Here U are 3 – Djun

couverture de Here U are 3 de Djun, éditions Taifu

Djun
ISBN: 9782375064504
Taifu comics, 2025
Dongman, 2017 (CN)
Manhua
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« J’ai dû mélanger mes rêves et mes souvenirs flous. »

Djun développe un peu plus les questions sur la communication et le jugement sur l’apparence. Elle pointe certains clichés qui deviennent des critères de « classement » sociétal comme par exemple les effets de mode tels que les tenues assorties pour les couples et certains gestes amicaux confondus avec de l’affection amoureuse. Ainsi, le lecteur peut constater de possibles similitudes avec le couple de Lin Xiang et Yu Xiaogung qui affichent ouvertement son amour. Li Huan essaie de décrypter ses nouveaux sentiments tandis que Yu Yuang tente d’oublier son amour à sens unique. D’ailleurs, l’autrice révèle un peu son passé, dévoilant la relation compliquée qu’il entretient avec ses parents. Ainsi, elle dénonce les différentes réactions négatives face à l’homosexualité ainsi que la pression constante pour imposer une « normalité ». Xia Wangwang, malgré son comportement problématique, et Dabai détendent l’atmosphère.

Djun a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques, se rapprochant du style SD. D’ailleurs, comme dans le tome précédent, elle ajoute Chu Huanwen, de la couverture, avec un adorable pyjama animal dans le sommaire. Les personnages ont des physionomies caractéristiques qui permettent de les reconnaître facilement. Les couleurs plutôt réalistes utilisent différents dégradés de tons pour les ombres. De même, les trames d’ambiance se font très discrètes. Les décors soignés situent principalement l’action. La mise en page est par ailleurs dynamique.

En résumé

Après une soirée trop arrosée, Yu Yang se réveille le lendemain dans sa chambre. Il réalise alors que ses souvenirs de la veille sont complètement flous et décide donc d’ignorer ce vague baiser avec Li Huan. Chu Huanwen lui apprend alors que l’étudiant en première année a pris soin de lui et qu’une bagarre a éclaté dans une des chambres du dortoir. Quand Yu croise la bande de Wang Ming en piteux état, il est surpris de les voir s’excuser. En retrouvant ensuite Li, il tente alors de se réconcilier…

En conclusion

Djun passe d’un sujet à un autre avec fluidité, sans se perdre, introduisant au fur et à mesure les nouveaux personnages. Elle maintient le lecteur en haleine avec des moments comiques imprévisibles et des révélations au compte-gouttes. En plus son magnifique graphisme, à la fois expressif et mignon, est un pur bonheur. Beaucoup d’émotions et de surprises dans ce tome!

Liés et connectés dans notre monde – Shinoda Soba

couverture de Liés et connectés ensemble au monde de Shinoda Soba, éditions Hana

SHINODA Soba しのだ楚芭
ISBN: 9782382762707
Hana, 2025
ISBN: 9784845859436 (JP)
Leed, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Que feriez-vous si un inconnu vous faisait don d’une somme conséquente? »

Shinoda Soba sensei narre une romance autour du thème des jeux vidéos. Ainsi, elle analyse les différents points de vue entre les créateurs, les joueurs mais également les non initiés. Elle s’intéresse aussi à la promotion des jeux avec par exemple l’exposition des programmeurs, les cafés à thème ainsi que le partage d’une passion via le streaming ou les réseaux sociaux. Utsumi semble afficher deux personnalités différentes entre son identité virtuelle et celle réelle. Sa passion reste présente malgré ses obligations chronophages. Sôta, quant à lui, s’ouvre petit à petit au contact du salaryman. Par ailleurs, l’autrice aborde la relation particulière qui se crée entre créateur de contenus et abonnés et les risques d’exposition sur les réseaux sociaux. Ainsi, elle montre les différences technologiques entre les générations, même sans grand écart d’âge. Elle maintient un certain suspense en dévoilant le passé des deux héros au fur et à mesure.

