Let’s be together 1 – Kurahashi Tomo

let s be together 1 kurahashi tomo
KURAHASHI Tomo 倉橋トモ
ISBN: 9782375062906
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784801967472 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Comment Chiaki et Kazuma sont tombés amoureux?

Kurahashi Tomo sensei développe les trois années de lycée de Chiaki et Kazuma dans un préquel de Let’s be a family. Elle s’intéresse surtout à leur relation et au développement de leurs sentiments. D’ailleurs, elle alterne la narration entre les deux garçons, approfondissant leurs réflexions. Ainsi, Chiaki prend très tôt conscience de ses sentiments tandis que Kazuma passe par différentes réactions. Toutefois, ce dernier s’interroge constamment sur ses sentiments, acceptant qu’ils changent. Bien que l’auteure débute sur un ressort scénaristique classique du BL (amis d’enfance qui se surprennent en train de se masturber), elle traite le sujet avec finesse. Elle interroge aussi sur la différence entre les liens d’amitié, amoureux et fraternels ainsi que la difficulté à conserver intacte une relation. Les deux amis se parlent franchement et respectent le besoin de réserve de l’autre.

La mangaka dédouble parfois les contours, donnant un peu plus de relief à son trait épuré et doux. Elle utilise discrètement quelques trames d’ambiance. D’ailleurs, elle privilégie des trames de tons claires en général mais très variés, rehaussant les couleurs et les ombres. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, la transformation physique de Chiaki est bien rendue, l’adolescent frêle prenant du muscle et de la carrure en grandissant. Kurahashi sensei ne censure pas les scènes érotiques, mais parfois elle ne dessine pas les détails des parties intimes. Cela reste toutefois explicite.

En résumé

Kamimura Chiaki, Kazuma et Tomoe sont amis d’enfance. La collégienne a perdu ses parents à 5 ans et a été élevée par les parents des deux garçons. Se considérant comme une fratrie, ils sont inséparables. Pourtant Kazuma et Chiaki partagent quelques petits secrets entre eux uniquement, comme une base secrète qu’ils ont élaborée dans un ancien jeu dans un parc ou les raisons de Kazuma d’abandonner le football. Un soir, alors que les deux collégiens dormaient dans le même lit, Kazuma est réveillé par les gémissements de son ami qui se masturbait. Mais devant la gêne de Chiaki, il ressent également de l’excitation et tous deux finissent par se soulager mutuellement. Soudain, dans le feu de l’action, Chiaki l’embrasse…

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2020. Une histoire mignonne et adorable sur les premiers émois amoureux de l’adolescence, traité avec réalisme. L’auteure arrive à partager les sentiments et les hésitations de ses personnages avec douceur. Je suis tout simplement heureuse de découvrir comment les deux amis d’enfance sont tombés amoureux. Vivement la suite!

Hidamari ga kikoeru 2 A la poursuite du bonheur – Fumino Yuki

hidamari ga kikoeru 2 fumino yuki
FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782368775448
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784829685808 (JP)
Printemps shuppan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Les deux amis cherchent leur voie mais n’ont pas envie de se séparer…

Fumino Yuki sensei avait d’abord prévu de terminer son histoire avec ce tome et offre donc plus de 300 pages d’aventures. Elle développe un peu plus les amis de Sagawa, Yasu et Yokoyama, et introduit Maya. D’ailleurs, les chamailleries de la jeune femme avec Taichi renouvellent l’humour. Grâce à leur rencontre et leur romance qui avance tout doucement, Kôhei et Taichi évoluent chacun à leur rythme. En effet, les deux garçons sont têtus et ne discutent pas assez des problèmes. L’auteure décrit parfaitement les sentiments et les réflexions des différents personnages. Avec l’entreprise Sig-n, elle s’intéresse également au ciblage des handicaps pour proposer des solutions. De même, elle interpelle sur les solutions mises en place qui peuvent devenir des inconvénients pour d’autres et donc la difficulté de n’exclure personne. L’impression d’inanité des efforts entraîne différents comportements de protection, provoquant encore plus l’isolement.

