Badass – Haji

badass haji

Haji ハジ
ISBN: 9782382761571
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784829686546 (JP)
Printemps, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Pas la peine de te rappeler leur nom. Après tout, dans 6 mois, ils seront morts. »

Haji sensei propose de suivre une romance entre deux nouveaux collègues balèzes et aux caractères opposés, dans un univers bien construit où cohabitent humains et demi-humains. Elle dévoile au fur et à mesure le contexte de ce monde ainsi que le passé dur et sombre des deux héros. Elle crée une excellente dynamique entre Alphonse et Dante qui apprennent d’abord à s’apprécier malgré leurs différences et s’ouvrent petit à petit à l’amour. En effet, le droit et franc Al doit composer avec son capitaine impulsif à la sexualité débridée. Mais leur relation évolue au fil de leurs missions plutôt risquées. Les autres membres de la section ont également de fortes personnalités. Ainsi, le scientifique Jack Sanders (35 ans) calme les ardeurs du couple tandis que l’opérateur Archie le soutient. L’auteure aborde entre autres, la discrimination, le rejet de valeurs différentes, la cohabitation de diverses cultures, les efforts des couples inter-espèces.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Comme à son habitude, elle fait preuve de beaucoup d’imagination pour créer les espèces hybrides et les monstres. Les personnages adoptent des cambrures sexy et sensuelles. Et Al affiche des bouilles adorables lors de ses transformations incomplètes à cause de fortes émotions. Les décors plutôt présents s’estompent jusqu’à disparaître dans les plans rapprochés. Malgré de nombreuses trames, l’équilibre donne surtout du contraste et de la couleur. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page dynamique retranscrit bien les scènes d’action pourtant succinctes. Haji sensei ne censure pas les scènes érotiques, incluant même des transparences. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente les protagonistes dans leur quotidien. En fin de tome, il y a des fiches explicatives.

En résumé

Trop sérieux et épris de justice, le demi-humain Alphonse Forsyth (28 ans), de l’espèce rare des dragons, est muté au bureau des affaires des exterminations spéciales, la pire section de la Life defense. Mais pour son premier jour, il s’est perdu car on lui a donné un mauvais plan. Grâce à son mobile robot zonure, il contacte l’opérateur Archie Ridgeback qui le guide. Quand un vol à la tire se déroule sous ses yeux, il s’empresse de poursuivre le criminel sans attendre les instructions de son nouveau capitaine qui n’est pourtant pas loin. Doté d’une ouïe très développée, Dante Sinclair (32 ans) prend alors les choses en main et le guide à distance pour arrêter le voleur. Après l’avoir rejoint nonchalamment, il préfère l’inviter à boire un café, augmentant ainsi le retard d’Al…

En conclusion

Haji sensei offre un one-shot très épais (320 pages), prenant le temps d’installer son univers et de développer le background de ses héros. Elle construit des héros attachants, qui malgré leurs puissants pouvoirs, ont autant de qualités que de défauts. Bien que l’univers soit fictif, les thèmes abordés restent contemporains. En plus, les moments intimes débordent de sensualité, avec des relations consenties. Je craque complètement pour le couple d’Al et Dante. Pour moi, cette œuvre me semble la plus aboutie de l’auteure. Tout est dans le titre! Et c’est un énorme coup de cœur que je recommande absolument à tous ceux qui aiment les BL fantastiques.

L’empereur et le monstre – Akabeko

l empereur et le monstre akabeko

akabeko
ISBN: 9782382763803
Hana, 2023
ISBN: 9784799753668 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Je ne suis rien d’autre qu’une marionnette. »

Akabeko sensei nous narre un récit à la fois fantastique et intrigant avec un jeune empereur isolé et impuissant qui trouve un confident en la personne d’un étrange monstre. Elle plonge rapidement les lecteurs dans les intrigues et les complots, introduisant au fil des chapitres différents personnages qui soutiennent Tao. De même, elle révèle au fur et à mesure l’état du pays. Toutefois, les complots du vil Daki semblent un peu trop classiques et ne créent aucune surprise. Le jeune empereur partage la même vision politique qu’Utosa et se rapproche donc rapidement de l’immortel. L’auteure s’attarde plus sur l’action que sur la romance. Elle montre comment le héros évolue positivement malgré la violence qui l’entoure, en mûrissant et en prenant de l’assurance. Toutefois, elle développe peu les mystères entourant le monstre, maintenant un certain suspense.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux, jouant sur les pleins et déliés. Elle porte attention aux décors et aux costumes. Elle dessine des yeux expressifs malgré un style particulier. En effet, les pupilles sont vides dans de tous petits iris. Les nombreuses trames sont variées. Par contre, les trames d’ambiance alternent avec les décors. Des cadres assez épais renforcent la rigueur d’une mise en page plutôt classique. Toutefois, les angles de vue variés apportent une certaine dynamique. Cela se remarque d’autant plus que les scènes de combat semblent assez statiques, se résumant juste à un mouvement. D’ailleurs, Akabeko sensei évite de montrer trop de sang. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc et joue même sur les cadrages pour les occulter. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre les personnages comme s’ils étaient pris sur le vif.

