Amoureux impudents 3 – Nakata Akira

couverture de Amoureux impudents 3 de Nakata Akira, éditions Hana

Nakata Akira 中田アキラ
ISBN: 9782382762400
Hana, 2024
ISBN: 9784832291560 (JP)
Houbunsha, 2021 (JP)
Titre original: 恋する鉄面皮 3
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« L’histoire entre Natsume et Kitagawa résistera-t-elle à ce petit tour du destin? »

Nakata Akira sensei introduit un fauteur de trouble, Kajiwara, permettant ainsi d’aborder les petits défauts qui fragilisent la confiance du couple de Kitagawa Ryôno et Natsume Ryô. Ainsi, elle aborde la gestion de la jalousie, le doute, les efforts pour changer et avancer ensemble. En effet, Natsume se montre surprotecteur envers Kitagawa qui a pourtant envie de devenir un soutien pour son bien-aimé. Bien que Tomita Megumu et Saïtô Atsushi soutiennent leurs amis, ils les conseillent également en pointant avec habileté leurs problèmes de communication. Par ailleurs, l’autrice montre la mauvaise influence d’une trop grande fierté, la nécessité de faire des mises au point dans un couple. Elle met en avant les prises d’initiatives, la construction de la confiance ainsi que la peur de répéter les erreurs passées.

La mangaka a un trait légèrement épuré et fin. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est très dynamique. Comparé au tome précédent, Nakata sensei ne montre pas les parties intimes dans les scènes érotiques. Elle fait poser le couple dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Kitagawa Ryôno et Natsume Ryô sortent ensemble depuis 6 mois mais le cachent au bureau. Seul Tomita Megumu et son petit ami Saïtô Atsushi (38 ans) partagent ce secret. Durant une pause au travail, Tomita annonce à ses deux collègues que les groupes du voyage d’entreprise prévu prochainement se font malheureusement par service. Déception supplémentaire en arrivant à l’hôtel, Natsume et Kitagawa, pourtant motivés, découvrent qu’ils ne sont pas dans le même bâtiment. Et alors qu’ils sortaient des sources chaudes, ils croisent Kajiwara, l’ex de Natsume…

En conclusion

Nakata Akira sensei continue de développer les divers thèmes autour des relations au bureau ainsi que la construction d’un couple. Elle partage différents points de vue renouvelant sans cesse la dynamique du récit. En plus, son graphisme est agréable. Belle surprise avec Kajiwara que j’ai pourtant longtemps détesté au fil de ma lecture! Si vous aimez les romances de bureau, foncez!

Amoureux impudents 2 – Nakata Akira

couverture de Amoureux impudents 2 de Nakata Akira, éditions Hana

NAKATA Akira 中田アキラ
ISBN: 9782382762394
Hana, 2024
ISBN: 9784832290709 (JP)
Houbunsha, 2018 (JP)
Titre original: 恋する鉄面皮 2
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Et si vous tentiez de comprendre ce que vit Natsume avec moi? »

Nakata Akira sensei propose de découvrir l’histoire de Tomita, hétérosexuel à la base, et Saïtô, bisexuel. Elle montre l’évolution d’une relation purement charnelle en relation amoureuse. Ainsi, elle construit une relation consensuelle, dans la discussion et l’initiation. Le salaryman s’interroge constamment sur son ressenti, analyse ses sentiments et se compare à Natsume et Kitagawa. D’ailleurs, le couple du tome précédent apporte conseils et soutien. Le barman, quant à lui, adapte son comportement à son partenaire. Comme les deux hommes ont tendance à ne pas parler d’eux, ils font des efforts pour mieux se comprendre. Par ailleurs, l’autrice aborde la question de la présentation du nouveau partenaire après un divorce. Elle interroge sur l’avenir d’une relation homosexuelle ainsi que la nécessité à se montrer tel que l’on est pour ne pas provoquer le doute.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle dessine des corps finement musclés. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les autres trames, équilibrées, utilisent principalement des tons à dominante claire. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Nakata sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou joue sur les angles de vue. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre l’évolution du couple.