La mangaka arrondit légèrement son trait fin et épuré, donnant plus de douceur à son graphisme. En simplifiant ses traits, elle apporte une touche d’humour, en particulier les différentes bouilles énervées ou frustrées de Taichi. Elle équilibre l’utilisation des trames. D’ailleurs, les trames d’ambiance, discrètes, ne renforcent que les fortes émotions. La mise en page est dynamique. Sous la jaquette, Fumino sensei continue de développer le thème des petits plats cuisinés avec amour pour Taichi, comme dans le tome précédent.

En résumé

A la rentrée, Sagawa Taichi aide le club de cinéma à distribuer des tracts pour le recrutement de nouveaux membres. Alors qu’il interpelait une jeune fille qui lui avait écrasé la main sans s’excuser, il constate qu’elle est malentendante. Depuis que Sugihara Kôhei l’a embrassé, un malaise s’est installé entre les deux amis et Taichi le fuit. Ses amis essaient de le forcer à se réconcilier en le jetant au pied de Kôhei. Sagawa découvre alors que son ami connaît Ôkami Maya. Pour détendre l’atmosphère, le frivole Yokoyama invite tout le monde à un rendez-vous de groupe. Mais Taichi ne supporte pas de voir Kôhei discuter facilement avec les filles. En effet, ce dernier s’ouvre un peu plus aux autres. A l’université, en voyant les notes illisibles de Sagawa, Maya lui reproche alors de profiter de Kôhei et lui fait remarquer qu’il lui est donc inutile.

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2017. Sugihara Kôhei est classé 21ème meilleur seme et Sagawa Taichi 28ème meilleur uke. Pourtant, le couple n’est encore qu’à la phase des déclarations et des baisers. J’adore voir Taichi se débattre avec ses propres sentiments alors qu’il a beaucoup d’empathie pour les autres et de facilité pour les comprendre. Kôhei qui se prend en main dégage beaucoup de charisme. Impossible de ne pas craquer pour ce couple touchant et adorable!

Hidamari ga kikoeru 1 Entends-tu le chant du soleil? – Fumino Yuki

hidamari ga kikoeru 1 fumino yuki
FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782368775103
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784829685617 (JP)
Printemps shuppan, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Ce n’est pas ta faute si tu n’entends pas bien! »

Fumino Yuki sensei s’intéresse au rejet de la différence, à la pauvreté et au handicap, plus précisément à la surdité. Elle décrit avec finesse et pédagogie les classifications créées selon le degré d’invalidité, l’inadaptation de la société et des gens qui ne font pas d’efforts, les paroles blessantes sans le vouloir. En effet, l’infirmité de Kôhei demande juste un peu d’adaptation de chacun, comme parler en face et distinctement pour qu’il puisse lire sur les lèvres, ou de répéter quand il ne comprend pas. Le caractère placide de Kôhei contraste avec l’énergie de Taichi. Par ailleurs, l’auteure explique le caractère renfermé de Sugihara et le comportement de Sawara en dévoilant peu à peu leur passé. Elle alterne la narration entre les deux étudiants, dévoilant leurs sentiments complexes. En effet, Kôhei a perdu confiance et Taichi n’a jamais réfléchi à l’amour mais cherche à comprendre son ami.

La mangaka a un trait épuré et fin. Elle a un style presque shôjo, avec de grands yeux expressifs et des expressions exagérées. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Pour l’instant, Fumino sensei se focalise sur les sentiments des personnages qui apprennent à se connaître. Il n’y a donc pas de scènes érotiques. Sous la jaquette, elle présente quelques recettes de la mère de Sugihara ainsi qu’une anecdote sur l’appétit de Taichi. La couverture, à dominance verte, se classe à la huitième place du classement au Chill chill BL award 2015.

En résumé

Au lieu d’aller en cours à l’université, Sagawa Taichi préfère chercher un petit travail. Mais à cause de son caractère fougueux, personne ne veut l’embaucher. Affamé et dégouté par sa malchance, il tombe en s’appuyant sur une barrière. Plus bas, il croise alors un étudiant qui mange seul et lui offre gentiment son bentô avant de partir. Le lendemain, alors que Taichi le recherchait pour lui rendre sa boîte repas, il apprend que Sugihara Kôhei est malentendant et a besoin d’un bénévole pour prendre des notes. Ne tenant pas compte des rumeurs sur la mauvaise réputation de ce dernier, Taichi propose de devenir son preneur de notes pour le remercier en échange de repas. Les deux jeunes hommes sympathisent vite. En effet, la forte voix de Taichi est audible pour Kôhei. Mais à la cantine, quand des étudiants critiquent le handicap de Kôhei, Taichi s’énerve et les corrige…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place de la meilleure création de nouvel auteur au Chill chill BL award 2015. Il est également classé dix-septième meilleur manga et huitième meilleur manga original. L’auteure offre un récit très réaliste avec une relation qui se développe doucement. Ses personnages ont des défauts et des qualités. En parallèle, elle arrive à pointer les difficultés des personnes malentendantes. Je suis complètement conquise par cette douce romance délicate.

