Dick fight island 2 – Ike Reibun

couverture de Dick fight island 2 d'Ike Reibun, éditions Taifu

IKE Reibun 池玲文
ISBN: 9782375065242
Taifu comics, 2025
ISBN:‎ 9784799751299 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Titre original: 8人の戦士 2
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Ce n’est pas devenir un guerrier qui m’intéresse, mais être ton petit ami! »

Ike Reibun sensei délaisse les combats pour dévoiler les romances des guerriers. Elle reprend les schémas récurrents du BL tels que les amis d’enfance, la cohabitation, d’ennemis à amants, la différence d’âge, l’inversion dominant/dominé. Ainsi, elle nous surprend avec une évolution inattendue des sentiments. L’histoire de Harto et Matthew aborde la question de l’écart culturel et apporte beaucoup d’humour entre les quiproquos et les situations amusantes. Les autres romances se déroulent après le tournoi et permettent de découvrir plus en profondeur les caractères des guerriers. Par ailleurs, l’autrice continue de développer les traditions particulières des îles de Pulau Yang Indah. Elle s’intéresse également à divers sujets plus classiques comme le mariage homosexuel, l’influence des clans et des familles, les amours secrets, la communication dans le couple.

La mangaka a un trait léché assez réaliste. Elle le simplifie légèrement dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. Elle met en avant la plastique des personnages, en particulier les magnifiques fessiers musclés. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques renforcent les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés semblent travaillés à partir de photographies. La mise en page très dynamique varie les angles de vue. Ainsi, Ike Reibun sensei joue beaucoup sur l’absence de cadre, des cases dont les formes s’adaptent au contenu, des superpositions et des ellipses. Contrairement au tome précédent, dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc et de larges languettes blanches. Sous la jaquette, elle offre une mignonne histoire bonus en deux planches.

En résumé

Admis à l’université Oxbridge, Harto préfère emménager dans une colocation dans laquelle il pourra se balader les fesses à l’air, comme sur son île. D’ailleurs, il sympathise très vite avec Matthew, son colocataire originaire du Japon. Ce dernier se montre ouvert et curieux de découvrir les traditions de Pulau Yang Indah. Homosexuel, il craque rapidement pour son beau et innocent camarade. Et Harto trouve également que le fessier de son ami est aussi digne que celui d’un guerrier. Toutefois, malgré des sentiments réciproques, il refuse de sortir avec lui tant qu’il n’aura pas participé au tournoi des serpents. Néanmoins, il lui propose à la place de devenir son partenaire d’entraînement.

En conclusion

Ce tome obtient la seizième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2022. Ike Reibun sensei maîtrise parfaitement son scénario, allant à l’essentiel. Elle propose un développement plus classique avec des romances. Toutefois, elle surprend les lecteurices par ses univers et ses thèmes abordés. En plus, son graphisme est un bonheur pour les yeux. Je craque pour tous les couples. J’ai adoré ma lecture. Un énorme coup de cœur!

Dick fight island 1 – Ike Reibun

couverture de Dick fight island 1 de Ike Reibun édité par taifu

IKE Reibun 池玲文
ISBN: 9782375064375
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799742518 (JP)
Libre, 2019 (JP)
Titre original: 8人の戦士 1
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Mais… J’ai appris une technique secrète pour gagner ce tournoi! »

Ike Reibun sensei plonge directement les lecteurs dans son univers loufoque avec huit guerriers qui s’affrontent pour être roi. Elle présente les personnages rapidement, tel un reportage TV, via un narrateur, mais développe les spécificités et les traditions des clans au fur et à mesure du récit. Ainsi, les détails des règles de combat se dévoilent au fil des chapitres, présentant avec humour différentes techniques pour jouir. Par ailleurs, la vision de Harto, influencé par le monde extérieur, ainsi que les réactions des autres guerriers ajoutent une note comique supplémentaire. Entre rivalité et affinité, l’apparition de couples vient interroger sur la place de la fidélité et de l’amour dans ces combats. D’ailleurs, l’auteure aborde les différences culturelles à travers le regard de Matthew Manami, le petit ami de Harto.

