Treat me gently, please 2 – Nekota Yonezou

treat me gently please 2 nekota yonezou

NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351808221
Taifu comics, 2014
ISBN: 9784862638519 (JP)
Libre, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« J’en ai assez que tu mettes ma vie sens dessus dessous! »

Nekota Yonezou sensei continue de développer la relation conflictuelle entre l’élève modèle Nemugasa et le voyou capricieux Maya. Elle fait évoluer doucement la relation, faisant intervenir Akira et Jûta pour secouer ses deux héros. En effet, Hideyuki comprend vite ses sentiments naissants mais sa maladresse le rend jaloux, possessif et tyrannique. Il change petit à petit de comportement. Même si Takashi n’a pas conscience aussi bien de l’amour qu’on lui porte que de ses propres sentiments, il s’interroge sur la différence ami et amant et prend parfois des initiatives. L’auteure montre que le couple n’arrive pas à se comprendre même en discutant mais que leurs efforts mutuels permettent d’avancer dans le bon sens. Elle révèle dans ses postfaces les secrets de création.

La mangaka utilise un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle a son propre graphisme, dessinant des visages au long menton et des cheveux très méchés. Pourtant, elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. Les visages s’arrondissant deviennent alors tous mignons. Les décors situent principalement l’action. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Le reste des trames est équilibré et varié. La mise en page dynamique rythme la lecture. Comparé au tome précédent, Nekota sensei censure les scènes érotiques en recouvrant les parties intimes d’un cache blanc. Elle offre une présentation originale des personnages en début de tome avec un portrait accompagné d’un yonkoma offrant une anecdote amusante. De même, elle intègre sa postface au milieu du tome avec quelques dessins jouant sur les fantasmes.

En résumé

Maya Hideyuki et Nemugasa Takashi entretiennent une relation purement charnelle. Pourtant, le voyou semble ressentir de plus en plus d’attirance envers son partenaire. Depuis qu’ils ne sont plus dans la même classe, il a tendance à le harceler de messages. Et à la surprise de l’élève modèle, il fait une crise de jalousie en découvrant que Nemugasa a sympathisé avec Jûta, le frère d’Akira. En effet, ce dernier a la réputation de piquer tout ce qu’aime son cousin. Mais Takashi recadre le voyou, se méfiant tout de même de son nouvel ami qui provoque souvent leurs rencontres. Par la suite, vexé que Takashi fasse passer ses révisions avant lui, Maya le force à coucher avec lui la veille d’un examen blanc lors d’une dispute.

En conclusion

L’équilibre du couple n’est pas encore atteint mais Nekota sensei prend son temps. C’est très agréable de voir Nemugasa se rebeller et sa franchise déstabilisante apporte vraiment un plus au récit. J’aime beaucoup la tournure que prend l’histoire.

Treat me gently, please 1 – Nekota Yonezou

treat me gently please 1 nekota yonezou

NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351807996
Taifu comics, 2014
ISBN: 9784862631015 (JP)
Libre, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« Baisse ton pantalon si tu ne veux pas que je raconte tout! »

Nekota Yonezou sensei propose un recueil de plusieurs romances lycéennes plutôt tendues. L’histoire principale qui donne le titre au manga débute par une relation non consentie et sans sentiments. Pourtant Maya change petit à petit de comportement en devenant plus doux tandis que Nemugasa prend un certain temps avant d’enfin se rebeller. D’ailleurs, la narration se concentre surtout sur le point de vue de Takashi. Les deux héros naïfs et maladroits apprennent tout doucement à se connaître. Dans les autres récits, l’auteure développe peu la personnalité de ses personnages mais leur confère des caractères plutôt tranchés. Elle s’intéresse principalement à des relations bancales, polluées par l’inexpérience, la jalousie ou tout simplement un peu de fan service avec des uke plutôt tsundere. En fin de chapitre, elle dessine des anecdotes amusantes concluant chacune des différentes histoires et partage ses idées dans un commentaire.

