Le cœur de la méprise – Ogawa Chise

le coeur de la meprise ogawa chitose

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782368771563
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404303 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Quand la persévérance et la prévenance font palpiter le cœur.

Dans ce recueil, Ogawa Chise sensei questionne l’amour qui se développe face à la prévenance et la tendresse. La première histoire donne son titre au manga et occupe la moitié du tome. La narration débute avec Miki pour passer ensuite à Udô. L’auteure pointe les différentes expressions de l’amour comme la tendresse, la possessivité, la jalousie et la violence. Elle s’amuse en confrontant deux beaux garçons aux caractères opposés: Miki est frivole et considère l’amour comme un jeu alors qu’Udô est plutôt sérieux et aimant. Cependant, leurs sentiments amoureux dévoileront d’autres facettes de leurs personnalités. L’histoire bonus offre une anecdote amusante sur le couple mettant en avant le côté obsédé de l’uke. « Last summer blues » est une romance platonique s’intéressant à la limite entre l’attirance, l’admiration et la compassion. Le dernier chapitre offre une douce romance à ses débuts entre un salaryman maladroit qui fond pour quelqu’un de prévenant.

La mangaka a un trait épuré qu’elle n’hésite pas à simplifier dans les moments amusants. Par exemple, les yeux deviennent de simples points ou traits. Les trames d’ambiance sont discrètes et il y a peu de décors. Même si les trames servent principalement à la coloration et aux ombres, elles sont assez claires. De plus, le blanc domine sur les pages, Ogawa sensei jouant sur les ellipses et les cases vides. De même, la mise en page est dynamique. Les scènes érotiques évitent les détails, privilégiant les préliminaires. En outre, le jeu de cadrage permet d’en montrer le moins possible.

En résumé

Le cœur de la méprise / The date of miscalculation: Miki sort avec n’importe quelle fille du moment qu’il peut être satisfait sexuellement. Un jour, il surprend Udô en train de se séparer de sa petite amie, n’éprouvant aucun sentiment pour elle. Pour l’aider, il se fait alors passer pour son petit copain.
Last summer blues: Kuzumi est le meilleur lanceur de l’équipe de base-ball de son lycée. Malheureusement, il n’a pu mener son équipe au Kôshien, éliminée à la finale du tournoi régional. Depuis, il évite le club. Pourtant Ichigaya, son kôhai, grand admirateur et rival, tente désespérément de le faire revenir…
Un après-midi sans défense: Surnommé le chef-démon, Ômura a été promu dans la section planning et doit former les nouveaux, mais il n’aime pas le travail d’équipe. Tamachi, de la section vente, cherche à sympathiser avec lui mais, par inadvertance, il casse les lunettes de vue d’Ômura…

En conclusion

Il est amusant de voir le stoïque Udô craquer pour le capricieux et obsédé Miki. Les deux autres histoires sont mignonnes, sans scènes érotiques. Même si la psychologie des personnages est peu approfondie, on passe un agréable moment. Au Chill Chill BL award 2014, ce titre était placé quatorzième des meilleurs manga.

Que veux-tu manger demain? – London Pariko

que veux tu manger demain london pariko

LONDON Pariko 倫敦巴里湖
ISBN: 9782368771921
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784796405829 (JP)
Kaiohsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

Difficile de choisir entre de bons petits plats préparés avec amour et la satisfaction sexuelle.

London Pariko sensei propose un recueil d’histoires sans prétention tournant autour de la nourriture et l’alcool. Alors que le graphisme est constant et mignon, il y a un déséquilibre de composition entre certains chapitres. Bien que les scénarios soient plutôt simples et que les personnages aient peu de profondeur, ces récits sont tout de même agréables à suivre, avec des héros adultes. Quelques clichés et scènes fan service peuvent cependant déplaire. Les deux premiers chapitres et le chapitre final forment un récit tranche de vie avec un couple intéressant. Malheureusement, il n’est pas approfondi. L’histoire de Mimura et Katagiri donne une anecdote supplémentaire sur le couple phare du recueil Mimura & Katagiri. La construction des deux autres récits est intéressant mais se termine un peu trop précipitamment, faisant perdre l’approche réaliste.