Electric delusion 4 – Nekota Yonezou

electric delusion 4 nekota yonezou
NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351807828
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784864364911 (JP)
Core magazine, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Encore quelques combats à mener avant de vivre le parfait amour!

Nekota Yonezou sensei conclut sa série en dévoilant ce que deviennent tous les personnages. Elle sème encore quelques obstacles sur le chemin de l’amour du couple, pour renforcer leurs sentiments et leur confiance enfin acquise. Shunpei se confronte à la jalousie, au sentiment de délaissement et à la frustration sexuelle à cause de l’abstinence forcée. Le ton devient plus léger et humoristique, avec les machinations de Satonaka qui arrive à manipuler plusieurs personnes pour arriver à ses fins. L’auteure met en avant l’imagination débordante de Fumi, ainsi que son côté un peu pervers. Elle introduit Sakamoto Nanami afin d’offrir également un happy end pour Hagami. L’humour est très présent dans ce tome et se répercute également dans les chapitres bonus, avec Satonaka puis nos tourtereaux.

La mangaka a un trait épuré plus fin et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. La tête du chien est très rigolote. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Nekota sensei censure à peine les parties intimes en dessinant moins de détails. Il y a d’ailleurs beaucoup de passages fan service comparé au tome précédent grâce à Nanami et Hagami. Sous la jaquette, elle donne un petit jeu de l’oie personnalisé avec les personnages, une illustration avec une anecdote sur les deux amis d’enfance quand ils étaient petits ainsi que sa postface sous forme de dé.

En résumé

Motoki Fumihiro rayonne de bonheur depuis que Yamana Shunpei arrive enfin à se lier corps et cœur avec lui. Pourtant, le lendemain soir, malgré l’ambiance torride entre eux, son petit ami refuse de coucher avec lui sous prétexte qu’il n’est pas préparé. Il lui avoue alors qu’il l’avait fait la veille car ils finissent toujours au lit à chaque réconciliation. Bien que Fumi assure être content, les jours suivants, il évite Shunpei et passe son temps à observer son téléphone. Persuadé que son petit ami le trompe, Shunpei demande donc à Satonaka Yoshito de lui donner une corde pour le bondage. Mais il l’utilise en fin de compte pour passer par les balcons et espionner Motoki. Il tombe alors nez à nez avec un chien dont Fumi est complètement gaga. Sa mère l’a ramené après une soirée arrosée et l’a en plus appelé Shunpei!

En conclusion

Ce dernier tome, beaucoup moins sérieux, enchaîne les situations comiquse pour mon plus grand plaisir. En plus, l’auteure offre un presque happy end à tous ses personnages.

Electric delusion 3 – Nekota Yonezou

electric delusion 3 nekota yonezou
NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351807460
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784864363426 (JP)
Core magazine, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Le manque de confiance met en péril l’amour.

Nekota Yonezou sensei s’intéresse à la difficulté d’assumer une relation homosexuelle et à la question du coming out à la famille et l’entourage. Comparé au tome précédent qui concentrait la narration sur Shunpei, elle donne ici le point de vue de Fumihiro. Elle dépeint parfaitement la jalousie, les cachotteries et le manque de confiance qui entraînent des disputes au sein du couple. Par contre, Yamana commence enfin à ressentir du plaisir dans les rapports charnels et communique mieux ses sentiments et ses désirs à son petit ami. Motoki montre une facette peu reluisante avec son avidité et sa possessivité. De même, l’auteure pose Hagami comme un harceleur un peu trop insistant. Dans le chapitre bonus, elle offre un crossover avec Maya Hideyuki et Nemugasa Takashi avec le tome 3 de Treat me gently, please. Elle prend ainsi prétexte de la fête scolaire pour ajouter des scènes un peu fan service.