La mangaka a un trait anguleux qui joue beaucoup sur les pleins et déliés. D’ailleurs, elle dessine des visages avec des mentons très longs. Toutefois, elle les arrondit dans les passages humoristiques, simplifiant également ses traits et leur donnant ainsi une touche mignonne. Les décors situent principalement l’action. Les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Nekota sensei censure à peine les parties intimes, cachant quelques détails par des bandelettes noires ou des points blancs.

En résumé

Ne sois pas si cruel avec moi / Ne sois pas si froid avec moi: Nemugasa Takashi est boursier dans un lycée privé mais comme ses notes ont chuté dernièrement, il risque l’exclusion. Maya Hideyuki, convoqué également pour ses mauvais résultats scolaires, entend sa conversation avec leur professeur principal. Contrairement à son camarade de classe qui se jette corps et âme dans les révisions, il continue à s’amuser laissant entendre qu’il pourrait tricher. Mais pendant les examens, il remarque Nemugasa hésiter à recourir à une antisèche. Le lycéen rebelle donne alors rendez-vous après les cours à l’élève modèle qui a obtenu la seconde place des résultats. Après l’avoir menacé de le dénoncer, il le fait chanter pour abuser de lui.
Secret après les cours: Aki et Shiba ont dépassé le stade de la simple amitié. Mais Shiba ne comprend pas pourquoi son petit ami ne va pas plus loin que de simples câlins, au point d’y penser à voix haute en plein cours.
Caprices amoureux: Daiju et Kan couchent secrètement ensemble. Toutefois, Kan jalouse le charisme de son partenaire qui a du succès auprès des filles de la classe. Il se montre souvent capricieux mais cela lui apporte quelques soucis.
En slip et décomplexé / Pas la jupe: Aujourd’hui, Soramoto porte un slip blanc et a trop honte de le montrer à son petit ami, Hoshina. Il se comporte donc froidement avec lui.

En conclusion

Attention, l’histoire principale risque de choquer la sensibilité de certains lecteurs (viol). Sur une base assez classique du BL, avec une relation conflictuelle entre un voyou et un élève modèle, Nekota sensei apporte tout de même une touche personnelle puisque Maya est issu d’une famille aisée tandis que Nemugasa vient d’un milieu plus modeste. Elle joue sur le contraste et les oppositions mais fait évoluer doucement ses personnages. De même, elle montre la réprobation de l’entourage de Hideyuki sur son comportement. Même si l’histoire commence mal, n’hésitez pas à vous pencher sur ce titre car la suite s’améliore (surtout à partir du tome 4)…

Long night sweet porno – Nobana Saori

long night sweet porno nobana saori

NOBANA Saori 野花さおり
ISBN: 9782382762967
Hana, 2022
ISBN: 9784796413497 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Devenir d’abord amis puis comprendre que cela ne suffit pas.

Nobana Saori sensei offre une romance au premier abord classique, avec deux hommes blessés par de mauvaises expériences amoureuses. Elle alterne la narration entre Asami et Shitara, partageant leurs réflexions. Ainsi, elle s’intéresse au jugement sur l’apparence, à l’acceptation de l’être-aimé tel qu’il est, à une image désabusée de l’amour. Sô assume son homosexualité et rêve de moments romantiques avec l’être aimé. Il ne conçoit pas de relations sans sentiments. Au contraire, Yûhi se montre frivole mais a tendance à ne pas se révéler réellement dans l’intimité. Les sentiments entre les deux héros évoluent au fur et à mesure qu’ils apprennent à se connaître. L’auteure révèle l’essentiel du passé douloureux des deux hommes à travers des personnages secondaires. Elle interroge sur un amour simple mais sincère, libéré de tout jugement. Comme les deux héros aiment prendre soin de leur partenaire, ils ont tendance à se sacrifier pour leur bonheur.

La mangaka a un trait épuré anguleux assez classique. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant légèrement les expressions. Les trames sont variées. Et les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est sobrement dynamique mais efficace, accompagnant le regard. Nobana sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle offre même quelques coupes intérieures. Par ailleurs, elle présente rapidement ses personnages dans sa postface. Les illustrations en début de chapitre donnent le ton du récit.

