Number call – Furuya Nagisa

number call furuya nagisa
FURUYA Nagisa 古矢渚
ISBN: 9782382761137
Hana, 2022
ISBN: 9784758073561 (JP)
Ichijinsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« A chaque fois que les gens voient mon prénom, ils décident eux-mêmes de comment le prononcer. »

Furuya Nagisa sensei offre une douce et pudique romance dont le thème principal tourne autour du nom. Elle décortique la construction d’une relation, à partir du développement d’une amitié jusqu’aux prémices de l’amour. Ainsi, elle alterne la narration entre les deux héros, partageant leurs premiers émois. On retrouve déjà son style narratif, par petites tranches de vie: ici, une année de terminale. Eito et Hachi découvrent rapidement d’autres points communs en plus de la signification similaire de leur surnom. Par ailleurs, au fil des chapitres, l’auteure développe un peu plus Yokoi et Kisshi, respectivement les amis de Tachibana et Tomoya. Elle les fait subtilement intervenir auprès des deux lycéens qui ont du mal à déterminer la nature de leurs sentiments. L’histoire bonus satisfait les lecteurs par une conclusion toute mignonne.

La mangaka a un trait épuré encore plus simplifié dans les passages humoristiques. Elle s’attarde sur les petits détails. Les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions fortes. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique est plutôt aérée. Il n’y a pas de scènes érotiques, Furuya sensei prenant soin de décortiquer les sentiments.

En résumé

Tachibana Akito, en section littéraire, attire depuis son enfance les quolibets de ses amis car la lecture des caractères de son prénom peut aussi se prononcer « Eito », soit « eight » en anglais. D’ailleurs, son ami Yokoi se moque un peu de lui car il a obtenu 88 à trois contrôles. Par inadvertance, il laisse s’envoler la copie par la fenêtre. Mais un gentil garçon de la section scientifique la ramasse et la rend à Eito avec un grand sourire. Plus tard, Yokoi apprend à son ami que ce gentil garçon s’appelle Tomoya Hatta et qu’on le surnomme Hachi, signifiant également « 8 ». Tomoya est heureux de trouver un ami qui a un nom similaire au sien mais soudain, Tachibana n’ose pas lui révéler son vrai prénom…

En conclusion

Pour son premier manga, Furuya sensei mène déjà très bien son scénario. Elle offre une histoire emplie de douceur et de fraicheur. Elle arrive déjà à pointer les petits moments forts du quotidien de l’adolescence. Je suis d’ailleurs facilement touchée par les deux lycéens qui réalisent petit à petit leurs sentiments sans trop y croire, tout en cherchant à préserver le lien particulier qu’ils nouent. Si vous aimez l’auteure (Les deux lions, Blue summer), n’hésitez pas à vous précipiter sur ce one-shot.

I want you – Momose An

i want you momose an
MOMOSE An 百瀬あん
ISBN: 9782382763025
Hana, 2022
ISBN: 9784796413947 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Titre original: ナカまであいして
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Impossible de lui avouer… que j’ai toujours voulu essayer… »

Momose An sensei offre une romance sexy entre deux lycéens ayant mauvais caractère. Ainsi, elle alterne la narration entre Tokiwa et Yuzuriha. Par contre, elle démarre son récit par une relation non consentie, l’égoïsme et la fatuité de Sôji l’empêchant d’écouter les supplications d’Ikumi. D’abord sex friends, les deux lycéens apprennent à se connaître et les sentiments naissent peu à peu au-delà de leur compatibilité sexuelle. Toutefois, les chamailleries s’enchainent car Yuzuriha ne se laisse pas facilement faire. Pour bousculer ses héros, l’auteure ajoute un triangle amoureux vite expédié. Elle fait d’ailleurs évoluer Tokiwa petit à petit, grâce aux remarques de son ami Sakai. Comme le format ne permet pas d’approfondir plusieurs sujets, elle préfère s’attarder principalement sur le changement de comportement de ses héros qui s’assagissent.

La mangaka a un trait qui joue beaucoup sur les pleins et déliés, dont la rondeur dégage beaucoup de douceur. Elle exagère légèrement les expressions. Avec ce style proche du shôjo, les trames d’ambiance appuient surtout les émotions. Pourtant la palette de trames générales reste réduite mais équilibrée. De même, les décors situent principalement l’action. Le fond noir permet de repérer immédiatement les flash-back. La mise en page très dynamique utilise beaucoup les cases emboitées, donnant parfois une impression de surcharge. Toutefois, le dessin reste clair. Momose sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle intègre même des coupes intérieures. Par ailleurs, elle présente différents stades d’intimité du couple dans les illustrations en début de chapitre. La postface est en bande-dessinée. Sous la jaquette, il y a un croquis et la présentation des personnages.

