Beast of blood 1 – Seina Anji

beast of blood 1 seina anji

SEINA Anji 星名あんじ
ISBN: 9782382763629
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784796413657 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Ton sang… est carrément délicieux. »

Seina Anji sensei propose de suivre les romances de trois couples différents. Elle crée un univers particulier, construit sur différentes règles: les espèces, leur caste et leur sexe. Elle maintient un certain suspense en révélant les spécificités ainsi que le passé des personnages au fur et à mesure. L’introduction de la drogue HLD, qui permet de ne pas tomber amoureux, apporte une note dramatique supplémentaire. La grande naïveté de Haruka, élément humoristique, contrebalance la douleur du Vamp Fuyô. Le couple de Lycans Suzuran et Beni met en avant le pouvoir des castes tandis que celui de Mibba (Lycan) et Nishiki (Sirène) s’attarde plutôt sur la sexualité de cet univers, les Sirènes étant hermaphrodites. Ainsi, l’auteure interroge sur la place de l’amour avec les chaleurs et l’instinct. Elle aborde la discrimination qui existe entre les différentes espèces, les difficultés à s’intégrer dans un milieu mixte lorsque différentes cultures se côtoient.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les contours plus épais mettent en relief les personnages car les décors sont très présents et soignés. D’ailleurs, ils rendent le luxe de l’école et de la résidence. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page très dynamique met en avant la plastique des personnages, exploitant les doubles pages, grandes vignettes ou sorties de cadre. Seina sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois elle évite de trop montrer les parties intimes en jouant sur les angles de vue. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages dans de somptueux décors. En début de tome, des notes explicatives détaillent les règles de cet univers. Des fiches personnages révèlent quelques caractéristiques et donnent des anecdotes à la fin du tome.

En résumé

Dans ce monde, les humains (Niers) vivent aux côtés de trois autres espèces aux gènes spécifiques: les Beast of blood ou BOB. Ces derniers se divisent en trois espèces, les Lycans, les Vamps et les Sirènes. Suite à son remariage avec le riche Lycan Yamauchi Inutaka, l’insouciant Enishi (Nier) annonce à son fils Haruka (Nier), qu’ils déménagent à Tokyo. Ce dernier rencontre alors un de ses nouveaux demi-frères, Nishiki (Sirène), qui lui fait alors visiter son nouveau lycée. Bien qu’il le met en garde contre les Vamps, Haruka, qui s’est perdu dans les méandres de l’établissement, ouvre la porte du club « à mort les chaleurs ». Mais l’occupant de la pièce, un Vamp, lui mord alors le cou…

En conclusion

Seina Anji sensei a un graphisme magnifique et dessine beaucoup d’ikemen. Toutefois elle crée un univers avec des règles assez complexes, même si cela permet d’offrir une grande palette de possibilités. En plus, afin d’installer son univers, elle délaisse un peu le développement des sentiments, les couples se formant donc très rapidement. Pourtant, je trouve ce concept très intéressant et me laisse complètement emporter dans cet univers. Hâte de découvrir la suite!

Je découvre le plaisir féminin – Uri

je decouvre le plaisir feminin uri

Uri うり
ISBN: 9782382763551
Hana, 2023
ISBN: 9784796414333 (JP)
Kaiohsha, 2021 (JP)
Titre original: 小林先輩は女の子でシたい
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Tout ce que je veux, c’est jouir plusieurs fois de suite avec un vagin! »

Uri sensei propose une comédie romantique avec deux barmans un peu idiot. Elle joue sur la différence entre la réalité et la vision sous hypnose mais également sur la différence de caractère. D’ailleurs, le solaire Kobayashi, aventureux de découvrir de nouvelles expériences sexuelles, se laisse facilement prendre au jeu de manipulation du taciturne Takatsu. Le couple entame donc d’abord une relation charnelle avant de se laisser prendre par leurs sentiments. Étant tous les deux directs, ils n’arrivent pas vraiment à créer d’ambiance romantique et expriment maladroitement leur attirance. Ainsi, l’auteure révèle au fil des chapitres les véritables intentions de ses deux héros, créant un peu de suspense. Elle aborde les clichés et les croyances urbaines sur les relations homosexuelles et hétérosexuelles.

