Ze 10 – Shimizu Yuki

ze 10 shimizy yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351806395
Taifu comics, 2010
ISBN: 9784403662959 (JP)
Shinshokan, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« La solitude et le renoncement… J’étais à la dérive, puis j’ai fini par m’échouer quelque part… »

Shimizu Yuki sensei attaque l’arc final de son récit en plongeant le lecteur dans le passé de Waki. Elle se focalise particulièrement sur sa rencontre avec Rikiichi, qui va l’inciter à devenir marionnettiste, et sur la naissance des premiers kamis. Elle introduit plein de nouveaux personnages, en particulier Uta la sœur du maître kotodama ainsi que le troisième kami Magane. D’ailleurs, le côté loup de ce dernier ajoute une touche mignonne et humoristique. La narration se base principalement sur Waki. Ce dernier va développer une certaine complicité avec Rikiichi, étant sur la même longueur d’ondes. La personnalité flamboyante du maître kotodama, qui peut se montrer aussi accueillant qu’impitoyable, va adoucir le désabusé Waki. L’auteure révèle ainsi tous les secrets autour du marionnettiste, son passé très sombre, sa longévité hors norme, son manque de confiance en l’humain, son sentiment de solitude qui persiste même entouré de ceux qu’il aime.

La mangaka maîtrise sont trait épuré et anguleux. Toutefois, la structure de ses visages s’uniformise et l’on distingue maintenant les personnages grâce à la forme de leurs sourcils et leur coiffure. Les trames sont équilibrées. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Comparé au tome précédent, Shimizu sensei censure les parties intimes par des points blancs dans les scènes érotiques. Toutefois, pour compenser le manque de scènes dans le récit principal, elle offre en bonus la suite du chapitre 1 avec Genma et Himi en mode amour fou.

En résumé

Yoshiwara Waki a du mal à admettre qu’Asari ait pu conserver ses souvenirs et sa personnalité. Il passe donc sa mauvaise humeur sur les autres kamis, convoquant même Himi pour d’abord l’interroger puis lui reprocher son incapacité à faire de même. Mais Yashiro Genma le défend ardemment face à ses remarques acerbes. Le marionnettiste essaie même de s’en prendre à Raizô. Toutefois l’éblouissant larbin garde sa bonne humeur et son innocence, calmant légèrement son hôte. Waki se souvient alors de sa rencontre avec Rikiichi, à la chevelure flamboyante…

En conclusion

Shimizu sensei offre un tome plein de révélations, interrogeant toujours sur les liens entre les gens. Plus j’en apprend sur Waki, plus je le trouve détestable. Pourtant, j’aimerais qu’il trouve enfin le bonheur. Ce tome prend un ton plus sérieux mais c’est un plaisir de découvrir l’origine des kamis.

Megumi & Tsugumi 3 – Si Mitsuru

megumi and tsugumi 3 si mitsuru
SI Mitsuru S井ミツル
ISBN: 9782375063132
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784801972513 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« On est bien devenus partenaires, non? »

Si Mitsuru sensei aborde la question de la morsure comme contrat de partenaires dans l’omegaverse. En s’appuyant également sur le chapitre consacré à Harutsugu et Kuroji, elle interroge sur ce lien particulier entre un alpha et un oméga ainsi que les différences avec le mariage et la relation amoureuse. Avec ses personnages peu stéréotypés au genre, elle développe encore une relation consensuelle. Ainsi, Megumi réalise la difficulté à obtenir l’accord des parents avant tout engagement. Par ailleurs, la naïveté de Tsugumi apporte toujours une touche d’humour, enchainant les quiproquos. En plus du lien d’amitié brisé avec Subaru, l’auteure introduit un rival, Sakashita Inami, et oblige l’alpha à gérer divers sentiments entre jalousie, manque de confiance et doute. Elle reprend ces mêmes thèmes dans le chapitre des parents de l’oméga. L’histoire bonus en fin de tome offre une touche érotique, continuant directement un des chapitres.

