J’en peux plus, Sensei! 2 – Kashima Chiaki

j en peux plus sensei 2 kashima chiaki

KASHIMA Chiaki 嘉島ちあき
ISBN: 9782382760222
Hana, 2021
ISBN: 9784832291294 (JP)
Houbunsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Comment peut-on dire « je t’aime » aussi facilement?

Kashima Chiaki sensei continue à malmener Satoru qui s’interroge sur le sentiment amoureux. Elle développe un peu plus son passé, donnant ainsi quelques explications à ses appréhensions. Par ailleurs, elle aborde la peur de l’abandon et du changement ainsi que la difficulté à se mettre à nu face à quelqu’un que l’on connaît à peine. Les apparitions d’Ayumu et Hasegawa apportent un peu de tendresse. Shishiô se montre patient et compréhensif avec son partenaire, s’adaptant à son rythme et à sa vision biaisée de l’amour. Après Masumi dans le premier tome, l’auteure développe les questionnements de Satoru. D’ailleurs, elle dépeint parfaitement les sentiments de ses personnages. Elle met en avant les compromis et les partages dans un couple, leur fragile équilibre. Un chapitre centré sur les héros d’Akihabara fall in love permet de montrer l’évolution de leur relation.

Le trait épuré de la mangaka allie à la fois la volupté des pleins et déliés et la rigueur des lignes anguleuses. Elle détaille les regards et les réactions avec finesse. De même, elle dessine des hommes aux traits virils. Les exagérations des expressions ajoutent une note humoristique, détendant l’atmosphère parfois mélancolique. D’ailleurs, quelques trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors apparaissent dès que les plans s’élargissent. De même, les trames sont équilibrées. La mise en page reste sobrement dynamique, privilégiant les interactions et les émotions des personnages. Kashima sensei censure à peine les scènes érotiques en simplifiant les parties intimes.

En résumé

Afin d’améliorer le récit de son manga, Satoru teste la colocation avec Shishiô Masumi depuis déjà plus d’un mois. Mais ils n’ont pas du tout les mêmes attentes. Alors que Shishiô tombe petit à petit amoureux du mangaka, ce dernier est de plus en plus convaincu qu’il ne connaîtra jamais l’amour. En effet, il a beau prendre du plaisir durant leurs ébats, il n’arrive pas à cerner le sentiment amoureux et reste de marbre devant les démonstrations d’affection. En plus, les doutes de Satoru commencent à impacter sa créativité, bridée par son côté perfectionniste. Persuadé que ses efforts sont vains, il préfère donc mettre fin à leur colocation…

En conclusion

Je fonds pour cette comédie romantique entre deux hommes qui s’interrogent beaucoup sur leur orientation sexuelle. Voir les uke prendre des initiatives est un pur régal. En plus, la dynamique du couple maintient un certain suspense.

J’en peux plus, Sensei! 1 – Kashima Chiaki

j en peux plus sensei 1 kashima chiaki

KASHIMA Chiaki 嘉島ちあき
ISBN: 9782382760215
Hana, 2021
ISBN: 9784832291287 (JP)
Houbunsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Jusqu’où aller pour produire le meilleur manga boy’s love?

Kashima Chiaki sensei interroge sur l’essence-même du BL. Elle s’intéresse aux différences avec le shôjo, à la place de l’homme dans l’édition de ce genre considéré comme féminin. Elle revisite également quelques clichés. Ainsi, Masumi, tout en s’investissant dans son travail, se pose des questions sur la différence entre couple hétérosexuel et homosexuel. Il analyse constamment ses propres sentiments naissants face au mangaka impassible. Par ailleurs, l’auteure installe une dynamique intéressante avec un jeu de séduction ardu entre un uke entreprenant et un seme prévenant. Elle met également en évidence l’importance de l’amour et de la romance dans un récit BL. De même, elle dépeint une relation plutôt consentie qui se développe dans la discussion, l’explication et l’expérimentation. Le chapitre bonus s’attarde sur d’âpres négociations amusantes.