La mangaka a un trait épuré au contour plus épais. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont variées. Toutefois, des hachures marquent les ombres fortes. De même, les trames d’ambiances appuient les émotions. Les décors bien que soignés, situent principalement l’action. Ils s’estompent parfois autour des personnages. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, la mise en page très dynamique joue sur les plongées, contre-plongées, sorties de cadre et gros plans sur les détails. Dans les scènes érotiques, Shinoda sensei s’appuie sur les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes. En début de chapitre, elle dessine le quotidien des personnages dans des illustrations.

En résumé

Étudiant, Utsumi Yukihiro était streameur de son jeu préféré. Mais depuis qu’il travaille, il se contente de poster des photos de ses repas sur les réseaux sociaux. Un jour, alors qu’il déjeunait dans un restaurant, un inconnu l’aborde et lui pointe son manque de vigilance. En effet, il l’a facilement trouvé grâce à ses publications en ligne. Apprenant la sortie d’un nouvel opus de son jeu préféré, Utsumi se reconnecte en ligne et retrouve pourtant sa communauté qui le suit encore malgré ses dix ans d’absence. D’ailleurs, l’un de ses abonnés lui fait un don très généreux. Soupçonnant l’inconnu, il essaie alors de le rencontrer à nouveau pour le rembourser. Mais Sôta Watari refuse. Alors le salaryman lui propose de faire des activités ensemble.

En conclusion

Shinoda Soba sensei offre une comédie romantique douce et mignonne. Elle s’attarde plus sur l’univers des connexions à travers le jeu vidéo, rendant ainsi l’évolution de la romance un peu abrupte. Elle maîtrise toutefois l’équilibre de sa narration. Par ailleurs, son graphisme est rafraîchissant. Le sujet n’intéressera pas tout le monde. Pour ma part, j’ai passé un excellent moment de lecture. J’aurais toutefois aimé quelques chapitres en plus.

Long period 2 – Furuya Nagisa

couverture de Long period 2 de Furuya Nagisa, éditions Hana

FURUYA Nagisa 古谷渚
ISBN: 9782382765036
Hana, 2025
ISBN: 9784829686805 (JP)
France shoin, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Si je n’abats pas la barrière qu’a érigée Yûsei, on sera séparés pour toujours. »

Furuya Nagisa sensei révèle au fur à mesure le passé de ses personnages, dévoilant ainsi l’origine du malaise entre les deux frères Hayakawa. Elle montre comment un trop grand talent peut devenir un complexe, entre les jalousies, les remarques blessantes et les frustrations. Ainsi, elle met en avant la dépendance qui s’est construite entre Itsuki et Yûsei. Grâce à leur entourage, les deux amis prennent conscience de leur stagnation générale aussi bien sur leurs décisions d’avenir que sur leur sentiments. Ils comprennent la nécessité de se confronter aux problèmes. Ainsi, l’autrice met en avant la maladresse des deux lycéens pour mieux communiquer. Elle aborde l’acceptation de soi, du sentiment de culpabilité, de la peur de perdre une amitié.

La mangaka a un trait épuré qui se simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames en aplat, avec une palette restreinte. Ainsi, elle marque principalement les ombres fortes par des hachures. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Comme dans le tome précédent, Furuya sensei renforce l’aspect aéré de sa mise en page par des pages aux tons majoritairement clairs. Par ailleurs, dans les scènes érotiques, elle s’arrête aux préliminaires et s’attarde plutôt sur les sentiments. En fin de tome, elle offre une postface en images.

En résumé

Hayakawa Itsuki s’introduit dans le lit d’Arima Yûsei, en prétextant avoir froid. Alors que son ami proteste et le menace de lui sauter dessus, il répond favorablement à ses petites provocations. Soudain, Yûsei l’embrasse avant de fuir de peur de ne pas résister à ses pulsions. Mais depuis, les deux amis ne se parlent plus. Alors qu’Itsuki était poursuivi par Matsushita du club d’athlétisme, le professeur Doi lui vient en aide mais en profite pour lui confier une tâche à faire. En réalité, il essaie également de discuter un peu de son orientation…

En conclusion

Furuya Nagisa sensei développe d’autres thèmes en parallèle de la romance, mettant en avant les vicissitudes de l’adolescence. Elle analyse avec finesse les différentes réflexions et émotions des personnages. Son graphisme accompagne avec douceur ses propos. Comme d’habitude, la maîtrise de la narration et les personnages vibrant de réalisme permettent une parfaite immersion dans ce récit pourtant classique. J’aime lire les œuvres de cette mangaka car je sais que je rencontrerais une palette d’émotions agréables durant ma lecture. Coup de cœur confirmé!

