Ze 2 – Shimizu Yuki

ze 2 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351804421
Taifu comics, 2010
ISBN: 9784403661181 (JP)
Shinshokan, 2005 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

La romance maladroite et pure entre Raizô et Kon.

Shimizu Yuki sensei développe d’abord la romance entre Raizô et Kon. Elle alterne la narration entre l’étudiant et son kami. Le récit oscille constamment entre drames, tensions et humour. D’ailleurs, les réactions parfois imprévues des personnages ajoutent des effets comiques. Ainsi, l’amour possessif et étouffant d’Ôka envers Benio qui se plie à ses exigences apporte une touche particulière, presque SM. Au contraire, la relation entre Raizô et Kon se développe dans le consentement le plus total. Par ailleurs, l’auteure interroge sur le sens de l’existence et sur le sentiment amoureux à travers les questionnements de Kon. Elle met en avant l’évolution du kami grâce à la bienveillance de son maître sans pouvoir. Elle pose quelques indices dénonçant une part sombre au sein de la famille Mitô, comme la pression familiale due à leurs tâches. L’histoire bonus révèle les relations que nourrissent les autres couples de la maisonnée.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, souvent portés par Raizô. Par exemple, l’étudiant se transforme en wanko, le rendant encore plus mignon. Les trames d’ambiance transcrivent les émotions. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Shimizu sensei censure les parties intimes en ne dessinant pas les détails. Toutefois, elle s’attarde sur les sensations de ses personnages et offre un peu plus de sensualité comparé au tome précédent. Au début du tome, elle présente les personnages.

En résumé

Raizô a demandé à devenir le maître kotodama de Kon. Depuis, son kami l’embrasse à la moindre égratignure. L’apprenti cuisinier, qui est tombé amoureux, n’ose pas lui dire qu’il a envie de coucher avec lui. Mais Kon entend sa conversation lorsqu’il se confiait au reste de la maisonnée. Le kami accepte alors de le satisfaire. Toutefois, Raizô s’arrête en plein milieu, réalisant que son partenaire ne comprend pas le sentiment amoureux. Les deux hommes finissent donc pas se disputer. Le lendemain, quand Raizô constate que Kon ne prend pas soin de lui-même, n’hésitant pas à se brûler en saisissant une bouteille de saké qui chauffait dans de l’eau bouillante, il essaie de lui transmettre ses sentiments, en vain. Mais l’ancienne maîtresse kotodama Ginka, en visite dans la résidence, kidnappe Kon. En effet, il était à la base le kami de son fils Akimitsu.

En conclusion

Ce couple tendre et doux vous fera fondre. La candeur de Raizô apporte vraiment un souffle de fraîcheur dans la vie dissolue de la famille Mitô. Pour les curieux, le kanji du titre Ze 是 signifie « bien, droit, juste ». Je trouve qu’il amène à s’interroger un peu plus sur l’usage de l’étrange pouvoir des Mitô car pour l’instant, l’équilibre entre maître et kami semble peu équitable. En plus, le lien qui se noue entre Raizô et Kon interroge, l’étudiant n’ayant pas les pouvoirs d’un maître kotodama.

Ze 1 – Shimizu Yuki

ze 1 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351804315
Taifu comics, 2010
ISBN: 9784403660993 (JP)
Shinshokan, 2004 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Le pouvoir de rendre réels les mots que l’on prononce… »