En résumé

Tomita Megumu n’arrive pas à comprendre la relation qu’entretiennent Natsume Ryô et Kitagawa Ryôno. Ces derniers se comportent comme un couple et pourtant disent ne pas sortir ensemble. Tomita finit par se confier au barman Saïtô Atsushi qui lui fait réaliser qu’il se sent en fait seul. Ce dernier lui propose alors d’essayer de coucher avec lui…

En conclusion

Ce tome ne se classe pas au Chill chill BL award 2019 mais les lecteurs le citent parmi les meilleurs séries accessibles. Nakata Akira sensei jongle facilement entre les deux couples de son récit, abordant des thèmes d’actualités. Elle dépeint avec finesse les émotions contradictoires de Tomita, le rendant attachant. J’adhère complètement à ce nouveau couple que je trouve plus crédible que le premier. Une lecture entraînante!

Amoureux impudents 1 – Nakata Akira

couverture de Amoureux impudents 1 d'Akira Nakata, éditions Hana

NAKATA Akira 中田アキラ
ISBN: 9782382762387
Hana, 2024
ISBN: 9784832290235 (JP)
Houbunsha, 2017 (JP)
Titre original: 恋する鉄面皮 1
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Une histoire d’amour improbable entre un homme timide et innocent résolument hétéro et un homme gay acharné du travail. »

Nakata Akira sensei propose une romance adulte entre collègues. Ainsi, elle aborde les problématiques des relations au travail, comme la difficulté à faire son coming out, à réaliser ses sentiments, à communiquer sans quiproquos. La narration alterne entre les deux héros. Suite à une mauvaise expérience, Natsume, homosexuel, préfère fuir ses sentiments. Kitagawa quant à lui s’interroge sur son attirance. Il apprend à gérer de mieux en mieux sa timidité. Tous deux cachent leurs véritables caractères derrière des sourires ou de la bienveillance. Leur collègue Tomita soutient le couple par ses conseils. L’autrice joue sur le rapprochement et les maladresses du couple pour relancer sans cesse le suspense. Elle surprend avec des réactions inattendues, contraires à l’apparence des protagonistes. Par exemple, Ryôno se montre souvent naïf malgré sa prestance tandis que Ryô peut devenir très entreprenant, oubliant son côté fuyant.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des visages ovales, avec des hachures envahissantes pour les rougissements. De même, elle met souvent en avant la prestance des costumes avec des corps finement musclés. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors s’estompent autour des personnages. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Nakata sensei censure les parties intimes avec de fines languettes. Elle fait poser le couple dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Kitagawa Ryôno (26 ans) est actuellement l’un des meilleurs employés du service commercial. Mais il a un grand secret: terriblement timide, il se cache donc aux toilettes dès qu’il rougit trop et tousse. D’ailleurs, il a du mal avec Natsume Ryô, du service développement, qui se montre souvent trop direct et lui lance parfois quelques piques. Pourtant, ce dernier devient très prévenant avec lui quand il fait des malaises. Serait-il en fin de compte plus gentil qu’il ne croit?

En conclusion

Nakata Akira sensei maîtrise assez bien son scénario, alternant entre tension, romance et humour. Elle offre un récit plutôt réaliste, jouant sur les contrastes et les quiproquos. Bien que son graphisme ne se démarque pas, il reste plaisant, mettant en avant la plastique des personnages sans pour autant tomber dans le fan service. Un récit simple mais efficace! Petit coup de cœur pour ma part.

