Sous tes caresses 1 – Kasai Chiaki

couverture de Sous tes caresses 1 de Kasai Chiaki, éditions Hana

KASAI Chiaki かさいちあき
ISBN: 9782382762516
Hana, 2024
ISBN: 9784796413404 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Titre original: キミの撫で方躾け方
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Je rêve de me faire dorloter comme ça. »

Kasai Chiaki sensei narre une romance entre un étudiant gay à la fois gentil et « forceur » et un salaryman qui se laisse facilement mener par le bout du nez. Elle installe un jeu de séduction entre les deux hommes, d’abord purement charnel. Ainsi, elle analyse comment les sentiments évoluent entre les petites taquineries. Le passé des deux amants, révélé au fur et à mesure, permet de mieux comprendre leur désillusion envers l’amour. En effet, Niyano connaît parfaitement son point faible (facilement manipulable) mais décide de se laisser faire volontairement. Koganei, très tactile et franc, suit ses envies mais réalise qu’il fait quelques efforts pour son nouveau partenaire. Leur entourage les soutient quelques soient leurs choix. L’autrice aborde donc le manque de confiance en soi et en l’autre, la manipulation, les compromis en amour. Elle joue sur les quiproquos, faisant basculer constamment l’équilibre entre eux.

La mangaka a un trait légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps finement musclés. De même, Koganei dégage une impression mystérieuse à cause de son regard caché sous sa frange ainsi que de la nonchalance constamment contrebalancée par une gestuelle sensuelle. Les trames peu nombreuses renforcent l’aspect incisif du trait tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, une trame rayée recouvre les vignettes de flash-back. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique joue beaucoup sur l’absence de cadrage ou la forme des cases s’adaptant à leur contenu. Kasai Chiaki sensei ne censure par les scènes érotiques et dessine même des coupes intérieures. D’ailleurs, elle offre une scène par chapitre. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages. Il y a également des yonkoma en fin de chapitre qui apportent des anecdotes.

En résumé

Après avoir été plaqué par sa petite amie, Niyano Takashi décide de renoncer à l’amour. Il aime fréquenter un bar gay avec son ami Aki, et fantasme depuis quelque temps sur le bel étudiant Koganei Jun (20 ans). En plus, lors de son emménagement dans son nouvel appartement, il découvre qu’ils sont voisins. Koganei sympathise rapidement avec Niya et se montre toujours bienveillant avec lui. Malgré la réputation de dragueur de l’étudiant, Takashi finit par tomber amoureux…

En conclusion

Spin-off de How to keep me, and how to scold, on découvre donc le couple de Waka et Sayama devenus adultes. Kasai Chiaki sensei propose une romance perturbante avec une relation déséquilibrée mais assumée par le couple. Ainsi, elle analyse en détail l’évolution des sentiments des personnages. Son graphisme facilement reconnaissable dégage beaucoup de sensualité. Je craque complètement pour ce récit et j’adore voir Koganei et Niyano s’interroger constamment. Une lecture intrigante!

Kitayama & Minamiya 1 – Satoh Sugar

Couverture de Kitayama et Minamiya 1 de Satoh Sugar, éditions Hana

SATOH Sugar 砂藤シュガー
ISBN: 9782382765197
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784781622316 (JP)
East press, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Le plan d’origine de Minamiya sera-t-il contré par les sentiments sincères de son nouveau partenaire? »

Satoh Sugar sensei confronte un impatient lycéen aux hormones bouillonnantes à un sérieux étudiant romantique. Ainsi, elle joue sur les quiproquos mais également les commentaires des personnages qui nous rappellent parfois qu’il s’agit d’un manga. La narration alterne entre les deux jeunes hommes. Minamiya à l’imagination débordante élabore des stratégies pour satisfaire sa curiosité mais son manque d’expérience et les recadrages de Kitayama bouleversent tout à chaque fois. Il sera alors amené à réfléchir à l’amour. Les deux hommes apprennent à se connaître et construisent finalement une relation consensuelle. Leur collègue Nishiko et la sœur d’Ayumu soutiennent le couple. L’autrice aborde donc l’importance du consentement, de la communication dans le couple, du temps pour développer et renforcer ses sentiments. Elle surprend les lecteurs par des réactions imprévues, inversant à chaque fois le rapport entre manipulateur et manipulé.