Shimizu Yuki sensei plonge le lecteur dans un univers fantastique basé sur les croyances shintoïstes et taoïstes. Elle introduit d’abord les personnages et la spécificité de la famille Mitô. Elle aborde également les relations entre les différents couples homosexuels, interrogeant sur le lien de maître kotodama et kami. Très vite, le lecteur comprend que le marionnettiste Waki manipule ce petit monde à son gré. Les personnalités plutôt extravagantes des kamis et leurs maîtres contrastent avec la naïveté de Raizô. L’auteure oscille entre tension et humour. Elle prend pour prétexte le contact des muqueuses pour ajouter des passages sensuels. Toutefois, elle commence à établir les thèmes récurrents de ce récit: l’attachement et le sentiment amoureux avec un partenaire partageant ses souffrances, le statut ténu entre outil et être vivant des kamis, l’utilité ou le rôle de chacun dans un couple, la famille et la société, les liens amoureux.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, au style immédiatement reconnaissable. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, donnant parfois un côté minimaliste ou très mignon. Elle varie la physionomie de ses personnages permettant de les reconnaître facilement, même de loin. Les décors sont présents dans les plans larges. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page est dynamique. Pour l’instant, les scènes érotiques servent surtout à présenter les pouvoirs particuliers des kamis. Shimizu sensei offre tout de même quelques scènes, sans pour autant détailler les parties intimes. Elle met surtout en avant les sentiments de ses personnages.

En résumé

Suite au décès de sa grand-mère qui l’élevait, l’étudiant Shichikawa Raizô trouve un emploi d’apprenti cuisinier dans la maison de Waki. Il fait alors la connaissance des autres résidents: Mitô Ôka et sa « poupée » Benio, le gourmand Mitô Kotoha et le surprotecteur Konoe, ainsi que Kon avec qui il partagera sa chambre. Mais pour son premier festin, la majorité des locataires refusent de manger, trop occupés. D’ailleurs, Raizô surprend certains couples dans un moment très intime. Il reçoit cependant les encouragements d’un étrange homme portant un masque de renard. Par la suite, l’étudiant découvre peu à peu les métiers particuliers des locataires ainsi que leur gentillesse, ces derniers l’aidant et le conseillant. Un soir, alors que Raizô avait préparé un nabe au crabe, Konoe est soudainement attaqué par une onde maléfique et perd un bras. Mais il ne saigne pas car il est en réalité un kami en papier…

En conclusion

Grâce aux annotations apportées par la traductrice, il est facile d’entrer dans le récit. J’adore cette série, étant une passionnée de shintoïsme. En plus, les personnages sont tous attachants. J’apprécie la toute petite touche de diversité apportée par Ôka et Benio, les couples lesbiens étant plutôt rares dans les BL en général. Comme à son habitude, l’auteure prend son temps pour bien installer son univers et ses personnages. Je ne peux donc que vous recommander fortement cette lecture.

Sasaki et Miyano 2 – Harusono Shou

sasaki et miyano 2 harusono shou
HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782382122457
Akata, 2022
ISBN: 9784040691619 (JP)
Kadokawa, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Depuis ce jour, je ne peux pas m’empêcher de le trouver classe… »

Harusono Shou sensei confronte beaucoup ses personnages aux situations stéréotypées des BL, ajoutant une touche humoristique à sa romance. Elle développe doucement la prise de conscience de Sasaki et Miyano. Ainsi, les deux lycéens s’interrogent sur la différence d’âge, leur comportement parfois ambigu prêtant à confusion. Chaque évènement est prétexte à faire rougir les deux héros. Par ailleurs, Sasaki a de plus en plus de mal à se retenir et expérimente la jalousie et la possessivité. De même, Miyano réfléchit à la différence entre fiction et réalité, comprenant petit à petit les sentiments profonds de son ami. L’auteure développe un peu plus les personnages secondaires. En comparant les réactions d’Ogasawara Jirô et Kuresawa Tasuku, elle met en avant l’approche différente d’un garçon confronté à sa petite amie fan de BL. Dans un chapitre bonus, elle révèle un peu la relation particulière qu’entretient Hirano avec son colocataire Kagiura Akira.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Toutefois, les personnages sont facilement reconnaissables. Les trames d’ambiance, très graphiques, alternent avec les décors. Contrairement au tome précédent, les saynètes en fin de chapitre donnent simplement une petite anecdote sur l’histoire. Harusono sensei continue de mélanger yonkoma et mise en page classique. Elle présente plus en détail les personnages en fin de tome. Sous la jaquette, elle annonce la prépublication de la série avec un yonkoma et une illustration. Par ailleurs, le volume débute par une petite scène en couleur en rapport avec la couverture. Le sommaire donne encore une chronologie très pratique pour situer les évènements qui se déroulent assez rapidement.

