine sensualité se dégage de ces passages.

En résumé

Amour endormi / Encore plus qu’une fleur / Bonus: Bien qu’il ait la côte auprès des filles, Tachibana Haruka refuse toutes leurs déclarations d’amour. En effet, il est secrètement amoureux de son père. Seul son ami d’enfance, Sakai Aki, est au courant. Tout en l’encourageant, ce dernier nourrit un amour à sens unique pour Haru, acceptant même de jouer le substitut du paternel.
Elle est pour toi!: Au lycée, Aoshi et Daiki sont amis. Un jour, durant une discussion, Aoshi annonce à leur groupe d’amis qu’il est homosexuel et aimerait donner sa virginité à Daiki. Depuis les rumeurs vont bon train sur le « couple »…
Le langage du cœur: Sawai et Aida couchent ensemble mais n’ont jamais déclaré leurs sentiments. Comme Aida est plutôt impassible, Sawai se demande s’il arrive à le satisfaire.
Secret love: Sugita et Hayase ont pris l’habitude de s’embrasser quand ils prennent une pause au fumoir. Hayase, homosexuel, n’attend pas grand-chose de Sugita, hétérosexuel à la base. Mais le fumoir va bientôt fermer pour être transformé en bureau et leur étrange relation risque alors de prendre fin…

En conclusion

Les sentiments incestueux que nourrit Haru envers son père et son ami qui en profite peuvent gêner. Pour le reste, les relations sont plutôt consenties, même si les sentiments ne sont pas clairement exprimés. Rien d’exceptionnel, mais la suite avec Dazzling lovers montre les progrès de la mangaka et me donne envie de garder un œil sur son travail. Une lecture détente.

Blue summer 1 – Furuya Nagisa

blue summer 1 furuya nagisa
FURUYA Nagisa 古矢渚
ISBN: 9782382760079
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784758077446 (JP)
Ichijinsha, 2017 (JP)
Titre original: 君は夏のなか
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Comment réagir quand ton meilleur ami te déclare ses sentiments mais n’attend rien en retour?

Furuya Nagisa sensei s’intéresse au développement du sentiment amoureux à l’adolescence. Elle décrit le malaise qui s’installe entre les deux amis suite à la déclaration. Elle base la narration du point de vue de Wataru. Le lycéen s’interroge sur les raisons de l’attirance de son ami tout en réfléchissant à ses sentiments. Leur pèlerinage sur le cinéma leur permettra d’évoluer. De même, une certaine poésie se dégage à travers cette excursion filmique. Comme dans Les deux lions, l’auteure aborde avec finesse la différence entre amour et amitié. Elle a un ton réaliste. Elle révèle petit à petit le passé de Saeki en semant des indices. Les personnages ont des personnalités plutôt opposées: Wataru est franc tandis que Saeki a tendance à s’effacer. Les deux amis discutent facilement de leur passion mais également de leurs réflexions et de leurs interrogations.

La mangaka a un trait fin épuré plutôt shôjo. Elle dessine de grands yeux expressifs et porte attention aux petits gestes. De même, elle soigne les décors, en particulier les paysages qui utilisent des trames très variées. Au contraire, pour le reste, les trames apparaissent avec parcimonie. Par exemple, pour les visages, elles représentent seulement les contre-jours et les ombres fortes. L’ambiance estivale se ressent dans les moindres détails. La mise en page dynamique offre parfois des angles de vue qui se démarquent dans certaines vignettes. Il n’y a pas de scènes érotiques, Furuya sensei concentrant son récit sur les sentiments naissants. Elle donne un plan de l’excursion en début de tome ainsi que deux magnifiques illustrations couleurs sur le thème de l’été. Sous la jaquette se trouve la postface en image.

En résumé

Toda Wataru et Saeki Chiharu sont passionnés de cinéma. Ils se sont rencontrés par hasard alors que Wataru achetait un film et depuis, ils passent souvent du temps ensemble ou vont au cinéma. Une amie de Wataru essaie alors de savoir si Saeki a une petite amie car il rejette toutes les demandes en prétextant être amoureux de quelqu’un. Alors après une sortie, le lycéen tente d’interroger son ami. Mais chiharu lui déclare alors ses sentiments…

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-huitième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018. L’auteure maîtrise parfaitement le rythme de son récit. Son graphisme est agréable et colle parfaitement à l’histoire. Plutôt que la pré-romance, je suis séduite par la découverte des paysages qui me donnent envie de visiter cette région l’été.

Blue lust 3 – Hinako

blue lust 3 hinako
Hinako ひなこ
ISBN: 9782375061411
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784866570556 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Reconquérir son bien-aimé en se montrant sincère et patient.