La mangaka a un trait épuré, presque dépouillé, avec un contour épais qui donne du relief. Elle transforme ses personnages en SD dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie, en aplat. Toutefois, les trames d’ambiance très graphiques accompagnent la narration. De même, un fond noir marque les flash-back. Par ailleurs, les décors apportent une note réaliste. Ainsi, le style graphique tout en contraste renforce la dynamique de la mise en page. D’ailleurs, Satoh sensei s’attarde sur les détails comme les gestes discrets. Dans les scènes érotiques, elle joue d’abord sur les cadrages pour ne rien montrer mais censure ensuite les parties intimes par des bandelettes blanches dans l’histoire bonus, offrant même des coupes intérieures. Les personnages posent dans les illustrations en début de chapitre. A la suite, un petit dessin donne une anecdote ou conclut le chapitre précédent.

En résumé

En parallèle de ses études, le lycéen Minamiya Ayumu travaille dans une supérette. La tête pleine de fantasmes, il aime imaginer les visages lubriques des personnes qu’il rencontre. Toutefois, malgré son imagination débordante, il n’y arrive pas avec son collègue et étudiant Kitayama Yuuki. Il élabore alors une stratégie pour le séduire et arriver à ses fins.

En conclusion

Ce tome se classe quatrième des meilleurs nouveaux venus au Chill chill BL award 2024. Satoh Sugar sensei maîtrise le développement de son histoire, surprenant jusqu’à la conclusion. Malgré la répétition de certains gags, elle crée une dynamique entraînante entre les deux étudiants. Son graphisme, qui joue beaucoup sur les contrastes et différents styles, apporte beaucoup de fraîcheur tout en étant très expressif. Je craque complètement pour Kitayama, très à cheval sur le consentement. Je trouve qu’il apporte beaucoup de saveur au récit. Une lecture séduisante!

Tu me coupes le souffle 3 – Sumiya Zeniko

couverture de Tu me coupes le souffle 3 de Sumiya Zeniko, éditions Taifu

SUMIYA Zeniko 澄谷ゼニコ
ISBN: 9782375064405
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784799758762 (JP)
Libre, 2022 (JP)
Titre original: 息できないのは君のせい 3
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Si tu n’y arrives pas tout seul, trouvons une solution ensemble. »

Sumiya Zeniko sensei introduit un fauteur de troubles, Miyoshi Reiichi (27 ans), qui oblige le couple à s’interroger sur leur relation et leur avenir. Comme dans le tome précédent, elle aborde le sentiment d’impuissance et la question de la confiance en soi et en son partenaire. Par ailleurs, elle révèle par brides le passé de Shizuki, mettant en avant son talent au saxophone pour le jazz. Kanno Junko (17 ans) et Shibasaki Iori (25 ans) apportent une note comique en se transformant en fans du couple. A cause de Miyoshi, un certain malaise s’installe entre les deux amoureux qui communiquent pourtant mieux. Les deux hommes révèlent encore de nouvelles facettes. Ainsi, l’autrice analyse avec finesse le passage des différentes émotions de Yukiji et Jun face à ces nouveaux obstacles à surmonter. Par ailleurs, avec la famille Shizuki, elle présente d’autres réactions suite à un coming out.

La mangaka a un trait épuré. Et elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle utilise les trames avec parcimonie. Les trames d’ambiance plutôt graphiques participent à la narration. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors bien que soignés situent surtout l’action. La mise en page classique s’accorde parfaitement à son style, les chapitres courts s’attardant sur un thème mis en avant. Dans les scènes érotiques, Sumiya sensei s’arrête aux préliminaires. Elle offre deux planches amusantes sous la jaquette à propos des tenues. Elle illustre également les demandes des gagnants d’un concours de slogan en fin de tome. L’illustration du frontispice semble être la suite de la couverture. A la fin des chapitres, des planches bonus apportent des anecdotes.