En résumé

Jeune, le prince Tao était intrigué par le mausolée fermé du palais dans lequel dormirait un terrible monstre immortel. Devenu maintenant le 43ème empereur d’Ise à l’adolescence, il préfère s’entrainer à l’épée avec son ami Nowaka au lieu d’étudier. D’ailleurs, il aimerait développer la diplomatie au lieu de la violence, contrairement à son père impitoyable et inhumain. Mais le premier ministre Daki n’apprécie pas ses idées et fait alors décapiter Nowaka sous les yeux de l’empereur, l’accusant de comploter. Comprenant qu’il n’est qu’une marionnette sans pouvoir décisionnaire, Tao, désespéré, ouvre le mausolée et réveille le monstre. Soudain, un homme aux longs cheveux blancs l’embrasse, le confondant avec une certaine Nita. Il se présente alors comme le premier empereur d’Ise, Utosa…

En conclusion

Akabeko sensei propose un scénario d’abord intéressant mais enchaine ensuite les évènements sans les approfondir, donnant l’impression de survoler complètement les moments émouvants et importants. Ses regards sont toujours expressifs malgré son trait particulier. L’intrigue et la relation me plaisent. Malheureusement, l’histoire me laisse un goût d’inachevé. Dommage!

Goodbye, nameless violin – Ume-chi

goodbye nameless violin ume-chi

Ume-chi うめーち
ISBN: 9782375063606
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784799754061 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Comment progresser dans son art sans s’attacher à son instrument, si excentrique soit-il? »

Ume-chi sensei crée un univers fantastique plutôt simple, interrogeant les lecteurs sur l’attachement, la personnification et l’anthropomorphisme des animaux et des objets. Elle base la narration sur Sôsuke. Suite à son traumatisme d’enfance, l’étudiant refuse de traiter le violon humanoïde Vn-Ga 2567 en humain. Pourtant, à son contact, il va s’ouvrir petit à petit et l’accepter, la qualité du son des instruments de musique dépendant de la relation de confiance qu’ils partagent avec le musicien. Le violon, quant à lui, a un comportement très humain malgré son excentricité, se montrant jaloux et tombant amoureux de son propriétaire. L’auteure aborde la peur de perdre l’autre et les différentes types de relations. D’ailleurs, elle utilise le lien entre Hasegawa et son piano humanoïde Cosmo pour mettre en avant les limites entre simples outils et partenaires. Elle nuance son propos en révélant le passé du piano dans une histoire bonus.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux, avec un style bien marqué. Elle le simplifie, et le déforme même, dans les passages humoristiques. Elle représente la musique par des images métaphoriques, empreintes de poésie. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. L’utilisation de beaucoup de trames donne un aspect réaliste. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. D’ailleurs, Ume-chi sensei exploite les doubles pages ou les grandes vignettes pour détailler les transformations, les décomposant en détails. Elle ne censure pas les scènes érotiques. A la fin de certains chapitres, elle dessine des petites saynètes muettes qui narrent une histoire. Les illustrations en début de chapitre sont intégrées au récit.

