La bête qui voulait être domptée 2 – Yuitsu

la bete qui voulait etre domptee 2 yuitsu

Yuitsu ゆいつ
ISBN: 9782382762189
Hana, 2024
ISBN: 9784861238727 (JP)
Brite, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Tu n’aimes pas quand je te provoque? »

Yuitsu sensei continue d’analyser les émotions de ses deux héros qui se découvrent au fur et à mesure. Elle s’intéresse à la gestion de la jalousie, l’immaturité, les premières fois. Malgré une possessivité grandissante, Arata s’efforce à garder le contrôle et se montre prévenant durant les ébats avec son petit ami novice. En effet, Junta a tendance à céder facilement aux demandes de son amant. Pourtant, leurs relations restent consensuelles. Chiaki et Eiji, inquiets pour le couple, n’hésitent pas à intervenir. Ainsi, l’auteure aborde la question de la confiance et de la communication au sein d’un couple, la gestion des inquiétudes. Avec le gang de Kyôya et les interventions de Taiga, elle développe l’influence des rumeurs et la question de la réputation. Elle crée la surprise en révélant sur la fin les secrets autour de Minase et Minamoto. Les amis de Junta, Ryô et Gaku, ajoutent une note comique.

La mangaka a un trait léché presque réaliste. Elle le simplifie ou exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle utilise beaucoup de trames, très variées. De même, les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page plutôt classique propose quelques pages plus dynamiques, avec des angles de vue variés. Yuitsu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle offre une magnifique illustration en dégradé de gris et des dessins d’Eiji. En mettant les couvertures du tome 1 et du tome 2 côte à côte, on obtient une seule illustration. L’inversion des couleurs entre rose et blanc complète le diptyque.

En résumé

Depuis que Minase Arata a arrêté son travail de grand-frère à louer, il sort avec Minamoto Junta. Mais le lycéen inexpérimenté a encore du mal à exprimer ses sentiments. En plus, il ne sait pas trop comment se comporter vis à vis des regards extérieurs. Les deux amoureux s’organisent alors une sortie au parc d’attraction. Mais le soir, en voyant Junta discuter familièrement avec son collègue Kizaki Eiji, Arata réalise que sa possessivité grandit.

En conlusion

Yuitsu sensei excelle à décrypter les émotions de ses personnages. Elle retient le lecteur en haleine jusqu’à la fin. Pourtant, elle ne partage qu’une simple tranche de vie. Son magnifique graphisme, en particulier les expressions des visages et les scènes érotiques, sont un bonheur pour les yeux. La surprise finale permet d’apprécier la subtilité du titre. Je confirme mon coup de cœur pour cet adorable couple.

La bête qui voulait être domptée 1 – Yuitsu

la bete qui voulait etre domptee 1 yuitsu

Yuitsu ゆいつ
ISBN: 9782382762172
Hana, 2024
ISBN: 9784861238710 (JP)
Brite, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Tu veux bien… me caresser la tête? »

Yuitsu sensei offre une belle romance entre un aîné d’une fratrie qui a envie qu’on prenne soin de lui et un benjamin d’une autre fratrie qui souhaite qu’on s’appuie sur lui. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Ainsi, elle joue principalement sur les quiproquos et les dissemblances. Bien que faisant parti d’une fratrie, les deux jeunes hommes ressentent une certaine solitude de part leur position différente de leur aspiration. Ils vont rapidement construire une relation amicale particulière d’abord fraternelle puis qui se transforme rapidement en attirance amoureuse. L’ami d’Arata, Chiaki, joue les confidents. L’auteure s’intéresse aux différentes responsabilités qui pèsent sur les frères aînés. De même, elle aborde le jugement sur l’apparence et l’influence des rumeurs, Junta se retrouvant souvent la cible de bagarre. Par ailleurs, elle offre un peu de fan service avec l’histoire bonus amusante.

