Electric delusion 1 – Nekota Yonezou

electric delusion 1 nekota yonezou
NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351807002
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784862526755 (JP)
Core magazine, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Comment réagir face au coming out d’un ami d’enfance?

Nekota Yonezou sensei offre une comédie romantique entre deux amis d’enfance. Elle focalise son récit sur leurs interrogations, la place de l’amitié suite à un coming out et les premiers rapports. En effet, alors que Fumi assume pleinement sa sexualité, Shunpei passe par différents stades de réactions: le dégoût et le rejet, puis la curiosité, l’envie de comprendre et enfin le sentiment d’abandon. En plus, son jugement est influencé par les clichés sur les homosexuels. D’ailleurs, l’auteure pointe l’image fantasmée des BL avec Akino. Comme précisé dans sa postface, elle a volontairement créé des caractères brouillant l’identification seme/uke en s’inspirant plutôt des shôjo. D’ailleurs, les deux garçons sont dans la discussion, pour le choix de la position et les essais. Satonaka apporte une touche d’humour avec son crush sur Kazuaki Sakurada qu’il prend plaisir à martyriser. Une histoire avec deux couples d’amis complète ce tome.

La mangaka a un trait épuré, anguleux et précis. Elle dessine des visages ovales avec de long menton pointu, des personnage sveltes aux longues jambes. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques, arrondissant également les visages. Les yeux sont plutôt effilés. Les trames sont équilibrées, les décors assez présents, apportant une touche réaliste. Dans les scènes érotiques, Nekota sensei ne censure pas vraiment les parties intimes, se contentant parfois de ne pas les détailler. Elle donne une anecdote sur Satonaka dans un yonkoma en fin de tome. De même, elle continue le chapitre bonus sous la couverture. Il y a également des explications sur la création du manga.

En résumé

Electric delusion / Electric delusion plus / Vers la lune de miel: Un jour, Motoki Fumihiro annonce à son ami d’enfance et voisin, Yamana Shunpei, qu’il est gay et qu’il a un petit ami. D’abord surpris, ce dernier lui demande alors de présenter son partenaire. Mais en voyant le président des élèves Satonaka, il en vient à se demander pourquoi Fumi ne l’a pas choisi. Curieux et souhaitant comprendre son ami, il se renseigne auprès de sa sœur, Akino, lectrice de BL. Mais perplexe devant le terme neko utilisé par cette dernière, il se confie auprès de son ami qui entre dans une colère noire. Pourtant, pour se réconcilier, il s’incruste entre le couple…
Adult experience value / Un bon petit ami: Marui et Shinkai sortent respectivement avec Murasato et Yumeji mais ces derniers ne sont pas satisfaits sexuellement…

En conclusion

L’auteure cherche à perturber ses lecteurs en cassant quelques codes classiques du BL. Elle aborde avec humour les questionnements d’un garçon face à l’homosexualité de son ami. J’aime beaucoup leurs discussions parfois directes, dans lesquelles leur longue amitié ne permet pas au romantisme de s’installer. Leur relation semble aller un peu vite pour l’instant. Vivement la suite!

Blue sky complex 5 – Ichikawa Kei

blue sky complex 5 ichikawa kei
ICHIKAWA Kei 市川けい
ISBN: 9782368770048
Hana, 2021
ISBN: 9784864423656 (JP)
Tokyo mangasha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« J’ai besoin d’en parler à quelqu’un… »

Ichikawa Kei sensei interroge sur le coming out. Après Kirisu dans le tome 4, elle continue à développer les personnages secondaires. Elle met en avant Harukawa Noriyasu, qui n’assume pas son homosexualité, puis le mature Kohiruimaki Towa. Motochika et Natsuki ne cachent pas leur relation mais ne l’exposent pas non plus à tous. Par contre, lorsqu’on les interroge, ils répondent franchement. Ainsi, ils deviennent un soutien pour Noriyasu qui laisse exploser ses complexes et arrive enfin à devenir lui-même. A travers lui, l’auteure montre comment le traitement particulier, bien que bienveillant, peut tout compte fait blesser quelqu’un. Elle force le couple à encore plus discuter avec l’intervention de la franche et directe Kirara. Elle confronte également le couple à la question du bonheur, imagée par les critères de la société. En effet, Natsuki ressent encore une certaine culpabilité envers son petit ami, à la base hétérosexuel.