En résumé

Dans ce monde, les objets auxquels on attribue un nom se transforment en être vivant. Mais depuis qu’Otonashi Sôsuke, actuellement étudiant en deuxième année à l’école de musique Tôhô, a perdu son violon Mottan qui prenait la forme d’un chat quand il était jeune, il refuse de nommer son instrument. Ayant cassé son violon actuel dans un accident, il se rend dans une boutique d’instruments de musique pour en acheter un nouveau. Mais les sans noms coûtent trop chers pour son budget. Comme il refuse de prendre un violon d’occasion parmi les nommés, le vendeur se propose alors d’être acheté. En effet, comme il ne se souvient plus de son nom, il redeviendra bientôt un simple instrument…

En conclusion

Ume-chi sensei mêle drame, humour et romance avec facilité, construisant suffisamment son univers particulier pour happer le lecteur, malgré le format one-shot. Elle arrive même à insuffler un peu de suspense en fin de tome. Elle a en plus un graphisme très expressif et plaisant. D’ailleurs les transformations sont magnifiques. Impossible de ne pas craquer pour Vn-Ga 2567! Coup de cœur pour ce récit, totalement efficace pour moi qui ait tendance d’ailleurs à nommer certains objets!

La librairie des mystères – Tacocasi

la librairie des mysteres tacocasi

tacocasi
ISBN: 9782382761434
Hana, 2023
ISBN: 9784864425032 (JP)
Tokyo mangasha, 2021 (JP)
Titre original: うしみつどきどき古書店譚
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Une relation naissante et mystérieuse dans une étrange librairie.

Tacocasi sensei offre une romance mêlant fantastique et mystères. Elle s’inspire de quelques types de sanctuaires que l’on trouve au Japon, délabrés suite à l’étiolement de leur culte. Avec la transformation de Yôzô, elle s’amuse sur la différence d’âge tout en évitant les situations dérangeantes. En effet, Komiya est amoureusement attiré par le libraire quarantenaire mais n’a qu’une simple affection fraternelle pour sa version enfantine. La narration se base sur l’étudiant sauf le dernier chapitre révélant le point de vue de Yôzô. L’auteure révèle les secrets entourant Nishi au fur et à mesure. Par ailleurs, elle aborde la question de l’attirance pour l’esprit plutôt que le physique, de l’identité et du désarroi de la solitude. Elle construit des personnalités bien trempées aux dieux, en adéquation avec leur pouvoir. Par exemple, Tsukimachi est autant posée qu’une montagne et Shiki, le dieu des ruptures, se comporte en dragueur.

La mangaka a un trait épuré et léché. Comme elle utilise la même épaisseur pour ses traits et les contours, son graphisme conserve un aspect dessiné. En plus les trames en aplat donnent peu de volume, renforçant cette impression. De même, des hachures marquent les ombres fortes. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Ces dernières, très graphiques (pois, rayures) participent ainsi au récit. La mise en page classique colle parfaitement au graphisme. Tacocasi sensei préfère occulter les scènes érotiques, se contentant de dévoiler l’ambiance générale sous la couette. Par contre, elle offre de beaux baisers. En fin de chapitre, elle présente les dieux rencontrés. Les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien des personnages. Sous la jaquette, il y a quelques croquis et un jeu de labyrinthe pour aider les personnages à trouver le remède.

En résumé

Étudiant pauvre, Komiya profite pourtant de sa chance. Il loue une chambre très bon marché au-dessus d’une librairie d’occasion, la librairie Nishi, en échange d’aide dans la boutique. Mais surtout, il apprécie énormément le propriétaire, Nishi Yôzô, qui semble avoir un autre travail en parallèle car il reçoit souvent des clients en privé. Un jour, en rentrant de l’université, Komiya trouve une gracieuse jeune femme accompagnée d’une fillette qui n’osent entrer sans être invitées par Nishi. Mais durant cette visite, un tremblement de terre secoue tout le bâtiment, faisant tomber les étagères. Quand l’étudiant se précipite dans la pièce où se trouvent le libraire et ses clientes, il découvre Yôzô rajeuni. En effet, Nishi travaille pour les dieux et Tsukimachi-sama, la déesse de la montagne, était venue lui livrer une eau de jouvence…

En conclusion

Ce one-shot obtient la douzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. En effet, Tacocasi sensei mêle avec finesse mystère et romance consensuelle. Elle aborde également avec humour des thèmes très sérieux. Les quiproquos entre les deux héros qui se tournent autour font l’épice de ce récit. Je suis complètement séduite par leurs aventures. Un petit coup de cœur!

