L’amour transparent – hitomi

l amour transparent hitomi

hitomi
ISBN: 9782382762004
Hana, 2023
ISBN: 9784396785437 (JP)
Shodensha, 2022 (JP)
Titre original: 透明な愛のうつわ
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Je voudrais que tu me donnes ta malchance. »

hitomi sensei narre une douce romance fantastique mettant en avant l’amour « véritable ». Elle alterne la narration entre Miki et Shiro, décryptant avec finesse leurs sentiments. Par ailleurs, elle construit une relation consensuelle, même si celle-ci débute par un baiser volé suite à un quiproquos. Renfermé et plutôt négatif, Miki va prendre peu à peu confiance en lui, apprenant ainsi à apprécier le côté positif des choses. Shiro, quant à lui, s’humanise petit à petit en découvrant de nouvelles émotions au contact de son hôte. D’ailleurs, il ressent de plus en plus de contradictions entre son désir et sa nature. Les deux hommes s’ouvrent petit à petit aux autres. L’auteure maintient le suspense en révélant peu à peu les secrets des deux héros. Elle aborde entre autres les petits tracas du quotidien perçus différemment selon son état d’esprit, le simple bonheur de partager sa vie avec l’être aimé.

La mangaka a un trait fin assez réaliste. Elle le simplifie plutôt discrètement dans les passages humoristiques. Elle dessine différentes morphologies renforçant le réalisme. Par ailleurs, les décors soignés et très présents alternent avec les trames d’ambiance. Il y a également beaucoup de trames qui rendent en détail les ombres, les couleurs et même les dégradés. Le fond noir indique aussi bien les souvenirs que l’humeur déprimante des personnages. La mise en page est très dynamique avec des sorties de case et des chevauchements. Dans les scènes érotiques, hitomi sensei ne montre pas les parties intimes en jouant sur les cadrages. Elle préfère d’ailleurs s’attarder sur les émotions des personnages.

En résumé

Donoue Miki (25 ans) a toujours été poursuivi par la malchance. Après une dure journée où les problèmes s’accumulent, il est au bord de craquer lorsqu’il se cogne contre un poteau. Mais un étrange homme aux cheveux blancs l’accoste et lui demande alors de lui donner sa malchance. Il se présente comme un akashibito, un monstre se nourrissant des émotions négatives de son hôte humain. Malgré ses hésitations, Miki le ramène finalement chez lui et finit par le croire en constatant que sa main devient transparente. Pour signer un contrat entre eux, il doit lui tenir la main et lui donner un nom: Shiro. Mais très affamé, Shiro l’embrasse soudainement. Toutefois, Miki le repousse.

En conclusion

Ce one-shot obtient la quatorzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Avec un scénario parfaitement rythmé et maîtrisé, hitomi sensei dépeint parfaitement les sentiments de ses personnages. En plus son magnifique graphisme exprime avec finesse leurs émotions. J’avais les larmes aux yeux avec ce récit émouvant. Un énorme coup de cœur!

Badass – Haji

badass haji

Haji ハジ
ISBN: 9782382761571
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784829686546 (JP)
Printemps, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Pas la peine de te rappeler leur nom. Après tout, dans 6 mois, ils seront morts. »

Haji sensei propose de suivre une romance entre deux nouveaux collègues balèzes et aux caractères opposés, dans un univers bien construit où cohabitent humains et demi-humains. Elle dévoile au fur et à mesure le contexte de ce monde ainsi que le passé dur et sombre des deux héros. Elle crée une excellente dynamique entre Alphonse et Dante qui apprennent d’abord à s’apprécier malgré leurs différences et s’ouvrent petit à petit à l’amour. En effet, le droit et franc Al doit composer avec son capitaine impulsif à la sexualité débridée. Mais leur relation évolue au fil de leurs missions plutôt risquées. Les autres membres de la section ont également de fortes personnalités. Ainsi, le scientifique Jack Sanders (35 ans) calme les ardeurs du couple tandis que l’opérateur Archie le soutient. L’auteure aborde entre autres, la discrimination, le rejet de valeurs différentes, la cohabitation de diverses cultures, les efforts des couples inter-espèces.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Comme à son habitude, elle fait preuve de beaucoup d’imagination pour créer les espèces hybrides et les monstres. Les personnages adoptent des cambrures sexy et sensuelles. Et Al affiche des bouilles adorables lors de ses transformations incomplètes à cause de fortes émotions. Les décors plutôt présents s’estompent jusqu’à disparaître dans les plans rapprochés. Malgré de nombreuses trames, l’équilibre donne surtout du contraste et de la couleur. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page dynamique retranscrit bien les scènes d’action pourtant succinctes. Haji sensei ne censure pas les scènes érotiques, incluant même des transparences. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente les protagonistes dans leur quotidien. En fin de tome, il y a des fiches explicatives.