Le trait épuré et léché de la mangaka a beaucoup évolué. Il devient plus doux grâce au jeu des pleins et des déliés. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques, donnant un aspect mignon, presque SD aux personnages. Elle porte une attention particulière aux regards et petits gestes. Les trames variées sont équilibrées. Par ailleurs, quelques trames d’ambiance graphique renforcent les émotions. Les décors sont présents sur les plans larges, accentuant l’aspect réaliste du récit. La mise en page est dynamique. Ichikawa sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle se concentre surtout sur les sensations des personnages et offre des baisers très sensuels. Sous la jaquette, elle présente les deux héros à différents âges.

En résumé

Pour son petit boulot, Narasaki Motochika donne des cours particuliers. Mais Terashima Natsuki s’inquiète un peu depuis que son petit ami a donné son pseudo à une de ses élèves lycéennes, Fujishiro Kirara. Il pense que Chika ne se rend pas compte que la jeune fille le drague. Il confie alors ses inquiétudes à Kurisu. Pourtant, les deux amoureux ont une grande confiance l’un envers l’autre et essaient à chaque fois de démonter leur amour. Par ailleurs, depuis quelques temps, Harukawa Noriyasu ne fréquente plus trop le groupe d’amis. Motochika est même surpris de le voir fuir quand il le croise par hasard à la gare. Le soir, alors que Natsuki retrouve son petit ami en route, Haru les voit de loin s’embrasser…

En conclusion

Ce tome a obtenu la troisième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Narasaki Motochika est classé premier meilleur seme et Terashima Natsuki deuxième meilleur uke. L’évolution de Haru m’émeut profondément. L’auteure donne une image tellement belle de l’amitié. J’adore suivre les discussions de ces petits groupes de confidents. Ainsi, l’auteure apporte vraiment un regard assez large et extérieur sur l’homosexualité, avec des personnes bienveillantes.

The Teijo academy 2 – Natsushita Fuyu

the teijo academy 2 natsushita fuyu
NATSUSHITA Fuyu 夏下冬
ISBN: 9782382760383
Hana, 2021
ISBN: 9784865896114 (JP)
Fusion product, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je voulais devenir un héros comme celui que j’aime. »

Natsushita Fuyu sensei s’intéresse à la relation particulière entre Nachi et Harutaka. Elle dévoile un peu l’enfance des deux garçons, ainsi que l’influence de Natsu, le frère ainé de Nachi. Elle montre également la pression que les deux alphas subissent de leur père. Hasunomiya Hirokuni continue ses manigances et pousse Ichijô à reconsidérer sa relation avec Einan, qui se demande alors si son amour n’est pas de l’admiration. De même, il aime provoquer Nachi mais Natsu n’hésite pas à le remettre à sa place. A travers Mitomi Fuyuto, l’auteure explique comment l’académie gère les périodes de chaleurs des omégas. Ainsi, elle montre également les différentes conditions matérielles entre les alphas et les omégas. Comme dans le tome précédent, elle offre une histoire bonus avec la famille de Masaomi de Le maître de maison est un alpha et la suite des aventures de Tsuji Akihiko avec Tsubaki Yukitaka.

La mangaka a un trait épuré et léché, reconnaissable. Elle travaille beaucoup les regards pour transmettre les émotions des personnages. De même, les décors sont présents, très soignés et réalistes. Les trames variées sont équilibrées. Les flash-back sont repérables avec leur fond noir. La mise en page assez classique possède quelques agencements de cases parfois audacieux. Mais cela correspond bien au formalisme strict de l’académie. Dans les scènes érotiques, Natsushita sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. En début de tome, elle présente les personnages et leurs relations dans une fiche pratique. Elle montre également en fin de chapitre les activités scolaires ainsi que les équipements, en particulier ceux pour les omégas et les quatre légendaires. Sous la jaquette, une carte de l’académie Teijo permet de se repérer dans le manga.

