Underdog puppy love – Sado Romeo

Couverture de Underdog puppy love de Sado Romeo, éditions Hana

SADO Romeo 茶渡ロメ男
ISBN: 9782382767658
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784845858729 (JP)
Leed, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je veux tout connaître du corps des hommes. »

Sado Romeo sensei narre une romance entre un lycéen et un comédien sur la sellette suite à un outing. Elle s’intéresse à divers sujets comme la différence d’âge, le poids des rumeurs dans le milieu artistique, les discriminations persistantes. Par ailleurs, elle dynamise son récit en jouant sur les contrastes. Par exemple, malgré sa tête d’ange, Hikaru parle crûment tandis que Naruse, bien qu’adulte, a un côté très fleur bleue. Sous prétexte d’une initiation, un jeu érotique s’installe entre les deux hommes mais le comédien essaie toujours d’imposer des limites au lycéen. Par ailleurs, Naru, après réflexion sur son avenir, se reconstruit grâce à Kogasaka qui lui apporte conseils et techniques plus modernes. A travers le fourbe Miwa Kippei, l’autrice montre d’autres méthodes pour stimuler sa carrière, parfois à la limite de la légalité. Par ailleurs, elle aborde la question de la première fois, de la libido des jeunes adultes.

La mangaka a un trait léché mais épuré. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Parfois, ses compositions utilisent les codes des shôjo comme des fleurs ou des scintillements entourant les personnages. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors détaillés sont très présents. Aussi, la mise en page plutôt classique évite ainsi de surcharger les pages. Dans les scènes érotiques, Sado sensei censure les parties intimes par un cache blanc. D’ailleurs, elle préfère cadrer ces passages au niveau du buste en général et précise donc avec humour ce qui se passe dans un encart. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages.

En résumé

La carrière montante du comédien Naruse Shirô s’arrête brusquement lorsque son duo avec Miwa Kippei éclate. En effet, Miwa le rejette en découvrant qu’il est secrètement amoureux de lui depuis six ans. Comme la rumeur sur son homosexualité enfle, le patron de leur agence n’hésite pas à le virer. Alors que Naruse noie son chagrin dans l’alcool dans un bar gay, un beau jeune homme l’aborde et l’emmène dans un love hotel pour la nuit. Toutefois, le lendemain, le comédien découvre que Kogasaka Hikaru n’est que lycéen. Pourtant, ce dernier lui demande de tout lui apprendre du sexe entre hommes et n’hésite pas à le faire chanter avec une photo compromettante…

En conclusion

Sado Romeo sensei propose un récit au premier abord gênant d’après le scénario mais très bien maîtrisé, empli d’humour et de sujets d’actualités. Elle analyse avec délicatesse la question du coming out des célébrités et des enjeux sur leur carrière. Son graphisme agréable ancre parfaitement le récit dans la réalité. D’ailleurs, je craque complètement pour leurs bouilles SD dans les passages humoristiques, surtout celles de Hikaru. Certains lecteurs pourront être choqués par la différence d’âge. Pour ma part, j’aime beaucoup la personnalité des deux héros et j’avais envie de les encourager. Une lecture touchante!

Sweet blood – Shakeda Nene

couverture de Sweet blood de Shakeda Nene, éditions Hana

SHAKEDA Nene 鮭田ねね
ISBN: 9782382767634
Hana, 2025
ISBN: 9784861239571 (JP)
Brite, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Celui qui l’a acheté au Marché Noir est un beau et jeune vampire. »

Shakeda Nene sensei revisite un peu l’univers des vampires en créant un monde hiérarchisé, dans lequel les humains n’ont qu’un rôle d’esclave ou de « vermine » qui survivent tant bien que mal. Elle installe une étrange cohabitation entre un vampire curieux de culture humaine et un potier-céramiste qui accepte de devenir un casse-croûte en échange d’une certaine sécurité. Ainsi, Jinosuke s’interroge énormément sur sa relation avec Noi qui prend plus des airs de couple amoureux. Néanmoins, le jeu érotique autour de la morsure installe un consentement plutôt gris. Avec le policier Amill, l’autrice ajoute une nouvelle note positive dans son univers plutôt violent. Elle dévoile au fur et à mesure les secrets autour du vampire maintenant ainsi un certain suspense.

