Day off 1 – Dailygreens

couverture de Day off 1 de Dailygreens, éditions Komogi

Dailygreens
ISBN: 9782494300088
Komogi, 2024
Rusuban studio, 2021 (TW)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Mon subordonné est trop mignon, c’est un vrai problème! »

Dailygreens découpe ses chapitres en courts épisodes, offrant un instantané d’une tranche de vie sur un thème donné. Elle met surtout en avant le quotidien du mignon et sérieux subordonné avec son gentil et autoritaire supérieur. Ainsi, la narration alterne entre les deux salarymen. Leurs échanges souvent charmants et bienveillants, installent petit à petit un jeu de séduction. Au fil du récit, l’introduction de leurs collègues et de leur famille permet d’aborder des sujets plus délicats tels que l’homophobie, le poids des rumeurs, la pression sociale mais également l’acceptation et le soutien. Hua Xiaofei et Shi Dongyun essaient de ne pas afficher ouvertement leurs sentiments mais se laissent facilement emporter, créant des moments comiques et quelques tensions. Toutefois, l’autrice dévoile par brides leur passé qui semble un peu plus dramatique. D’ailleurs, elle ajoute du suspense avec l’ambivalent Shi Chunlei, le frère de Dongyun.

Dailygreens a un trait épuré qui s’arrondit et même se déforme dans les passages humoristiques. Ainsi, elle n’hésite pas à dessiner des têtes presque carrées, proche des SD. Par ailleurs, elle joue sur le contraste de couleurs franches avec des tons plus pastel. D’ailleurs, les couleurs sont en aplat. Les trames d’ambiance par contre sont graphiques ou colorées. Les décors détaillés, reprenant souvent des photographies pour les paysages extérieurs, s’estompent parfois pour mettre en valeur le premier plan. La mise en page dynamique conserve quelquefois le défilement vertical du webtoon mais réussit à maintenir l’effet de surprise sur la conclusion. Les scènes érotiques s’arrêtent pour l’instant aux préliminaires. En fin d’épisode, une illustration ou un personnage en SD apportent une anecdote. De même, les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien du couple.

En résumé

Constatant que son supérieur Shi Dongyun (29 ans) est fatigué en ce moment, le subordonné Hua Xiaofei (25 ans) lui prépare une petite surprise…

En conclusion

Dailygreens arrive en quelques cases à faire passer les émotions de ses personnages. A travers le simple quotidien de ses deux héros, elle aborde les différentes difficultés rencontrées par les homosexuels. Son graphisme expressif et simple est rafraîchissant et efficace. J’ai découvert la série via la plate-forme Piccoma. Quel plaisir de relire ce titre, qui procure du pur bonheur, en version papier!

Senpai, this can’t be love! – Harekawa Shinta

Couverture de Senpai, this can't be love! de Harekawa Shinta, éditions Taifu

HAREKAWA Shinta 晴川シンタ
ISBN: 9782375064887
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784040658469 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Qu’est-ce que je ressens, au juste? »

Harekawa Shinta sensei nous plonge dans l’univers d’un studio 3D, n’hésitant pas à intégrer des fiches explicatives dans le récit. Elle aborde donc les difficultés des différents métiers, les interactions entre les chaînes de production, la pression entre les délais et les exigences du client. Ainsi, à travers Yanase, elle montre comment une passion peut se transformer en douleur, avec la perte d’estime de soi, les frustrations, le manque de motivation. Les personnages secondaires ajoutent une note d’humour par leurs réactions ou leurs remarques piquantes. La narration se base principalement sur le point de vue du designer 3D. Comme le tuteur et la nouvelle recrue ont du mal à communiquer, leur relation avance par à-coups, créant plus de tension que de romance. Par ailleurs, Kaneda analyse ses sentiments. Toutefois, l’autrice ne les partage pas explicitement. Elle interroge également sur la distinction entre admiration et amour.