La mangaka a un trait épuré au premier abord simple mais efficace. Elle le simplifie davantage dans les passages humoristiques. De même, elle renforce l’humour avec les trames d’ambiance. L’utilisation des autres trames est plutôt équilibrée. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. J’apprécie particulièrement le jeu de la double vision avec une case scindée en deux représentant d’une part le fantasme et d’autre part la réalité. Kashima sensei censure à peine les scènes érotiques. Toutefois, elle détaille peu les parties intimes et joue sur les cadrages, privilégiant la sensualité des images.

En résumé

Shishiô Masumi, qui travaillait pour un magazine shôjo, a été transféré à la section boy’s love du département éditorial Kaen. Bien qu’il ait encore du mal à comprendre le concept et les attentes du public, sa supérieure Aoyama lui confie des dôjinshi pour repérer de nouvelles auteures. Le travail de Miss Akina, en particulier la précision de son graphisme des attributs masculins, retient l’attention du jeune éditeur et il lui donne donc rendez-vous. A sa surprise, un jeune commercial en costume se présente à lui: Akiba Satoru accepte alors de réaliser un premier manga. Mais un jour, il l’appelle, gêné. Ayant besoin d’un modèle pour dessiner, il lui demande de jouer les mannequins. Et les deux hommes se retrouvent donc dans un love hotel…

En conclusion

Ce spin-off de Akihabara fall in love présente la romance du frère d’Ayumu. Une histoire mignonne avec des personnages tellement attachants. L’auteure pointe du doigt les stéréotypes sur le BL avec pertinence et invite les lecteurs du genre à s’interroger un peu sur leur passion. J’apprécie particulièrement de voir Shishiô s’interroger sur son orientation sexuelle. Du pur bonheur!

I hate – Natsume Kazki

I hate natsume kazki

NATSUME Kazki ナツメカズキ
ISBN: 9782368775714
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784864422178 (JP)
Tokyo mangasha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Des retrouvailles entre des amis qui se sont perdus de vue.

Natsume Kazki sensei suit deux couples d’amis qui s’étaient perdus de vue et se retrouvent après quelques années. Pour un premier manga, elle maîtrise déjà son scénario et son graphisme. Elle s’intéresse à la nostalgie, aux sentiments suspendus, à la définition de l’amour. Les deux récits se basent au départ sur une même intrigue, avec un des partenaires amoureux depuis le début et l’autre qui n’arrive pas à cerner ou admettre ses sentiments. De même, la narration alterne entre les personnages. Toutefois, l’auteure diversifie les caractères des personnages et s’attarde sur leurs sensibilités pour offrir des relations différentes. Elle met en avant des collègues taquins et protecteurs qui permettent aux héros d’avancer et de réfléchir à leurs sentiments. Ainsi, Aoe a peur du changement et Hirose a du mal à assumer son homosexualité. En fin de tome, elle regroupe les deux couples d’amis pour ajouter des anecdotes amusantes.

La mangaka a un trait reconnaissable, épuré, anguleux, fin mais avec une touche presque brute et acérée. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle joue sur les contrastes blanc et noir. Malgré une utilisation des trames équilibrée, les pages paraissent plutôt claires, presque dépouillées. Les décors sont pourtant présents. Par ailleurs, les cadres sont épais mais cela colle au style car les pages semblent parfois chargées. La mise en page est dynamique, avec des angles de vue variés. Natsume sensei censure à peine les scènes érotiques, avec des caches blancs sur les détails des parties intimes. Sous la jaquette, elle présente les personnages et donne une postface développant la création de ses récits.

