Tu es trop mignon alors c’est ta faute – Nen Nenko

couverture de Tu es trop mignon alors c'est ta faute de Nen Nenko, édition Hana

NEN Nenko 稔ねんこ
ISBN: 9782382767535
Hana, 2024
ISBN: 9784865548815 (JP)
Overlap, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Un lycéen doux et taquin, parfois aussi cruel qu’amoureux. »

Nen Nenko sensei narre un amour secret entre deux cousins, cumulant les quiproquos à cause de leur difficulté à transmettre leurs sentiments. Elle joue sur les limites des comportements problématiques mais construit pourtant une relation consensuelle. La narration débute par le point de vue de Yukito puis se poursuit avec celui de Taiki. Basé sur le principe toutefois plus doux de « qui aime bien châtie bien », le populaire lycéen passe son temps à taquiner son cousin qui le fuit constamment. Le passé entre les trois cousins se révèle au fur et à mesure. Alors que Yuki s’inquiète du regard des autres dont sa sœur, son cousin assume son homosexualité. Ainsi, l’autrice aborde l’influence des rumeurs et le manque de communication. Avec Natsuna, elle interroge indirectement sur l’éthique dans une relation professeur et élève. De même, elle introduit Ako pour apporter quelques tensions supplémentaires.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo avec de grands yeux expressifs et des hachures pour les rougissements. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges mais s’estompent légèrement autour des personnages. La mise en page est dynamique. Nen Nenko sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Le populaire Higuchi Taiki et la solaire Sakuma Natsuna, membres du comité du festival culturel, sont très proches, étant cousins. Mais au lycée, la rumeur qu’ils sortent ensemble circule. Tous leurs camarades essaient donc de savoir la vérité auprès de Yukito, le jumeau de Natsuna. Ce dernier, bien que ressemblant à sa sœur physiquement, est plutôt taciturne et renfermé. Mais il cache son attirance pour son cousin Taiki. Alors qu’il essayait le costume de serveuse de sa sœur pour le festival, il se couche dans son lit et fait semblant de dormir en entendant son cousin rentrer. Toutefois, Taiki commence à le caresser…

En conclusion

Nen Nenko sensei aborde un sujet intéressant mais reste souvent trop légère sur certaines problématiques. Ainsi, elle s’éparpille un peu et enchaine parfois les évènements abruptement. Même si la relation de Natsuna n’est pas mise en image, elle pourra choquer la sensibilité de certains lecteurs. Le graphisme mignon ne se démarque pas mais reste agréable. Cette romance légère ravira ceux qui n’ont pas envie de se prendre la tête. J’ai pour ma part passé un bon moment de lecture.

About a love song – Natsuno Hiroko

about a love song natsuno hiroko

NATSUNO Hiroko
ISBN: 9782375064276
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784910526300 (JP)
Shucream, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Toute cette fraîcheur condensée en un seul être humain. »

Natsuno Hiroko sensei narre une romance douloureuse à cause de la différence d’âge, malgré une attirance réciproque. Elle alterne la narration entre Hoshina et Seto, analysant en détail leurs réflexions. Ainsi, elle aborde les problématiques d’une relation amoureuse avec un mineur, même consentie, interrogeant constamment sur les limites. En effet, après s’être montré plutôt bienveillant envers l’adolescent, le chanteur fuit ses responsabilités sans explication claire. Son comportement ambigu perturbe les sentiments purs de Seto qui semble encore manquer de maturité. Les membres du groupe And more apportent une note humoristique avec le bassiste Kei qui joue les moralisateurs et le batteur Yutako qui lance constamment des piques. Le passé compliqué de Hoshina se révèle au gré des conversations. A travers Seto, l’autrice s’intéresse par ailleurs aux choix d’avenir, aux relations plus complexes avec les parents durant l’adolescence, à la question du coming out ou non à la famille.