En résumé

En début d’après-midi, Yano Yukiji réveille Shizuki Jun (25 ans) pour aller faire leurs courses comme promis. Quand le couple passe devant une bijouterie, il commence à réfléchir à s’acheter des alliances. Mais Shizuki ramène vite son petit ami à la réalité en lui rappelant le rejet actuel de leur relation par le père de ce dernier. Remarquant que le barman ne répond pas aux appels incessants d’un certain Miyoshi Reiichi, une ancienne connaissance, Yano rassure son bien-aimé en se montrant compréhensif…

En conclusion

Sumiya Zeniko sensei continue de développer cet adorable couple en posant de nouveaux obstacles à surmonter. Elle analyse avec finesse les émotions et les réactions. Son graphisme mignon et très expressif suffit à la compréhension et permet ainsi d’éviter de longs monologues explicatifs. Je fonds complètement pour ce couple!

Pavlov lover – Tsushiko

Couverture de Pavlov lover de Tsushiko, éditions Hana

Tsushiko つし子
ISBN: 9782382767542
Hana, 2025
ISBN: 9784866693675 (JP)
J Publishing, 2021 (JP)
Titre original: 計画的パブロフメイカー
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Quand la cuisine se mélange au sexe… »

Tsushiko sensei propose une romance autour d’un fantasme: manger ou être mangé. Elle aborde légèrement la question de la différence d’âge, privilégiant le jeu érotique mais consensuel du couple. Ainsi, la narration alterne entre les deux amants. Malgré son côté innocent, Eiji parle franchement et a tendance à foncer. Au contraire, Aki se montre fuyant, prisonnier de mauvais souvenirs. Tous deux s’interrogent constamment sur leur comportement, leurs sentiments et leurs sensations, conscient que l’exploration du corps de son partenaire par des « morsures » peut paraître pervers ou du moins bizarre. Le collègue d’Aki, Shônai, apporte conseil mais également morale. L’autrice s’intéresse donc à l’acceptation de l’autre tel qu’il est, aux similitudes de la joie procurée par la nourriture ou le sexe. Elle maintient un certain suspense en révélant leur passé par brides.

La mangaka a un trait très légèrement épuré. Elle utilise une palette limitée pour les trames. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Tsushiko sensei censure les parties intimes par des hachures et des trames qui occultent les détails. Pourtant, elle dessine des coupes intérieures.

En résumé

Le cuisinier Shinojima Aki aime voir les gens se régaler. Il a remarqué un lycéen affamé qui bave souvent devant la vitrine du restaurant. Un jour de pluie, alors que les clients annulent un à un leurs réservations, il propose alors à Unozawa Eiji de manger ce qu’il lui prépare. Charmé par le ravissement de l’étudiant, le cuisinier l’invite même chez lui pour un autre dîner. Mais au cours de leur discussion, Aki laisse échapper un de ses fantasmes: se faire dévorer. A sa surprise, Eiji lui mord alors la joue puis le cou…

En conclusion

Tsushiko sensei construit une romance sexy autour d’un fantasme particulier. D’ailleurs, ce sujet ainsi que la différence d’âge entre les protagonistes pourront gêner certains lecteurs. Pour ma part, j’ai apprécié cette lecture qui m’a d’abord surprise. Mais les plats appétissants et le côté sexy m’ont très vite charmée. Une lecture sympathique!

Sink into the bright blue – Parua

Couverture de Sink into the bright blue de Parua, éditions Hana

Parua ぱるあ
ISBN: 9782382767573
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784866693620 (JP)
J Publishing, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« C’est le seul moment où je peux échapper à cette famille qui m’oppresse. »

Parua sensei offre une tranche de vie décrivant d’abord l’ambiance familiale d’une maison d’hôte ainsi que des amours contrariés. Elle alterne la narration entre Edward et Albert. En dévoilant leur passé par brides, elle maintient une tension constante ainsi que du suspense jusqu’à la fin. En effet, derrière la chaleur de Maggie et Al se cachent des drames douloureux passés et à venir. De même, Ned tente de fuir l’influence de sa famille à travers ses écrits. Malgré une attirance réciproque, les deux hommes préfèrent taire leurs sentiments, prisonniers de leurs conditions actuelles. Ainsi, l’autrice aborde le poids des hésitations, les conséquences des violences intrafamiliales ainsi que l’influence du devoir filial. Elle analyse les différentes émotions à diverses étapes d’un amour contrarié, entre passion, séparation et retrouvailles.