La mangaka a un trait léché et détaillé. Elle le simplifie légèrement dans les passages humoristiques. Ainsi, elle arrive à rendre mignon l’air renfrogné de Junta quand il est gêné ou touché. Les décors soignés et très présents renforcent le réalisme. De même, il y a beaucoup de trames rendant les dégradés, les ombres, les motifs et les couleurs. Pourtant, les ombres fortes sont marquées par des hachures. En plus, les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. La mise en page plutôt classique propose parfois quelques pages plutôt dynamiques. Yuitsu sensei s’attarde sur les détails et décompose certains mouvements. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques et offre même des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle offre diverses illustrations des deux héros.

En résumé

L’étudiant Mizuse Arata finance ses études en travaillant comme « grand frère à louer ». Bien que sa clientèle soit majoritairement féminine, il se contente de réconforter les clients. Pourtant, un jour, il reçoit une requête d’un lycéen, Minamoto Junta (18 ans), qui voudrait qu’on lui caresse la tête. En effet, grand et musclé, il paraît intimidant et attire souvent les voyous bagarreurs. Mais l’échange entre les deux jeunes hommes dérape rapidement, les caresses d’Arata excitant Junta. Trouvant le lycéen trop craquant, l’étudiant propose alors de le soulager.

En conclusion

Ce tome obtient la dix-septième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022. Pour son premier manga en deux tomes, Yuitsu sensei maîtrise toujours aussi bien le format. Comme à son habitude, elle analyse avec finesse les émotions de ses personnages, rendant attrayant un scénario pourtant classique. Son graphisme toujours aussi sublime est un régal pour les yeux en plus des corps musclés. Je craque complètement pour cet adorable couple. Un petit coup de cœur!

Je te donne la moitié de moi – Arima Arashi

je te donne la moitie de moi arima arashi

ARIMA Arashi 有馬嵐
ISBN: 9782382762660
Hana, 2024
ISBN: 9784845859979 (JP)
Leed publishing, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je suis sans doute le seul à trouver qu’il a un regard effrayant. »

Arima Arashi sensei narre une romance dramatique qui commence par une fuite puis une séparation. Elle aborde la maltraitance, la culpabilité qui se transforme en regret avec le temps, l’impuissance, la pédophilie. Ainsi, elle dévoile le passé de Shin par brides, maintenant un certain suspense. Les deux adolescents s’interrogent sur leur attirance et leur relation, à la limite entre amis et amants. Bien que Shiraki comprend vite son sentiment amoureux, il prend des précautions pour les exprimer à Kurokawa dont les émotions s’exacerbent avec la tension. Malgré une relation consensuelle, la culpabilité et l’impuissance perturbent l’harmonie du couple. L’auteure effectue un saut de le temps, suspendant les sentiments et analysant par la suite leur évolution. Elle s’attarde sur la différence des réactions et des émotions entre adulte et adolescent, qui changent en mûrissant. Par ailleurs, elle met en avant la difficulté à assumer son passé.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle dessine de grands yeux expressifs et des hachures envahissantes pour les rougissements. Par ailleurs, elle simplifie parfois son trait à l’extrême dans les passages humoristiques. Les contours parfois plus épais donnent du relief. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Arima sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Elle joue également sur les cadrages et les angles de vue pour éviter de trop les montrer. Par ailleurs, elle ménage les lecteurs en ne détaillant pas les scènes choquantes. Les illustrations en début de chapitre offrent un instantané de la relation. Sous la jaquette, deux planches concluent le récit, à lire donc à la fin.

En résumé

Kurokawa Makoto conserve une certaine retenue face à Shiraki Shin qui attire pourtant l’admiration de toute la classe. Il est à la fois fasciné et intrigué par le sourire que ce dernier affiche constamment. Mais un jour, en rentrant des courses, il croise son camarade de classe à moitié nu, la chemise tâchée de sang, dans la rue. Surpris, il l’aide alors à fuir son poursuivant enragé. Shin lui révèle donc que sa mère le prostitue pour gagner de l’argent. Aîné d’une fratrie de six enfants et habitué à prendre soin des autres, Kuro décide par conséquent de fuguer avec lui. Mais jusqu’à quand tiendront-ils avec ses maigres économies?

