Le roi alpha déchu – Nakamura Makino

le roi alpha dechu nakamura makino

NAKAMURA Makino 中村まきの
ISBN: 9782382760840
Hana, 2021
ISBN: ‎9784801968820 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Deux alphas ne peuvent néanmoins se lier, mais le corps de Rai commence à réagir comme celui d’un oméga…?! »

Nakamura Makino sensei personnalise l’univers omegaverse en proposant la transformation d’un alpha en oméga. Elle alterne la narration entre Rai et Keisuke. Elle permet ainsi de développer deux réflexions différentes sur la question de l’âme sœur et de la place des sentiments face à l’instinct. Le prince, épris de compassion pour les personnes abandonnées par des alphas ayant trouvé leur âme sœur, déteste l’idée d’une suprématie du destin. Il refuse également d’accepter les changements qu’il ressent dans son corps. Bien qu’étant un alpha supérieur, Sakaki désire un rapport consenti et essaie de se contrôler. Il s’interroge sérieusement sur l’origine de ses sentiments. Après avoir débuté par quelques clichés classiques de l’omegaverse, l’auteure se rattrape par la suite en abordant la question du marquage et de la lutte contre le destin. A la fin du tome dans l’histoire bonus, elle dévoile le futur proche du couple.

La mangaka a un trait plutôt épuré et anguleux, légèrement léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des personnages musclés mais n’hésite pas à transformer Sakaki en adorable wanko. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance, parfois graphiques, renforcent les émotions. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique, mais surtout consacrée à la mise en avant de la sensualité des personnages. Nakamura sensei ne censure pas les scènes érotiques, présentes à chaque chapitre. Elle inclut également beaucoup de coupes intérieures. Par ailleurs, elle révèle quelques secrets sur la construction de son récit dans sa postface.

En résumé

Rai Zaravant, 15ème prince du royaume de Rohmer, promet au jeune Sakaki Keisuke de le prendre dans son harem quand il sera plus grand. Dix ans plus tard, il se rend au Japon mais au lieu d’un mignon jeune homme timide qu’il s’était imaginé, il se retrouve face à un lycéen baraqué plus grand que lui. Complètement excité par ces retrouvailles avec son premier amour, le jeune alpha ne peut s’empêcher de mordre la nuque du prince tout en le câlinant. Déçu et choqué par son attirance pour un alpha encore plus dominant que lui, Rai demande à ses gardes de l’éliminer. Mais quand il va en ville chercher un autre éphèbe, Sakaki intervient et le punit, profitant des surprenantes réactions du corps du prince à ses phéromones…

En conclusion

Attention, les premières scènes pourraient choquer la sensibilité de certains lecteurs (consentement gris, différence d’âge). Le graphisme de Nakamura sensei n’est pas encore totalement stable mais cela reste un plaisir pour les yeux. La relation alpha x alpha m’intéressait énormément. Je suis donc un peu déçue par l’idée de transformation. Par contre, je trouve très intéressant que Kei, alpha supérieur, conserve tout de même son côté un peu soumis envers son bien-aimé, désirant avant tout le satisfaire. De même, j’apprécie le changement d’orientation du récit pour mettre en avant la question des sentiments et du respect de l’oméga. Et puis, j’aurais aimé découvrir un peu plus Nadia, une femme alpha garde du corps.

Ze – kami no hon – Shimizu Yuki

ze kami no hon shimizu yuki

SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351808986
Taifu comics, 2015
ISBN:‎ 9784403663475 (JP)
Shinshokan, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’amour débordant entre maîtres kotodama et kamis.

Shimizu Yuki sensei offre un recueil d’histoires regroupant les bonus dessinés spécialement pour les fans, pour les séances de dédicaces ou d’autres évènements spéciaux comme les drama CD. Elle allie à la fois la comédie et l’érotisme. Elle dévoile encore quelques facettes des caractères de ses personnages, leurs sentiments. Ce tome se divise en trois parties. Même si tous les couples sont représentés, « Intérieur » s’intéresse surtout à Shôi et Asari tandis que « Extérieur » met en scène Genma, Himi, Ryûsei et Moriya. L’auteure maîtrise parfaitement le format court et présente donc des petites tranches de vie et des anecdotes amusantes ou coquines, ou la suite de certains chapitres. Par exemple, elle montre les aventures de Magane qui se déroulent après le dernier tome. Elle s’amuse aussi sur certains thèmes comme le cosplay, des interviews, le réveillon de Noël. L’histoire bonus finale présente le quotidien pendant une semaine de Moriya et Ryûsei.