La mangaka a un trait léché assez réaliste. Elle varie les morphologies et met en valeur les musculatures saillantes ainsi que la beauté des fessiers. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. Les décors soignés, parfois inspirés de photographie, renforcent le côté réaliste. De même, l’utilisation d’une large palette de trames permet de rendre les dégradés, les effets d’ombres et de lumière. Par contre, les trames d’ambiance, plutôt graphiques, appuient les émotions. La mise en page très dynamique joue sur les angles variés mais surtout les plongées et contre-plongées. Ike Reibun sensei dessine d’impressionnantes armures originales. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, elle tourne en dérision les combats qui jouent sur la limite du fan service. En début de tome, une illustration en couleur présente les huit guerriers en armure.

En résumé

Sur chaque île de l’archipel Pulau Yang Indah vit une tribu avec sa propre culture. Pour se protéger des invasions extérieures, un tournoi organisé tous les quatre ans désigne le futur roi et ses conseillers. Affublé d’une impressionnante armure pénienne, le dernier guerrier à jouir sera déclaré vainqueur. Harto, qui étudie à l’étranger, revient sur l’île en tant que représentant du clan des pierres précieuses. Mais à peine arrivé, il dévoile déjà sa nouvelle technique secrète lors d’un combat contre Taring du clan des crocs, aiguisant ainsi la curiosité des autres guerriers.

En conclusion

Ce tome se classe dixième meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2020. A partir d’un scénario farfelu, Ike Reibun sensei construit un univers cohérent, avec différentes cultures qui se côtoient, et qui paraît même vraisemblable. D’ailleurs, ses armures semblent s’inspirer des étuis péniens de certaines tribus. Son magnifique graphisme flirte avec le fan service pour le bonheur de nos yeux. Je craque complètement pour tous les guerriers avec leurs caractères surprenants. Un énorme coup de cœur!

Internet love – Urino Kiko

couverture Internet love de Urino Kiko éditions Glénat

URINO Kiko 売野機子
ISBN: 9782344064696
Glénat, 2024
ISBN: 9784396785727 (JP)
Shodensha, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Ma joyeuse vie de cyberstalker prit fin. »

Urino Kiko sensei narre une romance contemporaine entre un Japonais et un Coréen qui se découvrent d’abord via les réseaux sociaux. Elle analyse avec finesse les rapports qui se construisent à travers ce média, interrogeant sur l’identité virtuelle et celle réelle. Ainsi, elle aborde le jugement sur l’apparence, les risques d’Internet, la fuite du quotidien à travers celui d’un autre. Tenma, bien qu’entouré de ses collègues bienveillantes et de parents compréhensifs, est persuadé d’être trop banal pour plaire. De même, malgré une vie bien remplie, Eunho ressent de la solitude et recherche de la reconnaissance. L’auteure s’intéresse donc à l’acceptation de soi et de l’autre tel qu’il est, avec ses qualités et ses défauts. Avec les petites amies des deux héros, elle met en avant la pression d’une certaine conformité sociale. De même, elle montre avec humour les différentes techniques pour surpasser la barrière des langues.

La mangaka a un trait épuré avec un touche brute, rappelant le graphisme des shôjo des années 90. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle utilise les trames avec parcimonie. De même, les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions fortes. Les décors situent principalement l’action, apparaissant parfois uniquement tramés. Par contre, Urino sensei offre une mise en page très dynamique avec des cadres qui semblent tracés à la main, donnant l’impression d’un « couper-coller » fait main rassemblant des souvenirs. Elle ne développe pas les scènes érotiques, laissant libre cours à l’imagination du lecteur.

En résumé

Le nail artist Tenma Minori suit assidûment depuis cinq ans les publications du coréen Eunho qui partage sa vie sur les réseaux sociaux. Ses collègues s’inquiètent un peu de sa passion, proche d’un cyberstalker. Mais quand Eunho poste une photo de sa petite amie, l’univers « imaginaire » de Tenma s’écroule…

En conclusion

Urino Kiko sensei maîtrise parfaitement le format one-shot, allant à l’essentiel et laissant l’imaginaire des lecteurs construire leur réflexion sur l’usage des réseaux sociaux. Elle pointe certaines problématiques avec une note positive et rassurante. Ainsi, j’ai dévoré ce récit avec l’impression de mettre constamment un peu de baume autour de mon cœur. Les personnages sont tous attrayants. Le graphisme avec sa touche un peu datée pourra rebuter certains lecteurs. Personnellement, je trouve que cela ajoute une ambiance nostalgique très agréable et expressive. Une énorme coup de cœur!