La mangaka utilise un graphisme rond de style shôjo. Les uke sont petits, ont de grands yeux et des traits efféminés. Elle met en avant l’esthétique de ses personnages qui sont plutôt mignons. De plus, la simplification des traits renforce les passages humoristiques. Les trames d’ambiance dominent par rapport aux décors. Les cadrages sont assez classiques. L’absence de lignes et de contours des parties génitales permet de censurer les scènes érotiques, qui sont de plus très courtes pour certaines.

En résumé

Qu’est-ce que tu veux manger demain? / Laisse-moi ta place / Les substances nutritives essentielles: Saegusa a recueilli Kuroe, un jeune homme qui n’a pas réussi à se prostituer. En échange, ce dernier lui prépare des petits plats. Bien qu’il le trouve mignon, le salaryman n’ose pas le toucher et continue donc à fréquenter ses amants disséminés à travers le Japon quand il part en mission. Pourtant, il le trouve tellement attachant à s’acharner à lui préparer ce qu’il aime.
De tes lèvres au goût de fraise: Alors que Mimura (30 ans) est à Tochigi chez ses parents pour voir sa grand-mère hospitalisée, Katagiri (30 ans) a repris son accent en discutant au téléphone. En le rejoignant, ils se remémorent le passé.
Ce n’est pas mignon: Suite à une dispute, Sakuraba Atsushi s’est fait plaquer le jour de son anniversaire par sa petite amie qui admirait trop l’acteur Morozumi Chisato. Alors qu’il vient au secours d’un jeune homme qui subissait des attouchements dans le train, il réalise que ce dernier n’est autre que ce fameux acteur. Pour le remercier, la star s’incruste et lui prépare alors chaque jour des petits plats!
Order made honey: Amamiya Shunsaku se réveille au côté d’un bel inconnu après une soirée arrosée. Mais ce dernier a disparu de chez lui à son retour. Intrigué, il remarque qu’il le croise à chaque fois qu’il est ivre…

En conclusion

Le format court ne permet pas d’approfondir ces récits divertissants et mignons mais un peu trop légers pour s’attacher. C’est tout de même un plaisir de retrouver Katagiri et Mimura.

My pretty policeman 2 – Niyama

my pretty policeman 2 niyama

Niyama にやま
ISBN: 9782368776872
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801965980 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Les joies et les difficultés de la vie de couple avec une différence d’âge de 10 ans.

Dans ce second tome, Niyama sensei s’attarde sur la vie de couple avec une différence d’âge: une libido et un rythme de vie différents qui amènent le couple à s’interroger sur leur relation. Ainsi, les deux héros communiquent beaucoup, même durant leurs ébats amoureux. Cependant, un décalage de perception se fait sentir. D’ailleurs, l’humour s’appuie entre autre sur le contraste d’interprétation entre Shin et Seiji. L’auteure partage donc les différents points de vue des personnages. Elle approfondit également leur psychologie en décrivant leurs réactions et leurs réflexions. Parallèlement, elle présente la vie de quartier lors des festivités du nouvel an, les contraintes des policiers pour s’installer hors des foyers et le système des astreintes. L’histoire bonus continue à jouer sur le fantasme de l’uniforme.

Malgré les traits simplifiés dans les moments humoristiques, le style de la mangaka conserve un ton assez réaliste. Les personnages virils ont des traits plutôt carrés, anguleux. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les cadrages sont plutôt classiques. Cependant, quelques angles de vue mettent parfaitement en avant la tendresse du couple, se focalisant sur les regards langoureux. Les scènes érotiques ne sont pas censurées et le langage peut paraître un peu cru. Sous la jaquette, deux planches concluent le récit de manière amusante avec l’arrivée du printemps. La couverture en couleurs offre une illustration toute romantique, assez rare sur les BL.

En résumé

Au début de l’automne, Nakamoto Shin (30 ans) emménage chez Tajima Seiji (40 ans). Ce dernier lui apporte le double des clés au kôban, ce qui intrigue son ancien collègue Maki. Le couple expérimente la vie à deux mais alors que Shin fond de bonheur, Seiji a l’impression de jouer le rôle d’une mère plus que d’un amoureux. En plus, entre le travail et l’installation, le policier n’a pas trop l’occasion d’être avec le commerçant qui a tendance à se coucher tôt. Difficile alors de créer une ambiance romantique, surtout quand la programmation d’un examen médical exige de s’abstenir quelques temps!

