Kiss to Snow White 1 – Yoshio Akira

kiss to snow white 1 yoshio akira
YOSHIO Akira 吉尾アキラ
ISBN: 9782382760871
Hana, 2021
ISBN: 9784796413091 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Une lutte entre passé, présent et futur. »

Yoshio Akira sensei nous plonge dans une romance dramatique emplie de suspense. Elle dévoile des secrets de plus en plus sombres, abordant ainsi la prostitution, le proxénétisme, la manipulation. Sous l’emprise de son père, Asuka a éteint tout sentiment, exécutant ses ordres tout en croyant faire pénitence. Il a également perdu toute estime de lui-même. Alors qu’il cherche à préserver son ami au caractère flamboyant, ce dernier va imposer son sauvetage. L’auteure joue beaucoup sur les contrastes, comme par exemple des caractères opposés, la différence entre vraie personnalité et perception. Elle questionne le lecteur sur le jugement de valeurs différent, les limites de la moralité, la reconstruction. Avec les personnages secondaires, elle détend un peu l’atmosphère générale tout en portant un regard extérieur sur la situation complexe d’Ichijô. Une histoire plus légère en fin de tome permet de respirer après autant de noirceur humaine.

La mangaka a un trait anguleux, fin et épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, arrondissant les visages qui deviennent alors tout mignon. Elle dessine des personnages plutôt sveltes. Les trames très variées ajoutent une touche réaliste, en plus des décors présents et soignés. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Yoshio sensei ne développe pas les scènes érotiques sans consentement. Toutefois, elle suggère par des mots ou des images furtives la violence de certains rapports. Par ailleurs, elle compense cette absence de sensualité dans « First love glitter », sans pour autant détailler les parties intimes. Les illustrations en début de chapitre mettent en scène les héros. La couverture obtient la troisième place au Chill chill BL award 2020.

En résumé

Kiss Snow White / Bonus: Le professeur Wakamiya demande à Ichijô Asuka de l’aider à retrouver un nouvel élève, Zaizen Masamune, qui s’est perdu. Cela n’enchante guère le président du Conseil des élèves, ayant reconnu le nom d’un ami d’enfance qu’il n’a plus vu suite à un déménagement. Mais il tombe sur lui par hasard et l’emmène ensuite à la salle des professeurs. De retour à la salle du Conseil des élèves, le vice-président Takami Kuon lui saute dessus, ne pouvant retenir son ardeur et son amour. En effet, sous ses airs d’élève modèle, Asuka s’adonne en réalité à une vie de débauche. Mais Zaizen qui surprend leur conversation essaie alors de comprendre les raisons du changement de son ami…
First love glitter: Onizuka Shinnosuke (16 ans) s’est fait plaquer par sa petite amie car il a critiqué sans délicatesse le bentô qu’elle lui avait préparé. Son ami d’enfance Amô Rei lui apporte alors un mouchoir humide pour soulager sa joue meurtrie par la gifle de la lycéenne. Il a toujours pris soin de lui et s’avère doué dans les tâches ménagères. Onizuka réalise alors qu’il a toujours comparé ses conquêtes à Amô qui représente la petite amie idéale…

En conclusion

Yoshio sensei arrive à créer un univers infâme tout en gardant une certaine pudeur dans sa narration. Elle nous dépeint un père odieux et monstrueux sans le montrer une seule fois, décuplant ainsi l’empathie envers ses victimes. Je suis facilement transportée par l’entrain de Zaizen et ne peut que souhaiter un dénouement doux et magnifique. Une lecture prenante qui ne laisse pas indifférent, malgré un réalisme improbable de la situation.

Mods – Natsume Kazki

mods natsume kazki
NATSUME Kazki ナツメカズキ
ISBN: 9782368775707
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784864422642 (JP)
Tokyo mangasha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

L’amour peut être douloureux quand il s’accompagne d’espoir.