Le soldat qui m’a rendu mes nuits – Matsumoto Yoh

couverture le soldat m a rendu mes nuits matsumoto yoh taifu

MATSUMOTO Yoh 松基羊
ISBN: 9782375064344
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784910526331 (JP)
ShuCream, 2023 (JP)
Titre original: ひとりで夜は越えられない
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« L’histoire douce-amère d’un rayonnant soldat américain et d’un ex-soldat japonais insomniaque. »

Matsumoto Yoh sensei narre une romance compliquée entre un soldat américain et un ex-soldat japonais durant l’occupation américaine du Japon après guerre. Elle retranscrit parfaitement le contexte historique, avec le changement culturel, les tensions et les influences. Elle analyse également les difficultés rencontrées par les homosexuels durant ces années. Ainsi, Jim assume son homosexualité mais la cache en public, conscient des risques tandis que Sei s’interroge sur ses sentiments et son attirance mais n’hésite pas à se montrer entreprenant. La narration alterne entre les deux héros. Par ailleurs, l’auteure confronte le solaire Américain fan du Japon au Japonais prisonnier du passé, insomniaque suite au traumatisme de la guerre, mettant en avant leur solitude commune. Elle aborde la pression familiale, dont le devoir filial, l’échange culturel et la communication permettant la construction d’une relation consensuelle, le sentiment de culpabilité à survivre ou à entraîner son bien-aimé dans une vie compliquée.

La mangaka a un trait anguleux au contour parfois dédoublé, avec du relief apporté par les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à le déformer. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, la mise en page maitrisée est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Matsumoto sensei censure subtilement les parties intimes qui se fondent dans les trames, avec un contour blanc. D’ailleurs, elle les dessine dans une forme simplifiée, contrastant avec le réalisme des corps musclés.

En résumé

1950 au Japon. Traumatisé par la guerre, Seishirô trompe son insomnie en douce compagnie chaque nuit. Ancien soldat, il travaille actuellement dans un bar près d’une base américaine. Un soir, un soldat américain James Ross Wade, qui parle couramment japonais, l’aborde. Jim l’aide même à calmer un client américain qui se montrait trop virulent avec une femme japonaise. Ainsi, Sei sympathise très vite avec ce passionné de culture japonaise. Mais lorsque l’Américain lui avoue être attiré par son nouvel ami, le Japonais y voit d’abord l’opportunité de fuir son morne quotidien.

En conclusion

Ce one-shot se classe à la dix-septième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2024. Matsumoto Yoh sensei transcrit avec habileté le contexte historique à travers les costumes, les décors et les réactions ou remarques. Elle offre une romance simple mais adulte avec des personnages touchants. Son graphisme dégage une certaine vigueur agréable. Fan de la mangaka dont je lis déjà depuis quelques temps les œuvres en japonais, je suis donc heureuse de voir cet énorme coup de cœur enfin traduit en français!

L’épouse de la bête – Akihisa Teoh

l epouse de la bete akihisa teoh

AKIHISA Teoh 秋久テオ
ISBN: 9782382764176
Hana, 2024
ISBN: 9784861239113 (JP)
Bright, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Agis comme le monstre que tu es et va le bouffer. »

Akihisa Teoh sensei narre une romance fantastique sur la cohabitation après un mariage arrangé. Elle explique son univers au fil des chapitres. Par ailleurs, elle alterne la narration entre les deux héros, partageant leurs questionnements. Kyôya se montre très ouvert et curieux mais cache un lourd secret. Hinata qui a toujours été rejeté par ses pairs, se laisse peu à peu séduire par les attentions de son partenaire. Ainsi, le couple apprend à se connaître, se parlant franchement et construisant une relation de confiance. En effet, bien que considéré comme des monstres, les deux hommes ont une sensibilité bien plus humaine que leur entourage. L’auteure aborde entre autres la diversité culturelle, le rejet des différences, la tendance au repli sur soi face à l’inconnu, le viol conjugal. Avec Izaya, le frère aîné de Kyôya, elle ajoute quelques tensions.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais très fin. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle varie énormément les expressions des visages, détaillant la forme des sourcils ou de la bouche. Des têtes d’animaux en SD tout choupi permettent de savoir qui parle. Malgré les quatre oreilles, celles d’apparence humaines plus pointues rappellent plutôt les oreilles des bêtes fantastiques du folklore japonais, renforcés par les yeux effilés. Les trames très nombreuses dans une palette variée rendent les dégradés et les différentes ombres. Par ailleurs, les décors soignés alternent avec les trames d’ambiance. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique varient souvent les cadrages. Akihisa sensei agence savamment ses vignettes, facilitant la lecture tout en installant des pages contemplatives. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