En conclusion

Cette suite vraiment attendrissante se focalise sur la vie quotidienne du couple. De même, les questionnements sont traités avec finesse. J’adore les expressions variées de Shin, surtout quand il est frustré. Et Seiji avec ses poignées d’amour est même chou! Un véritable bonheur à lire et relire sans fin.
Mise à jour: Ce manga a obtenu la dixième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2020.

My pretty policeman 1 – Niyama

my pretty policeman 1 niyama

Niyama にやま
ISBN: 9782368776445
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801960336 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une rencontre dix ans auparavant avec un policier qui changera la vie de Shin, prêt à suivre ses traces.

Niyama sensei narre une romance entre un policier de quartier et un ancien policier devenu commerçant. C’est un spin-off de An innocent Puppy meets a two-faced cat (無邪気なわんこと猫かぶり) avec le couple Akasaka (25 ans) et Yagi (39 ans) qui apparaissent dans ce tome. L’auteure décrit la vie de quartier et donne un aperçu des tâches des policiers de proximité. Grâce aux flash-back, elle dévoile par brides le passé des personnages tout en maintenant le suspense. Seiji s’interroge sur le premier rapport homosexuel et discute facilement de ses appréhensions avec son partenaire qui se montre plutôt patient et à l’écoute. Le couple s’épanouit donc à son rythme. Les deux héros alternent la narration. Par ailleurs, le langage est parfois un peu cru mais colle parfaitement avec le caractère des protagonistes. Le récit de l’épilogue répond aux fantasmes sur les uniformes de policier.

La mangaka possède un trait plutôt réaliste. Elle n’hésite pas à mettre les poils, les rides. De même, elle dessine des carrures viriles. La simplification des traits renforce les scènes humoristiques. L’alternance entre les décors et trames d’ambiance est équilibrée. Bien que les cadrages soient assez classiques, les angles de vue sont parfois recherchés. La censure des scènes érotiques utilise simplement l’absence de traits. Sous la jaquette, deux planches concluent l’histoire avec l’arrivée du chat Chiko-chan.

En résumé

Ancien policier, Tajima Seiji (39 ans) s’occupe de la boutique héritée de sa mère. Le policier de quartier, Nakamoto Shin (30 ans), lui amène une fillette qui a rencontré un problème avec le distributeur de boissons. Constatant qu’il ne lui manquait qu’un peu de monnaie, il lui en prête. Admiratif de Seiji qui l’avait sauvé quand il était au bord de la délinquance, il n’ose pas refuser le remboursement du commerçant. Quand la fillette lui rapporte les 10 yens empruntés au kôban, il décide de les ramener à Seiji. Son collègue Maki (35 ans) lui demande également de transmettre son désistement au machikon du quartier. Seiji propose alors au jeune policier de remplacer Maki. Encore célibataire, il se demande s’il ne devrait pas sortir avec un homme. Secrètement amoureux de lui depuis dix ans, Shin l’embrasse alors…

En conclusion

L’humour domine parfois cette romance légère mais agréable à lire. Le couple est attachant, avec Seiji qui se mêle de tout et qui finit par être conquis malgré lui par l’amour de Shin. De plus, le graphisme plutôt viril de Niyama sensei est rafraichissant. Alors, n’hésitez pas à le lire! J’espère que son autre récit aura droit à une traduction française.
Mise à jour: Ce premier tome a obtenu la septième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018.

Loopy peeps! – RUNa

loopy peeps runa

RUNa るんぁ
ISBN: 9782368776629
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801962873 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

L’amour dans les soirées étudiantes libertines.

Ce one-shot de RUNa sensei est une romance légère entre deux couples d’amis qui tombent amoureux, sur fond de soirées étudiantes alcoolisées et libertines. L’auteure propose une histoire assez classique, avec des ikemen aux caractères plutôt clichés: un pervers à lunettes, un gay naïf mais obsédé, un tombeur dominateur, un uke obstiné. Le côté aguicheur mais maladroit de Chiharu et Fuyuha fait tout leur charme. Certaines situations jouent sur le fan service mais quelques intrigues permettent de dynamiser un peu le récit. Par contre, il est dommage que celle avec le président du club de Fuyuha ne soit pas plus développée. La narration se fait du point de vue des uke. La relation entre Nanatsu et Fuyuha occupe la première moitié du volume. L’aventure de Saneaki et Chiharu puis des deux couples se partagent l’autre moitié du tome.