La mangaka a un trait épuré au contour très épais qui joue beaucoup sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Comparé au tome précédent, son style s’est légèrement adouci mais conserve une petite touche shônen appréciable. Les décors alternent avec les trames d’ambiance souvent très graphiques. Le thème des vacances d’été est prétexte à quelques cases fan service. Malgré une mise en page plutôt classique, Si sensei varie souvent les angles de vue et gère très bien le rythme. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, même si parfois elle omet quelques détails. En fin de chapitre, les personnages en SD apportent une touche mignonne. Sous la jaquette, deux planches proposent de découvrir les réactions des personnages face à des histoires effrayantes.

En résumé

Yamada Tsugumi (oméga) et Kokonoe Megumi (alpha) sortent enfin ensemble, partageant des sentiments réciproques. L’oméga est venu voir un dessin-animé chez l’alpha qui interprète cela comme un rendez-vous amoureux. Au bout de trois heures, Tsugumi montre enfin quelques signes romantiques en appuyant sa tête sur l’épaule de son bien-aimé. Ce dernier répond donc à ses avances, malgré quelques protestations de l’oméga qui se laisse pourtant faire. Tandis que l’alpha est heureux de cet échange sans l’influence des chaleurs, le rebelle s’interroge alors sur leur relation. En effet, croyant former déjà une paire, il n’éprouve aucun changement. Megumi décide donc d’officialiser clairement leur relation en demandant l’autorisation à leurs parents pour le mordre…

En conclusion

Comme à son habitude, Si sensei s’amuse à déstructurer les thèmes chers à l’omegaverse pour les transformer en comédie romantique bienveillante. Elle met en avant la volonté humaine et le respect sur un comportement presque animal. La stupidité de Tsugumi me déstabilise parfois mais c’est ce qui fait tout le charme du récit. Et puis quel plaisir de découvrir l’histoire de Kuroji et Harutsugu. Ils vont finir par devenir mon couple préféré!

Ze 9 – Shimizu Yuki

ze 9 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351806005
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784403662713 (JP)
Shishokan, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Ne disparais pas. Vis et protège… »

Shimizu Yuki sensei développe l’arc sur Asari et Shôi. Elle présente leur passé par tranches de vie jusqu’à reboucler sur la fin du tome précédent. Elle décortique l’évolution de leur relation, d’abord conflictuelle pour se transformer en un amour profond et réciproque. En fin de compte, les deux héros ont plusieurs points communs comme leur sentiment d’être prisonnier et le rejet de leur condition. La narration se base principalement sur le point de vue d’Asari. L’auteure interroge sur la vie et la mort à travers le kami dont le pouvoir s’affaiblit. Elle questionne également sur l’utilisation des kamis, particulièrement quand les sentiments n’existent pas. Ainsi, le premier rapport entre les deux héros est clairement défini en viol. Par ailleurs, le lien qui se crée entre Shôi et Asari traverse les différents crises que subit le couple en se renforçant.

Le trait anguleux et épuré de la mangaka semble plus marqué avec les pleins et les déliés. Elle soigne les décors assez présents. De même, quelques trames d’ambiance appuient les émotions fortes. La mise en page est dynamique. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques, mais évite de détailler celles sans consentement. Elle introduit toujours son tome par des fiches personnages.

En résumé

Asari, le plus vieux des kamis, a fini par redevenir une page blanche. Mitô Shôi demande alors à Waki de le faire revenir, persuadé qu’un miracle peut se produire. En effet, il a cru entendre son kami souhaiter rester auprès de lui avant de disparaître. Mais Waki, las, refuse de s’exécuter, provoquant l’ire du chef de clan. Waki se souvient alors que lors de son premier travail, Asari avait refusé de rejoindre Shôi qui l’appelait parce qu’il le détestait. L’adolescent a endossé les blessures, ne voulant pas blesser ce kami qu’il n’avait jamais vu malgré les recommandations de Waki. Désespéré de sa condition, il souhaitait mourir pour se libérer, ne supportant pas la folie de la famille Mitô. En l’entendant appeler au secours, Asari finit par apparaître devant lui et l’embrasse.