En résumé

Aimant les belles choses, Asami Sô apprécie son travail dans un petit bazar d’un centre commercial. Mais depuis quelques temps, il n’aime pas que le coiffeur Shitara Yûhi vienne troubler son petit paradis. En effet, il a du mal avec son caractère expansif et frivole ainsi que son côté tactile. D’ailleurs, il essaie de l’éviter autant que possible. Mais Shitara passe au bazar pour discuter dès qu’il a un peu de temps libre, souhaitant absolument sympathiser avec lui. Un jour, le vendeur surprend ce dernier en train d’embrasser une femme dans la salle de repos commune. En découvrant qu’il n’a aucun sentiment pour elle, Asami lui vole un baiser. Mais au lieu d’être dégouté après son coming out, Shitara l’invite à déjeuner et lui fait même une déclaration d’amour.

En conclusion

Ne vous fiez pas aux apparences! Ce thème développé dans ce one-shot joue également avec le titre qui pourrait porter à confusion sur le contenu. En plus, la relation entre les deux héros est consensuelle, malgré quelques baisers volés. Le scénario s’étoffe au fil des chapitres, offrant un récit prenant avec des personnages bienveillants et touchants. J’apprécie leur passion pour leur métier, les petits bonheurs simples ainsi que le développement de leurs sentiments. Une histoire douce et agréable à lire qui réchauffe un petit peu le cœur.

I want you – Momose An

i want you momose an

MOMOSE An 百瀬あん
ISBN: 9782382763025
Hana, 2022
ISBN: 9784796413947 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Titre original: ナカまであいして
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Impossible de lui avouer… que j’ai toujours voulu essayer… »

Momose An sensei offre une romance sexy entre deux lycéens ayant mauvais caractère. Ainsi, elle alterne la narration entre Tokiwa et Yuzuriha. Par contre, elle démarre son récit par une relation non consentie, l’égoïsme et la fatuité de Sôji l’empêchant d’écouter les supplications d’Ikumi. D’abord sex friends, les deux lycéens apprennent à se connaître et les sentiments naissent peu à peu au-delà de leur compatibilité sexuelle. Toutefois, les chamailleries s’enchainent car Yuzuriha ne se laisse pas facilement faire. Pour bousculer ses héros, l’auteure ajoute un triangle amoureux vite expédié. Elle fait d’ailleurs évoluer Tokiwa petit à petit, grâce aux remarques de son ami Sakai. Comme le format ne permet pas d’approfondir plusieurs sujets, elle préfère s’attarder principalement sur le changement de comportement de ses héros qui s’assagissent.

La mangaka a un trait qui joue beaucoup sur les pleins et déliés, dont la rondeur dégage beaucoup de douceur. Elle exagère légèrement les expressions. Avec ce style proche du shôjo, les trames d’ambiance appuient surtout les émotions. Pourtant la palette de trames générales reste réduite mais équilibrée. De même, les décors situent principalement l’action. Le fond noir permet de repérer immédiatement les flash-back. La mise en page très dynamique utilise beaucoup les cases emboitées, donnant parfois une impression de surcharge. Toutefois, le dessin reste clair. Momose sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle intègre même des coupes intérieures. Par ailleurs, elle présente différents stades d’intimité du couple dans les illustrations en début de chapitre. La postface est en bande-dessinée. Sous la jaquette, il y a un croquis et la présentation des personnages.

En résumé

Tokiwa Sôji sort indifféremment avec des filles ou des garçons du moment qu’ils ont un beau visage. En classe, il ose dire à Ikeda dont il s’est lassé, que son voisin de table, Yuzuriha Ikumi, est plus mignon qu’elle. Vexée, la lycéenne le gifle avant de le quitter. Pourtant, Yuzuriha reste indifférent à ses tentatives de rapprochement. Il le remet même vertement à sa place, inquiétant au passage son ami Tanabe Shôta. En effet, il déteste par-dessus tout les personnes qui ne s’intéressent qu’à l’apparence. Le soir, en rentrant de son petit boulot, Sôji rumine encore sa frustration mais il aperçoit alors Ikumi accompagné d’un homme mûr qui allaient entrer dans un love hotel. Il intervient alors et l’emmène chez lui. Croyant que son camarade a de l’expérience, le fier tombeur le force à coucher avec lui…