En résumé

Tokiwa Sôji sort indifféremment avec des filles ou des garçons du moment qu’ils ont un beau visage. En classe, il ose dire à Ikeda dont il s’est lassé, que son voisin de table, Yuzuriha Ikumi, est plus mignon qu’elle. Vexée, la lycéenne le gifle avant de le quitter. Pourtant, Yuzuriha reste indifférent à ses tentatives de rapprochement. Il le remet même vertement à sa place, inquiétant au passage son ami Tanabe Shôta. En effet, il déteste par-dessus tout les personnes qui ne s’intéressent qu’à l’apparence. Le soir, en rentrant de son petit boulot, Sôji rumine encore sa frustration mais il aperçoit alors Ikumi accompagné d’un homme mûr qui allaient entrer dans un love hotel. Il intervient alors et l’emmène chez lui. Croyant que son camarade a de l’expérience, le fier tombeur le force à coucher avec lui…

En conclusion

Ce tome a obtenu la deuxième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2021. Yuzuriha Ikumi obtient la dix-huitième place du meilleur uke. D’abord prévu en one-shot, Momose sensei a pu ainsi continuer son récit grâce au succès. Par un retournement scénaristique, elle atténue un peu la scène du viol. Toutefois, les lecteurs sensibles pourront ne pas apprécier. Pour ma part, j’ai du mal à trancher car j’apprécie les histoires lorsqu’un uke ne se laisse pas faire mais je trouve vraiment Tokiwa détestable. Heureusement, son changement de caractère me permet d’apprécier un peu mieux la fin du récit. Je trouve que cela reste tout de même une lecture divertissante.

Ce côté de toi que je ne connais pas – Fuji

ce cote de toi que je ne connais pas fuji
Fuji 藤
ISBN: 9782382761083
Hana, 2022
ISBN: 9784758022460 (JP)
Ichijinsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Si je te côtoie tous les jours, est-ce que ça veut dire que je te connais vraiment? »

Fuji sensei choisit pour son premier manga, le synopsis plutôt classique de l’amour entre amis d’enfance. Toutefois, elle y ajoute une petite nuance: les deux héros ne se connaissent pas parfaitement s’étant perdus de vue en grandissant. Ainsi, elle aborde avec finesse la différence des sentiments entre un homosexuel et un hétérosexuel qui tombe amoureux d’un homme, la peur du regard extérieur et la difficulté à faire confiance. L’histoire se développe par petites tranches de vie. Shô et Aoba communiquent difficilement et même lorsque leurs sentiments évoluent, un malaise persiste. En effet, tous deux gèrent mal leurs doutes et la jalousie. Par ailleurs, l’auteure introduit Watanabe, l’ami d’Aoba, et Iori, une connaissance de Shô, pour accélérer l’évolution des sentiments entre ses héros. D’ailleurs, elle centre principalement son récit sur le point de vue d’Aoba. Elle s’intéresse donc aux secrets entre amis.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle a un style shôjo qui dégage une certaine douceur. Par ailleurs, elle a un traitement particulier des joues rougissantes, renforçant l’aspect mignon. Et repérerez-vous Shô avec des oreilles de wanko? Par contre, les flash-back sont directement intégrés au récit, les rendant parfois difficiles à repérer. Il faut donc faire attention aux détails pour les distinguer comme les vêtements, les décors. Les trames sont nombreuses et les décors plutôt présents. De même, la mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Fuji sensei censure les parties intimes par des caches blancs ou avec des phylactères bien placés. Sous la jaquette, elle offre un yonkoma et une illustration.