Day off 1 – Dailygreens

couverture de Day off 1 de Dailygreens, éditions Komogi

Dailygreens
ISBN: 9782494300088
Komogi, 2024
Rusuban studio, 2021 (TW)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Mon subordonné est trop mignon, c’est un vrai problème! »

Dailygreens découpe ses chapitres en courts épisodes, offrant un instantané d’une tranche de vie sur un thème donné. Elle met surtout en avant le quotidien du mignon et sérieux subordonné avec son gentil et autoritaire supérieur. Ainsi, la narration alterne entre les deux salarymen. Leurs échanges souvent charmants et bienveillants, installent petit à petit un jeu de séduction. Au fil du récit, l’introduction de leurs collègues et de leur famille permet d’aborder des sujets plus délicats tels que l’homophobie, le poids des rumeurs, la pression sociale mais également l’acceptation et le soutien. Hua Xiaofei et Shi Dongyun essaient de ne pas afficher ouvertement leurs sentiments mais se laissent facilement emporter, créant des moments comiques et quelques tensions. Toutefois, l’autrice dévoile par brides leur passé qui semble un peu plus dramatique. D’ailleurs, elle ajoute du suspense avec l’ambivalent Shi Chunlei, le frère de Dongyun.

Dailygreens a un trait épuré qui s’arrondit et même se déforme dans les passages humoristiques. Ainsi, elle n’hésite pas à dessiner des têtes presque carrées, proche des SD. Par ailleurs, elle joue sur le contraste de couleurs franches avec des tons plus pastel. D’ailleurs, les couleurs sont en aplat. Les trames d’ambiance par contre sont graphiques ou colorées. Les décors détaillés, reprenant souvent des photographies pour les paysages extérieurs, s’estompent parfois pour mettre en valeur le premier plan. La mise en page dynamique conserve quelquefois le défilement vertical du webtoon mais réussit à maintenir l’effet de surprise sur la conclusion. Les scènes érotiques s’arrêtent pour l’instant aux préliminaires. En fin d’épisode, une illustration ou un personnage en SD apportent une anecdote. De même, les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien du couple.

En résumé

Constatant que son supérieur Shi Dongyun (29 ans) est fatigué en ce moment, le subordonné Hua Xiaofei (25 ans) lui prépare une petite surprise…

En conclusion

Dailygreens arrive en quelques cases à faire passer les émotions de ses personnages. A travers le simple quotidien de ses deux héros, elle aborde les différentes difficultés rencontrées par les homosexuels. Son graphisme expressif et simple est rafraîchissant et efficace. J’ai découvert la série via la plate-forme Piccoma. Quel plaisir de relire ce titre, qui procure du pur bonheur, en version papier!

I cannot reach you 4 – Mika

Couverture de I cannot reach you 4 de Mika, éditions Kana

Mika みか
ISBN: 982505123439
Kana, 2024
ISBN: 9784046802804 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« J’ai tellement envie de le toucher, là, tout de suite, que j’ai du mal à me retenir. »

Mika sensei s’attaque au classique schéma narratif de l’amnésie très courant dans les romances shôjo et BL. Comme dans le tome précédent, elle analyse les réactions et les sentiments de ses personnages, pointant ainsi la différence d’interprétation des gestes perçus précédemment comme simplement amicaux. Elle interroge également sur l’acceptation des sentiments de l’autre. En effet, un malaise s’installe entre Kakeru qui surréagit et Yamato qui semble impassible. Leur difficulté à communiquer franchement et leur hésitation provoquent encore plus de quiproquos pour le bonheur des lecteurs. Ainsi, la narration alterne entre les deux lycéens. Oohara Mikoto, Fujino et Hosoka Yui apportent soutien et conseil. L’autrice aborde la question du consentement, la difficulté à déterminer exactement de nouvelles émotions, la facilité à se méfier et fuir. Dans sa note en début de tome, elle annonce l’adaptation de sa série en roman et drama CD. Elle détend l’atmosphère dans les chapitres bonus.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle fait parler le chat des Oohara qui apporte ainsi des commentaires amusants. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance participent à la narration, survenant même en fond des phylactères. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, la mise en page est très dynamique. En fin de chapitre, Mika sensei propose des anecdotes amusantes au format yonkoma. Elle fait poser les personnages sans aucun décors dans les illustrations en début de chapitre. La couverture se classe neuvième au Chill chill BL award 2022.