La mangaka a un trait épuré, avec des contours plus épais mettant en valeur le jeu des pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant même les expressions du visage. Quand un personnage est sous hypnose, elle dessine ce qu’il voit. Les décors situent l’action. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les autres trames équilibrées représentent surtout les couleurs. En effet, des hachures marquent les ombres et les rougissements, très fréquents. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Uri sensei censure les parties intimes pour les rapports charnels hétérosexuels, mais pas du tout pour ceux homosexuels. Dans les illustrations en début de chapitre, elle donne l’ambiance avec ses personnages qui posent.

En résumé

Le barman Kobayashi Fumihiro (27 ans), beau gosse hétérosexuel, aurait couché avec son collègue gay Takatsu Shôgo (26 ans). Mais malheureusement, il ne se souvient de rien. En réalité, après une soirée trop arrosée, il s’est réveillé le lendemain matin avec un corps de femme. Après être passé chez le coiffeur pour se pomponner, il est ensuite directement allé chez son collègue pour lui demander de coucher ensemble. En effet, il peut enfin réaliser son rêve: découvrir le plaisir féminin. Toutefois, Takatsu lui propose en échange un plaisir plus intense grâce à un orgasme prostatique. Le laissant réfléchir, il prévient alors immédiatement leur patron car en réalité son test d’hypnose effectué la veille semble avoir fonctionné avec un peu de retard…

En conclusion

Ce one-shot obtient la vingtième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022. Malgré un thème scénaristique au départ original et amusant, Uri sensei a tendance à s’enliser par la suite dans son développement, les gags se répétant. Par contre, son style graphique colle parfaitement à ce type de récit. Toutefois, son humour ne fonctionne peut-être pas sur tout le monde. Pour ma part, j’aime beaucoup les deux héros plutôt idiots mais je pense que leurs facéties ne peuvent surprendre qu’en une unique lecture.

Meguro & Akino – Yukue Moegi

meguro et akino yukue moegi

YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782382763728
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784199607974 (JP)
Tokuma shoten, 2019 (JP)
Titre original: 目黒と秋野は気づかない
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

L’amour rend aveugle… à moins que ce ne soit la dénégation?

Yukue Moegi sensei offre une comédie romantique avec deux idiots trop fiers pour admettre leur attirance mutuelle. Elle alterne la narration entre les deux héros, permettant de découvrir l’évolution de leurs sentiments mais également leur manque de discernement. Elle ajoute une note comique avec leurs chamailleries. D’ailleurs, leur entourage, impacté par leurs disputes, les guide et les aide à avancer dans leur relation. Akino s’accroche à son hétérosexualité mais trouve normal de se soulager entre amis. Meguro, sur la même longueur d’ondes, refuse de sortir avec un hétérosexuel et reste donc sourd à ses sentiments. L’auteure aborde la difficulté à distinguer amour et amitié, la facilité à dénier ses sentiments lorsque l’on fait passer ses principes avant tout. La synchronisation des réponses entre les deux étudiants renforce leur complicité évidente.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, au style un peu dur, reconnaissable. Elle le simplifie dans les passages humoristiques et n’hésite pas à transcrire les rougissements par de grandes hachures envahissantes. Elle met en valeur la plastique de ses personnages, en particulier la musculature de Meguro. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont utilisées avec parcimonie, des hachures renforçant par ailleurs les ombres fortes. De même, les trames d’ambiance se font discrètes. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page dynamique change souvent d’angles de vue, suivant les personnages en utilisant quelques techniques cinématographiques de cadrage. Yukue sensei joue également sur les sorties de case. Dans les scènes érotiques, elle cache les détails des parties intimes par quelques points blancs. Elle montre le quotidien du couple dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Meguro et Akino Chiharu se sont rencontrés dans une agence immobilière alors qu’ils cherchaient chacun un appartement près de l’université. Akino a alors imposé son amitié à Meguro qui n’a pas osé refuser. Depuis, à chaque fois qu’une petite amie le largue, le coureur de jupons vient chercher du réconfort chez son nouvel ami. En effet, il apprécie les petits plats faits maison de Meguro. Et bien qu’il sache que son ami est gay, il adore également tripoter sa belle musculature. Mais un jour, excédé, Meguro le met à la porte…

En conclusion

Yukue Moegi sensei maîtrise son scénario parfaitement rythmé malgré le format one-shot. Je suis complètement sous le charme de la patronne du bar gay et de ce couple hilarant. Je me laisse emporter par la dynamique de ces deux idiots attachants. Une excellente lecture amusante!