En conclusion

Ce tome a obtenu la deuxième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2021. Yuzuriha Ikumi obtient la dix-huitième place du meilleur uke. D’abord prévu en one-shot, Momose sensei a pu ainsi continuer son récit grâce au succès. Par un retournement scénaristique, elle atténue un peu la scène du viol. Toutefois, les lecteurs sensibles pourront ne pas apprécier. Pour ma part, j’ai du mal à trancher car j’apprécie les histoires lorsqu’un uke ne se laisse pas faire mais je trouve vraiment Tokiwa détestable. Heureusement, son changement de caractère me permet d’apprécier un peu mieux la fin du récit. Je trouve que cela reste tout de même une lecture divertissante.

Ce côté de toi que je ne connais pas – Fuji

ce cote de toi que je ne connais pas fuji

Fuji 藤
ISBN: 9782382761083
Hana, 2022
ISBN: 9784758022460 (JP)
Ichijinsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Si je te côtoie tous les jours, est-ce que ça veut dire que je te connais vraiment? »

Fuji sensei choisit pour son premier manga, le synopsis plutôt classique de l’amour entre amis d’enfance. Toutefois, elle y ajoute une petite nuance: les deux héros ne se connaissent pas parfaitement s’étant perdus de vue en grandissant. Ainsi, elle aborde avec finesse la différence des sentiments entre un homosexuel et un hétérosexuel qui tombe amoureux d’un homme, la peur du regard extérieur et la difficulté à faire confiance. L’histoire se développe par petites tranches de vie. Shô et Aoba communiquent difficilement et même lorsque leurs sentiments évoluent, un malaise persiste. En effet, tous deux gèrent mal leurs doutes et la jalousie. Par ailleurs, l’auteure introduit Watanabe, l’ami d’Aoba, et Iori, une connaissance de Shô, pour accélérer l’évolution des sentiments entre ses héros. D’ailleurs, elle centre principalement son récit sur le point de vue d’Aoba. Elle s’intéresse donc aux secrets entre amis.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle a un style shôjo qui dégage une certaine douceur. Par ailleurs, elle a un traitement particulier des joues rougissantes, renforçant l’aspect mignon. Et repérerez-vous Shô avec des oreilles de wanko? Par contre, les flash-back sont directement intégrés au récit, les rendant parfois difficiles à repérer. Il faut donc faire attention aux détails pour les distinguer comme les vêtements, les décors. Les trames sont nombreuses et les décors plutôt présents. De même, la mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Fuji sensei censure les parties intimes par des caches blancs ou avec des phylactères bien placés. Sous la jaquette, elle offre un yonkoma et une illustration.

En résumé

Aoba vit en colocation avec son ancien voisin et ami d’enfance, Takase Shô. Mais il n’est pas très à l’aise car ils ne se fréquentaient plus en grandissant. Un jour, Shô rentre complètement trempé par la pluie et en larmes, mais il refuse de se confier à son aîné. Trouvant son colocataire beau, Aoba passe alors une journée, perdu dans ses pensées. Même s’il prend soin de lui, Takase reste froid et prostré pendant quelques temps. Un jour, surpris par la pluie en rentrant chez lui, Aoba va directement à la salle de bain pour se changer. Mais il y trouve Shô qui lui propose alors de partager la salle de bain avec lui…

En conclusion

Fuji sensei participe depuis 2013 à des œuvres collectives mais ce one-shot est son premier manga. Elle maîtrise déjà son graphisme. Par contre, l’enchaînement des évènements comportent encore quelques maladresses, coupant parfois l’effet de surprise. Toutefois, elle offre une histoire douce et réaliste. D’ailleurs, le thème au premier abord simple invite pourtant le lecteur à s’interroger sur le secret de l’orientation sexuelle entre amis. Une lecture agréable et mignonne et une auteure à suivre.