En résumé

I hate / I love: A 27 ans, Hirose Nozomi est encore puceau. Il n’a même jamais embrassé une fille. Pourtant au lycée, il appréciait les baisers de son kiss friend Kiriya Kaoru. Mais un jour, son ami se montrant trop entreprenant, il a pris peur. Traumatisé, il a donc fui à Tokyo dès son diplôme obtenu et travaille maintenant dans un magasin d’ameublement. Devant s’occuper de la décoration d’un bar à hôtes, il retrouve par hasard Kiriya qui est devenu escort boy. Même s’il n’a pas envie de renouer avec lui, il ne l’a pourtant pas oublié depuis ces dix années…
No where, now here: Itsuki Aoe (27 ans) et Hinomoto Akaya (27 ans) sont amis d’enfance. Un peu asocial, Aoe est fonctionnaire dans sa région natale. Akaya, quant à lui, est devenu designer à Tokyo et commence à avoir du succès. Mais quand il revient dans sa région après cinq ans d’absence, Aoe n’hésite pas à prendre des congés pour passer du temps avec son ami. Alors que tout change autour de lui, le jeune homme a l’impression de stagner. Et il panique quand son ami l’embrasse bien que ce dernier ait toujours clamé son amour pour lui.
Love is here…? / About them: Dans le magasin de Hirose, Kiriya demande les goûts de son petit ami sur les oreillers, lui proposant au passage de s’installer ensemble. Ils croisent alors leurs amis du lycée Aoe et Akaya, également venus acheter une nouvelle literie…

En conclusion

Ce one-shot se classe huitième meilleure création de nouvel auteur au Chill chill BL award 2016. Je trouve très intéressant de partir d’un même plot pour proposer deux développements différents. Les personnages sont en plus attachants, leurs réactions réalistes. J’adore particulièrement le trait de l’auteure.

Hand wich – Suzuki Tsuta

hand which suzuki tsuta

SUZUKI Tsuta 鈴木ツタ
ISBN: 9782351806685
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784812464625 (JP)
Takeshobo, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Un recueil d’histoires courtes sur le développement du sentiment amoureux.

Suzuki Tsuta sensei offre un recueil de plusieurs romances pour son premier manga publié. Elle se focalise principalement sur le développement des sentiments amoureux. Néanmoins, elle n’approfondit pas le sujet à cause du format très court. Les deux premières histoires s’intéressent à un groupe d’amis dans lequel des couples se forment, mettant en avant les questionnements sur l’attirance. En effet, Udaka et Kuroshima cachent plus ou moins leur homosexualité alors que Takada affirme clairement sa bisexualité. Sawazu va réaliser quant à lui la primauté des sentiments sur le genre. Dans « Un coeur déterminé » puis « Force d’attraction à 10 mètres de distance », développés en deux chapitres, l’auteure alterne les points de vue des protagonistes. Ainsi, elle met en avant des uke plutôt maladroits pour exprimer leurs sentiments. La quatrième histoire se dénote des autres récits, avec une relation plutôt ambiguë mais une excellente surprise au final.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux. Elle fait passer les expressions principalement par le travail des regards. Même si ses personnages rougissent facilement, ils dégagent une certaine maturité. Les décors situent l’action. De même, les trames d’ambiance se font discrètes. Suzuki sensei censure les scènes érotiques en jouant sur les angles de vue et les cadrages. Toutefois, les images restent assez suggestives. La postface en manga apporte une touche humoristique. Sous la jaquette, il y a un dessin sexy et au verso du livre, une étiquette amusante qui s’adresse aux lecteurs.