Même le destin ne pardonne pas l’amour – Amato Ruku et Oki Kuroe

meme le destin ne nous pardonne pas oki kuroe amato kuru

AMATO Ruku 雨戸るく
OKI Kuroe 沖クロエ
ISBN: 9782382763520
Hana, 2023
ISBN: 9784824000132 (JP)
Overlap, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« Toute ma vie, j’ai refusé d’être le partenaire de quelqu’un… »

Amato Ruku sensei modifie un peu les règles de l’omegaverse, présentant son univers en début de tome. Elle instaure un milieu moins discriminant dans lequel alpha et oméga profitent de leurs charmes dans leur carrière. Elle installe son récit dans le monde du divertissement, abordant ainsi la question des différences entre apparences et caractères, le jugement arbitraire des critères de beauté. Ses deux héros subissent des préjugés de par leur physique mais se donnent à fond dans leur travail. Le mannequin Rio déborde de gentillesse pourtant, il passe pour un dragueur. Makoto s’ouvre peu à peu à sa tendresse. En introduisant l’oméga Hanabuki Nagisa qui cible le mannequin, l’auteure crée quelques tensions permettant au couple d’évoluer. Elle révèle le passé des personnages au fur et à mesure, maintenant un peu de suspense. Elle interroge sur la place du destin et de l’amour dans les attirances influencées par les phéromones.

Oki Kuroe sensei a un trait légèrement épuré de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, l’arrondissant pour lui donner un aspect mignon. Elle met également en avant la plastique de ses personnages, en particulier les différentes vedettes croisées au fil du récit. D’ailleurs, sa mise en page très dynamique reprend toutes les caractéristiques du shôjo: par exemple, sorties de cadre, forme des cases en fonction du contenu, superpositions. Ses personnages rougissent facilement, le haut de leurs joues ou du visage se recouvrant alors de petites hachures. Les décors alternent avec les trames d’ambiance, souvent très graphiques, tandis que les autres trames sont équilibrées. La mangaka censure à peine les scènes érotiques mais évite de détailler les parties intimes avec un contour blanc. Elle en offre presque une à chaque chapitre. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre l’évolution du couple dans leur quotidien.

En résumé

L’oméga Nanase Makoto, complexé par son physique banal, se fait passer pour un bêta dans son travail de manager d’artistes dans une agence de divertissement. D’ailleurs, il s’occupe principalement d’artistes omégas. Un jour, son supérieur lui annonce qu’il devra s’occuper essentiellement du célèbre mannequin alpha Sakaki Rio qui se lance en tant qu’acteur. Ce dernier a le coup de foudre pour Makoto dès leur première rencontre et n’arrête plus de lui dire qu’il est mignon. Le manager, bien qu’admirant le talent et l’investissement au travail du mannequin, refuse pourtant de prendre au sérieux ses déclarations malgré l’intensification des battements de son cœur. Pourquoi serait-il en chaleur alors que ce n’est pas la saison des amours?

En conclusion

Amato Ruku sensei crée une dynamique intéressante dans le couple malgré quelques facilités scénaristiques. En plus, le graphisme d’Oki Kuroe sensei, plus mignon que beau, colle parfaitement au récit. Les lecteurs peuvent toutefois être agacé par le comportement parfois insistant et lourd de Rio. Une histoire simple et mignonne, idéale pour se détendre.

Un obsédé va soigner mon traumatisme – Yuzushiwo

un obsede va soigner mon traumatisme yuzushiwo

Yuzushiwo ゆずしを
ISBN: 9782382763698
Hana, 2023
ISBN: 9784758022378 (JP)
Ichijinsha, 2021 (JP)
Titre original: ヤリチンによるトラウマ克服×××
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Pour Saïto, une quête de taille commence: aider Shizuka à dépasser son blocage. »