La mangaka a un trait épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle travaille les expressions, n’hésitant pas à les exagérer. Ainsi, Kaneda change d’émotions en quelques secondes, de bourru à timide. Des hachures marquent les ombres fortes et les rougissements envahissants. Les trames sont équilibrées. Toutefois, les extraits de film 3D, plus surchargés, apparaissent comme peints, rendant les textures. De même, les trames d’ambiance graphiques appuient les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Par ailleurs, Harekawa sensei ne censure pas vraiment les scènes érotiques, mais les parties intimes, avec un fin contour blanc, se fondent dans les trames. En début de chapitre, elle dessine les personnages en SD.

En résumé

Le designer 3D Yanase Jun, nommé tuteur de Kaneda (25 ans), rencontre des difficultés. En effet, bien que le jeune employé soit doué, il se montre froid et distant et le rabroue dès qu’il le touche. Alors que le studio va travailler sur un nouveau projet, l’étoile montante du monde de la 3D se demande si le nouveau sera capable de travailler en équipe. Mais en réalité, Kaneda est un grand fan de Yanase…

En conclusion

Harekawa Shinta sensei permet de découvrir l’univers d’un studio 3D au détriment de la romance qui semble se dérouler un peu abruptement. Toutefois, elle présente l’essentiel et laisse libre cours à l’imagination des lecteurs. En plus, son graphisme expressif permet de deviner les émotions des personnages et rend la lecture agréable. Si vous vous sentez frustrés par le manque de romance, il y a deux autres tomes. La série a été adaptée en drama, disponible sur Gagaoolala. J’ai beaucoup apprécié cette histoire. Je craque d’ailleurs pour les bouilles de Yanase et Kaneda.

Here U are 3 – Djun

couverture de Here U are 3 de Djun, éditions Taifu

Djun
ISBN: 9782375064504
Taifu comics, 2025
Dongman, 2017 (CN)
Manhua
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« J’ai dû mélanger mes rêves et mes souvenirs flous. »

Djun développe un peu plus les questions sur la communication et le jugement sur l’apparence. Elle pointe certains clichés qui deviennent des critères de « classement » sociétal comme par exemple les effets de mode tels que les tenues assorties pour les couples et certains gestes amicaux confondus avec de l’affection amoureuse. Ainsi, le lecteur peut constater de possibles similitudes avec le couple de Lin Xiang et Yu Xiaogung qui affichent ouvertement son amour. Li Huan essaie de décrypter ses nouveaux sentiments tandis que Yu Yuang tente d’oublier son amour à sens unique. D’ailleurs, l’autrice révèle un peu son passé, dévoilant la relation compliquée qu’il entretient avec ses parents. Ainsi, elle dénonce les différentes réactions négatives face à l’homosexualité ainsi que la pression constante pour imposer une « normalité ». Xia Wangwang, malgré son comportement problématique, et Dabai détendent l’atmosphère.

Djun a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques, se rapprochant du style SD. D’ailleurs, comme dans le tome précédent, elle ajoute Chu Huanwen, de la couverture, avec un adorable pyjama animal dans le sommaire. Les personnages ont des physionomies caractéristiques qui permettent de les reconnaître facilement. Les couleurs plutôt réalistes utilisent différents dégradés de tons pour les ombres. De même, les trames d’ambiance se font très discrètes. Les décors soignés situent principalement l’action. La mise en page est par ailleurs dynamique.

En résumé

Après une soirée trop arrosée, Yu Yang se réveille le lendemain dans sa chambre. Il réalise alors que ses souvenirs de la veille sont complètement flous et décide donc d’ignorer ce vague baiser avec Li Huan. Chu Huanwen lui apprend alors que l’étudiant en première année a pris soin de lui et qu’une bagarre a éclaté dans une des chambres du dortoir. Quand Yu croise la bande de Wang Ming en piteux état, il est surpris de les voir s’excuser. En retrouvant ensuite Li, il tente alors de se réconcilier…

En conclusion

Djun passe d’un sujet à un autre avec fluidité, sans se perdre, introduisant au fur et à mesure les nouveaux personnages. Elle maintient le lecteur en haleine avec des moments comiques imprévisibles et des révélations au compte-gouttes. En plus son magnifique graphisme, à la fois expressif et mignon, est un pur bonheur. Beaucoup d’émotions et de surprises dans ce tome!

