Won’t you believe your destiny? – London Pariko

won t you belive your destiny london pariko

LONDON Pariko 倫敦巴里子
ISBN: 9782368771488
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796403535 (JP)
Kaiohsha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

Le fil du destin au service de l’amour.

Ce recueil de London Pariko sensei offre des romances légères peu approfondies. L’auteure met principalement en avant le manque de communication. La première histoire est la plus travaillée et est développée sur deux chapitres. Elle suit deux timides qui s’interrogent sur leurs sentiments, influencés par les discussions de leurs collègues féminines. Malheureusement, les autres récits restent plutôt anecdotiques, surtout le dernier qui semble inachevé, étant une réponse à un thème imposé. « Ta voix, tes yeux » joue sur les quiproquos et les flash-back avec un amour réciproque entravé par des problèmes de compréhension mutuelle. L’univers de l’interprétariat est abordé de manière superficielle. La troisième histoire commence par une relation sans sentiment mais tranche avec un aspect presque poétique.

Le graphisme rond de la mangaka se rapproche du style shôjo et dégage une certaine douceur. Ainsi les visages ont des traits un peu poupin. Les personnages ne font donc pas leur âge. Les uke ont de grands yeux. London sensei privilégie la simplification des traits pour renforcer les expressions. Elle utilise beaucoup de trames d’ambiance et peu de décors. Comme certaines histoires sont anciennes, son style n’est pas encore stable. Ses cadrages sont plutôt classiques. Ses scènes érotiques sont assez détaillées mais centrées sur le lien et l’amour partagé.

En résumé

Won’t you believe your destiny? / Impassible urgence: Lors d’un gôkon, Gotô rencontre Fujiwara avec qui il sympathise très vite. En effet, ils partagent les mêmes loisirs et sont souvent sur la même longueur d’ondes. Mais à force de le fréquenter, des sentiments inavouables germent dans le cœur du salaryman.
Ta voix, tes yeux: Le professeur Tsutsumi Yoshio conseille à son étudiant Ôzaki Akira de travailler dans l’interprétariat, sa voix étant agréable. Presque dix ans plus tard, ils se croisent à un colloque. Mais alors qu’ils s’étaient quittés abruptement, Akira se montre froid envers son mentor, ressassant un passé douloureux.
L’envers de la lune: Yokota, amoureux de sa collègue Nakano, l’espionne chaque soir par la fenêtre de son immeuble situé juste en face de celui de la jeune femme. Son ami Asuka tente de le ramener à la raison, le jeune salaryman finissant à chaque fois en larmes en voyant son aimée cumuler les aventures. Un soir, il lui propose de la remplacer.
Aogeba Tôtoshi: A la cérémonie de remise des diplômes, le professeur Macchan accepte de porter l’uniforme féminin pour faire plaisir à ses élèves. Le lycéen Kashiwagi réalise alors ses sentiments…

En conclusion

Ces histoires sont bien trop légères pour passionner. Cependant, le graphisme de l’auteure reste agréable, conférant un côté mignon à ses dessins. Les deux premiers récits sont les plus intéressants.

The world revolves around you – Ogawa Chise

the world revolves around you ogawa chise

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782368771556
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404365 (JP)
Kaiohsha, 2013
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

« Aime-moi et laisse-moi t’aimer. »

Dans ce recueil, Ogawa Chise sensei regroupe ses premiers récits réalisés à l’origine en dôjinshi. Elle va à l’essentiel dans ces formats parfois très courts. Ce gakuenmono confronte des seme entreprenants à des uke hésitants; le consentement n’est donc pas forcément clair. La première histoire donne son titre au manga et met en scène un amour manipulateur entre deux protagonistes complexés qui cherchent à exister à travers l’amour de l’autre. « Le manga du faux coiffeur » est le premier BL de l’auteure. Alors que Yûshi se montre possessif, Tadachika n’est pas honnête avec ses propres sentiments. Le récit suivant met en valeur Harumi qui se sent en fait hideux de l’intérieur bien qu’il a pleinement conscience de son charme. La quatrième histoire aborde vaguement les ravages des rumeurs mais s’attarde surtout sur le petit jeu qui s’installe dans le couple. Enfin, « Excellent dessert » est une comédie romantique entre deux beaux gosses dont l’un est très gourmand.

Le style de la mangaka se remarque déjà: des visages anguleux, des corps graciles. Les yeux paraissent un peu vide avec parfois de minuscules pupilles. Les uke sont toujours plus petits et semblent plus fragiles ou efféminés. L’humour est renforcé par la simplification des traits. Il y a peu de décors et de trames. Les cadrages sont assez dynamiques et abusent un peu des ellipses. Les scènes érotiques évitent la censure par le choix de cadrages ne montrant pas les parties intimes.