La mangaka a un trait épuré au contour plus épais. Elle dessine parfois les personnages en SD, ou juste la tête toute en rondeur, apportant une note mignonne et comique. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est simplement dynamique. Même si les morsures dégoulinent un peu de sang, Shakeda sensei évite de détailler les passages trop violents. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Le monde actuel est dominé par les vampires. Mais depuis quelques temps, des tensions apparaissent avec les humains. Le potier-céramiste Fukura Jinosuke (36 ans) voit son projet d’exposition brusquement annulé et se retrouve alors endetté. Sans passe pour justifier sa présence auprès des vampires, il est soudain kidnappé puis vendu aux enchères. Son acquéreur, le vampire Noi, lui fait alors signer un contrat consistant à le nourrir de son sang. Mais ses morsures ont un drôle d’effet sur Jinosuke…

En conclusion

Shakeda Nene sensei crée un univers vampirique plutôt original avec une cohabitation d’abord déstabilisante mais une relation intrigante. Son graphisme qui devient mignon dans certains passages apporte une touche particulière mais agréable, détendant l’atmosphère souvent sombre et tendue. J’aime beaucoup la dynamique entre les personnages. Une lecture divertissante.

Étoile filante – Migino Yagi

couverture de Étoile filante de Migino Yagi, éditions Hana

MIGINO Yagi ミギノヤギ
ISBN: 9782382767580
Hana, 2025
ISBN: 9784801978980 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Même les étoiles les plus brillantes deviennent de simples cailloux une fois au sol. »

Migino Yagi sensei narre une romance entre un étudiant passionné de photographie et un ancien modèle qui a abandonné sa carrière à cause de cicatrices, abordant des thèmes d’actualités. Ainsi, elle s’intéresse au poids des regards insistants, au jugement extérieur, aux risques de partage de photographie sur les réseaux sociaux. Elle dévoile au fur et à mesure le passé de Makito, grâce à l’introduction de Seta Sôgo, son ancien manager et de son rival Hisaka Yôsuke. Attiré par Maki, le bienveillant Tensei, au regard encore pur, n’hésite pas à se remettre en question et s’interroge alors sur sa sexualité. Le couple se soutient mutuellement et construit une relation consensuelle. La narration alterne entre les deux héros. Ainsi, l’autrice aborde la dépression, le manque de confiance en soi, la construction d’une identité, la difficulté à s’aimer soi-même. A travers Shôhei, l’ami d’Ichiyama, elle interroge sur le recours à la chirurgie esthétique.

La mangaka a un trait fin et épuré parfois presque dépouillé. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à le déformer. Elle utilise les trames avec parcimonie. Par ailleurs, les trames d’ambiance appuient discrètement les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par contre, les décors situent principalement l’action. Néanmoins, il y a un travail plus soigné des paysages. La mise en page est plutôt classique. Migino sensei ne censure pas les scènes érotiques. Dans les illustrations en début de chapitre, elle dessine le quotidien des personnages. La couverture se classe seconde au Chill chill BL award 2023.

En résumé

L’étudiant Ichiyama Tensei est passionné de photographie et particulièrement prendre le ciel étoilé. Mais depuis qu’il a rencontré Makito, qui gère la bibliothèque, il a envie de faire son portrait, fasciné par les brûlures qui recouvrent une partie de son visage. Toutefois, Maki semble à la fois réjoui et inquiet d’être pris en photographie. Lors d’une sortie à deux, après une grosse averse, ils se réfugient dans un love hotel. Tensei n’arrive alors pas à réprimer ses sentiments.