En résumé

Durant le voyage scolaire, Oohara Yamato a fait sa déclaration puis a embrassé Ashiya Kakeru. Mais à cause de la fièvre, il s’est soudainement effondré. Depuis, Kakeru se torture l’esprit et a peur de regarder son ami en face. Ses amis Kurosawa et Fujino, inquiets de l’absence de Yamato depuis leur retour au lycée, incitent Kakeru à lui rendre visite. Ce dernier découvre alors que son ami a tout oublié de ce qu’il s’est passé entre eux.

En conclusion

Mika sensei décortique une relation amoureuse en proposant à chaque tome de développer en détail une émotion. Après le tourment, l’indécision, l’agitation, elle s’attarde sur l’hésitation mais présente toujours différentes réactions selon le caractère des individus. En plus, l’humour pointe discrètement certains schémas narratifs problématiques sur le consentement devenus classiques dans les romances et met en avant des comportements plus bienveillants. Son graphisme en apparence tout doux participe totalement à la narration, transmettant avec finesse les émotions. C’est un pur bonheur à lire!

Tu es trop mignon alors c’est ta faute – Nen Nenko

couverture de Tu es trop mignon alors c'est ta faute de Nen Nenko, édition Hana

NEN Nenko 稔ねんこ
ISBN: 9782382767535
Hana, 2024
ISBN: 9784865548815 (JP)
Overlap, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Un lycéen doux et taquin, parfois aussi cruel qu’amoureux. »

Nen Nenko sensei narre un amour secret entre deux cousins, cumulant les quiproquos à cause de leur difficulté à transmettre leurs sentiments. Elle joue sur les limites des comportements problématiques mais construit pourtant une relation consensuelle. La narration débute par le point de vue de Yukito puis se poursuit avec celui de Taiki. Basé sur le principe toutefois plus doux de « qui aime bien châtie bien », le populaire lycéen passe son temps à taquiner son cousin qui le fuit constamment. Le passé entre les trois cousins se révèle au fur et à mesure. Alors que Yuki s’inquiète du regard des autres dont sa sœur, son cousin assume son homosexualité. Ainsi, l’autrice aborde l’influence des rumeurs et le manque de communication. Avec Natsuna, elle interroge indirectement sur l’éthique dans une relation professeur et élève. De même, elle introduit Ako pour apporter quelques tensions supplémentaires.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo avec de grands yeux expressifs et des hachures pour les rougissements. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges mais s’estompent légèrement autour des personnages. La mise en page est dynamique. Nen Nenko sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Le populaire Higuchi Taiki et la solaire Sakuma Natsuna, membres du comité du festival culturel, sont très proches, étant cousins. Mais au lycée, la rumeur qu’ils sortent ensemble circule. Tous leurs camarades essaient donc de savoir la vérité auprès de Yukito, le jumeau de Natsuna. Ce dernier, bien que ressemblant à sa sœur physiquement, est plutôt taciturne et renfermé. Mais il cache son attirance pour son cousin Taiki. Alors qu’il essayait le costume de serveuse de sa sœur pour le festival, il se couche dans son lit et fait semblant de dormir en entendant son cousin rentrer. Toutefois, Taiki commence à le caresser…

En conclusion

Nen Nenko sensei aborde un sujet intéressant mais reste souvent trop légère sur certaines problématiques. Ainsi, elle s’éparpille un peu et enchaine parfois les évènements abruptement. Même si la relation de Natsuna n’est pas mise en image, elle pourra choquer la sensibilité de certains lecteurs. Le graphisme mignon ne se démarque pas mais reste agréable. Cette romance légère ravira ceux qui n’ont pas envie de se prendre la tête. J’ai pour ma part passé un bon moment de lecture.