Long period 1 – Furuya Nagisa

couverture de Long period 1 de Furuya Nagisa, éditions Hana

FURUYA Nagisa 古谷渚
ISBN: 9782382765029
Hana, 2025
ISBN: 9784829686799 (JP)
France shoin, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Les sentiments peuvent-ils s’effacer à force de clamer le contraire de ce qu’on ressent? »

Furuya Nagisa sensei narre une romance entre deux amis d’enfance qui cachent leurs sentiments pourtant réciproques. Elle montre comment une relation amicale devient de plus en plus bancale quand l’amour s’en mêle. Ainsi, elle s’attarde particulièrement sur les comportements ambigus, la fragilité des liens, le poids des silences. Malgré des caractères différents, les deux amis ont tendance à fuir et à attendre une action de l’autre. Tôji et Tsugumi soutiennent leurs amis tandis que Matsushima, du club d’athlétisme, apporte une touche comique. Shinohara Riho et Minami Yûka donnent un autre regard sur la relation entre les deux lycéens. L’autrice dépeint avec finesse les sentiments ambivalents et la peur de se confronter. Ainsi, elle aborde la question des choix d’avenir, la difficulté à trouver une passion quand on excelle en tout ou à reprendre une passion abandonnée. Avec Nayakawa Ichiya, elle installe un peu de suspense.

La mangaka a un trait épuré, de style shôjo, qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie. Toutefois, les trames d’ambiance parfois très graphiques appuient les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. Furuya sensei espace beaucoup les vignettes, créant une mise en page aérée.

En résumé

Amis d’enfance depuis la maternelle, Arima Yûsei en a assez de se faire traîner n’importe où par Nayakawa Itsuki. Ce dernier, aussi doué en sport qu’en études, vise pourtant la même université que lui alors qu’il peut prétendre à mieux. Comme ils passent leurs temps à se chamailler, leurs amis Tôji et Tsugumi se demandent alors s’ils s’apprécient vraiment ou se détestent. Mais en réalité, Yûsei pense ne plus pouvoir côtoyer son ami pour lequel il nourrit un amour à sens unique.

En conclusion

Furuya Nagisa sensei excelle comme à son habitude à dépeindre avec sensibilité les émotions de ses personnages, leur cheminement de pensée ainsi que leur évolution. Malgré un scénario au premier abord classique, elle traite des sujets différents, créant des personnalités réalistes avec ses défauts et ses qualités. Son graphisme dégage énormément de douceur mais reste néanmoins très expressif. Je trouve la relation entre Yûsei et Itsuki touchante. Un petit coup de cœur pour une valeur sûre.

La ville à ta couleur – Umeda Miso

couverture de La ville à ta couleurs d'Umeda Miso, éditions Hana

UMEDA Miso 梅田みそ
ISBN: 9782382765111
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784403667114 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

« Mes sentiments ne le regardent pas. »

Umeda Miso sensei propose une romance classique entre deux amis d’enfance dont l’un est secrètement amoureux de l’autre. Toutefois, elle aborde avec finesse la question de l’orientation sexuelle, de la communication et du doute qui persiste dans une relation avec un hétérosexuel. D’ailleurs, elle reprend ces thèmes dans la courte histoire « Tes sentiments en cage ». La narration alterne entre Chika et Miyamori, présentant leurs interrogations. Ne voulant pas briser son amitié, Yoshiyuki fait tout pour cacher ses sentiments tandis que Daiki prend un certain temps pour les comprendre. L’entourage des deux amis permet d’ajouter quelques tensions mais également de faire bouger le couple. Miyuki ajoute toutefois une note humoristique par ses réactions. L’autrice s’intéresse également aux choix d’avenir et à la difficulté à entretenir une relation à distance aussi bien amicale qu’amoureuse.