Liés et connectés dans notre monde – Shinoda Soba

couverture de Liés et connectés ensemble au monde de Shinoda Soba, éditions Hana

SHINODA Soba しのだ楚芭
ISBN: 9782382762707
Hana, 2025
ISBN: 9784845859436 (JP)
Leed, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Que feriez-vous si un inconnu vous faisait don d’une somme conséquente? »

Shinoda Soba sensei narre une romance autour du thème des jeux vidéos. Ainsi, elle analyse les différents points de vue entre les créateurs, les joueurs mais également les non initiés. Elle s’intéresse aussi à la promotion des jeux avec par exemple l’exposition des programmeurs, les cafés à thème ainsi que le partage d’une passion via le streaming ou les réseaux sociaux. Utsumi semble afficher deux personnalités différentes entre son identité virtuelle et celle réelle. Sa passion reste présente malgré ses obligations chronophages. Sôta, quant à lui, s’ouvre petit à petit au contact du salaryman. Par ailleurs, l’autrice aborde la relation particulière qui se crée entre créateur de contenus et abonnés et les risques d’exposition sur les réseaux sociaux. Ainsi, elle montre les différences technologiques entre les générations, même sans grand écart d’âge. Elle maintient un certain suspense en dévoilant le passé des deux héros au fur et à mesure.

La mangaka a un trait épuré au contour plus épais. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont variées. Toutefois, des hachures marquent les ombres fortes. De même, les trames d’ambiances appuient les émotions. Les décors bien que soignés, situent principalement l’action. Ils s’estompent parfois autour des personnages. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, la mise en page très dynamique joue sur les plongées, contre-plongées, sorties de cadre et gros plans sur les détails. Dans les scènes érotiques, Shinoda sensei s’appuie sur les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes. En début de chapitre, elle dessine le quotidien des personnages dans des illustrations.

En résumé

Étudiant, Utsumi Yukihiro était streameur de son jeu préféré. Mais depuis qu’il travaille, il se contente de poster des photos de ses repas sur les réseaux sociaux. Un jour, alors qu’il déjeunait dans un restaurant, un inconnu l’aborde et lui pointe son manque de vigilance. En effet, il l’a facilement trouvé grâce à ses publications en ligne. Apprenant la sortie d’un nouvel opus de son jeu préféré, Utsumi se reconnecte en ligne et retrouve pourtant sa communauté qui le suit encore malgré ses dix ans d’absence. D’ailleurs, l’un de ses abonnés lui fait un don très généreux. Soupçonnant l’inconnu, il essaie alors de le rencontrer à nouveau pour le rembourser. Mais Sôta Watari refuse. Alors le salaryman lui propose de faire des activités ensemble.

En conclusion

Shinoda Soba sensei offre une comédie romantique douce et mignonne. Elle s’attarde plus sur l’univers des connexions à travers le jeu vidéo, rendant ainsi l’évolution de la romance un peu abrupte. Elle maîtrise toutefois l’équilibre de sa narration. Par ailleurs, son graphisme est rafraîchissant. Le sujet n’intéressera pas tout le monde. Pour ma part, j’ai passé un excellent moment de lecture. J’aurais toutefois aimé quelques chapitres en plus.

La ville à ta couleur – Umeda Miso

couverture de La ville à ta couleurs d'Umeda Miso, éditions Hana

UMEDA Miso 梅田みそ
ISBN: 9782382765111
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784403667114 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

« Mes sentiments ne le regardent pas. »

Umeda Miso sensei propose une romance classique entre deux amis d’enfance dont l’un est secrètement amoureux de l’autre. Toutefois, elle aborde avec finesse la question de l’orientation sexuelle, de la communication et du doute qui persiste dans une relation avec un hétérosexuel. D’ailleurs, elle reprend ces thèmes dans la courte histoire « Tes sentiments en cage ». La narration alterne entre Chika et Miyamori, présentant leurs interrogations. Ne voulant pas briser son amitié, Yoshiyuki fait tout pour cacher ses sentiments tandis que Daiki prend un certain temps pour les comprendre. L’entourage des deux amis permet d’ajouter quelques tensions mais également de faire bouger le couple. Miyuki ajoute toutefois une note humoristique par ses réactions. L’autrice s’intéresse également aux choix d’avenir et à la difficulté à entretenir une relation à distance aussi bien amicale qu’amoureuse.