Yuzushiwo sensei offre une comédie romantique entre un étudiant obsédé à la libido débridée et un froid étudiant gay traumatisé suite à une mauvaise expérience. Elle joue beaucoup sur les contrastes: des caractères opposés, une vision de l’amour différente, un comportement ambivalent. Par exemple, Saïto passe pour un « sale » dragueur cumulant les conquêtes d’un soir, lourd car trop direct, persistant trop pour atteindre ses objectifs, n’hésitant pas à faire du chantage. Et pourtant, il se montre bienveillant avec son partenaire sexuel et sincère dans ses sentiments et son envie d’aider Shizuka. Ainsi, les deux étudiants apprennent à se connaître et leurs sentiments évoluent petit à petit. L’auteure révèle alors au compte-gouttes leur passé, justifiant leur comportement actuel. Elle aborde donc la difficulté à surmonter un traumatisme, le harcèlement, la peur de s’attacher.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux mais qui dégage un côté mignon. Elle le simplifie dans les passages humoristiques et le rend encore plus chou en transformant ses personnages en SD. En plus, des hachures recouvrent souvent leurs joues dès qu’ils rougissent. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. De même, les autres trames équilibrées ont toutefois une dominante claire. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, Yuzushiwo sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Depuis que Hazawara Shizuka a eu une première expérience sexuelle catastrophique avec son premier petit ami, il se montre froid avec tout le monde et ne cherche plus aucun partenaire. A l’université, le tombeur Saïto qui cherche à attirer plus de filles à une soirée qu’il organise, l’invite de force en l’alpaguant. Mais Shizuka qui n’a pas l’habitude de boire de l’alcool, s’effondre dès sa première bière. Les filles, vexées, obligent alors Saïto à s’occuper de l’étudiant ivre mort. Le tombeur essaie tant bien que mal de le ramener chez lui mais quand Hazawara vomit sur lui, il préfère s’arrêter dans un love hotel. En apprenant que Shizuka est gay et excité par son charme, Saïto commence à lui donner du plaisir par de simples caresses…

En conclusion

Ce one-shot mêle à la fois drame, comique, romance et érotisme. Yuzushiwo sensei a un beau dessin et rythme bien les enchainements d’action. Ne vous arrêtez pas au titre, les sentiments sont bien présents et mis en avant dans ce récit. D’ailleurs, je suis complètement charmée par la personnalité surprenante et attrayante de Saïto, malgré tous ses défauts. Pour moi, son engagement sincère envers Shizuka fait tout le sel du scénario au premier abord convenu. Une lecture qui ne marquera peut-être pas les esprits mais qui donne un peu de bonheur avec des personnages attachants et mignons.

Papa Ω vs α yakuza – Nagano Adumi

papa omega vs alpha yakuza nagano adumi

NAGANO Adumi 永乃あづみ
ISBN: 9782382763568
Hana, 2023
ISBN: 9784824001252 (JP)
Overlap, 2022 (JP)
Titre original: 子連れΩと暴君ヤクザ
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Braver la destinée peut se faire seul, en couple… ou en famille! »

Nagano Adumi sensei narre une comédie romantique omegaverse entre un yakuza alpha et un oméga père célibataire. Elle joue principalement sur les provocations entre les deux héros, le contraste entre le physique et le caractère. Par exemple, l’adorable Riku fait fondre les terribles mafieux par sa candeur. Bien que la relation est d’abord tendue entre Tatsumi et Ryûga, ils apprennent à se connaître et leurs sentiments évoluent peu à peu. En effet, bien que capricieux, l’alpha se montre bienveillant envers l’oméga et son fils. Le naïf Majima, échaudé par le mauvais comportement de son ex-mari, reste méfiant, luttant contre le destin. D’ailleurs, l’auteure confronte la place de l’amour au destin. Elle interroge sur le lien d’âme sœur. Malgré un premier rapport sous influence des phéromones, elle équilibre ensuite les relations charnelles, avec des discussions parfois houleuses. Takashi, l’ex-mari de Tatsumi, représente vraiment le pire partenaire qu’il soit.

La mangaka a un trait épuré plutôt contemporain, commun mais beau. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques, donnant un côté mignon. Par contre, Ryûga est finement musclé. Les trames d’ambiance souvent graphiques, alternent avec les décors. Les autres trames variées utilisent beaucoup de dégradés. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Nagano sensei censure à peine les parties intimes, ne dessinant pas de contour ou utilisant un discret contour blanc. Elle offre toute de même des coupes intérieures.

