Les derniers jours du printemps – Nojiro Guri

les derniers jours du printemps nojiro guri

NOJIRO Guri 野白ぐり
ISBN: 9782382761694
Hana, 2023
ISBN: 9784813032793 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Ma vie a toujours été aussi calme que les derniers jours du printemps. »

Nojiro Guri sensei narre une romance entre deux salarymen qui cachent leurs véritables pensées derrière leur sourire. En plus de se montrer sociables et affables, Amakawa et Nakahara agissent de manière désintéressée. Ils remarquent rapidement qu’ils ont le même caractère et n’expriment donc pas leurs vrais désirs. Pourtant, plus ils se découvrent, plus ils ont l’impression de se reconnaître l’un dans l’autre. Ainsi, ils s’éveillent à de nouveaux sentiments, en particulier Haru qui s’interroge énormément sur son attirance pour Seiji. L’auteure aborde ainsi la peur et le bonheur de partager ses sentiments. Elle fait intervenir les personnages secondaires pour guider les deux héros: le voisin d’Amakawa, Ryôji, le conseille en amour tandis que Matsuda fait la morale à Nakahara. Par ailleurs, elle construit une relation consensuelle d’abord charnelle dans laquelle les deux partenaires dévoilent totalement leur vraie personnalité, même si Seiji préfère fuire l’évidence.

La mangaka a un trait épuré presque dépouillé, qui joue sur les pleins et déliés, de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine des SD plutôt carrés. Haru a une bouille encore enfantine. Les trames sont variées. Les trames d’ambiance graphiques appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page reste dynamique malgré des effets simples et basiques, comme l’absence de cadre et les superpositions de vignettes. Dans les scènes érotiques, Nojiro sensei montre peu les parties intimes, pourtant simplifiées, en jouant avec les cadrages, les angles de vue et même des phylactères bien placés. Elle offre toute de même des coupes intérieures. Par ailleurs, elle illustre le quotidien des personnages en début de chapitre.

En résumé

Affable et gentil, Amakawa Haru attire immédiatement la sympathie des gens qu’il croise. D’ailleurs, il reçoit des chocolats d’une mère de famille à qui il avait cédé sa place dans le bus. Il débute aujourd’hui dans une nouvelle entreprise. Durant son tour de présentation avec le manager Matsuda, sa rencontre avec Nakahara Seiji, qui se montre très sociable et même tactile, le marque. Après son pot d’arrivée, Haru préfère rentrer chez lui ayant un peu trop bu au lieu de continuer la tournée des bars. Dans le parc, il croise par hasard Nakahara qui ne semble pas le reconnaître puis le rassure un peu comme un gamin. Amakawa réalise alors que contrairement à son habituelle indifférence, cela le contrarie. Pourquoi?

En conclusion

Nojiro Guri sensei offre une romance douce et sensuelle axée principalement sur l’évolution de ses deux héros qui apprennent à enfin exprimer leurs sentiments et à penser d’abord à eux-même, en tout cas, à leur plaisir. Certes, l’histoire est classique et simple mais j’ai passé un agréable moment de lecture. Et le couple est tellement mignon! Pour moi, la fin de l’innocence de Haru est vraiment sympathique à suivre…

Veux-tu sucer mon sang? 1 – Yamamoto Kotetsuko

veux tu sucer mon sang 1 yamamoto kotetsuko

YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782382763810
Hana, 2023
ISBN: 9784796415217 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Un monde où les humains et les Surnaturels cohabitent… »

Yamamoto Kotetsuko sensei propose une comédie romantique légère entre un humain fan d’occulte et un vampire solitaire. Elle installe d’abord les personnages et le contexte. Ainsi, elle dévoile au fur et à mesure de son récit les discriminations dont font l’objet les Surnaturels. Uzuki apporte une touche humoristique. En effet, malgré sa passion, il a peur des phénomènes surnaturels. D’un caractère positif, il n’a pourtant pas beaucoup d’amis. Kôsuke, quant à lui, apprécie la solitude. Les deux jeunes hommes se rapprochent et nouent d’abord des liens d’amitié. Par ailleurs, l’auteure sème des indices sur le passé de ses personnages suggérant les traumatismes qu’ils ont subis. En parallèle, à travers Sakuma, elle aborde également les dérives possibles des créateurs de contenus pour les réseaux sociaux. Elle joue sur les quiproquos pour créer la surprise et accélérer le développement des sentiments.