En résumé

Aoba vit en colocation avec son ancien voisin et ami d’enfance, Takase Shô. Mais il n’est pas très à l’aise car ils ne se fréquentaient plus en grandissant. Un jour, Shô rentre complètement trempé par la pluie et en larmes, mais il refuse de se confier à son aîné. Trouvant son colocataire beau, Aoba passe alors une journée, perdu dans ses pensées. Même s’il prend soin de lui, Takase reste froid et prostré pendant quelques temps. Un jour, surpris par la pluie en rentrant chez lui, Aoba va directement à la salle de bain pour se changer. Mais il y trouve Shô qui lui propose alors de partager la salle de bain avec lui…

En conclusion

Fuji sensei participe depuis 2013 à des œuvres collectives mais ce one-shot est son premier manga. Elle maîtrise déjà son graphisme. Par contre, l’enchaînement des évènements comportent encore quelques maladresses, coupant parfois l’effet de surprise. Toutefois, elle offre une histoire douce et réaliste. D’ailleurs, le thème au premier abord simple invite pourtant le lecteur à s’interroger sur le secret de l’orientation sexuelle entre amis. Une lecture agréable et mignonne et une auteure à suivre.

L’écrivain au cœur flétri – Yan

l ecrivain au coeur fletri yan
Yan やん
ISBN: 9782382760734
Hana, 2021
ISBN: 9784815501488 (JP)
Sankosha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La question de l’homosexualité dans des relations adultes.

Yan sensei propose un recueil de romances adultes et mignonnes. Elle développe toujours des relations consensuelles. De même, elle aborde divers sujets d’actualités. La première histoire développée sur trois chapitres et un chapitre bonus donne son titre au manga. Bien que Kiriya soit un écrivain reconnu, il est peu sûr de lui et éprouve des difficultés à s’exprimer. Ses sentiments naissent peu à peu grâce à la patience de Toraï. Dans « Gateau à la fraise », l’auteure aborde la peur du regard extérieur sur l’homosexualité au bureau. Elle offre un scénario plus léger dans « Les huitièmes noces ». Par contre, dans le dernier chapitre, elle s’intéresse aux difficultés de l’adoption pour un couple gay malgré une législation en leur faveur. Les deux histoires bonus apportent une note très érotique.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais très anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, arrondissant les visages dans un style qui lui est propre et efficace. Elle détaille les décors, présents et réalistes. De même, les trames sont équilibrées. Par contre, quelques trames d’ambiance, très graphiques, renforcent les émotions. La mise en page reste assez classique avec tout de même quelques cases dynamiques. D’ailleurs, Yan sensei met en valeur les corps musclés de ses personnages. A noter qu’elle porte attention aux détails comme les taches de rousseur de Kayle ou en exagérant le côté mignon de la chatte, dans le chapitre « Promesse à Brighton ». Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des caches blancs. Toutefois, il y a une scène par chapitre.

En résumé

L’écrivain au cœur flétri / Notre jardin se pare des couleurs de l’hiver: L’écrivain de science-fiction pour enfants Kiriya Kôsuke (46 ans) manque actuellement d’inspiration. Son éditeur Tanaka lui présente un jardinier, Toraï Sotetsu, qui apprécie ses œuvres depuis l’enfance. Mais asocial et gay, Kiriya a du mal à rester naturel avec ce dernier, même s’il est charmé par sa musculature. Pourtant, Toraï ne se vexe jamais quand il se montre brusque et froid. Un soir, alors que le jardinier finissait de travailler sous la pluie, l’écrivain l’invite à se reposer chez lui…
Gâteau à la fraise / Bienvenue, mon chéri!: Ookuni et Masumida sortaient ensemble mais se sont séparés quand Ookuni a intégré la même entreprise que son petit ami. Pourtant, leurs sentiments sont encore bien présents…
Les huitièmes noces: Le milliardaire Kalkadan va bientôt marier la dernière de ses sept filles. Au marché, il vient en aide à un marchand itinérant, Bauma, qui se disputait avec un client persuadé d’être arnaqué. Ce dernier lui recommande de se méfier des voleurs de dot…
Promesse à Brighton: Kayle et Jayden, un couple gay marié depuis quatre ans, souhaitent adopter un enfant mais essuient un refus. Kayle a du mal à digérer cette décision…

En conclusion

Yan sensei possède un style graphique qui change un peu de l’ordinaire, rappelant le mouvement actuel de certaines mangaka dessinant des muscles proéminents. Elle offre des histoires simples et mignonnes, sans prétention au premier abord. Mais hormis « Les huitièmes noces » qui dénotent un peu du ton général, elle aborde des questions d’actualités ancrée dans la réalité. Une lecture idéale pour passer un agréable moment.