La mangaka a un trait fin et épuré rappelant le style shôjo avec de grands yeux expressifs et des hachures envahissantes représentant les rougissements. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. Elle utilise avec parcimonie des trames majoritairement de tons clairs. Par contre, les trames d’ambiance, plutôt graphiques, appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. Par ailleurs, la mise en page assez classique propose quelques agencements plus dynamiques mais néanmoins aérés. Ainsi, Natsuno sensei joue sur les vides pour mettre en avant la plastique des personnages. Elle arrête les scènes érotiques aux préliminaires, privilégiant les sentiments aux détails des gestes.

En résumé

Hoshina Mizuki (28 ans), chanteur et guitariste au sein du groupe And more qui peine à percer, préfère aller travailler à la supérette à la fin des concerts au lieu de suivre les autres membres de son groupe dans les bars. En effet, il en pince pour son jeune collègue étudiant Seto Yôsei, appréciant sa candeur. Les membres du groupe, en particulier Yutaka et Kei s’inquiètent pour lui ainsi que pour la réputation du groupe car il a tendance à ne pas contrôler ses pulsions. Mais un jour de pluie, Hoshina croise Seto, trempé, qui n’a pas envie de rentrer à son domicile. Il l’invite donc chez lui et ils finissent même par passer une nuit ensemble. Mais au matin, Seto lui annonce n’être qu’au lycée.

En conclusion

Ce one-shot se classe troisième meilleur manga au Chill chill BL award 2024 et quatrième meilleur manga émouvant. Natsuno Hiroko sensei traite avec finesse la question de la différence d’âge et des responsabilités dans une relation. Elle crée une relation consensuelle et dépeint parfaitement les émotions de ses personnages. De même, son magnifique graphisme dégage beaucoup de sensualité, même lors des simples gestes du quotidien. Un coup de cœur!

My beloved strange man – Amco

couverture de My beloved strange man d'Amco, éditions Taifu

amco
ISBN: 9782375065006
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784778120801 (JP)
Shinkosha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« On s’entend déjà mieux que la plupart des couples existants! »

amco sensei narre une romance entre deux amis aux caractères opposés. Elle alterne la narration entre les deux héros, présentant par ailleurs le point de vue de chacun sur certains évènements. Ainsi, elle aborde la différence entre amitié et amour et la communication au sein d’un couple en devenir. Comme Gô projette ses idéaux sur Yutaka, populaire, beau et gentil, il n’arrive pas à gérer sa déception en découvrant la personnalité plutôt taciturne et maladroite de son ami. Ses amis Takumi et Kobayashi Akira le guident et le conseillent sans le ménager sur son comportement puéril. Ainsi, l’autrice s’intéresse au jugement sur l’apparence et à l’acceptation des imperfections. Elle questionne également sur la première fois, créant une relation consensuelle. La courte histoire en fin de tome « Parabola » reprend majoritairement les mêmes thèmes avec la vision de lycéens.

La mangaka a un trait épuré anguleux et découpé. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. En plus de son style graphique bien marqué, elle utilise des trames plutôt graphiques, créant des effets d’ombre et lumière particulier, même dans les ombres. De même, les trames d’ambiance accompagnent la narration. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors sont très présents. La mise en page est également très dynamique. Dans les scènes érotiques, amco sensei ne montrent pas les parties intimes, jouant sur les cadrages et les angles de vue. D’ailleurs, elle estompe leurs contours qui se fondent alors dans les trames. Sous la jaquette, elle présente plus en détail les personnage et offre quelques anecdotes en yonkoma.

En résumé

My dear strange man: Yamaoka Gô déclare enfin ses sentiments à son ami Nemoto Yutaka. Mais ce dernier reste complètement de marbre. Sur les conseils de son ami Hayakawa Takumi, Gô persévère alors pour lui transmettre au mieux ses sentiments. Et un soir, alors qu’il dormait chez Yutaka, ce dernier le prend enfin dans ses bras…
Parabola: Ayant suivi son père photographe à la campagne, Takahashi intègre son nouveau lycée et tombe sous le charme de Segawa, un camarade de classe solitaire et lunatique.

En conclusion

amco sensei a un graphisme rafraîchissant bien marqué et très expressif. Elle décortique avec délicatesse les émotions et les réflexions de ses personnages, mettant en avant leurs qualités et leurs défauts. La naïveté de Gô est à la fois déstabilisante et mignonne et les remarques parfois un peu rudes de Takumi et Akira apportent beaucoup de vivacité dans le récit. J’ai passé un moment de lecture sympathique. Du classique simplement efficace!