La mangaka a un trait épuré. Les trames sont variées malgré beaucoup de passages à dominante sombre car les évènements se passent souvent la nuit. Les trames d’ambiance très graphiques appuient les moments comiques ou inquiétants. La mise en page est dynamique. Yamamoto sensei montre le quotidien du couple en devenir dans les illustrations en début de chapitre. En fin de chapitre, elle donne des anecdotes.

En résumé

Kioi Uzuki est fan des mystères occultes et Mytubeur. Étudiant, il vit chez sa grand-mère, Shizue, qui tient une résidence accueillant des Surnaturels. Un soir de pleine lune, alors qu’il cherchait des fantômes pour sa chaîne, il est attaqué par Kôsaka, un des pensionnaires loup-garou qui a perdu le contrôle. Satô Kôsuke, un vampire et nouveau locataire de la résidence Kioi, le sauve alors en assommant l’agresseur. En admiration devant le vampire, Uzuki n’arrête pas de le suivre et lui demande ensuite de l’accompagner pour sa prochaine vidéo dans une maison hantée…

En conclusion

Comme à son habitude, Yamamoto Kotetsuko sensei part d’un scénario plutôt classique qui pique tout de même l’intérêt du lecteur. Elle aborde avec légèreté des thèmes toutefois intéressants mais reste dans le pur divertissement. Son graphisme est avant tout efficace et va à l’essentiel. Conquise, j’ai hâte d’en apprendre plus sur Uzuki et les Surnaturels!

L’empereur et le monstre – Akabeko

l empereur et le monstre akabeko

akabeko
ISBN: 9782382763803
Hana, 2023
ISBN: 9784799753668 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Je ne suis rien d’autre qu’une marionnette. »

Akabeko sensei nous narre un récit à la fois fantastique et intrigant avec un jeune empereur isolé et impuissant qui trouve un confident en la personne d’un étrange monstre. Elle plonge rapidement les lecteurs dans les intrigues et les complots, introduisant au fil des chapitres différents personnages qui soutiennent Tao. De même, elle révèle au fur et à mesure l’état du pays. Toutefois, les complots du vil Daki semblent un peu trop classiques et ne créent aucune surprise. Le jeune empereur partage la même vision politique qu’Utosa et se rapproche donc rapidement de l’immortel. L’auteure s’attarde plus sur l’action que sur la romance. Elle montre comment le héros évolue positivement malgré la violence qui l’entoure, en mûrissant et en prenant de l’assurance. Toutefois, elle développe peu les mystères entourant le monstre, maintenant un certain suspense.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux, jouant sur les pleins et déliés. Elle porte attention aux décors et aux costumes. Elle dessine des yeux expressifs malgré un style particulier. En effet, les pupilles sont vides dans de tous petits iris. Les nombreuses trames sont variées. Par contre, les trames d’ambiance alternent avec les décors. Des cadres assez épais renforcent la rigueur d’une mise en page plutôt classique. Toutefois, les angles de vue variés apportent une certaine dynamique. Cela se remarque d’autant plus que les scènes de combat semblent assez statiques, se résumant juste à un mouvement. D’ailleurs, Akabeko sensei évite de montrer trop de sang. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc et joue même sur les cadrages pour les occulter. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre les personnages comme s’ils étaient pris sur le vif.

En résumé

Jeune, le prince Tao était intrigué par le mausolée fermé du palais dans lequel dormirait un terrible monstre immortel. Devenu maintenant le 43ème empereur d’Ise à l’adolescence, il préfère s’entrainer à l’épée avec son ami Nowaka au lieu d’étudier. D’ailleurs, il aimerait développer la diplomatie au lieu de la violence, contrairement à son père impitoyable et inhumain. Mais le premier ministre Daki n’apprécie pas ses idées et fait alors décapiter Nowaka sous les yeux de l’empereur, l’accusant de comploter. Comprenant qu’il n’est qu’une marionnette sans pouvoir décisionnaire, Tao, désespéré, ouvre le mausolée et réveille le monstre. Soudain, un homme aux longs cheveux blancs l’embrasse, le confondant avec une certaine Nita. Il se présente alors comme le premier empereur d’Ise, Utosa…

En conclusion

Akabeko sensei propose un scénario d’abord intéressant mais enchaine ensuite les évènements sans les approfondir, donnant l’impression de survoler complètement les moments émouvants et importants. Ses regards sont toujours expressifs malgré son trait particulier. L’intrigue et la relation me plaisent. Malheureusement, l’histoire me laisse un goût d’inachevé. Dommage!