La mangaka a un trait fin plutôt arrondi, de style shôjo. Ainsi, elle dessine de grands yeux expressifs, des sourires et des rires qui occupent la moitié du visage et des rougissements faciles. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. Toutefois, ses SD ont plutôt un aspect de poupée avec une grosse tête sur un corps fin. Par contre, les décors soignés apportent une note réaliste. De même, les trames très variées s’attardent sur les détails, comme les ombres du feuillage sur le visage. Par ailleurs, les trames d’ambiance graphiques (bulles, scintillement, pois…) accompagnent les émotions. La mise en page est dynamique. Parua sensei ne censure pas les scènes érotiques. Néanmoins, elle évite de trop les détailler. En fin de tome, elle donne la recette de la limonade ainsi que des anecdotes. La couverture se classe dix-septième au Chill chill BL award 2022.

En résumé

Le romancier Edward (28 ans), surnommé Ned, passe, pour la troisième année consécutive, son été dans la maison d’hôte de Margaret (35 ans) et Albert (30 ans). Il y apprécie particulièrement l’ambiance familiale. D’ailleurs, il reçoit toujours avec humour les déclarations d’amour de Maggie et Al.

En conclusion

Pour son premier BL publié, Parua sensei maîtrise plutôt bien son scénario, offrant une romance mature et réaliste, malgré quelques évènements précipités. Elle diffuse avec subtilité la tension latente en laissant le temps de découvrir les moments dramatiques. En plus, son graphisme transcrit avec finesse les ambiances. J’ai passé un bon moment de lecture même si certains éléments se devinent facilement. Une lecture poignante!

One week family – Yatsuhashi

Couverture de One week family de Yatsuhashi, éditions Hana

Yatsuhashi やつはし
ISBN: 9782382764145
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784799755686 (JP)
Libre, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« On ne peut pas évaluer le bonheur des autres selon nos propres critères. »

Yatsuhashi sensei propose de suivre la semaine d’adaptation de l’acteur Ren avec le sage Yû et son agent papa poule Kei. Elle s’intéresse principalement au travail des agents et des jeunes acteurs. Ainsi, elle aborde la vie intense que subit un enfant acteur, les difficultés pour continuer sa carrière une fois adulte, le jugement sur l’apparence qui fragilise la confiance en soi des acteurs débutants, l’influence des rumeurs. Le passé de Kei se dévoile au fur et à mesure, révélant l’origine de ses doutes. Ren, qui a peur de blesser ceux qu’il côtoie, n’hésite pas à se remettre constamment en question. Ainsi l’autrice s’intéresse à la perception tronquée entre réalité et fiction ainsi que la différence entre amour et admiration. Elle donne la priorité aux liens entre les personnages et à l’équilibre qui s’installe plutôt qu’à la romance. Elle montre l’importance du soutien et de l’acceptation de soi.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo avec de grands yeux expressifs, des têtes plutôt rondes et des corps longilignes. Elle le simplifie et l’arrondit encore plus dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle utilise les trames aux tons dominants clairs avec parcimonie. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors soignés étant très présents ajoutent une note réaliste. La mise en page est très dynamique. Comme Yatsuhashi sensei privilégie l’interaction entre les personnages, il n’y a aucune scène érotique.