Le recueil regroupant des travaux s’étalant de 2005 à 2012, on remarque immédiatement l’évolution du trait de la mangaka. Elle maîtrise parfaitement le format court, développant des gags sur une page ou en yonkoma. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. D’ailleurs, l’utilisation des trames est équilibrée. La mise en page est dynamique. Shimizu sensei offre beaucoup plus de scènes érotiques. Par ailleurs, elle censure à peine les parties intimes par de fines bandelettes blanches ou en jouant sur les cadrages.

En résumé

Après leur première nuit d’amour au love hotel, Raizô reste pantois devant le sourire de Kon endormi. Quand son kami se réveille, ils décident alors de prendre leur bain ensemble. En effet, Kon se montre de plus en plus audacieux. Et Raizô a du mal à contenir sa gêne et son excitation. Toutefois, quand son partenaire s’évanouit dans le bain parce qu’ils y ont passé trop de temps à se faire des câlins, il lui promet de prendre encore plus soin de lui…

En conclusion

Ce recueil obtient la douzième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2012. C’est un pur bonheur car les couples étant déjà formés, leurs rapports débordent d’amour et de sentiments. Je suis d’ailleurs très heureuse de découvrir encore plus d’histoires sur mon couple fétiche Moriya et Ryûsei. Quelle satisfaction de pouvoir lire tous les bonus distribués dans les différentes librairies ou évènements spéciaux! Une conclusion aux autres tomes indispensables pour avoir sa dose de romance.

Le printemps d’un cœur brisé – Cocomi

le printemps d un coeur brise cocomi

Cocomi ココミ
ISBN: 9782382762837
Hana, 2022
ISBN: 9784796413190 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Pourra-t-il passer outre la différence d’âge pour savourer pleinement les sentiments qui éclosent dans son cœur? »

Cocomi sensei propose de suivre la romance entre un photographe désabusé par la vie et un lycéen qui va le remotiver. Elle aborde ainsi la différence d’âge, la reprise d’une passion, la gestion d’une relation à distance. Malgré un sujet délicat, elle fait évoluer la relation dans le temps de manière saine et consensuelle. La narration donne principalement le point de vue d’Eisuke. Le pigiste ayant perdu confiance en lui suite à divers échecs, a tendance à ne percevoir que l’aspect négatif de sa vie. Kai, quant à lui, ne se sent pas à l’aise dans sa famille recomposée. En se fréquentant, les deux héros vont apprendre à s’apprécier et faire des efforts communs pour équilibrer leur relation. L’auteure met en avant le partage, la discussion, les petits bonheurs simples de la vie qui permettent de se construire, s’affirmer et apprécier son quotidien.

La mangaka a un trait très épuré qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Son graphisme dégage une agréable douceur. Les trames en générale sont variées et équilibrées. De même, quelques trames d’ambiance renforcent les sentiments. Par contre, les décors apportent une touche réaliste. La mise en page très dynamique joue surtout sur des angles de vue recherchés et des ellipses de différentes formes. Cocomi sensei ne censure pas les scènes érotiques. Mais elle privilégie l’expression des sensations plutôt que les détails trop sensuels.

En résumé

Kôga Eisuke (32 ans) n’a pas réussi à percer en tant que photographe et travaille actuellement comme pigiste. Il vit dans un petit appartement modeste qui avait une superbe vue sur des cerisiers jusqu’à ce que la famille Nagashima construise sa maison juste devant. N’ayant plus accès à ce magnifique paysage qui l’apaisait, il a tendance à perdre goût à la vie d’autant plus que son travail précaire le mine. Mais il sympathise avec le fils aîné Nagashima, Kai, qui aime passer du temps avec lui. Ce dernier prend même l’habitude de venir souvent chez lui. En se découvrant peu à peu, les sentiments du lycéen changent à son égard et Eisuke ne sait plus comment réagir. Un jour, après que Kai ait essayé de l’embrasser, il lui interdit de revenir chez lui…

En conclusion

J’avais adoré la série Restart de Cocomi sensei, et ce one-shot confirme mon intérêt pour son travail. J’apprécie les petits détails du quotidien, l’ambiance générale du récit qui prend à la fois son temps mais avance tout de même très vite dans le déroulement. Du bonheur simple et doux. Un coup de cœur!