I’m sorry – Hakase

I m sorry hakase

Hakase 博士
ISBN: 9782375063590
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784758077231 (JP)
Ichijinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Je l’ai vu se prostituer… »

Hakase sensei narre une romance dramatique entre deux étudiants esseulés qui vont se rapprocher dans des circonstances dramatiques. Elle aborde la solitude mais également l’abus de confiance et la facilité à tomber dans la prostitution lorsque l’on est trop naïf. En effet, la candeur de Kentarô semble presque improbable tellement sa crédulité et sa méconnaissance de la ville l’entrainent de plus en plus dans la destruction. En plus, ses difficultés à communiquer et son manque de confiance en soi l’isolent encore plus. Le comportement ambigu de Yû s’explique avec la révélation de son passé. Toutefois, sa maladresse à exprimer ses sentiments le transforme en stalker opportuniste, malgré lui. L’auteure joue sur les apparences trompeuses pour déstabiliser le lecteur. Elle dépeint des clients vils et profiteurs qui ne pensent qu’à satisfaire leurs plaisirs personnels. D’ailleurs, le récit, avec l’introduction de Saitô, s’enlise malheureusement dans un déballage de jeux SM sans consentement.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie lors des réactions excessives des personnages, ajoutant une touche comique très discrète. Elle dessine différentes morphologies, avec des formes variées d’yeux, apportant une note un peu réaliste. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Les autres trames sont nombreuses, d’autant plus que Kentarô a un beau bronzage. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page offre un impact visuel particulier: les cadres noirs épais donnent une certaine rigidité contrebalancée par de plus en plus de vignettes s’adaptant à leur contenu et des angles de vue dynamiques. De même, des métaphores graphiques suggèrent l’état mental des protagonistes. Hakase sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle les décompose même en détail, offrant des coupes intérieures. Dans les illustrations en début de chapitre, elle suggère l’évolution de la relation entre Yû et Kentarô.

En résumé

Kitayama Kentarô quitte sa campagne d’Aomori pour faire ses études universitaires à Tokyo. Il espère se faire plein d’amis et se retrouve rapidement embarqué dans un club étudiant. Mais lors d’une soirée de présentation, son accent ressort avec le stress et tout le monde finit par l’ignorer, ne le comprenant pas. Toutefois, Yû, avec ses beaux cheveux verts, lui demande son numéro Line pour le groupe du club. Complexé par son style campagnard, Kentarô se laisse facilement alpaguer et convaincre par des vendeurs dans la rue qui n’hésitent pas à l’arnaquer. Trois mois plus tard, lorsqu’il revient relooké au club, les membres apeurés le rejettent. Endetté, il tombe alors dans la prostitution, amadoué par un frotteur rencontré dans le train…

En conclusion

Ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2018 mais les lecteurs le citent parmi les meilleurs mangas originaux, appréciant la candeur que conserve Kentarô malgré tous ses déboires. Il n’est pas à mettre entre toutes les mains et contient des scènes explicites pouvant choquer. D’ailleurs, Hakase sensei aborde crûment la prostitution mais abuse également de certains raccourcis scénaristiques pour se perdre en fin de compte dans des scènes érotiques détaillées. Personnellement, je trouve que cela gâche un peu les moments les plus dramatiques. D’autant plus que certaines scènes ont un impact renforcé par des jeux graphiques, comme par exemple la ville représentée en négatif quand Kitayama sombre dans le désespoir. La romance entre Yû et Kentarô dégage parfois quelques échanges mignons. Le sujet et son traitement graphique m’intéressent mais le développement du récit me laisse un peu sur ma faim…

Totally peeking 1 under the sheets – Yoo Hajin

totally peeking 1 yoo hajin

YOO Hajin
ISBN: 9782382763612
Hana, 2023
Ecomix, 2009 (KR)
Manhwa
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« Moi aussi, j’étais devenu un animal. »