En conclusion

Ce tome obtient la première place du meilleur manga au Chill chill BL award 2010. Asari est classé troisième meilleur uke. Ce volume est une ode à l’amour qui s’installe lentement mais tendrement. L’image des deux frères qui coopèrent a un impact fort et émouvant. La série a toujours droit à une adaptation en drama CD. La surprise finale rend insoutenable l’attente du prochain tome.

Ze 8 – Shimizu Yuki

ze 8 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805732
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784403662522 (JP)
Shishokan, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Le jour est venu pour Kotoha de quitter sa cage. »

Shimizu Yuki sensei conclut l’arc concernant Kotoha sur son adolescence et son intronisation à la tête de la famille Mitô. Elle s’intéresse au changement de la relation entre le jeune maître kotodama et son kami. En effet, Konoe accepte peu à peu ses sentiments et passe donc de père à amant, forcé par les conjonctures. Suite à un traumatisme, Kotoha va encore évoluer et prendre des décisions lourdes de conséquence. Après un ton sérieux et dramatique, l’auteure détend l’atmosphère avec un chapitre tendre et humoristique sur Shichikawa Raizô et Kon, mettant en avant l’esprit de famille. Elle plonge ensuite les lecteurs dans un suspense insoutenable en commençant l’histoire de Mitô Shôi et Asari. Ainsi, elle approfondit la personnalité de ses personnages au fil des chapitres. Waki s’avère être un manipulateur et les jumeaux Mitô Tsukito et Seiji adorent taquiner Kotoha. Par ailleurs, les rapports non consentis ont toujours une explication.

La mangaka maîtrise son trait épuré, anguleux et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées, avec une dominance sombre pour les moments dramatiques. Quelques trames d’ambiance illustrent également les émotions. Par ailleurs, la mise en page dynamique utilise les chevauchements de vignettes, les ellipses, l’absence de cadre et les angles de vue variés. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle ne les développe pas dans les rapports non consentis. Comme dans le tome précédent, elle présente les personnages en début de tome.

En résumé

Suite au décès de Takamitsu, Yoshiwara Waki convoque Konoe et Mitô Shôi pour les prévenir qu’une cérémonie de présentation du nouveau chef de clan se prépare. Depuis que Konoe a rejeté la déclaration d’amour de Kotoha, ce dernier se montre plus sage. Grâce à la cérémonie, le maître kotodama pourra enfin sortir de sa cage. Mais comme les anciens se montrent sceptiques face à l’adolescent timoré, Waki demande au nouveau chef de clan de faire une démonstration. Toutefois, n’ayant jamais utilisé sciemment son pouvoir, Kotoha reçoit un énorme choc en découvrant ensuite le corps de son kami déchiqueté.

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2009. Le drama CD se classe en troisième place. Asari est classé troisième meilleur uke. L’auteure va au fond des sentiments de ses personnages. Au verso, l’éditeur signale la présence des scènes sensibles. En effet, certaines scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs. Pourtant, Shimizu sensei présente les relations immorales comme telles et préfère mettre en avant les sentiments et le consentement. Elle insiste particulièrement sur les efforts de Konoe pour protéger le lien presque paternel qu’il a noué avec Kotoha pour lui permettre de grandir.

Ze 7 – Shimizu Yuki

ze 7 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805510
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403662270 (JP)
Shinshokan, 2008 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Le maître kotodama le plus puissant du clan Mitô finit toujours placé à sa tête. »

Shimizu Yuki sensei s’intéresse maintenant à l’enfance de Kotoha. Elle met encore en avant la noirceur de la famille Mitô, pour laquelle le pouvoir prime sur tout. De même, elle révèle la spécificité des deux kamis Asari et Konoe, expliquant leur esprit d’indépendance envers Waki et leur maître kotodama. Traité comme un animal sauvage, Kotoha se retrouve isolé malgré son jeune âge. En s’occupant de lui, Konoe développe un amour paternel et découvre les sentiments contradictoires ressentis quand un enfant grandit. Il se transforme presque en père gâteux et surprotecteur. L’auteure met en avant la différence d’âge entre le maître kotodama et son kami ainsi que l’évolution de leurs sentiments. Dès qu’un comportement indécent se produit, elle fait toujours intervenir un personnage pour rappeler la morale. En fin de tome se trouvent les résultats d’un classement de popularité des couples, des seme et des uke.