Au fond de l’océan – Jnnkleche

au fond de l ocean jnnkleche
Jnnkleche じんにくれーちぇ
ISBN: 9782382763117
Hana, 2022
ISBN: ‎9784773062045 (JP)
Kasakura, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Un amour défendu et passionnel dépassant les frontières de la mort dans un univers fantastique plein de surprises. »

Jnnkleche sensei narre une romance avec une touche fantastique et légèrement horrifique. Elle s’intéresse à l’amour par-delà la mort, aux sentiments dépassant l’apparence physique. En parallèle, elle développe une petite enquête autour des mystères de la grotte du village des requins. La narration alterne entre les deux héros. Suite à plusieurs évènements traumatisants, le passif Wakashio va pourtant prendre de l’assurance pour se rebeller tout en aidant le village dont il se sent responsable. L’insouciant Yakaze continue de le soutenir à sa manière. Les deux amoureux apprennent alors à travailler en équipe. L’auteure incite les lecteurs à réfléchir à la vie et la mort quand un des partenaires d’un couple décède. Elle ménage également son public en ne détaillant pas les scènes trop violentes. Elle présente le passé des deux héros dans l’histoire bonus.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle dessine des personnages musclés, ajoutant une touche réaliste qui contraste avec les éléments monstrueux. Elle ne détaille pas les transformations, ni les passages sanglants et renforce le côté inquiétant en utilisant beaucoup de teintes sombres. Son style dégage pourtant un effet esthétique. Pour les flash-back, une trame sombre recouvre les vignettes. De même, le peuple des requins a une peau halée et des tatouages. Comme les pages sont surchargées, les cadres très épais se détachent ainsi du fond. D’ailleurs, Jnnkleche sensei utilise énormément de trames. Par contre, elle alterne les trames d’ambiance avec les décors. La mise en page très dynamique joue sur les superpositions, les sorties de case et les petits détails. Dans les scènes érotiques, un cache blanc et des languettes censurent les parties intimes. Pourtant, il y a des coupes intérieures et même des effets de transparence.

En résumé

Wakashio est le plus jeune fils du chef du village des requins cannibales, un peuple vivant de pillages et du commerce d’esclaves, au bord de la mer. Il est tombé amoureux de Yakaze, un jeune marchand itinérant d’un village forestier. Le couple se retrouve souvent en secret dans une grotte, un ancien cimetière considéré maintenant comme un passage vers l’au-delà. Bien que le marchand essaie de convaincre son bien-aimé de fuir avec lui, Wakashio redoute la réaction de sa famille qui ne s’exprime que par la violence. Mais un jour, son frère, Sakashio, découvre leur liaison, tue Yakaze puis le jette à la mer. Il viole ensuite Wakashio pour le punir, dans l’indifférence de leur père, avant de partir en expédition. Alors que Wakashio se morfondait dans la grotte, Yakaze apparaît pour l’emmener dans la mort avec lui…

En conclusion

Jnnkleche sensei surcharge tellement ses pages qu’on a parfois l’impression d’une surcouche qui brouille un peu l’image. Néanmoins, elle a un magnifique graphisme sublimé quand il est en couleur. Par ailleurs, elle maîtrise plutôt bien son scénario. Ce tome comporte des scènes pouvant choquer la sensibilité des lecteurs (viol, inceste, violence). De même, ceux qui n’apprécient pas les tentacules et les relations avec des monstres passeront leur chemin. Pour ma part, j’apprécie beaucoup l’évolution du couple vers un reverse, même s’il est assez particulier. J’aime beaucoup plus l’enquête que la romance pourtant emplie de sentiments.

Platinum blood – Ichigaya Mor

platinum blood ichigaya mor
ICHIGAYA Mor 市ヶ谷モル
ISBN: 9782382761335
Hana, 2022
ISBN: 9784864425049 (JP)
Tokyo mangasha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Où est passé mon ange!!! »

Ichigaya Mor sensei offre une romance fantastique centrée sur la question de la famille. Malgré un scénario simple, elle maintient un certain suspense avec des effets de surprise. Elle approfondit les personnages au fil des chapitres. Ainsi, la relation entre les deux héros évolue très vite. L’entourage du prêtre et du vampire apporte une touche humoristique. En effet, Kaname, trop naïf, ne comprend pas les sentiments d’Al alors que le comportement amoureux de ce dernier semble évident à tout le monde. Il a donc tendance à traiter encore le vampire comme un enfant. Par ailleurs, l’auteure aborde la question de la vie éternelle, de la perte de contrôle, du choix d’avenir. Elle suggère une relation particulière entre Adam et Gilles qui guident un peu le couple en leur apportant un complément sur la transformation en vampires.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux, avec des contours épais qui permettent aux personnages de se détacher du fond. Elle le simplifie dans les passages humoristiques allant jusqu’à dessiner d’adorables SD. D’ailleurs, elle leur ajoute un croc proéminent les rendant trop chou. Par ailleurs, les décors soignés très présents alternent avec les trames d’ambiance. De même, les autres trames sont variées. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les ellipses et les sorties de cases mettant en avant la belle plastique des personnages. En plus, Ichigaya sensei ne censure pas les scènes érotiques, plutôt détaillées et bien intégrées à chaque chapitre. Elle offre deux superbes illustrations couleurs en début de tome mettant en valeur les muscles saillants des héros. Elle propose une planche explicative amusante sous la jaquette.