Yoo Hajin propose plusieurs petits récits, sans ordre chronologique, apportant principalement des anecdotes et des détails sur la vie commune de son couple fétiche. Elle dévoile également le passé de certains personnages secondaires, comme par exemple la rencontre explosive entre Dohoon et Ewon. Elle continue d’aborder différents sujets sans pour autant les approfondir, tels que les conciliations pour harmoniser le couple, le doute persistant malgré des sentiments partagés, la question du partage des tâches ménagères. Mais le thème principal tourne autour de la libido excessive d’Eun que Jung tente désespérément de canaliser. Les gags s’enchainent entre deux scènes sexy et leurs chamailleries. L’auteure alterne avec brio humour, tendresse et érotisme. Elle fait même intervenir son avatar dans certains récits. A noter que le premier chapitre fait suite à Totally captivated 6.

Le trait anguleux de la manhwaga s’arrondit dans les passages humoristiques. Elle met beaucoup en avant la beauté de Mookyul. Pourtant, elle n’hésite pas à le représenter en panthère. De même, Ewon devient parfois un renard. Les décors alternent avec les trames d’ambiance très graphiques. Les autres trames sont par ailleurs variées. La mise en page est dynamique. Yoo Hajin intercale des saynètes humoristiques comme par exemple son interview avec les personnages ou des anecdotes entre les chapitres. Au début, elle ne censure pas les scènes érotiques, se contentant de simplifier les parties intimes. Par contre, par la suite, un cache blanc vient les recouvrir.

En résumé

Après une dure journée de travail, Jung Ewon s’endort durant les préliminaires. Le lendemain, Eun Mookyul propose alors à son petit ami de ne faire l’amour qu’une fois par semaine le week-end. D’abord sceptique, Ewon se rend rapidement compte qu’il a du mal à faire chambre à part. En plus, Mookyul évite de le dorloter et refuse du mieux qu’il peut ses avances, quitte à se soulager seul sous la douche. Mais quand le week-end arrive…

En conclusion

Yoo Hajin s’amuse avec ses personnages et comble au passage la frustration des lecteurs en manque de scènes érotiques. Ce n’est certes pas indispensable mais j’apprécie particulièrement de découvrir ce que devient le couple. Et puis, je m’amuse encore de leurs facéties. Pour les fans de la série!

Totally captivated 6 – Yoo Hajin

totally captivated 6 yoo hajin

YOO Hajin
ISBN: 9782382763605
Hana, 2023
Ecomix, 2009 (KR)
Manhwa
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Et les deux furent totalement captivés… »

Yoo Hajin conclut son récit en ajoutant encore des rebondissements, permettant ainsi de répondre à toutes les interrogations encore en suspens. De même, elle laisse place à l’action et à l’évolution du couple, les passages humoristiques se faisant plus discrets. Elle crée également la surprise sur la vérité de l’abandon d’Ewon. Ainsi, le lecteur comprend mieux la rage de réussir que nourrit l’étudiant et sa vision de l’amour comme un obstacle. Bien que regrettant de se laisser porter par ses sentiments, Ewon communique de mieux en mieux avec son petit ami, trouvant un équilibre. Mookyul quant à lui, résiste mieux au chantage de son père adoptif, continuant de négocier. A travers Kim Namhyung, l’auteure dénonce les méthodes violentes des mafieux qui ne respectent même pas leurs « employés ». Elle met en avant l’amitié qui se retrouve sublimée par les regrets et les mises au point.

La manhwaga n’hésite pas à déformer son trait épuré et anguleux dans les passages humoristiques. Elle l’arrondit et le simplifie également. Les trames d’ambiance sont très graphiques. De même, les autres trames variées utilisent souvent des motifs pour les vêtements. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page dynamique guide plutôt bien le regard. Comparé au tome précédent, Yoo Hajin enchaine directement les chapitres sans introduire d’illustration. Par ailleurs, elle s’arrête aux préliminaires et aux baisers langoureux dans les scènes érotiques, mettant en avant le partage des sentiments.