En résumé

Ichijô Harutaka déprime de ne pouvoir soutenir correctement Einan Nachi alors qu’il a intégré l’académie Teijo dans cet unique but. Il perd même confiance en lui. Pour lui changer les idées, Aoki Hirofumi lui propose de participer à un camp d’équitation. Au début, Harutaka rencontre des difficultés avec son cheval Yuki mais la classe que dégage Aoki durant les sauts d’obstacles le motive. Lors d’une excursion à cheval avec son senpai, un orage éclate et le cheval de l’oméga s’emballe. Quand Ichijô reprend conscience, Hirofumi et lui sont nus et ont trouvé refuge dans un petit abri appartenant au club d’équitation. L’alpha éternuant, Harutaka lui propose alors de partager la couverture qui le recouvrait.

En conclusion

L’auteure prend encore son temps pour développer sa romance. Elle met en place différentes manipulations des alphas, transformant l’ambiance générale. Elle renouvelle vraiment le genre de l’omegaverse ainsi que le gakuenmono. Cela pique donc ma curiosité.

Les saisons, Nacchan et moi – Sagan Sagan

les saisons nacchan et moi sagan sagan
SAGAN Sagan 佐岸左岸
ISBN: 9782382760420
Hana, 2021
ISBN: 9784865895131 (JP)
Fusion product, 2018 (JP)
Titre original: 春と夏となっちゃんと秋と冬と僕
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

Deux amis d’enfance à la campagne qui s’aiment tout simplement.

Sagan Sagan sensei narre la relation entre deux amis d’enfance vivant à la campagne, à travers des tranches de vie très courtes, sur un moment particulier, sans forcément de continuité. A travers divers thèmes, elle pose à chaque fois les émois adolescents et leurs questionnements, sans les approfondir, invitant le lecteur à juste observer l’évolution de leurs sentiments. La narration alterne parfois entre Shima et Natsuo qui apportent des précisions grâce à leurs réflexions intérieures. Alors que Shima est plutôt timide, rougissant facilement, et a peur du regard extérieur, Natsuo assume pleinement son homosexualité sans pour autant être démonstratif. L’auteure dresse à chaque fois un portrait fugace du couple, avec leurs jeux innocents, leurs échanges, leurs amis. Elle aborde ainsi leur relation particulière, avec un amour pur et innocent, leur harmonie, leur dispute, leur attirance, leur avenir.

La mangaka a un trait anguleux, avec un côté brut encore brouillon. Elle dédouble parfois les contours, donnant de l’épaisseur. Elle utilise peu de trames et privilégie donc les stries et hachures. Les traits sont très simplifiés dans les passages humoristiques. D’ailleurs, un personnage peut passer d’un aspect comique à une image très sensuel en à peine une case. Sagan sensei porte attention aux gestes tendres. Elle détaille les décors, avec une touche réaliste, et rend parfaitement l’ambiance des saisons. Elle découpe ses chapitres par mois et structure son récit comme des yonkoma, synthétisant un thème sur 4 ou 8 cases. Il n’y a pas de scènes érotiques explicites. D’ailleurs, ce format ne convient pas. Par contre, les moments intimes sont suggérés. Les chapitres débutent par une illustration monochrome. Parfois, en fin de chapitre, il y a des petites illustrations plus simples. Sous la jaquette, deux planches concluent le récit.

