Yes, my destiny – answer 1 – Sachimo

yes my destiny answer 1 sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782368775950
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784865893472 (JP)
Fusion product, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Un alpha doit-il forcément s’unir à son âme sœur ?

Sachimo sensei continue à développer la relation entre Miyauchi et Kudô. Elle met le couple à l’épreuve en introduisant Nagumo Hajime, un oméga qui s’avère être l’âme sœur de Kudô. De même, elle interroge sur la possibilité de manipuler le destin avec l’intervention de Nagumo Hijiri (alpha). Kudô se retrouve tiraillé entre son attirance pour l’oméga et son amour sincère pour le bêta. D’ailleurs, il ne peut s’empêcher d’être prévenant avec son majordome adjoint, malgré son refus de continuer à construite leur histoire d’amour. L’auteure s’intéresse également aux doutes et aux sentiments de Miyauchi, dont les traumatismes d’enfance polluent ses relations. Elle l’approfondit même dans un chapitre spécial. Alors que dans Yes, my destiny 2, elle faisait des sauts dans le temps, ici, la romance prend son temps.

La mangaka n’hésite pas à simplifier son trait fin et épuré dans les passages humoristiques, exagérant les expressions tout en déformant les visages et les yeux. D’ailleurs, elle arrive à rendre les yeux très expressifs malgré leur forme effilée. Au contraire, les enfants ont de grands yeux et sont tout en rondeur. Kudô, qui avait un air sévère, affiche différentes expressions amusantes. La mise en page est dynamique, avec des trames et des décors équilibrés. Sachimo sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle nous permet même d’admirer la plastique des deux héros avec les fiches des personnages sous la jaquette. Par contre, elle révèle le lien entre Miyauchi et la famille Saionji à travers la présentation des personnages en début de tome. Chaque chapitre débute avec une illustration représentant les majordomes avec leurs maîtres à différents âges.

En résumé

Saionji Aoi a mis au monde deux adorables enfants alpha, Ren et Sakura. Toutefois, Miyauchi Ichirô (30 ans) semble avoir du mal à s’en réjouir. Lors de la préparation d’une réception, il se dispute avec Kudô Yûto (32 ans) à propos de l’organisation. En effet, comme le pervers Ôda sera à la table des Kasuga, le futur chef des domestiques s’inquiète pour son partenaire. D’ailleurs, un incident survient durant le repas, le jeune Kasuga Yûsuke n’appréciant pas qu’un bêta s’occupe de leur table. Kudô intervient. Même s’il déclare toujours son amour pendant leurs ébats, Miyauchi ne lui donne toujours pas de réponse. Quand Ren refuse de boire le biberon de lait donné par Kudô, Miyauchi vient à la rescousse. Mais Jirô ne peut s’empêcher de complimenter le tableau de famille qu’ils offrent. N’en pouvant plus, Kudô demande alors à Miyauchi de sortir avec lui mais malgré ses sentiments, il refuse.

En conclusion

Ce tome obtient la seconde place de la meilleure série au Chill chill BL award 2018. Kudô Yûto est classé premier meilleur seme et Miyauchi Ichirô second meilleur uke. Mon couple préféré de Yes, my destiny a droit à une histoire à part entière. J’adore le travail de l’auteure sur ce récit. Elle va à l’essentiel mais insiste tout de même sur les sentiments et le ressenti de ses personnages, provoquant beaucoup de réaction à la lecture, pour ma part. J’aime également voir nos deux majordomes en tenue de tous les jours. Vivement la suite!

Yes, my destiny 2 – Sachimo

yes my destiny 2 sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782368775677
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784865891973 (JP)
Fusion product, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Deux majordomes têtus qui apprennent doucement à s’apprécier.

Sachimo sensei développe la romance entre les deux majordomes. Elle donne la version de Kudô et Miyauchi sur certains passages du tome précédent. En parallèle, elle montre ce que devient le couple de Jirô et Aoi, en suivant la grossesse de l’oméga. L’abnégation de Miyauchi pour le bonheur de son maître touche particulièrement Kudô. Pourtant, l’alpha continue à se chamailler avec le bêta, malgré l’envie de lui transmettre son amour. Le couple évolue donc petit à petit, Miyauchi s’ouvrant peu à peu à Kudô. L’auteure interroge encore sur l’impossibilité de lutter contre le destin. Elle révèle le passé des majordomes et leurs traumatismes. En effet, suite à son enfance malheureuse, Miyauchi se considère comme un parasite et quelqu’un de banal ne méritant pas un amour inconditionnel. Par ailleurs, le majordome Yamazaki (alpha) apporte un peu d’humour avec un regard extérieur sur le couple dans un chapitre bonus.