Senpai, this can’t be love! – Harekawa Shinta

Couverture de Senpai, this can't be love! de Harekawa Shinta, éditions Taifu

HAREKAWA Shinta 晴川シンタ
ISBN: 9782375064887
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784040658469 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Qu’est-ce que je ressens, au juste? »

Harekawa Shinta sensei nous plonge dans l’univers d’un studio 3D, n’hésitant pas à intégrer des fiches explicatives dans le récit. Elle aborde donc les difficultés des différents métiers, les interactions entre les chaînes de production, la pression entre les délais et les exigences du client. Ainsi, à travers Yanase, elle montre comment une passion peut se transformer en douleur, avec la perte d’estime de soi, les frustrations, le manque de motivation. Les personnages secondaires ajoutent une note d’humour par leurs réactions ou leurs remarques piquantes. La narration se base principalement sur le point de vue du designer 3D. Comme le tuteur et la nouvelle recrue ont du mal à communiquer, leur relation avance par à-coups, créant plus de tension que de romance. Par ailleurs, Kaneda analyse ses sentiments. Toutefois, l’autrice ne les partage pas explicitement. Elle interroge également sur la distinction entre admiration et amour.

La mangaka a un trait épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle travaille les expressions, n’hésitant pas à les exagérer. Ainsi, Kaneda change d’émotions en quelques secondes, de bourru à timide. Des hachures marquent les ombres fortes et les rougissements envahissants. Les trames sont équilibrées. Toutefois, les extraits de film 3D, plus surchargés, apparaissent comme peints, rendant les textures. De même, les trames d’ambiance graphiques appuient les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Par ailleurs, Harekawa sensei ne censure pas vraiment les scènes érotiques, mais les parties intimes, avec un fin contour blanc, se fondent dans les trames. En début de chapitre, elle dessine les personnages en SD.

En résumé

Le designer 3D Yanase Jun, nommé tuteur de Kaneda (25 ans), rencontre des difficultés. En effet, bien que le jeune employé soit doué, il se montre froid et distant et le rabroue dès qu’il le touche. Alors que le studio va travailler sur un nouveau projet, l’étoile montante du monde de la 3D se demande si le nouveau sera capable de travailler en équipe. Mais en réalité, Kaneda est un grand fan de Yanase…

En conclusion

Harekawa Shinta sensei permet de découvrir l’univers d’un studio 3D au détriment de la romance qui semble se dérouler un peu abruptement. Toutefois, elle présente l’essentiel et laisse libre cours à l’imagination des lecteurs. En plus, son graphisme expressif permet de deviner les émotions des personnages et rend la lecture agréable. Si vous vous sentez frustrés par le manque de romance, il y a deux autres tomes. La série a été adaptée en drama, disponible sur Gagaoolala. J’ai beaucoup apprécié cette histoire. Je craque d’ailleurs pour les bouilles de Yanase et Kaneda.

Laisse-moi te détester 4 – Hijiki

couverture de Laisse-moi te détester 4 de Hijiki, éditions Taifu

Hijiki ひじき
ISBN: 9782375064122
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784799758625 (JP)
Libre, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Se pourrait-il qu’elles arrivent prématurément? »