La mangaka adoucit légèrement son trait léché avec par exemple des visages moins pointus. Elle marque particulièrement les mèches de cheveux très détaillées. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. D’ailleurs, Shunpei affiche une grande variété de bouilles amusantes. Les trames d’ambiance, plutôt rares, renforcent les émotions. Le reste des trames est varié. La mise en page dynamique offre parfois des angles de vue recherchés et efficaces. Dans les scènes érotiques, Nekota sensei censure les parties intimes par des caches blancs. Elle intègre les héros de Treat me gently, please dans un chapitre bonus et un yonkoma. La couverture est réversible. Sous la jaquette, en plus de la postface et de l’habituelle conclusion du chapitre bonus, il y a une petite aventure avec Sakurada.

En résumé

Yamana Shunpei demande à Motoki Fumihiro de ne plus poser pour Hagami. Mais alors que son petit ami embrassait sa main, il la retire brusquement en entendant des filles dans le couloir, de peur d’être vu. En plus, il n’ose pas dire à Katayama qu’il sort avec quelqu’un et se retrouve à participer à un rendez-vous avec des filles. Motoki lui fait donc la tête mais Shunpei essaie de le rassurer en lui promettant de rentrer tôt. Toutefois, Hagami profite de leur situation conflictuelle pour forcer Fumi à poser à nouveau pour lui. Durant le rendez-vous, Shunpei retrouve Mayu, son ex qui lui avait brisé le cœur. Redoutant la réaction de son petit ami, il hésite à lui avouer la vérité. D’autant plus que Fumihiro ne répond pas au téléphone.

En conclusion

L’auteure ajoute des obstacles sur le chemin de l’amour des deux amis d’enfance tout en continuant à aborder les questions sur le coming out. Shunpei évolue le plus et devient très intéressant. Ne passez pas à côté de cette histoire classique au premier abord mais traitée avec humour et originalité!

Electric delusion 2 – Nekota Yonezou

electric delusion 2 nekota yonezou
NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351807309
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784864360494 (JP)
Core magazine, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Les déboires de la première fois.

Nekota Yonezou sensei continue à explorer les réactions face à un coming out, avec Akino qui refuse d’avoir un frère passif alors qu’elle lit et crée des BL. Elle interroge sur la sincérité des sentiments quand deux amis tombent amoureux ainsi que sur la différence de comportement entre amis et amants. Elle aborde également avec humour les premiers rapports sexuels, en particulier les préparatifs pour la pénétration anale et le manque de plaisir au début. D’ailleurs, Shunpei prend peur en découvrant les détails provoquant des doutes pour son petit ami. En plus, le lycéen possessif contrôle mal sa jalousie et n’arrive pas à exprimer parfaitement ce qu’il ressent. Le couple oscille donc entre disputes et réconciliations tendres. L’auteure introduit Hagami Yasuke qui s’avère très ouvert sur sa sexualité et se pose donc comme rival de Yamana. Comme dans le tome précédent, Satonaka apporte une touche d’humour avec son sadisme.

Le trait particulier de la mangaka est facilement reconnaissable. Elle dessine des visages ovales longs. Elle exagère légèrement les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont variées, en particulier avec les tenues à motifs. Par ailleurs, les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Nekota sensei censure à peine les scènes érotiques mais ne détaille pas les parties intimes. Sous la jaquette, elle donne sa postface ainsi que la conclusion de l’histoire bonus.

En résumé

Motoki Fumihiro et Yamana Shunpei sortent ensemble. Mais pour l’instant, ils ne s’accordent pas vraiment sexuellement, Shunpei ayant déjà du mal à supporter les préliminaires. Pourtant, il aime passer des moments tendres avec son petit ami. Katayama et Sagawa invitent Shunpei à voir un film pornographique avec une de ses actrices préférées. Redoutant la colère de Fumi, le lycéen n’ose rien lui dire mais son petit ami l’apprend par Katayama. Toutefois, il refuse de l’accompagner comme avant, préférant les films porno gay. Mais en découvrant que Motoki fantasme sur un acteur qui lui ressemble, Yamana est rongé par la jalousie au point de ne plus suivre le film. De retour chez lui, il se dispute avec Fumi mais finit par céder à son désir de lui faire une fellation. Mais alors que les amoureux réconciliés s’embrassent devant la porte, Akino les surprend.