Sasaki et Miyano 2 – Harusono Shou

sasaki et miyano 2 harusono shou

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782382122457
Akata, 2022
ISBN: 9784040691619 (JP)
Kadokawa, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Depuis ce jour, je ne peux pas m’empêcher de le trouver classe… »

Harusono Shou sensei confronte beaucoup ses personnages aux situations stéréotypées des BL, ajoutant une touche humoristique à sa romance. Elle développe doucement la prise de conscience de Sasaki et Miyano. Ainsi, les deux lycéens s’interrogent sur la différence d’âge, leur comportement parfois ambigu prêtant à confusion. Chaque évènement est prétexte à faire rougir les deux héros. Par ailleurs, Sasaki a de plus en plus de mal à se retenir et expérimente la jalousie et la possessivité. De même, Miyano réfléchit à la différence entre fiction et réalité, comprenant petit à petit les sentiments profonds de son ami. L’auteure développe un peu plus les personnages secondaires. En comparant les réactions d’Ogasawara Jirô et Kuresawa Tasuku, elle met en avant l’approche différente d’un garçon confronté à sa petite amie fan de BL. Dans un chapitre bonus, elle révèle un peu la relation particulière qu’entretient Hirano avec son colocataire Kagiura Akira.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Toutefois, les personnages sont facilement reconnaissables. Les trames d’ambiance, très graphiques, alternent avec les décors. Contrairement au tome précédent, les saynètes en fin de chapitre donnent simplement une petite anecdote sur l’histoire. Harusono sensei continue de mélanger yonkoma et mise en page classique. Elle présente plus en détail les personnages en fin de tome. Sous la jaquette, elle annonce la prépublication de la série avec un yonkoma et une illustration. Par ailleurs, le volume débute par une petite scène en couleur en rapport avec la couverture. Le sommaire donne encore une chronologie très pratique pour situer les évènements qui se déroulent assez rapidement.

En résumé

Tôt un matin, Miyano Yoshikazu croise Sasaki Shûmei qui a été convoqué par Hirano Taiga. Ce dernier l’aide à réviser car ses notes sont mauvaises. Mais comme Hirano a du retard, Sasaki invite son ami à discuter de leurs dernières lectures. En buvant son café, Yoshikazu se brûle la langue et Mya ne peut alors s’empêcher d’imaginer une situation BL. En effet, les personnes sensibles de la langue seraient soi-disant maladroites en baiser. Quand Sasaki lui propose malicieusement d’essayer, le lycéen d’abord surpris, commence à s’interroger sur les sentiments de son ami. Le soir, en allant lui donner la suite du manga, il surprend une conversation entre Sasaki et un ami qui lui reproche de lire des boy’s love. Toutefois, Shûmei défend sa nouvelle passion…

En conclusion

Dans ce tome, la série prend un certain rythme alternant humour et émois. Par ailleurs, Harusono sensei dépeint avec finesse les interrogations qui touchent les adolescents. Même si elle n’approfondit pas les thèmes qu’elle aborde, elle offre une romance toute douce, agréable à lire, avec des personnages très attachants. Pour ma part, je suis complètement conquise!

Sasaki et Miyano 1 – Harusono Shou

sasaki et miyano 1 harusono shou

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782382122440
Akata, 2022
ISBN: 9784040684710 (JP)
Kadokawa, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Quand les boy’s love permettent à un lycéen de vivre la plus parfaite des romances.

