Underdog puppy love – Sado Romeo

Couverture de Underdog puppy love de Sado Romeo, éditions Hana

SADO Romeo 茶渡ロメ男
ISBN: 9782382767658
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784845858729 (JP)
Leed, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je veux tout connaître du corps des hommes. »

Sado Romeo sensei narre une romance entre un lycéen et un comédien sur la sellette suite à un outing. Elle s’intéresse à divers sujets comme la différence d’âge, le poids des rumeurs dans le milieu artistique, les discriminations persistantes. Par ailleurs, elle dynamise son récit en jouant sur les contrastes. Par exemple, malgré sa tête d’ange, Hikaru parle crûment tandis que Naruse, bien qu’adulte, a un côté très fleur bleue. Sous prétexte d’une initiation, un jeu érotique s’installe entre les deux hommes mais le comédien essaie toujours d’imposer des limites au lycéen. Par ailleurs, Naru, après réflexion sur son avenir, se reconstruit grâce à Kogasaka qui lui apporte conseils et techniques plus modernes. A travers le fourbe Miwa Kippei, l’autrice montre d’autres méthodes pour stimuler sa carrière, parfois à la limite de la légalité. Par ailleurs, elle aborde la question de la première fois, de la libido des jeunes adultes.

La mangaka a un trait léché mais épuré. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Parfois, ses compositions utilisent les codes des shôjo comme des fleurs ou des scintillements entourant les personnages. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors détaillés sont très présents. Aussi, la mise en page plutôt classique évite ainsi de surcharger les pages. Dans les scènes érotiques, Sado sensei censure les parties intimes par un cache blanc. D’ailleurs, elle préfère cadrer ces passages au niveau du buste en général et précise donc avec humour ce qui se passe dans un encart. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages.

En résumé

La carrière montante du comédien Naruse Shirô s’arrête brusquement lorsque son duo avec Miwa Kippei éclate. En effet, Miwa le rejette en découvrant qu’il est secrètement amoureux de lui depuis six ans. Comme la rumeur sur son homosexualité enfle, le patron de leur agence n’hésite pas à le virer. Alors que Naruse noie son chagrin dans l’alcool dans un bar gay, un beau jeune homme l’aborde et l’emmène dans un love hotel pour la nuit. Toutefois, le lendemain, le comédien découvre que Kogasaka Hikaru n’est que lycéen. Pourtant, ce dernier lui demande de tout lui apprendre du sexe entre hommes et n’hésite pas à le faire chanter avec une photo compromettante…

En conclusion

Sado Romeo sensei propose un récit au premier abord gênant d’après le scénario mais très bien maîtrisé, empli d’humour et de sujets d’actualités. Elle analyse avec délicatesse la question du coming out des célébrités et des enjeux sur leur carrière. Son graphisme agréable ancre parfaitement le récit dans la réalité. D’ailleurs, je craque complètement pour leurs bouilles SD dans les passages humoristiques, surtout celles de Hikaru. Certains lecteurs pourront être choqués par la différence d’âge. Pour ma part, j’aime beaucoup la personnalité des deux héros et j’avais envie de les encourager. Une lecture touchante!

88 rhapsody – Sorai Mone

88 rhapsody sorai mone

SORAI Mone ソライモネ
ISBN: 9782382762745
Hana, 2024
ISBN: 9784829686195 (JP)
Printemps, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Vivez les rêves et les sentiments qui viennent chambouler les membres du groupe Aldébaran! »

Sorai Mone sensei propose de suivre les romances de quelques membres du groupe Aldebaran. En plus de l’univers musical, elle s’intéresse aux différentes épreuves auxquelles se confrontent les musiciens comme la pression, la passion devenue douleur, la perte de confiance en soi, le traumatisme. Dans la première histoire, rapide mais efficace, elle analyse principalement les sentiments naissants dans une amitié ainsi que l’acceptation de soi. Par la suite, l’histoire de Miyata Kyôtaro (26 ans) et Agawa Ritsuki approfondit surtout la question de la gestion de la pression aussi bien extérieure (famille, enseignant, concurrence) qu’intérieure (course à la réussite, peur de l’erreur, trac), la communication nécessaire et les conseils avisés de personnes expérimentées. Malgré des sentiments réciproques, les deux hommes préfèrent se taire. Par ailleurs, l’auteure interroge sur l’avenir des musiciens et l’évaluation du talent. Elle base la narration d’abord du point de vue de Yodaka puis de celui de Miyata.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, bien découpé, qui se ressent particulièrement à travers les ossatures saillantes et les corps plutôt maigres. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle donne des anecdotes dans des fiches personnages à la fin des chapitres. Les trames bien que variées privilégient les contrastes noir et blanc. Les trames d’ambiance appuient les émotions tandis qu’un fond noir indique les flash-back. Les décors soignés situent principalement l’action et s’estompent parfois autour des personnages. La mise en page très dynamique s’attarde sur les détails, avec des angles de vue variés, des chevauchements et des sorties de cadres. Sorai sensei marque le passage du temps par des indices sur les saisons. Dans les scènes érotiques, elle cache les parties intimes grâce à des cadrages ou des bulles bien placées. De même, l’imagination des personnages s’invite dans les décors.