En résumé

Trop sérieux et épris de justice, le demi-humain Alphonse Forsyth (28 ans), de l’espèce rare des dragons, est muté au bureau des affaires des exterminations spéciales, la pire section de la Life defense. Mais pour son premier jour, il s’est perdu car on lui a donné un mauvais plan. Grâce à son mobile robot zonure, il contacte l’opérateur Archie Ridgeback qui le guide. Quand un vol à la tire se déroule sous ses yeux, il s’empresse de poursuivre le criminel sans attendre les instructions de son nouveau capitaine qui n’est pourtant pas loin. Doté d’une ouïe très développée, Dante Sinclair (32 ans) prend alors les choses en main et le guide à distance pour arrêter le voleur. Après l’avoir rejoint nonchalamment, il préfère l’inviter à boire un café, augmentant ainsi le retard d’Al…

En conclusion

Haji sensei offre un one-shot très épais (320 pages), prenant le temps d’installer son univers et de développer le background de ses héros. Elle construit des héros attachants, qui malgré leurs puissants pouvoirs, ont autant de qualités que de défauts. Bien que l’univers soit fictif, les thèmes abordés restent contemporains. En plus, les moments intimes débordent de sensualité, avec des relations consenties. Je craque complètement pour le couple d’Al et Dante. Pour moi, cette œuvre me semble la plus aboutie de l’auteure. Tout est dans le titre! Et c’est un énorme coup de cœur que je recommande absolument à tous ceux qui aiment les BL fantastiques.

Lullaby of the dawn 1 – Yuno Ichika

lullaby of the dawn 1 yuno ichika

YUNO Ichika ユノイチカ
ISBN: 9782375063705
Taifu comics, 2023
ISBN:‎ 9784910526041 (JP)
Shucream, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Je veux rester avec vous! »

Yuno Ichika sensei nous narre une romance dans un monde fantastique rempli de mystères. Elle sème des indices au fil des chapitres, installant pour l’instant son univers et ses personnages. D’ailleurs, elle met rapidement en avant la cruauté de ce monde, l’organisation planifiée des sacrifices des chamans ainsi que le peu de personnes qui cherchent à changer cette situation. Ainsi, Letti et Konoe qui travaillent pour le monastère, apportent un autre regard sur les conditions des chamans. La narration se base principalement du point de vue d’Arnór. En grandissant, l’admiration de l’enfant va petit à petit évoluer en sentiment amoureux. L’auteure aborde la souffrance de la solitude mais également de l’attachement à la vie lorsqu’on est condamné à mourir ainsi que l’ostracisation des héros qui pourtant de sacrifient. Elle ajoute quelques touches d’humour et de douceur avec l’ami et collègue d’Arnór, Shima.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle varie les morphologies et physionomies, rendant ainsi les personnages facilement reconnaissables. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges et alternent avec les trames ambiance plutôt discrètes. Les autres trames sont équilibrées. Toutefois, Yuno sensei transcrit parfaitement les contrastes nuit et jour en différenciant les tons de trames pour rendre l’ambiance inquiétante. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique.