La mangaka possède un style shôjo, aux traits assez fins. Même si ses personnages sont grands et sveltes, elle travaille suffisamment les pectoraux pour qu’ils conservent une certaine masculinité. Dans les moments humoristiques, elle simplifie les traits: par exemple, les yeux deviennent de simples carrés quand les protagonistes sont surpris ou ils deviennent SD. Ses cadrages sont dynamiques. L’alternance entre les décors et les trames d’ambiance est équilibrée. Sous la jaquette, RUNa sensei a dessiné deux planches amusantes mettant en scène la passion des bananes de Fuyuha provoquant les fantasmes de Nanatsu. Il y a beaucoup de scènes érotiques, dégageant de la sensualité malgré l’auto-censure qui simplifie les organes génitaux.

En résumé

Lors de soirées étudiantes organisées par leur club, Udagawa Fuyuha aime s’amuser et se donner en spectacle avec son ami et sex friend Sakuragaoka Chiharu. Le président de leur club les met en garde contre le club concurrent dirigé par l’étudiant d’élite Sasazuka Nanatsu, à la réputation sulfureuse, et son ami Tomigaya Saneaki. Lors d’une soirée trop arrosée, Fuyuha emmène Chiharu se reposer dans une salle VIP. Cependant, en revenant des toilettes, il se retrouve par inadvertance dans la backroom, à cause du manque de lumière. Croyant d’abord être avec son ami, Fuyuha entame une fellation. Bien que réalisant son erreur, il se laisse emporter par le plaisir en couchant avec cet inconnu. Jusqu’à ce qu’il découvre tout à coup que son partenaire n’est autre que Nanatsu, réputé pour avoir couché avec plus de mille personnes!

En conclusion

Bien que l’histoire est légère, les personnages sont assez attachants. J’adore particulièrement le couple Saneaki*Chiharu, où le seme aime faire mariner son uke obsédé. En japonais, les personnages possèdent chacun dans leur prénom un caractère de saison: Fuyuha 冬羽 avec le kanji hiver, Nanatsu 七夏 avec celui de l’ été, Chiharu 千春 celui du printemps et Saneaki 実秋 celui de l’automne. Je trouve que cela colle parfaitement à leur caractère.

Won’t you believe your destiny? – London Pariko

won t you belive your destiny london pariko

LONDON Pariko 倫敦巴里子
ISBN: 9782368771488
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796403535 (JP)
Kaiohsha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

Le fil du destin au service de l’amour.

Ce recueil de London Pariko sensei offre des romances légères peu approfondies. L’auteure met principalement en avant le manque de communication. La première histoire est la plus travaillée et est développée sur deux chapitres. Elle suit deux timides qui s’interrogent sur leurs sentiments, influencés par les discussions de leurs collègues féminines. Malheureusement, les autres récits restent plutôt anecdotiques, surtout le dernier qui semble inachevé, étant une réponse à un thème imposé. « Ta voix, tes yeux » joue sur les quiproquos et les flash-back avec un amour réciproque entravé par des problèmes de compréhension mutuelle. L’univers de l’interprétariat est abordé de manière superficielle. La troisième histoire commence par une relation sans sentiment mais tranche avec un aspect presque poétique.

Le graphisme rond de la mangaka se rapproche du style shôjo et dégage une certaine douceur. Ainsi les visages ont des traits un peu poupin. Les personnages ne font donc pas leur âge. Les uke ont de grands yeux. London sensei privilégie la simplification des traits pour renforcer les expressions. Elle utilise beaucoup de trames d’ambiance et peu de décors. Comme certaines histoires sont anciennes, son style n’est pas encore stable. Ses cadrages sont plutôt classiques. Ses scènes érotiques sont assez détaillées mais centrées sur le lien et l’amour partagé.