Barbarities 2 – Suzuki Tsuta

barbarities 2 suzuki tsuta
SUZUKI Tsuta 鈴木ツタ
ISBN: 9782375063118
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784799735138 (JP)
Libre, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« C’est comme si un mur s’était dressé entre nous. »

Suzuki Tsuta sensei met un peu de côté la romance pour nous plonger dans les complots politiques. Elle sème plusieurs indices et révèle l’instabilité qui menace les trois royaumes de son univers. De même, elle développe un peu plus les spécificités des différents pays. Ainsi, Joël ne semble pas être le seul menacé et les potentielles cibles se dévoilent au fur et à mesure. Les jeunes Christopher et Lucas apportent une touche de fraîcheur naïve, détendant l’atmosphère plutôt tendue. Comme dans le tome précédent, l’auteure alterne entre intrigues et fêtes des nobles, ajoutant quelques passages humoristiques avec les réactions du coincé Montagu. Elle introduit de nouveaux personnages aussi excentriques qu’Adam, en particulier la brigade du Sud menée par Liszt et Olivier ainsi que Simon, l’oncle de Chris. L’histoire bonus donne le point de vue amusant des serviteurs Paul Cailletet et Franck sur leurs maîtres.

La mangaka a son propre style, immédiatement reconnaissable. Elle a un trait épuré, fin, légèrement anguleux et parfois dédoublé, lui donnant du caractère. Elle met en avant les corps finement musclés d’Adam et Louis. De même, les costumes détaillés sont parés de dentelle, galons, broderies. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées et nombreuses. Par contre, les trames d’ambiance discrètes accompagnent sobrement les émotions. La mise en page dynamique change souvent d’angles de vue. Par ailleurs, Suzuki sensei utilise des cadres épais et des espaces inter-iconiques larges, permettant ainsi d’aérer les vignettes chargées. Dans les scènes érotiques menées principalement par Gilles et Louis, elle censure les parties intimes avec des hachures. D’ailleurs, elle préfère éviter de montrer les détails en général.

En résumé

Depuis que Montagu Joël Letreux a rejeté ses avances, le vicomte Adam Canning se montre froid avec lui, ne le fréquentant que pour le travail. Il lui annonce alors son projet d’enquête sur les lettres de menaces. Persuadé que son garde du corps souhaite rentrer au plus vite à Xehana, Montagu demande l’aide de ses employés pour analyser les lettres qu’il a reçues. Un féru de papeterie devine alors l’origine du papier et de l’encre. Mais il revient voir plus tard son seigneur car il a reçu une invitation pour une réception au manoir des Godfrey, utilisant les mêmes matériaux que les lettres analysées. De son côté, Adam ne comprend pas pourquoi Joël empiète sur son travail et ne lui fait pas confiance…

En conclusion

Bien que ce tome ne se classe pas au Chill chil BL award 2018, les lecteurs le citent parmi les meilleures séries avec un sujet travaillé. De même, Adam Canning apparaît dans les seme maladroits et compliqués. Suzuki sensei avait commencé de manière classique et arrive à réorienter son récit avec brio pour le transformer en intrigue politique. L’amour cède un peu la place aux évènements importants, mais reste tout de même en fond pour apporter quelques moments de bonheur. Je suis complètement happée, j’adore nos deux héros mais apprécie encore plus le couple de Louis et Gilles.

Ze 6 – Shimizu Yuki

ze 6 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805299
Taifu comics, 2011
ISBN:‎ 9784403661891 (JP)
Shishokan, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Tu vivras toute ta vie avec la douleur des remords. »

Shimizu Yuki sensei conclut l’histoire mouvementée de Moriya et Ryûsei. Elle bouleverse un peu le schéma narratif habituel grâce à un kami qui prend des initiatives et n’obéit pas facilement à son maître kotodama. Ainsi Moriya agit par amour et devient légèrement sadique envers Ryûsei pour satisfaire ses propres désirs. En effet, Kitamura, rongé par les remords, a un comportement suicidaire et ne peut surmonter son traumatisme que par lui-même. A travers l’affaire de Moriyama, l’auteure met en avant la violence qui appelle la violence et l’utilité du kotodama face aux injustices. Elle offre un chapitre amusant avec l’évolution de la relation entre Kon et Shichikawa Raizô. De même, elle introduit les aventures du couple suivant, Mitô Kotoha et Konoe, avec la question de la responsabilité d’un adulte « dépravé » dans l’éducation d’un enfant. L’histoire bonus permet de découvrir enfin la position de Moriya et Ryûsei dans le couple.