En résumé

Tomoda Shima et Mihara Natsuo sont amis d’enfance. A 17 ans, ils sont très proches et partagent même un sentiment pour ainsi dire amoureux. Parfois, Shima se montre très tactile, volant des baisers. Pourtant, Natsuo accepte volontiers ces démonstrations de tendresse…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la septième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2019. Pour son premier manga, l’auteure adopte un style narratif original qui oblige le lecteur à devenir un simple spectateur. Comme j’aime les yonkoma, je suis surtout déstabilisée par son style car j’attends et cherche la chute du récit. Or, ici, cette dernière n’est pas automatique. Par contre, j’admire la maîtrise de Sagan sensei sur ce format. Par ailleurs, je me sens un peu trop vieille pour apprécier pleinement cette histoire. Toutefois, je pense qu’elle plaira à un public sensible aux thèmes abordés.

Blue sky complex 4 – Ichikawa Kei

blue sky complex 4 ichikawa kei
ICHIKAWA Kei 市川けい
ISBN: 9782368776612
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784864423403 (JP)
Tokyo mangasha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

A l’université, Natsuki et Motochika entament une vie de couple.

Ichikawa Kei sensei s’intéresse à la vie universitaire de son couple fétiche. Bien que dans des universités différentes, les deux jeunes hommes arrivent à construire un groupe d’amis en commun. Towa a le même caractère que Narasaki. Harukawa Noriyasu, quant à lui, s’interroge souvent sur les affinités entre Terashima et Natsuki. Kurisu Haruomi a un caractère particulier. En effet, il semble avoir du mal à interagir avec les gens, étant trop familier. D’ailleurs, il va faire une fixation sur Terashima, provoquant l’inquiétude de Chika. L’auteure met doucement en place l’environnement dans lequel évoluent maintenant ses deux héros. Elle met d’abord en avant Kurisu, portant attention aux liens qui se créent. De même, elle fait évoluer le caractère de ses personnages. Ainsi Narasaki est de plus en plus possessif et avide, mais Terashima le rassure toujours à sa manière. Le chapitre bonus partage d’ailleurs avec humour leur incontrôlable désir.

La mangaka a un trait un peu plus léché, avec plus d’épaisseur dans les contours. Elle maîtrise son style et dessine des visages un peu plus mûrs. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. Les décors situent surtout l’action mais sont réalistes et précis. Les trames d’ambiance sont plutôt discrètes. La mise en page dynamique joue principalement sur les détails, les cadrages et les vides. Ichikawa sensei ne censure pas les scènes érotiques. Par contre, elle met surtout en avant les sensations des personnages. Sous la jaquette, elle présente l’appartement du couple.

En résumé

Avant un rendez-vous avec Terashima Natsuki, Narasaki Motochika passe voir la mère de son petit ami. Natsuki, quant à lui, croise par hasard Motonari, le frère aîné de Chika, vite rejoint par Momoko accompagnée des petits. Il en profite pour le remercier de leur avoir fourni les appareils électroménagers pour leur appartement. En effet, les deux lycéens seront colocataires quand ils iront à l’université. Ils se retrouvent alors dans un fast food. Motochika a également passé son permis de conduire et a sympathisé avec Kurisu Haruomi durant son stage. Mais son petit ami montre tellement ses sentiments pour lui avec franchise, que Terashima n’arrive même pas à se montrer un peu jaloux.

En résumé

Ce tome obtient la sixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2019. Comparé au tome précédent, Narasaki Motochika descend à la huitième place du meilleur seme et Terashima Natsuki fait une belle progression à la cinquième place du meilleur uke. L’auteure prend tout son temps pour construire son récit. Certains lecteurs pourront être déroutés par le manque de détails, sur le petit boulot de Natsuki par exemple, pourtant, elle sème des indices graphiques. J’adore Towa et Harukawa! J’ai donc hâte de découvrir la suite.

Blue sky complex 3 – Ichikawa Kei

blue sky complex 3 ichikawa kei
ICHIKAWA Kei 市川けい
ISBN: 9782368776230
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784864422895 (JP)
Tokyo mangasha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

C’est l’heure des choix décisifs pour construire son avenir.