En résumé

Le prêtre Kaname a recueilli le jeune vampire Al. L’angélique enfant, devenu adulte maintenant, se nourrit du sperme de son tuteur. Alors Kaname s’interroge constamment sur les erreurs qu’il aurait pu commettre durant son éducation, le vampire refusant de boire son sang. D’ailleurs, ce dernier se montre de plus en plus câlin durant ses « repas ». Mais un jour, lorsque le prêtre aperçoit Al avec un inconnu qui se montre très intime, il s’étonne d’être autant chamboulé.

En conclusion

Ce one-shot obtient la vingtième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2022. Pour son premier manga, Ichigaya sensei maîtrise déjà son graphisme magnifique, qui est un plaisir pour les yeux. Toutefois, elle a encore quelques faiblesses dans le développement de son scénario, ayant tendance à vouloir trop en dire mais finissant par ne pas l’approfondir. De même, les sauts dans le temps sont parfois confus. En plus, la relation entre Adam et Gilles pourra gêner certains lecteurs. Pourtant, mon cœur fleur bleue a complètement adhéré à l’histoire. Je craque pour les personnages et apprécie leur amour dégoulinant. Une lecture divertissante et attendrissante.

Ze – kami no hon – Shimizu Yuki

ze kami no hon shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351808986
Taifu comics, 2015
ISBN:‎ 9784403663475 (JP)
Shinshokan, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’amour débordant entre maîtres kotodama et kamis.

Shimizu Yuki sensei offre un recueil d’histoires regroupant les bonus dessinés spécialement pour les fans, pour les séances de dédicaces ou d’autres évènements spéciaux comme les drama CD. Elle allie à la fois la comédie et l’érotisme. Elle dévoile encore quelques facettes des caractères de ses personnages, leurs sentiments. Ce tome se divise en trois parties. Même si tous les couples sont représentés, « Intérieur » s’intéresse surtout à Shôi et Asari tandis que « Extérieur » met en scène Genma, Himi, Ryûsei et Moriya. L’auteure maîtrise parfaitement le format court et présente donc des petites tranches de vie et des anecdotes amusantes ou coquines, ou la suite de certains chapitres. Par exemple, elle montre les aventures de Magane qui se déroulent après le dernier tome. Elle s’amuse aussi sur certains thèmes comme le cosplay, des interviews, le réveillon de Noël. L’histoire bonus finale présente le quotidien pendant une semaine de Moriya et Ryûsei.

Le recueil regroupant des travaux s’étalant de 2005 à 2012, on remarque immédiatement l’évolution du trait de la mangaka. Elle maîtrise parfaitement le format court, développant des gags sur une page ou en yonkoma. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. D’ailleurs, l’utilisation des trames est équilibrée. La mise en page est dynamique. Shimizu sensei offre beaucoup plus de scènes érotiques. Par ailleurs, elle censure à peine les parties intimes par de fines bandelettes blanches ou en jouant sur les cadrages.

En résumé

Après leur première nuit d’amour au love hotel, Raizô reste pantois devant le sourire de Kon endormi. Quand son kami se réveille, ils décident alors de prendre leur bain ensemble. En effet, Kon se montre de plus en plus audacieux. Et Raizô a du mal à contenir sa gêne et son excitation. Toutefois, quand son partenaire s’évanouit dans le bain parce qu’ils y ont passé trop de temps à se faire des câlins, il lui promet de prendre encore plus soin de lui…

En conclusion

Ce recueil obtient la douzième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2012. C’est un pur bonheur car les couples étant déjà formés, leurs rapports débordent d’amour et de sentiments. Je suis d’ailleurs très heureuse de découvrir encore plus d’histoires sur mon couple fétiche Moriya et Ryûsei. Quelle satisfaction de pouvoir lire tous les bonus distribués dans les différentes librairies ou évènements spéciaux! Une conclusion aux autres tomes indispensables pour avoir sa dose de romance.