En résumé

Eun Mookyul a abandonné son père adoptif et l’organisation pour reconquérir Jung Ewon. Il l’annonce à l’intéressé, cloitré dans sa chambre chez Moon Dohoon depuis leur grosse dispute. Mais en apprenant la nouvelle, l’étudiant se précipite aux côtés de son amant. Toutefois, en quittant l’agence, le mafieux perd également tout son argent ainsi que son appartement. Le lendemain, en se réveillant à l’hôtel, Ewon réalise alors tous les sacrifices qu’a fait Mookyul pour lui. Pendant qu’il réfléchissait à leur avenir, son petit ami lui demande à passer encore une journée câline ensemble. Tandis que Kim Namhyung élabore son stratagème avec Yoo Byungsoo pour faire tomber Eun, il reçoit un appel du président Lee. Ce dernier, décidé à se venger de l’insubordination de son fils adoptif, nomme alors le violent mafieux, directeur de l’agence de Gangnam…

En conclusion

Yoo Hajin offre un tome épais mais qui se lit avec facilité, les actions s’enchainant. Elle équilibre les passages romantiques et dramatiques, détendant l’atmosphère tendue par des petites cases comiques. Une belle conclusion sur un amour passionnel entrainant!

Totally captivated 5 – Yoo Hajin

totally captivated 5 yoo hajin

YOO Hajin
ISBN: 9782382763599
Hana, 2023
Ecomix, 2008 (KR)
Manhwa
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Ce qu’on gagne et ce qu’on perd… »

Yoo Hajin continue d’approfondir la romance tumultueuse de Mookyul et d’Ewon, réduisant les moments comiques. Suite au tome précédent, elle développe les complots du directeur Kim. De même, elle montre l’exploitation, la manipulation et la violence physique et verbale des puissants. Les méthodes du clan de Mookyul paraissent alors plus saines que ce que pratique vraiment la mafia. Ewon réalise enfin le sens de partager sa vie avec quelqu’un et la solitude dans laquelle il était tandis qu’Eun devient de plus en plus collant. Le couple continue de jouer au chat et à la souris, essayant toujours de faire céder l’autre. Moon Dohoon et Shin Jiho continuent de soutenir Ewon tout en sachant qu’il se sert d’eux. Ainsi, l’auteure s’intéresse aux dilemmes des choix difficiles ayant de lourdes conséquences. Elle dévoile enfin la relation malsaine qu’entretient le président Lee Gunwoong avec son fils adoptif.

Le trait épuré et anguleux de la manhwaga s’arrondit et se simplifie dans les passages humoristiques. Elle déforme alors les corps, les rendant plus fin sous d’énormes têtes. Elle dessine de grands yeux longilignes et expressifs, donnant une profondeur particulière aux regard. Les décors soignés alternent avec les trames d’ambiance très graphiques (fleurs, pois, dégradés…). De même, les autres trames variées offres différents motifs et palettes de teintes. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Yoo Hajin joue sur les cadrages et les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes. Elle applique également une trame sombre sur la zone du bassin pour recouvrir les détails. Dans les illustrations en début de chapitre, les personnages posent comme pour des photographies de magazine.

En résumé

Le directeur Kim Nanhyung et ses sous-fifres provoquent les hommes d’Eun Mookyul dans leur bureau de Gangnam. Quand Eun Mookyul arrive, il sermonne d’abord Sangchul avant de congédier les intrus. Mais dès que Kim blesse Hansoo, il prend les choses en main, corrigeant les mafieux violents tout en leur rappelant les règles du clan. Une fois les intrus partis, il continue de déverser sa colère sur ses propres hommes mais l’intervention de Jung Ewon le stoppe dans son élan. Toutefois, le directeur Kim peut encore compter sur un espion infiltré dans l’agence de Gangnam: Yoo Byungsoo.

En conclusion

Un tome haletant avec des disputes allant crescendo. Yoo Hajin arrive à transmettre les sentiments à fleur de peau de ses personnages. Avec cet amour passionnel et violent, elle oscille constamment entre bonheur et désespoir. Et pourtant, j’espère encore à chaque page un happy end. Vivement la suite!