Natsume Kazki sensei développe une romance dans un univers très sombre. Elle distille des éléments du passé dans des flash-back plus long, équilibrant avec finesse les sauts dans le temps. Elle dépeint le côté funeste de la prostitution tenue par les yakuzas profitant des victimes d’incestes ou de pédophilie. Suite aux traumatismes subis depuis l’enfance, Shiro a peur d’aimer et même d’espérer s’en sortir. Nobutora s’interroge d’abord sur son attirance pour le prostitué alors qu’il est hétérosexuel, puis cherche à comprendre son comportement extrême. L’auteure s’attarde particulièrement sur les changements de ses héros, la douleur qui se développe en parallèle des sentiments. Elle apporte un peu de chaleur humaine avec le fantasque Shigure. Elle joue sur les contrastes et les métaphores, apportant une touche particulière à son récit.

La mangaka donne une touche brute à son trait épuré et anguleux. Elle esquisse ou simplifie les décors pourtant bien présents. Tora est finement musclé. Le jeu des trames installe des contrastes. D’ailleurs, les lumières et les éléments climatiques renforcent aussi les ambiances. Par exemple, la pluie apporte une touche poétique dramatique. L’agencement des cases, des vides et des angles de vue rend dynamique la mise en page. Natsume sensei censure à peine les scènes érotiques. Elle estompe quelques détails des parties intimes et dessine même des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle présente les personnages avec sa postface.

En résumé

Afin d’éponger la dette contractée par sa sœur qui s’est fait arnaquer, Nakata Nobutora (23 ans) accepte de travailler comme chauffeur pour Rain, un établissement de prostitution masculine. Mais contrairement à l’annonce, il se retrouve à s’occuper également de Shiro (25 ans). En plus, Haru (32 ans), le patron ancien yakuza, n’hésite pas à modifier ses consignes. Alors que Tora n’a pas encore commencé à travailler, Shiro lui fait déjà des avances, bradant même ses tarifs pour l’amadouer. Le chauffeur n’est d’ailleurs pas au bout de ses peines car le prostitué n’ayant aucune limite, se retrouve souvent agressé par ses clients. D’ailleurs un soir, alors que le délai de la prestation était passé, Nakata trouve Shiro blessé dans la chambre. Pendant qu’il le soigne et l’interroge, une réponse du prostitué à une de ses questions retient toute son attention.

En conclusion

Ce one-shot obtient la sixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2017. Tanaka Nobutora est classé quinzième meilleur seme et Shiro neuvième meilleur uke. Pour son deuxième manga, l’auteure offre une narration jouant sur les contrastes. Par exemple, Shiro (homonyme de blanc en japonais) porte des couleurs claires mais a une personnalité aussi sombre que son enfance. Au contraire, Nobutora, habillé de couleurs sombres et aux cheveux noirs, semble immaculé par sa gentillesse. Ensuite, avec la chanson présente en introduction et en conclusion Memory of dear sky, Natsume sensei ajoute une touche poétique. Elle met encore en avant un homonyme de ciel en japonais avec le vrai prénom de Shiro. Attention, certaines scènes pourront choquer les âmes sensibles. Je suis complètement conquise par ce récit sombre mais qui apporte un petit peu d’espoir.

Mignon et incompréhensible – Owal

mignon et incomprehensible owal
Owal おわる
ISBN: 9782368770758
Hana, 2021
ISBN: 9784801964662 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Titre original: 理解不能クソキューティ
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Il est instable et incompréhensible, mais son corps est si sexy, totalement mon type! »

Owal sensei offre une romance sexy entre un professeur gay avare et son étudiant effronté. Elle commence d’abord son récit comme une simple comédie romantique mais intègre ensuite des thèmes de plus en plus sérieux. Ainsi, elle aborde le jugement sur l’apparence, la prostitution et le sacrifice de soi pour réaliser ses rêves. Malgré son air sévère, Nakahara est très gentil. Il ne s’attache plus à ses partenaires suite à une mauvaise expérience. Au contraire, Hirose cache sa situation critique derrière son enthousiasme. Même s’il se montre insouciant, il a clairement conscience des risques de son petit boulot et de sa dépendance envers Kiryû. L’auteure développe les sentiments entre les deux héros, faisant évoluer petit à petit leur relation. Elle alterne la narration entre Tatsuya et Tsumugi. Elle oblige le lecteur à s’interroger sur le sugar daddy Kiryû au comportement à la fois généreux mais abusif.