L’homme renard Hinata est envoyé comme épouse au fils du chef des hommes loups Kyôya, pour sceller un accord de paix entre les deux espèces. Mais en réalité, étant un esprit renard à neuf queues détesté par ses semblables, il a pour mission de tuer son futur époux lors de leur nuit de noces afin de provoquer un conflit. Toutefois, il échoue et tente alors de s’enfuir. Mais Kyôya le rattrape, bien décidé à consommer son mariage quelque soit le sexe de son partenaire. Face à l’envie de mourir de Hinata, le loup lui ordonne de rester en vie à ses côtés. Pourquoi s’attacher à ce renard qui n’a aucune valeur?

En conclusion

Ce one-shot obtient la dix-septième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Akihisa Teoh sensei présente un couple touchant et développe des sujets très actuels à travers un univers pourtant fantastique. En plus, son graphisme est un bonheur pour les yeux avec la finesse de ses expressions. Attention, certains lecteurs pourront être choqués par certains passages. Je fonds complètement pour ce récit! J’adore les deux personnages, particulièrement le caractère de Kyôya. Un coup de cœur!

Darling, give me a break! – Suzumaru Minta

darling give me a break suzumaru minta
SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782382761250
Hana, 2022
ISBN: 9784758077460 (JP)
Ichijinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Une romance de campagne pleine de douceur et de tendresse. »

Suzumaru Minta sensei propose une romance simple confrontant un agriculteur à un citadin qui vient d’Italie. Elle alterne la narration entre les deux héros. Elle joue principalement sur les quiproquos et les différences culturelles pour apporter des touches d’humour. De même, les petites sœurs Nakata renforcent les moments comiques en recadrant leur aîné. Haiji, qui a tendance à parler franchement, s’interroge sur ses nouveaux sentiments envers son nouvel ami. Kokoro, quant à lui, fait preuve de bonne volonté et de curiosité même s’il n’est pas débrouillard. Sa spontanéité prête à confusion mais il réfléchit pourtant sérieusement à ses interactions avec l’agriculteur. L’auteure décrypte succinctement les sentiments de ses personnages faisant évoluer très vite leur relation. Dans l’histoire bonus, elle exprime en peu plus la jalousie de Sakurazaka.

La mangaka a un trait épuré plutôt en rondeur, de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance surlignent discrètement les émotions. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Suzumaru sensei ne censure pas vraiment les scènes érotiques. Toutefois, elle ne détaille pas les parties intimes, préférant mettre en avant les sentiments. Sous la jaquette, elle présente les personnages et donne une anecdote de Megumi sur son frère.

En résumé

Nakata Haiji (20 ans), agriculteur, fait passer avant tout son travail et sa famille. Il sympathise vite avec son nouveau voisin, Sakurazaka Kokoro (18 ans), un italo-japonais, même si ce dernier se montre parfois trop tactile et familier à son goût. Un jour, lors d’une dure journée de travail, l’agriculteur croise sa petite amie qui le plaque après lui avoir asséné une gifle magistrale, vexée de ne pas faire partie de ses priorités. De retour chez lui, il passe d’abord ses nerfs sur Sakurazaka qui arrosait des plantes avec sa sœur Nakata Megumi (14 ans). Pourtant, le voisin ne se vexe pas et cherche même à le comprendre. Penaud, Haiji se rattrape en raccompagnant Kokoro chez lui après le dîner. Mais pour le remercier, ce dernier l’embrasse sur la joue.

En conclusion

Ce one-shot offre une histoire simple et mignonne mais contenant beaucoup d’humour et de sentiments. Il est sorti au Japon un mois après Coup de foudre pour Cupidon. Pour son deuxième manga, Suzumaru sensei maîtrise déjà son style graphique. Elle abandonne assez vite les quiproquos à cause de la différence culturelle pour se concentrer sur l’évolution des sentiments, tout de même un peu rapide. Une lecture agréable pour un doux moment de détente.