L’ange aux pieds nus – Nonomiya Ito

l ange aux pieds nus nonomiya ito

NONOMIYA Ito 野ノ宮 いと
ISBN: 9782382761915
Hana, 2023
ISBN: 9784799752838 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Autrefois j’étais un ange. »

Nonomiya Ito sensei propose de suivre une douce romance entre un artisan gay qui préfère cacher son homosexualité et un ange déchu. Elle alterne la narration entre les deux héros. Les deux hommes apprennent à se connaître durant leur cohabitation. La candeur de Benjamin apporte une touche amusante. D’ailleurs, sa découverte de notre monde pointe parfois les complications que les humains se créent. L’introduction de Mathilda, la sœur de Turner, permet de révéler le passé de l’artisan, en particulier la cause de sa peur du coming out malgré l’acceptation de sa famille. En parallèle, l’auteure présente quelques processus de la fabrication des chaussures. Elle décortique également la construction d’une relation de confiance entre deux individus qui, malgré une attirance mutuelle, retiennent leurs sentiments pour ne pas briser le rêve de l’autre. Malgré ses doutes sur l’origine de Benny, Turner respecte ses secrets. En tombant amoureux, l’ange expérimente de nouvelles émotions.

La mangaka a un trait épuré plutôt contemporain, jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie, avec des tons dominants clairs. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Par contre, les décors s’estompent autour des personnages pour ne pas surcharger la page. Par ailleurs, les paysages de Londres sont facilement reconnaissables. La mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Nonomiya sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Elle dévoile la fine musculature de Turner. La couverture se classe première au Chill chill BL award 2022.

En résumé

En Angleterre. Turner Wilson (25 ans), artisan cordonnier, rencontre dans un parc un jeune homme frigorifié qui n’a pas de chaussures et qui prétend, en plus, être un ancien ange. Malgré ses doutes, il le recueille chez lui. A sa surprise, le sans-abri qui dit avoir 105 ans, ne semble pas connaître les objets humains. Désirant découvrir la culture des humains, il décide alors de voyager. Turner lui propose donc de lui fabriquer des chaussures et l’incite à l’aider dans les tâches ménagères en attendant. Aidant l’inconnu à se laver, il remarque deux cicatrices dans son dos et lui donne ensuite le nom de Benjamin, à sa demande…

En conclusion

Pour son premier manga, Nonomiya Ito sensei offre un scénario bien construit malgré quelques petits raccourcis et facilités. Elle construit une relation consensuelle mais un peu perturbante, Benjamin montrant d’abord de la curiosité. Prévu d’abord en one-shot, elle a pu continuer son histoire. En plus, son graphisme dégage un certain charme. Je suis vraiment heureuse de pouvoir relire ce titre en français. Je l’attendais avec impatience. Même si la romance est assez simple et adulte, j’apprécie l’idée de l’ange déchu qui apporte une petite touche innocente. Un coup de cœur, évidemment!

Caché sous son masque 1 – Sangou Mitsuru

cache sous son masque 1 sangou mitsuru

SANGOU Mitsuru 参号ミツル
ISBN: 9782382761939
Hana, 2023
ISBN: 9784799747353 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Tu savais que la bouche était la deuxième partie la plus érotique du corps? »

Sangou Mitsuru sensei propose une comédie romantique jouant sur les contrastes et les opposés. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ainsi, elle révèle au fur et à mesure l’origine du traumatisme de Sayama mais également la face cachée de Saikawa. Bien que le populaire lycéen se montre insistant, toujours motivé à enlever le masque de son camarade, ce dernier cède à son jeu buccal érotique mais surmonte également ses peurs. En se côtoyant, ils vont construire d’abord un lien amical. Et comme ils se parlent franchement, sans cacher leurs émotions, leurs attirance va évoluer ensuite vers l’amour. L’auteure oscille constamment entre comportements doux et malsains, jouant sur les limites d’un consentement flou. Elle équilibre pourtant la relation qui se construit entre les deux lycéens par leurs réactions et en les faisant évoluer. Ainsi, elle atténue la violence de la séduction de Tsuzuru en partageant les réflexions de Keigo.

La mangaka a un trait épuré avec des contours parfois dédoublé, donnant une touche particulière à son style. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine des visages choqués amusants avec des yeux tous ronds. Les trames sont équilibrées. De même, les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page est dynamique. Par contre, Sangou sensei a tendance à rapprocher ses cases ou à les superposer. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par de larges bandelettes blanches. Sous la jaquette, elle offre deux planches à lire à la fin.