En conclusion

Migino Yagi sensei équilibre avec finesse son scénario, maintenant un certain suspense en dévoilant par brides le passé de Makito et l’évolution des sentiments de Tensei. Elle offre une romance touchante et emplie d’émotions, avec une relation consensuelle. De même, les personnages secondaires ont beaucoup de personnalités, rendant le récit vibrant de réalisme. Par ailleurs, son graphisme possède un charme particulier malgré certains traits très épurés. Je fonds complètement pour le couple. J’espère découvrir un jour d’autres œuvres de la mangaka. Un énorme coup de cœur!

Terano et Kumazaki – Yoriko

couverture de Terano et Kumazaki de Yoriko, éditions Hana

Yoriko 依子
ISBN: 9782382767627
Hana, 2025
ISBN: 9784801974876 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Je veux encore plus le perturber, trouver tous les endroits qui le font chavirer… »

Yoriko sensei narre une classique romance entre un bon élève président du conseil des élèves et un cancre considéré comme un délinquant. Elle base d’abord la narration du point de vue de Terano puis alterne avec celui de Kumazaki à la moitié du tome. Entre les nombreuses scènes érotiques, elle dépeint avec brio l’ambiance de la vie lycéenne. La relation est consensuelle, les deux adolescents discutant facilement malgré des caractères opposés. Ainsi, Terano taquine souvent son timide petit ami tout en respectant ses demandes. Le vice-président du conseil des élèves, Nishiki, bouscule un peu le couple. L’autrice aborde entre autres, le jugement sur l’apparence, la gestion de la jalousie, l’entraide et la pression de la réussite dans les études. Elle apporte encore plus d’humour avec les camarades de classes. Par ailleurs, elle offre deux histoires torrides en bonus.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle dessine des yeux effilés et des corps finement musclés. Les trames sont variées et en aplat tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Néanmoins, les décors très présents apportent un certain réalisme. La mise en page plutôt classique propose quelques pages plus dynamiques. Yoriko sensei décompose les gestes, détaillant ainsi les réactions. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, qui apparaissent presque à chaque chapitre. A la fin de certains chapitres, elle donne des anecdotes.

En résumé

Le président du conseil des élèves Terano sort secrètement avec le timide Kumazaki Shûya qui passe pour un délinquant. Mais trop sûr de lui, il fait fuir son petit ami en voulant coucher avec lui au lycée. Pourtant, une semaine plus tard, Kumazaki l’invite chez lui et lui annonce s’être entraîné. Comment ne pas craquer face à tant d’amour?

En conclusion

Ce tome obtient la onzième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022. Malgré un scénario classique, Yoriko sensei nous retient en haleine avec une dynamique sans cesse renouvelée et des intrigues surprises. Bien qu’il y ait beaucoup de scènes érotiques, prépublication Qpa oblige, elle dépeint merveilleusement bien l’ambiance lycéenne et aborde des sujets simples mais intéressants. En plus, le graphisme très expressif est un pur bonheur. Pour moi, le fait que le couple soit déjà ensemble au début de l’histoire fait peut-être toute la différence, car cela bouscule la narration habituelle. J’attends le deuxième tome avec impatience. Coup de cœur!

Amants sous contrat – Matsuda Io

Couverture de Amants sous contrat de Matsuda Io, éditions Hana

MATSUDA Io まつだいお
ISBN: 9782382767597
Hana, 2025
ISBN: 9784813033486 (JP)
Taiyohtosho, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je ne peux plus le nier à présent. Je suis tombé amoureux de toi. »

Matsuda Io sensei narre une romance entre deux collègues sur la base du faux petit ami. Elle alterne la narration entre les deux hommes qui se parlent en fin de compte franchement. Par ailleurs, elle aborde des sujets contemporains comme le harcèlement, le coming out au bureau, le poids des rumeurs, le jugement sur l’apparence. A cause de sa grande gentillesse, Yanaka Wataru provoque involontairement des quiproquos, en particulier avec la gente féminine. Ainsi, il réalise également la distance prise avec son ami d’université Moriyama Keisuke qu’il ne connaît pas aussi bien qu’il pensait. Sous prétexte d’une initiation, les deux salarymen vont se découvrir et se rapprocher. Toutefois, leur relation frise avec les limites du consentement, Yanaka étant inexpérimenté et hésitant. L’autrice s’attarde sur les interrogations des deux hommes, entre culpabilité, influence et peur de perdre une amitié. Takagi, collègue de Yanaka, joue les confidents avec bienveillance.