En conclusion

Ce one-shot se classe septième meilleur manga profond au Chill chill BL award 2024. Arima Arashi sensei enchaîne un peu rapidement certains évènements. Néanmoins, elle dépeint avec finesse les émotions de ses personnages. En plus, son graphisme dégage une certaine douceur très agréable. Malgré les efforts de la mangaka pour ménager son public, certaines scènes peuvent toutefois choquer la sensibilité de certains lecteurs. J’ai été surprise par l’intensité du récit qui pourtant se suffit amplement à ce tome. Une lecture touchante! Mise à jour: Ce tome se classe septième meilleur manga profond au Chill chill BL award 2024.

Notre chemin – Amamiya

notre chemin amamiya

Amamiya アマミヤ
ISBN: 9782382762080
Hana, 2024
ISBN: 9784866534060 (JP)
Core magazine, 2020 (JP)
Titre original: ぼくらのつづき
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Pour le moment, on recommence depuis la case départ. »

Amamiya sensei narre une romance classique entre deux amis d’enfance perdus de vue qui se retrouvent quelques années plus tard. Elle base la narration principalement du point de vue de Yôsuke. Par ailleurs, elle met en avant la vie des rues commerçantes, avec l’entraide et les échanges entre les gérants de boutiques. Les deux héros ont des caractères assez marqués. A cause de sa timidité, Shû a un petit côté fuyant et tsundere. Yôsuke, quant à lui, a tendance à suivre ses pulsions mais communique parfois maladroitement. Les deux adolescents ressentent une attirance mutuelle mais prennent du temps avant de l’accepter. Ainsi, l’auteure aborde les premiers émois amoureux de l’adolescence, analysant leurs réactions. Elle maintient un certain suspense en révélant au gré des souvenirs le passé entre les deux lycéens. De même, elle joue principalement sur la dynamique entre eux.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle s’attarde sur les détails des regards et des petits gestes. Son graphisme conserve un trait à main levé avec des pleins et déliés nombreux et des petites hachures qui marquent les volumes. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance apparaissent avec parcimonie. De même, les décors situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique, très aérée avec de grandes ellipses et des vides. Amamiya sensei censure à peine les scènes érotiques. Néanmoins, elle joue sur les cadrages pour en montrer le moins. De même, elle dessine des hachures ou des contours blancs sur les parties intimes.

En résumé

Enfants, Sakurai Yôsuke avait sympathisé avec Nanase Shû qui venait d’emménager dans le quartier. Mais en jouant, ils ont eu un accident qui a brisé leur relation naissante. En plus, la mère de Shû, surprotectrice, n’a même pas laissé Yô s’excuser. Par conséquent, les deux amis se sont alors éloignés. Mais depuis son entrée au lycée, Sakurai croise souvent Nanase, même si tous deux s’ignorent. Pourtant, il vient à son secours quand un professeur embête un peu trop Shû sur sa couleur de cheveux. Un jour, alors qu’il aide ses parents à livrer des légumes, il découvre son ancien ami en train de travailler chez Chiyo qui tient une boutique de bentô.

En conclusion

Bien qu’Amamiya sensei propose une comédie romantique assez classique, elle maîtrise plutôt bien le format one-shot et enchaîne les évènements en alternant tension, romance, souvenirs et même quelques scènes sexy. Son graphisme mignon est un atout supplémentaire à l’appréciation de ce récit. Une lecture agréable avec des moments craquants!

Sasaki et Miyano 9 – Harusono Shou

sasaki et miyano 9 harusono shou

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782385312701
Akata, 2024
ISBN: 9784046811400 (JP)
Kadokawa, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Tu veux bien sortir avec moi, ce jour-là? »