Ze 8 – Shimizu Yuki

ze 8 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805732
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784403662522 (JP)
Shishokan, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Le jour est venu pour Kotoha de quitter sa cage. »

Shimizu Yuki sensei conclut l’arc concernant Kotoha sur son adolescence et son intronisation à la tête de la famille Mitô. Elle s’intéresse au changement de la relation entre le jeune maître kotodama et son kami. En effet, Konoe accepte peu à peu ses sentiments et passe donc de père à amant, forcé par les conjonctures. Suite à un traumatisme, Kotoha va encore évoluer et prendre des décisions lourdes de conséquence. Après un ton sérieux et dramatique, l’auteure détend l’atmosphère avec un chapitre tendre et humoristique sur Shichikawa Raizô et Kon, mettant en avant l’esprit de famille. Elle plonge ensuite les lecteurs dans un suspense insoutenable en commençant l’histoire de Mitô Shôi et Asari. Ainsi, elle approfondit la personnalité de ses personnages au fil des chapitres. Waki s’avère être un manipulateur et les jumeaux Mitô Tsukito et Seiji adorent taquiner Kotoha. Par ailleurs, les rapports non consentis ont toujours une explication.

La mangaka maîtrise son trait épuré, anguleux et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées, avec une dominance sombre pour les moments dramatiques. Quelques trames d’ambiance illustrent également les émotions. Par ailleurs, la mise en page dynamique utilise les chevauchements de vignettes, les ellipses, l’absence de cadre et les angles de vue variés. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle ne les développe pas dans les rapports non consentis. Comme dans le tome précédent, elle présente les personnages en début de tome.

En résumé

Suite au décès de Takamitsu, Yoshiwara Waki convoque Konoe et Mitô Shôi pour les prévenir qu’une cérémonie de présentation du nouveau chef de clan se prépare. Depuis que Konoe a rejeté la déclaration d’amour de Kotoha, ce dernier se montre plus sage. Grâce à la cérémonie, le maître kotodama pourra enfin sortir de sa cage. Mais comme les anciens se montrent sceptiques face à l’adolescent timoré, Waki demande au nouveau chef de clan de faire une démonstration. Toutefois, n’ayant jamais utilisé sciemment son pouvoir, Kotoha reçoit un énorme choc en découvrant ensuite le corps de son kami déchiqueté.

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2009. Le drama CD se classe en troisième place. Asari est classé troisième meilleur uke. L’auteure va au fond des sentiments de ses personnages. Au verso, l’éditeur signale la présence des scènes sensibles. En effet, certaines scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs. Pourtant, Shimizu sensei présente les relations immorales comme telles et préfère mettre en avant les sentiments et le consentement. Elle insiste particulièrement sur les efforts de Konoe pour protéger le lien presque paternel qu’il a noué avec Kotoha pour lui permettre de grandir.

Ze 7 – Shimizu Yuki

ze 7 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805510
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403662270 (JP)
Shinshokan, 2008 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Le maître kotodama le plus puissant du clan Mitô finit toujours placé à sa tête. »

Shimizu Yuki sensei s’intéresse maintenant à l’enfance de Kotoha. Elle met encore en avant la noirceur de la famille Mitô, pour laquelle le pouvoir prime sur tout. De même, elle révèle la spécificité des deux kamis Asari et Konoe, expliquant leur esprit d’indépendance envers Waki et leur maître kotodama. Traité comme un animal sauvage, Kotoha se retrouve isolé malgré son jeune âge. En s’occupant de lui, Konoe développe un amour paternel et découvre les sentiments contradictoires ressentis quand un enfant grandit. Il se transforme presque en père gâteux et surprotecteur. L’auteure met en avant la différence d’âge entre le maître kotodama et son kami ainsi que l’évolution de leurs sentiments. Dès qu’un comportement indécent se produit, elle fait toujours intervenir un personnage pour rappeler la morale. En fin de tome se trouvent les résultats d’un classement de popularité des couples, des seme et des uke.