En résumé

Récemment transféré dans un nouveau lycée, Hoshikawa Yodaka ne supporte plus les rumeurs et les regards insistants sur sa cicatrice au visage. Il préfère écouter de la musique en dormant à l’infirmerie. Mais un jour, Fujise Anji s’infiltre par la fenêtre de l’infirmerie et lui demande de lui laisser une place dans son lit. Le lycéen très direct, joue de la guitare dans un groupe et lui offre donc une invitation à un concert. Intrigué par un compliment sur son visage, Yodaka sympathise vite avec ce nouvel ami, reprenant vite goût à l’étude. Il arrive même à se confier à lui…

En conclusion

Sorai Mone sensei offre une magnifique romance dont la sensibilité se ressent à travers les images et les paroles de ses personnages. Elle équilibre parfaitement l’humour et les intrigues, évitant de trop faire étalage des sentiments des personnages. Ainsi, les relations paraissent naturelles, parfaitement dépeintes avec les hésitations et les effusions. J’apprécie particulièrement le graphisme très expressif, au trait particulier et reconnaissable de la mangaka. Un petit coup de cœur!

Le printemps d’un cœur brisé – Cocomi

le printemps d un coeur brise cocomi
Cocomi ココミ
ISBN: 9782382762837
Hana, 2022
ISBN: 9784796413190 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Pourra-t-il passer outre la différence d’âge pour savourer pleinement les sentiments qui éclosent dans son cœur? »

Cocomi sensei propose de suivre la romance entre un photographe désabusé par la vie et un lycéen qui va le remotiver. Elle aborde ainsi la différence d’âge, la reprise d’une passion, la gestion d’une relation à distance. Malgré un sujet délicat, elle fait évoluer la relation dans le temps de manière saine et consensuelle. La narration donne principalement le point de vue d’Eisuke. Le pigiste ayant perdu confiance en lui suite à divers échecs, a tendance à ne percevoir que l’aspect négatif de sa vie. Kai, quant à lui, ne se sent pas à l’aise dans sa famille recomposée. En se fréquentant, les deux héros vont apprendre à s’apprécier et faire des efforts communs pour équilibrer leur relation. L’auteure met en avant le partage, la discussion, les petits bonheurs simples de la vie qui permettent de se construire, s’affirmer et apprécier son quotidien.

La mangaka a un trait très épuré qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Son graphisme dégage une agréable douceur. Les trames en générale sont variées et équilibrées. De même, quelques trames d’ambiance renforcent les sentiments. Par contre, les décors apportent une touche réaliste. La mise en page très dynamique joue surtout sur des angles de vue recherchés et des ellipses de différentes formes. Cocomi sensei ne censure pas les scènes érotiques. Mais elle privilégie l’expression des sensations plutôt que les détails trop sensuels.

En résumé

Kôga Eisuke (32 ans) n’a pas réussi à percer en tant que photographe et travaille actuellement comme pigiste. Il vit dans un petit appartement modeste qui avait une superbe vue sur des cerisiers jusqu’à ce que la famille Nagashima construise sa maison juste devant. N’ayant plus accès à ce magnifique paysage qui l’apaisait, il a tendance à perdre goût à la vie d’autant plus que son travail précaire le mine. Mais il sympathise avec le fils aîné Nagashima, Kai, qui aime passer du temps avec lui. Ce dernier prend même l’habitude de venir souvent chez lui. En se découvrant peu à peu, les sentiments du lycéen changent à son égard et Eisuke ne sait plus comment réagir. Un jour, après que Kai ait essayé de l’embrasser, il lui interdit de revenir chez lui…

En conclusion

J’avais adoré la série Restart de Cocomi sensei, et ce one-shot confirme mon intérêt pour son travail. J’apprécie les petits détails du quotidien, l’ambiance générale du récit qui prend à la fois son temps mais avance tout de même très vite dans le déroulement. Du bonheur simple et doux. Un coup de cœur!

My hero’s dream 3 – Aomiya Kara

my hero s dream 3 aomiya kara
AOMIYA Kara 蒼宮カラ
ISBN: 9782375062715
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784758076784 (JP)
Ichijinsha, 2017 (JP)
Titre original: おこさまスター 3
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Une seule phrase, et tout s’écroule pour le cascadeur. »

Aomiya Kara sensei décortique les sentiments et les réactions des personnages après une séparation. Elle détaille les différentes étapes par lesquelles passent les personnages, selon leurs caractères: les regrets, la remise en question, l’auto-persuasion, l’incompréhension, le sentiment de culpabilité, la dépression, l’espoir. Elle développe un peu plus les personnages secondaires, en particulier Matsubara Haruomi. L’explication sur son comportement ambigu prend enfin tout son sens. Par ailleurs, les aînés de Kaidô utilisent l’homophobie comme prétexte pour le harceler. L’auteure met ainsi en avant la différence de perception de l’homosexualité entre les générations, les amis étudiants de Honda et les collègues de la même tranche d’âge du cascadeur étant plus ouverts. De même, elle montre la difficulté à gérer la solitude et le soutien qu’apporte les amis, ainsi que l’agence. La narration alterne entre les deux héros.