La mangaka simplifie son trait anguleux et épuré dans les passages humoristiques. Elle transforme même Raizô en adorable wanko. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions, utilisant parfois des pois, des cœurs ou des fleurs. Les décors apparaissent dès que le cadrage s’élargit. La mise en page est dynamique. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. A la fin du chapitre « Lune de miel pour de faux », elle donne deux anecdotes sur Raizô grâce à des yonkoma. Comme dans le tome précédent, elle présente les personnages importants au début du volume.

En résumé

Alors que Kitamura Ryûsei prend un peu de plaisir avec Moriya, il reçoit l’appel de son ami Takewaki Kazuo. Son petit frère Yôji n’est pas rentré. Pourtant, Ryûsei l’a laissé devant la supérette près de son domicile. Peu après l’appel, l’enfant a été retrouvé inconscient après avoir été battu et est emmené à l’hôpital. Trois jours après, il est toujours dans le coma. Depuis, Ryûsei culpabilise, se nourrissant à peine et dormant peu. Moriya remplace Take à son travail mais se sent impuissant face à son maître qui ne le regarde même pas et se laisse dépérir. Mais un jour, il lui demande si il peut soigner quelqu’un d’autre que son maître kotodama. De son côté, Takewaki entend par hasard des lycéens parler d’un certain Moriyama qui se vanterait d’être l’auteur de cette affaire…

En conclusion

Beaucoup d’émotions dans ce tome! J’aime beaucoup le caractère de Moriya, qui paraît si coincé, et qui contraste avec la vulgarité de Ryûsei. De même, Raizô continue à se montrer très prévenant avec son petit ami, apportant réellement de la douceur et un esprit d’ouverture dans cet univers fantastique.

Ze 5 – Shimizu Yuki

ze 5 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805060
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403661723 (JP)
Shinshokan, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Me voilà obligé de supplier à genoux ce rustre grossier et obscène…! »

Shimizu Yuki sensei présente un nouveau couple qui a développé un lien forgé par leur volonté commune. Elle utilise les méconnaissances de Ryûsei pour apporter des détails sur les fonctions des kamis. Par ailleurs, elle base la narration principalement sur le point de vue de Moriya. Le kami, qui a connu une mauvaise expérience avec son ancien maître, s’attache à la vie et ne supporte pas la hiérarchie qui existe entre humain et kami. Au contact de Ryûsei, il découvre donc petit à petit les qualités cachées de son nouveau maître derrière ses défauts. En plus, il s’éveille peu à peu aux sentiments en travaillant comme un humain. L’auteure met en avant l’emprise de la famille Mitô, même sur un enfant illégitime. Elle maintient un certain suspense en révélant peu à peu le passé traumatisant de Ryûsei. Par ailleurs, elle alterne entre ton sérieux et touche d’humour.

Avec son trait anguleux et épuré, la mangaka a un style immédiatement reconnaissable. Elle dessine des lèvres pulpeuses et des yeux effilés. Comparé au tome précédent, elle varie énormément les trames, pour travailler surtout les ombres car les scènes se déroulent souvent la nuit. De même, les flash-back sont encore bien intégrés. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, Shimizu sensei compense le manque de scènes érotiques avec l’histoire bonus sur Genma et Himi. Elle cache les parties intimes grâce aux cadrages et aux angles de vue. Elle présente les personnages dans des fiches en début de tome.

En résumé

L’entretien étant annulé, Kitamura Ryûsei et Moriya se retrouvent à enterrer des preuves sur un chantier sur ordre de Yashiro Genma. Pendant que Moriya s’absente pour récupérer les cigarettes de son maître, Ryûsei se fait agresser. De retour, le kami le retrouve ensanglanté et l’embrasse langoureusement pour le soigner. En effet, son maître refuse catégoriquement d’utiliser son kotodama. Moriya se rappelle alors des circonstances de leur rencontre. A la mort de son premier maître kotodama, il ne voulait pas redevenir une page blanche. Et Waki lui a alors donné une chance unique: persuader un des rejetons Mitô qui a vécu à l’écart du clan, de le prendre. Mais Ryûsei est vulgaire, immoral et couche avec n’importe qui…

En conclusion

Suite au succès de la série, l’auteure annonce dans sa postface son adaptation en drama CD. J’adore le couple formé par Moriya et Ryûsei. Je trouve leur relation magnifique. De même, j’aime l’évolution de Moriya qui s’attache à ce gamin blessé. Comme ils se provoquent mutuellement, il est difficile de déterminer qui dominera qui.