En conclusion

C’est un réel plaisir de découvrir les déboires du couple pour leur première fois. Ce sujet est rarement abordé dans les BL où tout est souvent beau et magnifique! Le couple se dispute facilement à cause de Fumi qui a l’air un peu têtu et pressant, mais ces discussions houleuses mènent à des relations consenties. Un couple attachant qui mérite d’être découvert!

Electric delusion 1 – Nekota Yonezou

electric delusion 1 nekota yonezou
NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351807002
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784862526755 (JP)
Core magazine, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Comment réagir face au coming out d’un ami d’enfance?

Nekota Yonezou sensei offre une comédie romantique entre deux amis d’enfance. Elle focalise son récit sur leurs interrogations, la place de l’amitié suite à un coming out et les premiers rapports. En effet, alors que Fumi assume pleinement sa sexualité, Shunpei passe par différents stades de réactions: le dégoût et le rejet, puis la curiosité, l’envie de comprendre et enfin le sentiment d’abandon. En plus, son jugement est influencé par les clichés sur les homosexuels. D’ailleurs, l’auteure pointe l’image fantasmée des BL avec Akino. Comme précisé dans sa postface, elle a volontairement créé des caractères brouillant l’identification seme/uke en s’inspirant plutôt des shôjo. D’ailleurs, les deux garçons sont dans la discussion, pour le choix de la position et les essais. Satonaka apporte une touche d’humour avec son crush sur Kazuaki Sakurada qu’il prend plaisir à martyriser. Une histoire avec deux couples d’amis complète ce tome.

La mangaka a un trait épuré, anguleux et précis. Elle dessine des visages ovales avec de long menton pointu, des personnage sveltes aux longues jambes. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques, arrondissant également les visages. Les yeux sont plutôt effilés. Les trames sont équilibrées, les décors assez présents, apportant une touche réaliste. Dans les scènes érotiques, Nekota sensei ne censure pas vraiment les parties intimes, se contentant parfois de ne pas les détailler. Elle donne une anecdote sur Satonaka dans un yonkoma en fin de tome. De même, elle continue le chapitre bonus sous la couverture. Il y a également des explications sur la création du manga.

En résumé

Electric delusion / Electric delusion plus / Vers la lune de miel: Un jour, Motoki Fumihiro annonce à son ami d’enfance et voisin, Yamana Shunpei, qu’il est gay et qu’il a un petit ami. D’abord surpris, ce dernier lui demande alors de présenter son partenaire. Mais en voyant le président des élèves Satonaka, il en vient à se demander pourquoi Fumi ne l’a pas choisi. Curieux et souhaitant comprendre son ami, il se renseigne auprès de sa sœur, Akino, lectrice de BL. Mais perplexe devant le terme neko utilisé par cette dernière, il se confie auprès de son ami qui entre dans une colère noire. Pourtant, pour se réconcilier, il s’incruste entre le couple…
Adult experience value / Un bon petit ami: Marui et Shinkai sortent respectivement avec Murasato et Yumeji mais ces derniers ne sont pas satisfaits sexuellement…

En conclusion

L’auteure cherche à perturber ses lecteurs en cassant quelques codes classiques du BL. Elle aborde avec humour les questionnements d’un garçon face à l’homosexualité de son ami. J’aime beaucoup leurs discussions parfois directes, dans lesquelles leur longue amitié ne permet pas au romantisme de s’installer. Leur relation semble aller un peu vite pour l’instant. Vivement la suite!

Blue sky complex 5 – Ichikawa Kei

blue sky complex 5 ichikawa kei
ICHIKAWA Kei 市川けい
ISBN: 9782368770048
Hana, 2021
ISBN: 9784864423656 (JP)
Tokyo mangasha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« J’ai besoin d’en parler à quelqu’un… »

Ichikawa Kei sensei interroge sur le coming out. Après Kirisu dans le tome 4, elle continue à développer les personnages secondaires. Elle met en avant Harukawa Noriyasu, qui n’assume pas son homosexualité, puis le mature Kohiruimaki Towa. Motochika et Natsuki ne cachent pas leur relation mais ne l’exposent pas non plus à tous. Par contre, lorsqu’on les interroge, ils répondent franchement. Ainsi, ils deviennent un soutien pour Noriyasu qui laisse exploser ses complexes et arrive enfin à devenir lui-même. A travers lui, l’auteure montre comment le traitement particulier, bien que bienveillant, peut tout compte fait blesser quelqu’un. Elle force le couple à encore plus discuter avec l’intervention de la franche et directe Kirara. Elle confronte également le couple à la question du bonheur, imagée par les critères de la société. En effet, Natsuki ressent encore une certaine culpabilité envers son petit ami, à la base hétérosexuel.