En résumé

Depuis le décès de sa mère, Arnór (10 ans) vit avec sa tante et sa cousine Sushka. Cette dernière a la fâcheuse tendance à se défausser de ses tâches et laisse donc le jeune garçon très motivé les faire à sa place. Intrigué par le chaman qui vit éloigné du village et le protège en affrontant chaque nuit les monstres de l’eau noire qui apparaissent en mer, Arnór se porte volontaire pour lui amener son offrande. Malgré un premier contact rude, il se met à l’admirer. Mais en apprenant le triste destin d’Elva (18 ans) qui le sauve un soir alors qu’il tentait d’arrêter d’autres enfants trop curieux, Arnór décide de prendre soin du chaman qui se laisse peu à peu approcher. D’autant plus qu’au contact de l’enfant, la marque noire maudite semble se résorber…

En conclusion

Ce tome obtient la première place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022. Arnór se classe quinzième meilleur seme tandis qu’Elva est septième meilleur uke. Pour son premier manga, Yuno Ichika sensei maîtrise déjà parfaitement son graphisme, sa mise en page mais également le développement de son scénario. Certains passages peuvent paraître un peu trop rapides mais l’essentiel reste compréhensible. Le cliffhanger final donne envie de vite découvrir la suite. Je suis conquise dès les premières pages! Énorme coup de cœur pour ce titre qui était attendu.

The night beyond the tricornered window 6 – Yamashita Tomoko

the night beyond the tricornered window 6 yamashita tomoko

YAMASHITA Tomoko ヤマシタトモコ
ISBN: 9782375063583
Taifu comics, 2023
ISBN:‎ 9784799739242 (JP)
Libre, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« N’oublie pas que ce sont des êtres vivants que tu as en face. »

Yamashita Tomoko sensei dévoile au fur et à mesure le passé d’Erika tout en semant quelques indices sur la secte. Elle montre la nécessité du soutien d’un adulte dans la construction de la personnalité d’un adolescent. Par ailleurs, elle explique clairement le pouvoir de Hiura et met en avant sa fragilité. En effet, avec le stress, l’adolescente a tendance à perdre le contrôle. La sollicitude mais également les remontrances de son entourage lui permettent d’enfin prendre conscience de ses mauvaises actions et d’y faire face. Comme dans le tome précédent, la relation entre Hiyakawa Rihito et Mikado évolue doucement. Le jeune exorciste s’intéresse de plus en plus à la vision de son partenaire sur les relations, la société. Ainsi, l’auteure interroge sur l’abnégation, l’influence des différentes croyances (confiance en soi ou en l’autre, foi, croyance en l’occulte…). Elle joue sur les quiproquos pour détourner avec humour les clichés du BL.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise avec parcimonie les trames pourtant variées, se contentant principalement de colorer ses planches. Par exemple, les tissus comportent souvent des motifs. Des trames rayées recouvrent les vignettes de souvenirs furtifs et de courts flash-back. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges et apportent une note réaliste. La mise en page est classique. Yamashita sensei présente succinctement les personnages en début de tome. Elle change le style de la couverture, en raccord avec le changement d’ambiance du récit. De même, dans les illustrations en début de chapitre, elle joue sur les contrastes pour donner le ton général de l’histoire.

En résumé

Suite à sa rencontre avec Hanzawa Hiroki, Hiura Erika panique à l’idée que la police soit sur ses traces. Elle s’inquiète également pour son gardien Sakaki Kazuomi. En effet, lors de sa première rencontre avec le professeur, ce dernier l’avait obligée à utiliser ses pouvoirs sur des yakuzas. Mais comme Sakaki est venu à son secours, le professeur l’a alors menacé de le tuer. Hiura et son gardien s’interrogent donc sur l’existence d’un traitre et décident de mener l’enquête. Comprenant qu’elle ne peut faire confiance à personne, l’adolescente commence peu à peu à soupçonner Mikado Kôsuke…

En conclusion

Yamashita Tomoko sensei s’attarde un peu plus sur la conscience de ses personnages, leur vision de la société et de leurs pouvoirs. Les pages s’éclaircissent, accompagnant l’ambiance générale plus positive de ce tome, même si certains passages restent effrayants. J’adore le caractère de Mikado, qui va de l’avant à son rythme, malgré ses peurs. Une belle lecture qui se détache du BL et est donc accessible à tous.