La mangaka a un trait fin et épuré légèrement anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. En plus de l’utilisation de trames aux tons plutôt clairs, elle dessine des décors soignés mais dans une palette de gris plus clairs que celle du premier plan, donnant ainsi une impression diffuse. De même, les trames d’ambiance très graphiques appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Umeda sensei met souvent en avant les paysages de la ville entre mer et montagne, ajoutant une note poétique au récit. Par ailleurs, dans les scènes érotiques, elle joue sur les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes.

En résumé

La ville à ta couleur / Retour à la maison: Quand il a emménagé il y a dix ans, Miyamori Yoshiyuki a immédiatement subi le harcèlement de Miura. Comme il résistait, il a vite sympathisé avec Chiba Daiki venu également à son aide. Ils sont ainsi devenus inséparables. Maintenant en dernière année de lycée, Yoshiyuki, secrètement amoureux de son ami, hésite encore pour son orientation, d’autant plus qu’il est bon élève. Héritier d’un fabriquant de tissus pour kimonos, Daiki, quant à lui, va apprendre la teinture à Yamagata. Il propose alors à son ami d’intégrer une université là-bas. Que va décider Miyamori?
Tes sentiments en cage: Sagisawa et Ozaki sortent ensemble depuis le lycée. Homosexuel, Ozaki complexe un peu sur ses traits féminins et s’interroge encore sur la sincérité des sentiments de son partenaire qui le compare souvent à une fille…

En conclusion

Umeda Miso sensei propose une tranche de vie des passages importants de l’évolution de la relation entre Daiki et Yoshiyuki. Elle va à l’essentiel mais détaille avec soin leurs différentes interrogations. Son graphisme assez classique reste agréable. Toutefois, je trouve que les quelques moments poétiques et nostalgiques s’intègrent avec maladresse. Le couple est touchant, même si parfois j’avais envie de claquer les deux amoureux. J’ai tout de même passé un agréable moment de lecture.

White liar – Serizawa Tomo

couverture de White liar de Serizawa Tomo, édité par Hana

SERIZAWA Tomo 芹澤知
ISBN: 9782382762493
Hana, 2025
ISBN: 9784824006028 (JP)
Overlap, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre; hard
Recommandation: beaucoup

« Tous les Taiga que je vois ont des visages bien différents de celui avec qui j’ai couché cette nuit-là. »

Serizawa Tomo sensei narre une romance entre un jeune acteur difficile à cerner et un coiffeur fuyant. Elle alterne la narration entre les deux héros. A travers Taiga, elle s’intéresse à la perte d’identité. En effet, l’acteur qui adapte facilement son comportement à ses interlocuteurs, risque de se perdre dans ses rôles. Kei, quant à lui, reste prisonnier de ses mauvaises expériences et fuit ses sentiments. Le passé des deux personnages principaux révélés au fur et à mesure maintient le suspense. Le coiffeur styliste Kasamatsu, l’acteur Ren et la mannequin Mizukawa Lilia jouent les confidents et apportent conseils au couple en formation. Ainsi, l’autrice aborde l’influence des rumeurs, le doute et la difficulté à exprimer ses sentiments. Elle s’amuse sur la compatibilité sexuelle des deux hommes pour analyser l’évolution de leurs sentiments. Par ailleurs, elle questionne sur le coming out au travail et l’acceptation de son partenaire tel qu’il est.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui se simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle soigne les décors qui apparaissent sur les plans larges. Ainsi, elle les estompe légèrement autour des personnages pour les mettre en relief. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance, même graphiques, se font plutôt discrètes. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique met en avant le charme des personnages. Serizawa sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Le coiffeur styliste Shiraishi Kei (28 ans), bisexuel, préfère les coups d’un soir, ayant du mal à accorder sa confiance après plusieurs échecs amoureux. Un soir, il doit s’occuper du jeune acteur prometteur Jinnouchi Taiga (22 ans) qui a tendance à trop entrer dans ses rôles. D’ailleurs, alors qu’il se montre d’abord taciturne, il change complètement de caractère suite à sa nouvelle coupe. Il invite alors Kei au restaurant, n’hésitant pas à draguer le coiffeur. Ce dernier, décomplexé par l’alcool, finit par se confier au jeune acteur. Et les deux hommes finissent donc au lit…

En conclusion

Ce one-shot se classe quinzième meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2024. Serizawa Tomo sensei part d’une romance simple pour proposer un scénario rondement mené avec des personnages touchants. En plus, son graphisme magnifique est un régal pour les yeux, entre le charme ravageur de Taiga et les adorables bouilles de Kei. Une belle lecture!