La mangaka a un trait épuré et fin. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, dessinant des bouilles adorables toutes rondes. De même, elle met en avant la plastique de ses personnages, jouant sur le fan service, en particulier avec la musculature de Tatsuya et les mignonnes expressions de Tsumugi. L’équilibre les trames offre une bonne balance entre les clairs-obscurs. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. En revanche, les décors situent principalement l’action. Owal sensei utilise des angles de vue parfois osés et originaux et n’hésite pas à déstructurer sa mise en page pour renforcer la dynamique. Elle ne censure pas les scènes érotiques, présentes à chaque chapitre. Parfois, un halo vient légèrement atténuer les détails. Elle intègre les illustrations en début de chapitre directement au récit. Sous la jaquette, deux dessins présentent une tranche de vie du couple sous forme d’une publication sur les réseaux sociaux.

En résumé

Le designer graphique Nakahara Tatsuya (26 ans) donne des cours à temps partiel dans une université spécialisée dans la mode. Dans son cours, il éprouve quelques difficultés avec le jeune Hirose Tsumugi. Le déluré et bruyant étudiant arrive à chaque fois de justesse en cours à cause de son petit boulot qui se termine tard la nuit. Mais un jour, il l’attend en fin de journée pour lui demander des explications sur le logiciel de graphisme présenté en cours. Bien que n’aimant pas travailler gratuitement, l’enseignant accepte de le former. Mais à la fin du cours, Tsumugi lui saute dessus pour le remercier en nature…

En conclusion

Ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2019 mais est cité parmi les meilleurs mangas qui fendent le cœur sans arrêt. J’adore les uke entreprenants, je craque donc complètement pour ce récit, d’autant plus en découvrant les circonstances de Hirose. En revanche, il y a beaucoup de scènes sans consentement, pouvant gêner certains lecteurs. Ce titre ne plaira pas à tout le monde. Mais pour ma part, je trouve le couple attachant et la dynamique entre les personnages intéressante.

L’oiseau de Shangri-la 2 – Zariya Ranmaru

l oiseau de shangri la 2 zariya ranmaru
ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782382760475
Hana, 2021
ISBN: 9784829686430 (JP)
Printemps shuppan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Apollon et Fee se rapprochent petit à petit.

Zariya Ranmaru sensei continue à développer l’univers de Shangri-la en révélant ses côtés sombres. Elle met en avant la position précaire de l’établissement qui dépend des décisions politiques du continent. De même, des intrigues supplémentaires égratignent l’image idéale de la luxueuse maison close, établie dans le premier tome. D’abord, le comportement de certains clients en extérieur limite la liberté des oiseaux. Ensuite, le lourd passé de Fee, qui remonte à la surface, installe une certaine tension. La relation entre l’étalon et son oiseau évolue petit à petit, le prostitué faisant de plus en plus confiance à Apollon. L’auteure dépeint parfaitement la psychologie de ses personnages, en particulier le changement de comportement de Fee. Elle interroge également sur la vision de l’amour, confrontant les idées préconçues d’Apollon au vécu de Fee ou même du couple formé par Lloyd et Jean.