En résumé

Tôt un matin, Miyano Yoshikazu croise Sasaki Shûmei qui a été convoqué par Hirano Taiga. Ce dernier l’aide à réviser car ses notes sont mauvaises. Mais comme Hirano a du retard, Sasaki invite son ami à discuter de leurs dernières lectures. En buvant son café, Yoshikazu se brûle la langue et Mya ne peut alors s’empêcher d’imaginer une situation BL. En effet, les personnes sensibles de la langue seraient soi-disant maladroites en baiser. Quand Sasaki lui propose malicieusement d’essayer, le lycéen d’abord surpris, commence à s’interroger sur les sentiments de son ami. Le soir, en allant lui donner la suite du manga, il surprend une conversation entre Sasaki et un ami qui lui reproche de lire des boy’s love. Toutefois, Shûmei défend sa nouvelle passion…

En conclusion

Dans ce tome, la série prend un certain rythme alternant humour et émois. Par ailleurs, Harusono sensei dépeint avec finesse les interrogations qui touchent les adolescents. Même si elle n’approfondit pas les thèmes qu’elle aborde, elle offre une romance toute douce, agréable à lire, avec des personnages très attachants. Pour ma part, je suis complètement conquise!

Sasaki et Miyano 1 – Harusono Shou

sasaki et miyano 1 harusono shou
HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782382122440
Akata, 2022
ISBN: 9784040684710 (JP)
Kadokawa, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Quand les boy’s love permettent à un lycéen de vivre la plus parfaite des romances.

Harusono Shou sensei nous invite à partager le quotidien de deux lycéens friands de boy’s love. Elle développe à la fois des thèmes par chapitre ainsi qu’un fil rouge évolutif sur la relation entre les deux héros. De même, elle analyse les premiers émois de l’adolescence. Malgré sa tête de voyou, Sasaki est gentil et ouvert d’esprit. Miyano, quant à lui, a du mal à assumer ouvertement sa passion mais est heureux de rencontrer enfin un autre garçon qui s’y intéresse. Ainsi, seuls un groupe d’amis proches connaissent leur intérêt pour ce genre littéraire. A travers leurs aventures, l’auteure aborde divers sujets comme le jugement extérieur, l’acceptation de la différence, le comportement des fans de BL, le vocabulaire particulier qu’ils utilisent. De même, elle joue sur les situations BL pour titiller l’imagination des lecteurs. Sasaki réalise petit à petit son attirance pour Miyano et y réfléchit beaucoup.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo, très doux et mignon. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des yeux assez grands mais très expressifs. Les trames d’ambiance, très graphiques et nombreuses, participent complètement au récit, renforçant l’aspect évanescent des pages. Ainsi des triangles, pois, fleurs, envahissent les scènes. De même, les décors apparaissent sur les plans larges mais deviennent de simples silhouettes derrière les trames. Des cases blanches au cadre épais, en superposition, introduisent les flash-back. Harusono sensei utilise une mise en page hybride, mêlant yonkoma et agencement classique. Elle narre également une histoire parallèle sur le festival culturel en deux cases à la fin des chapitres. Elle révèle les prénoms de ses personnages en fin de tome. Par ailleurs, le manga débute par une page couleurs. Sous la jaquette, il y a encore deux yonkoma apportant des anecdotes sur Hirano Taiga et Kuresawa Tasuku.