En résumé

Asocial et maussade, Sayama Keigo cache constamment son visage derrière un masque à cause d’un complexe développé suite à un petit traumatisme. Après une nuit à jouer aux jeux vidéo, un matin au lycée, il est violemment bousculé dans les escaliers par le grand, beau et populaire Saikawa Tsuzuru qui s’amusait avec des amis. Il se réveille donc à midi à l’infirmerie, le responsable de sa chute à ses côtés. Surpris de voir Sayama se plaindre et curieux de connaître ce qu’il cache sous son masque, Saikawa le lui soulève soudain sans prévenir, plongeant son camarade dans une rage folle. Malgré les insultes de Keigo, Tsuzuru essaye ensuite de se rapprocher de son nouvel ami.

En conclusion

Ce tome se classe quatrième meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2021. Bien que ce soit le premier manga publié de Sangou Mitsuru sensei, elle possède son style graphique et maîtrise assez bien le développement de son scénario. D’abord en format de courts sketchs, les chapitres s’allongent discrètement. Le couple fonctionne très bien malgré les chamailleries. Toutefois, certains lecteurs pourront être gênés par la relation ambiguë. J’attendais depuis longtemps la sortie de ce titre en France. Je suis donc comblée de pouvoir le lire en français. Un petit coup de cœur confirmé!

La fiancée de l’alpha 2 – Iwamoto Kaoru et Yukimura Kanae

la fiancee de l alpha 2 iwamoto kaoru yukimura kanae

IWAMOTO Kaoru 岩本薫
YUKIMURA Kanae 幸村佳苗
ISBN: 9782382761977
Hana, 2023
ISBN: ‎9784813033196 (JP)
Taiyohtosho, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Mais j’ai envie de lui faire confiance… »

Iwamoto Kaoru sensei développe un peu plus Riku, révélant ses faiblesse et son caractères. En introduisant l’oméga Kuô Iriya, ami d’enfance de Keiki, elle le pousse à réfléchir sur sa nouvelle condition d’oméga. Le lycéen révèle alors plusieurs complexes, plongé dans cet univers de la haute société. Manquant de confiance en lui, il se laisse submerger par les émotions telles que le doute, la jalousie, le désir. D’ailleurs, il réalise enfin ses sentiments pour Shutô et lui ouvre petit à petit son cœur. Le comportement ambigu d’Iriya apporte quelques tensions et nourrit les quiproquos. Ainsi, l’auteure aborde le manque de communication dans un couple en formation. Elle dévoile également l’importance des âmes sœurs pour les élites alphas. Elle montre l’influence des rumeurs dans ce milieu. L’histoire bonus a directement un lien avec celle du tome précédent.

Yukimura Kanae sensei a un trait légèrement épuré mais léché et fin. Les trames abondantes apportent du réalisme dans la représentation des couleurs, les volumes et les ombre. De même, les trames d’ambiance se font discrètes. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors soignés sont assez présents. La mise en page très dynamique s’attarde sur les détails et les petits gestes. Par ailleurs, la mangaka présente souvent Keiki en contre-plongée, augmentant ainsi sa hauteur et sa magnificence. Elle censure les scènes érotiques par de fines bandelettes blanches qui cachent à peine les détails des parties intimes. Dans les illustrations en début de chapitre, elle donne l’ambiance du récit.

En résumé

Malgré la fin de ses premières chaleurs, Emori Riku (oméga) continue à être fiévreux. Sur les conseils de Shutô Keiki (alpha), il se repose encore une journée. Pendant de ce temps, l’alpha avertit Sendô Ayato (alpha) et lui demande de protéger discrètement son ami. Impressionné par la sincérité des sentiments de Keiki, le lycéen accepte malgré son amour pour l’oméga. Le soir, l’alpha rentre plus tôt. Bien que Riku l’accueille chaleureusement, il ne sait comment réagir mais décide de lui faire confiance, touché par sa bienveillance…

En conclusion

Ce tome permet à la relation d’avancer un peu, laissant enfin la place aux sentiments. Toutefois, Iwamoto Kaoru sensei utilise quelques facilités scénaristiques pour faire progresser ses personnages. Le magnifique trait sensuel de Yukimura Kanae sensei constitue un bonheur pour les yeux. Je pense tout de même que certains lecteurs le trouveront peut-être un peu froid, bien qu’expressif. Je suis complètement sous le charme de cette série et attend le prochain tome avec impatience!