La mangaka privilégie le réalisme de son graphisme. Ainsi, elle épure à peine son trait plutôt léché. Elle dessine des corps sculpturaux. Par ailleurs, les trames très variées rendent le moindre détail des ombres, des variations de teintes. Même les trames d’ambiance s’intègrent discrètement et se font rares. En plus, les décors très précis exploitent pleinement les grandes vignettes, ajoutant encore une touche réaliste. La mise en page est dynamique. Zariya sensei offre des scènes érotiques débordant de sensualité. Elle joue sur les angles de vue, les positions ainsi que les objets du décor pour cacher les organes génitaux.

En résumé

Le patron de Shangri-la rappelle à Apollon les principes de son établissement sous forme de conte, insistant sur l’obligation de respecter les règles pour conserver ce paradis. Plus tard, l’étalon accompagne au ferry son ami Douglas. Ce dernier lui demande alors de faire des efforts pour mieux s’intégrer et surtout s’entendre avec Fee qui se serait attaché à lui. Le soir, troublé par ces paroles, Apollon a du mal à se concentrer sur la préparation de son oiseau, d’autant plus que ce dernier s’amuse à le provoquer. Le lendemain matin, Fee est brusquement réveillé par un cauchemar du passé. Et quand Apollon se réveille plus tard dans la matinée, il trouve alors le prostitué endormi dans son lit…

En conclusion

Ce tome obtient la neuvième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Apollon est classé dix-septième meilleur seme et Fee dixième meilleur uke. L’auteure nous offre un récit vraiment prenant, au graphisme de toute beauté et avec des personnages attachants. Après avoir émerveillé le lecteur, elle détruit ses illusions petit à petit, installant des tensions pour la suite. J’adore Carna, avec son côté très observateur et protecteur. De même, j’apprécie l’ouverture d’esprit d’Apollon qui accepte de se remettre en question en réalisant sa vision étroite de l’amour. Je recommande donc chaudement cette série qui, par son thème et son approche, peut plaire à un large public adulte.

Official trip host Nyu boy – Shinou Ryo

nyu boy shinou ryo

SHINOU Ryo 紫能 了
ISBN: 9782368776544
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784829686065 (JP)
Printemps shuppan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Une histoire drôle et tendre de deux hommes peinant à trouver l’amour.

Pour son premier manga, Shinou Ryo sensei propose une comédie romantique avec deux héros en mal d’amour. Elle mélange à la fois comique de situation un peu grivois et romance tendre. Elle aborde aussi des questionnements plus sérieux comme la difficulté d’assumer son homosexualité, la douleur du regard désapprobateur, la prostitution et le besoin de reconnaissance et d’affection. Les deux hommes communiquent beaucoup et cherchent à comprendre les besoins et les sentiments de son partenaire. L’auteure développe particulièrement leurs personnalités. Par exemple, Kei n’est pas si heureux dans son métier, supportant mal le manque d’échange avec la clientèle. Naruse, quant à lui, n’assume pas son homosexualité et cherche le partenaire idéal. Indirectement, leur rencontre et leurs discussions vont leurs permettre de se soutenir mutuellement et de développer leurs sentiments. Le patron de Katagiri ajoute une touche loufoque positive au récit.

La mangaka possède un style graphique particulier: les visages ovales ont des traits simplifiés, les bustes musclés contrastent avec le reste du corps fin. Elle exagère beaucoup les expressions et simplifie à l’extrême ses traits dans les passages humoristiques. Par exemple, elle dessine des yeux exorbités ou des personnages d’une seule ligne. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les trames d’ombres et de colorisation variées ne surchargent pourtant pas la page. Les angles de vue, originaux pour certains, contrastent avec la mise en page assez classique. Shinou sensei oscille entre images pornographiques et poétiques. Par exemple, le rendu du regard oppressant de la foule et des commentaires qui laisse peu à peu place aux lumières de la nuit apporte une forte émotion. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, très détaillées, usant même des gros plans et d’angles de vue originaux mettant en valeur les attributs masculins.