Romantic lament – Sato Sanayuki

romantic lament sato sanayuki

SATO Sanayuki 佐藤さなゆき
ISBN: 9782382762981
Hana, 2022
ISBN: 9784796414043 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Il s’était pourtant promis de ne plus tomber amoureux d’un Alpha! »

Sato Sanayuki sensei installe un univers omegaverse devenu équitable grâce au développement des inhibiteurs. Elle offre une romance confrontant le destin et l’amour. Ainsi, elle interroge les lecteurs sur la force des sentiments, l’influence des phéromones confondue avec l’instinct et la croyance des âmes sœurs. La narration alterne entre les deux héros. Asahi, prisonnier de ses souvenirs, éprouve des difficultés à surmonter le traumatisme de sa séparation. Akiomi, quant à lui, avait des préjugés sur les intentions des omégas et pense qu’il faut lutter contre le destin, préférant la sincérité des sentiments aux simples réactions physiologiques. Alors que leur relation débute par un accord tacite de simulation, leurs sentiments évoluent au fur à mesure. Par ailleurs, l’auteure pointe les détails peu abordés dans l’omegaverse comme les difficultés rencontrées dans un couple prédestiné, la culpabilité ressentie par l’oméga prédestiné, la possibilité d’une même réaction pour des jumeaux.

La mangaka a un trait fin et anguleux assez classique. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions. Les trames sont assez variées. De même, les décors plutôt simples alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page est dynamique. Sato sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle ne s’attarde pas non plus sur les détails. Elle donne le ton du récit dans les illustrations en début de chapitre. La couverture a obtenu la cinquième place au Chill chill BL award 2021.

En résumé

Le jour de son anniversaire, l’oméga Aïzawa Asahi abuse un peu trop de l’alcool. Depuis que son ex, Hirose Masaomi, l’a quitté pour son âme sœur, il rejette toutes les avances des alphas. Mais alors qu’il se rendait aux toilettes, l’esprit complètement embrumé par l’alcool, il croit reconnaître son ex avec une fille insistante. Ce dernier l’utilise pour s’en débarrasser. Toutefois, trop ivre, l’oméga lui vomit dessus et le sosie le ramène alors dans un hôtel. A cause des phéromones d’Asahi, l’alpha réagit malgré ses inhibiteurs et les deux hommes finissent par coucher ensemble. Le lendemain, l’oméga préfère fuir discrètement. Mais ce coup d’un soir le retrouve grâce à sa carte étudiant perdue sur place. Ban Akiomi s’avère être le frère jumeau de Masaomi et il lui propose alors de continuer à faire semblant de sortir avec lui.

En conclusion

Sato sensei s’éloigne des clichés habituels du genre pour offrir une relation consensuelle et saine, et même interroger sur quelques détails incohérents de cet univers. Les personnages sont attachants et provoquent donc la sympathie du lecteur. Ainsi, j’ai apprécié la lecture de ce one-shot, certes plutôt classique, mais très entrainant.

Long night sweet porno – Nobana Saori

long night sweet porno nobana saori

NOBANA Saori 野花さおり
ISBN: 9782382762967
Hana, 2022
ISBN: 9784796413497 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Devenir d’abord amis puis comprendre que cela ne suffit pas.

Nobana Saori sensei offre une romance au premier abord classique, avec deux hommes blessés par de mauvaises expériences amoureuses. Elle alterne la narration entre Asami et Shitara, partageant leurs réflexions. Ainsi, elle s’intéresse au jugement sur l’apparence, à l’acceptation de l’être-aimé tel qu’il est, à une image désabusée de l’amour. Sô assume son homosexualité et rêve de moments romantiques avec l’être aimé. Il ne conçoit pas de relations sans sentiments. Au contraire, Yûhi se montre frivole mais a tendance à ne pas se révéler réellement dans l’intimité. Les sentiments entre les deux héros évoluent au fur et à mesure qu’ils apprennent à se connaître. L’auteure révèle l’essentiel du passé douloureux des deux hommes à travers des personnages secondaires. Elle interroge sur un amour simple mais sincère, libéré de tout jugement. Comme les deux héros aiment prendre soin de leur partenaire, ils ont tendance à se sacrifier pour leur bonheur.