Comparé au tome précédent, la mangaka adoucit son trait anguleux et épuré. Elle ne surcharge pas ses pages, malgré des décors soignés. De même, les trames sont équilibrées. Les trames d’ambiance sont également discrètes. La mise en page dynamique joue sur les variations des angles de vue et le découpage des scènes importantes. Par exemple, quand Kotoha va pleurer, son visage se déforme case par case. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Comme elle développe la jeunesse de Kotoha, elle compense le manque de passages érotiques avec l’histoire bonus sur Shôi et Asari. En début de tome, elle donne des fiches personnages permettant de se resituer dans le récit.

En résumé

A sa naissance, le pouvoir de Mitô Kotoha était tellement puissant que ses cris de nourrisson ont détruit la maison. Comme sa mère Yukino mourut en couches, sa kami Shirahaze s’est occupée du petit. Quand elle redevint page blanche, Kotoha avait quatre ans. Waki confia donc l’enfant à Konoe, libéré de ses obligations par son maître kotodama malade, Rekiichi. Le kami trouve alors le garçon enfermé dans une pièce spartiate, complètement isolé. Étrangement, il ne parle pas. Konoe tente alors de le faire parler mais même apeuré, Kotoha ne crie pas. Quand le kami fait semblant de mourir, l’enfant finit par pleurer. Mais une corde autour de son cou se ressert immédiatement pour l’étrangler…

En conclusion

Selon votre sensibilité, certains passages peuvent choquer. Même si l’auteure pense toujours à recadrer les problèmes, l’humour qui s’en dégage peuvent déranger. Pour ma part, j’aime beaucoup ce récit qui permet de mieux comprendre la personnalité de Kotoha. Avec tous les couples différents, impossible de ne pas en trouver un qui vous plaît!

L’oméga abandonné gémit deux fois – Isaka Jugoro

l omega abandonne gemit deux fois isaka jugoro
ISAKA Jugoro いさか十五郎
ISBN: 9782382760703
Hana, 2021
ISBN: 9784815501303 (JP)
Sankousha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« Histoire de la passion compliquée d’un oméga rejeté de 40 ans. »

Isaka Jugoro sensei narre une romance dramatique omegaverse interrogeant sur la place de l’alpha. Elle aborde la difficulté de contrôle face à une âme sœur, le relation père-fils qui s’étiole, le doute sur les sentiments et le consentement à cause de l’influence des phéromones. L’ombre du géniteur de Neon plane sur les rapports avec son père adoptif, entre peur de reproduire le passé ou de ne pas être à la hauteur. Par ailleurs, la dominance de l’alpha qui n’hésite pas à abuser de sa force semble être la norme dans cet univers où l’oméga ne sert qu’à procréer. Ainsi, l’auteure dépeint une hiérarchie plutôt toxique entre alphas, bêtas et omégas. En revanche, elle surprend le lecteur avec un grand retournement de situation vers la fin du récit, révélant les réelles circonstances de la séparation entre Takane et Kyôichi.

La mangaka a un trait très épuré, presque dépouillé mais anguleux et marqué par les pleins et déliés. Elle dédouble les contours, conservant ainsi un aspect croqué. Par ailleurs, elle indique le rut des alphas en colorant la sclérotique des yeux en noir. Les décors situent l’action. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. La mise en page dynamique rythme la lecture. Toutefois, Isaka sensei ne transcrit pas clairement certaines transitions de temps, donnant une impression de précipitation. De même, elle censure certaines scènes érotiques par des caches blancs ou des points blancs. Mais elle dessine parfois des coupes intérieures détaillées. Un yonkoma amusant sur Takane accompagne la postface.