Le trait épuré et anguleux de la mangaka semble simple au premier abord. Pourtant, elle soigne les costumes et les détails. Elle dessine plutôt des personnages élancés, avec des yeux effilés. Par ailleurs, ses décors s’estompent pour mettre en avant les personnages. Les trames sont variées et équilibrées et les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page est dynamique. Sachimo sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Quand Tôjô Aoi a eu ses chaleurs, Kudô Yûto a réussi à le protéger et a résisté même en rut. Mais n’arrivant plus à tenir, Miyauchi Ichirô l’aide à s’éloigner. Sous l’emprise des chaleurs, l’alpha mord alors le bêta dans le creux du cou. Devant son désarroi, Miyauchi entreprend de le soulager. Depuis, Aoi et Saionji Jirô filent le grand amour. En revanche, Kudô ne supporte pas Miyauchi. Même si son travail est impeccable, ils se querellent facilement pour des broutilles. En plus, il a beaucoup de succès auprès du personnel. Pourtant, il essaie de le comprendre. Remarquant que le majordome est amoureux de son maître, il est touché par son abnégation pour pousser Aoi dans les bras de Jirô. Mais Kudô a lui aussi envie de protéger les facettes cachées de Miyauchi en larmes à l’annonce de la grossesse d’Aoi.

En conclusion

Ce tome a obtenu la huitième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2017. Kudô est classé treizième meilleur seme et Miyauchi septième meilleur uke. L’auteure bouleverse un peu les représentations classiques de l’omegaverse: d’abord avec un couple alpha et bêta. Ensuite, elle introduit un couple de femmes alpha et bêta avec les parents de Miyauchi. Et puis il est impossible de ne pas craquer pour les jumeaux Ren et Sakura. D’ailleurs, j’aime beaucoup Miyauchi qui allie à la fois classe et impertinence. Quel bonheur de découvrir que leur histoire continue!

Yes, my destiny 1 – Sachimo

yes my destiny 1 sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782368775660
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784865891867 (JP)
Fusion product, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Lutter contre le destin ou l’utiliser?

Sachimo sensei présente un omegaverse assez « classique » mettant en avant la discrimination que les alphas imposent aux bêtas et aux omégas. Elle s’intéresse particulièrement aux âmes-sœurs et à l’attirance incontrôlable qu’ils ressentent. Ses deux héros, oméga et alpha, vont d’abord lutter contre leur instinct, refusant de se soumettre à leurs phéromones. Malgré la hiérarchie établie, le père Saionji Tarô se montre très ouvert et semble vouloir faire bouger la génération suivante, aidé par les majordomes. La narration alterne entre Miyauchi, Aoi et Jirô. L’auteure travaille la psychologie de ses personnages et aborde principalement leur évolution. Elle dépeint avec finesse le tiraillement que ressent l’oméga, entre son désir de maîtrise du destin et les réactions de son corps. De même, elle crée un alpha complexé, gérant mal la pression mais qui s’adoucit en observant la lutte d’Aoi. Tous deux s’investissent d’abord dans leur travail et leurs études.

La mangaka a un trait épuré parfois dédoublé sur les contours. Légèrement anguleux, elle le simplifie et arrondit même les visages dans les passages humoristiques. Elle varie les trames, plutôt équilibrées. En plus, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors sont parfois simplifiés mais très présents. La mise en page est dynamique. Sachimo sensei représente graphiquement les phéromones et exprime les chaleurs en exagérant les expressions des visages. Elle ne censure pas du tout les scènes érotiques.