La mangaka a un trait épuré anguleux assez classique. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant légèrement les expressions. Les trames sont variées. Et les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est sobrement dynamique mais efficace, accompagnant le regard. Nobana sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle offre même quelques coupes intérieures. Par ailleurs, elle présente rapidement ses personnages dans sa postface. Les illustrations en début de chapitre donnent le ton du récit.

En résumé

Aimant les belles choses, Asami Sô apprécie son travail dans un petit bazar d’un centre commercial. Mais depuis quelques temps, il n’aime pas que le coiffeur Shitara Yûhi vienne troubler son petit paradis. En effet, il a du mal avec son caractère expansif et frivole ainsi que son côté tactile. D’ailleurs, il essaie de l’éviter autant que possible. Mais Shitara passe au bazar pour discuter dès qu’il a un peu de temps libre, souhaitant absolument sympathiser avec lui. Un jour, le vendeur surprend ce dernier en train d’embrasser une femme dans la salle de repos commune. En découvrant qu’il n’a aucun sentiment pour elle, Asami lui vole un baiser. Mais au lieu d’être dégouté après son coming out, Shitara l’invite à déjeuner et lui fait même une déclaration d’amour.

En conclusion

Ne vous fiez pas aux apparences! Ce thème développé dans ce one-shot joue également avec le titre qui pourrait porter à confusion sur le contenu. En plus, la relation entre les deux héros est consensuelle, malgré quelques baisers volés. Le scénario s’étoffe au fil des chapitres, offrant un récit prenant avec des personnages bienveillants et touchants. J’apprécie leur passion pour leur métier, les petits bonheurs simples ainsi que le développement de leurs sentiments. Une histoire douce et agréable à lire qui réchauffe un petit peu le cœur.

Fall in love with my new boss – Hakoishi Tammy

fall in love with my new boss hakoishi tammy

HAKOISHI Tammy 箱石タミィ
ISBN: 9782382762912
Hana, 2022
ISBN: 9784845855926 (JP)
Leed, 2020 (JP)
Titre original: 幼なじみ上司にフォーリン・ラブ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Un nouvel employé retrouve son ami d’enfance devenu à présent son supérieur! »

Hakoishi Tammy sensei narre une douce romance entre un employé et son supérieur mais qui étaient également amis d’enfance. Elle base la narration du point de vue de Tôno. Elle aborde donc la difficulté à distinguer la relation amicale et les rapports hiérarchiques, à jongler entre le langage soutenu et familier. Sôta réalise petit à petit que son admiration cache des sentiments bien plus profonds. Au contraire, Mizusawa a besoin d’analyser concrètement ce qu’il ressent mais il peut devenir entreprenant. Ainsi, leurs sentiments évoluent en douceur. Les deux héros étant naturellement prévenants envers les autres, ils conservent donc une certaine réserve sur la compréhension de leur attirance. L’auteure installe une relation consensuelle, dans la discussion. Elle offre une tranche de vie au bureau, introduisant les divers tracas du quotidien professionnel.

La mangaka a un trait épuré anguleux qui semble simple au premier abord. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Son graphisme rappelle le style shôjo souvent présent dans les œuvres numériques. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes, jouant plutôt sur les dégradés. Les flash-back s’intègrent directement au récit, utilisant un effet de trames à rayures sur les vignettes. Ainsi, cela permet de conserver le ton clair et lumineux des pages. La mise en page est également très dynamique. Dans les scènes érotiques, Hakoishi sensei censure les parties intimes par des caches blancs. Elle débute ses chapitres par une illustration pleine page en accord avec le ton général de ce qu’il se passe.