Hijiki sensei introduit un lycéen alpha qui pourrait se poser en tant que rival de Hazuki. Elle interroge sur l’attirance pour une personne déjà liée. Ainsi, elle montre l’évolution plutôt positive d’Iori qui prend d’abord conscience des différences entre sentiments et influence des phéromones, puis des responsabilité, de l’impuissance et du contrôle difficile d’un alpha. Son amie d’enfance Rin et Naoto le recadrent, apportant une note d’humour. De même, les réactions de Tsuchiya Minato et Shizuku détendent l’atmosphère avec une touche mignonne. Par ailleurs, l’autrice aborde la question de l’absence temporaire d’un partenaire, entre gestion des enfants et du manque, surtout pour une âme sœur. Elle donne également une autre vision de la relation à distance avec Asanaga qui frise le harcèlement. A travers Jun et Yanagi, elle présente l’importance des confidents. L’histoire bonus offre quelques moments plus intimes du couple.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle l’arrondit dans les passages humoristiques, reprenant le style SD. Elle utilise les trames avec parcimonie, marquant surtout les ombres et quelques couleurs en aplat. De même, les trames d’ambiance, graphiques, appuient les émotions. Les décors situent principalement l’action. Comme dans le tome précédent, une trame grise recouvre les vignettes des flash-back. Par ailleurs, la mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Hijiki sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Elle ajoute même des languettes sur les coupes intérieures. En début de tome, elle donne les bases de l’univers omegaverse. Sous la jaquette, se trouve sa postface.

En résumé

Au lycée, Tsuchiya Naoto (oméga) surprend une lycéenne faire une déclaration d’amour à l’alpha Iori, en seconde. A sa surprise, le lycéen fréquente une fille différente chaque jour. L’ayant remarqué, Iori se méprend alors sur le concierge, le prenant également pour un de ses prétendants. Heureusement, son amie d’enfance Rin intervient pour le recadrer. Le soir, de retour à la maison, Tsuchiya Hazuki (alpha) annonce à Naoto qu’il doit partir deux semaines en voyage d’affaires à la demande de sa mère Mizuki. Mais il s’inquiète car l’oméga aura bientôt ses chaleurs…

En conclusion

Ce tome obtient la septième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2023. Hijiki sensei maîtrise le développement de son scénario, alternant les moments de tension, d’humour et mignons. Par ailleurs, elle s’attarde sur les émotions de ses personnages, laissant libre cours à l’imagination des lecteurs. Ainsi, l’histoire de Rin et Iori ajoute un peu de suspense tout en restant pourtant sur une conclusion ouverte. J’apprécie le traitement d’Iori, pour une fois qu’un rival se comporte « bien ». J’aime également beaucoup les réactions de Shizuku et Minato. C’est toujours un plaisir de retrouver cette petite famille recomposée ainsi que leurs amis.

Here U are 3 – Djun

couverture de Here U are 3 de Djun, éditions Taifu

Djun
ISBN: 9782375064504
Taifu comics, 2025
Dongman, 2017 (CN)
Manhua
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« J’ai dû mélanger mes rêves et mes souvenirs flous. »

Djun développe un peu plus les questions sur la communication et le jugement sur l’apparence. Elle pointe certains clichés qui deviennent des critères de « classement » sociétal comme par exemple les effets de mode tels que les tenues assorties pour les couples et certains gestes amicaux confondus avec de l’affection amoureuse. Ainsi, le lecteur peut constater de possibles similitudes avec le couple de Lin Xiang et Yu Xiaogung qui affichent ouvertement son amour. Li Huan essaie de décrypter ses nouveaux sentiments tandis que Yu Yuang tente d’oublier son amour à sens unique. D’ailleurs, l’autrice révèle un peu son passé, dévoilant la relation compliquée qu’il entretient avec ses parents. Ainsi, elle dénonce les différentes réactions négatives face à l’homosexualité ainsi que la pression constante pour imposer une « normalité ». Xia Wangwang, malgré son comportement problématique, et Dabai détendent l’atmosphère.

Djun a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques, se rapprochant du style SD. D’ailleurs, comme dans le tome précédent, elle ajoute Chu Huanwen, de la couverture, avec un adorable pyjama animal dans le sommaire. Les personnages ont des physionomies caractéristiques qui permettent de les reconnaître facilement. Les couleurs plutôt réalistes utilisent différents dégradés de tons pour les ombres. De même, les trames d’ambiance se font très discrètes. Les décors soignés situent principalement l’action. La mise en page est par ailleurs dynamique.