Harusono Shou sensei nous invite à partager le quotidien de deux lycéens friands de boy’s love. Elle développe à la fois des thèmes par chapitre ainsi qu’un fil rouge évolutif sur la relation entre les deux héros. De même, elle analyse les premiers émois de l’adolescence. Malgré sa tête de voyou, Sasaki est gentil et ouvert d’esprit. Miyano, quant à lui, a du mal à assumer ouvertement sa passion mais est heureux de rencontrer enfin un autre garçon qui s’y intéresse. Ainsi, seuls un groupe d’amis proches connaissent leur intérêt pour ce genre littéraire. A travers leurs aventures, l’auteure aborde divers sujets comme le jugement extérieur, l’acceptation de la différence, le comportement des fans de BL, le vocabulaire particulier qu’ils utilisent. De même, elle joue sur les situations BL pour titiller l’imagination des lecteurs. Sasaki réalise petit à petit son attirance pour Miyano et y réfléchit beaucoup.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo, très doux et mignon. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des yeux assez grands mais très expressifs. Les trames d’ambiance, très graphiques et nombreuses, participent complètement au récit, renforçant l’aspect évanescent des pages. Ainsi des triangles, pois, fleurs, envahissent les scènes. De même, les décors apparaissent sur les plans larges mais deviennent de simples silhouettes derrière les trames. Des cases blanches au cadre épais, en superposition, introduisent les flash-back. Harusono sensei utilise une mise en page hybride, mêlant yonkoma et agencement classique. Elle narre également une histoire parallèle sur le festival culturel en deux cases à la fin des chapitres. Elle révèle les prénoms de ses personnages en fin de tome. Par ailleurs, le manga débute par une page couleurs. Sous la jaquette, il y a encore deux yonkoma apportant des anecdotes sur Hirano Taiga et Kuresawa Tasuku.

En résumé

Un jour, Miyano Yoshikazu aperçoit un élève qui se fait harceler et cherche à joindre du secours. Apparaît alors Sasaki Shûmei qui l’arrête dans son élan puis s’occupe des voyous. Trois mois plus tard, les deux lycéens ont sympathisé et apprennent à se connaître petit à petit. Miyano a du mal avec le côté tactile de Sasaki, surtout qu’il complexe sur son visage efféminé. En effet, le jeune lycéen est fan de boy’s love et a peur que les actions de son ami prête à confusion dans ce lycée pour garçons. Mais à force de l’entendre utiliser un vocabulaire inconnu, Sasaki demande à Mya de lui conseiller une de ses lectures préférées. Et à la grande surprise de ce dernier, il trouve le manga très intéressant…

En conclusion

Harusono sensei prend tout son temps pour développer son récit et s’attarde surtout sur la vie scolaire et l’amitié. Ce titre est à la fois une bouffée rafraichissante de douceur, de bienveillance et de bonheur qu’un moyen de découvrir l’univers du boy’s love. L’adaptation animée rend d’ailleurs très bien cette ambiance. J’aime beaucoup le temps précisé dans le sommaire au-dessus des chapitres, permettant de mieux se situer dans l’avancée du récit. En plus, adorant les yonkoma, j’adhère complètement au récit mais ce style pourra décontenancer certains lecteurs. Le couple est adorable et j’ai juste envie de suivre leurs aventures avec passion.

Kachô fûgetsu – beauties of nature 6 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu beauties of nature 6 shimizu yuki

SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375063101
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784403510281 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« As-tu réfléchi à ta récompense? Je suis prêt à réaliser n’importe lequel de tes désirs. »

Shimizu Yuki sensei conclut l’arc de Yômei et Hizuru. Elle analyse le changement subtil de leur relation maître et chien tout en semant des indices sur l’évolution de leurs sentiments. Les émotions de Sano font le yoyo entre bonheur et déception, le caractère stoïque et les actions parfois tendres, parfois froides de Tsujimoto brouillant la compréhension de ses intentions. D’ailleurs, Yômei reste encore prisonnier des paroles de son frère Katsuya et des règles du clan. Par ailleurs, l’auteure s’intéresse aux victimes collatérales du monde des yakuzas. A travers Kiriya, elle montre la fonction malaisée de chef de clan. De même, avec Katsumata, elle dénonce le fort esprit de responsabilité et de culpabilité d’un yakuza dans ses actions. La balance entre humour et tendresse des interactions de Yômei et Hizuru est rafraichissante, le couple développant une relation consensuelle. En plus, Sano fait preuve de plus d’audace pour notre plus grand plaisir.