En résumé

Tôno Sôta intègre le département du développement des ventes dans une entreprise de construction. Son superviseur, Mizusawa Tetsushi, s’avère être son ami d’enfance. Mais ce dernier ayant trois ans de plus que lui, le nouvel employé ne l’avait pas vu depuis dix ans suite à son départ à l’université. Mizusawa se montre à la fois prévenant et stricte durant la formation, augmentant l’admiration que son subordonné nourrissait déjà à son égard dans sa jeunesse. Deux semaines plus tard, lors de sa fête d’accueil, le jeune salaryman remarque le mal-être de sa collègue Kondô mais ne sait comment réagir quand elle fond en larmes. Grâce à la bienveillance de leur supérieur, elle finit par avouer subir le harcèlement de certains clients. Tôno réalise alors que son admiration pour son ami couve peut-être d’autres sentiments…

En conclusion

J’ai un petit coup de cœur pour ce one-shot. J’apprécie beaucoup le graphisme. Et j’aime la spontanéité des personnages, rendant la dynamique entre eux très conviviale et agréable.

Beast’s storm 3 Hug me baby! – Kuroi Morry

beast s storm 3 kuroi morry

KUROI Morry 黒井モリー
ISBN: 9782382762806
Hana, 2022
ISBN: 9784796413619 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Comment concilier le bien-être au travail et le bonheur familial?

Kuroi Morry sensei continue de développer la question de concilier travail et famille. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ces derniers résument même à travers leurs réflexions les sujets déjà abordés dans le tome précédent comme pour les détailler. Cette répétition accentue un peu le manque de rythme du récit, qui présente surtout le train-train quotidien des personnages, mais ne gêne en aucun cas la lecture. Au contraire, il est agréable de voir un tel problème récurrent au Japon ainsi approfondi. A travers Ohara et Sôgo, l’auteure propose même une solution idéale. Par ailleurs, elle développe son univers en présentant un peu plus la famille du directeur d’hôpital. Sôji représente la bête dans toute sa splendeur, avec un esprit de supériorité qui ne suit que son instinct et multiplie les partenaires, sans sentiments. Au contraire, Ohara apporte une touche bienveillante en prônant la mixité entre hommes et bêtes.

La mangaka a un trait fin, épuré et anguleux qu’elle simplifie et arrondit dans les passages humoristiques. Elle n’hésite pas alors à transformer les têtes en SD. Par contre, elle dessine Shôta tout en rondeur, accentuant son côté mignon qui devient presque du fan service. Les décors situent principalement l’action. De même, les trames sont utilisées avec parcimonie. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent souvent les émotions. La mise en page, simplement dynamique, accentue un certain effet de dépouillement. Kuroi sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle détaille peu les parties intimes. Les chapitres débutent par une illustration de Shôta accompagné d’un parent ou les deux.

En résumé

Kijima Shôta commence à babiller. Son père Sôgo tente alors de l’entraîner à prononcer « papa », espérant que ce sera son premier mot. Mais à son désespoir, l’enfant réussit à dire « riz ». Comme Sôgo commence à avoir ses chaleurs, il se montre très câlin avec son époux Miyaji Akira. Ce dernier commande alors en urgence des inhibiteurs auprès de l’infirmier Kirigawa. En effet, il ne souhaite pas de nouvelle grossesse avant que leur situation soit stabilisée, son mari et lui étant pris par leurs obligations. Depuis quelques temps, Eiko la sœur de Sôgo, l’aide en gardant Shôta, mais le médecin pense que cela n’est pas une solution viable sur la durée, même si son fils s’entend bien avec son cousin Riku. Par hasard, il rencontre alors Sôji, le père de Sôgo, qui ne l’apprécie guère…

En conclusion

Ce tome est parfois très bavard et le changement de rythme pourra décontenancer certains lecteurs. En effet, on ressent clairement une rupture entre passages mignons, sujets importants et scènes érotiques. Toutefois, le résumé intégré au récit permet de se plonger plus vite dans l’histoire sans avoir à relire les volumes précédents. Une lecture divertissante qui traite de sujets d’actualités pour passer un agréable moment.

Ze 11 – Shimizu Yuki

ze 11 shimizu yuki

SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351806746
Taifu comics, 2012
ISBN:‎ 9784403663178 (JP)
Shinshokan, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Etait-ce de l’amour? De la passion? De la pitié? Ou bien tout simplement de l’attachement?