En résumé

Won’t you believe your destiny? / Impassible urgence: Lors d’un gôkon, Gotô rencontre Fujiwara avec qui il sympathise très vite. En effet, ils partagent les mêmes loisirs et sont souvent sur la même longueur d’ondes. Mais à force de le fréquenter, des sentiments inavouables germent dans le cœur du salaryman.
Ta voix, tes yeux: Le professeur Tsutsumi Yoshio conseille à son étudiant Ôzaki Akira de travailler dans l’interprétariat, sa voix étant agréable. Presque dix ans plus tard, ils se croisent à un colloque. Mais alors qu’ils s’étaient quittés abruptement, Akira se montre froid envers son mentor, ressassant un passé douloureux.
L’envers de la lune: Yokota, amoureux de sa collègue Nakano, l’espionne chaque soir par la fenêtre de son immeuble situé juste en face de celui de la jeune femme. Son ami Asuka tente de le ramener à la raison, le jeune salaryman finissant à chaque fois en larmes en voyant son aimée cumuler les aventures. Un soir, il lui propose de la remplacer.
Aogeba Tôtoshi: A la cérémonie de remise des diplômes, le professeur Macchan accepte de porter l’uniforme féminin pour faire plaisir à ses élèves. Le lycéen Kashiwagi réalise alors ses sentiments…

En conclusion

Ces histoires sont bien trop légères pour passionner. Cependant, le graphisme de l’auteure reste agréable, conférant un côté mignon à ses dessins. Les deux premiers récits sont les plus intéressants.

The world revolves around you – Ogawa Chise

the world revolves around you ogawa chise

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782368771556
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404365 (JP)
Kaiohsha, 2013
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

« Aime-moi et laisse-moi t’aimer. »

Dans ce recueil, Ogawa Chise sensei regroupe ses premiers récits réalisés à l’origine en dôjinshi. Elle va à l’essentiel dans ces formats parfois très courts. Ce gakuenmono confronte des seme entreprenants à des uke hésitants; le consentement n’est donc pas forcément clair. La première histoire donne son titre au manga et met en scène un amour manipulateur entre deux protagonistes complexés qui cherchent à exister à travers l’amour de l’autre. « Le manga du faux coiffeur » est le premier BL de l’auteure. Alors que Yûshi se montre possessif, Tadachika n’est pas honnête avec ses propres sentiments. Le récit suivant met en valeur Harumi qui se sent en fait hideux de l’intérieur bien qu’il a pleinement conscience de son charme. La quatrième histoire aborde vaguement les ravages des rumeurs mais s’attarde surtout sur le petit jeu qui s’installe dans le couple. Enfin, « Excellent dessert » est une comédie romantique entre deux beaux gosses dont l’un est très gourmand.

Le style de la mangaka se remarque déjà: des visages anguleux, des corps graciles. Les yeux paraissent un peu vide avec parfois de minuscules pupilles. Les uke sont toujours plus petits et semblent plus fragiles ou efféminés. L’humour est renforcé par la simplification des traits. Il y a peu de décors et de trames. Les cadrages sont assez dynamiques et abusent un peu des ellipses. Les scènes érotiques évitent la censure par le choix de cadrages ne montrant pas les parties intimes.

En résumé

Le monde tourne autour de toi / Le monde est dans tes bras: Complexé par la banalité de son visage, Maki Sôichi ne comprend pas pourquoi le beau Fukamachi le trouve mignon. De plus, ce dernier dit l’aimer et le poursuit de ses assiduités.
Le manga du faux coiffeur: Takada Yûshi souhaite prendre la suite du salon de coiffure de ses parents. Pour s’entraîner, il joue le coiffeur temporaire en salle de chimie et en profite pour se faire un peu d’argent. Son client préféré, Tadachika, le trouve beau mais est de plus en plus troublé par ses petits attouchements, jusqu’au jour où il l’embrasse.
Bête et beau: Harumi est beau mais bête avec, en plus, un mauvais caractère. Il emprunte souvent les notes de son ami Ryôhei qu’il remercie à chaque fois en l’embrassant. Alors que Ryôhei attire les gens par sa gentillesse, Harumi fait tout pour le garder auprès de lui, quitte à saborder les déclarations d’amour des filles que son ami reçoit.
Âme bon marché / Un avenir rayonnant: Quand son kôhai Mori Yôsuke lui annonce vouloir essayer de coucher avec un homme, Satomi accepte contre la somme dérisoire de 100 yens. Malgré les rumeurs tendancieuses qui circulent sur lui dû à son homosexualité, il est en réalité plutôt inexpérimenté. Un jeu s’engage alors entre les deux garçons.
Excellent dessert: Natsume a la côte auprès des filles et en profite pour avoir des friandises. Mais son rival Kaji lui vole la vedette. Pourquoi accepte-t-il alors de partager ses gâteaux?