La mangaka a un trait fin et épuré légèrement anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. En plus de l’utilisation de trames aux tons plutôt clairs, elle dessine des décors soignés mais dans une palette de gris plus clairs que celle du premier plan, donnant ainsi une impression diffuse. De même, les trames d’ambiance très graphiques appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Umeda sensei met souvent en avant les paysages de la ville entre mer et montagne, ajoutant une note poétique au récit. Par ailleurs, dans les scènes érotiques, elle joue sur les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes.

En résumé

La ville à ta couleur / Retour à la maison: Quand il a emménagé il y a dix ans, Miyamori Yoshiyuki a immédiatement subi le harcèlement de Miura. Comme il résistait, il a vite sympathisé avec Chiba Daiki venu également à son aide. Ils sont ainsi devenus inséparables. Maintenant en dernière année de lycée, Yoshiyuki, secrètement amoureux de son ami, hésite encore pour son orientation, d’autant plus qu’il est bon élève. Héritier d’un fabriquant de tissus pour kimonos, Daiki, quant à lui, va apprendre la teinture à Yamagata. Il propose alors à son ami d’intégrer une université là-bas. Que va décider Miyamori?
Tes sentiments en cage: Sagisawa et Ozaki sortent ensemble depuis le lycée. Homosexuel, Ozaki complexe un peu sur ses traits féminins et s’interroge encore sur la sincérité des sentiments de son partenaire qui le compare souvent à une fille…

En conclusion

Umeda Miso sensei propose une tranche de vie des passages importants de l’évolution de la relation entre Daiki et Yoshiyuki. Elle va à l’essentiel mais détaille avec soin leurs différentes interrogations. Son graphisme assez classique reste agréable. Toutefois, je trouve que les quelques moments poétiques et nostalgiques s’intègrent avec maladresse. Le couple est touchant, même si parfois j’avais envie de claquer les deux amoureux. J’ai tout de même passé un agréable moment de lecture.

Happy shitty life 5 – Harada

couverture de Happy shitty life 5 de Harada, éditions Hana

Harada はらだ
ISBN: 9782382765012
Hana, 2025
ISBN: 9784801981706 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« A défaut de cerveau, les pénis ont-ils une conscience? »

Harada sensei offre une présentation rapide de tous les personnages secondaires à travers le regard critique et innocent de Hiyori. Elle développe un peu plus Yokoshima, révélant quelques secrets croustillants sur l’origine de sa rivalité avec Kasuya. Elle introduit deux nouveaux personnages, renouvelant ainsi les sujets abordés au fil du récit: le mangaka Kuriyama Kukuri et Yurikawa, l’amie d’enfance de Leo et Kuzuya. Les deux idiots continuent à se lancer des défis débiles, résistant mieux aux manipulations car se connaissant de mieux en mieux. Le pouvoir du Dieu, à double tranchant, crée la surprise en chamboulant à chaque fois les prévisions du lecteur. Ainsi, l’autrice aborde avec humour les problèmes de voisinage lorsque des ébats sont trop bruyants, la difficulté à consulter un spécialiste médical lors de la perte de libido, les quiproquos faciles qui naissent au travail. Elle joue sur les clichés des films policiers.

La mangaka a un trait légèrement épuré au style facilement reconnaissable. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle soigne l’expressivité des personnages. Par exemple, Hiyori a de grands yeux noirs sans pupille qui renforce ainsi son air candide. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. De même, les autres trames utilisent une palette variée, en aplat, avec quelques ombres fortes. Un fond noir indique les flash-back. Comme dans le tome précédent, la mise en page paraît classique mais Harada sensei maîtrise parfaitement l’agencement dynamique, insérant respirations et sorties de case. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques et dessine même des coupes intérieures.

En résumé

Hiyori Yui (20 ans) travaille à mi-temps dans le restaurant de Yajima Botan et Leo. Efficace, elle a néanmoins beaucoup de préjugés. En plus, elle a tendance à prendre le moindre compliment pour de la drague. Alors elle se méfie de son pervers collègue, Kuzuya Yoshiyuki, qui a essayé de s’introduire dans le vestiaire pendant qu’elle se changeait. Mais surtout, elle ne comprend pas comment ce grossier serveur puisse s’entendre et vivre avec le poli et agréable gentleman Kasuya Kyôtarô.