En résumé

Le célèbre et égoïste mannequin Ôtori Takane (alpha) s’est constitué un harem d’omégas dont Kyôichi faisait partie jusqu’à ce que lassé, il le jette. La star ayant également abandonné l’enfant né d’une autre oméga, Kyôichi recueille alors Neon et l’élève comme son fils. Maintenant, le jeune alpha va bientôt avoir 16 ans mais souhaite d’abord fêter son anniversaire avec son père adoptif. Toutefois, alors qu’il n’avait plus eu de chaleurs depuis sa séparation avec Takane, Kyôichi se retrouve complètement subjugué par les fortes phéromones que dégage Neon.

En conclusion

Je trouve étrange que Isaka sensei n’aborde même pas la question de la différence d’âge. Évidemment, certaines scènes pourront choquer les lecteurs, vu le synopsis. J’ai eu du mal avec le début du récit mais il s’améliore au fil des chapitres et le retournement apporte vraiment une plus-value.

Stay gold 4 – Hideyoshico

stay gold 4 hideyoshico
Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782382760925
Hana, 2022
ISBN: 9784396784713 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Un amour à sens unique secret qui procure un petit bonheur.

Hideyoshico sensei consacre ce tome à la romance de Hidaka et Kô. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ainsi, elle aborde les sentiments ambigus entre ami et amant dans une relation de sex friend et l’amour à sens unique. Jin comprend assez tôt son orientation sexuelle mais préfère préserver sa relation amicale avec celui qu’il aime. Toutefois, en goûtant enfin au bonheur tant rêvé, il réalise qu’il peut créer des souvenirs précieux, même s’ils sont d’abord douloureux. Au contraire, Kô préfère ne pas réfléchir à la situation, profitant simplement du plaisir. Ainsi, l’auteure analyse l’évolution de la relation entre les deux étudiants. Par ailleurs, elle montre comment les contraintes de la vie adulte peut influencer sur cette relation, avec le manque de temps, l’éloignement, les doutes. Elle apporte une touche mélancolique et réaliste en montrant que l’amour ne peut pas tout surmonter, malgré de forts sentiments.

La mangaka a un trait épuré et simple et pourtant très expressif. Elle exprime les fortes émotions de Hidaka, qui affiche constamment un visage impassible, avec des métaphores graphiques. Par exemple, il se noie dans une passion ou explose de bonheur. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Le fond noir permet d’identifier immédiatement les flash-back. La mise en page plutôt classique joue beaucoup sur des angles de vue variés. Certaines vignettes dégagent même un peu de poésie avec des paysages détaillés. Après un tome précédent encore pudique, Hideyoshico sensei se rattrape en offrant plusieurs scènes érotiques non censurées. Elle présente sommairement les personnages en début de tome.

En résumé

Nakayama Kô taquine Hidaka Jin qui s’est coupé les cheveux pour effectuer son stage d’enseignant. Ce dernier souhaitant conserver leur relation saine pour rester le plus longtemps possible aux côtés de celui qu’il aime, profite des dernières vacances d’été en tant qu’étudiant pour aller au bord de la mer avec lui. Durant son stage, Hidaka réalise la difficulté à enseigner auprès de plusieurs élèves et supporte mal la pression, n’ayant aucun soutien. Toutefois, il remarque également sa dépendance envers son ami qui lui manque énormément. Dès son stage terminé, il fonce donc voir Kô pour fêter cela. Mais quand il se réveille le matin, il trouve son ami à ses côtés dans le même lit…

En conclusion

Ce tome obtient la quinzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Hidaka Jin ne se classe pas parmi les meilleurs uke mais les lecteurs précisent qu’il est un des seuls qu’ils ont envie d’encourager autant. Hideyoshico sensei met en avant un amour bancal qui dure depuis 10 ans mais tout de même magnifique. Elle reste toujours précise dans ses descriptions. Comme je l’ai précisé dans le tome 1, j’adore Hidaka. C’est donc avec grand plaisir que je découvre son aventure.