Après un tome plutôt dramatique, Hinako sensei développe le long cheminement vers la réconciliation entre Hayato et Sôma. Elle met en avant la sincérité des sentiments, la nécessité des discussions et la force de l’honnêteté. La narration alterne entre Sôma, Noboru et Hayato, permettant de comprendre leurs interrogations intérieures. Les liens entre eux trois évoluent. Ainsi, Noboru devient un soutien. Hayato respecte les décisions de Sôma qui a décidé de fréquenter un homme homosexuel, qui le comprendrait mieux, mais se bat pour reconquérir sa confiance. Hitokawa l’incite également à réfléchir sur les difficultés rencontrées par les homosexuels dans l’intimité et dans la société. L’auteure met également en avant l’influence des amis, le partage. Elle dévoile les circonstances de l’isolement de Sôma et sa brusquerie quand il se sent acculé. En fin de tome, elle révèle ce que sont devenus les personnages un peu plus tard.

La mangaka a un trait fin léché avec une petite touche réaliste et classique. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques. De même, elle dessine les personnages en SD quand ils sont gênés, ajoutant un côté mignon. La force des différents regards graphiquement expressifs permet de se passer des dialogues Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Par ailleurs, la mise en page est dynamique grâce aux découpages, ellipses et emboitements. Hinako sensei censure légèrement les scènes érotiques par des points et des bandelettes blanches. Elle donne le ton du récit à travers les illustrations en début de chapitre ainsi que dans ses illustrations couleurs. Sous la jaquette, se trouvent encore des croquis ainsi que la postface.

En résumé

Katahira Sôma confie à Miyazawa Noboru ses doutes sur sa relation avec Iokawa Hayato. Le lycéen lui révèle alors qu’il est le meilleur ami d’Iokawa, qui a tenté de se suicider. Tout son amour s’était transformé en haine suite aux brimades des autres élèves et à l’inaction de son ami. En voulant sciemment blesser ce dernier, il a donc sauté devant lui. Sôma réalise alors que Hayato a complètement changé suite à ce traumatisme. Comprenant les sentiments profonds de Katahira, Noboru décide de discuter avec Hayato avant de l’encourager. En effet, l’amour de ce dernier lui paraît sincère et profond.

En conclusion

Ce tome n’a pas réussi à être classé dans les meilleures séries au Chill Chill BL award 2018, mais les lecteurs apprécient le suspense jusqu’à la fin. Les sentiments explosent dans ce final. L’auteure a pris soin de développer le chemin réflexif des personnages sur leurs sentiments et leur relation. Son style narratif permet de comprendre leurs évolutions. Le happy end est bienvenu après toute ces péripéties. J’adore le couple principal mais apprécie également les personnages secondaires. Je les trouve adorables sur la couverture au verso. De même, j’aime les respirations apportées par la présence de Mâ et Itô. Une excellente série que je ne peux que recommander.

Blue lust 2 – Hinako

blue lust 2 hinako
Hinako ひなこ
ISBN: 9782375061275
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784861348822 (JP)
Frontier works, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Affronter son passé pour faire face à son bien-aimé.

Hinako sensei approfondit sa thématique du traumatisme et d’un amour mélancolique en dévoilant le passé de ses protagonistes. Elle développe l’influence du passé sur les émotions. Noboru a donc du mal à contenir son ressentiment encore présent envers Hayato. Ce dernier, au contraire, arrive à éclaircir ses sentiments alors qu’il doutait de leur sincérité polluée par son envie de repentance, grâce à sa discussion avec son ancien ami. L’auteure aborde parallèlement la perte de confiance, le doute, la remise en question et la culpabilité. Elle décrit avec clarté les émotions de ses personnages, le malaise qui s’installe entre Sôma et Hayato ainsi que le désir de ne rien laisser paraître. Elle montre également les réactions parfois extrêmes dues à la tension psychique. Comme dans le premier tome, la narration est toujours concentrée sur Iokawa.

La mangaka a un trait fin et épuré, légèrement léché. Elle donne une touche réaliste en se focalisant sur les regards changeants. Néanmoins, elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les rares passages humoristiques. Les trames d’ambiance plutôt graphiques illustrent les émotions. La mise en page est dynamique. Il n’y a pas de scènes érotiques, le récit se concentrant sur les sentiments des personnages. Hinako sensei dessine de magnifiques illustrations couleurs, simples mais dégageant une certaine douceur. Sous la jaquette, elle présente quelques croquis.