Salad days 6 – Jing Shuibian et Tang Liuzang

Couverture de Salad days 6 de Jing Shuibian et Tang Liuzang, édité par Nazca

JING Shuibian
TANG Liuzang
ISBN: 9782494400399
Nazca, 2025
2019 (CN)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Vous êtes les protagonistes, et nous, les figurants. »

Jing Shuibian interroge sur la différence entre talent inné et progrès rapide grâce à un entraînement intensif. Ainsi, elle s’attarde sur les compliments qui prennent une connotation sarcastique quand des sentiments négatifs tels que la jalousie ou l’envie, transparaissent, déniant les efforts incommensurables fournis. Les chamailleries entre Luoyun et Xingzhi apportent une note d’humour. De même, le côté protecteur des membres du club de boxe de Bai envers Jiang contraste avec l’ambiance habituellement électrique. Comme Jinyi se montre de plus en plus tactile, Shen s’interroge sur ses sentiments. Par ailleurs, à travers l’histoire de Chen Qingling et Maoxiu, l’auteure s’intéresse au sacrifice de soi pour autrui. Elle montre la place des fans et leurs différents comportements avec, par exemple, le Petit cygne qui idolâtre son ami. Elle aborde également l’échec, la question de la gratuité des places de spectacles, le stress des auditions et la recherche thématique en danse.

Tang Liuzang a un trait épuré et fin qui s’arrondit dans les passages humoristiques. Les couleurs réalistes s’adoucissent grâce aux dégradés et aux ombres en ton sur ton. Par ailleurs, les trames d’ambiance colorées ou graphiques, appuient les émotions. Les décors bien que soignés, sont parfois réduits à l’essentiel pour ne pas surcharger les pages. D’ailleurs, la mise en page très dynamique joue beaucoup sur les chevauchements, les pleines pages et des vignettes de différentes formes qui s’adaptent au contenu. Comme dans le tome précédent, il y a des fiches personnages sur le rabat de la couverture. De même, la jaquette, réversible lors de la première publication, utilise un vernis sélectif qui met en relief les personnages.

En résumé

La rentrée scolaire approche. Jiang Shen se demande alors comment s’organiser pour les cours avec ses entraînements intensifs de danse. Jing Luoyun le rassure d’abord mais lui apprend également que Liu Xingzhi, studieux, aurait pu quant à lui intégrer une grande école. D’ailleurs le meilleur danseur de l’école met un peu la pression au jeune élève. En classe de cours général, Zhang Zhi, du 3e étage, aborde Shen pour le complimenter mais ses remarques semblent surtout insister sur leurs différences. Pendant ce temps, Bai Jinyi se prépare pour un match et compte absolument sur la présence de son ami pour se motiver.

En conclusion

Jing Shuibian maîtrise parfaitement le rythme de son récit. Elle continue d’exploiter différents sujets autour de la passion. Tang Liuzang alterne avec finesse les ambiances colorées, facilitant la lecture. J’apprécie particulièrement de pouvoir découvrir l’évolution des personnages secondaires. Mais j’adore par dessus tout voir Jinyi se heurter constamment au mur d’innocence de Shen malgré toutes ses tentatives de rapprochement. Une merveilleuse lecture!