Stay gold 3 – Hideyoshico

stay gold 3 hideyoshico
Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368776315
Hana, 2019
ISBN: 9784396784423 (JP)
Shodensha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Le retour tumultueux de la mère de Hayato et Kikka.

Hideyoshico sensei nous présente Yayoi, la mère de Hayato et Kikka. Comme dans le tome précédent, elle s’intéresse principalement à la notion de famille. Ainsi, elle révèle le passé entre Yûji et sa sœur. Yayoi est une véritable tempête avide de liberté, avec un fort caractère indépendant. Même si son fils la rejette, laissant exploser sa colère, et sa fille (5 ans) ne la reconnaît pas, elle accepte facilement la situation et essaie simplement de renouer le lien. Contrairement à Yûji pour qui vivre sous le même toit constitue réellement la famille, elle ne cherche pas à approfondir une relation considérée comme naturelle. D’ailleurs, l’auteure met en avant l’évolution possible des liens dans une famille. Elle détaille les chamboulements de la maisonnée, le détachement ressenti envers la personne absente. Par ailleurs, elle fait mûrir doucement Hayato. Le lecteur remarque également que Yûji a du mal à décrypter ses propres sentiments.

La mangaka a un trait simple et épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, les autres trames sont équilibrées. La mise en page dynamique accompagne le rythme de lecture. En début de tome, Hideyoshico sensei commence toujours par une illustration représentant trois photographies.

En résumé

Nakayama Yûji ayant rejeté ses sentiments, Hayato se comporte comme avant sa déclaration, feignant le sage neveu. Cela rassure rapidement son oncle. Par conséquent, le collégien décide de laisser tomber toute tentative de séduction. Par ailleurs, Hidaka l’incite également à étudier plus sérieusement pour que leur accord ne s’évente pas, ses notes ne progressant pas. Malgré l’interdiction de son neveu, Yûji se rend à la fête du sport du collège et prend plein de photographies de Hayato qui pourtant proteste…

En conclusion

Bien que hors classement du Chill chill BL award 2019, les lecteurs citent ce tome parmi les meilleures séries palpitantes, appréciant le développement précis de Hayato évoluant de l’âge juvénile vers l’adolescence. D’ailleurs, Hideyoshico sensei clôture cette première partie sur la famille en effectuant un petit saut dans le temps à la fin du volume. J’ai trouvé que Yayoi avait une personnalité vraiment déstabilisante mais très intéressante. J’ai hâte de découvrir la suite de cette douce tranche de vie.

Stay gold 2 – Hideyoshico

stay gold 2 hideyoshico
Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775813
Hana, 2019
ISBN: 9784396784096 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Quand devient-on adulte?

Hideyoshico sensei met en avant la famille. A travers Hayato et Yûji, elle interroge sur la perception même des liens familiaux. En effet, Yûji et sa sœur n’ont aucune consanguinité. Pourtant, le jeune homme reste très attaché à sa famille recomposée et a du mal à voir son neveu grandir. Hayato, quant à lui, va se confier facilement à Hidaka qui le traite comme un égal. D’ailleurs, le lecteur réalise que Jin a un comportement de stalker même s’il reste discret. L’auteure dépeint parfaitement les émotions et changements de la période charnière de l’adolescence avec par exemple, Hayato qui fait à la fois preuve de maturité tout en se comportant encore comme un enfant. Elle arrive ainsi à retranscrire l’ambiance électrique entre le neveu et l’oncle qui affecte toute la maisonnée. Dans l’histoire bonus, elle offre quelques anecdotes sur Kikka, détendant l’atmosphère.

La mangaka a un trait simple très épuré mais expressif. Elle donne du relief à ses personnages grâce à des contours plus épais. Elle exagère les expressions, apportant ainsi une touche d’humour. De même, la petite Kikka ajoute un côté mignon aux planches. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées et équilibrées. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques renforcent les émotions et participent parfois directement au récit en illustrant des dialogues. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les angles de vue variés. Comme dans le tome précédent, Hideyoshico sensei s’arrête encore aux tentatives et aux baisers volés.