En résumé

Après une soirée trop arrosée, Yu Yang se réveille le lendemain dans sa chambre. Il réalise alors que ses souvenirs de la veille sont complètement flous et décide donc d’ignorer ce vague baiser avec Li Huan. Chu Huanwen lui apprend alors que l’étudiant en première année a pris soin de lui et qu’une bagarre a éclaté dans une des chambres du dortoir. Quand Yu croise la bande de Wang Ming en piteux état, il est surpris de les voir s’excuser. En retrouvant ensuite Li, il tente alors de se réconcilier…

En conclusion

Djun passe d’un sujet à un autre avec fluidité, sans se perdre, introduisant au fur et à mesure les nouveaux personnages. Elle maintient le lecteur en haleine avec des moments comiques imprévisibles et des révélations au compte-gouttes. En plus son magnifique graphisme, à la fois expressif et mignon, est un pur bonheur. Beaucoup d’émotions et de surprises dans ce tome!

Liés et connectés dans notre monde – Shinoda Soba

couverture de Liés et connectés ensemble au monde de Shinoda Soba, éditions Hana

SHINODA Soba しのだ楚芭
ISBN: 9782382762707
Hana, 2025
ISBN: 9784845859436 (JP)
Leed, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Que feriez-vous si un inconnu vous faisait don d’une somme conséquente? »

Shinoda Soba sensei narre une romance autour du thème des jeux vidéos. Ainsi, elle analyse les différents points de vue entre les créateurs, les joueurs mais également les non initiés. Elle s’intéresse aussi à la promotion des jeux avec par exemple l’exposition des programmeurs, les cafés à thème ainsi que le partage d’une passion via le streaming ou les réseaux sociaux. Utsumi semble afficher deux personnalités différentes entre son identité virtuelle et celle réelle. Sa passion reste présente malgré ses obligations chronophages. Sôta, quant à lui, s’ouvre petit à petit au contact du salaryman. Par ailleurs, l’autrice aborde la relation particulière qui se crée entre créateur de contenus et abonnés et les risques d’exposition sur les réseaux sociaux. Ainsi, elle montre les différences technologiques entre les générations, même sans grand écart d’âge. Elle maintient un certain suspense en dévoilant le passé des deux héros au fur et à mesure.

La mangaka a un trait épuré au contour plus épais. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont variées. Toutefois, des hachures marquent les ombres fortes. De même, les trames d’ambiances appuient les émotions. Les décors bien que soignés, situent principalement l’action. Ils s’estompent parfois autour des personnages. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, la mise en page très dynamique joue sur les plongées, contre-plongées, sorties de cadre et gros plans sur les détails. Dans les scènes érotiques, Shinoda sensei s’appuie sur les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes. En début de chapitre, elle dessine le quotidien des personnages dans des illustrations.

En résumé

Étudiant, Utsumi Yukihiro était streameur de son jeu préféré. Mais depuis qu’il travaille, il se contente de poster des photos de ses repas sur les réseaux sociaux. Un jour, alors qu’il déjeunait dans un restaurant, un inconnu l’aborde et lui pointe son manque de vigilance. En effet, il l’a facilement trouvé grâce à ses publications en ligne. Apprenant la sortie d’un nouvel opus de son jeu préféré, Utsumi se reconnecte en ligne et retrouve pourtant sa communauté qui le suit encore malgré ses dix ans d’absence. D’ailleurs, l’un de ses abonnés lui fait un don très généreux. Soupçonnant l’inconnu, il essaie alors de le rencontrer à nouveau pour le rembourser. Mais Sôta Watari refuse. Alors le salaryman lui propose de faire des activités ensemble.

En conclusion

Shinoda Soba sensei offre une comédie romantique douce et mignonne. Elle s’attarde plus sur l’univers des connexions à travers le jeu vidéo, rendant ainsi l’évolution de la romance un peu abrupte. Elle maîtrise toutefois l’équilibre de sa narration. Par ailleurs, son graphisme est rafraîchissant. Le sujet n’intéressera pas tout le monde. Pour ma part, j’ai passé un excellent moment de lecture. J’aurais toutefois aimé quelques chapitres en plus.