Le trait épuré et léché de la mangaka a beaucoup évolué. Il devient plus doux grâce au jeu des pleins et des déliés. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques, donnant un aspect mignon, presque SD aux personnages. Elle porte une attention particulière aux regards et petits gestes. Les trames variées sont équilibrées. Par ailleurs, quelques trames d’ambiance graphique renforcent les émotions. Les décors sont présents sur les plans larges, accentuant l’aspect réaliste du récit. La mise en page est dynamique. Ichikawa sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle se concentre surtout sur les sensations des personnages et offre des baisers très sensuels. Sous la jaquette, elle présente les deux héros à différents âges.

En résumé

Pour son petit boulot, Narasaki Motochika donne des cours particuliers. Mais Terashima Natsuki s’inquiète un peu depuis que son petit ami a donné son pseudo à une de ses élèves lycéennes, Fujishiro Kirara. Il pense que Chika ne se rend pas compte que la jeune fille le drague. Il confie alors ses inquiétudes à Kurisu. Pourtant, les deux amoureux ont une grande confiance l’un envers l’autre et essaient à chaque fois de démonter leur amour. Par ailleurs, depuis quelques temps, Harukawa Noriyasu ne fréquente plus trop le groupe d’amis. Motochika est même surpris de le voir fuir quand il le croise par hasard à la gare. Le soir, alors que Natsuki retrouve son petit ami en route, Haru les voit de loin s’embrasser…

En conclusion

Ce tome a obtenu la troisième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Narasaki Motochika est classé premier meilleur seme et Terashima Natsuki deuxième meilleur uke. L’évolution de Haru m’émeut profondément. L’auteure donne une image tellement belle de l’amitié. J’adore suivre les discussions de ces petits groupes de confidents. Ainsi, l’auteure apporte vraiment un regard assez large et extérieur sur l’homosexualité, avec des personnes bienveillantes.

The Teijo academy 2 – Natsushita Fuyu

the teijo academy 2 natsushita fuyu
NATSUSHITA Fuyu 夏下冬
ISBN: 9782382760383
Hana, 2021
ISBN: 9784865896114 (JP)
Fusion product, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je voulais devenir un héros comme celui que j’aime. »

Natsushita Fuyu sensei s’intéresse à la relation particulière entre Nachi et Harutaka. Elle dévoile un peu l’enfance des deux garçons, ainsi que l’influence de Natsu, le frère ainé de Nachi. Elle montre également la pression que les deux alphas subissent de leur père. Hasunomiya Hirokuni continue ses manigances et pousse Ichijô à reconsidérer sa relation avec Einan, qui se demande alors si son amour n’est pas de l’admiration. De même, il aime provoquer Nachi mais Natsu n’hésite pas à le remettre à sa place. A travers Mitomi Fuyuto, l’auteure explique comment l’académie gère les périodes de chaleurs des omégas. Ainsi, elle montre également les différentes conditions matérielles entre les alphas et les omégas. Comme dans le tome précédent, elle offre une histoire bonus avec la famille de Masaomi de Le maître de maison est un alpha et la suite des aventures de Tsuji Akihiko avec Tsubaki Yukitaka.

La mangaka a un trait épuré et léché, reconnaissable. Elle travaille beaucoup les regards pour transmettre les émotions des personnages. De même, les décors sont présents, très soignés et réalistes. Les trames variées sont équilibrées. Les flash-back sont repérables avec leur fond noir. La mise en page assez classique possède quelques agencements de cases parfois audacieux. Mais cela correspond bien au formalisme strict de l’académie. Dans les scènes érotiques, Natsushita sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. En début de tome, elle présente les personnages et leurs relations dans une fiche pratique. Elle montre également en fin de chapitre les activités scolaires ainsi que les équipements, en particulier ceux pour les omégas et les quatre légendaires. Sous la jaquette, une carte de l’académie Teijo permet de se repérer dans le manga.