En résumé

Mal à l’aise avec les enfants, l’acteur montant Fujimaru Ren (20 ans) doit pourtant jouer dans un film avec Kusaka Yû (5 ans), le fils de la présidente de son agence de production. Son agent Hanada (30 ans) lui propose alors de se familiariser un peu avec les enfants et lui prépare tout un programme. Ainsi, Yû vient s’installer une semaine chez l’acteur. A la grande surprise de Ren, l’agent de l’enfant s’avère être Haruo Kei, un ancien acteur prodige qu’il a toujours admiré. Comment va se passer leur cohabitation?

En conclusion

Yatsuhashi sensei nous plonge dans une ambiance familiale emplie de bienveillance. En plus, son graphisme qui dégage beaucoup de douceur rend les bouilles des adultes toutes aussi mignonnes que celles de Yû. Oubliez la romance, elle est anecdotique mais cela ne dérange en rien l’appréciation du récit. J’ai d’ailleurs passé un excellent moment de détente!

Day off 1 – Dailygreens

couverture de Day off 1 de Dailygreens, éditions Komogi

Dailygreens
ISBN: 9782494300088
Komogi, 2024
Rusuban studio, 2021 (TW)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Mon subordonné est trop mignon, c’est un vrai problème! »

Dailygreens découpe ses chapitres en courts épisodes, offrant un instantané d’une tranche de vie sur un thème donné. Elle met surtout en avant le quotidien du mignon et sérieux subordonné avec son gentil et autoritaire supérieur. Ainsi, la narration alterne entre les deux salarymen. Leurs échanges souvent charmants et bienveillants, installent petit à petit un jeu de séduction. Au fil du récit, l’introduction de leurs collègues et de leur famille permet d’aborder des sujets plus délicats tels que l’homophobie, le poids des rumeurs, la pression sociale mais également l’acceptation et le soutien. Hua Xiaofei et Shi Dongyun essaient de ne pas afficher ouvertement leurs sentiments mais se laissent facilement emporter, créant des moments comiques et quelques tensions. Toutefois, l’autrice dévoile par brides leur passé qui semble un peu plus dramatique. D’ailleurs, elle ajoute du suspense avec l’ambivalent Shi Chunlei, le frère de Dongyun.

Dailygreens a un trait épuré qui s’arrondit et même se déforme dans les passages humoristiques. Ainsi, elle n’hésite pas à dessiner des têtes presque carrées, proche des SD. Par ailleurs, elle joue sur le contraste de couleurs franches avec des tons plus pastel. D’ailleurs, les couleurs sont en aplat. Les trames d’ambiance par contre sont graphiques ou colorées. Les décors détaillés, reprenant souvent des photographies pour les paysages extérieurs, s’estompent parfois pour mettre en valeur le premier plan. La mise en page dynamique conserve quelquefois le défilement vertical du webtoon mais réussit à maintenir l’effet de surprise sur la conclusion. Les scènes érotiques s’arrêtent pour l’instant aux préliminaires. En fin d’épisode, une illustration ou un personnage en SD apportent une anecdote. De même, les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien du couple.

En résumé

Constatant que son supérieur Shi Dongyun (29 ans) est fatigué en ce moment, le subordonné Hua Xiaofei (25 ans) lui prépare une petite surprise…

En conclusion

Dailygreens arrive en quelques cases à faire passer les émotions de ses personnages. A travers le simple quotidien de ses deux héros, elle aborde les différentes difficultés rencontrées par les homosexuels. Son graphisme expressif et simple est rafraîchissant et efficace. J’ai découvert la série via la plate-forme Piccoma. Quel plaisir de relire ce titre, qui procure du pur bonheur, en version papier!

Senpai, this can’t be love! – Harekawa Shinta

Couverture de Senpai, this can't be love! de Harekawa Shinta, éditions Taifu

HAREKAWA Shinta 晴川シンタ
ISBN: 9782375064887
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784040658469 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Qu’est-ce que je ressens, au juste? »

Harekawa Shinta sensei nous plonge dans l’univers d’un studio 3D, n’hésitant pas à intégrer des fiches explicatives dans le récit. Elle aborde donc les difficultés des différents métiers, les interactions entre les chaînes de production, la pression entre les délais et les exigences du client. Ainsi, à travers Yanase, elle montre comment une passion peut se transformer en douleur, avec la perte d’estime de soi, les frustrations, le manque de motivation. Les personnages secondaires ajoutent une note d’humour par leurs réactions ou leurs remarques piquantes. La narration se base principalement sur le point de vue du designer 3D. Comme le tuteur et la nouvelle recrue ont du mal à communiquer, leur relation avance par à-coups, créant plus de tension que de romance. Par ailleurs, Kaneda analyse ses sentiments. Toutefois, l’autrice ne les partage pas explicitement. Elle interroge également sur la distinction entre admiration et amour.