Long period 2 – Furuya Nagisa

couverture de Long period 2 de Furuya Nagisa, éditions Hana

FURUYA Nagisa 古谷渚
ISBN: 9782382765036
Hana, 2025
ISBN: 9784829686805 (JP)
France shoin, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Si je n’abats pas la barrière qu’a érigée Yûsei, on sera séparés pour toujours. »

Furuya Nagisa sensei révèle au fur à mesure le passé de ses personnages, dévoilant ainsi l’origine du malaise entre les deux frères Hayakawa. Elle montre comment un trop grand talent peut devenir un complexe, entre les jalousies, les remarques blessantes et les frustrations. Ainsi, elle met en avant la dépendance qui s’est construite entre Itsuki et Yûsei. Grâce à leur entourage, les deux amis prennent conscience de leur stagnation générale aussi bien sur leurs décisions d’avenir que sur leur sentiments. Ils comprennent la nécessité de se confronter aux problèmes. Ainsi, l’autrice met en avant la maladresse des deux lycéens pour mieux communiquer. Elle aborde l’acceptation de soi, du sentiment de culpabilité, de la peur de perdre une amitié.

La mangaka a un trait épuré qui se simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames en aplat, avec une palette restreinte. Ainsi, elle marque principalement les ombres fortes par des hachures. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Comme dans le tome précédent, Furuya sensei renforce l’aspect aéré de sa mise en page par des pages aux tons majoritairement clairs. Par ailleurs, dans les scènes érotiques, elle s’arrête aux préliminaires et s’attarde plutôt sur les sentiments. En fin de tome, elle offre une postface en images.

En résumé

Hayakawa Itsuki s’introduit dans le lit d’Arima Yûsei, en prétextant avoir froid. Alors que son ami proteste et le menace de lui sauter dessus, il répond favorablement à ses petites provocations. Soudain, Yûsei l’embrasse avant de fuir de peur de ne pas résister à ses pulsions. Mais depuis, les deux amis ne se parlent plus. Alors qu’Itsuki était poursuivi par Matsushita du club d’athlétisme, le professeur Doi lui vient en aide mais en profite pour lui confier une tâche à faire. En réalité, il essaie également de discuter un peu de son orientation…

En conclusion

Furuya Nagisa sensei développe d’autres thèmes en parallèle de la romance, mettant en avant les vicissitudes de l’adolescence. Elle analyse avec finesse les différentes réflexions et émotions des personnages. Son graphisme accompagne avec douceur ses propos. Comme d’habitude, la maîtrise de la narration et les personnages vibrant de réalisme permettent une parfaite immersion dans ce récit pourtant classique. J’aime lire les œuvres de cette mangaka car je sais que je rencontrerais une palette d’émotions agréables durant ma lecture. Coup de cœur confirmé!

Long period 1 – Furuya Nagisa

couverture de Long period 1 de Furuya Nagisa, éditions Hana

FURUYA Nagisa 古谷渚
ISBN: 9782382765029
Hana, 2025
ISBN: 9784829686799 (JP)
France shoin, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Les sentiments peuvent-ils s’effacer à force de clamer le contraire de ce qu’on ressent? »

Furuya Nagisa sensei narre une romance entre deux amis d’enfance qui cachent leurs sentiments pourtant réciproques. Elle montre comment une relation amicale devient de plus en plus bancale quand l’amour s’en mêle. Ainsi, elle s’attarde particulièrement sur les comportements ambigus, la fragilité des liens, le poids des silences. Malgré des caractères différents, les deux amis ont tendance à fuir et à attendre une action de l’autre. Tôji et Tsugumi soutiennent leurs amis tandis que Matsushima, du club d’athlétisme, apporte une touche comique. Shinohara Riho et Minami Yûka donnent un autre regard sur la relation entre les deux lycéens. L’autrice dépeint avec finesse les sentiments ambivalents et la peur de se confronter. Ainsi, elle aborde la question des choix d’avenir, la difficulté à trouver une passion quand on excelle en tout ou à reprendre une passion abandonnée. Avec Nayakawa Ichiya, elle installe un peu de suspense.

La mangaka a un trait épuré, de style shôjo, qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie. Toutefois, les trames d’ambiance parfois très graphiques appuient les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. Furuya sensei espace beaucoup les vignettes, créant une mise en page aérée.

