Le droit de rêver – Momose An

le droit de rever momose an
MOMOSE An 百瀬あん
ISBN: 9782382761076
Hana, 2022
ISBN: 9784815501259 (JP)
Media soft, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Si je n’avais pas fait ce cauchemar, je ne l’aurais jamais rencontré. »

Momose An sensei offre une comédie romantique douce et mignonne entre un jeune policier gentil et serviable et un salaryman surmené. Elle base la narration principalement sur Kaga mais donne le point de vue de Seto dans l’histoire bonus. Elle développe doucement les sentiments de ses personnages qui se lient d’abord d’amitié. Ainsi, le policier décrypte lentement ses sentiments grâce aux conseils de son colocataire. Mitsuki, quant à lui, homosexuel, tombe rapidement amoureux de Seto mais culpabilise de fantasmer sur son nouvel ami. Avec la fatigue, il ne distingue plus la réalité de ses rêves qui, du cauchemar, se transforment peu à peu en rêves érotiques. D’ailleurs, l’auteure joue beaucoup sur cet effet de surprise. De même, elle dynamise la relation consensuelle grâce au contraste entre les penchants pervers des deux héros avec leur caractère pur et innocent. Par ailleurs, les collègues des deux hommes apportent une touche d’humour.

La mangaka a un trait épuré, légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, tout en l’arrondissant. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. D’ailleurs, Momose sensei ne distingue volontairement pas les rêves de la réalité, créant ainsi la surprise. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques et intègre même des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle offre des anecdotes avec deux planches se déroulant après le chapitre 5, à lire donc à la fin. L’illustration couleur en début de tome sublime son trait.

En résumé

Kaga Mitsuki (27 ans) travaille énormément ces derniers temps. Une nuit, il débarque complètement paniqué au koban de son quartier, affirmant avoir tué quelqu’un. Le policier Seto s’occupe alors de lui et réalise qu’il a en fait fait un cauchemar. Lorsque Kaga vient le lendemain soir s’excuser, toujours autant fourbu de fatigue, il lui propose alors de venir discuter avec lui à chaque fois qu’un rêve le terrifie. Mais le salaryman, qui cache son homosexualité, craque complètement pour son nouvel ami…

En conclusion

Ce one-shot obtient la vingtième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Momose sensei maîtrise sa narration et retient donc en haleine le lecteur jusqu’à la fin. Grâce aux rêves, elle multiplie les passages érotiques tandis que le couple prend tout son temps. D’ailleurs, la relation consensuelle entre eux en devient adorable. Les personnages sont en plus tous attachants. Lire cette romance simple et mignonne vous fera sûrement sourire « niaisement » de bonheur.

I want you – Momose An

i want you momose an
MOMOSE An 百瀬あん
ISBN: 9782382763025
Hana, 2022
ISBN: 9784796413947 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Titre original: ナカまであいして
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Impossible de lui avouer… que j’ai toujours voulu essayer… »

Momose An sensei offre une romance sexy entre deux lycéens ayant mauvais caractère. Ainsi, elle alterne la narration entre Tokiwa et Yuzuriha. Par contre, elle démarre son récit par une relation non consentie, l’égoïsme et la fatuité de Sôji l’empêchant d’écouter les supplications d’Ikumi. D’abord sex friends, les deux lycéens apprennent à se connaître et les sentiments naissent peu à peu au-delà de leur compatibilité sexuelle. Toutefois, les chamailleries s’enchainent car Yuzuriha ne se laisse pas facilement faire. Pour bousculer ses héros, l’auteure ajoute un triangle amoureux vite expédié. Elle fait d’ailleurs évoluer Tokiwa petit à petit, grâce aux remarques de son ami Sakai. Comme le format ne permet pas d’approfondir plusieurs sujets, elle préfère s’attarder principalement sur le changement de comportement de ses héros qui s’assagissent.

La mangaka a un trait qui joue beaucoup sur les pleins et déliés, dont la rondeur dégage beaucoup de douceur. Elle exagère légèrement les expressions. Avec ce style proche du shôjo, les trames d’ambiance appuient surtout les émotions. Pourtant la palette de trames générales reste réduite mais équilibrée. De même, les décors situent principalement l’action. Le fond noir permet de repérer immédiatement les flash-back. La mise en page très dynamique utilise beaucoup les cases emboitées, donnant parfois une impression de surcharge. Toutefois, le dessin reste clair. Momose sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle intègre même des coupes intérieures. Par ailleurs, elle présente différents stades d’intimité du couple dans les illustrations en début de chapitre. La postface est en bande-dessinée. Sous la jaquette, il y a un croquis et la présentation des personnages.

En résumé

Tokiwa Sôji sort indifféremment avec des filles ou des garçons du moment qu’ils ont un beau visage. En classe, il ose dire à Ikeda dont il s’est lassé, que son voisin de table, Yuzuriha Ikumi, est plus mignon qu’elle. Vexée, la lycéenne le gifle avant de le quitter. Pourtant, Yuzuriha reste indifférent à ses tentatives de rapprochement. Il le remet même vertement à sa place, inquiétant au passage son ami Tanabe Shôta. En effet, il déteste par-dessus tout les personnes qui ne s’intéressent qu’à l’apparence. Le soir, en rentrant de son petit boulot, Sôji rumine encore sa frustration mais il aperçoit alors Ikumi accompagné d’un homme mûr qui allaient entrer dans un love hotel. Il intervient alors et l’emmène chez lui. Croyant que son camarade a de l’expérience, le fier tombeur le force à coucher avec lui…

En conclusion

Ce tome a obtenu la deuxième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2021. Yuzuriha Ikumi obtient la dix-huitième place du meilleur uke. D’abord prévu en one-shot, Momose sensei a pu ainsi continuer son récit grâce au succès. Par un retournement scénaristique, elle atténue un peu la scène du viol. Toutefois, les lecteurs sensibles pourront ne pas apprécier. Pour ma part, j’ai du mal à trancher car j’apprécie les histoires lorsqu’un uke ne se laisse pas faire mais je trouve vraiment Tokiwa détestable. Heureusement, son changement de caractère me permet d’apprécier un peu mieux la fin du récit. Je trouve que cela reste tout de même une lecture divertissante.