Tu ne me connais pas aujourd’hui – Tonda Moco

tu ne me connais pas aujourd hui tonda moco

TONDA Moco 豚田もこ
ISBN: 9782382763827
Hana, 2023
ISBN: 9784796415170 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Cette fois-ci, je changerai l’avenir. »

Tonda Moco sensei propose de suivre une tentative de sauvetage grâce à des boucles temporelles. Elle ajoute une difficulté à son scénario en démarrant par une amitié naissante et non encore confirmée. Ainsi, elle présente d’abord la version de Mikuni qui avance petit à petit dans le temps avant de reboucler sur le même jour à chaque fois qu’il échoue à sauver Ono. Il découvre ainsi petit à petit les secrets de son camarade et son attirance se transforme peu à peu en sentiment amoureux. La narration bascule ensuite sur Ono. L’auteure partage d’abord la vision d’Ono sur sa rencontre avec Mikuni et les évènements en commun entre les deux lycéens. Puis elle crée un retournement scénaristique intéressant et surprenant et apporte enfin quelques explications en suivant les déductions des deux adolescents.

La mangaka a un trait légèrement épuré de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les visages s’arrondissent. Le fond noir indique à la fois les flash-back, mais aussi les passages dramatiques. Par ailleurs, les trames sont variées. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page très dynamique utilise les techniques des shôjo. Tonda sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Ono, sérieux et bon élève, ne semble pas apprécier Mikuni Shûya, tête en l’air. Ce dernier essaie pourtant de sympathiser avec son voisin de table en engageant la conversation, ayant remarqué sa collection de la mascotte Pûtarô. En le voyant devant un gashapon, il l’aide même à obtenir le porte-clé qu’il voulait. Le lendemain, Ono lui propose de l’aider à finir ses devoirs. Alors que Mikuni réalise soudain avoir oublié de ramener le carnet de classe, il surprend le professeur Yama en train d’abuser sexuellement d’Ono. Mais son camarade le supplie de ne rien dire à personne. Le lendemain, 15 septembre, Mikuni n’ose pas regarder Ono en face. Mais le soir, il apprend le suicide de ce dernier. Mais quand il voit Ono en classe le jour suivant, d’abord surpris, il constate vite qu’il a remonté le temps et décide donc de le sauver à tout prix…

En conclusion

Tonda Moco sensei mène plutôt bien son scénario, même si certains passages un peu trop expéditifs à cause des raccourcis et les répétitions mal équilibrées des boucles temporelles peuvent dérouter certains lecteurs. Un avertissement bienvenu dans le sommaire prévient des passages choquants. En effet, le peu de scènes érotiques sont majoritairement sans consentement. Mais le suspense et le retournement scénaristique sont entrainants. Une lecture rythmée et surprenante qui a plus d’impact à la première lecture. Et le graphisme est agréable.

Veux-tu sucer mon sang? 1 – Yamamoto Kotetsuko

veux tu sucer mon sang 1 yamamoto kotetsuko

YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782382763810
Hana, 2023
ISBN: 9784796415217 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Un monde où les humains et les Surnaturels cohabitent… »

Yamamoto Kotetsuko sensei propose une comédie romantique légère entre un humain fan d’occulte et un vampire solitaire. Elle installe d’abord les personnages et le contexte. Ainsi, elle dévoile au fur et à mesure de son récit les discriminations dont font l’objet les Surnaturels. Uzuki apporte une touche humoristique. En effet, malgré sa passion, il a peur des phénomènes surnaturels. D’un caractère positif, il n’a pourtant pas beaucoup d’amis. Kôsuke, quant à lui, apprécie la solitude. Les deux jeunes hommes se rapprochent et nouent d’abord des liens d’amitié. Par ailleurs, l’auteure sème des indices sur le passé de ses personnages suggérant les traumatismes qu’ils ont subis. En parallèle, à travers Sakuma, elle aborde également les dérives possibles des créateurs de contenus pour les réseaux sociaux. Elle joue sur les quiproquos pour créer la surprise et accélérer le développement des sentiments.

La mangaka a un trait épuré. Les trames sont variées malgré beaucoup de passages à dominante sombre car les évènements se passent souvent la nuit. Les trames d’ambiance très graphiques appuient les moments comiques ou inquiétants. La mise en page est dynamique. Yamamoto sensei montre le quotidien du couple en devenir dans les illustrations en début de chapitre. En fin de chapitre, elle donne des anecdotes.