En résumé

A la mort de son père, Tôjô Aoi quitte le domicile familial, ne s’entendant pas avec sa belle-mère. Bien qu’issu d’une famille noble, l’oméga a l’intention de prendre son destin en main. Accompagné de son majordome Miyauchi (bêta), il est alors engagé par la riche famille Saionji. Mais le fils héritier, Jirô (alpha), déteste les omégas. Son majordome, Kudô (alpha), n’est également pas d’accord, le personnel étant en effet majoritairement des alphas. Cependant, le jeune homme s’accroche et arrive même à se faire accepter parmi le personnel à force de persévérance. Toutefois, sa motivation cache en réalité son attirance secrète pour Jirô, qu’il considère comme son âme-sœur. Mais un jour, ses chaleurs se déclenchent…

En conclusion

L’auteure arrive à jongler entre drame et romantisme. Aoi et Jirô réfléchissent beaucoup à leur position, à leurs sentiments, à leur avenir. Les premiers rapports sont tendus mais le désir provoqué par les phéromones se transforme presque en consentement entre les âmes-sœurs. J’aime beaucoup ce récit même si la conclusion me paraît en demie-teinte, laissant entendre l’impossibilité d’aller contre son destin. Une lecture agréable avec des personnages intéressants.

Over squall – Ueda Aki

over squall ueda aki
UEDA Aki 上田アキ
ISBN: 9782382760635
Hana, 2021
ISBN: 9784801970465 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Est-ce à nouveau un partenaire qui ne me correspond pas…? »

Ueda Aki sensei développe la nouvelle romance de Natsurô dans ce spin-off de Wonder border. Elle base la narration sur le fonctionnaire. Elle maintient un certain suspense en dévoilant peu à peu les particularités touchant Tsuyuhiko et Gô-kun. En effet, l’étudiant, qui a des valeurs différentes sur les relations humaines, confond la compassion et l’amour, ce qui lui provoque des pulsions sexuelles. Alors que Gô-kun profite de ces penchants, Natsurô d’abord choqué va chercher ensuite à « rééduquer » son nouveau partenaire. Ainsi, l’auteure interroge sur l’amour, la différence entre sortir ensemble et un coup du soir, la place des sentiments et du plaisir dans une relation. Elle aborde également les étapes de reconstruction avec un nouveau partenaire après une rupture. Toutefois, sur la vision d’une relation « normée », elle n’apporte pas vraiment de réponse, Natsurô modelant son petit ami à son goût.

La mangaka a un trait fin anguleux mais elle donne un peu d’épaisseur aux contours en les dédoublant. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, offrant des bouilles adorables à Tsuyuhiko qui renforcent son côté innocent. Natsurô affiche aussi une grande variété d’expressions. Les trames d’ambiance sont discrètes et plutôt rares. Les décors situent l’action. La mise en page est dynamique, malgré un grand nombre de gros plans. Ueda sensei ne censure pas les scènes érotiques mais elle privilégie avant tout la sensualité des images. Sous la jaquette se trouvent la postface ainsi qu’une petite illustration donnant une anecdote sur l’avenir de Gô-kun. Ce tome est plutôt épais.

En résumé

Miyamoto Natsurô (31 ans) fréquentait Hiroharu depuis cinq ans mais ce dernier l’a quitté la semaine dernière. Alors qu’il ressasse ses souvenir assis sur un banc dans le parc de leur rencontre, un jeune homme ressemblant à son ex l’aborde et l’invite chez lui à épancher sa peine. A peine arrivé, Tsuyuhiko (23 ans) lui propose de l’enlacer en se substituant à son ex. Natsurô qui n’a pas l’habitude de coucher facilement avec le premier venu, finit par céder au plaisir. Ne se reconnaissant pas lui-même, il est même étonné d’être déjà charmé par l’innocence du jeune homme. Alors qu’il s’apprêtait à partir, Tsuyuhiko lui prête un parapluie et l’invite à le lui rendre une prochaine fois…

En conclusion

Je suis heureuse de voir Natsurô trouver le bonheur. Comme l’auteure présente la vision de l’amour de Tsuyuhiko comme une déformation de sa curiosité et de l’influence de Gô-kun, le lecteur peut interpréter différemment le comportement du fonctionnaire, selon sa sensibilité propre. Par exemple, il pourrait penser que Natsurô impose sa vision de l’amour à son petit ami. Pour ma part, je pense qu’il essaie d’abord de le comprendre tout en l’éveillant à de nouvelles sensations. Ce titre est donc un coup de cœur. Par ailleurs, j’adore la petite surprise de la mangaka à la fin.