En résumé

Majima Tatsumi (oméga) reçoit la visite du yakuza Saraki Ryûga (alpha), venu réclamer le remboursement de la dette de son mari. Comme le mafieux menace son fils Riku, il accepte bien qu’il soit déjà divorcé de son âme sœur. En effet, il avait rencontré son ex-mari (alpha) à l’université mais ce dernier dilapidait leur fortune dans les jeux d’argent et a disparu dans la nature après avoir emprunté de l’argent aux yakuzas. Tatsumi cumule plusieurs petits boulots pour s’acquitter de sa première mensualité. Mais quand l’héritier du clan Saraki vient chercher son dû, il trouve l’oméga effondré de fatigue. Il les ramène alors chez lui, décidé à prendre Majima comme amant…

En conclusion

Ce tome obtient la quatorzième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2023. Malgré une base scénaristique assez classique, Nagano Adumi sensei propose un développement très dynamique avec des personnages attachants. Son trait plutôt commun est tout de même beau et agréable. Impossible de ne pas craquer pour l’adorable Riku! J’ai un petit coup de cœur pour ce couple qui affronte le destin par amour et construit ensemble une nouvelle famille. J’espère que l’on aura la suite qui est en cours de parution au Japon.

Le capricieux chant de l’amour – Suzumaru Minta

le capricieux chant de l amour suzumaru minta

SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782382763711
Hana, 2023
ISBN: 9784864425063 (JP)
Tokyo mangasha, 2022 (JP)
Titre original: かんしゃく玉のラブソング
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« C’est ainsi que mes jours paisibles touchèrent à leur fin. »

Suzumaru Minta sensei propose un spin-off de Coup de foudre pour cupidon 2. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ainsi, elle joue principalement sur la dynamique entre deux caractères opposés et les quiproquos. Le timide Wakô, à la santé fragile, communique maladroitement car il rumine beaucoup ses pensées, se fait facilement des films et fuit donc les confrontations. Bien que le solaire Takeo surprotège son ami, il le pousse tout de même à aller de l’avant. A cause de leurs sentiments qui évoluent, la confiance entre les deux adolescents se retrouve alors mise à rude épreuve. Leur ami Manaka les recadre tout en leur apportant son soutien. L’auteure aborde ainsi la peur de perdre une amitié profonde, la différence entre amitié et amour, la difficulté à se comprendre même en étant proche. Dans une historie bonus, elle met en scène Nagata Shingo et Ao.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. Par exemple, les yeux totalement écarquillés et tous ronds renforcent l’effet comique. Des hachures envahissent les visages rougissants. Les trames d’ambiance parfois graphiques accompagnent les émotions tandis que les nombreuses autres trames sont équilibrées. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page dynamique utilise beaucoup les chevauchements de vignettes. Dans les scènes érotiques, Suzumaru sensei censure à peine les parties intimes. Toutefois, elle ne les détaille pas et dessine juste leurs contours. Sous la jaquette, elle présente les personnages, notant même leur popularité supposée.

En résumé

Kamishiro Wakô est secrètement amoureux de son voisin et ami d’enfance. Toutefois, comme Sudô Takeo rencontre beaucoup de succès auprès de la gente féminine, il espère simplement rester à ses côtés jusqu’à ce que ce dernier se marie. Pour l’instant, ils révisent assidument ensemble pour aller à la même université. Mais un midi, Takeo annonce être probablement intéressé par les hommes…

En conclusion

Ce titre obtient la quatrième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2023. Malgré un thème classique, Suzumaru Minta sensei propose un développement intéressant avec un amitié qui vole presque en éclat suite à un coming out. Elle crée alors une dynamique entrainante entre les personnages. Elle analyse avec finesse les interrogations de ses héros. Le côté un peu pressant de Takeo pourra gêner certains lecteurs, mais on ressent tout de même une certaine bienveillance pour son ami. C’est un plaisir de retrouver Ao et Shingo et ce nouveau couple m’a également plu. L’entêtement de Wakô me paraît même adorable.

A vos côtés – Basso

a vos cotes basso

basso
ISBN: 9782375062050
Taifu comics, 2023
ISBN: ‎9784863497771 (JP)
Akane shinsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« A chaque nouveau voyage retour dominical, un espoir l’étreint: celui de pouvoir revoir l’homme. »

Basso sensei narre la rencontre entre un jeune salarié et un directeur commercial d’âge mûr, qui sympathise à travers une passion commune: l’ambiance des hippodromes. Elle base la narration sur Hayama. Ainsi, elle analyse l’évolution de ses sentiments. Tôru s’interroge rapidement sur sa sexualité, ressentant de l’attirance pour Kinoshita Makoto (45 ans). Grâce aux conseils de ses amis, il évolue et prend de l’assurance. Le cadre, quant à lui, surmené et exploité par son supérieur, redécouvre les plaisirs simples partagés avec des amis. D’ailleurs, l’auteure aborde la différence d’âge, la mauvaise image de ceux qui fréquentent les hippodromes, le harcèlement au travail. Elle montre également la peur de perdre une amitié, de faire son coming out à quelqu’un de confiance mais que l’on fréquente occasionnellement. Ainsi, elle décrypte avec finesse l’équilibre fragile qui s’installe dans la relation entre les deux hommes, ébranlée par le moindre changement.