En conclusion

Ce tome se classe onzième meilleure série au Chill chill BL award 2024. Harada sensei arrive encore à nous surprendre avec des délires complètement loufoques tout en abordant des sujets d’actualités. Son graphisme très expressif et efficace devient plus sensuel durant les scènes érotiques, mettant en valeur la beauté des personnages. J’adore ces deux idiots qui ne pensent qu’à arriver à leurs fins, qui retournent leur veste immédiatement pour leur propre intérêt et qui se compliquent en fin de compte la vie en cherchant pourtant la simplicité. Des éclats de rire garantis!

La transformation de Natsume – Mamita

couverture de La transformation de Natsume de Mamita, éditions Hana

Mamita マミタ
ISBN: 9782382765074
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784403668135 (JP)
Shinshokan, 2022 (JP)
Titre original: なつめさんは開発かれたい
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Je vais faire en sorte que le sexe avec moi devienne inoubliable. »

Mamita sensei offre une comédie romantique très sexy, mettant en avant l’importance du partage et de la communication durant les ébats. Elle crée une relation consensuelle, d’abord charnelle, dans laquelle, ensuite, les sentiments se mêlent. Par ailleurs, elle révèle le passé des deux héros au fil des chapitres, créant quelques surprises. Sawaya Kô affiche deux visages bien différents entre simple employé de ménage le jour et séducteur la nuit. Pourtant, il se montre toujours bienveillant. Les réactions de Shima Natsume apporte une touche à la fois comique et mignonne, entre son plan de vengeance étonnant et son manque d’expérience. Ainsi, l’auteure aborde la nécessité de s’adapter au rythme de son partenaire pour avancer dans une relation amoureuse. Elle crée quelques tensions lorsque l’attirance mutuelle vient gêner la relation bien établie entre escort et client. Elle montre également l’impact des paroles blessantes malgré des sentiments partagés.

La mangaka a un trait épuré qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie parfois à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames d’ambiance alternent avec les décors tandis que les autres trames sont variées. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Mamita sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessin même des coupes intérieures. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre le quotidien des personnages.

En résumé

L’ingénieur Shima Natsume (35 ans) finit toujours par se faire plaquer par ses petits amis. Le dernier en date, Takeda, lui reproche d’ailleurs son manque de performance au lit. Natsume décide alors de se venger et fait appel à un escort boy dans le but de devenir le meilleur coup du Japon. Mais l’escort Kô s’avère être son homme de ménage, Sawaya. D’abord mal à l’aise, Shima finit tout de même par lui confier son objectif. Kô décide alors de lui montrer comment prendre du plaisir durant le sexe et commence par un long baiser langoureux.

En conclusion

Ce tome obtient la huitième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2023. Mamita sensei arrive à étoffer son scénario dans un registre pourtant purement érotique. Elle insuffle suffisamment d’humour et de tendresse pour rendre le récit attrayant. En plus, son graphisme sensuel est de toute beauté. Je craque complètement pour Kô qui rassure et explique tout à son partenaire, cherchant avant tout le plaisir de ce dernier avant le sien. Une pure douceur à lire! J’ai donc hâte de découvrir la suite.

The bitch cat 4 remue la queue pour un câlin! – Tennohji Mio

Couverture de The bitch cat 4 de Tennohji Mio, éditions Hana

TENNOHJI Mio 天王寺ミオ
ISBN: 9782382761922
Hana, 2025
ISBN: 9784796414241 (JP)
Kaiohsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Tu n’es pas capable de t’occuper de ton neveu si mignon? »

Tennohji Mio sensei présente un peu la famille de Fujishima, dévoilant de nouvelles facettes du technicien. A la suite du tome précédent, elle aborde la difficulté à gérer un adolescent un peu rebelle tout en travaillant, l’abstinence forcée, les dangers insoupçonnés de la ville. Par ailleurs, à travers Kazuki, elle dénonce les préjugés qui se développent à cause des articles orientés. Le collégien, malgré une certaine maturité, entre rapidement en conflit avec Kyôsuke qui a tendance à le surprotéger, influencé par son passé traumatisant. D’ailleurs, l’introduction de Shôgo permet de découvrir d’autres détails sur le passé du mannequin. L’autrice s’intéresse à la facile destruction d’une réputation, au jugement pesant du public. Elle montre également certaines techniques employées par les voyous pour soutirer de l’argent et installer un trafic de stupéfiant. Hiruma Shin apporte un peu d’action tout en montrant les techniques pour éviter les scandales.