En conclusion

Les formats trop courts ne permettent pas d’approfondir le scénario. Même si le graphisme de la mangaka est déjà reconnaissable, certains personnages se ressemblent, brouillant un peu la compréhension. Et ces seme qui privilégient la contrainte psychologique ou physique sont assez dérangeants. J’ai bien aimé « Âme bon marché » avec sa conclusion se déroulant quelques années plus tard.

Principle – Sachimo

principle sachimo

Sachimo さちも
ISBN: 9782368776803
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784832290679 (JP)
Houbunsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Dualité entre un stalker intellectuel et un travailleur manuel déluré.

Ce one-shot de Sachimo sensei offre une comédie romantique entre un homme déterminé aux critères élevés et un beau gosse déluré ayant plein de principes. Leurs comportements extrêmes, presque déviants, semblent au premier abord clichés mais l’auteure dévoile au fil des chapitres leurs motifs et leurs influences, approfondissant un peu leur psychologie. Elle alterne les narrateurs entre Yamashiro et Yashiro qui partagent leurs envies, pensées, questionnements sur leurs sentiments. De même, le charpentier Tsuji, qui paraît froid et blasé, a droit à un chapitre pour s’exprimer. Alors que Yamashiro s’est fixé des règles strictes, Yashiro se fie à ses impressions. L’humour est principalement basé sur la dualité entre les deux héros et comment Yamashiro sera amené à briser ses propres règles. Leur relation évolue vite mais avec leurs caractères têtus, elle reste tendue.

Le trait de la mangaka est fin. Les hommes sont grands, de carrures sveltes mais musclées. Les yeux sont fins mais restent expressifs. Sachimo sensei utilise des simplifications pour les passages humoristiques: par exemple, les joues rougissantes sont toutes rondes. Elle tire complètement profit des trames en les utilisant pour la colorisation, les ombres et les ambiances. Elle utilise les décors principalement pour situer les actions. Ses cadrages sont dynamiques mais dégagent un certain formalisme. La censure des scènes érotiques est faite en occultant des traits mais les trames suggèrent parfaitement les détails, permettant de conserver une certaine sensualité.

En résumé

Le charpentier Yamashiro Kanta ne couche qu’avec des « magiciens », c’est-à-dire des hommes de plus de 30 ans encore puceaux prêt à tout pour se dépuceler. Pour se protéger de déconvenues, il s’impose plusieurs règles strictes à suivre. Mais un jour, il rencontre l’architecte d’élite Yashiro qui travaille avec son patron Seki. Alors qu’une aventure d’un soir s’est mal passée, il tombe sur l’intellectuel qui le suivait. Ce dernier se prétendant magicien, il accepte de coucher avec lui malgré ses doutes. Mais l’architecte n’a pas l’intention de respecter la règle d’un coup du soir…

En conclusion

De premier abord simple et léger, le scénario s’avère légèrement approfondi et met en scène deux hommes opposés fuyant l’amour. Il faut tout de même avouer que tout est prétexte à introduire une scène érotique et que le principal but de l’histoire est de voir tomber les principes de Yamashiro un à un. Ce one-shot a obtenu la dix-neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019.

Incitant porno – Jita

incitant porno jita

Jita 爺太
ISBN: 9782368776834
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866691732 (JP)
J publishing, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Romance dans le cinéma pornographique.

Ce one-shot de Jita sensei a pour thème le milieu du cinéma pornographique. L’auteure détaille les moments de tournage, alliant scènes érotiques et avis des acteurs sur les répliques ou le scénario. Par ce thème, elle questionne donc la reconversion des acteurs, la place d’une relation amoureuse, les raisons poussant à faire ce métier, la vision extérieure du métier, les différences entre cinéma pornographique hétérosexuel et homosexuel. Elle donne un profil psychologique plutôt travaillé à ses personnages: malgré son métier, Takumi conserve une certaine droiture, même s’il est accro aux jeux d’argent. Kai, entré dans le milieu par nécessité, travaille pour une agence à la gestion douteuse mais ne sombre pas dans le mélodrame. La jeune recrue Arata et le travesti Maria apportent une touche humoristique. Par ailleurs, l’allusion au tournage d’un scénario BL fait indirectement un clin d’œil aux adaptations des homo-romances à l’attention du public féminin.