En résumé

Iokawa Hayato retrouve comme prévu Katahira Sôma à la sortie de la gare mais il est accompagné de son ami Miyazawa Noboru. Or, ce dernier était le meilleur ami de Hayato au collège jusqu’à ce que ce dernier déclare ses sentiments. Encore immature, il en avait parlé à toute la classe, entrainant des conséquences graves. Mal à l’aise de feindre les inconnus, Hayato s’éclipse durant la nuit, oppressé par les regrets. Mais Sôma remarquant son trouble le suit et l’embrasse pour le réconforter. Toutefois, Noboru les observe de loin. Le lendemain, alors que Katahira a attrapé froid, Iokawa raccompagne Miyazawa à la gare. Mais son ancien ami lui demande des explications…

En conclusion

L’auteure offre un tome fort en émotions où l’espoir s’effondre tandis que les héros deviennent honnêtes envers eux-mêmes. Pourtant, elle réussit à ne pas tomber dans le mélodrame, dosant avec justesse les moments dramatiques et plus positifs, partageant les réflexions de ses personnages. J’aime beaucoup le style de la mangaka qui arrive à décrire avec justesse les réactions de ces personnages. Je suis complètement happée par ce récit.

Blue lust 1 – Hinako

blue lust 1 hinako
Hinako ひなこ
ISBN: 9782375061206
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784861347931 (JP)
Frontier works, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Pourquoi répétons-nous sans cesse le passé? »

Hinako sensei offre une romance lycéenne assez réaliste entre deux garçons profondément traumatisés. Elle base la narration sur Hayato, qui semble parfois se confier au lecteur. Le lycéen fuit un passé douloureux qui influence sa gentillesse envers Sôma. Toutefois, il en a clairement conscience et rejette donc tout compliment. De même, il réfléchit beaucoup à ses actes et s’interroge constamment sur ses sentiments. Sôma se confie facilement envers son nouvel ami et tombe donc amoureux. Le soutien qu’il reçoit lui permet également d’avancer et de s’ouvrir à Itô et Mâ dans sa classe. L’auteure dépeint avec finesse les émotions de ses personnages, en particulier la peur de refaire les mêmes erreurs. Elle aborde les changements de comportements suite à un traumatisme, les difficultés à assumer son homosexualité au lycée, les brimades qui peuvent entraîner le suicide. Elle maintient également un certain suspense en révélant le passé par parcimonie.

La mangaka a un trait fin, épuré et léché qui possède une touche un peu réaliste. Elle dessine les personnages en SD dans les passages mignons. Les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors sont plutôt simples. Toutefois, la mise en page est dynamique. Pour les scènes érotiques, Hinako sensei se concentre sur les sensations de ses héros et reste donc plutôt pudique. Sous la jaquette, il y a quelques croquis et ébauches.

En résumé

Alors qu’il sortait les poubelles, Iokawa Hayato aperçoit une silhouette sur le toit du lycée dangereusement penchée. De peur que cette personne saute, il fonce l’arrêter. Il trouve alors Katahira Sôma qui semble se sentir mal. Ce dernier, récemment transféré, lui rembourse plus tard la boisson qu’il lui avait prise. Hayato sympathise rapidement avec Sôma qu’il trouve réservé mais honnête. Alors dès qu’il le peut, il lui vient en aide ou discute. Mais en allant lui emprunter un dictionnaire, il remarque que son nouvel ami reste isolé en classe. Pourtant, Katahira s’ouvre peu à peu à lui. Iokawa lui propose alors de faire une sortie ensemble. Il découvre donc que Sôma vit seul. En s’endormant dans son confortable pouf, de douloureux souvenirs du collège remontent à la surface. Quand il se réveille, il surprend Sôma prêt à l’embrasser et, apeuré, ce dernier l’agresse…

En conclusion

L’auteure arrive à m’émouvoir avec cet amour mélancolique qui se développe en léchant les blessures de chacun. Les deux héros sont attendrissants et j’ai envie de les encourager. En plus, le dessin est magnifique. Les regards sont tellement expressifs que l’on devine les pensées des personnages. Le tome se termine sur un cliffhanger insoutenable.

How to keep me, and how to scold – Kasai Chiaki

how to keep me and how to scold kasai chiaki

KASAI Chiaki かさいちあき
ISBN: 9782368775301
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784796408509 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je voudrais que tu me fasses l’amour! »

Kasai Chiaki sensei propose une comédie romantique et sexy jouant sur les malentendus et les confrontations pour la place d’uke. En effet, le sérieux et direct Hachimaki rêve de découvrir le plaisir anal mais le romantique et inexpérimenté Sayama se considère également comme passif. Les deux garçons vont apprendre à se découvrir et développer leurs sentiments au gré des discussions et des expériences. Toutefois, bien qu’ils soient rarement sur la même longueur d’ondes, ils s’ouvrent à différentes possibilités. L’auteure s’amuse à jouer sur la méprise du terme neko et chat. Elle donne un petit côté benêt à ses héros qui les rend attachants. Ainsi, Ten se laisse pour ainsi dire apprivoiser par le tactile et attentionné Waka. La narration donne principalement la version de Sayama mais alterne au chapitre 5 sur Hachimaki. Et le chapitre bonus montre les petits jeux érotiques entre eux.