Ichikawa Kei sensei continue à présenter une tranche de vie de ses deux héros. Elle développe également leur environnement familial. En dernière année de lycée, ils doivent faire des choix d’avenir. Seulement, leur situation familiale pèse dans leurs décisions. Alors que les projets de Narasaki prennent rapidement forme grâce à son frère, ceux de Terashima restent longtemps empreint d’incertitudes. Les deux lycéens n’osent pourtant pas mettre de mots sur leurs appréhensions. Au contraire, ils avancent en gardant toujours confiance dans leurs sentiments. D’ailleurs, l’auteure transcrit parfaitement la mélancolie et l’inquiétude qui entourent les deux garçons. Elle met en avant la mère de Natsuki, veuve qui accepte l’homosexualité de son fils, ainsi que Motonari, le frère aîné de Motochika, avec sa petite amie Momoko. Dans une histoire bonus, elle met en scène Misato Ônuki, une lycéenne qui se transforme peu à peu en fujoshi en observant le couple.

La mangaka a un trait fin et épuré plutôt classique. Elle porte attention aux regards, petits gestes et non-dits. Comme elle utilise une gamme limitée de trames, elle équilibre leurs effets et n’abuse pas des trames d’ambiance. Certaines planches dégagent alors beaucoup d’esthétisme. La mise en page est dynamique. Ichikawa sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle montre peu les parties intimes, se concentrant sur leurs sensations et préférant dessiner les bustes. Sous la jaquette, comme dans le tome précédent, elle présente ses personnages dans une tenue. Ici, ils portent leurs vêtements de tous les jours.

En résumé

Narasaki Motochika souhaite aller à l’université mais ne sait pas encore laquelle choisir. Son professeur lui recommande la même que son frère mais il devra alors s’éloigner du domicile familial et prendre un studio. Comme son père travaille à l’étranger, il hésite à abandonner sa mère avec les jumeaux. Son frère comprend son hésitation et cherche donc un moyen de l’aider. De son côté, Terashima Natsuki pense pour l’instant passer son permis de conduire même si cela est interdit pendant l’année scolaire. Depuis qu’il s’entend bien avec les membres de la famille Narasaki, en particulier les jumeaux Aki et Take ainsi que Momoko, la petite amie de Motonari, il comprend mieux la gêne de se câliner quand la famille est au complet. Toutefois, Chika trouve toujours un prétexte pour passer plus de temps avec lui…

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2018. Narasaki Motochika est classé septième meilleur seme et Terashima Natsuki douzième meilleur uke. J’adore la mère de Natsuki qui n’a pas sa langue dans sa poche. Certains lecteurs pourront être décontenancés par le style narratif qui a un peu changé. En effet, l’auteure s’attarde vraiment sur l’environnement et les réflexions des deux lycéens. La romance n’est donc plus le cœur du récit. D’ailleurs, ils sont bien ensemble et ont clairement conscience qu’ils ne peuvent plus se passer l’un de l’autre. J’apprécie beaucoup de les accompagner un peu dans la construction de leur avenir.

Blue sky complex 2 – Ichikawa Kei

blue sky complex 2 ichikawa kei
ICHIKAWA Kei 市川けい
ISBN: 9782368776223
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784864422406 (JP)
Tokyo mangasha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Entre désir et doute, la difficulté à gérer sentiments et sensations.

Ichikawa Kei sensei continue d’explorer le chemin réflexif de ses deux héros sur leurs sentiments. Elle alterne la narration entre Terashima et Narasaki. Elle joue sur la maladresse du couple à communiquer pour créer des tensions. Malgré des efforts pour partager leurs doutes et leurs interrogations, les deux lycéens ont du mal à se comprendre et n’arrivent pas à mettre des mots sur ce qu’ils ressentent. Pourtant, leur premier rapport se déroule dans le consentement, avec le choix des positions, la recherche d’informations et le partage franc de leurs sensations. Toutefois, Natsuki ressent également une certaine crainte face à des réactions inconnues. L’auteure met en avant la libido débordante des adolescents suite à la découverte de nouveaux plaisirs ainsi que la difficulté à gérer de nouveaux sentiments comme la possessivité, la jalousie. En plus, Terashima entretient des rapports amicaux avec son ex, Ogawa, et le barman Junya qui le drague.