La mangaka a un style immédiatement reconnaissable avec son trait épuré et ses contours parfois dédoublés. Elle porte attention aux petits détails comme par exemple les changements d’expression, les ombres et même le reflet des nuages dans les fenêtres. D’ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges et sont plutôt travaillés, en particulier la végétation, le onsen ou le cimetière. Les flash-back, intégrés directement au récit, se remarquent immédiatement avec leur ton plus clair et une trame rayée. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, la mise en page dynamique joue beaucoup sur les ellipses, les emboîtements de cases, l’absence de cadre et les grandes vignettes. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Contrairement au tome précédent, elle détaille les parties intimes tout en conférant beaucoup de sensualité aux passages sexys.

En résumé

Grièvement blessé, Sano Hizuru s’évanouit. Sa voiture étant bloquée suite à un accident, Tsujimoto Yômei perd patience. En effet, des charpentes tombées d’un camion bloquent la route. Oubliant toute prudence, le yakuza transporte son compagnon puis vole un camion après avoir frappé le propriétaire. Sur la route, il croise en contre-sens une ambulance qui s’arrête soudain. Il s’agit de Hitomi Masataka, accompagné de Renko. Les deux médecins prennent alors en charge le blessé. Plus tard, Hizuru se réveille à l’hôpital et remarque Yômei à ses côtés qui veille sur lui. Il réalise alors qu’il désire plus que tout rester auprès de celui qu’il aime…

En conclusion

Ce tome obtient la douzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2018. Tsujimoto Yômei est classé huitième meilleur seme tandis que Sano Hizuru occupe la neuvième place du meilleur uke. L’amour de Hizuru semble déborder du manga. Quel plaisir de suivre les aventures de ce couple si adorable qui mériterait vraiment de quitter le dangereux milieu de la mafia.

Hidamari ga kikoeru 4 Limit 2 – Fumino Yuki

hidamari ga kikoeru 4 fumino yuki

FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782368776704
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784829686157 (JP)
Printemps shuppan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

L’incompréhension au sein du couple fait obstacle à l’amour.

Fumino Yuki sensei interpelle les lecteurs sur les différents appareils auditifs. Elle dénonce également le voyeurisme de certains journalistes qui jouent sur l’apitoiement du public envers les handicapés pour faire de l’audimat. Par ailleurs, elle met en avant les problèmes que peuvent rencontrer des couples dont l’un des partenaires est malentendant. Ainsi, Yasu réalise les difficultés à s’intégrer dans une conversation. De même, Kôhei se sent mal pour Taichi qui tente de communiquer normalement alors qu’il ne maîtrise pas encore la langue des signes. D’ailleurs, l’auteure montre le sentiment de solitude, d’infériorité ou de culpabilité que peut ressentir une personne handicapée en compagnie d’une personne valide. Elle décrit avec finesse l’impression de sacrifice d’une personne qui s’engage pour aider celui qu’il aime. Ainsi, influencé par Ryû, Kôhei réfléchit sur sa relation avec Taichi et se renferme à nouveau. Au contraire, Taichi n’arrive pas à transmettre ses sentiments.

La mangaka adoucit son trait, toujours aussi fin. Elle équilibre l’utilisation des trames. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors sont plutôt réalistes et très présents. La mise en page dynamique joue beaucoup sur la variation des angles de vue. En fin de tome, Fumino sensei offre un chapitre rétrospectif avant que les deux jeunes hommes ne se déclarent. Comme dans le tome précédent, elle reprend le thème de la couverture en proposant deux planches amusantes sous la jaquette, insistant sur les quiproquos entre le couple.

En résumé

Le grand-père de Sagawa Taichi est sorti de l’hôpital malgré les recommandations des médecins, mais il semble avoir la forme. Depuis qu’il a dormi chez Sugihara Kôhei, Taichi ne l’a plus revu. Ses petits soucis l’empêchent de se consacrer pleinement à sa formation. Mais Chiba vient prendre la relève d’Araki qui perdait patience. Invitée par Yasu, Maya l’emmène au restaurant de Yumetani. Toutefois, le jeune homme s’aperçoit qu’il a du mal à se mêler à leur conversation. Kôhei fréquente de plus en plus Ryû, faisant du mini-foot avec lui. Cependant, il remarque que ce dernier n’aime pas se mêler aux personnes valides. En effet, considérant que son handicap sera toujours une charge pour eux, le jeune homme préfère rester avec des personnes le comprenant.