En résumé

Un jour, Miyano Yoshikazu aperçoit un élève qui se fait harceler et cherche à joindre du secours. Apparaît alors Sasaki Shûmei qui l’arrête dans son élan puis s’occupe des voyous. Trois mois plus tard, les deux lycéens ont sympathisé et apprennent à se connaître petit à petit. Miyano a du mal avec le côté tactile de Sasaki, surtout qu’il complexe sur son visage efféminé. En effet, le jeune lycéen est fan de boy’s love et a peur que les actions de son ami prête à confusion dans ce lycée pour garçons. Mais à force de l’entendre utiliser un vocabulaire inconnu, Sasaki demande à Mya de lui conseiller une de ses lectures préférées. Et à la grande surprise de ce dernier, il trouve le manga très intéressant…

En conclusion

Harusono sensei prend tout son temps pour développer son récit et s’attarde surtout sur la vie scolaire et l’amitié. Ce titre est à la fois une bouffée rafraichissante de douceur, de bienveillance et de bonheur qu’un moyen de découvrir l’univers du boy’s love. L’adaptation animée rend d’ailleurs très bien cette ambiance. J’aime beaucoup le temps précisé dans le sommaire au-dessus des chapitres, permettant de mieux se situer dans l’avancée du récit. En plus, adorant les yonkoma, j’adhère complètement au récit mais ce style pourra décontenancer certains lecteurs. Le couple est adorable et j’ai juste envie de suivre leurs aventures avec passion.

Kachô fûgetsu – beauties of nature 6 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu beauties of nature 6 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375063101
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784403510281 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« As-tu réfléchi à ta récompense? Je suis prêt à réaliser n’importe lequel de tes désirs. »

Shimizu Yuki sensei conclut l’arc de Yômei et Hizuru. Elle analyse le changement subtil de leur relation maître et chien tout en semant des indices sur l’évolution de leurs sentiments. Les émotions de Sano font le yoyo entre bonheur et déception, le caractère stoïque et les actions parfois tendres, parfois froides de Tsujimoto brouillant la compréhension de ses intentions. D’ailleurs, Yômei reste encore prisonnier des paroles de son frère Katsuya et des règles du clan. Par ailleurs, l’auteure s’intéresse aux victimes collatérales du monde des yakuzas. A travers Kiriya, elle montre la fonction malaisée de chef de clan. De même, avec Katsumata, elle dénonce le fort esprit de responsabilité et de culpabilité d’un yakuza dans ses actions. La balance entre humour et tendresse des interactions de Yômei et Hizuru est rafraichissante, le couple développant une relation consensuelle. En plus, Sano fait preuve de plus d’audace pour notre plus grand plaisir.

La mangaka a un style immédiatement reconnaissable avec son trait épuré et ses contours parfois dédoublés. Elle porte attention aux petits détails comme par exemple les changements d’expression, les ombres et même le reflet des nuages dans les fenêtres. D’ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges et sont plutôt travaillés, en particulier la végétation, le onsen ou le cimetière. Les flash-back, intégrés directement au récit, se remarquent immédiatement avec leur ton plus clair et une trame rayée. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, la mise en page dynamique joue beaucoup sur les ellipses, les emboîtements de cases, l’absence de cadre et les grandes vignettes. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Contrairement au tome précédent, elle détaille les parties intimes tout en conférant beaucoup de sensualité aux passages sexys.

En résumé

Grièvement blessé, Sano Hizuru s’évanouit. Sa voiture étant bloquée suite à un accident, Tsujimoto Yômei perd patience. En effet, des charpentes tombées d’un camion bloquent la route. Oubliant toute prudence, le yakuza transporte son compagnon puis vole un camion après avoir frappé le propriétaire. Sur la route, il croise en contre-sens une ambulance qui s’arrête soudain. Il s’agit de Hitomi Masataka, accompagné de Renko. Les deux médecins prennent alors en charge le blessé. Plus tard, Hizuru se réveille à l’hôpital et remarque Yômei à ses côtés qui veille sur lui. Il réalise alors qu’il désire plus que tout rester auprès de celui qu’il aime…

En conclusion

Ce tome obtient la douzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2018. Tsujimoto Yômei est classé huitième meilleur seme tandis que Sano Hizuru occupe la neuvième place du meilleur uke. L’amour de Hizuru semble déborder du manga. Quel plaisir de suivre les aventures de ce couple si adorable qui mériterait vraiment de quitter le dangereux milieu de la mafia.

Hidamari ga kikoeru 4 Limit 2 – Fumino Yuki

hidamari ga kikoeru 4 fumino yuki
FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782368776704
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784829686157 (JP)
Printemps shuppan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

L’incompréhension au sein du couple fait obstacle à l’amour.