En résumé

Kioi Uzuki est fan des mystères occultes et Mytubeur. Étudiant, il vit chez sa grand-mère, Shizue, qui tient une résidence accueillant des Surnaturels. Un soir de pleine lune, alors qu’il cherchait des fantômes pour sa chaîne, il est attaqué par Kôsaka, un des pensionnaires loup-garou qui a perdu le contrôle. Satô Kôsuke, un vampire et nouveau locataire de la résidence Kioi, le sauve alors en assommant l’agresseur. En admiration devant le vampire, Uzuki n’arrête pas de le suivre et lui demande ensuite de l’accompagner pour sa prochaine vidéo dans une maison hantée…

En conclusion

Comme à son habitude, Yamamoto Kotetsuko sensei part d’un scénario plutôt classique qui pique tout de même l’intérêt du lecteur. Elle aborde avec légèreté des thèmes toutefois intéressants mais reste dans le pur divertissement. Son graphisme est avant tout efficace et va à l’essentiel. Conquise, j’ai hâte d’en apprendre plus sur Uzuki et les Surnaturels!

L’empereur et le monstre – Akabeko

l empereur et le monstre akabeko

akabeko
ISBN: 9782382763803
Hana, 2023
ISBN: 9784799753668 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Je ne suis rien d’autre qu’une marionnette. »

Akabeko sensei nous narre un récit à la fois fantastique et intrigant avec un jeune empereur isolé et impuissant qui trouve un confident en la personne d’un étrange monstre. Elle plonge rapidement les lecteurs dans les intrigues et les complots, introduisant au fil des chapitres différents personnages qui soutiennent Tao. De même, elle révèle au fur et à mesure l’état du pays. Toutefois, les complots du vil Daki semblent un peu trop classiques et ne créent aucune surprise. Le jeune empereur partage la même vision politique qu’Utosa et se rapproche donc rapidement de l’immortel. L’auteure s’attarde plus sur l’action que sur la romance. Elle montre comment le héros évolue positivement malgré la violence qui l’entoure, en mûrissant et en prenant de l’assurance. Toutefois, elle développe peu les mystères entourant le monstre, maintenant un certain suspense.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux, jouant sur les pleins et déliés. Elle porte attention aux décors et aux costumes. Elle dessine des yeux expressifs malgré un style particulier. En effet, les pupilles sont vides dans de tous petits iris. Les nombreuses trames sont variées. Par contre, les trames d’ambiance alternent avec les décors. Des cadres assez épais renforcent la rigueur d’une mise en page plutôt classique. Toutefois, les angles de vue variés apportent une certaine dynamique. Cela se remarque d’autant plus que les scènes de combat semblent assez statiques, se résumant juste à un mouvement. D’ailleurs, Akabeko sensei évite de montrer trop de sang. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc et joue même sur les cadrages pour les occulter. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre les personnages comme s’ils étaient pris sur le vif.

En résumé

Jeune, le prince Tao était intrigué par le mausolée fermé du palais dans lequel dormirait un terrible monstre immortel. Devenu maintenant le 43ème empereur d’Ise à l’adolescence, il préfère s’entrainer à l’épée avec son ami Nowaka au lieu d’étudier. D’ailleurs, il aimerait développer la diplomatie au lieu de la violence, contrairement à son père impitoyable et inhumain. Mais le premier ministre Daki n’apprécie pas ses idées et fait alors décapiter Nowaka sous les yeux de l’empereur, l’accusant de comploter. Comprenant qu’il n’est qu’une marionnette sans pouvoir décisionnaire, Tao, désespéré, ouvre le mausolée et réveille le monstre. Soudain, un homme aux longs cheveux blancs l’embrasse, le confondant avec une certaine Nita. Il se présente alors comme le premier empereur d’Ise, Utosa…

En conclusion

Akabeko sensei propose un scénario d’abord intéressant mais enchaine ensuite les évènements sans les approfondir, donnant l’impression de survoler complètement les moments émouvants et importants. Ses regards sont toujours expressifs malgré son trait particulier. L’intrigue et la relation me plaisent. Malheureusement, l’histoire me laisse un goût d’inachevé. Dommage!