La mangaka a un trait fin, épuré et anguleux. Elle exagère légèrement les expressions des visages pour transcrire les émotions. Ainsi, Terashima affiche une panoplie de bouilles boudeuses adorables! Les trames sont variées, plutôt en aplat. De même, elles marquent uniquement les ombres fortes comme les contre-jours. Il y a tout de même quelques trames d’ambiance. Les décors sont présents ainsi que les éléments marquant les saisons comme le ciel et la végétation. La mise en page dynamique utilise parfois un découpage cinématographique. Dans les scènes érotiques, Ichikawa sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. Sous la jaquette, nos deux héros continuent à jouer les modèles comme dans le tome précédent et se préparent pour le sport.

En résumé

Le délinquant Terashima Natsuki et l’élève modèle Narasaki Motochika sortent ensemble. Mais malgré les mois qui passent, Chika refuse de dépasser le stade du baiser sous prétexte qu’il n’arrive pas à se concentrer quand sa famille est présente. Terashima, d’abord énervé, essaie de le comprendre et décide de se montrer patient, son petit ami étant à la base hétérosexuel. Pour le nouvel an, Narasaki l’invite chez lui en précisant que sa famille sera partie en voyage…

En conclusion

Au Chill chil BL award 2016, Narasaki Motochika est classé quinzième meilleur seme. D’ailleurs, je l’adore quand il garde son visage impassible alors qu’il est autant troublé que son petit ami. En plus, il reste toujours prévenant envers son amoureux. L’auteure arrive à transcrire les sentiments de ses personnages. Elle les fait évoluer avec réalisme. Une série à lire sans se priver!

Blue sky complex 1 – Ichikawa Kei

blue sky complex 1 ichikawa kei
ICHIKAWA Kei 市川けい
ISBN: 9782368776216
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784864421720 (JP)
Tokyo mangasha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Deux lycéens au premier abord incompatibles qui se découvrent petit à petit.

Ichikawa Kei sensei narre, avec une touche réaliste, une romance entre deux lycéens. Elle prend son temps pour développer leurs sentiments, s’arrêtant sur leurs réflexions et leurs questionnements. D’ailleurs, elle alterne la narration entre les deux garçons. Terashima sait qu’il est gay depuis le collège mais ne l’a dit à personne. Suite à son attachement, Narasaki analyse ses sentiments qui évoluent de l’appréciation à l’amour. L’auteure joue que les quiproquos entre les deux lycéens pour les forcer à communiquer et à se prendre en main. Elle met en avant deux personnalités plutôt calmes. En effet, Motochika a un visage impassible qui renforce son manque d’entrain. Natsuki, qui a en réalité le sang chaud, semble plutôt blasé. Il avance à tâtons pour exprimer ses sentiments.

La mangaka a un trait très fin, anguleux et épuré. Elle porte attention aux regards, aux petits gestes. D’ailleurs, elle décompose et décrit le quotidien avec simplicité et dextérité. Les décors apparaissent dès que le plan s’élargit. Les trames d’ambiance sont plutôt graphiques. En plus, les autres trames sont équilibrées. Des stries marquent les ombres fortes sur le corps, car Ichikawa sensei ne dessine pas les autres ombres des vêtements et du corps. Pourtant, les décors projettent bien leurs ombres, même les arbres. La mise en page dynamique rythme la lecture, imposant des respirations pour marquer l’attente ou le temps qui s’écoule. Sous la jaquette, les deux héros présentent les uniformes d’été et d’hiver.