En résumé

Hand which: Lors d’une soirée de beuverie avec ses amis, Sawazu déclame haut et fort qu’il veut devenir gay après s’être fait plaquer par sa petite amie. Le lendemain matin, il se réveille complètement nu aux côtés de son discret ami Udaka…
Shake hand / Bonus: Kuroshima a toujours été le confident d’Udaka. Mais en réalité il est amoureux de lui. Maintenant que son ami sort avec Sawazu, il essaie d’oublier sa jalousie. Un soir, il invite Takada à dîner pour tromper sa peine. Mais son ami ayant deviné son secret, commence à l’aguicher…
Un cœur déterminé / Des paroles précises: Chikuba surprend un salaryman, qui vient de lui acheter un bento avec un air dégouté, en train de donner la viande à un chaton abandonné. Comme Tsuzuki est allergique aux chats, il lui propose alors de s’en occuper et lui offre en échange un autre repas. Mais le salaryman récemment divorcé est très difficile sur les aliments. Le traiteur décide donc de relever le défi de le faire manger.
Je m’en remets à vous: Iwata écrit des livres pour enfants mais passe ses nerfs sur Aono, qui s’occupe des tâches ménagères. Ce dernier, amoureux, commence même à apprécier les coups de l’écrivain…
Force d’attraction à 10 mètres de distance / 8 mètres en ligne droite: Hideaki est envoyé chez son voisin pour récupérer les sous-vêtements de sa mère qui sont tombés. Mais il surprend Kameoka Bunzô en plein ébat avec un homme.

En conclusion

Réalisé à ses débuts, on sent parfois quelques faiblesses dans l’enchaînement des scènes mais le graphisme déjà maîtrisé permet de se plonger sans problème dans ces histoires courtes. On retrouve déjà les bases du style de l’auteure: une pointe de comédie dans des récits dramatiques ou romantiques. Une lecture facile qui nous livre un agréable divertissement.

Red hood – Haji

red hood haji

Haji ハジ
ISBN: 9782368776353
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784829685938 (JP)
Printemps shuppan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Un chaperon rouge et un homme-loup contre une sorcière dévoreuse de petites filles.

Haji sensei revisite le conte Le petit chaperon rouge, offrant une aventure riche en actions dans un univers de fantaisie. Dès l’introduction, elle présente sa version du conte, installant immédiatement le contexte. Elle introduit beaucoup de personnages, nommant certains loups en leur conférant un caractère tranché. Ainsi, le loup foufou Léo apporte une touche humoristique. De même, le contraste entre la bonne fée Skullfinna et la démone Belzedra permet de détendre l’atmosphère. L’auteure joue également sur le comique de situation avec la différence de taille de Fen en homme-loup et Golda. Elle prend son temps pour développer l’histoire. Elle révèle peu à peu le passé des protagonistes. Les sentiments se développent entre les deux combattants, non sans mal. En effet, suite à un traumatisme, Goldericks ne sait pas aimer mais le découvre grâce à Fenrirwolf.

La mangaka a un trait épuré plutôt ferme. Elle met en avant les corps musculeux ou pulpeux avec des vêtements moulants. D’ailleurs, elle n’hésite pas à exagérer les positions. Par contre, les oreilles sont sans relief. Les protagonistes ont des styles graphiques très variés. Haji sensei simplifie ses traits dans les passages humoristiques. Néanmoins, elle pense à respecter les attitudes des loups. Elle indique les flash-back par des fonds noirs et ajoute quelques trames d’ambiance pour renforcer les émotions. La mise en page est dynamique. Toutefois, des cadrages trop étroits et des pages chargées rendent certains combats difficile à suivre. Les scènes érotiques ne sont pas censurées. En fin de tome et sous la jaquette, une présentation des personnages permet de découvrir les secrets de création. Et Golda reprend la même pose que la couverture mais en plus dénudé.

En résumé

Le pourfendeur de sorcières Goldiroks, surnommé Golda, a été engagé par un villageois pour retrouver sa petite sœur perdue dans la forêt. En chemin, ils sont attaqués par une meute de loups menée par Fenrirwolf, alias Fen, un homme-loup. En effet, ce dernier cherche à se venger de la sorcière qui a tué sa famille; or les goules de la sorcière portent habituellement un capuchon rouge comme Golda. Après un violent combat, ils arrivent enfin à discuter mais le mage embrasse soudain le loup pour prendre un peu de sa capacité de régénération. Effectivement, il a le pouvoir de voler la capacité d’un partenaire en absorbant certains fluides. Golda propose alors à Fen de le rejoindre pour éliminer ensemble leur ennemie commune.