En résumé

Amis d’enfance depuis la maternelle, Arima Yûsei en a assez de se faire traîner n’importe où par Nayakawa Itsuki. Ce dernier, aussi doué en sport qu’en études, vise pourtant la même université que lui alors qu’il peut prétendre à mieux. Comme ils passent leurs temps à se chamailler, leurs amis Tôji et Tsugumi se demandent alors s’ils s’apprécient vraiment ou se détestent. Mais en réalité, Yûsei pense ne plus pouvoir côtoyer son ami pour lequel il nourrit un amour à sens unique.

En conclusion

Furuya Nagisa sensei excelle comme à son habitude à dépeindre avec sensibilité les émotions de ses personnages, leur cheminement de pensée ainsi que leur évolution. Malgré un scénario au premier abord classique, elle traite des sujets différents, créant des personnalités réalistes avec ses défauts et ses qualités. Son graphisme dégage énormément de douceur mais reste néanmoins très expressif. Je trouve la relation entre Yûsei et Itsuki touchante. Un petit coup de cœur pour une valeur sûre.

La ville à ta couleur – Umeda Miso

couverture de La ville à ta couleurs d'Umeda Miso, éditions Hana

UMEDA Miso 梅田みそ
ISBN: 9782382765111
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784403667114 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

« Mes sentiments ne le regardent pas. »

Umeda Miso sensei propose une romance classique entre deux amis d’enfance dont l’un est secrètement amoureux de l’autre. Toutefois, elle aborde avec finesse la question de l’orientation sexuelle, de la communication et du doute qui persiste dans une relation avec un hétérosexuel. D’ailleurs, elle reprend ces thèmes dans la courte histoire « Tes sentiments en cage ». La narration alterne entre Chika et Miyamori, présentant leurs interrogations. Ne voulant pas briser son amitié, Yoshiyuki fait tout pour cacher ses sentiments tandis que Daiki prend un certain temps pour les comprendre. L’entourage des deux amis permet d’ajouter quelques tensions mais également de faire bouger le couple. Miyuki ajoute toutefois une note humoristique par ses réactions. L’autrice s’intéresse également aux choix d’avenir et à la difficulté à entretenir une relation à distance aussi bien amicale qu’amoureuse.

La mangaka a un trait fin et épuré légèrement anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. En plus de l’utilisation de trames aux tons plutôt clairs, elle dessine des décors soignés mais dans une palette de gris plus clairs que celle du premier plan, donnant ainsi une impression diffuse. De même, les trames d’ambiance très graphiques appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Umeda sensei met souvent en avant les paysages de la ville entre mer et montagne, ajoutant une note poétique au récit. Par ailleurs, dans les scènes érotiques, elle joue sur les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes.

En résumé

La ville à ta couleur / Retour à la maison: Quand il a emménagé il y a dix ans, Miyamori Yoshiyuki a immédiatement subi le harcèlement de Miura. Comme il résistait, il a vite sympathisé avec Chiba Daiki venu également à son aide. Ils sont ainsi devenus inséparables. Maintenant en dernière année de lycée, Yoshiyuki, secrètement amoureux de son ami, hésite encore pour son orientation, d’autant plus qu’il est bon élève. Héritier d’un fabriquant de tissus pour kimonos, Daiki, quant à lui, va apprendre la teinture à Yamagata. Il propose alors à son ami d’intégrer une université là-bas. Que va décider Miyamori?
Tes sentiments en cage: Sagisawa et Ozaki sortent ensemble depuis le lycée. Homosexuel, Ozaki complexe un peu sur ses traits féminins et s’interroge encore sur la sincérité des sentiments de son partenaire qui le compare souvent à une fille…

En conclusion

Umeda Miso sensei propose une tranche de vie des passages importants de l’évolution de la relation entre Daiki et Yoshiyuki. Elle va à l’essentiel mais détaille avec soin leurs différentes interrogations. Son graphisme assez classique reste agréable. Toutefois, je trouve que les quelques moments poétiques et nostalgiques s’intègrent avec maladresse. Le couple est touchant, même si parfois j’avais envie de claquer les deux amoureux. J’ai tout de même passé un agréable moment de lecture.