La mangaka a un trait anguleux très épuré, presque dépouillé, avec un contour parfois épais. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle dessine des personnages plutôt élancés. Son style se reconnaît grâce à la forme particulière de ses yeux, avec des paupières marquées, mais très expressif. Par ailleurs, de petites hachures discrètes marquent les rougissements sur le nez et les joues. Seulement quelques rides bien placées soulignent l’âge. Les trames en aplat sont variées. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors très présents sont soignés. La mise en page classique comporte toutefois des angles de vue variés. D’ailleurs, Basso sensei décompose certains mouvements. Elle ne montre pas les scènes érotiques, laissant libre court à l’imagination du lecteur. Elle inclut les illustrations en début de chapitre au récit. En fin de tome, on découvre le nom des personnages.

En résumé

Simple employé vivant encore chez ses parent à Yokohama, Hayama Tôru économise pour déménager. Mais il entame souvent ses économies pour sa passion: photographier les chevaux sur les champs de course, surtout ceux du Kansai. Un jour, de retour de Kyoto, il remarque un homme filiforme, plus âgé et éreinté, dans le Shinkansen. Il est alors fasciné par son élégance et sa manière de manger. Depuis, à chaque voyage, il espère une probable rencontre…

En conclusion

Ce one-shot obtient la dix-neuvième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2020. Basso sensei décrypte parfaitement les sentiments de ses personnages. En plus, elle possède un graphisme reconnaissable et très expressif malgré un style dépouillé. Son scénario plutôt réaliste propose une douce romance adulte. Attendant ce titre depuis longtemps et appréciant la mangaka, je suis complètement conquise par ce récit. Idéal pour découvrir le BL!

Goodbye, nameless violin – Ume-chi

goodbye nameless violin ume-chi

Ume-chi うめーち
ISBN: 9782375063606
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784799754061 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Comment progresser dans son art sans s’attacher à son instrument, si excentrique soit-il? »

Ume-chi sensei crée un univers fantastique plutôt simple, interrogeant les lecteurs sur l’attachement, la personnification et l’anthropomorphisme des animaux et des objets. Elle base la narration sur Sôsuke. Suite à son traumatisme d’enfance, l’étudiant refuse de traiter le violon humanoïde Vn-Ga 2567 en humain. Pourtant, à son contact, il va s’ouvrir petit à petit et l’accepter, la qualité du son des instruments de musique dépendant de la relation de confiance qu’ils partagent avec le musicien. Le violon, quant à lui, a un comportement très humain malgré son excentricité, se montrant jaloux et tombant amoureux de son propriétaire. L’auteure aborde la peur de perdre l’autre et les différentes types de relations. D’ailleurs, elle utilise le lien entre Hasegawa et son piano humanoïde Cosmo pour mettre en avant les limites entre simples outils et partenaires. Elle nuance son propos en révélant le passé du piano dans une histoire bonus.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux, avec un style bien marqué. Elle le simplifie, et le déforme même, dans les passages humoristiques. Elle représente la musique par des images métaphoriques, empreintes de poésie. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. L’utilisation de beaucoup de trames donne un aspect réaliste. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. D’ailleurs, Ume-chi sensei exploite les doubles pages ou les grandes vignettes pour détailler les transformations, les décomposant en détails. Elle ne censure pas les scènes érotiques. A la fin de certains chapitres, elle dessine des petites saynètes muettes qui narrent une histoire. Les illustrations en début de chapitre sont intégrées au récit.