Take me home – m:m

take me home m:m
m:m
ISBN: 9782382761069
Hana, 2022
ISBN: 9784815501594 (JP)
Media soft, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Dans ce monde, dès l’instant où on pousse notre tout premier cri, notre rôle est déjà décidé. »

m:m sensei offre un omegaverse original avec un alpha et un oméga blessés par leur condition exploitée par d’autres. Elle alterne la narration entre les deux héros. Par ailleurs, elle apporte discrètement quelques touches d’humour, jouant surtout sur les quiproquos. L’oméga a peur de ne pas être utile tandis que l’alpha se replie dans le dédain pour se protéger. Grâce à leur cohabitation, les deux hommes vont évoluer jusqu’à la naissance de leurs sentiments. En révélant les petits traumatismes expliquant le comportement de Keita et Darren au fur et à mesure des chapitres, le suspense se maintient tout au long du récit pour aboutir à un climax intense. Ainsi, l’auteure aborde la stérilité, les difficultés d’une relation interculturelle, le poids du jugement hâtif. Elle complète ce tome avec une romance entre deux hommes d’âge mûr. Elle s’intéresse alors à la différence d’âge et à l’illusion du passé dans une relation.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine les yeux avec une forme particulière mais donne ainsi des regards très expressifs. Les trames sont variées. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors, qui apparaissent sur les plans larges, sont soignés, et semblent parfois construits à partir de photographie. La mise en page dynamique offre quelques cases originales. D’ailleurs, m:m sensei s’attarde sur les détails et les réactions de ses personnages. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des caches blancs. Sous la jaquette, deux planches propose une conclusion à l’histoire d’Abi et Tom, à lire donc à la fin.

En résumé

Take me home / Bonus: Darren Brad (alpha) qui se montre distant et méprisant avec ses collègues, ne supporte plus leurs commentaires sur son efficacité au travail. Il souhaite vite rentrer chez lui pour profiter du calme. Mais sur le parking, il est attiré par l’odeur d’un oméga en chaleur. Nezumi Keita, un Japonais, tombe alors inconscient dans ses bras après avoir réclamé son aide. Le lendemain, l’Américain demande à l’oméga de vite partir pour sa sécurité mais ce dernier ne comprend pas l’anglais. Keita pense alors à remercier son hôte en nature mais cela énerve Darren. Toutefois, inquiet pour l’état du voyageur sans logis et sans le sous, l’alpha lui propose tout de même de rester…
How to catch a star / How to catch a star (The light of my life): En 1984, Thomas Danston est devenu fan du plongeur Abiel Herman, ébloui par sa performance. Trente et un an plus tard, il le croise chez un tatoueur. Le sportif, dont la carrière a été brusquement écourtée suite à un scandale, est devenu un simple salaryman. Pourtant Tom continue à l’admirer. Et quand il le recroise encore trois ans plus tard, il décide de se rapprocher d’Abi…

En conclusion

Comme j’aime beaucoup les romances entre hommes d’âge mûr, je ne ressens pas de frustration suite au récit principal écourté. Mais cela pourra décevoir certains lecteurs, en particulier fan d’omegaverse. Par ailleurs, j’aime beaucoup la proposition de m:m qui installe des personnages alphas et omégas qui essaient de contrôler leur instinct et s’interrogent sur leur place dans la société. Les sentiments semblent palpables. J’apprécie également la douceur de la narration. Une excellente découverte!

Le garçon de la terre des lions – Hakase

le garcon de la terre des lions hakase
Hakase 博士
ISBN: 9782382760963
Hana, 2022
ISBN: 9784758021784 (JP)
Ichijinsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« On pleure seulement quand on est sûrs de ne plus jamais revoir l’autre… »

Hakase sensei offre une comédie romantique centrée sur l’échange culturel et la découverte de l’amour durant le séjour d’un étudiant étranger. Elle présente quelques particularités de la culture maasaï ainsi que certaines traditions à travers la curiosité de Makoto. Les deux lycéens, ouverts d’esprit, discutent facilement et nouent rapidement une relation franche. Luca se montre tactile et câlin tandis que Mako est sensible aux odeurs. En plus des différences culturelles, l’auteure aborde succinctement les différents évènements qui touchent un étudiant étranger comme l’intégration en classe, la solitude quand on est malade, le mal du pays. Elle met surtout en avant les petits malaises, les quiproquos et la nécessité d’en discuter rapidement. De même, la relation amoureuse entre Makoto et Luca s’accompagne de la découverte du corps de l’autre et de relations charnelles consensuelles.