Harusono Shou sensei continue de développer les émotions de Sasaki et Miyano face au changement de leur situation. Elle s’intéresse à la difficulté à coordonner son emploi du temps, l’exaltation des sentiments et la gestion de la distance. Ainsi, une gêne s’installe entre les deux amoureux, Shûmei se montrant plus démonstratif mais le regrettant aussitôt. Miyano prend un peu plus d’assurance et d’initiatives, soutenu par ses parents et ses amis. Ogasawara Jirô et Hanzawa Masato apportent une note comique. D’ailleurs, l’auteure joue sur les clichés du BL, s’amusant sur la limite entre amitié et amour, dans la gestuelle ou la discussion. Avec l’introduction d’Ugawa Sora, un camarade de classe de Sasaki, elle aborde le jugement sur l’apparence, la question du coming out. De même, elle rappelle que les démonstrations romantiques quelque soit l’orientation sexuelle du couple, peuvent mettre mal à l’aise à travers les réactions de Shirahama.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à arrondir les têtes. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page plutôt classique alterne des yonkoma. Comparé au tome précédent, Harusono sensei fait poser les personnages du récit et donne sa postface sous la jaquette. Elle précise le découpage du temps sur le sommaire. Dans les bonus, elle regroupe les histoires promotionnelles en les classant par thème. Ses chapitres n’ont d’ailleurs pas la même taille.

En résumé

L’anniversaire de Sasaki Shûmei approche. Miyano Yoshikazu appelle donc son petit ami pour l’inviter à un rendez-vous à deux. Mais s’étant un peu trop emballé, il demande alors conseil auprès de Kuresawa Tasuku. Shirahama Kyôji et Tashiro Gonzaburô se mêlent rapidement à la conversation de leurs amis. Toutefois, la discussion dérive rapidement sur leur orientation.

En conclusion

Harusono Shou sensei arrive à créer une ambiance chaleureuse, douce avec la bienveillance de ses personnages. Son graphisme dégage d’ailleurs le même effet. De même, elle traite avec délicatesse les questions sur les premiers émois amoureux et la sexualité de l’adolescence. Une lecture qui procure les mêmes sensations qu’un doux bonbon qui fond doucement sur la langue. Cette série est idéale pour débuter dans le BL.

Le petit ami dangereux de Suzu – Kasai Chiaki

le petit ami dangereux de suzu kasai chiaki

KASAI Chiaki かさいちあき
ISBN: 9782382764305
Hana, 2024
ISBN: 9784801975187 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Titre original: 地雷系彼氏すずくん
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Un amour entre deux êtres que tout oppose, liés par Kappa, la petite peluche. »

Kasai Chiaki sensei propose une romance entre deux étudiants aux caractères diamétralement opposés. Elle révèle au fur et à mesure les petits secrets des personnages, dévoilant en fin de compte des personnalités bien plus complexes qu’elles ne paraissent. Ainsi, bien que Suzu aime sa solitude et ne cherche pas à se lier d’amitié, il fait des efforts pour connaître un peu plus Aiji et s’ouvrir à lui. De même, malgré un comportement très proche du harcèlement et du chantage, Sawamuro montre sincèrement ses sentiments et s’adapte à l’univers de son camarade. L’auteure joue sur le classique scénario « tomber amoureux de celui qui nous rejette » pour aborder différentes approches des relations sociales lorsque que l’on est à la base calme, entre rejet ou intégration à travers un faux « masque ». Elle s’intéresse également au jugement sur l’apparence, l’influence des préjugés, la difficulté à se montrer tel que l’on est.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux avec des contours qui se déforment ou se dédoublent pour renforcer les réactions des personnages. D’ailleurs, elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, simplifiant parfois son trait. Elle a également un style reconnaissable, avec des oreilles un peu pointues caractéristiques. Les trames sont très variées. Par contre, les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est très dynamique, avec des sorties de cadre. Kasai sensei ne censure pas les scènes érotiques. Par ailleurs, elle intègre des jeux érotiques avec Kappa. En fin de chapitre, elle propose également quelques aventures mignonnes de la peluche ou des yonkoma apportant des anecdotes. Les personnages posent dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Le timide Furushima Suzu a perdu sa chère peluche Kappa, réalisée par son cousin Ryûichi d’après une création de Takowasa. Il la cherche désespérément dans les couloirs de l’université quand le beau Sawamuro Aiji l’interpelle, entouré de ses groupies. Ce dernier le taquine un peu avant de lui rendre la peluche qu’il a retrouvée, légèrement abimée. Depuis, il semble vouloir sympathiser avec Suzu mais se montre un peu trop insistant et tactile, au grand dam de l’asocial étudiant. D’ailleurs, le beau gosse prétexte vouloir fuir les filles trop collantes. Charmé par les larmes du morose Furushima qui panique dès qu’on le touche, Aiji lui vole soudain un baiser par dessus son masque.