La mangaka a un trait anguleux adouci par les pleins et les déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle apporte une note réaliste entre les décors détaillés et les nombreuses trames variées qui reproduisent avec finesse les dégradés. Par contre, des hachures envahissantes marquent les rougissements. Les trames d’ambiance parfois graphiques renforcent les émotions, particulièrement les moments comiques. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique joue sur les superpositions, l’absence de cadre et les sorties de vignette. Matsuda Io sensei décompose certains mouvements et détaille les petits gestes. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par de fines languettes blanches. Néanmoins, elle dessine des coupes intérieures. Les illustrations en début de chapitre montre le quotidien des personnages.

En résumé

Harcelé par une collègue, Yanaka Wataru désigne Moriyama Keisuke, qui passait non loin, comme son petit ami. Se connaissant depuis l’université, il lui demande alors de jouer le jeu quelques temps. Moriyama accepte à une condition: qu’il fasse ce qu’il veut. Et à la surprise de Yanaka, il lui demande de coucher avec lui.

En conclusion

Matsuda Io sensei maîtrise plutôt bien le format one-shot, développant avec finesse l’évolution des sentiments de ses personnages. Elle va à l’essentiel, abordant des thèmes contemporains intéressants. Malgré des intrigues simples, leurs apparitions au fil des chapitres créent un peu de suspense et de tension. Le graphisme est par ailleurs séduisant. J’aime beaucoup les échanges entre les deux hommes qui se redécouvrent. Une lecture agréable!

Un air de printemps – noji

Couverture de Un air de printemps de Noji, éditions Hana

noji
ISBN: 9782382767610
Hana, 2025
ISBN: 9784575380897 (JP)
Futabasha, 2021 (JP)
Titre original: ハルドナリ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« L’histoire d’amour entre un étudiant trop direct et un propriétaire nul en tâches ménagères, vivant sous le même toit! »

noji sensei narre une simple romance entre deux jeunes hommes maladroits pour communiquer. Toutefois, elle dévoile au fur et à mesure les différentes intrigues autour des personnages. D’ailleurs, la narration se base principalement du point de vue de Sasayama Sôta puis donne la version de Michi Harunosuke à la fin. L’étudiant essaie de ne plus être aussi direct lors de ses discussions mais trouve du répondant avec le petit-fils de la propriétaire. D’ailleurs, l’asocial et têtu Michi cache son métier. Les quiproquos s’enchaînent mais tous deux font des efforts pour y remédier. Leur amitié se transforme peu à peu en attirance amoureuse. Ainsi, l’autrice montre la difficulté à cerner ses sentiments. Elle aborde entre autres le jugement sur l’apparence à travers l’imagination débordante de Sôta, la difficulté à communiquer, le sentiment de solitude. La propriétaire Natsu et l’éditeur Shinooka Yamato apportent un regard extérieur sur le couple.