En résumé

Nakayama Yûji s’inquiète de l’avenir de Hayato qui cumule les mauvaises notes. Il aimerait donc qu’il suive des cours du soir. Mais le collégien lui annonce ne pas vouloir aller au lycée, désirant travailler rapidement. L’oncle et le neveu, aussi têtus l’un que l’autre, passent depuis leur temps à se disputer. Kô s’en plaint auprès de son ami Hidaka Jin. Ce dernier lui propose alors de donner des cours particuliers au rebelle en échange d’un repas de temps en temps. Mais quand il se rend chez les Nakayama, Yûji l’accueille avec joie tandis que Hayato part bouder dans sa chambre. Par la suite, Hidaka arrive pourtant à convaincre le lycéen en discutant un peu avec lui…

En conclusion

Hideyoshico sensei crée des personnages au caractère exacerbé mais criant de vérité. Elle oblige le lecteur à s’interroger sur la maturité, la sexualité et la famille. Les aventures des protagonistes nous replongent dans notre puberté et ses émois. Je prends plaisir à suivre les péripéties de cette famille attachante.

Stay gold 1 – Hideyoshico

stay gold 1 hideyoshico
Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775806
Hana, 2018
ISBN: 9784396784089 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Un « chaos amoureux » perturbe l’harmonie d’une famille déjà compliquée.

Hideyoshico sensei aborde avec pudeur la construction de la sexualité durant l’adolescence. Elle narre son récit par petites tranches de vie, partageant les réflexions des membres de la famille Nakayama. Elle inclut également les points de vue extérieurs dans des demi-chapitre, mettant en avant des personnages secondaires comme la camarade de classe de Hayato, Miura, et l’ami de Kô, Hidaka qui cache son homosexualité. Kikka apporte une touche d’humour avec sa franchise La déclaration d’amour d’un adolescent de 13 ans à son oncle chamboule complètement la maisonnée. Yûji considère encore son neveu comme un enfant mais sa tendance à fuir la réalité incite l’adolescent à se montrer de plus en plus entreprenant. Ainsi, l’auteure analyse la gestion d’un coming out dans le giron familial. Dans un chapitre spécial, elle présente ce que sont devenus Tomoya Yashiro et Momose de Rendez-vous à Udagawachou.

La mangaka a un trait simple et épuré qui dégage pourtant de la douceur. Elle dédouble parfois les contours permettant d’insuffler un peu de relief. En effet, elle épure également ses décors qui apparaissent dans les plans larges, mais cela colle parfaitement au style général. Par contre, les trames sont variées et équilibrées. Par ailleurs, les morphologies sont diversifiées. D’ailleurs, Kikka apporte une touche mignonne avec ses traits tout en rondeur.

En résumé

Ses parents travaillant à l’étranger, Nakayama Yûji vit avec son frère Kô, son neveu Hayato et sa nièce Kikka. En effet, après deux mariages et deux divorces, sa sœur a disparu du jour au lendemain en laissant ses deux enfants à la famille. Yûji soupçonne qu’elle s’est entiché d’un pêcheur depuis qu’il reçoit des colis de poissons de sa part. Encore au lycée, Kô en profite quant à lui pour draguer et souvent découcher. En ce moment, Hayato (13 ans) semble en pleine crise d’adolescence. Il se montre rebelle et inquisiteur envers son oncle quand il reçoit des appels d’une femme. Mais en apprenant que Yûji n’a pas encore de petite amie, son comportement change alors immédiatement…

En conclusion

Hideyoshico sensei maîtrise parfaitement le traitement de son sujet qui peut paraître malaisant au premier abord. D’ailleurs, elle analyse avec précision les états d’âme de ses personnages qui ont des réactions tout à fait censées. Et elle prend également son temps pour développer son récit. Donc, rien de plus que des baisers volés implacablement contestés. Une lecture intéressante qui aborde la question de l’homosexualité en général. Et puis j’aime beaucoup Hidaka.