En conclusion

Ce one-shot obtient la neuvième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. L’épaisseur de ce tome aurait pu permettre le développement de l’histoire. Pourtant, l’action alterne avec l’humour, dominant le récit. La violence de certaines scènes, avec des membres coupés, et la relation presque zoophile peuvent déranger certains lecteurs. Je regrette que les sentiments soient peu abordés, mais je trouve l’innocence de Fen vraiment adorable.

Flaver – Sachimo

flaver sachimo

Sachimo さちも
ISBN: 9782368775776
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784813031499 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Entre enquêtes, magouilles et érotisme, une relation tendue entre deux seme amoraux.

Sachimo sensei offre une romance entre deux seme privilégiés par la vie mais au comportement abject depuis l’adolescence. En effet, ils prennent plaisir à manipuler les gens et, malgré une certaine droiture, sont prêt aux pires vilenies pour passer du bon temps. Comme Shimojô se qualifie de gay dominant sadique, il n’a jamais cédé à son attirance pour Kuze, privilégiant leur rivalité. Leur relation est donc encore tendue et tous deux essaient toujours de rabaisser l’autre. Ce jeu leur permet donc de tromper leur ennui. Pourtant, Kuze semble rechercher une certaine égalité. La majorité de la narration se base sur le point de vue de Shimojô sauf dans un chapitre. L’auteure révèle petit à petit le passé entre les deux hommes ainsi que l’évolution de leur relation. Elle interroge sur l’ambivalence entre la haine et l’amour. Elle installe doucement les sentiments dans le jeu de magouilles des deux protagonistes.

La mangaka a un trait épuré fin et anguleux. Elle dessine des hommes grands finement musclés. Elle alterne constamment entre souvenirs et présents. Toutefois, elle change le code graphique habituel en présentant le présent sur fond noir. De même, les trames de ces passages sont plus sombres. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, Sachimo sensei sème des indices et des petits détails, guidant les lecteurs vers les révélations. Dans les scènes érotiques, elle censure à peine les parties intimes par de fines bandelettes blanches. En plus, elle offre à chaque chapitre des passages torrides plutôt développés.

En résumé

Shimojô a toujours eu des facilités dans la vie au point de la trouver insipide. Pour tromper son ennui, il aime mépriser les gens et les faire chanter. Bien qu’issu d’une bonne famille, il est alors devenu yakuza. Un soir, en rentrant du travail, il croise un homme agressé par des voyous et le ramène chez lui. Malgré la tenue négligée, il reconnaît rapidement le seul rival qu’il a eu: Kuze. Ce fils de maire l’avait alors battu aux élections du conseil des élèves au lycée. Mais maintenant, il ressemble plus à un « dépravé » prêt à tout pour un peu d’argent. En effet, Kuze le remercie même en nature. Shimojô, refusant d’être passif, propose alors à son ancien rival de devenir son chien…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la seconde place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. En effet, le style narratif est vraiment intéressant et permet de maintenir un certain suspense. La joute entre les deux héros les rend moins antipathiques malgré leur sale caractère. Je trouve dommage de ne pas voir en images Kuze en uke, surtout en lisant les remarques de son partenaire. J’apprécie beaucoup leur relation conflictuelle qui pourtant déborde petit à petit de sentiments plus profonds. Une lecture très agréable.

Aisyû – Minase Masara

aisyu minase masara

MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351806425
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784813053095 (JP)
Taiyohtosho, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

La fuite d’un premier amour douloureux qui ne résout rien.