En conclusion

Kasai Chiaki sensei crée une dynamique intéressante entre ses personnages. Elle équilibre petit à petit la relation entre ses deux héros, qui dévoilent leur vraie personnalité. Son graphisme très expressif rend bien les émotions. Toutefois, certains lecteurs pourront trouver les jeux sexuels avec la peluche Kappa et le harcèlement constant d’Aiji assez malaisants. Fan de la mangaka habituée aux romances tumultueuses, je me suis facilement plongée dans ce récit. J’ai d’ailleurs hâte de découvrir le second tome! Une lecture ambiguë qui ne plaira pas à tout le monde mais ravira les fans du genre.

Perfect addiction – Miyama Kaoruko

perfect addiction miyama kaoruko

MIYAMA Kaoruko 美山薫子
ISBN: 9782382764329
Hana, 2024
ISBN: 9784796415743 (JP)
Kaiohsha, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« A cause de sa belle gueule, il avait toujours un air supérieur. »

Miyama Kaoruko sensei propose une romance classique entre deux étudiants aux caractères opposés, l’un volage et l’autre trop sérieux. Elle alterne la narration entre les deux héros. Leur relation débute d’abord sous prétexte d’une initiation aux plaisirs sexuels, sans pour autant tomber dans les jeux érotiques. Au contraire, Akihito se montre à l’écoute du plaisir de son partenaire et le traite avec prévenance. En plus d’une bonne compatibilité sexuelle, leurs sentiments évoluent vers une attirance mutuelle. Toutefois, conscient de leur accord de ne pas s’attacher, Sae fuit rapidement ses sentiments, supportant de moins en moins les autres aventures de son partenaire. Ainsi, l’auteure s’intéresse particulièrement aux conflits intérieurs ressentis lorsque deux sex friends s’éveillent à l’amour. Elle met en avant la communication au sein d’un couple.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, aux contours parfois dédoublés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique joue beaucoup sur les superpositions et les ellipses. De même, Miyama sensei adapte la forme des cadrages à leur contenu. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques. Il y en a même une par chapitre. Les illustrations en début de chapitre montrent l’évolution du couple.

En résumé

Kuji Akihito, un étudiant volage qui profite de sa popularité auprès des filles pour cumuler les coups d’un soir, ne supporte pas l’asocial Takazuki Sae, qui rencontre encore plus de succès que lui. En plus, ce dernier ne semble fréquenter personne. Après une soirée entre étudiants, Sae préfère rentrer mais il est suivi par Yuria que convoitait Akihito. Déçu, le volage étudiant décide également de rentrer. Mais il remarque alors son rival en conflit avec un homme devant un hôtel. Kuji fait fuir le malotru en se faisant passer pour le petit ami de Takazuki et invite son camarade à patienter dans la chambre d’hôtel. Au cours de leur discussion, Sae lui confie être gay mais ne pas trop aimer les rapports sexuels. Akihito lui propose alors de tester avec lui.

En conclusion

Malgré un scénario classique, Miyama Kaoruko sensei offre une romance attendrissante avec deux beaux étudiants. Elle a en plus un beau graphisme très expressif. L’équilibre entre humour, drame et sensualité rend la lecture agréable. Pour ceux qui aimeraient encore voir le couple évoluer, un tome 2 est sorti en février 2024. J’ai apprécié ma lecture et attend donc la suite avec impatience. Mise à jour: Ce tome obtient la troisième place de la meilleure comédie romantique au Chill chill BL award 2024.

Tomorrow maybe love – Yamashita Machi

tomorrow maybe love yamashita machi

YAMASHITA Machi 山下街
ISBN: 9782382764442
Hana, 2024
ISBN: 9784758024082 (JP)
Ichijinsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Aimer quelqu’un comme lui, c’est sans espoir… »

Yamashita Machi sensei narre une romance classique avec deux étudiants qui s’aiment secrètement. Elle construit une relation plutôt innocente malgré le comportement limite de Nagi qui n’hésite pas à se glisser dans le lit de son voisin sans pour autant aller plus loin. D’ailleurs, Kitagawa n’a aucune confiance en lui et renonce d’avance à tout espoir et déclaration. Le beau Yuu prend du temps à découvrir ses propres sentiments. La gêne qui s’installe entre les deux héros à cause de leur côté ingénu les rend mignons. Ainsi, l’auteure joue sur les contrastes entre apparence et caractère. Elle décortique les émotions et rend ainsi la formation de la relation naturelle. Elle guide les deux amoureux avec un entourage bienveillant.