Wonder border – Ueda Aki

wonder border ueda aki
UEDA Aki 上田アキ
ISBN: 9782382760451
Hana, 2021
ISBN: 9784801960480 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« La réunion du hasard et du destin. »

Ueda Aki sensei aborde avec finesse le sujet de l’infidélité. Elle base la narration principalement du point de vue de Hiroharu. Elle décortique donc son conflit intérieur, ses hésitations et sa souffrance. En effet, Haru et Kazuaki se sont quittés brusquement, à cause de choix les menant sur des voies différentes. Malgré son amour sincère pour Natsurô, le vendeur se retrouve perdu entre la culpabilité, la raison et des sentiments passionnés encore intacts qui ressurgissent. L’auteure dévoile l’essentiel du passé de ses protagonistes afin d’installer clairement leur état d’esprit. Elle met ainsi en avant le manque de communication entrainant des incompréhensions au sein des couples. Kazuaki qui paraît inconstant s’avère en réalité franc dans ses sentiments. Comparé à Natsurô, il semble maladroit dans l’expression de son attention pour son partenaire. Par ailleurs, les personnages se remettent en question avec réalisme.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qui conserve un tracé de croquis avec le dédoublement des contours. Elle dessine des corps finement musclés. Le visage de Haru porte d’adorables tâches de rousseur et Kazu a une barbichette, ce qui change des beaux gosses habituels des BL. Les pages paraissent plutôt claires malgré une utilisation équilibrée des trames. Les décors situent surtout l’action. La mise en page est dynamique et variée. Ueda sensei ne censure par les scènes érotiques, mais elle préfère s’attarder sur les sensations de ses personnages plutôt que sur les détails. D’ailleurs, il y a au moins une scène par chapitre qu’elle introduit pourtant habilement. Sous la jaquette, il y a une anecdote sur Natsurô et Tôko à lire à la fin, ainsi que sa postface.

En résumé

Yashima Hiroharu sort actuellement avec Natsurô. Un jour, il rencontre par hasard son ex, Yashiro Kazuaki, qu’il n’a pas vu depuis cinq ans. Ce dernier a emménagé dans le quartier et est accompagné de sa petite amie Tôko. Pourtant, il l’invite à boire un verre. Alors que Haru pensait avoir oublié ses sentiments pour l’informaticien, il finit par céder à ses avances quand Kazu l’emmène au love hotel. De retour chez lui, il découvre qu’en plus, ils sont maintenant voisins!

En conclusion

Même si ce one-shot ne se classe pas dans le Chill chill BL award 2018, les lecteurs le citent parmi les meilleurs mangas originaux, appréciant la question des sentiments quand une séparation ne se fait pas dans la haine. J’aime beaucoup le traitement de l’auteure sur le sujet. En plus, elle maintient le suspense sur les réels sentiments et les décisions de Kazuaki jusqu’à la fin. Malgré l’empathie ressentie pour Tôko et Natsurô, j’aime la conclusion de cette histoire.

Les couloirs de l’abîme 1 – Nagai Saburo

les couloirs de l abime 1 nagai saburo
NAGAI Saburo 永井三郎
ISBN: 9782382760321
Hana, 2021
ISBN: 9784865896022 (JP)
Fusion product, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

La rencontre entre un vagabond complètement perdu et un adolescent audacieux.

Nagai Saburo sensei construit son récit doucement, en maintenant le suspense sur l’identité du vagabond. Il révèle peu à peu le background des personnages. A la fin du tome, il donne un récapitulatif de l’origine de la rumeur sur Mossan. Ainsi, le lecteur qui aura lu Smells like green spirit devinera assez rapidement l’identité de Yamada. De même, Ozaki Nagisa apparaît comme un adolescent au caractère particulier. L’auteur dépeint avec finesse la psychologie de ses personnages qui sont intérieurement torturés, leurs sentiments et leurs sensations. Il aborde indirectement la prostitution des mineurs et la pédophilie. Il base la narration du point de vue de Yamada. Ce dernier, attiré par certains jeunes garçons, se sent monstrueux et tente de résister à ses pulsions.