Shimizu Yuki sensei plonge les lecteurs dans l’histoire dramatique de la formation du clan Mitô. Elle dévoile d’abord le passé de Hozumi et Takamitsu, ainsi que la transformation du clan qui s’agrandit. Elle s’intéresse particulièrement aux sentiments de Waki. En effet, ce dernier n’arrive pas à cerner les nuances entre amour, passion, attirance et attachement. En réalité, sa relation avec Magane et Rikiichi prend la forme d’un polyamour. Prisonnier de son passé, il va enfin réussir à avancer en acceptant ses sentiments, poussé par son entourage. Après beaucoup d’actions intenses, l’auteure reboucle avec subtilité sur la fin du premier chapitre du tome précédent. Elle conclut sa série en mettant ainsi en valeur l’amour qui naît à partir de différents liens. Elle offre donc un happy end rempli d’émotions.

La mangaka maîtrise les pleins et déliés qui renforcent l’impact de son trait épuré. Elle équilibre les trames, utilisant des tons plus sombres dans les passages dramatiques. Par ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page dynamique utilise pleinement les grandes vignettes pour les scènes d’action. Shimizu sensei ne dessine presque pas de scènes érotiques pour ne pas briser l’ambiance générale dramatique du récit. Toutefois, certaines cases explicites apportent en fin de compte une petite touche humoristique, comme si le lecteur surprenait les protagonistes dans leur intimité.

En résumé

Uta a trouvé un homme gravement blessé sur les rives de la rivière. Entendant son appel, Magane fonce en sa direction, suivi par Waki. A la demande de la maîtresse kotodama, le kami embrasse le blessé pour le soigner, après lui avoir retiré un couteau planté dans le ventre. Devant cette scène, Waki a du mal à cacher sa colère. Il réalise alors son attachement envers Magane, tolérant de le partager uniquement avec Rikiichi. De retour à la maison avec Endô Hozumi, le petit groupe découvre un autre homme blessé, les ongles arrachés. Yukino et Shirahase ont trouvé Takamitsu au pied de la cascade. Devant les supplications de ce dernier pour rester dans cet havre de paix avec son frère, Rikiichi accepte de les accueillir. En effet, Yukino, habituellement discrète, s’est totalement attachée à Takamitsu. Mais les Mitô ne pensaient pas que ces deux frères allaient chambouler leur paradis…

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatorzième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2011. M’étant attachée aux personnages, je n’ai donc pu retenir mes larmes en lisant les dernières pages. J’aime beaucoup le travail de l’auteure qui analyse les différents liens qui se créent et se transforment en amour.

Ze 10 – Shimizu Yuki

ze 10 shimizy yuki

SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351806395
Taifu comics, 2010
ISBN: 9784403662959 (JP)
Shinshokan, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« La solitude et le renoncement… J’étais à la dérive, puis j’ai fini par m’échouer quelque part… »

Shimizu Yuki sensei attaque l’arc final de son récit en plongeant le lecteur dans le passé de Waki. Elle se focalise particulièrement sur sa rencontre avec Rikiichi, qui va l’inciter à devenir marionnettiste, et sur la naissance des premiers kamis. Elle introduit plein de nouveaux personnages, en particulier Uta la sœur du maître kotodama ainsi que le troisième kami Magane. D’ailleurs, le côté loup de ce dernier ajoute une touche mignonne et humoristique. La narration se base principalement sur Waki. Ce dernier va développer une certaine complicité avec Rikiichi, étant sur la même longueur d’ondes. La personnalité flamboyante du maître kotodama, qui peut se montrer aussi accueillant qu’impitoyable, va adoucir le désabusé Waki. L’auteure révèle ainsi tous les secrets autour du marionnettiste, son passé très sombre, sa longévité hors norme, son manque de confiance en l’humain, son sentiment de solitude qui persiste même entouré de ceux qu’il aime.

La mangaka maîtrise sont trait épuré et anguleux. Toutefois, la structure de ses visages s’uniformise et l’on distingue maintenant les personnages grâce à la forme de leurs sourcils et leur coiffure. Les trames sont équilibrées. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Comparé au tome précédent, Shimizu sensei censure les parties intimes par des points blancs dans les scènes érotiques. Toutefois, pour compenser le manque de scènes dans le récit principal, elle offre en bonus la suite du chapitre 1 avec Genma et Himi en mode amour fou.