En résumé

La première fois qu’il a croisé Terashima Natsuki, Narasaki Motochika a jugé qu’ils ne s’entendraient jamais ensemble. En effet, Terashima a une réputation de délinquant notoire et se bat souvent. Né dans une famille nombreuse, Narasaki ne rêve que de calme pour réviser ou lire. Un jour, le professeur Sakazaki lui demande de s’occuper de la réception de la bibliothèque, suite au départ de Mme Hashijima en congé maternité. Après hésitation, il accepte mais se retrouve en compagnie de Terashima. Toutefois, le délinquant reste silencieux et passe son temps à lire. De plus en plus intrigué par le lycéen, Narasaki accepte alors de travailler jusqu’aux vacances d’été…

En conclusion

Ce tome obtient la trentième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2015. J’adore ce couple attachant. Les deux lycéens réfléchissent, se remettent en cause et avancent pas à pas, testant, s’expliquant. Aucun des deux ne cède à l’autre, tout se négocie. Ils vont vraiment bien ensemble et je ne peux que suivre leurs aventures rafraichissantes avec bonheur.

How many grams do you have love? – Harumaki Tokiko

how many grams do you have love harumaki tokiko
HARUMAKI Tokiko 春巻トキコ
ISBN: 9782368774816
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407328 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Des hommes frivoles qui s’assagissent avec le grand Amour.

Harumaki Tokiko sensei offre un recueil de trois romances avec des hommes frivoles qui vont se ranger par amour. Le premier récit qui donne son titre au manga occupe plus de la moitié du tome. Les deux héros prennent leur temps, construisant leur amour malgré une relation à distance. Ils apprennent à se connaître et réfléchissent sérieusement à faire plaisir à leur partenaire, tous deux étant dominant. L’ami de Kizaki, Satoshi, permet de secouer un peu le couple qui a du mal à communiquer au début. La seconde histoire met en scènes deux amis amoureux mais qui n’arrivent pas à partager franchement leurs sentiments. Dans la dernière histoire, développée sur un seul chapitre, l’auteure interroge sur la différence entre une amitié fusionnelle et l’amour. Elle installe Haru en narrateur. Bien qu’il soit hétérosexuel à la base, il réfléchit sérieusement sur son attirance et ses sentiments.

La mangaka a un trait simple et épuré. Elle dessine des corps sveltes. Bien que cela soit son premier manga, elle maîtrise déjà son style graphique. La mise en page est dynamique. Les décors sont présents dès que le cadrage offre un grand angle. Par ailleurs, quelques trames d’ambiance viennent parfois renforcer les émotions des personnages. Toutefois, Harumaki sensei utilise les trames avec parcimonie, ne représentant que les ombres fortes. Elle ne censure pas vraiment les scènes érotiques mais les angles de vue cachent majoritairement les parties génitales.

En résumé

Combien pèse ton amour? / Je ne comprends même pas pourquoi je t’aime autant! / A chacun ses petits plaisirs: Même si le salaryman Kizaki Itsuki (28 ans) cumule les coups d’un soir en draguant dans les bars gays, il ne perd pas espoir de se marier un jour. En effet, son premier amour était une fillette qu’il avait rencontrée pendant ses vacances chez son grand-père à la campagne. Un jour, sa mère décide de transférer la tombe de son grand-père à Tokyo car toute la famille y réside. Quand Itsuki arrive au temple, il a le coup de foudre pour le moine Yumeta (26 ans) qui l’accueille. Mais il est persuadé qu’un homme aussi beau et placide est hétérosexuel. Pourtant, alors qu’il loge sur place suite au retard de sa mère, il avoue son intérêt pour le moine, sous l’effet de l’alcool. Et ce dernier lui laisse entendre qu’il serait également gay
Close to star, close to blue / Il vaut mieux ne pas discuter un couteau entre les mains: Takamatsu Aoba est secrètement amoureux de Takasaka Shôsei (22 ans) depuis le collège. Mais son frivole ami qui change souvent de petite amie, lui fait ouvertement des avances, les faisant passer pour un couple gay
Te faire fondre, t’aimer, et te dévorer tout cru!: Passionnés par les plantes carnivores, Mamoru et Haru ont sympathisé. Comme Mamoru, bisexuel, se montre plutôt frivole, son petit ami actuel, Aoki , vient un soir faire une crise de jalousie, rongé par le doute. En effet, Mamoru fait toujours passer son ami avant lui. Pourtant, à sa surprise, Haru ressent du plaisir d’être ainsi privilégié…

En conclusion

Harumaki Tokiko sensei offre trois romances mignonnes et divertissantes, plutôt classiques. Les relations entre les héros sont consenties, plutôt douces et naturelles, sauf pour celles de « Close to star, close to blue » où Shôsei provoque son ami, entrainant un rapport plutôt forcé mais voulu comme tel. D’ailleurs, ce n’est pas mon histoire préférée. J’aime beaucoup la dynamique entre les personnages et j’aurais bien aimé découvrir un peu plus la suite des aventures de Yumeta et Itsuki.