La mangaka a un trait épuré mais anguleux malgré la forme plutôt ronde de ses visages. Par contre, dans les passages humoristiques, elle dessine des personnages en SD tout arrondi et mignon. Elle détaille les gestes du quotidien pour mettre en avant la réflexion constante des personnages. Les décors sont présents dès que le plan s’élargit. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Dans les scènes érotiques, Aomiya sensei évite de montrer les détails des parties intimes grâce aux cadrages. Sous la jaquette, elle donne une postface en image et présente les personnages d’Oko-sama box qui apparaissent dans le tome.

En résumé

Se sentant inutile, Honda a décidé de quitter temporairement Kaidô Ryô. Il trouve refuge chez son ami Kawasaki. Ce dernier prévient alors discrètement Kaidô pour le rassurer. Comme Honda ne cesse de penser à son petit ami, il se lance dans une quête acharnée pour trouver un emploi. Remarquant sa mélancolie, Kawasaki l’emmène à une soirée organisée par Ômiya Sôsuke où ils retrouvent leurs amis de l’université Mikawa Daiki et Shakuji Mitsuru. Comme Honda ne parle plus de son amant, ses amis trouvent les mots justes pour le réconforter et le motiver. Quand il obtient enfin un poste, Honda se précipite d’abord naturellement pour annoncer la bonne nouvelle à Kaidô, puis réalise qu’il lui manque énormément.

En conclusion

Comparé au tome précédent, l’auteure maîtrise un peu mieux son scénario, malgré encore quelques maladresses. Je pense qu’elle est plus à l’aise sur la description des sentiments. Voir Kaidô prendre de l’assurance fait plaisir. D’ailleurs, j’apprécie son évolution. J’aime beaucoup ce tome qui aborde des thèmes différents des classiques.

My hero’s dream 2 – Aomiya Kara

my heros dream 2 aomiya kara
AOMIYA Kara 蒼宮カラ
ISBN: 9782375062401
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784758075626 (JP)
Ichijinsha, 2016 (JP)
Titre original: おこさまスター 2
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Difficile de profiter d’une vie amoureuse quand le quotidien est surchargé.

Aomiya Kara sensei s’intéresse à la difficulté de concilier vie active et vie privée, ainsi que de soutenir son partenaire. Elle nous plonge durant les années universitaires de ses héros. Elle alterne la narration entre Kaidô et Honda. Alors que le couple discutait beaucoup de leur avenir au lycée, il ne communiquent plus assez, happés par leurs activités. Ainsi, Kaidô ne s’épanouit pas dans son travail mais ne se confie pas. Et Honda a l’impression d’être inutile et a peur de gêner. Un malaise s’installe malgré eux. L’auteure introduit de nouveaux amis qui vont influencer les héros: l’acteur Matsubara Haruomi et l’étudiant Kawasaki. Elle aborde également avec réalisme les premiers rapports consentis du couple avec les questions de la position passif et actif et les préparatifs. Comparé au tome précédent, le ton est beaucoup plus sérieux. L’histoire bonus donne une anecdote sur le lycée.

La mangaka a un trait épuré anguleux reconnaissable. Elle le simplifie et le déforme dans les passages humoristiques. Elle dessine parfois leur tête en SD. Par ailleurs, le travail des yeux s’affine au niveau des pupilles. Les deux héros rougissant facilement, des hachures recouvrent souvent la moitié de leur visage. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Par contre, les flash-back apparaissent parfois confus et brouillent un peu la lecture. Aomiya sensei ne censure pas les scènes érotiques mais elle ne montre pas les parties intimes grâce aux angles de vue et les cadrages. Sous la jaquette, elle donne une postface illustrée.

En résumé

Kaidô Ryô et Honda Kyôsuke réfléchissent énormément à leur avenir après le lycée. Le jeune acteur se formera au métier de cascadeur tandis que le lycéen pense prendre un petit travail en parallèle de ses études à l’université. Mais Kaidô n’a pas envie de se séparer de son petit ami. Ce dernier lui propose alors d’emménager ensemble. Ils vont donc enfin vivre en amoureux…

En conclusion

L’auteure dépeint les premiers pas dans la vie adulte de ses deux héros, avec toutefois quelques maladresses. Même si cela se veut réaliste, j’ai du mal à y croire. Voir leur relation se dégrader peu à peu uniquement par manque de communication et de temps, alors qu’ils partageaient tout avant, semble un peu léger. A croire qu’ils n’ont aucune confiance envers leur partenaire alors qu’ils sont ensemble depuis plus de trois ans. En plus, leur abstinence sexuelle paraît improbable depuis le temps qu’ils se tournent autour. La fin du volume s’arrête en plein suspense. J’ai donc hâte de voir comment cela va se dérouler.