En résumé

L’escort boy Katagiri Kei a rendez-vous avec Ayukawa Miyuki pour un cours de plaisir sexuel. A sa grande surprise, c’est un jeune homme, Kôji Naruse, qui l’attend. Ce dernier insiste pour suivre tout de même le cours, demandant à être traité comme une femme. Hétérosexuel, l’hôte est d’abord embarrassé. Néanmoins, la prestation étant déjà payée, il lui propose alors un cours d’origine. Mais ce n’est pas vraiment ce qu’avait imaginé son client!

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la dixième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2019. L’auteure passe de jeux érotiques comiques à de la pure tendresse. Le contraste entre pornographie et douce romance est d’abord déstabilisant. Même s’il reste encore quelques maladresses scénaristiques, j’apprécie son style, son approche et son traitement graphique. A la relecture, je rigolais d’avance avant l’apparition des gags! J’espère donc découvrir d’autres de ses œuvres.

Momo & Manji 1 – Sakura Sawa

momo and manji 1 sakura sawa

SAKURA Sawa 紗久楽さわ
ISBN: 9782368776339
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784396784072 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

La tendre, romantique et érotique histoire d’amour de Momo et Manji, à la fin de l’ère Edo.

Sakura Sawa sensei nous invite à suivre des tranches de vie de Momoki et Manji à Edo, chaque chapitre représentant un moment de leur vie. Elle s’est énormément documenté pour restituer un ton très réaliste à son récit. Ainsi, elle aborde en détails la vie que menaient les kagema, de leur initiation à leur retraite. Elle exprime avec justesse les sentiments contradictoires et les souffrances de cette initiation, qui se pratique très jeune, d’autant plus que le responsable est Samuru, le frère aîné de Momo. Par ailleurs, les dialogues des personnages secondaires apportent un témoignage sur les changements de l’époque, quelques explications sur les différentes activités ou techniques de cette période. De même, l’auteure partage en fin de tome quelques précisions qu’elle n’a pu détailler au fil du récit. En outre, en plus des notes de l’auteure, la traductrice offre également un excellent travail, complétant certaines explications.

La mangaka utilise des traits fins. Les visages de ces personnages reprennent les traits de ceux des estampes mais sont plus fins, sauf Momoki qui a encore un visage poupin. La couverture et l’illustration en couleurs rappellent la composition des shunga. Même les illustrations de début de chapitre jouent sur le style des estampes ou des images érotiques. Les trames servent principalement aux ombres et colorations. Certains fonds sont travaillés au pinceau. Quelques vignettes s’inspirent aussi de l’ukiyo-e. Les décors sont très présents, avec une touche réaliste. La mise en page est dynamique, avec des ellipses. Le cadre épais colle parfaitement au récit. Sakura sensei met en avant l’esthétique de certaines cases, avec un ton poétique général. Elle varie les angles de vue, portant attention sur les gestes et les regards. Ainsi, dans les scènes érotiques, elle ne dessine pas les parties intimes.

En résumé

Deuxième moitié de l’ère Bunsei (1818-1830). L’ancien kagema Momoki file le parfait amour avec le flûtiste Manji, qui l’a recueilli un jour de pluie. Inspiré par une estampe, Manji s’amuse à séduire son amant en mimant la scène. Mais Omomo aperçoit la fumée d’un incendie et coupe court à tout câlin, désirant se préparer à l’évacuation.

En conclusion

Ce tome a obtenu la première place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. Le scénario a quelques faiblesses au début, mais le lecteur est vite happé par cette romance historique. D’ailleurs, les explications permettent réellement d’en apprendre beaucoup sur cette période. En outre, le travail graphique est réellement magnifique. En revanche, certaines scènes de l’initiation pourront choquer.

Crazy fruits – akabeko

crazy fruits akabeko

akabeko
ISBN: 9782368777084
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784416 (JP)
Shodensha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Une plongée dans l’univers de la prostitution où l’amour a peu de place.