Amaenbo honey – Tobidase Kevin

amaenbo honey tobidase kevin
TOBIDASE Kevin 鳶田瀬ケビン
ISBN: 9782368776957
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784865895575 (JP)
Fusion product, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Les enfants vont-ils répéter les mêmes erreurs que leurs parents ou trouveront-ils une meilleure réponse?

Tobidase Kevin sensei questionne encore l’égalité entre oméga et alpha en développant une romance entre les enfants des couples d’Abarenbo honey et Kakurenbo honey. Elle change son style narratif pour plus de continuité. En revanche, elle mixte l’aventure des parents pour construire son scénario. Ainsi, même si Tsubame et Miyama ont des caractères bien différents de leurs parents, leur première relation se passe tout de même violemment. D’ailleurs, l’omegaverse devient un prétexte pour une relation forcée sous phéromones. Pourtant par la suite, l’auteure développe les sentiments des deux lycéens en les confrontant à divers petits obstacles. Elle aborde légèrement la discrimination subie par les omégas, en particulier à l’école. Elle met en avant un couple qui prend son temps, réfléchit à son avenir, se bat pour faire accepter sa relation et se montre très câlin. Ainsi, les deux lycéens semblent avoir atteint un meilleur équilibre que leurs parents.

La mangaka dédouble parfois son trait épuré et anguleux. Elle le simplifie également jusqu’à l’extrême dans les passages humoristiques. Malgré sa prise d’âge, Kuma prend encore l’apparence d’un ours. Les corps sont finement musclés. Par ailleurs, la physionomie des enfants permet de deviner facilement leur parenté. En effet, les caractéristiques principales se retrouvent particulièrement dans leur visage. De même, les parents ont les traits de vieillesse bien marqués comme les rides, un visage plus anguleux. Les décors situent l’action. Les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Tobidase sensei censure les scènes érotiques par des bandelettes blanches mais également en recouvrant les parties génitales d’un filtre clair gommant tous les détails. Sous la jaquette, elle offre quelques portraits des deux enfants comme une collection de photographies.

En résumé

Amatobi Tsubame et Hachi Miyama sont voisins et rivaux. Ils s’affrontent donc dès qu’ils le peuvent depuis l’enfance. Le perdant doit alors faire ce qu’ordonne le gagnant. Mais l’oméga n’a jamais réussi à battre son éternel rival alpha. En rentrant de l’hôpital après avoir renouvelé ses pilules, Tsubame finit par se battre avec des voyous qui l’ont bousculé. Miyama, qui passait par là, vient à sa rescousse et étale les assaillants. Blessé dans sa fierté, son ami le défie. Toutefois ses chaleurs se déclenchent en plein combat. Miyama ne résistant pas aux phéromones viole alors l’oméga…

En conclusion

J’ai été mitigée à la première lecture car je trouvais dommage de reprendre presque exactement les mêmes situations que les deux tomes précédents. Mais en relisant l’histoire, je me suis rendu compte d’une certaine continuité en réalité sur l’équilibre de la relation entre oméga et alpha. En effet, même si les parents ont trouvé un équilibre dans leur relation, il y a tout de même un des deux qui cède et devient le protégé de l’autre. Or, les enfants refusent une relation qui s’appuie sur un seul individu. Tsubame et Miyama souhaitent se soutenir mutuellement. D’ailleurs, j’aime beaucoup Tsubame qui est un uke grand et musclé qui se montre entreprenant.