Fumino Yuki sensei interpelle les lecteurs sur les différents appareils auditifs. Elle dénonce également le voyeurisme de certains journalistes qui jouent sur l’apitoiement du public envers les handicapés pour faire de l’audimat. Par ailleurs, elle met en avant les problèmes que peuvent rencontrer des couples dont l’un des partenaires est malentendant. Ainsi, Yasu réalise les difficultés à s’intégrer dans une conversation. De même, Kôhei se sent mal pour Taichi qui tente de communiquer normalement alors qu’il ne maîtrise pas encore la langue des signes. D’ailleurs, l’auteure montre le sentiment de solitude, d’infériorité ou de culpabilité que peut ressentir une personne handicapée en compagnie d’une personne valide. Elle décrit avec finesse l’impression de sacrifice d’une personne qui s’engage pour aider celui qu’il aime. Ainsi, influencé par Ryû, Kôhei réfléchit sur sa relation avec Taichi et se renferme à nouveau. Au contraire, Taichi n’arrive pas à transmettre ses sentiments.

La mangaka adoucit son trait, toujours aussi fin. Elle équilibre l’utilisation des trames. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors sont plutôt réalistes et très présents. La mise en page dynamique joue beaucoup sur la variation des angles de vue. En fin de tome, Fumino sensei offre un chapitre rétrospectif avant que les deux jeunes hommes ne se déclarent. Comme dans le tome précédent, elle reprend le thème de la couverture en proposant deux planches amusantes sous la jaquette, insistant sur les quiproquos entre le couple.

En résumé

Le grand-père de Sagawa Taichi est sorti de l’hôpital malgré les recommandations des médecins, mais il semble avoir la forme. Depuis qu’il a dormi chez Sugihara Kôhei, Taichi ne l’a plus revu. Ses petits soucis l’empêchent de se consacrer pleinement à sa formation. Mais Chiba vient prendre la relève d’Araki qui perdait patience. Invitée par Yasu, Maya l’emmène au restaurant de Yumetani. Toutefois, le jeune homme s’aperçoit qu’il a du mal à se mêler à leur conversation. Kôhei fréquente de plus en plus Ryû, faisant du mini-foot avec lui. Cependant, il remarque que ce dernier n’aime pas se mêler aux personnes valides. En effet, considérant que son handicap sera toujours une charge pour eux, le jeune homme préfère rester avec des personnes le comprenant.

En conclusion

Ce tome obtient la dixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2019. Sugihara Kôhei est classé quatorzième meilleur seme et Sagawa Taichi dix-huitième meilleur uke. A chaque page mon cœur palpite pour ce couple qui semble fait l’un pour l’autre malgré les obstacles. D’ailleurs, l’auteure arrive à décrire avec finesse leurs sentiments, leurs hésitations, et à pointer les points difficiles de la relation et du handicap. Elle donne envie de s’intéresser au sujet, sans tomber dans le mélodrame.

Hidamari ga kikoeru 3 Limit 1 – Fumino Yuki

hidamari ga kikoeru 3 fumino yuki
FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782368776148
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784829685990 (JP)
Printemps shuppan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Entre travail et études, difficile d’entretenir une relation naissante.

Fumino Yuki sensei met en avant la difficile conciliation d’une relation amoureuse entre travail et études. Avec Umetani Take et Ryû, elle présente un peu le football pour les sourds. En plus, elle apporte une note positive par rapport au tome précédent, mettant en avant le dynamisme des jeunes pour organiser des évènements adressés au public malentendant. Ryû apporte une autre vision des relations entre valides et handicapés. Les gaffes de Taichi apportent une touche d’humour. L’auteure dévoile également le passé du jeune homme. Elle développe un peu certains membres de la société Sig-n, en particulier le sévère Chiba et le taquin Tendô. Même si la relation entre Sagawa et Sugihara avance, leurs rapports sont pollués par divers sentiments comme le doute, la peur de la séparation ou de devenir une charge. En plus, Taichi n’est pas prêt psychologiquement malgré son désir bien présent.