Clumsy love step – Yoriko

clumsy love step yoriko
Yoriko 依子
ISBN: 9782382760611
Hana, 2021
ISBN: 9784801971479 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« J’ai envie qu’il m’apprenne quel genre de plaisir il peut m’apporter. »

Yoriko sensei offre une comédie romantique entre un étudiant au cœur pur et innocent et un dragueur invétéré bisexuel. Elle rajoute des tensions en installant une sorte de triangle amoureux avec Nagi Miyazawa, un première année qui assume complètement son homosexualité. Malgré l’insistance de Yoshino qui abuse de la naïveté de Kotarô, elle installe des rapports plutôt consensuels. En effet, les deux étudiants ont clairement conscience de débuter par une relation de simple sex friend. N’étant pas sur la même longueur d’ondes, leurs sentiments naissent peu à peu mais pas au même rythme. Ainsi, Tsujimoto privilégie la relation amicale et fuit ses sentiments. D’ailleurs, l’auteure base principalement la narration du point de vue de l’innocent étudiant. Elle joue également sur le contraste entre sa pureté et sa libido débordante.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, dans un style plutôt shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions. Les décors apparaissent sur les plans larges. De même, les trames d’ambiance rehaussent les émotions. Toutefois, les autres trames servent principalement à représenter les couleurs. Malgré une palette plutôt restreinte, leur utilisation est équilibrée. En revanche, des hachures marquent les ombres fortes. Par ailleurs, la mise en page plutôt basique offre tout de même quelques cases plus dynamiques. Yoriko sensei ne censure pas les scènes érotiques, présentes à chaque chapitre. Il y a également un croquis amusant, en conclusion de fin de chapitre.

En résumé

En deuxième année à l’université, Tsujimoto Kotarô apprécie sa petite vie tranquille de célibataire. Quand il voit arriver son amie Miyako, il devine immédiatement qu’elle va l’embarquer dans ses problèmes. En effet, l’étudiante, harcelée par un certain Yoshino Aoi, lui demande de se faire passer pour son petit ami. Alors qu’il croise par hasard Yoshino en train d’essayer de se débarrasser d’une ancienne conquête, ce dernier lui saute dessus comme s’ils avaient toujours été proches. Il l’invite alors à boire un verre pour faire plus ample connaissance. Ne sortant avec les filles que pour s’amuser, le tombeur accepte de laisser tomber Miyako mais demande en échange un rapprochement avec Kotarô. Puis, il l’emmène dans les toilettes pour faire plus ample connaissance et lui fait découvrir des plaisirs insoupçonnés à travers son corps.

En conclusion

Yoriko sensei narre une comédie légère et mignonne qui, malgré un dragueur insistant, arrive à mettre en place une relation qui se développe sainement. Les personnages sont craquants et le graphisme sexy ajoute du charme au récit. Un one-shot divertissant.

Ze 4 – Shimizu Yuki

ze 4 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351804735
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403661549 (JP)
Shinshokan, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Une pâle imitation du corps, sans l’esprit.

Shimizu Yuki sensei conclut la romance entre Himi et Genma. Elle explique la méthode de fabrication des kamis ainsi que leur mort. Elle centre la narration sur Himi, décortiquant ses interrogations. Au contact de son entourage, le « nouveau » kami va se confronter à différentes réactions, violentes ou bienveillantes. Par ailleurs, Genma prend enfin conscience de la non humanité de son amant. L’auteure montre aussi une facette sombre de Genma, qui passe par plusieurs phases, reproduisant d’abord le viol de son amant pour forcer la renaissance de leur lien. Elle introduit ensuite des nouveaux maîtres kotodama et leur kami, dont les jumeaux capricieux Mitô Seiji et Tsukito accompagnés de leur kami qui a un sacré caractère, Hatsuhi. Elle aborde encore la rivalité des maîtres kotodama dans la famille Mitô. Cette touche d’humour détend l’atmosphère dramatique du tome précédent. Le chapitre bonus révèle l’état d’esprit de Himi deux mois après son acceptation.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux qui s’affine de plus en plus. Les trames d’ambiance renforcent principalement les émotions fortes. Les décors sont soignés et très présents. La transition entre le passé et le présent s’intègre bien, permettant de facilement se repérer dans le déroulement du récit. D’ailleurs, la mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Shimizu sensei censure à peine les parties intimes, en supprimant quelques détails. Toutefois, elle joue aussi sur les ombres ou des phylactères bien placés quand l’image risque d’être trop explicite. Elle apporte également une touche d’érotisme avec le magnifique threesome des jumeaux et de leur kami. De même, la famille d’Ôka offre une note fan service amusante.