Goodbye, nameless violin – Ume-chi

goodbye nameless violin ume-chi

Ume-chi うめーち
ISBN: 9782375063606
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784799754061 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Comment progresser dans son art sans s’attacher à son instrument, si excentrique soit-il? »

Ume-chi sensei crée un univers fantastique plutôt simple, interrogeant les lecteurs sur l’attachement, la personnification et l’anthropomorphisme des animaux et des objets. Elle base la narration sur Sôsuke. Suite à son traumatisme d’enfance, l’étudiant refuse de traiter le violon humanoïde Vn-Ga 2567 en humain. Pourtant, à son contact, il va s’ouvrir petit à petit et l’accepter, la qualité du son des instruments de musique dépendant de la relation de confiance qu’ils partagent avec le musicien. Le violon, quant à lui, a un comportement très humain malgré son excentricité, se montrant jaloux et tombant amoureux de son propriétaire. L’auteure aborde la peur de perdre l’autre et les différentes types de relations. D’ailleurs, elle utilise le lien entre Hasegawa et son piano humanoïde Cosmo pour mettre en avant les limites entre simples outils et partenaires. Elle nuance son propos en révélant le passé du piano dans une histoire bonus.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux, avec un style bien marqué. Elle le simplifie, et le déforme même, dans les passages humoristiques. Elle représente la musique par des images métaphoriques, empreintes de poésie. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. L’utilisation de beaucoup de trames donne un aspect réaliste. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. D’ailleurs, Ume-chi sensei exploite les doubles pages ou les grandes vignettes pour détailler les transformations, les décomposant en détails. Elle ne censure pas les scènes érotiques. A la fin de certains chapitres, elle dessine des petites saynètes muettes qui narrent une histoire. Les illustrations en début de chapitre sont intégrées au récit.

En résumé

Dans ce monde, les objets auxquels on attribue un nom se transforment en être vivant. Mais depuis qu’Otonashi Sôsuke, actuellement étudiant en deuxième année à l’école de musique Tôhô, a perdu son violon Mottan qui prenait la forme d’un chat quand il était jeune, il refuse de nommer son instrument. Ayant cassé son violon actuel dans un accident, il se rend dans une boutique d’instruments de musique pour en acheter un nouveau. Mais les sans noms coûtent trop chers pour son budget. Comme il refuse de prendre un violon d’occasion parmi les nommés, le vendeur se propose alors d’être acheté. En effet, comme il ne se souvient plus de son nom, il redeviendra bientôt un simple instrument…

En conclusion

Ume-chi sensei mêle drame, humour et romance avec facilité, construisant suffisamment son univers particulier pour happer le lecteur, malgré le format one-shot. Elle arrive même à insuffler un peu de suspense en fin de tome. Elle a en plus un graphisme très expressif et plaisant. D’ailleurs les transformations sont magnifiques. Impossible de ne pas craquer pour Vn-Ga 2567! Coup de cœur pour ce récit, totalement efficace pour moi qui ait tendance d’ailleurs à nommer certains objets!

The night beyond the tricornered window 5 – Yamashita Tomoko

the night beyond the tricornered window 5 yamashita tomoko

YAMASHITA Tomoko ヤマシタトモコ
ISBN: 9782375063545
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784799734360 (JP)
Libre, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Depuis combien de temps l’inspecteur Hanzawa connaît-il Hiyakawa? »

Yamashita Tomoko sensei propose diverses enquêtes, permettant ainsi de développer les personnages secondaires. Comme dans le tome précédent, elle montre l’évolution de la relation entre Hiyakawa et Mikado. En effet, l’exorciseur s’ouvre peu à peu, même s’il refuse de dévoiler certains secrets de son passé, et fait des efforts pour ne pas blesser celui qu’il considère comme son destin. Incité par le voyant Mukae Keita, il multiplie les expériences pour trouver d’autres méthodes d’exorcisme plus douces. Par ailleurs, Hanzawa Hiroki est mis en avant dans ce récit. Ainsi l’auteure révèle son passé avec Rihito, sa vision de la société et ses faiblesses. Avec la secte de « La paume illuminée », elle aborde les dérives de ces organisations, l’exploitation des personnes en état de faiblesse, la carence éducative et l’instrumentalisation du porteur d’un don. Elle interroge alors sur la culpabilité ou non des membres d’une secte survivants lors de délits collectifs.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle varie la physionomie de ses personnages, les rendant facile à distinguer. Elle exagère les expressions pour renforcer les émotions, déformant un peu ses traits tout en restant réaliste. Des hachures marquent les ombres fortes. Par ailleurs, les trames, utilisées avec parcimonie, apportent juste une touche de couleur. De même, quelques trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors s’effacent autour des personnages pour ne pas surcharger la page. La mise en page classique propose tout de même quelques constructions originales, comme par exemple des mises en parallèle entre passé et présent ou discussion et interrogatoire. En début de tome, Yamashita sensei présente les personnages. Le jeu de vernis sur la couverture est du plus bel effet.