La mangaka a un trait épuré au contour parfois dédoublé qui donne du relief. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. De même, un fond noir indique les rêves ou les flash-back. Par ailleurs, les décors soignés s’estompent autour des personnages pour mettre en avant le premier plan. La mise en page plutôt classique offre quelques pages plus dynamiques avec des angles de vue variés. noji sensei représente l’imagination débordante de Sôta en images. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Sasayama Sôta parle trop sèchement. Il a donc perdu son petit boulot dans une supérette après avoir recadré un client indélicat. Après un séjour chez ses parents, il rend directement visite à la propriétaire de son appartement. Mais il rencontre son petit-fils, Michi Harunosuke, qui la remplace durant son hospitalisation. Peu doué dans les tâches ménagères, Michi propose alors à l’étudiant de l’embaucher pour l’aider…

En conclusion

noji sensei nous offre une romance classique mais entraînante, avec ces deux hommes maladroits en communication qui se complètent pourtant parfaitement. En plus, elle maîtrise le format one-shot. La dynamique entre eux et les petites intrigues du quotidien créent un peu de suspense. Par ailleurs, son graphisme est très agréable. Certes, ce titre ne vous marquera pas mais vous passerez un agréable moment. J’ai beaucoup aimé l’ambiance générale du récit et la relation qui se noue entre les personnages. Une douce lecture!

Mon amour secret 1 – Soutome Emu

Couverture de Mon amour secret 1 de Soutome Emu, éditions Taifu

Soutome Emu 五月女えむ
ISBN: 9782375065068
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801979826 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Titre original: 我が恋はしのぶれど 上
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Quand j’aperçois une lune si belle dans le ciel étoilé, je suis pris d’une irrésistible envie de hurler au vent. »

Soutome Emu sensei mêle enquête et folklore japonais, partageant le quotidien de Kokufû et Ryôga. Elle dévoile au fur et à mesure les pouvoirs des yôkai ainsi que leurs spécificités. Ainsi, elle alterne entre courtes intrigues résolues en quelques chapitres avec une romance qui se développe sur le long terme. Kokufû aime prendre soin des autres et nourrit un amour à sens unique pour le renard. Ryôga, quant à lui, s’interroge sur son attirance aussi bien pour le peintre que pour son garde du corps, hésitant entre admiration et amour. Les belliqueux ogres Yûgen et Benimaru apportent suspense et action. Par ailleurs, l’autrice aborde le manque de communication, les sentiments tus, le deuil.

La mangaka a un trait légèrement épuré mis en valeur par les pleins et déliés. Elle joue sur les expressions à travers les détails des différentes métamorphoses des yôkai. Les trames sont à la fois nombreuses et variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, un fond noir renforce les moments dramatiques. Les décors soignés mettent particulièrement en valeur l’architecture japonaise traditionnelle. De même, les plis des kimonos sont travaillés. La mise en page très dynamique reprend les codes du shôjo, tels que les fleurs, les sorties de cadre. Soutome sensei met en avant la plastique des personnages finement musclés. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes, sans contour, par des hachures.

En résumé

Kokufû travaille en tant que cuisinier du célèbre ryokan Mikeneko, fréquenté aussi bien par des humains que des yôkai. Parmi les habitués, il s’entend à merveille avec le renard gourmand mais fauteur de trouble Ryôga. Ce dernier est d’ailleurs à la recherche d’un tableau qu’un peintre humain amateur aurait créé en le prenant pour modèle. L’ogre Benimaru semble le posséder mais ne se montre pas conciliant en affaire. Acceptant de devenir le garde du corps de Ryôga, Kokufû l’accompagne à une nouvelle négociation. Toutefois, Benimaru exige que le renard lui offre son corps…

En conclusion

Soutome Emu sensei offre surtout une aventure fantastique, prenant le temps de développer la romance entre les deux héros. Elle maintient le lecteur en haleine en dévoilant par brides certains éléments. Son magnifique graphisme semble ancrer dans la réalité les yôkai. Avertissement: la relation particulière entre les frères ogres pourra choquer la sensibilité de certains lecteurs. Quête, romance et yôkai: tout ce que j’aime! J’ai donc un coup de cœur pour ce récit et attends la suite avec impatience.