La mangaka a un trait épuré. Toutefois elle rend avec réalisme la musculature de Luca qui contraste avec le corps frêle de Makoto. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques, renforçant l’aspect mignon du Japonais. De même, le lapin Taro vient renforcer ce côté mignon. Par ailleurs, les trames d’ambiance plutôt graphiques alternent avec les décors. Pour les ombres fortes, des hachures ou des aplats noirs permettent de ne pas surcharger les pages qui utilisent déjà des trames variées. Parfois des métaphores graphiques retranscrivent avec humour l’imagination de Makoto. La mise en page dynamique joue beaucoup sur différents angles de vue. D’ailleurs, Hakase sensei a tendance à décortiquer les scènes érotiques, s’attardant sur certaines réactions. Elle ne censure donc pas les scènes érotiques, dessinant même des coupes intérieures. Elle offre une histoire encore plus sexy et sensuelle dans le livret bonus.

En résumé

Aona Makoto attrape un bourdon égaré dans la classe puis le libère dehors. Comme il apprécie les animaux, il a du mal à comprendre la réaction excessive de ses camarades. De retour chez lui, sa mère, s’étant inscrite à un programme de famille d’accueil, lui annonce qu’un étudiant maasaï logera chez eux. Afin d’éviter un trop grand choc culturel, Mako entreprend des recherches au préalable. Mais il est surpris de voir un jeune homme moderne et sociable qui a appris le japonais. Luca prenant d’abord Makoto pour une fille, se rapproche facilement de lui. Mais même après les explications du Japonais, le Maasaï ne peut réfréner ses sentiments naissants…

En conclusion

Ce one-shot obtient la dix-neuvième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Malgré le rythme un peu particulier du titre, les scènes érotiques prenant beaucoup de place, le récit reste instructif et nous fait agréablement voyager. A réserver tout de même à un public averti! En plus, les personnages sont attachants et leur histoire d’amour touchante. Un petit coup de cœur.

Vampire and pleasant companions 3 – Konohara Narise et Ragawa Marimo

vampire and pleasant companions 3 konohara narise ragawa marimo
KONOHARA Narise 木原音瀬
RAGAWA Marimo 羅川真里茂
ISBN: 9784592218630 (JP)
Hakusensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Je suis le colocataire d’Akira, pas son petit ami. »

Ragawa Marimo sensei débute par un spin-off sur le vampire Kieft qui, malgré son principe de ne pas se mêler de la vie des humains, va s’attacher à un gamin. Dans le récit principal, elle introduit un nouvel assistant, Muroi Ikumi (23 ans), qui apporte divers questionnements comme par exemple les préjugés sur les homosexuels et l’asexualité. Curieux et direct, le jeune homme gay s’intéresse à son supérieur. L’auteure dévoile donc le passé d’Akira. Elle fait évoluer tout doucement la relation et les sentiments entre l’embaumeur et le vampire qui réalise qu’il peut perdre son nouveau foyer à tout moment. Par ailleurs, Albert détend l’atmosphère en cumulant les quiproquos. Dans la petite nouvelle en fin de tome, Konohara Narise sensei narre avec humour la passion d’Al pour les T-shirt avec des kanjis. Contrairement au tome précédent, l’histoire bonus s’intéresse à Kieft.

La mangaka a un trait épuré. Elle dédouble parfois les contours. Elle dessine des carrures plutôt carrées, donnant une certaine virilité aux personnages masculins. Les décors situent principalement l’action. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page est dynamique. Ragawa sensei décompose même quelques mouvements en détails, insistant sur des regards ou gestes. Elle n’hésite pas à représenter les sentiments de manières métaphoriques, donnant un aspect poétique à certaines pages. Au dos de la couverture, elle reprend toutes les bouilles d’Al en chauve-souris.