Salad days 5 – Jing Shuibian et Tang Liuzang

couverture de Salad days 5 de Jing Shuibian et Tang Liuzang, édité par Nazca

JING Shuibian
TANG Liuzang
ISBN: 9782494400382
Nazca, 2024
2019 (CN)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« En continuant de se soutenir dans leur travail et leur passion, ces deux étoiles vont continuer à se rapprocher. »

Jing Shuibian met en avant les entraînements intensifs et contraignants ainsi que la différence de niveau importante entre les élèves. Elle montre également l’influence à double tranchant du soutien externe sur le moral, entre les encouragements bénéfiques et le poids des attentes des villageois. Ainsi, elle aborde la confiance en soi, l’impatience à réussir, la pression ressentie, la jalousie entre élèves. De nouveaux personnages entrent en scène: Liu Xingzhi, meilleur danseur de l’école Lai-Yi, considère Shen comme un rival tandis que Jing Luoyun a tendance à le couver. Par ailleurs, le Petit cygne découvre les médisances des autres élèves. L’escapade à la campagne de tout le groupe d’adolescents permet de détendre l’atmosphère intense du récit et de découvrir leurs projets d’avenir. L’auteure montre l’importance de la passion dans l’investissement personnel. Elle s’amuse également avec le comportement ambigu de Bai Jinyi, dont certaines remarques et taquineries se rapprochent de la drague.

Tang Liuzang a un trait fin et épuré qui s’arrondit dans les passages humoristiques, déformant les personnages en SD. Les couleurs réalistes sont sublimées par les dégradés et les ombres. De même, les trames d’ambiance jouent principalement sur des contrastes colorés. Les décors soignés mettent surtout en avant les paysages de la campagne ainsi que la beauté des immeubles de la ville. Comme dans le tome précédent, la mise en page est très dynamique. Toutefois, on peut rencontrer quelques hésitations sur le sens de la lecture, mais ce n’est pas gênant. La manhuaga présente les personnages sur le rabat intérieur de la couverture. A noter que l’éditeur propose une jaquette réversible lors de la première édition.

En résumé

Durant sa visite du studio Lai-Yi, Jiang Shen reçoit finalement son premier cours avec le professeur Shen Junyi. Ce dernier lui donne déjà des exercices pour améliorer son équilibre corporel et lui explique également toutes les modalités de fonctionnement de son école, dont les frais conséquents comprenant les cours d’enseignements généraux, la nourriture, les vêtements ainsi que le dortoir. Inquiet pour les frais, le Petit cygne appelle son père qui l’encourage pourtant à continuer sa passion. Pendant ce temps, Bai Jinyi a aménagé rapidement la moitié de sa salle de sport en salle de danse pour son ami.

En conclusion

Jing Shuibian commence tout doucement à amorcer la romance dans son récit. Comme à son habitude, elle maîtrise son scénario, alternant entre comique, tension et moments paisibles du quotidien. La présentation des nouveaux personnages va à l’essentiel tout en étant précise. Le graphisme de Tang Liuzang s’affine et ses ambiances de couleurs subliment le récit. Si comme moi, vous avez dû quitter votre foyer pour vos études très tôt, vous trouverez sûrement dans cette série toutes les émotions que vous avez ressenties à cette époque. Une lecture « bonbon »!

Salad days 4 – Jing Shuibian et Tang Liuzang

Couverture de salad days 4 de Jing Shuibian et Tang Liuzang, édité par Nazca

JING Shuibian
TANG Liuzang
ISBN: 9782494400030
Nazca, 2024
2019 (CN)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Apprendre la danse est très dur et usant. »

Jing Shuibian développe maintenant l’univers de la boxe avec Lai Song qui apporte des explications au fil des chapitres. Elle montre également les différentes réactions des spectateurs avec l’ambiance électrique ainsi que les inquiétudes de Jiang Shen, impressionné par les blessures. Obsédé par la boxe, Bai Jinyi a tendance à rejeter tout ce qui ne concerne pas directement sa passion, communiquant avec difficulté avec son coach américain. En même temps que le Petit cygne, le lecteur découvre de nouvelles facettes du boxeur, en particulier son côté séducteur et frimeur. La relation entre les deux amis évolue, chacun étant très attentif aux moindres besoins de l’autre. A la suite du tome précédent, l’auteure dévoile les spécificités de l’école de danse Lai-Yi, dirigée par Shen Junyi, avec entre autres, son organisation tournée vraiment vers la progression des élèves. Par ailleurs, elle met en avant l’émancipation consciente de ses deux héros.