La mangaka a un trait épuré qui dégage une certaine douceur avec ses légères rondeurs. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. En plus, les rougissements marqués par de fines hachures discrètes renforcent le côté mignon des personnages. Les trames bien que variées sont en aplat. Ainsi, les ombres fortes sont bien marquées. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions, surtout dans les moments comiques. Par contre, les décors très présents apportent une touche réaliste. La mise en page, simplement dynamique mais efficace, s’attarde sur les détails. Dans les scènes érotiques, Yamashita sensei ne montre pas les parties intimes. Au début de deux chapitres, elle offre une illustration directement intégrée au récit.

En résumé

L’étudiant Kitagawa Nagi se retrouve souvent à ramener son voisin de palier, Yamasaki Yuu, chez lui quand ce dernier est trop ivre. En effet, ils fréquentent le même club de musique folklorique à l’université. Au prétexte de le surveiller au cas où il arriverait quelque chose à Yuu, Nagi a pris l’habitude de dormir secrètement à ses côtés et se réveille plus tôt pour rejoindre discrètement sa chambre au matin. Mais il redoute que son voisin découvre un jour son secret…

En conclusion

Ce tome obtient la huitième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2023. Yamashita Machi sensei offre un scénario sans prétention mais avec une narration bien rythmée qui suit avec justesse l’évolution des émotions des personnages. Son graphisme à l’aspect simple ne se démarque peut-être pas mais colle parfaitement au style du récit. Certains lecteurs pourront peut-être s’ennuyer devant le manque d’enjeu. De même, la couverture plutôt originale avec des instantanés du couple et une palette de couleurs restreintes pourra également ne pas attirer le regard. Un tome 2 sort en mars 2024 au Japon. Ce titre plaira en tout cas aux romantiques. Petit coup de cœur pour ma part!

Nomi & Shiba 4 – Tagura Tohru

nomi et shiba 4 tagura tohru

TAGURA Tohru 田倉トヲル
ISBN: 9782385315696
Akata, 2024
ISBN: 9784088552088 (JP)
Shueisha, 2023 (JP)
Titre original: のみ×しば 4
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« On est en plein dans la zone grise! »

Tagura Tohru sensei aborde avec humour la question de la première fois, s’attardant sur la préparation. Comme dans le tome précédent, elle s’amuse sur les questions purement matérielles que des adolescents peuvent se poser. Par ailleurs, elle montre l’organisation de Nomi et Shiba, la vie en dortoir faisant obstacle à leur épanouissement sexuel. La majorité du tome présente par la suite le passé de Miyai Yûdai, en particulier sa rencontre avec l’étudiant Fujima Hikaru. Au bord de la rupture scolaire, l’universitaire propose au collégien une autre méthode d’apprentissage, le remotivant. Ainsi, l’auteure interroge sur la rigidité de l’enseignement japonais qui gâche le potentiel de certains élèves, les difficultés que rencontrent les familles monoparentales. Elle s’intéresse également à la relation amoureuse entre enseignant et élève, analysant l’influence des rapports qui peuvent porter à confusion. En introduisant de nouveaux personnages, elle relance son récit avec de nouvelles aventures à venir.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. De même, elle varie les physionomies, rendant les personnages facilement reconnaissables. Les trames sont à la fois équilibrées et variées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Tagura sensei censure les parties intimes avec un cache blanc et en estompant leurs contours. A la fin des chapitres, elle dévoile la vie des personnages secondaires. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre l’ambiance du récit. En début de tome, il y a des fiches personnages.