Dans ce recueil, akabeko sensei s’intéresse au milieu de la prostitution en suivant deux couples en devenir. Elle donne un aperçu cru, sans filtres des clubs d’hôtes et dépeint les brimades entre hôtes, les traumatismes, les viols et le manque de sécurité de ces métiers de la nuit. Ses personnages ont des personnalités assez complexes, même si le format court ne permet pas de les approfondir. L’amour se découvre par le sexe, sans forcément de sentiments. L’auteure maîtrise suffisamment son scénario afin de transmettre l’essentiel pour comprendre les contextes. Le second récit, qui occupe l’autre moitié du tome, propose une romance plus douce questionnant la différence d’âge.

La mangaka a un trait sensuel, légèrement anguleux. Les visages sont plutôt carrés, avec des yeux allongés et tombants. Elle traite les cheveux par des aplats noirs ou blancs. Il y a peu de décors et quelques trames d’ambiance. akabeko sensei ne censure par les scènes érotiques, détaillant même les différentes actions préliminaires.

En résumé

Crazy fruits / Crazy fruits – Spin off / Bonus track: Grâce à sa beauté, Ringo est le call-boy n°1 du club gay Fruits. Fier, il n’hésite pas à refuser un client trop insistant. Bien que le garde du corps Okura lui propose de le raccompagner, il préfère rentrer seul mais tombe sur le client éconduit qui l’attaque au cutter et le défigure. Ayant perdu tous ses clients, le jeune homme est remercié. Mais le banal Okura continue à prendre soin de lui. De son côté, le patron du club se rappelle sa rencontre avec Léo, un hôte hétérosexuel qu’il avait initié de force au plaisir anal, alors que ce dernier était brimé par ses collègues. Il le retrouve par hasard dans un bar…
La maison où tu es: Depuis le départ de sa femme, Banzai (40 ans) se laisse plutôt aller. Travaillant à domicile, le programmeur néglige complètement l’entretien de son appartement. Son ami lui recommande alors une agence de service d’entretien à domicile. Quand il voit le jeune Chiaki Minami se présenter, le quarantenaire doute d’abord de ses compétences. Mais devant son efficacité, il finit par être touché par l’entrain de l’homme de ménage…

En conclusion

Crazy fruits a obtenu la première place dans la catégorie BL profond au Chill chill BL awards 2019. Malgré l’impasse sur les sentiments, j’apprécie beaucoup ce titre. Comme Kano Shiuko sensei, l’auteure aborde les métiers du sexe sans pour autant embellir son approche. Les histoires sont avant tout sexy. Un titre qui donne envie de découvrir les autres œuvres de l’auteure.

L’oiseau de Shangri-la 1 – Zariya Ranmaru

l oiseau de shangri-la zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782368777152
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784829686171 (JP)
Printemps, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Le parcours d’un hétérosexuel engagé dans une maison close uniquement d’hommes.

Zariya Ranmaru sensei partage le quotidien de la maison close Shangri-la en suivant la formation d’Apollon. Elle donne l’image d’un bordel paradisiaque où le patron ne cherche pas à s’enrichir. Pourtant, en dehors de cette belle cage dorée, la vision de la prostitution reste négative. Pour l’instant, ce premier tome installe les personnages et le contexte. Entre tendresse et sensualité, l’auteure s’amuse à confronter Fee, un prostitué venant de la rue, à Apollon, son étalon hétérosexuel et consciencieux. En effet, les deux hommes nouent une relation plutôt particulière, l’oiseau cherchant à faire réagir son placide apprenti. De plus, la droiture de ce dernier tranche avec cet univers de débauche. Les deux hommes semblent avoir un passé assez sombre et traumatisant, révélé au compte-gouttes.