La mangaka a un trait fin très épuré et anguleux. Néanmoins, ses contours conservent parfois un aspect croqué. Elle n’hésite pas à représenter Ten en chat, accentuant les passages comiques. Les trames d’ambiance et les décors sont très présents. Par contre, les pages semblent claires car les autres trames sont utilisées avec parcimonie. La mise en page est également très dynamique. Kasai sensei ne censure pas les scènes érotiques, mais les effets de lumière peuvent cacher quelques détails. Les illustrations en début de chapitre présentent le couple durant leurs câlins.

En résumé

Un jour, Hachimaki Waka, un étudiant hétérosexuel sérieux ayant du succès auprès des filles, aborde Sayama Ten, un étudiant banal réputé homosexuel. Dans l’amphithéâtre devant tout le monde, il lui demande directement de lui faire l’amour. Vexé, Sayama refuse: premièrement, parce qu’il ne couche pas avec le premier venu et deuxièmement, parce qu’il ne peut réaliser son souhait étant un neko. D’ailleurs, il ne rêve que du grand amour, ce qui lui apporte souvent les moqueries de son ami Konagei et du patron du café Chin Chin. Mais le lendemain, Hachimaki s’excuse et lui offre des friandises au poisson en lui caressant la tête. Et il continue chaque jour à le gâter ainsi de diverses gourmandises au poisson. Quand Ten trouve accroché à sa porte du sake à l’herbe à chat, il fonce l’interroger. Se pourrait-il que Waka le prenne vraiment pour un chat?

En conclusion

Ce manga a obtenu la 21ème place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. Même si il y a beaucoup de scènes érotiques, leurs ébats se font dans le consentement et le partage. Les deux héros étant à l’université, leur relation a un ton adulte. Je m’amuse à voir leur curiosité envers certaines expériences. Par contre, l’humour prime sur la romance. J’espère pouvoir lire un jour le tome 2 en français ainsi que le spin-off avec Koganei.

Jackass! – Scarlet Beriko

jackass scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061015
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403665288 (JP)
Shinshokan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Comment distinguer le sentiment amoureux lorsque le fantasme d’un fétichisme se réalise?

Scarlet Beriko sensei propose de suivre trois romances homosexuelles différentes de trois lycéens. Elle traite avec subtilité le sujet du fétichisme, en prenant en compte le refus de devenir un objet. De même, elle développe différents questionnements selon les couples. Ainsi, Keisuke et Masayuki s’interrogent énormément sur leur attirance mutuelle et leur rapprochement suite à la découverte d’un secret. Toutefois, tous deux ont peur de perdre définitivement leur forte amitié et s’inquiètent de l’influence de leur différence sociale sur leur possible couple. Avec Aramaki et Katsumi, l’auteure aborde la différence d’âge, les doutes dans une relation entre homosexuel et hétérosexuel. Elle présente également l’homophobie d’un gay refoulé avec Miyoshi qui trouvera conseil auprès de Hosoka. Elle dévoile au fur et à mesure la fragilité de ses personnages, leurs sentiments. Ainsi, après avoir tâtonné, chacun apprend à se confier, communiquer et s’accepter.

La mangaka a un trait épuré, jouant sur les pleins et les déliés. Dans les passages humoristiques, elle n’hésite pas à déformer ou simplifier ses traits, exagérant certaines expressions pour les renforcer. Les trames servent principalement à ombrer et colorer. D’ailleurs, les trames d’ambiance sont rares, laissant la place aux décors. Scarlet sensei met en avant les petits gestes et les expressions, proposant un découpage précis des angles de vue. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties trop intimes par de fines bandelettes blanches. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre présentent des moments tendres des couples. Sous la jaquette, deux planches conclusives permettent de découvrir ce que deviennent Katsumi et Miyoshi, à lire donc à la fin.