En résumé

Yoshiwara Waki a du mal à admettre qu’Asari ait pu conserver ses souvenirs et sa personnalité. Il passe donc sa mauvaise humeur sur les autres kamis, convoquant même Himi pour d’abord l’interroger puis lui reprocher son incapacité à faire de même. Mais Yashiro Genma le défend ardemment face à ses remarques acerbes. Le marionnettiste essaie même de s’en prendre à Raizô. Toutefois l’éblouissant larbin garde sa bonne humeur et son innocence, calmant légèrement son hôte. Waki se souvient alors de sa rencontre avec Rikiichi, à la chevelure flamboyante…

En conclusion

Shimizu sensei offre un tome plein de révélations, interrogeant toujours sur les liens entre les gens. Plus j’en apprend sur Waki, plus je le trouve détestable. Pourtant, j’aimerais qu’il trouve enfin le bonheur. Ce tome prend un ton plus sérieux mais c’est un plaisir de découvrir l’origine des kamis.

Megumi & Tsugumi 3 – Si Mitsuru

megumi and tsugumi 3 si mitsuru

SI Mitsuru S井ミツル
ISBN: 9782375063132
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784801972513 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« On est bien devenus partenaires, non? »

Si Mitsuru sensei aborde la question de la morsure comme contrat de partenaires dans l’omegaverse. En s’appuyant également sur le chapitre consacré à Harutsugu et Kuroji, elle interroge sur ce lien particulier entre un alpha et un oméga ainsi que les différences avec le mariage et la relation amoureuse. Avec ses personnages peu stéréotypés au genre, elle développe encore une relation consensuelle. Ainsi, Megumi réalise la difficulté à obtenir l’accord des parents avant tout engagement. Par ailleurs, la naïveté de Tsugumi apporte toujours une touche d’humour, enchainant les quiproquos. En plus du lien d’amitié brisé avec Subaru, l’auteure introduit un rival, Sakashita Inami, et oblige l’alpha à gérer divers sentiments entre jalousie, manque de confiance et doute. Elle reprend ces mêmes thèmes dans le chapitre des parents de l’oméga. L’histoire bonus en fin de tome offre une touche érotique, continuant directement un des chapitres.

La mangaka a un trait épuré au contour très épais qui joue beaucoup sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Comparé au tome précédent, son style s’est légèrement adouci mais conserve une petite touche shônen appréciable. Les décors alternent avec les trames d’ambiance souvent très graphiques. Le thème des vacances d’été est prétexte à quelques cases fan service. Malgré une mise en page plutôt classique, Si sensei varie souvent les angles de vue et gère très bien le rythme. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, même si parfois elle omet quelques détails. En fin de chapitre, les personnages en SD apportent une touche mignonne. Sous la jaquette, deux planches proposent de découvrir les réactions des personnages face à des histoires effrayantes.

En résumé

Yamada Tsugumi (oméga) et Kokonoe Megumi (alpha) sortent enfin ensemble, partageant des sentiments réciproques. L’oméga est venu voir un dessin-animé chez l’alpha qui interprète cela comme un rendez-vous amoureux. Au bout de trois heures, Tsugumi montre enfin quelques signes romantiques en appuyant sa tête sur l’épaule de son bien-aimé. Ce dernier répond donc à ses avances, malgré quelques protestations de l’oméga qui se laisse pourtant faire. Tandis que l’alpha est heureux de cet échange sans l’influence des chaleurs, le rebelle s’interroge alors sur leur relation. En effet, croyant former déjà une paire, il n’éprouve aucun changement. Megumi décide donc d’officialiser clairement leur relation en demandant l’autorisation à leurs parents pour le mordre…

En conclusion

Comme à son habitude, Si sensei s’amuse à déstructurer les thèmes chers à l’omegaverse pour les transformer en comédie romantique bienveillante. Elle met en avant la volonté humaine et le respect sur un comportement presque animal. La stupidité de Tsugumi me déstabilise parfois mais c’est ce qui fait tout le charme du récit. Et puis quel plaisir de découvrir l’histoire de Kuroji et Harutsugu. Ils vont finir par devenir mon couple préféré!