Minase Masara sensei plonge le lecteur dans une romance légèrement mélancolique. Elle s’intéresse au premier amour non abouti, aux sentiments amoureux à sens unique et donc aux relations déséquilibrées. Elle précise d’ailleurs dans sa postface qu’elle voulait mettre en scène des « garçons arrogants qui tombent sous l’influence de garçons passifs ». Justement, l’égoïste Aragaki qui n’hésite pas à user du chantage pour obtenir ce qu’il désire, s’avère en fait complètement dépendant de Kaoru. Le consentement entre eux paraît trouble, l’étudiant cédant facilement aux ordres de son ami. Pourtant, ils vont évoluer petit à petit et faire des efforts en discutant, guidé par le manager Koshiba. L’auteure oriente la narration du point de vue de Haneji. Elle met en avant la souffrance d’un amour non partagé. Elle reprend ce même thème dans « Dernières lueurs d’été » qui complète ce tome.

La mangaka a un trait épuré et léché, avec une petite touche de style shôjo. Elle dessine des personnages élancés, au visage plutôt long. Elle porte attention aux regards et aux petits gestes. De même, les trames d’ambiance viennent renforcer les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par contre, comme Minase sensei ne représente que les ombres fortes, le rendu des pages, bien que dynamique, conserve un aspect simplement dessiné. Par ailleurs, elle ne montre pas les parties intimes dans les scènes érotiques, jouant sur les cadrages. Ces passages sont en plus succincts mais transmettent tout de même assez d’émotions.

En résumé

Aisyû / Happy birthday: Au lycée, Haneji Kaoru entretenait une relation sex friend avec son ami Aragaki Jin. Mais en réalité, il était amoureux de lui. En plus, Jin, mannequin, couchait également avec les femmes qui lui montraient de l’intérêt. En entrant à l’université, Kaoru a coupé tout contact avec son ami en espérant oublier ce premier amour. Mais deux ans, après, Aragaki, devenu un acteur célèbre, vient le chercher à la sortie de son petit boulot pour demander des explications. L’étudiant cède alors au baiser de Jin, ses sentiments étant encore présents.
Dernières lueurs d’été: Rikuto, secrètement amoureux de son tuteur Hibiki, a pris de la distance avec lui depuis qu’il est entré à l’université. Mais ses sentiments persistent…

En conclusion

Minase Masara sensei excelle dans les romances où le déséquilibre de la relation s’inverse. Ici, c’est un plaisir de voir Jin torturé par l’amour tout en ne le comprenant pas. Je préviens tout de même que le comportement de certains personnages pourrait choquer la sensibilité de certains lecteurs. Pour ma part, j’aime beaucoup le jeu d’inversion quand un uke trop passif se rebelle enfin. Une lecture agréable et divertissante.

Rends-moi beau! – Sachimo

rends moi beau sachimo

Sachimo さちも
ISBN: 9782368776681
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784041067239 (JP)
Kadokawa, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Et si l’amour rendait beau?

Sachimo sensei s’intéresse à la différence d’âge dans cette romance entre un agent d’entretien et un lycéen. Elle explique leur isolement en dévoilant leur passé. Ainsi, Sugimura, gay, se méfie des gens suite à une tromperie qui l’a pénalement condamné. Dai, quant à lui, a pris l’habitude d’être seul depuis l’enfance. Les deux héros cachent leur beauté pour passer inaperçu. L’auteure donne d’abord le point de vue de Hara qui découvre le sentiment amoureux, puis s’attarde sur Manabu. Ainsi, elle met en avant l’évolution de ces deux cœurs solitaires. Elle aborde également la pression et le jugement du regard extérieur, l’isolement qui poursuit ancien condamné, la beauté intérieure qui ne s’apprécie qu’en découvrant la personnalité de quelqu’un. Le lycéen conserve un côté innocent qui le rend attendrissant. Malgré les doutes sur l’avenir et le manque de confiance, le couple réfléchit calmement à leur bonheur.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle épaissit parfois les contours. Dans les passages humoristiques, elle simplifie son trait à l’extrême. Par exemple, comme Dai rougit facilement, il a souvent de grandes hachures qui lui recouvrent la moitié du visage. Par contre, les trames d’ambiance sont discrètes. Les décors sont aussi souvent réduits à l’essentiel. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sachimo sensei alterne entre censure des parties intimes en ne les dessinant pas ou au contraire, des organes sexuels assez détaillés.