En résumé

Tous les matins, Shinohara Katsumi passe prendre son ami, Hara Keisuke, chez lui pour ensuite aller au lycée. En chemin, ils croisent Shimoda Masayuki qui arrive au lycée en bicyclette. Ce dernier, délégué de classe, est très proche de Kei, qui le seconde comme sous-délégué. Pourtant, les deux garçons n’ont pas vraiment le même caractère et les mêmes goûts. Alors qu’il se changeait pour aller au cours de sport, Keisuke enfile le collant noir que sa sœur, Akiko, a laissé par mégarde dans son survêtement qu’elle avait emprunté. Remarquant sa gêne, Masa lui vient en aide et l’emmène à l’infirmerie. Ils surprennent sans le vouloir, Katsu qui allait embrasser l’infirmier scolaire, Aramaki. Mais avant que Kei se déshabille, son ami lui fait une demande particulière. En effet, Shimoda est fétichiste des collants noirs sur les belles jambes…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la cinquième place au classement du Chill Chill BL award 2017. Shimoda Masayuki est classé 25ème meilleur seme et Hara Keisuke 29ème meilleur uke. En effet, l’auteure arrive à insuffler beaucoup de sentiments dans son œuvre, avec une touche d’humour. Alors que le sujet du fétichisme aurait pu devenir un simple prétexte, elle préfère au contraire le développer. Parmi les œuvres traduites en français de la mangaka, c’est mon manga préféré. Bien qu’elle n’ait pas encore la maîtrise que l’on retrouve dans ses autres titres, j’aime l’approche des différents questionnements avec trois couples attachants. C’est mignon et touchant.

Les caprices du jaguar 2 – Unohana

les caprices du jaguar 2 unohana

Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368776582
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866691275 (JP)
J publishing, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

On dit que l’amour rend aveugle, mais pour ces deux musiciens, leur amour les rendrait plutôt sourd…

Après un premier tome introductif, Unohana sensei dévoile le passé entre Shiina et Asô jusqu’à leur rencontre avec les membres de Peg. Elle centre la narration sur Arata. Comme ce dernier réfléchit constamment, il analyse beaucoup ses sentiments et finit par complexer par rapport à son petit ami. Au contraire, Sôjun semble fonctionner surtout à l’instinct. Ainsi, tous deux admirent réciproquement le talent musical de l’autre, mais à cause d’un manque de maturité, n’arrivent pas à exprimer leurs sentiments. D’ailleurs, l’auteure dépeint parfaitement leurs émotions, les rendant presque palpables: entre culpabilité, jalousie, possessivité, souffrance, monopolisation, leur amour semble désespéré mais profond. Elle pense également à montrer en quelques cases l’évolution du groupe dans le présent.

La mangaka a un trait légèrement anguleux et épuré. Elle dédouble les contours, parfois très épais, mais cela correspond parfaitement à son style graphique. Elle simplifie ses traits pour les fortes expressions. Dans les passages humoristiques, les personnages deviennent à moitié super deformed, avec une tête ronde ou carré sur un corps tout fin. Le défilement du temps se repère facilement grâce à des petits changements comme la taille, la coupe de cheveux. Par ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance. Aussi, la mise en page est dynamique. Unohana sensei ne censure pas les scènes érotiques mais les phylactères ou certains angles de vue cachent tout de même quelques détails.

En résumé

Bien que populaire auprès des filles, Shiina Sôjun (16 ans) rejette toujours leurs déclarations. En effet, il est fou amoureux d’Asô Arata (18 ans) qui lui donne des cours de soutien. Mais ce dernier visant une université à Tokyo et voyant ses notes baisser, essaie de le fréquenter moins. Refusant d’aller trop loin dans leur relation, il s’inquiète de voir Sôjun prêt à abandonner ses études pour le suivre. D’ailleurs, l’adolescent ne rêve que de former un groupe de musique avec lui. Il lui donne même à écouter une chanson qu’il a composée lui-même. Pourtant, Arata, jaloux du talent de son petit ami, délaisse la guitare. Et son sentiment de culpabilité augmente face à l’inquiétude du père de Shiina pour l’avenir de son fils insouciant.

En conclusion

Ce tome ne se classe pas au Chill Chill BL award 2019 mais les lecteurs le citent parmi les meilleures séries palpitantes. J’adore cette série! Le couple est attachant. J’apprécie également l’univers musical décrit qui englobe aussi bien les musiciens que la production, les salles de concert. Certains lecteurs seront tentés de comparer cette série à Given de Katsuki Kizu. Pour ma part, je trouve que les registres sont totalement différents. Je classerais plus Given dans les romances lycéennes et jeunes adultes avec, au centre, un chanteur de talent qui permet à un groupe de percer, alors que Les caprices du jaguar se rapproche plus de la tranche de vie de trentenaires dans le monde musical en général avec un groupe dans l’expectative du retour de leur guitariste de génie.