Le mangaka a un trait très fin, parfois dédoublé pour les contours mais qui conserve une certaine fermeté. Il varie les styles graphiques dans les physionomies, allant du réalisme au caricatural, en particulier dans les passages humoristiques avec des expressions exagérées. D’ailleurs, il représente les pensées négatives graphiquement, avec par exemple des fils noirs ou le monstre. Les décors situent principalement l’action. Quelques trames d’ambiance renforcent les émotions. Mais Nagai sensei privilégie plutôt les contrastes noir et blanc. Il travaille également la dynamique de la mise en page, avec beaucoup d’ellipses et d’emboîtements de cases. En plus, les contours épais donnent du relief. Les scènes érotiques ne montrent pas les parties intimes. Les illustrations en début de chapitre présentent toujours un personnage avec un chat.

En résumé

Dans un village sur une île, un jeune garçon aime sauter de la falaise dans la mer, complètement nu. Une rumeur court parmi les élèves: Mossan, un homme poilu et monstrueux s’attaquerait aux enfants pour les dévorer. Le marginal Yamada se rend alors chez le barbier pour avoir une tête plus convenable espérant ainsi ne plus soulever des soupçons et rester plus longtemps dans le village où il s’est installé. Ce solitaire ne se comprend plus lui-même. En effet, alors qu’il cherchait un endroit où mourir, il s’adapte aux autres, les maudissant discrètement au passage…

En conclusion

Ce tome obtient la quatorzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2021. Le sujet délicat est abordé pour l’instant avec finesse. Il en ressort un récit plutôt sombre, à la fois dur et doux. Certaines scènes pourront choquer les lecteurs les plus sensibles. Hâte de découvrir la suite!

Love whispers, even in the rusted night – Ogeretsu Tanaka

love whispers even in the rusted night ogeretsu tanaka
OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782375060032
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784403664649 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Titre original: 錆びた夜でも恋は囁く
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’amour peut-il survivre à la violence?

Ogeretsu Tanaka sensei propose une romance amère sur la violence conjugale, les aléas de la vie et le besoin de l’autre. Dévoilant le passé entre les protagonistes au compte-gouttes, elle maintient constamment un certain suspense. Ainsi, elle alterne la narration entre Yumi et Mayama. Son approche très réaliste met en avant les souffrances et mécanismes de protection générés par la violence, l’inaction et la peur d’accepter la réalité. Malgré les coups de son petit ami, le barman s’accroche encore à ses sentiments. Il s’enfonce donc dans le mensonge, cachant aussi bien ses blessures physiques que psychologiques. En introduisant Mayama, l’auteure oblige son personnage principal à se remettre en question et à mieux comprendre ses sentiments. Elle dépeint aussi avec finesse les occasions ratées suite à des hésitations. Refusant la pitié des autres, Yumi rejette la protection de Mayama qui est naturellement prévenant.

Malgré un trait fin épuré, la mangaka conserve un style réaliste. Elle maîtrise les différentes corpulences et porte attention aux changements du quotidien avec les coiffures, les styles vestimentaires. Pourtant, elle n’hésite pas à simplifier les expressions des visages dans les passages humoristiques. Quelques trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors soignés, sont très présents. Les fonds noirs signalent les flash-back. Ainsi, la mise en page dynamique rythme la lecture. Même si les scènes érotiques sont détaillées, avec des coupes intérieures, Ogeretsu sensei censure les parties explicites par de fines bandelettes blanches.

En résumé

Yumi sort avec Kannosuke depuis le lycée. Toutefois, ce dernier se montre violent avec son amant depuis qu’il est entré dans la vie active. Le jeune barman s’accommode pourtant de cette situation en cachant ses bleus et ses cicatrices. Mais un soir, il croise parmi la clientèle du bar, un ancien ami du collège avec lequel il avait commencé à sortir. Mayama est toujours amoureux de lui malgré les dix années où ils se sont perdus de vue. Et il a l’intention de renouer avec lui même pour une simple amitié…

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-septième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2016. Impossible de rester de marbre devant l’inaction de Yumi avec sa vision de l’amour altérée. Le graphisme de l’auteure est très beau. D’ailleurs, j’adore particulièrement les regards expressifs de ses personnages.