Aki et Haru 1 – Taji Makoto

Couverture de Aki et Haru 1 de Taji Makoto, éditions Taifu

TAJI Makoto たじまこと
ISBN: 9782374065075
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801970649 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Titre original: アキはハルとごはんを食べたい 1
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Mangeons ensemble! »

Taji Makoto sensei offre une tranche de vie étudiante, proposant à chaque chapitre des recettes simples et pratiques. Elle partage également le quotidien des étudiants en général, abordant leurs interrogations. Chaque chapitre, plutôt court, a pour titre la recette présentée, permettant ainsi d’utiliser le manga comme un livre de cuisine. Pour l’instant, Akiyoshi et Harutsugu partagent une forte complicité et s’interrogent sur leur relation. Leurs amis, Azusa, Sakamoto Yukino, Yoneyama et Mugita, apportent un regard extérieur sur leur lien, ajoutant des notes comiques. L’autrice détourne certains clichés des romances, interrogeant sur les différences entre amour et amitié. Elle s’appuie d’ailleurs sur les caractères opposés de Haru et Aki.

La mangaka a un trait épuré tout en rondeur et mignon. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Avec un style proche du shôjo, elle dessine de grands yeux expressifs. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance graphiques accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est simplement dynamique. Taji sensei détaille les plats et les recettes, mettant ainsi en avant le côté appétissant. D’ailleurs, elle donne la recette en fin de chapitre. Il y a également des croquis des personnages en train de se régaler.

En résumé

Étudiants et amis inséparables depuis le lycée, Akiyoshi Junta et Harustsugu Fujishiro vivent en colocation. Ils partagent une même passion: la nourriture. Ainsi, le solaire Aki prend plaisir à cuisiner de bons petits plats pour le timide Haru qui les déguste avec délectation.

En conclusion

Taji Makoto sensei offre une tranche de vie pleine d’humour mais surtout de recettes appétissantes. Elle retranscrit avec finesse l’ambiance de la vie étudiante. Son graphisme très expressif colle parfaitement au genre. J’ai tout simplement envie d’essayer les recettes proposées. Une lecture appétissante, à lire absolument si on est gourmand!

Effeuiller l’inaccessible 2 – Sakyo Aya

Couverture de Effeuiller l'inaccessible 2 de Sakyo Aya, éditions Hana

SAKYO Aya 左京亜也
ISBN: 9782382765098
Hana, 2025
ISBN: 9784403667237 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Titre original: 高嶺の花は散らされたい 下
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je veux le féconder, le remplir, le mordre. »

Sakyo Aya sensei continue de développer la relation chaotique entre Hana et Renjaku qui hésitent constamment à se lier ou non. Ainsi, elle crée une relation toujours aussi violente dans laquelle les sentiments ont du mal à se faire une place, entre manipulation et exploitation de l’autre. Elle met plus en avant le point de vue de l’alpha même si la narration alterne avec l’oméga. Le barista persiste dans un amour à sens unique, oscillant entre espoir et appréhension. Le fleuriste, quant à lui, prend conscience que son attirance dépasse l’influence des phéromones. Sa rivalité avec Aoba intensifie la tension générale du récit. Par ailleurs, l’autrice s’intéresse au lien particulier d’âme sœur, à la satisfaction personnelle durant le sexe, au non consentement malgré des sentiments réciproques. Elle détend l’atmosphère avec des quiproquos et la naïveté de Hana.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle met souvent en avant la musculature de Renjaku, frisant avec les limites du fan service. Les trames sont équilibrées et variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique joue sur les superpositions, les sorties de cadre ainsi que les formes des vignettes selon leur contenu. Dans les scènes érotiques, Sakyo Aya sensei cache les détails des parties intimes juste avec des onomatopées. Dans les illustrations en début de chapitre, elle dessine encore les personnages avec des fleurs mais dans des positions beaucoup moins sexy que le tome précédent. Les premières pages sont en couleurs.