En résumé

Hara Dai aime la solitude et pour avoir la paix, il décide de jouer les délinquants en entrant au lycée. Par ailleurs, il a trouvé un coin tranquille dans le jardin du lycée où il aime passer du temps sous un arbre. Mais un jour, il y trouve Sugimura Manabu (39 ans), un agent d’entretien de l’établissement aussi solitaire et taciturne que lui. L’ouvrier tolère sa présence à condition qu’il ne lui parle pas. Mais à jouer les terreurs, Dai s’attire les foudres d’un gang du lycée. Alors que les voyous essayaient de l’humilier, le bas-ventre du lycéen finit par réagir. Sugimura, qui a surpris la scène, trouve alors des paroles réconfortantes. Intrigué par l’agent technique, Hara essaie de sympathiser avec lui mais les collègues de Manabu l’avertissent que ce dernier a un casier judiciaire. Pourtant, le lycéen refuse de le juger sans explication. Plus tard, le chef des voyous l’agresse sexuellement…

En conclusion

Une histoire mignonne avec pourtant un background plutôt lourd. La relation entre Dai et Sugimura paraît pure et innocente. En effet, l’adulte a bien conscience de leur situation mais leurs sentiments l’emportent. La beauté intérieure et extérieure apparait ici comme influencée par l’amour. J’aime beaucoup ce récit même si il peut paraître sans saveur et peu approfondi. Je trouve que l’auteure a tout de même réussi à insuffler assez de matière pour un one-shot.

Familiar relation between you and me – Koshino

familiar relation between you an me koshino

Koshino 腰乃
ISBN: 9782368774830
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407069 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Pourquoi je serais amoureux de toi? C’est toi qui es amoureux de moi! »

Koshino sensei offre une comédie érotique avec un seme égoïste et un uke râleur. Elle aborde avec humour un thème différent à chaque chapitre: par exemple, l’impuissance, le rasage des poils pubiens, le bondage, les sex toys. Takashi, un gay pervers assumé, manipule son ami d’enfance pour expérimenter divers jeux sexuels. Il a malheureusement tendance à le forcer. Malgré des relations au premier abord non consenties, on remarque que Satoru résiste bien quand il ne veut réellement pas faire quelque chose. L’auteure base justement la dynamique de son récit sur les contestations de l’uke jusqu’à ce qu’il cède. Elle décrit avec finesse les sentiments partagés entre les deux héros qui n’arrivent à communiquer qu’en se chamaillant. D’ailleurs, elle concentre la narration uniquement sur le point de vue de Satoru. En fin de chapitre, des répliques marquantes sont reprises.

La mangaka a un trait particulier reconnaissable, simple et incisif. Elle dessine des corps finement musclés. De même, elle ne respecte pas forcément les proportions, privilégiant la dynamique du dessin. Ses contours sont assez épais. Les réactions extrêmes déforment les expressions. Comme les pages sont très chargées, Koshino sensei évite de les alourdir avec des trames consacrées à l’ombre et à la coloration. Elle intègre les décors dès que le cadrage s’élargit. La mise en page d’abord classique reste tout de même efficace et dynamique. Dans les scènes érotiques, des bandelettes blanches censurent les parties intimes. Il y a une scène érotique à chaque chapitre. En fin de tome, des yonkoma donnent la version de l’histoire du point de vue de Tamotsu.