La mangaka a un trait épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle travaille les expressions, n’hésitant pas à les exagérer. Ainsi, Kaneda change d’émotions en quelques secondes, de bourru à timide. Des hachures marquent les ombres fortes et les rougissements envahissants. Les trames sont équilibrées. Toutefois, les extraits de film 3D, plus surchargés, apparaissent comme peints, rendant les textures. De même, les trames d’ambiance graphiques appuient les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Par ailleurs, Harekawa sensei ne censure pas vraiment les scènes érotiques, mais les parties intimes, avec un fin contour blanc, se fondent dans les trames. En début de chapitre, elle dessine les personnages en SD.

En résumé

Le designer 3D Yanase Jun, nommé tuteur de Kaneda (25 ans), rencontre des difficultés. En effet, bien que le jeune employé soit doué, il se montre froid et distant et le rabroue dès qu’il le touche. Alors que le studio va travailler sur un nouveau projet, l’étoile montante du monde de la 3D se demande si le nouveau sera capable de travailler en équipe. Mais en réalité, Kaneda est un grand fan de Yanase…

En conclusion

Harekawa Shinta sensei permet de découvrir l’univers d’un studio 3D au détriment de la romance qui semble se dérouler un peu abruptement. Toutefois, elle présente l’essentiel et laisse libre cours à l’imagination des lecteurs. En plus, son graphisme expressif permet de deviner les émotions des personnages et rend la lecture agréable. Si vous vous sentez frustrés par le manque de romance, il y a deux autres tomes. La série a été adaptée en drama, disponible sur Gagaoolala. J’ai beaucoup apprécié cette histoire. Je craque d’ailleurs pour les bouilles de Yanase et Kaneda.

Here U are 3 – Djun

couverture de Here U are 3 de Djun, éditions Taifu

Djun
ISBN: 9782375064504
Taifu comics, 2025
Dongman, 2017 (CN)
Manhua
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« J’ai dû mélanger mes rêves et mes souvenirs flous. »

Djun développe un peu plus les questions sur la communication et le jugement sur l’apparence. Elle pointe certains clichés qui deviennent des critères de « classement » sociétal comme par exemple les effets de mode tels que les tenues assorties pour les couples et certains gestes amicaux confondus avec de l’affection amoureuse. Ainsi, le lecteur peut constater de possibles similitudes avec le couple de Lin Xiang et Yu Xiaogung qui affichent ouvertement son amour. Li Huan essaie de décrypter ses nouveaux sentiments tandis que Yu Yuang tente d’oublier son amour à sens unique. D’ailleurs, l’autrice révèle un peu son passé, dévoilant la relation compliquée qu’il entretient avec ses parents. Ainsi, elle dénonce les différentes réactions négatives face à l’homosexualité ainsi que la pression constante pour imposer une « normalité ». Xia Wangwang, malgré son comportement problématique, et Dabai détendent l’atmosphère.

Djun a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques, se rapprochant du style SD. D’ailleurs, comme dans le tome précédent, elle ajoute Chu Huanwen, de la couverture, avec un adorable pyjama animal dans le sommaire. Les personnages ont des physionomies caractéristiques qui permettent de les reconnaître facilement. Les couleurs plutôt réalistes utilisent différents dégradés de tons pour les ombres. De même, les trames d’ambiance se font très discrètes. Les décors soignés situent principalement l’action. La mise en page est par ailleurs dynamique.