About a love song – Natsuno Hiroko

about a love song natsuno hiroko

NATSUNO Hiroko
ISBN: 9782375064276
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784910526300 (JP)
Shucream, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Toute cette fraîcheur condensée en un seul être humain. »

Natsuno Hiroko sensei narre une romance douloureuse à cause de la différence d’âge, malgré une attirance réciproque. Elle alterne la narration entre Hoshina et Seto, analysant en détail leurs réflexions. Ainsi, elle aborde les problématiques d’une relation amoureuse avec un mineur, même consentie, interrogeant constamment sur les limites. En effet, après s’être montré plutôt bienveillant envers l’adolescent, le chanteur fuit ses responsabilités sans explication claire. Son comportement ambigu perturbe les sentiments purs de Seto qui semble encore manquer de maturité. Les membres du groupe And more apportent une note humoristique avec le bassiste Kei qui joue les moralisateurs et le batteur Yutako qui lance constamment des piques. Le passé compliqué de Hoshina se révèle au gré des conversations. A travers Seto, l’autrice s’intéresse par ailleurs aux choix d’avenir, aux relations plus complexes avec les parents durant l’adolescence, à la question du coming out ou non à la famille.

La mangaka a un trait fin et épuré rappelant le style shôjo avec de grands yeux expressifs et des hachures envahissantes représentant les rougissements. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. Elle utilise avec parcimonie des trames majoritairement de tons clairs. Par contre, les trames d’ambiance, plutôt graphiques, appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. Par ailleurs, la mise en page assez classique propose quelques agencements plus dynamiques mais néanmoins aérés. Ainsi, Natsuno sensei joue sur les vides pour mettre en avant la plastique des personnages. Elle arrête les scènes érotiques aux préliminaires, privilégiant les sentiments aux détails des gestes.

En résumé

Hoshina Mizuki (28 ans), chanteur et guitariste au sein du groupe And more qui peine à percer, préfère aller travailler à la supérette à la fin des concerts au lieu de suivre les autres membres de son groupe dans les bars. En effet, il en pince pour son jeune collègue étudiant Seto Yôsei, appréciant sa candeur. Les membres du groupe, en particulier Yutaka et Kei s’inquiètent pour lui ainsi que pour la réputation du groupe car il a tendance à ne pas contrôler ses pulsions. Mais un jour de pluie, Hoshina croise Seto, trempé, qui n’a pas envie de rentrer à son domicile. Il l’invite donc chez lui et ils finissent même par passer une nuit ensemble. Mais au matin, Seto lui annonce n’être qu’au lycée.

En conclusion

Ce one-shot se classe troisième meilleur manga au Chill chill BL award 2024 et quatrième meilleur manga émouvant. Natsuno Hiroko sensei traite avec finesse la question de la différence d’âge et des responsabilités dans une relation. Elle crée une relation consensuelle et dépeint parfaitement les émotions de ses personnages. De même, son magnifique graphisme dégage beaucoup de sensualité, même lors des simples gestes du quotidien. Un coup de cœur!

My beloved strange man – Amco

couverture de My beloved strange man d'Amco, éditions Taifu

amco
ISBN: 9782375065006
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784778120801 (JP)
Shinkosha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« On s’entend déjà mieux que la plupart des couples existants! »

amco sensei narre une romance entre deux amis aux caractères opposés. Elle alterne la narration entre les deux héros, présentant par ailleurs le point de vue de chacun sur certains évènements. Ainsi, elle aborde la différence entre amitié et amour et la communication au sein d’un couple en devenir. Comme Gô projette ses idéaux sur Yutaka, populaire, beau et gentil, il n’arrive pas à gérer sa déception en découvrant la personnalité plutôt taciturne et maladroite de son ami. Ses amis Takumi et Kobayashi Akira le guident et le conseillent sans le ménager sur son comportement puéril. Ainsi, l’autrice s’intéresse au jugement sur l’apparence et à l’acceptation des imperfections. Elle questionne également sur la première fois, créant une relation consensuelle. La courte histoire en fin de tome « Parabola » reprend majoritairement les mêmes thèmes avec la vision de lycéens.