Le trait épuré de la mangaka, proche du style shôjo, dégage à la fois de la douceur et une certaine fraîcheur. Elle simplifie ses traits en exagérant les expressions, apportant une touche humoristique. Ainsi, les bouilles de Taichi gêné sont adorables. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. De même, l’utilisation des trames est équilibrée. Les décors sont précis, très réalistes. La mise en page est dynamique, avec des angles de vue variés. Même si il n’y a pas de scènes érotiques à proprement parler, Fumino sensei transcrit parfaitement la gêne et le désir présent de ses personnages. Quand ils rougissent tous les deux, ils reprennent un air presque innocent et enfantin. Sous la jaquette, elle offre une anecdote tendre avec nos deux maladroits dans la continuité de la couverture.

En résumé

Comme Sagawa Taichi travaille à Sig-n, il a moins le temps de voir Sugihara Kôhei. Un stage intensif est programmé au lac Kawaguchi pour la société Bart qui accueille une nouvelle recrue atteinte de surdité. Chiba décide de ne prendre que l’élite. Frustré, Taichi n’arrête pas de se plaindre auprès de Kôhei durant leur rendez-vous. Impatient, son petit ami l’embrasse alors qu’ils flânaient dans un parc, mais le garçon enjoué n’aime pas les démonstrations dans les lieux publics. Comprenant toutefois sa peine, il accepte alors une petite excursion en amoureux pour son prochain congé. Mais Taichi doit remplacer au dernier moment un collègue qui s’est blessé. Toutefois, durant le stage, Chiba lui interdit d’utiliser la langue des signes qu’il ne maîtrise pas totalement et d’intervenir auprès des stagiaires, en particulier Ueno qui est sourde.

En conclusion

Ce tome obtient la dixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2018. Sugihara Kôhei est classé 18ème meilleur seme et Sagawa Taichi 19ème meilleur uke. J’aimerais bien que la relation entre Yasu et Maya se concrétise mais l’amour ne fait malheureusement pas tout. J’aime beaucoup les nouveaux personnages. L’auteure arrive à parler du handicap avec finesse et bienveillance, présentant à la fois le travail de ceux qui essaient d’intégrer les personnes malentendantes ainsi que les manques qui persistent. Elle donne même envie d’approfondir le sujet. Je suis complètement subjuguée par ce magnifique récit.

Restart – Hidaka Shoko

restart hidaka shoko
HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782351804834
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784862630490 (JP)
Libre, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Tout n’est pas glamour dans le monde de la mode… »

Hidaka Shoko sensei propose des romances se déroulant dans le monde de la mode. Elle s’intéresse à la rivalité entre mannequins galvanisée par des effets de mode, les carrières fluctuantes, la perte de confiance en soi. A travers Tadashi et Aki, elle aborde également la difficulté à cacher une relation amoureuse et à coordonner un emploi du temps. L’histoire bonus en fin de tome permet de découvrir la rencontre entre les deux mannequins. Par ailleurs, le chapitre spin-off « Pour toi » questionne sur la différence d’âge. L’auteure développe des personnalités complexes malgré le format court. Ainsi, elle met en évidence la tendance de Yoshizawwa et Honma à se rabaisser et à remettre en question leur place dans le métier. En fin de tome, elle dépeint avec finesse la confusion des sentiments de Tomohiro, prisonnier de son ancien amour.

La mangaka a un trait épuré qui joue beaucoup sur les pleins et déliés. Elle le simplifie légèrement dans les passages humoristiques, privilégiant un certain réalisme. De même, les décors très présents renforcent cet aspect. Les trames sont également équilibrées. Toutefois, quelques trames d’ambiance accompagnent les émotions. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Hidaka sensei ne montre pas trop les parties intimes, jouant sur les trames, l’absence de trait ou des cadrages très serrés.