En résumé

En protégeant Yashiro Genma, Himi a été poignardé. Hélas, comme son nucleus s’est brisé, il est redevenu une page blanche. Genma demande alors à Waki de le faire revenir, allant jusqu’à le menacer. Il accepte même de travailler comme maître kotodama, seul sans kami pour guérir ou transférer ses blessures. Mais quand Himi revient enfin à la vie, il ne le reconnaît pas…

En conclusion

Beaucoup de révélations dans ce tome, avec un chapitre délirant qui permet de souffler un peu après autant d’émotions. Les jumeaux sont surprenants et je n’aimerais pas devenir la cible de leurs taquineries. Bien que Genma se montre clairement infâme, aussi bien avec l’ancien que le nouveau Himi, j’ai l’impression que l’auteure essaie d’expliquer comment l’amour peut (re)naître malgré une relation violente. Heureusement, elle n’excuse pas le comportement du maître kotodama même si elle suggère quelques uns de ses motifs. Je trouve intéressant cette interrogation sur un thème classique des BL.

Ze 3 – Shimizu Yuki

ze 3 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351804537
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403661334 (JP)
Shinshokan, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« A partir de maintenant, tu es à moi. »

Shimizu Yuki sensei développe l’histoire de Genma et Himi qui ont une relation très particulière. Elle donne un ton beaucoup plus sombre et dramatique à son récit qui tranche complètement avec le tome précédent. En effet, Genma a un caractère exécrable et se montre brutal. Ses rapports avec son kami sont unilatéraux, provoquant donc des relations non consenties. Au fil des tomes, Himi découvre l’amour maladroit de son maître qui n’arrive pas à exprimer ses sentiments ainsi que sa gentillesse. L’auteure met en avant les différentes considérations des individus face aux kamis: objet décoratif de valeur pour Mitô Seima, outil exploitable pour le docteur Namai. Elle alterne la narration entre Genma, Himi et Waki, présentant ainsi trois versions différentes du passé. Elle sème petit à petit des indices pour expliquer le comportement possessif de Genma. Par ailleurs, quelques secrets sur les kamis sont encore révélés.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, tellement fin qu’il semble parfois s’effacer dans les pleins et déliés. La carrure finement musclée de Genma contraste avec le frêle Himi. Les trames d’ambiance sont discrètes. Par contre, les décors, soignés et présents, donnent une touche réaliste au récit. Les flash-back sont facilement repérables grâce à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Shimizu sensei censure les détails des parties intimes par des halos blancs lumineux. En début de tome, elle offre une illustration aux couleurs chatoyantes.

En résumé

Le maître kotodama Yashiro Genma et son kami Himi entretiennent une relation amoureuse. Mais comme Himi a son entretien le lendemain, il essaie de réfréner les ardeurs pressantes de son amant. En effet, en automne, tous les kamis effectuent une sorte de visite médicale auprès de Waki. Ce dernier s’est même permis de raser le bouc de Konoe sans son accord. Quand Genma arrive avec Himi, Raizô ressent instinctivement un danger et fuit avec Kon. Il se rappelle alors que Genma utilisait ce dernier comme bouclier contre de l’argent. Au moment de partir, Asari rappelle à Genma la promesse qu’il lui a faite de ne pas faire pleurer Himi.

En conclusion

La différence d’ambiance entre le tome précédent et celui-ci est comme une claque jetée à la figure du lecteur. Comme à son habitude, l’auteure présente des personnages torturés qui se dépêtrent du mieux qu’ils peuvent de leurs problèmes. Le lecteur ressent alors beaucoup d’empathie envers Himi en découvrant son passé et sa vie actuelle. Malgré son comportement indécent et répréhensible, j’aime beaucoup Genma qui s’adoucit petit à petit au contact de son kami. Le suspense à la fin du tome est insoutenable!