En résumé

Satoru (23 ans) découvre que son ami d’enfance Takashi (23 ans) est revenu vivre dans la maison en face de chez eux. Très proches jusqu’au lycée, ils n’ont plus communiqué depuis qu’il a surpris son ami en train de se masturber sur ses photos de classe. En plus, il a appris qu’il déménageait à Nagano par la mère de Takashi. Mais sa mère et son frère, Tamotsu, lui confient un logiciel et de la nourriture à lui ramener. Toutefois, Satoru est choqué en voyant Takashi se comporter comme si rien ne s’était passé. Alors qu’il s’est morfondu tout en pensant à lui pendant cinq ans…

En conclusion

Ce one-shot obtient la huitième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2016. L’auteure est assez connue dans l’univers des BL pour ses comédies et gag manga avec des personnages souvent maladroits en amour. J’adore la dynamique entre ses seme et uke. Ici, le scénario semble un peu léger mais j’apprécie beaucoup Satoru qui réalise très bien qu’il provoque indirectement Takeshi en plongeant dans ses pièges. Même si ce n’est pas le meilleur titre de la mangaka que j’ai lu, j’espère que l’on aura d’autres de ses œuvres.

Repeat after me? 2 – Fuwa Shinri

repeat after me 2 fuwa shinri

FUWA Shinri 不破慎理
ISBN: 9782351805497
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784862638335 (JP)
Libre, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Des amours interculturels entre professeurs de langue.

Fuwa Shinri sensei continue sa comédie romantique sur les échanges internationaux en développant l’histoire de deux couples d’enseignants. Bien qu’elle aborde les différences culturelles et la difficulté à communiquer quand on ne maîtrise pas une langue ou que l’on a des préjugés sur une nationalité, elle met surtout en avant des personnages au caractère opposé. Ainsi, le désinvolte Français Cyrille exaspère le sérieux Anglais Siegfried. Au contraire, l’enjoué Américain Diego Lopez (30 ans) cherche à mieux cerner le froid et taciturne Allemand Erhard Frühling (28 ans). La narration se base principalement du point de vue de Sieg et Diego. Comme dans le tome précédent, l’auteure montre le développement du sentiment amoureux entre ses héros ainsi que l’évolution de leur relation. Elle donne toutefois une image idéalisée de l’enseignement. En bonus, elle laisse planer le mystère sur l’amour d’Imai.

Le style graphique de la mangaka est reconnaissable: yeux longs et fins, corps longilignes et anguleux, visages plutôt pointus. Elle a un trait épuré et léché qu’elle simplifie dans les passages humoristiques, rendant ainsi les expressions explicites et mignonnes. Les trames d’ambiance renforcent les fortes émotions. Par contre, les décors soignés situent surtout l’action. La mise en page est dynamique. Fuwa sensei résume les scènes érotiques à l’essentiel, ne dessinant aucun détail et écourtant même les préliminaires.

En résumé

Le professeur anglais Siegfried Hugo Forgus (25 ans) se réveille aux côtés de son collègue français Cyrille Berthollet (32 ans), après une soirée bien arrosée. Comme il ne se souvient de rien, le dragueur invétéré l’embrasse sans prévenir. Choqué, l’Anglais se demande comment il aurait pu céder au désinvolte Français qu’il déteste. Mais les deux professeurs vont devoir travailler ensemble, ayant accepté de donner des cours dans un club huppé de Ginza. Sieg perd soudain son sang-froid en découvrant que les hôtesses possèdent une photo d’un baiser entre lui et son collègue. En fuyant, il bouscule un client éméché qui le prend pour une femme à cause de ses longs cheveux. Mais Cyrille vient à son secours et lui vole encore un baiser en guise de remerciement. Le lendemain, Forgus se fait sermonner par Imai Atsushi qui a également reçu la photographie compromettante.

En conclusion

Le côté un peu fleur bleue ainsi que le comportement un peu limite de Cyrille, qui se passe de consentement clair, pourra déranger certains lecteurs. Pour ma part, entre la galerie de beaux gosses et le romantisme du récit, j’ai passé un agréable moment de lecture. J’adore particulièrement les bouilles des personnages très expressives et mignonnes dans les passages humoristiques! Une courte série idéale pour se détendre.