En conclusion

Ce tome obtient la dixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2019. Sugihara Kôhei est classé quatorzième meilleur seme et Sagawa Taichi dix-huitième meilleur uke. A chaque page mon cœur palpite pour ce couple qui semble fait l’un pour l’autre malgré les obstacles. D’ailleurs, l’auteure arrive à décrire avec finesse leurs sentiments, leurs hésitations, et à pointer les points difficiles de la relation et du handicap. Elle donne envie de s’intéresser au sujet, sans tomber dans le mélodrame.

Hidamari ga kikoeru 3 Limit 1 – Fumino Yuki

hidamari ga kikoeru 3 fumino yuki

FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782368776148
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784829685990 (JP)
Printemps shuppan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Entre travail et études, difficile d’entretenir une relation naissante.

Fumino Yuki sensei met en avant la difficile conciliation d’une relation amoureuse entre travail et études. Avec Umetani Take et Ryû, elle présente un peu le football pour les sourds. En plus, elle apporte une note positive par rapport au tome précédent, mettant en avant le dynamisme des jeunes pour organiser des évènements adressés au public malentendant. Ryû apporte une autre vision des relations entre valides et handicapés. Les gaffes de Taichi apportent une touche d’humour. L’auteure dévoile également le passé du jeune homme. Elle développe un peu certains membres de la société Sig-n, en particulier le sévère Chiba et le taquin Tendô. Même si la relation entre Sagawa et Sugihara avance, leurs rapports sont pollués par divers sentiments comme le doute, la peur de la séparation ou de devenir une charge. En plus, Taichi n’est pas prêt psychologiquement malgré son désir bien présent.

Le trait épuré de la mangaka, proche du style shôjo, dégage à la fois de la douceur et une certaine fraîcheur. Elle simplifie ses traits en exagérant les expressions, apportant une touche humoristique. Ainsi, les bouilles de Taichi gêné sont adorables. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. De même, l’utilisation des trames est équilibrée. Les décors sont précis, très réalistes. La mise en page est dynamique, avec des angles de vue variés. Même si il n’y a pas de scènes érotiques à proprement parler, Fumino sensei transcrit parfaitement la gêne et le désir présent de ses personnages. Quand ils rougissent tous les deux, ils reprennent un air presque innocent et enfantin. Sous la jaquette, elle offre une anecdote tendre avec nos deux maladroits dans la continuité de la couverture.

En résumé

Comme Sagawa Taichi travaille à Sig-n, il a moins le temps de voir Sugihara Kôhei. Un stage intensif est programmé au lac Kawaguchi pour la société Bart qui accueille une nouvelle recrue atteinte de surdité. Chiba décide de ne prendre que l’élite. Frustré, Taichi n’arrête pas de se plaindre auprès de Kôhei durant leur rendez-vous. Impatient, son petit ami l’embrasse alors qu’ils flânaient dans un parc, mais le garçon enjoué n’aime pas les démonstrations dans les lieux publics. Comprenant toutefois sa peine, il accepte alors une petite excursion en amoureux pour son prochain congé. Mais Taichi doit remplacer au dernier moment un collègue qui s’est blessé. Toutefois, durant le stage, Chiba lui interdit d’utiliser la langue des signes qu’il ne maîtrise pas totalement et d’intervenir auprès des stagiaires, en particulier Ueno qui est sourde.

En conclusion

Ce tome obtient la dixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2018. Sugihara Kôhei est classé 18ème meilleur seme et Sagawa Taichi 19ème meilleur uke. J’aimerais bien que la relation entre Yasu et Maya se concrétise mais l’amour ne fait malheureusement pas tout. J’aime beaucoup les nouveaux personnages. L’auteure arrive à parler du handicap avec finesse et bienveillance, présentant à la fois le travail de ceux qui essaient d’intégrer les personnes malentendantes ainsi que les manques qui persistent. Elle donne même envie d’approfondir le sujet. Je suis complètement subjuguée par ce magnifique récit.