En résumé

Fuyant son frère Aoba, Yukishita Hana se réfugie chez Renjaku. A cause de ses chaleurs, l’oméga lui demande alors de se lier avec lui par une morsure. Mais bien que l’alpha perde le contrôle durant leurs rapports, il refuse de se laisser manipuler par l’instinct. Pourtant, il se montre de plus en plus possessif avec Hana malgré ses doutes envers le lien d’âme sœur…

En conclusion

Sakyo Aya sensei ne ménage pas les lecteurs mais analyse en détails l’évolution d’une relation sous influence de phéromones. Elle alterne entre scènes sexy plutôt violentes, tension entre les personnages, et notes d’humour et de tendresse. Son graphisme sensuel est un régal pour les yeux. Pour public averti, car il y a encore des scènes pouvant choquer la sensibilité des lecteurs. J’aime toujours autant Hana et son côté complètement à côté de la plaque par moment. Et puis, cela me fait plaisir de le voir enfin réagir et ne plus se laisser autant faire! J’attends donc la suite avec impatience. Une lecture douce-amère!

Effeuiller l’inaccessible 1 – Sakyo Aya

Couverture de Effeuiller l'inaccessible 1 de Sakyo Aya, éditions Hana

SAKYO Aya 左京亜也
ISBN: 9782382765081
Hana, 2025
ISBN: 9784403667220 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Titre original: 高嶺の花は、散らされたい 上
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Un omegaverse florissant entre un alpha supérieur et un omega toujours pur. »

Sakyo Aya sensei offre un romance omegaverse plutôt classique, avec un alpha dominant, hautain et égoïste, et un oméga passif, candide et serviable. Elle aborde donc les questionnements classiques du genre comme la discrimination des omégas, les contraintes des chaleurs et du lien en paire. Elle construit également des relations non consensuelles, dominées par les phéromones et les envies du fleuriste. Pourtant, la narration se base principalement du point de vue du barista. Ainsi, le beau Hana, qui a un côté un petit peu stalker, souffre de sa condition d’oméga et a tendance à se laisser mener par le bout du nez. Le bougon Renjaku dégage tout de même une certaine classe malgré son franc parler vulgaire et cru. Il a d’ailleurs la fâcheuse tendance à rabaisser son partenaire. En introduisant Aoba (20 ans), le frère de Yukishita, l’autrice met en avant un alpha encore plus égocentrique et sans morale.

La mangaka a un trait fin légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle varie beaucoup les trames. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions et alternent avec les décors soignés. La mise en page très dynamique joue beaucoup sur les angles de vue, en particulier les contre-plongées et les plongées qui renforcent ainsi l’aspect dominant et dominé de la relation. Sakyo sensei censure subtilement les scènes érotiques en cachant les détails par des onomatopées bien placées. D’ailleurs, elle met en valeur la plastique des personnages, en particulier leur fine musculature. Elle intègre également les explications sur l’omegaverse directement dans le récit. Les illustrations en début de chapitre montrent les personnages dans des poses sexy, toujours accompagnés d’une plante.

En résumé

Bien qu’oméga, Yukishita Hana (26 ans) n’a jamais eu ses chaleurs. Par conséquent, les clientes du café dans lequel il travaille le prennent souvent pour un alpha. Toutefois, le barista craque secrètement pour le célèbre fleuriste Renjaku, un alpha dominant qui vient souvent au café. Mais un jour, alors qu’il était non loin de sa boutique, ses chaleurs se déclenchent. Renjaku l’emmène donc chez lui et lui propose de le soulager…

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2021. Sakyo Aya sensei prend les côtés les plus dérangeants et négatifs de l’omegaverse et semble plonger ses personnages constamment dans la tourmente. Elle alterne entre tension, érotisme et petites notes d’humour. Son magnifique graphisme sublime les scènes sexy. Ce titre s’adresse à un public averti car il comporte beaucoup de scènes pouvant choquer la sensibilité des lecteurs. J’aime beaucoup la naïveté excessive de Hana qui le rend un peu « con-con » ainsi que son côté fétichiste. J’apprécie également la dynamique entre l’oméga et l’alpha même si elle n’est pas du tout apaisée. Une lecture piquante comme une rose!