La mangaka a un trait épuré anguleux et découpé. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. En plus de son style graphique bien marqué, elle utilise des trames plutôt graphiques, créant des effets d’ombre et lumière particulier, même dans les ombres. De même, les trames d’ambiance accompagnent la narration. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors sont très présents. La mise en page est également très dynamique. Dans les scènes érotiques, amco sensei ne montrent pas les parties intimes, jouant sur les cadrages et les angles de vue. D’ailleurs, elle estompe leurs contours qui se fondent alors dans les trames. Sous la jaquette, elle présente plus en détail les personnage et offre quelques anecdotes en yonkoma.

En résumé

My dear strange man: Yamaoka Gô déclare enfin ses sentiments à son ami Nemoto Yutaka. Mais ce dernier reste complètement de marbre. Sur les conseils de son ami Hayakawa Takumi, Gô persévère alors pour lui transmettre au mieux ses sentiments. Et un soir, alors qu’il dormait chez Yutaka, ce dernier le prend enfin dans ses bras…
Parabola: Ayant suivi son père photographe à la campagne, Takahashi intègre son nouveau lycée et tombe sous le charme de Segawa, un camarade de classe solitaire et lunatique.

En conclusion

amco sensei a un graphisme rafraîchissant bien marqué et très expressif. Elle décortique avec délicatesse les émotions et les réflexions de ses personnages, mettant en avant leurs qualités et leurs défauts. La naïveté de Gô est à la fois déstabilisante et mignonne et les remarques parfois un peu rudes de Takumi et Akira apportent beaucoup de vivacité dans le récit. J’ai passé un moment de lecture sympathique. Du classique simplement efficace!

Senpai, this can’t be love! – Harekawa Shinta

Couverture de Senpai, this can't be love! de Harekawa Shinta, éditions Taifu

HAREKAWA Shinta 晴川シンタ
ISBN: 9782375064887
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784040658469 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Qu’est-ce que je ressens, au juste? »

Harekawa Shinta sensei nous plonge dans l’univers d’un studio 3D, n’hésitant pas à intégrer des fiches explicatives dans le récit. Elle aborde donc les difficultés des différents métiers, les interactions entre les chaînes de production, la pression entre les délais et les exigences du client. Ainsi, à travers Yanase, elle montre comment une passion peut se transformer en douleur, avec la perte d’estime de soi, les frustrations, le manque de motivation. Les personnages secondaires ajoutent une note d’humour par leurs réactions ou leurs remarques piquantes. La narration se base principalement sur le point de vue du designer 3D. Comme le tuteur et la nouvelle recrue ont du mal à communiquer, leur relation avance par à-coups, créant plus de tension que de romance. Par ailleurs, Kaneda analyse ses sentiments. Toutefois, l’autrice ne les partage pas explicitement. Elle interroge également sur la distinction entre admiration et amour.

La mangaka a un trait épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle travaille les expressions, n’hésitant pas à les exagérer. Ainsi, Kaneda change d’émotions en quelques secondes, de bourru à timide. Des hachures marquent les ombres fortes et les rougissements envahissants. Les trames sont équilibrées. Toutefois, les extraits de film 3D, plus surchargés, apparaissent comme peints, rendant les textures. De même, les trames d’ambiance graphiques appuient les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Par ailleurs, Harekawa sensei ne censure pas vraiment les scènes érotiques, mais les parties intimes, avec un fin contour blanc, se fondent dans les trames. En début de chapitre, elle dessine les personnages en SD.