Electric delusion 4 – Nekota Yonezou

electric delusion 4 nekota yonezou
NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351807828
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784864364911 (JP)
Core magazine, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Encore quelques combats à mener avant de vivre le parfait amour!

Nekota Yonezou sensei conclut sa série en dévoilant ce que deviennent tous les personnages. Elle sème encore quelques obstacles sur le chemin de l’amour du couple, pour renforcer leurs sentiments et leur confiance enfin acquise. Shunpei se confronte à la jalousie, au sentiment de délaissement et à la frustration sexuelle à cause de l’abstinence forcée. Le ton devient plus léger et humoristique, avec les machinations de Satonaka qui arrive à manipuler plusieurs personnes pour arriver à ses fins. L’auteure met en avant l’imagination débordante de Fumi, ainsi que son côté un peu pervers. Elle introduit Sakamoto Nanami afin d’offrir également un happy end pour Hagami. L’humour est très présent dans ce tome et se répercute également dans les chapitres bonus, avec Satonaka puis nos tourtereaux.

La mangaka a un trait épuré plus fin et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. La tête du chien est très rigolote. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Nekota sensei censure à peine les parties intimes en dessinant moins de détails. Il y a d’ailleurs beaucoup de passages fan service comparé au tome précédent grâce à Nanami et Hagami. Sous la jaquette, elle donne un petit jeu de l’oie personnalisé avec les personnages, une illustration avec une anecdote sur les deux amis d’enfance quand ils étaient petits ainsi que sa postface sous forme de dé.

En résumé

Motoki Fumihiro rayonne de bonheur depuis que Yamana Shunpei arrive enfin à se lier corps et cœur avec lui. Pourtant, le lendemain soir, malgré l’ambiance torride entre eux, son petit ami refuse de coucher avec lui sous prétexte qu’il n’est pas préparé. Il lui avoue alors qu’il l’avait fait la veille car ils finissent toujours au lit à chaque réconciliation. Bien que Fumi assure être content, les jours suivants, il évite Shunpei et passe son temps à observer son téléphone. Persuadé que son petit ami le trompe, Shunpei demande donc à Satonaka Yoshito de lui donner une corde pour le bondage. Mais il l’utilise en fin de compte pour passer par les balcons et espionner Motoki. Il tombe alors nez à nez avec un chien dont Fumi est complètement gaga. Sa mère l’a ramené après une soirée arrosée et l’a en plus appelé Shunpei!

En conclusion

Ce dernier tome, beaucoup moins sérieux, enchaîne les situations comiquse pour mon plus grand plaisir. En plus, l’auteure offre un presque happy end à tous ses personnages.

Electric delusion 3 – Nekota Yonezou

electric delusion 3 nekota yonezou
NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351807460
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784864363426 (JP)
Core magazine, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Le manque de confiance met en péril l’amour.

Nekota Yonezou sensei s’intéresse à la difficulté d’assumer une relation homosexuelle et à la question du coming out à la famille et l’entourage. Comparé au tome précédent qui concentrait la narration sur Shunpei, elle donne ici le point de vue de Fumihiro. Elle dépeint parfaitement la jalousie, les cachotteries et le manque de confiance qui entraînent des disputes au sein du couple. Par contre, Yamana commence enfin à ressentir du plaisir dans les rapports charnels et communique mieux ses sentiments et ses désirs à son petit ami. Motoki montre une facette peu reluisante avec son avidité et sa possessivité. De même, l’auteure pose Hagami comme un harceleur un peu trop insistant. Dans le chapitre bonus, elle offre un crossover avec Maya Hideyuki et Nemugasa Takashi avec le tome 3 de Treat me gently, please. Elle prend ainsi prétexte de la fête scolaire pour ajouter des scènes un peu fan service.

La mangaka adoucit légèrement son trait léché avec par exemple des visages moins pointus. Elle marque particulièrement les mèches de cheveux très détaillées. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. D’ailleurs, Shunpei affiche une grande variété de bouilles amusantes. Les trames d’ambiance, plutôt rares, renforcent les émotions. Le reste des trames est varié. La mise en page dynamique offre parfois des angles de vue recherchés et efficaces. Dans les scènes érotiques, Nekota sensei censure les parties intimes par des caches blancs. Elle intègre les héros de Treat me gently, please dans un chapitre bonus et un yonkoma. La couverture est réversible. Sous la jaquette, en plus de la postface et de l’habituelle conclusion du chapitre bonus, il y a une petite aventure avec Sakurada.