En résumé

Ichijô Harutaka déprime de ne pouvoir soutenir correctement Einan Nachi alors qu’il a intégré l’académie Teijo dans cet unique but. Il perd même confiance en lui. Pour lui changer les idées, Aoki Hirofumi lui propose de participer à un camp d’équitation. Au début, Harutaka rencontre des difficultés avec son cheval Yuki mais la classe que dégage Aoki durant les sauts d’obstacles le motive. Lors d’une excursion à cheval avec son senpai, un orage éclate et le cheval de l’oméga s’emballe. Quand Ichijô reprend conscience, Hirofumi et lui sont nus et ont trouvé refuge dans un petit abri appartenant au club d’équitation. L’alpha éternuant, Harutaka lui propose alors de partager la couverture qui le recouvrait.

En conclusion

L’auteure prend encore son temps pour développer sa romance. Elle met en place différentes manipulations des alphas, transformant l’ambiance générale. Elle renouvelle vraiment le genre de l’omegaverse ainsi que le gakuenmono. Cela pique donc ma curiosité.

Les saisons, Nacchan et moi – Sagan Sagan

les saisons nacchan et moi sagan sagan
SAGAN Sagan 佐岸左岸
ISBN: 9782382760420
Hana, 2021
ISBN: 9784865895131 (JP)
Fusion product, 2018 (JP)
Titre original: 春と夏となっちゃんと秋と冬と僕
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

Deux amis d’enfance à la campagne qui s’aiment tout simplement.

Sagan Sagan sensei narre la relation entre deux amis d’enfance vivant à la campagne, à travers des tranches de vie très courtes, sur un moment particulier, sans forcément de continuité. A travers divers thèmes, elle pose à chaque fois les émois adolescents et leurs questionnements, sans les approfondir, invitant le lecteur à juste observer l’évolution de leurs sentiments. La narration alterne parfois entre Shima et Natsuo qui apportent des précisions grâce à leurs réflexions intérieures. Alors que Shima est plutôt timide, rougissant facilement, et a peur du regard extérieur, Natsuo assume pleinement son homosexualité sans pour autant être démonstratif. L’auteure dresse à chaque fois un portrait fugace du couple, avec leurs jeux innocents, leurs échanges, leurs amis. Elle aborde ainsi leur relation particulière, avec un amour pur et innocent, leur harmonie, leur dispute, leur attirance, leur avenir.

La mangaka a un trait anguleux, avec un côté brut encore brouillon. Elle dédouble parfois les contours, donnant de l’épaisseur. Elle utilise peu de trames et privilégie donc les stries et hachures. Les traits sont très simplifiés dans les passages humoristiques. D’ailleurs, un personnage peut passer d’un aspect comique à une image très sensuel en à peine une case. Sagan sensei porte attention aux gestes tendres. Elle détaille les décors, avec une touche réaliste, et rend parfaitement l’ambiance des saisons. Elle découpe ses chapitres par mois et structure son récit comme des yonkoma, synthétisant un thème sur 4 ou 8 cases. Il n’y a pas de scènes érotiques explicites. D’ailleurs, ce format ne convient pas. Par contre, les moments intimes sont suggérés. Les chapitres débutent par une illustration monochrome. Parfois, en fin de chapitre, il y a des petites illustrations plus simples. Sous la jaquette, deux planches concluent le récit.

En résumé

Tomoda Shima et Mihara Natsuo sont amis d’enfance. A 17 ans, ils sont très proches et partagent même un sentiment pour ainsi dire amoureux. Parfois, Shima se montre très tactile, volant des baisers. Pourtant, Natsuo accepte volontiers ces démonstrations de tendresse…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la septième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2019. Pour son premier manga, l’auteure adopte un style narratif original qui oblige le lecteur à devenir un simple spectateur. Comme j’aime les yonkoma, je suis surtout déstabilisée par son style car j’attends et cherche la chute du récit. Or, ici, cette dernière n’est pas automatique. Par contre, j’admire la maîtrise de Sagan sensei sur ce format. Par ailleurs, je me sens un peu trop vieille pour apprécier pleinement cette histoire. Toutefois, je pense qu’elle plaira à un public sensible aux thèmes abordés.