En résumé

Pendant sa fuite, Mikado Kôsuke s’inquiète d’avoir vraiment pu sauver Hiyakawa Rihito dont l’esprit était figé. Son patron a bien repris ses esprits mais leurs mains semblent complètement collées. L’exorciseur le guide alors pour se libérer. Quelques jours plus tard, les deux hommes aident un client poursuivi par des connaissances ou des inconnus qui le fixent en riant. Pour mieux analyser la situation, Hiyakawa transfère le sort sur son collègue qui se retrouve donc à courir en rond pour fuir. Il essaie ensuite une nouvelle technique pour exorciser le poursuivant possédé sans le blesser…

En conclusion

Ce tome possède un ton plus sérieux, délaissant les allusions aux BL. Yamashita Tomoko sensei installe beaucoup de tension en révélant au compte-gouttes le passé de Hiyakawa, laissant libre cours à l’imagination du lecteur. Elle confronte constamment ses personnages sympathiques à l’avidité et la noirceur humaine. Avec toutes les révélations, elle relance un peu son récit. Je suis heureuse d’en découvrir plus sur mon chouchou, l’inspecteur Hanzawa. J’aime beaucoup le graphisme de la mangaka, très expressif et sa maîtrise scénaristique qui préserve le suspense. Une lecture que je recommande à ceux qui aiment les histoires paranormales.

J’ai apprivoisé un gangster – Akihisa Teoh

j ai apprivoise un gangster akihisa teoh

AKIHISA Teoh 秋久テオ
ISBN: 9782382763704
Hana, 2023
ISBN: 9784758078948 (JP)
Ichijinsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Un simple salaryman japonais rend inoffensif un gangster américain menaçant venu du passé! »

Akihisa Teoh sensei offre une romance érotique avec une touche à la fois sombre et fantastique, mêlant les genres. Elle intègre visuellement les codes des films mafieux pour illustrer son récit sans pour autant l’incorporer au scénario. Elle base la narration sur Sugimori. Le salaryman trop gentil, se montre surprotecteur avec Clyde qui s’adoucit à son contact. Les deux hommes s’interrogent sur leur attachement réciproque, d’autant plus que le gangster se montre d’abord froid et violent avec son hôte. Les évènements s’enchainent un peu facilement. En effet, l’auteure s’attarde surtout sur la cohabitation et l’évolution des sentiments de ses personnages. Elle aborde donc la différence culturelle, la fascination de l’inconnu et la peur de perdre celui qu’on aime.

La mangaka a un trait anguleux. Elle s’inspire clairement de l’image du gangster un peu clichée des films, reproduisant la gestuelle et le style vestimentaire. De même, elle offre une bonne balance des noirs et blancs, parfait pour ce genre, permettant au lecteur de s’immerger rapidement dans le récit. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique joue beaucoup sur les superpositions et emboitements de cases. Akihisa sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même des coupes intérieures.

En résumé

Un soir, après des heures supplémentaires, le salaryman Sugimori Yû (27 ans) croise un étranger menaçant devant son hall d’immeuble. Le gangster armé le menace d’un pistolet et lui demande alors de l’héberger. En discutant avec lui, Sugimori réalise que l’américain semble plutôt perdu car il viendrait du passé. Bien qu’apeuré, il décide tout de même de suivre ses directives, espérant qu’il s’en aille. Mais le lendemain, de retour du travail, le bandit, Marven Clyde, lui donne une liasse d’argent en lui demandant de le cacher chez lui…

En conclusion

Ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2020 mais les lecteurs le citent parmi les meilleurs thèmes érotiques, appréciant la rencontre du destin à travers le temps et les scènes très sensuelles. En effet, Akihira Teoh sensei a un beau graphisme, un trait expressif et une maîtrise de la mise en page. Toutefois, bien que son scénario soit intéressant et original, elle ne développe pas assez certains évènements pour retenir le lecteur en haleine, privilégiant les moments sexy. J’ai tout de même passé un excellent moment de lecture, surtout un plaisir pour les yeux!