En résumé

Yamana Shunpei demande à Motoki Fumihiro de ne plus poser pour Hagami. Mais alors que son petit ami embrassait sa main, il la retire brusquement en entendant des filles dans le couloir, de peur d’être vu. En plus, il n’ose pas dire à Katayama qu’il sort avec quelqu’un et se retrouve à participer à un rendez-vous avec des filles. Motoki lui fait donc la tête mais Shunpei essaie de le rassurer en lui promettant de rentrer tôt. Toutefois, Hagami profite de leur situation conflictuelle pour forcer Fumi à poser à nouveau pour lui. Durant le rendez-vous, Shunpei retrouve Mayu, son ex qui lui avait brisé le cœur. Redoutant la réaction de son petit ami, il hésite à lui avouer la vérité. D’autant plus que Fumihiro ne répond pas au téléphone.

En conclusion

L’auteure ajoute des obstacles sur le chemin de l’amour des deux amis d’enfance tout en continuant à aborder les questions sur le coming out. Shunpei évolue le plus et devient très intéressant. Ne passez pas à côté de cette histoire classique au premier abord mais traitée avec humour et originalité!

Electric delusion 2 – Nekota Yonezou

electric delusion 2 nekota yonezou
NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351807309
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784864360494 (JP)
Core magazine, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Les déboires de la première fois.

Nekota Yonezou sensei continue à explorer les réactions face à un coming out, avec Akino qui refuse d’avoir un frère passif alors qu’elle lit et crée des BL. Elle interroge sur la sincérité des sentiments quand deux amis tombent amoureux ainsi que sur la différence de comportement entre amis et amants. Elle aborde également avec humour les premiers rapports sexuels, en particulier les préparatifs pour la pénétration anale et le manque de plaisir au début. D’ailleurs, Shunpei prend peur en découvrant les détails provoquant des doutes pour son petit ami. En plus, le lycéen possessif contrôle mal sa jalousie et n’arrive pas à exprimer parfaitement ce qu’il ressent. Le couple oscille donc entre disputes et réconciliations tendres. L’auteure introduit Hagami Yasuke qui s’avère très ouvert sur sa sexualité et se pose donc comme rival de Yamana. Comme dans le tome précédent, Satonaka apporte une touche d’humour avec son sadisme.

Le trait particulier de la mangaka est facilement reconnaissable. Elle dessine des visages ovales longs. Elle exagère légèrement les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont variées, en particulier avec les tenues à motifs. Par ailleurs, les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Nekota sensei censure à peine les scènes érotiques mais ne détaille pas les parties intimes. Sous la jaquette, elle donne sa postface ainsi que la conclusion de l’histoire bonus.

En résumé

Motoki Fumihiro et Yamana Shunpei sortent ensemble. Mais pour l’instant, ils ne s’accordent pas vraiment sexuellement, Shunpei ayant déjà du mal à supporter les préliminaires. Pourtant, il aime passer des moments tendres avec son petit ami. Katayama et Sagawa invitent Shunpei à voir un film pornographique avec une de ses actrices préférées. Redoutant la colère de Fumi, le lycéen n’ose rien lui dire mais son petit ami l’apprend par Katayama. Toutefois, il refuse de l’accompagner comme avant, préférant les films porno gay. Mais en découvrant que Motoki fantasme sur un acteur qui lui ressemble, Yamana est rongé par la jalousie au point de ne plus suivre le film. De retour chez lui, il se dispute avec Fumi mais finit par céder à son désir de lui faire une fellation. Mais alors que les amoureux réconciliés s’embrassent devant la porte, Akino les surprend.

En conclusion

C’est un réel plaisir de découvrir les déboires du couple pour leur première fois. Ce sujet est rarement abordé dans les BL où tout est souvent beau et magnifique! Le couple se dispute facilement à cause de Fumi qui a l’air un peu têtu et pressant, mais ces discussions houleuses mènent à des relations consenties. Un couple attachant qui mérite d’être découvert!