Comparé au tome précédent, la mangaka adoucit son trait anguleux et épuré. Elle ne surcharge pas ses pages, malgré des décors soignés. De même, les trames sont équilibrées. Les trames d’ambiance sont également discrètes. La mise en page dynamique joue sur les variations des angles de vue et le découpage des scènes importantes. Par exemple, quand Kotoha va pleurer, son visage se déforme case par case. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Comme elle développe la jeunesse de Kotoha, elle compense le manque de passages érotiques avec l’histoire bonus sur Shôi et Asari. En début de tome, elle donne des fiches personnages permettant de se resituer dans le récit.

En résumé

A sa naissance, le pouvoir de Mitô Kotoha était tellement puissant que ses cris de nourrisson ont détruit la maison. Comme sa mère Yukino mourut en couches, sa kami Shirahaze s’est occupée du petit. Quand elle redevint page blanche, Kotoha avait quatre ans. Waki confia donc l’enfant à Konoe, libéré de ses obligations par son maître kotodama malade, Rekiichi. Le kami trouve alors le garçon enfermé dans une pièce spartiate, complètement isolé. Étrangement, il ne parle pas. Konoe tente alors de le faire parler mais même apeuré, Kotoha ne crie pas. Quand le kami fait semblant de mourir, l’enfant finit par pleurer. Mais une corde autour de son cou se ressert immédiatement pour l’étrangler…

En conclusion

Selon votre sensibilité, certains passages peuvent choquer. Même si l’auteure pense toujours à recadrer les problèmes, l’humour qui s’en dégage peuvent déranger. Pour ma part, j’aime beaucoup ce récit qui permet de mieux comprendre la personnalité de Kotoha. Avec tous les couples différents, impossible de ne pas en trouver un qui vous plaît!

Ze 6 – Shimizu Yuki

ze 6 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805299
Taifu comics, 2011
ISBN:‎ 9784403661891 (JP)
Shishokan, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Tu vivras toute ta vie avec la douleur des remords. »

Shimizu Yuki sensei conclut l’histoire mouvementée de Moriya et Ryûsei. Elle bouleverse un peu le schéma narratif habituel grâce à un kami qui prend des initiatives et n’obéit pas facilement à son maître kotodama. Ainsi Moriya agit par amour et devient légèrement sadique envers Ryûsei pour satisfaire ses propres désirs. En effet, Kitamura, rongé par les remords, a un comportement suicidaire et ne peut surmonter son traumatisme que par lui-même. A travers l’affaire de Moriyama, l’auteure met en avant la violence qui appelle la violence et l’utilité du kotodama face aux injustices. Elle offre un chapitre amusant avec l’évolution de la relation entre Kon et Shichikawa Raizô. De même, elle introduit les aventures du couple suivant, Mitô Kotoha et Konoe, avec la question de la responsabilité d’un adulte « dépravé » dans l’éducation d’un enfant. L’histoire bonus permet de découvrir enfin la position de Moriya et Ryûsei dans le couple.

La mangaka simplifie son trait anguleux et épuré dans les passages humoristiques. Elle transforme même Raizô en adorable wanko. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions, utilisant parfois des pois, des cœurs ou des fleurs. Les décors apparaissent dès que le cadrage s’élargit. La mise en page est dynamique. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. A la fin du chapitre « Lune de miel pour de faux », elle donne deux anecdotes sur Raizô grâce à des yonkoma. Comme dans le tome précédent, elle présente les personnages importants au début du volume.

En résumé

Alors que Kitamura Ryûsei prend un peu de plaisir avec Moriya, il reçoit l’appel de son ami Takewaki Kazuo. Son petit frère Yôji n’est pas rentré. Pourtant, Ryûsei l’a laissé devant la supérette près de son domicile. Peu après l’appel, l’enfant a été retrouvé inconscient après avoir été battu et est emmené à l’hôpital. Trois jours après, il est toujours dans le coma. Depuis, Ryûsei culpabilise, se nourrissant à peine et dormant peu. Moriya remplace Take à son travail mais se sent impuissant face à son maître qui ne le regarde même pas et se laisse dépérir. Mais un jour, il lui demande si il peut soigner quelqu’un d’autre que son maître kotodama. De son côté, Takewaki entend par hasard des lycéens parler d’un certain Moriyama qui se vanterait d’être l’auteur de cette affaire…

En conclusion

Beaucoup d’émotions dans ce tome! J’aime beaucoup le caractère de Moriya, qui paraît si coincé, et qui contraste avec la vulgarité de Ryûsei. De même, Raizô continue à se montrer très prévenant avec son petit ami, apportant réellement de la douceur et un esprit d’ouverture dans cet univers fantastique.