En résumé

Nomiya Ryûto et Mikoshiba Kanata adorent s’embrasser mais ils ont de plus en plus de mal à résister à leur libido. Pour l’instant, ils testent d’autres méthodes pour se donner du plaisir mutuellement. Mais ils décident de se tenir prêt au cas où une occasion plus propice en dehors du dortoir se présenterait. En effet, ils se préoccupent de respecter au mieux le règlement. Les deux amoureux souhaitent donc acheter préservatifs et lotions et demandent alors conseil auprès de Nakaôji et Miyai Yûdai. Mais ce n’est pas aussi facile qu’ils ne le pensaient…

En conclusion

Avec ce tome, Tagura Tohru sensei délaisse un peu le couple principal pour développer d’autres questionnements sur les premiers émois amoureux de l’adolescence. Elle aborde avec délicatesse la relation entre étudiant et enseignant, montrant les différentes réactions de l’entourage et les scrupules de chacun. Son graphisme toujours aussi mignon est un régal pour les yeux. Une lecture toujours aussi « choupi »!

The world’s end – Akagawa Sagan

the word s end akagawa sagan

AKAGAWA Sagan 赤河左岸
ISBN: 9782375064016
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799748077 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Un recueil d’histoires longues, atmosphériques et marquantes. »

Akagawa Sagan sensei offre un recueil de trois tranches de vie mettant en avant l’amour qui s’affranchit des apparences. Elle développe ce thème à travers trois genres narratifs différents: fantastique, romance lycéenne et science-fiction. Dans la première histoire, elle crée le suspense en ne révélant les informations qu’au fil des pages, interrogeant sur un amour répétitif dans une boucle temporelle. La deuxième histoire, plus classique aborde la question du jugement sur l’apparence, la difficulté à dépasser ses complexes et le temps de construction d’un amour sincère. Les deux lycéens se découvrent et analysent leurs sentiments naissants. Dans la troisième histoire, l’auteure donne la version de Shin puis celle de Rukiya sur leur relation à distance et leurs sentiments tus. Elle crée la surprise avec une conclusion inattendue, questionnant sur l’amour virtuel.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle détaille les décors, permettant d’immédiatement appréhender le milieu. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page très dynamique met en valeur les métaphores poétiques. Ainsi, Akagawa sensei utilise les petits détails des décors et s’attarde sur les petits gestes pour transcrire les émotions des personnages. Dans les scènes érotiques, elle ne montre pas les parties intimes en jouant sur les angles de vue.

En résumé

Ils vécurent heureux: Au cœur de la forêt, Magnolia vit dans une cabane avec le jeune Emil. L’enfant adore le conte que lui lit chaque soir son tuteur: un monstre vivant seul dans la forêt recueille un jour un nourrisson qu’il décide d’élever pour le manger plus tard. Mais il finit par s’attacher à l’enfant qui grandit. Depuis quelques temps, alors qu’il entre dans l’adolescence, Emil fait toujours le même rêve dans lequel il voit Magnolia coucher avec un inconnu. Qui est-il?
Le prince grenouille: Nishino Yui ne supporte plus la beauté de son visage au point de vomir quand on lui montre la moindre affection. Toutefois, au lycée, il se sent bien à côté de son voisin de table, Iida un passionné d’insectes qui reste indifférent à son physique. Travaillant en tant que mascotte au musée des sciences, Nishino aime ainsi découvrir d’autres facettes de son camarade.
The world’s end / Générique de fin: Shin teste l’habitabilité d’une planète depuis presque trois ans. Mais la solitude commence à lui peser et il prend plaisir à discuter avec son ami Rukiya lors de ses rapports journaliers. Ce dernier lui a créé une intelligence artificielle sous la forme d’un cube d’assistance qui peut créer un robot biologique. Alors la nuit venue, il demande à Cupe de prendre la forme de Rukiya…

En conclusion

Ce recueil obtient la treizième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2021. Akagawa Sagan sensei maîtrise parfaitement le format court et propose trois récits émouvants avec des personnages attachants. Elle va à l’essentiel et utilise le graphisme pour appuyer sa narration. Je suis complètement conquise par les trois histoires. J’apprécie d’ailleurs la richesse de la narration pour parler d’un même sujet. Une lecture pleine de finesse!