En résumé

Dans ce monde, les objets auxquels on attribue un nom se transforment en être vivant. Mais depuis qu’Otonashi Sôsuke, actuellement étudiant en deuxième année à l’école de musique Tôhô, a perdu son violon Mottan qui prenait la forme d’un chat quand il était jeune, il refuse de nommer son instrument. Ayant cassé son violon actuel dans un accident, il se rend dans une boutique d’instruments de musique pour en acheter un nouveau. Mais les sans noms coûtent trop chers pour son budget. Comme il refuse de prendre un violon d’occasion parmi les nommés, le vendeur se propose alors d’être acheté. En effet, comme il ne se souvient plus de son nom, il redeviendra bientôt un simple instrument…

En conclusion

Ume-chi sensei mêle drame, humour et romance avec facilité, construisant suffisamment son univers particulier pour happer le lecteur, malgré le format one-shot. Elle arrive même à insuffler un peu de suspense en fin de tome. Elle a en plus un graphisme très expressif et plaisant. D’ailleurs les transformations sont magnifiques. Impossible de ne pas craquer pour Vn-Ga 2567! Coup de cœur pour ce récit, totalement efficace pour moi qui ait tendance d’ailleurs à nommer certains objets!

Laisse-moi te détester 3 – Hijiki

laisse moi te detester 3 hijiki

Hijiki ひじき
ISBN: 9782375063538
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784799754931 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Ne laisse pas un autre mâle te toucher. »

Hijiki sensei développe un peu plus l’entourage de la famille Tsuchiya. Elle installe un nouveau couple, avec les professeurs Asanaga (alpha) et Yanagi (oméga). D’ailleurs, elle joue beaucoup sur leurs réactions excessives pour créer de l’humour. En effet, le taciturne et fuyant Yanagi passe son temps à se disputer avec l’intrusif et passionné Asanaga. Ce dernier, qui a du mal à comprendre les sentiments des autres, a conscience des privilèges des alphas mais essaie de ne pas en abuser. Il admire son collègue oméga qui s’investit auprès de ses élèves. Ainsi, l’auteure, malgré un comportement bienveillant, rappelle le caractère un peu trop possessif des alphas. Par ailleurs, elle aborde les inquiétudes que provoquent l’annonce du second genre aussi bien du point de vue de l’élève et sa famille que des enseignants. Elle montre les différentes réactions, entre autres la peur, le rejet mais également le soutien bienveillant nécessaire.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle arrondit les visages et transforme presque ses personnages en SD. De même, elle ajoute dans les longs dialogues quelques cases fan service du mignon Minato. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions tandis que les autres trames sont équilibrées. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par contre, une trame grise recouvre les vignettes des flash-back. La mise en page est dynamique. Contrairement au tome précédent, Hijiki sensei censure les parties intimes par un cache blanc dans les scènes érotiques. Elle rappelle les règles de l’omegaverse au début du tome. Sous la jaquette, se trouve la postface.

En résumé

En rentrant du travail accompagné de son ami Kyôsuke, Tsuchiya Hazuki craque tellement pour son fils Minato qu’il se trouve au bord de la syncope rien qu’en le voyant. Il a récemment déménagé dans un appartement plus grand avec sa petite famille. En réalité, Kyôsuke le sollicite pour recevoir des conseils car un de ses amis également alpha est tombé amoureux d’un oméga, mais Hazuki se montre d’abord peu motivé. Le dimanche, toute la famille se rend à la fête du sport de l’école de Shizuku. Sakamoto Daigo, Jun et Daiki participent avec eux aux différentes activités mais les deux familles ont bien l’intention de gagner. D’ailleurs, Naoto ressent une pointe de jalousie en voyant son partenaire encerclé par les enseignantes et les fillettes admiratives de ses exploits. Alors qu’il change la couche de Minato, il surprend une dispute entre les professeurs Asanaga Kôtarô et Yanagi…

En conclusion

Ce tome se classe à la septième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2022. Tsuchiya Hazuki est classé sixième meilleur seme tandis que Naoto est douzième meilleur uke. En introduisant un autre couple alpha et oméga homosexuel, Hijiki sensei développe d’autres thèmes un peu plus basiques de la romance. Toutefois, certaines lecteurs pourront être agacés par le comportement oppressant des alphas. Cela fait plaisir de voir Naoto prendre des initiatives et s’affirmer, même s’il a tendance à céder facilement à la pression de son partenaire. Un bel équilibre entre humour, tendresse, érotisme et une pointe de drame. Après être tombée sous le charme de la famille Tsuchiya, je craque complètement pour la famille Sakamoto!