En résumé

Le designer 3D Yanase Jun, nommé tuteur de Kaneda (25 ans), rencontre des difficultés. En effet, bien que le jeune employé soit doué, il se montre froid et distant et le rabroue dès qu’il le touche. Alors que le studio va travailler sur un nouveau projet, l’étoile montante du monde de la 3D se demande si le nouveau sera capable de travailler en équipe. Mais en réalité, Kaneda est un grand fan de Yanase…

En conclusion

Harekawa Shinta sensei permet de découvrir l’univers d’un studio 3D au détriment de la romance qui semble se dérouler un peu abruptement. Toutefois, elle présente l’essentiel et laisse libre cours à l’imagination des lecteurs. En plus, son graphisme expressif permet de deviner les émotions des personnages et rend la lecture agréable. Si vous vous sentez frustrés par le manque de romance, il y a deux autres tomes. La série a été adaptée en drama, disponible sur Gagaoolala. J’ai beaucoup apprécié cette histoire. Je craque d’ailleurs pour les bouilles de Yanase et Kaneda.

Laisse-moi te détester 4 – Hijiki

couverture de Laisse-moi te détester 4 de Hijiki, éditions Taifu

Hijiki ひじき
ISBN: 9782375064122
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784799758625 (JP)
Libre, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Se pourrait-il qu’elles arrivent prématurément? »

Hijiki sensei introduit un lycéen alpha qui pourrait se poser en tant que rival de Hazuki. Elle interroge sur l’attirance pour une personne déjà liée. Ainsi, elle montre l’évolution plutôt positive d’Iori qui prend d’abord conscience des différences entre sentiments et influence des phéromones, puis des responsabilité, de l’impuissance et du contrôle difficile d’un alpha. Son amie d’enfance Rin et Naoto le recadrent, apportant une note d’humour. De même, les réactions de Tsuchiya Minato et Shizuku détendent l’atmosphère avec une touche mignonne. Par ailleurs, l’autrice aborde la question de l’absence temporaire d’un partenaire, entre gestion des enfants et du manque, surtout pour une âme sœur. Elle donne également une autre vision de la relation à distance avec Asanaga qui frise le harcèlement. A travers Jun et Yanagi, elle présente l’importance des confidents. L’histoire bonus offre quelques moments plus intimes du couple.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle l’arrondit dans les passages humoristiques, reprenant le style SD. Elle utilise les trames avec parcimonie, marquant surtout les ombres et quelques couleurs en aplat. De même, les trames d’ambiance, graphiques, appuient les émotions. Les décors situent principalement l’action. Comme dans le tome précédent, une trame grise recouvre les vignettes des flash-back. Par ailleurs, la mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Hijiki sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Elle ajoute même des languettes sur les coupes intérieures. En début de tome, elle donne les bases de l’univers omegaverse. Sous la jaquette, se trouve sa postface.

En résumé

Au lycée, Tsuchiya Naoto (oméga) surprend une lycéenne faire une déclaration d’amour à l’alpha Iori, en seconde. A sa surprise, le lycéen fréquente une fille différente chaque jour. L’ayant remarqué, Iori se méprend alors sur le concierge, le prenant également pour un de ses prétendants. Heureusement, son amie d’enfance Rin intervient pour le recadrer. Le soir, de retour à la maison, Tsuchiya Hazuki (alpha) annonce à Naoto qu’il doit partir deux semaines en voyage d’affaires à la demande de sa mère Mizuki. Mais il s’inquiète car l’oméga aura bientôt ses chaleurs…

En conclusion

Ce tome obtient la septième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2023. Hijiki sensei maîtrise le développement de son scénario, alternant les moments de tension, d’humour et mignons. Par ailleurs, elle s’attarde sur les émotions de ses personnages, laissant libre cours à l’imagination des lecteurs. Ainsi, l’histoire de Rin et Iori ajoute un peu de suspense tout en restant pourtant sur une conclusion ouverte. J’apprécie le traitement d’Iori, pour une fois qu’un rival se comporte « bien ». J’aime également beaucoup les réactions de Shizuku et Minato. C’est toujours un plaisir de retrouver cette petite famille recomposée ainsi que leurs amis.