La mangaka a un trait épuré très léché au style immédiatement reconnaissable. Elle exagère légèrement les expressions fortes. Elle utilise une palette très variées de trames marquant soigneusement les ombres et les couleurs. Par contre, les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors plutôt réalistes apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Tennohji sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle s’attarde principalement sur les sensations de ses personnages. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre leur quotidien.

En résumé

Malgré sa popularité grandissante, Kyo a donné rendez-vous à Fujishima Naoya (27 ans) en ville. Il taquine alors son petit ami qui achète son dernier recueil de photographies qu’il lui a pourtant déjà offert. Remarquant le regard envieux de Kyôsuke sur les couples qui s’affichent ouvertement dans la rue, le technicien lui propose alors d’annuler leur sortie et l’invite à manger à la maison. Pendant qu’il fait des courses, le mannequin se rend directement au domicile de son petit ami mais trouve une femme énervée avec son fils adolescent devant la porte…

En conclusion

Tennohji Mio sensei continue de développer un peu plus Fujishima, dont le caractère s’étoffe. Son analyse des milieux artistiques, aussi bien le côté merveilleux à « paillettes » que celui sombre avec les trafics et les manigances, invite à réfléchir sur le regard extérieur et la manipulation des médias. Ses scènes sexy sont également magnifiques. Dans ce tome, j’aime beaucoup Kazuki, le neveu de Fujishima, qui s’avère surtout maladroit dans l’expression de ses sentiments. C’est toujours un bonheur pour moi de retrouver le couple débordant d’amour de Kyôsuke et Naoya.

White liar – Serizawa Tomo

couverture de White liar de Serizawa Tomo, édité par Hana

SERIZAWA Tomo 芹澤知
ISBN: 9782382762493
Hana, 2025
ISBN: 9784824006028 (JP)
Overlap, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre; hard
Recommandation: beaucoup

« Tous les Taiga que je vois ont des visages bien différents de celui avec qui j’ai couché cette nuit-là. »

Serizawa Tomo sensei narre une romance entre un jeune acteur difficile à cerner et un coiffeur fuyant. Elle alterne la narration entre les deux héros. A travers Taiga, elle s’intéresse à la perte d’identité. En effet, l’acteur qui adapte facilement son comportement à ses interlocuteurs, risque de se perdre dans ses rôles. Kei, quant à lui, reste prisonnier de ses mauvaises expériences et fuit ses sentiments. Le passé des deux personnages principaux révélés au fur et à mesure maintient le suspense. Le coiffeur styliste Kasamatsu, l’acteur Ren et la mannequin Mizukawa Lilia jouent les confidents et apportent conseils au couple en formation. Ainsi, l’autrice aborde l’influence des rumeurs, le doute et la difficulté à exprimer ses sentiments. Elle s’amuse sur la compatibilité sexuelle des deux hommes pour analyser l’évolution de leurs sentiments. Par ailleurs, elle questionne sur le coming out au travail et l’acceptation de son partenaire tel qu’il est.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui se simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle soigne les décors qui apparaissent sur les plans larges. Ainsi, elle les estompe légèrement autour des personnages pour les mettre en relief. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance, même graphiques, se font plutôt discrètes. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique met en avant le charme des personnages. Serizawa sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Le coiffeur styliste Shiraishi Kei (28 ans), bisexuel, préfère les coups d’un soir, ayant du mal à accorder sa confiance après plusieurs échecs amoureux. Un soir, il doit s’occuper du jeune acteur prometteur Jinnouchi Taiga (22 ans) qui a tendance à trop entrer dans ses rôles. D’ailleurs, alors qu’il se montre d’abord taciturne, il change complètement de caractère suite à sa nouvelle coupe. Il invite alors Kei au restaurant, n’hésitant pas à draguer le coiffeur. Ce dernier, décomplexé par l’alcool, finit par se confier au jeune acteur. Et les deux hommes finissent donc au lit…