En résumé

Restart / Step / Clear / Rebirth / Contact: Lors d’un shooting photo, le mannequin Yoshizawa Tadashi (24 ans), dont la carrière est sur une pente descendante, apprend que son jeune collègue Kudô Akihiro (21 ans) a été sélectionné pour un défilé à l’étranger. En effet, Aki ne l’a pas informé puisqu’ils s’évitent depuis plus d’un mois. Car après une soirée trop arrosée, les deux hommes ivres avaient couché ensemble. Leur manager Noguchi convoque alors les deux mannequins et les somme de participer à la soirée de fin d’année. Mais Tadashi ne supporte pas les sermons d’Aki…
Pour toi: Le photographe Kishida Tomomi a sélectionné le jeune mannequin Honma Shunsuke pour son nouveau projet de portraits. Mais le lycéen a du mal à comprendre ses directives trop vagues. Il se demande également pourquoi il a été choisi alors qu’il n’a plus de succès. Soudain, en plein shooting, le photographe lui déclare alors son amour…
Reflets: Tomohiro Tatsumi a perdu son premier amour dans un accident de plongée avant même d’avoir pu lui déclarer ses sentiments. Il n’a pas vraiment encore fait son deuil, le corps de ce dernier n’ayant jamais été retrouvé. Mais un jour, il croise dans le bus, le portrait craché de Shinozaki…

En conclusion

Malgré le format court, Hidaka sensei narre de merveilleuses histoires emplies d’émotions et de réalisme. Elle ne s’éparpille pas et donne l’essentiel pour appréhender la psychologie des personnages. Une lecture prenante pleine de sensibilité!

Reverse hierarchy – Nishihara Keita

reverse hierarchy nishihara keita
NISHIHARA Keita 西原ケイタ
ISBN: 9782368771907
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796406284 (JP)
Kaiohsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Des seme prédateurs qui vont faire des efforts pour plaire à leur uke.

Nishihara Keita sensei propose de suivre deux histoires avec deux couples de lycéens dont les seme se révèlent être de vrais prédateurs. Ces derniers, un peu pervers, dominent complètement leur uke fou amoureux d’eux. Néanmoins, ces romances légères mettent en avant le pouvoir de l’amour avec une touche d’humour. Dans « Reverse hierarchy », l’auteure s’amuse à retourner le rapport entre les deux héros. Elle joue sur l’innocence et l’ignorance de Shizuo, qui cède d’abord facilement à Masato. Bien qu’il prenait un peu de haut son ami, il se retrouve complètement sous sa coupe dans leur relation amoureuse. Pourtant, par la suite, le seme réalise ses sentiments et répond avec plaisir aux attentes romantiques de son amant. Le second récit s’intéresse à l’évolution de Kichise, au caractère extrême: égocentrique, pervers et fétichiste des tétons. En découvrant petit à petit Mitsuba, ses sentiments s’éveillent et il tente alors de répondre à ses désirs.

La mangaka a un trait anguleux très simplifié. Elle dessine des mentons et des nez pointus, avec des yeux effilés. Son style particulier se simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les décors servent principalement à situer l’action. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. La balance entre noir et blanc est équilibrée, avec des trames d’ombre et de couleurs. Dans les scènes érotiques, Nishihara sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches. Elle évite également de montrer trop de détails en écourtant ces passages. Des yonkoma concluent les deux histoires en apportant des anecdotes amusantes.

En résumé

Reverse hierarchy! / Bonus: Le sérieux délégué de classe Anzai Shizuo est persuadé d’être indispensable à son ami d’enfance Masato. En effet, il le réveille tous les matins, surveille ses fréquentations et passe tout son temps libre à s’occuper de lui. Cependant, les petites attentions de Masato le touchent. Les parents de Masato s’absentant, Shizuo leur propose de rester avec lui. Mais ce dernier a bien l’intention de s’amuser un peu et commence à regarder une vidéo pornographique. Gêné, son sérieux ami l’interrompt mais les choses entre eux dérapent…
Ne me touche pas! / C’est un crime d’être aussi mignon! / Je veux tout de toi! / Kichise x Mitsuba Bonus: Miyoshita Mitsuba complexe sur ses tétons devenus très sensibles depuis que son petit ami, Kichise, s’amuse avec à chaque rapport…

En conclusion

L’auteure n’approfondit pas ses récits et reste dans la légèreté et le partage des sentiments. Cependant, il est amusant de voir les uke très passifs arriver à faire réfléchir leurs dominants seme en partageant clairement leur amour. Une histoire divertissante qui se laisse lire.