En résumé

Après une soirée trop arrosée, Yu Yang se réveille le lendemain dans sa chambre. Il réalise alors que ses souvenirs de la veille sont complètement flous et décide donc d’ignorer ce vague baiser avec Li Huan. Chu Huanwen lui apprend alors que l’étudiant en première année a pris soin de lui et qu’une bagarre a éclaté dans une des chambres du dortoir. Quand Yu croise la bande de Wang Ming en piteux état, il est surpris de les voir s’excuser. En retrouvant ensuite Li, il tente alors de se réconcilier…

En conclusion

Djun passe d’un sujet à un autre avec fluidité, sans se perdre, introduisant au fur et à mesure les nouveaux personnages. Elle maintient le lecteur en haleine avec des moments comiques imprévisibles et des révélations au compte-gouttes. En plus son magnifique graphisme, à la fois expressif et mignon, est un pur bonheur. Beaucoup d’émotions et de surprises dans ce tome!

Liés et connectés dans notre monde – Shinoda Soba

couverture de Liés et connectés ensemble au monde de Shinoda Soba, éditions Hana

SHINODA Soba しのだ楚芭
ISBN: 9782382762707
Hana, 2025
ISBN: 9784845859436 (JP)
Leed, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Que feriez-vous si un inconnu vous faisait don d’une somme conséquente? »

Shinoda Soba sensei narre une romance autour du thème des jeux vidéos. Ainsi, elle analyse les différents points de vue entre les créateurs, les joueurs mais également les non initiés. Elle s’intéresse aussi à la promotion des jeux avec par exemple l’exposition des programmeurs, les cafés à thème ainsi que le partage d’une passion via le streaming ou les réseaux sociaux. Utsumi semble afficher deux personnalités différentes entre son identité virtuelle et celle réelle. Sa passion reste présente malgré ses obligations chronophages. Sôta, quant à lui, s’ouvre petit à petit au contact du salaryman. Par ailleurs, l’autrice aborde la relation particulière qui se crée entre créateur de contenus et abonnés et les risques d’exposition sur les réseaux sociaux. Ainsi, elle montre les différences technologiques entre les générations, même sans grand écart d’âge. Elle maintient un certain suspense en dévoilant le passé des deux héros au fur et à mesure.

La mangaka a un trait épuré au contour plus épais. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont variées. Toutefois, des hachures marquent les ombres fortes. De même, les trames d’ambiances appuient les émotions. Les décors bien que soignés, situent principalement l’action. Ils s’estompent parfois autour des personnages. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, la mise en page très dynamique joue sur les plongées, contre-plongées, sorties de cadre et gros plans sur les détails. Dans les scènes érotiques, Shinoda sensei s’appuie sur les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes. En début de chapitre, elle dessine le quotidien des personnages dans des illustrations.

En résumé

Étudiant, Utsumi Yukihiro était streameur de son jeu préféré. Mais depuis qu’il travaille, il se contente de poster des photos de ses repas sur les réseaux sociaux. Un jour, alors qu’il déjeunait dans un restaurant, un inconnu l’aborde et lui pointe son manque de vigilance. En effet, il l’a facilement trouvé grâce à ses publications en ligne. Apprenant la sortie d’un nouvel opus de son jeu préféré, Utsumi se reconnecte en ligne et retrouve pourtant sa communauté qui le suit encore malgré ses dix ans d’absence. D’ailleurs, l’un de ses abonnés lui fait un don très généreux. Soupçonnant l’inconnu, il essaie alors de le rencontrer à nouveau pour le rembourser. Mais Sôta Watari refuse. Alors le salaryman lui propose de faire des activités ensemble.

En conclusion

Shinoda Soba sensei offre une comédie romantique douce et mignonne. Elle s’attarde plus sur l’univers des connexions à travers le jeu vidéo, rendant ainsi l’évolution de la romance un peu abrupte. Elle maîtrise toutefois l’équilibre de sa narration. Par ailleurs, son graphisme est rafraîchissant. Le sujet n’intéressera pas tout le monde. Pour ma part, j’ai passé un excellent moment de lecture. J’aurais toutefois aimé quelques chapitres en plus.