En résumé

Inspired spinoff NOTICE: Le jeune Curtis White s’est endormi en classe et rêve d’un étrange homme aux cheveux longs debout sous la pluie devant une jeune femme ensanglantée. Il réalise alors qu’il ressemble au petit ami de sa voisine Grace. Cette coïncidence le perturbe d’autant plus qu’il trouve l’homme, un certain Kieft, devant sa porte le soir en rentrant.
Vampire and pleasant companions: Depuis que Maruyama a quitté l’Old memorial center, Albert Irving, sous le nom de Kain Bartz, se retrouve à y faire plus souvent le ménage. Mais un soir, Tono lui demande de poser comme mannequin pour sa sœur qui cherche un modèle étranger. Toutefois, quand il demande l’autorisation à Akira, l’embaumeur refuse catégoriquement et les deux hommes finissent par se disputer. Après s’être enfui en pestant, Al commence à regretter son geste, se rappelant de la gentillesse de son hôte. Il croise alors Nukariya qui venait remettre une invitation pour une rencontre d’anciens élèves à son ami. Le vampire confie donc sa peine au policier. Akira, venu le chercher peu après, refuse d’aller à la fête en découvrant qu’elle est organisée par Sakairi, devenu producteur.

En conclusion

Une grande surprise sur la sexualité d’Akira qui se dit « apathique » mais dont les explications se rapprochent de l’asexualité. D’ailleurs, l’auteure confronte deux approches différentes de l’amour entre Muroi, qui pense qu’il faut essayer de changer, et Al qui préfère accepter l’embaumeur comme il est, partant sur le principe que l’amour est une question de cœur et non de rapports physiques. Quel bonheur de suivre les facéties du vampire qui devient de plus en plus câlin avec son hôte!

Barbarities 1 – Suzuki Tsuta

barbarities 1 suzuki tsuta
SUZUKI Tsuta 鈴木ツタ
ISBN: 9782375062951
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784799725726 (JP)
Libre, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je suis un homme qui vit pour l’amour. »

Suzuki Tsuta sensei crée son univers en s’inspirant de l’histoire occidentale. Elle introduit d’abord les personnages avant d’installer peu à peu les différentes intrigues. Ainsi, conflits politiques, religieux et royaux s’entremêlent à la luxure et l’hédonisme des nobles. Adam, extravagant et conscient de sa beauté, s’attache à la seule personne qui se refuse à lui. Un jeu de séduction va donc naître entre lui et Joël qui s’avère peu intéressé par l’amour. L’auteure joue au yo-yo avec les émotions du lecteur par des rapports peu ou non consentis, les empêchant tout simplement d’aboutir. Elle met en avant certains personnages secondaires. Elle dévoile d’autres facettes de Joël et Adam dans une histoire bonus. D’ailleurs, les mœurs différentes entre les pays influent sur les relations.

La mangaka a un trait un peu anguleux, fin et épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant parfois les expressions. Elle soigne particulièrement les décors et les costumes. Par exemple, sous la jaquette, on peut admirer les détails de la fontaine qui se trouve derrière les deux héros. Quelques trames d’ambiance illustrent les émotions. La mise en page dynamique met en valeur la beauté d’Adam. Suzuki sensei ne détaille pas les scènes érotiques. Par ailleurs, elle évite de tout simplement les montrer si le consentement laisse à désirer.

En résumé

Le vicomte Adam Canning est assigné à la garde du seigneur Montagu, ministre de la justice de la couronne, menacé depuis sa dernière intervention. Mais le libertin qui ne vit que pour le plaisir de l’amour, s’ennuie avec son austère patron. A une soirée de la marquise Mac Todd, il croise Joël, le neveu de Montagu, et tombe immédiatement sous le charme du bel intellectuel coincé qui l’éconduit. Mais en pleine nuit, après avoir participé à une orgie avec la marquise et ses amies, le capitaine surprend le jeune Joël en train de s’approcher de leur lit. Il le tire alors à lui pour l’embrasser mais l’intrus se débat. Ayant réveillé la marquise, les deux hommes fuient. En fait, Joël cherchait une clé d’un coffre qui contiendrait des preuves irréfutables contre le marquis, en prison. Adam lui propose alors d’organiser un plan à trois avec la marquise…

En conclusion

Ce premier tome nous plonge rapidement dans l’ambiance. Comme à son habitude, Suzuki sensei alterne avec brio tension et humour. En plus, le travail de traduction d’Isabelle Eloy est d’excellente qualité, rendant les expressions et les tournures anciennes. J’ai par ailleurs un énorme coup de cœur pour cette série. Un titre idéal pour découvrir le BL avec une note classique!