Pas touche au petit chat! – Ogawa Chise

pas touche au petit chat ogawa chise
OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782368775509
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784813031314 (JP)
Taiyohtosho, 2016 (JP)
Titre original: おいたが過ぎるわ子猫ちゃん
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Quand le chaton inoffensif n’hésite pas à griffer le loup prédateur, quitte à lui faire (vraiment) mal! »

Ogawa Chise sensei offre une comédie romantique amusante avec un naïf lycéen maladroit et un capricieux trentenaire pervers. Elle joue beaucoup sur le comique de situation et de répétition sur le thème de « l’approche séductrice à ses risques et périls ». La narration donne d’abord le point de vue de Kyûta avant de laisser le mot de la fin à Etsurô. Les personnages ont tout de même une personnalité travaillée: Etsurô représente le dragueur lourd typique, mais fuit en réalité la souffrance de la solitude. De même, Kyûta s’avère moins naïf qu’il n’y paraît et réfléchit sérieusement à ses sentiments. Par la suite, l’auteure introduit l’entourage du lycéen, aussi bien à l’école que sa famille, pour faire évoluer ses sentiments et lui faire prendre conscience de la différence d’âge. Elle ajoute un chapitre abordant avec humour les difficultés à se déclarer auprès des parents quand la pression du mariage les inquiète.

La mangaka a un trait épuré avec un style reconnaissable, qu’elle simplifie pour les passages humoristiques. Elle détaille les décors, rendant le désordre de la vieille maison, le parquet grinçant, l’ancienneté de l’architecture du quartier. Elle utilise principalement les trames pour colorer ou ombrer. Les trames d’ambiance sont donc très rares. La mise en page est dynamique et accompagne parfaitement les chutes humoristiques. Les illustrations de début de chapitre présentent une scène du quotidien. Ogawa sensei ose même dessiner Etsurô aux toilettes! Elle censure à peine les scènes érotiques en traçant avec des traits discontinus et légers, les parties génitales. En plus, elle joue beaucoup sur les angles de vue pour cacher l’essentiel. Ainsi, certaines scènes dégagent de la sensualité.

En résumé

Komori Kyûta s’occupe régulièrement de son cousin au deuxième degré, Kasai Etsurô (35 ans), un calligraphe célibataire qui vit seul dans une ancienne maison depuis le décès de ses parents. Ce dernier, capricieux et coureur de jupons, passe son temps à taquiner le jeune homme avec des blagues salaces. Mais un jour, il lui évite de se faire renverser par un scooter dans la ruelle et finit avec le bras cassé. Se sentant responsable, Kyûta demande ce qu’il peut faire pour se faire pardonner. Alors Etsurô lui demande de s’occuper des tâches ménagères. Pourtant un soir, il embrasse le jeune homme pendant son sommeil. Kyûta, intrigué, interroge ensuite son cousin, enfin guéri, sur ses intentions. Le calligraphe commence donc à l’embrasser mais quand il cherche à aller plus loin, Kyûta se défend et lui casse une côte…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la dix-septième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. Après l’atmosphère plutôt pesante de ses séries comme par exemple Caste heaven ou même Le cœur de la méprise, l’auteure s’attaque à un tout autre registre: l’humour. Et elle arrive à maîtriser ce style tout en conservant ses particularités: des personnages plus profonds qu’ils ne paraissent, des sentiments parfois exacerbés, des relations d’abord tendues. La perversité d’Etsurô devient comique parce qu’il se laisse en fait mener par le bout du nez par Kyûta. Le couple devient alors attachant. Je me suis bien amusée en découvrant leurs aventures!