Tang Liuzang a un trait épuré qui se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques, renforçant l’aspect mignon. Les physionomies des personnages ont des caractéristiques bien distinctes tels que la forme des visages et des yeux, permettant de les reconnaître facilement. Les couleurs réalistes transcrivent bien les ombres et les dégradés. De même, les trames d’ambiance, parfois graphiques mais surtout colorées, accompagnent les émotions. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est très dynamique. Un vernis sélectif sublime l’illustration de la couverture. D’ailleurs, la jaquette est réversible lors du premier tirage.

En résumé

Shen Junyi, un grand professeur de danse à Shanghai, rend visite à la famille Jiang. Après quelques tests, il propose à Shen de rejoindre son école. Mais le Petit cygne a également reçu une proposition du célèbre danseur Zhou Luoxiang à Beijing. Qui va-t-il choisir?

En conclusion

Changement d’ambiance avec Bai Jinyi et le monde de la boxe. Jing Shuibian analyse avec finesse l’ambiance, les réflexions ainsi que les réactions des différents intervenants. Le graphisme de Tang Liuzang semble se durcir, avec un trait un peu plus anguleux mettant en valeur les muscles et une ambiance colorée plus sombre. Une lecture toujours aussi passionnante!

Salad days 3 – Jing Shuibian et Tang Liuzang

salad days 3 jing shuibian et tang liuzang

JING Shuibian
TANG Liuzang
ISBN: 9782494400023
Nazca, 2024
2019 (CN)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Tu est parti aux États-Unis, non? »

Jing Shuibian s’attarde sur l’évolution de Jiang Shen, ses progrès et ses projets. Ainsi, elle aborde les choix d’avenir, les hésitations face à des opportunités, la peur de la séparation, le sentiment coupable de poursuivre son rêve à la place d’autres qui y renoncent. Le campagnard a tout à fait conscience que le manque de moyens financiers freine ses ambitions mais continue d’avancer avec le soutien de tous. Bai Jinyi, quant à lui, refuse de rater la moindre chance de progresser. Leur amitié qui se renforce prend la forme d’une relation pure. Les quiproquos apportent une touche humoristique. De même, l’auteure détend les tensions avec les réactions parfois exagérées du groupe d’amis des deux héros. Elle présente également leurs projets d’avenir. A la fin d’un chapitre, des explications avec un lien vers une vidéo YouTube permet de découvrir la danse de la taille verte dont parle Song Xin.

Tang Liuzang a un trait épuré, fin et doux qui se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Elle exagère les expressions. Les couleurs plutôt réalistes utilisent une large palette de teintes, avec un effet doux et mat. D’ailleurs, les contours à peine visibles reprennent le même ton que la couleur de remplissage. Les décors situent principalement l’action et alternent avec les trames d’ambiance colorées. Comme dans le tome précédent, la mise en page très dynamique joue sur les doubles pages et les pleines pages pour mettre en avant l’ampleur des gestes de danse. La manhuaga affine les corps qui se sont développés, marquant ainsi l’évolution des âges. A noter que la jaquette est réversible lors du premier tirage de chaque tome.

En résumé

Jiang Shen n’arrive pas à se concentrer durant ses derniers cours de danse. La professeure Lin lui accorde alors une pause pour qu’il se ressaisisse. En effet, durant la représentation du centre de loisirs, des professeurs de renom viennent recruter leurs futurs danseurs. Song Xin explique alors à son ami les opportunités qui peuvent se présenter à lui, dont la spécificité de deux danseurs célèbres: Zhou Luoxiang et Shen Junyi qui ont fondé leurs écoles avec leurs propres styles. Le soir, tandis que Shen rêvasse en admirant la lune, un appel de Bai Jinyi le ramène à la réalité.

En conclusion

Jing Shuibian analyse avec finesse les différents stades de la réalisation d’un rêve, mettant en avant les difficultés ainsi que les divers soutiens rencontrés par les adolescents durant leur croissance. Le graphisme de Tang Liuzang retranscrit parfaitement l’évolution des corps en pleine croissance, permettant de deviner facilement le temps qui passe. Ainsi, l’histoire peut se concentrer sur l’essentiel, des petites notes comiques détendant l’atmosphère. Je suis complètement happée par le récit de Shen et Jinyi. J’adore leur relation. En plus les scènes de danse sont sublimes. Un petit bijou qui apporte du baume au cœur à chaque tome!