La mangaka offre un graphisme très réaliste, aussi bien au niveau des personnages que des décors, détaillés. Elle se focalise également sur quelques détails. Le travail des ombres est très précis. Il y a beaucoup de beaux hommes de différentes statures et styles. Par exemple, Fee a la peau basané et tatouée et Apollon porte parfaitement son nom, transpirant la sensualité. La mise en page est dynamique, avec des plongées, des contre-plongées, des illustrations pleine page, mettant en avant l’esthétique. Certaines pages silencieuses invitent même à la contemplation, permettant de respirer (ou se rincer l’œil). Les trames d’ambiance sont discrètes. Des motifs de tatouage ethnique séparent les chapitres. Vu le thème, les scènes érotiques sont très présentes. Zariya sensei joue sur les angles de vue et les trames pour cacher ce qui est nécessaire. D’ailleurs, les cœurs flottants occultant les entrejambes donnent une touche humoristique.

En résumé

Apollon, hétérosexuel en instance de divorce, est embauché comme étalon à Shangri-la, une maison close élitiste. Privilégiant le bonheur de ses prostitués qu’il appelle ses « oiseaux », le riche patron de ce bordel sélectionne ses clients. Afin de préparer ces travailleurs du sexe, les boute-en-train s’occupent de les exciter ou les dorloter avant et après chaque client. Ainsi, le nouvel employé est confié à Fee, l’un des prostitué, pour sa formation. Cet hétérosexuel parviendra-t-il à s’adapter à ses nouvelles fonctions?

En conclusion

Cette vision idyllique de la prostitution dérange et plait à la fois. En outre, la forme de la maison close entourée du jardin me rappelle les cages à oiseaux tropicaux. L’auteure nous offre un manga très esthétique, avec des pages contemplatives, sur un thème plutôt difficile. Après avoir fondu devant les muscles et la tendresse d’Apollon, j’ai hâte de découvrir comment va évoluer cette romance.
Mise à jour: Ce tome a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020.

Loved circus – Asada Nemui

loved circus asada nemui

ASADA Nemui 朝田ねむい
ISBN: 9782375061220
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784829685686 (JP)
Printemps shuppan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

Trouver des amis et l’amour dans une maison close…

Dans ce one-shot, Asada Nemui sensei interroge sur la prostitution, le sentiment familial et le bonheur. Elle aborde légèrement les problèmes d’impuissance, les demandes louches et les risques sanitaires. Ses héros ont un passé difficile, qui se retrouvent à se prostituer pour survivre ou rembourser leurs dettes. Ils semblent cependant s’accommoder très vite de la situation. Les protagonistes ont pourtant l’air de conserver les pieds sur terre malgré leur condition précaire. Il y a également quelques intrigues mettant en avant la manipulation, et un secret sur Shiro et le Cirque. L’auteur offre une vision plutôt idéalisée, avec une fin optimiste. Les deux chapitres finaux présentent ce que les personnages sont devenus plus tard et comment Jô et Rin ont été recrutés. Sous la couverture, il y a la postface avec des anecdotes sur les protagonistes. Le déroulement de l’histoire est rondement mené même si certains passages sont un peu maladroit. Il est cependant difficile de ressentir de l’empathie car les personnages sont nombreux et leur psychologie peu développée.

Le graphisme de la mangaka est épuré et impersonnel. Les visages sont ovales avec de longs yeux fins à petites pupilles. Les trames servent à colorier ou à ombrer. Mais les aplats noirs ou tramés sont privilégiés contrastant avec les blancs. Les cadrages et les angles sont classiques. Cela facilite la lecture. Malgré le thème, il y a peu de scènes érotiques: les détails sont totalement absents. Le cadrage occulte complètement les parties érotiques.

En résumé

Satô Keima, simple salaryman, est tombé fou amoureux de Momo, une prostituée de l’établissement Quire. Se retrouvant criblé de dettes pour la soutenir, il tente de se suicider. Mais il est sauvé par les hommes du Cirque qui l’oblige à travailler pour rembourser ses dettes. Dans cette maison close pour hommes, pourtant, il trouvera le bonheur…

En conclusion

Difficile de s’attacher aux différents personnages qui semblent pourtant posséder des profils psychologiques intéressants.