En conclusion

Ce one-shot se classe quinzième meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2024. Serizawa Tomo sensei part d’une romance simple pour proposer un scénario rondement mené avec des personnages touchants. En plus, son graphisme magnifique est un régal pour les yeux, entre le charme ravageur de Taiga et les adorables bouilles de Kei. Une belle lecture!

House backer – Natsume Isaku

Couverture de House backer de Natsume Isaku, édité par Hana

NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782382765128
Hana, 2025
ISBN: 9784403667374 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« C’est mon travail de m’occuper de toi. »

Natsume Isaku sensei propose un recueil d’histoires courtes publiées chez différents éditeurs. Malgré le format, elle maîtrise parfaitement le développement des scénarios, allant à l’essentiel et diffusant les informations complémentaires via la narration à travers quelques remarques. Elle crée des relations plutôt consensuelles, malgré la présence de quelques baisers volés. L’histoire principale qui donne son titre au manga, représente la moitié du tome. L’humour se base principalement sur l’imagination débordante de l’écrivain ainsi que ses réactions immatures. Le couple apprend à mieux communiquer entre deux chamailleries. La deuxième, la troisième et la cinquième histoire abordent l’amour secret réciproque et la difficulté à transmettre ses sentiments. Dans « Une douce odeur », l’autrice s’intéresse également aux stéréotypes genrés et au jugement extérieur. Par ailleurs, elle offre un court récit sur son chien en bonus.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. Elle a un style graphique assez constant bien que certaines histoires datent. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques, appuient les émotions. Le fond noir indique aussi bien les flash-back que les cauchemars. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Natsume sensei joue sur les cadrages pour cacher l’essentiel. D’ailleurs, elle ne détaille pas trop les parties intimes sans pour autant les censurer.

En résumé

House backer / Après le travail: Le romancier Azumi (27 ans) fait souvent appel à une femme de ménage pour gérer ses tâches ménagères. Mais à cause de son comportement capricieux qui les fait toutes fuir, l’agence lui a envoyé le jeune Wakui (21 ans). Toutefois, le très doué homme de ménage oblige le négligent écrivain à manger équilibré, n’hésitant pas à le traiter comme un enfant.
La jeunesse et l’amour: Depuis le collège, Sano Wataru admire le génie de la course, Shimizu Kenta. Ils sont ainsi devenus amis en fréquentant le même club d’athlétisme et sont actuellement colocataires à l’université. Toutefois, depuis que Wataru a abandonné le club, un malaise s’est installé entre eux.
L’amour en fuite: Le solitaire Oikawa Mitsuya reçoit toujours du réconfort auprès de Yamana qui sait l’encourager à chaque fois qu’il stresse. Malgré des caractères opposés, ils ont vite sympathisé, devenant même voisins à l’université. Toutefois Micchi trouve vraiment Yamana trop tactile!
Une douce odeur / La Saint-Valentin du pâtissier: Depuis son enfance, Ishikawa aime la pâtisserie et il en a même fait son métier. Durant son apprentissage, il a aidé Hashimoto qui bavait devant la vitrine, affamé. Depuis, ce dernier a également intégré la pâtisserie et ne le lâche plus. Serait-il amoureux?
Avec toi, à jamais: Un étudiant universitaire trouve chez lui son ami lycéen qui déborde d’amour pour lui mais ne le lui dit jamais directement.

En conclusion

Natsume Isaku sensei maîtrise vraiment n’importe quel format. Avec son graphisme expressif, il est facile de comprendre les émotions des personnages. Et le découpage des planches montre l’essentiel. J’adore les bouilles des personnages dans les passages humoristiques, avec leur air un peu niais mais si mignon! Bien que j’ai apprécié tous ces récits, j’ai une préférence pour « House backer » et « Une douce odeur » qui semblent plus abouties. Une lecture divertissante et une valeur sûre.