La mangaka soigne son graphisme: ses personnages sont musclés, les traits de leurs visages sont assez réalistes, leur pomme d’Adam est saillante. Même si les hommes ont des carrures masculines, le traitement de Maria joue sur l’ambiguïté. Les protagonistes apparaissent en super-deformed dans les moments comiques. Jita sensei travaille ses angles de vue. Les décors assez présents ne sont pas envahissants. De même, les trames appuient le côté réaliste des scènes: ombres, colorisation. Quelques trames d’ambiance se font discrètes. Les scènes érotiques ne sont pas censurées.

En résumé

Takumi (27 ans) est une star du porno en vogue. Se vantant d’être un pro pouvant assurer avec n’importe quel partenaire, son agent lui propose des contrats de plus en plus originaux. Après son dernier tournage avec un travesti, Maria, il est invité par ce dernier dans un bar gay où il rencontre Kai, qui semble connaître le secret de son début de carrière. Le lendemain, ils se retrouvent sur le tournage suivant: un plan à trois entre hommes. Kai s’avère être un mannequin et acteur porno gay. A sa surprise, Takumi se laisse emporter par le feu de l’action et découvre de nouvelles sensations…

En conclusion

Les personnages sont attachants et tellement choux en SD. Mais ce qui me plaît le plus, c’est le traitement du sujet par l’auteure qui propose un scénario travaillé, logique avec une relation naturelle entre deux acteurs qui distinguent bien la vie privée et la vie professionnelle.

Because I dislike math – Rinteku

Couverture de Because I dislike math de Rinteku, éditions Boys'love IDP

Rinteku 厘てく
ISBN: 9782368774755
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784813030799 (JP)
Taiyohtosho, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

Mathématique versus histoire.

Dans ce one-shot, Rinteku sensei offre une romance simple et mignonne entre deux caractères opposés qui s’attirent. En jouant sur la confrontation d’un esprit scientifique à un esprit littéraire et sur deux méthodes pédagogiques différentes, elle nous plonge dans le milieu scolaire du côté du professorat. De même, elle s’intéresse aux relations entre enseignants et élèves. Cependant, l’humour confère un ton léger au récit. L’auteure reste dans l’observation et n’approfondit pas les questionnements. Ainsi, bien que Shinoda soit le narrateur, il se contente de constater l’évolution de ses sentiments. La traductrice a ajouté quelques annotations bien pensées qui permettent de mieux comprendre certaines subtilités.

Le dessin de la mangaka est agréable: son trait fin épuré convient parfaitement à ses personnages longilignes. De plus, elle accentue les simplification des visages ovales pour renforcer leurs expressions. De même, elle n’hésite pas à les transformer en super-deformed. D’ailleurs, les deux héros apparaissant en SD à chaque fin de chapitre narrent une petite histoire humoristique. Rin sensei privilégie les contrastes noirs et blancs. Les trames servent principalement pour la colorisation ou l’ambiance. Les angles de vue sont recherchés et parfois originaux. Les illustrations de début de chapitre donnent le ton général du récit. Les scènes érotiques ne montrent que l’essentiel, jouant sur les cadrages et le choix des plans.

En résumé

Shinoda Chitose (24 ans) débute comme professeur d’histoire-géographie dans l’école préparatoire Tôsei. Il a toutefois tendance à sympathiser et à être trop familier avec ses élèves. Le professeur de mathématiques Nakatsu, tout en se montrant sévère, le met en garde des risques qu’il prend. Mais Chitose, confiant dans sa méthode d’apprentissage, persiste. Finalement, la jeune Yoshida lui demande un jour son numéro de téléphone portable. Nakatsu vient alors à la rescousse…

En conclusion

Cette petite tranche de vie scolaire avait un fort potentiel mais elle reste trop légère pour faire battre mon cœur. Cependant, le graphisme de la mangaka dégage un certain charme. Une auteure à surveiller à mon humble avis.