En résumé

Le monde tourne autour de toi / Le monde est dans tes bras: Complexé par la banalité de son visage, Maki Sôichi ne comprend pas pourquoi le beau Fukamachi le trouve mignon. De plus, ce dernier dit l’aimer et le poursuit de ses assiduités.
Le manga du faux coiffeur: Takada Yûshi souhaite prendre la suite du salon de coiffure de ses parents. Pour s’entraîner, il joue le coiffeur temporaire en salle de chimie et en profite pour se faire un peu d’argent. Son client préféré, Tadachika, le trouve beau mais est de plus en plus troublé par ses petits attouchements, jusqu’au jour où il l’embrasse.
Bête et beau: Harumi est beau mais bête avec, en plus, un mauvais caractère. Il emprunte souvent les notes de son ami Ryôhei qu’il remercie à chaque fois en l’embrassant. Alors que Ryôhei attire les gens par sa gentillesse, Harumi fait tout pour le garder auprès de lui, quitte à saborder les déclarations d’amour des filles que son ami reçoit.
Âme bon marché / Un avenir rayonnant: Quand son kôhai Mori Yôsuke lui annonce vouloir essayer de coucher avec un homme, Satomi accepte contre la somme dérisoire de 100 yens. Malgré les rumeurs tendancieuses qui circulent sur lui dû à son homosexualité, il est en réalité plutôt inexpérimenté. Un jeu s’engage alors entre les deux garçons.
Excellent dessert: Natsume a la côte auprès des filles et en profite pour avoir des friandises. Mais son rival Kaji lui vole la vedette. Pourquoi accepte-t-il alors de partager ses gâteaux?

En conclusion

Les formats trop courts ne permettent pas d’approfondir le scénario. Même si le graphisme de la mangaka est déjà reconnaissable, certains personnages se ressemblent, brouillant un peu la compréhension. Et ces seme qui privilégient la contrainte psychologique ou physique sont assez dérangeants. J’ai bien aimé « Âme bon marché » avec sa conclusion se déroulant quelques années plus tard.

Principle – Sachimo

principle sachimo

Sachimo さちも
ISBN: 9782368776803
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784832290679 (JP)
Houbunsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Dualité entre un stalker intellectuel et un travailleur manuel déluré.

Ce one-shot de Sachimo sensei offre une comédie romantique entre un homme déterminé aux critères élevés et un beau gosse déluré ayant plein de principes. Leurs comportements extrêmes, presque déviants, semblent au premier abord clichés mais l’auteure dévoile au fil des chapitres leurs motifs et leurs influences, approfondissant un peu leur psychologie. Elle alterne les narrateurs entre Yamashiro et Yashiro qui partagent leurs envies, pensées, questionnements sur leurs sentiments. De même, le charpentier Tsuji, qui paraît froid et blasé, a droit à un chapitre pour s’exprimer. Alors que Yamashiro s’est fixé des règles strictes, Yashiro se fie à ses impressions. L’humour est principalement basé sur la dualité entre les deux héros et comment Yamashiro sera amené à briser ses propres règles. Leur relation évolue vite mais avec leurs caractères têtus, elle reste tendue.

Le trait de la mangaka est fin. Les hommes sont grands, de carrures sveltes mais musclées. Les yeux sont fins mais restent expressifs. Sachimo sensei utilise des simplifications pour les passages humoristiques: par exemple, les joues rougissantes sont toutes rondes. Elle tire complètement profit des trames en les utilisant pour la colorisation, les ombres et les ambiances. Elle utilise les décors principalement pour situer les actions. Ses cadrages sont dynamiques mais dégagent un certain formalisme. La censure des scènes érotiques est faite en occultant des traits mais les trames suggèrent parfaitement les détails, permettant de conserver une certaine sensualité.

En résumé

Le charpentier Yamashiro Kanta ne couche qu’avec des « magiciens », c’est-à-dire des hommes de plus de 30 ans encore puceaux prêt à tout pour se dépuceler. Pour se protéger de déconvenues, il s’impose plusieurs règles strictes à suivre. Mais un jour, il rencontre l’architecte d’élite Yashiro qui travaille avec son patron Seki. Alors qu’une aventure d’un soir s’est mal passée, il tombe sur l’intellectuel qui le suivait. Ce dernier se prétendant magicien, il accepte de coucher avec lui malgré ses doutes. Mais l’architecte n’a pas l’intention de respecter la règle d’un coup du soir…

En conclusion

De premier abord simple et léger, le scénario s’avère légèrement approfondi et met en scène deux hommes opposés fuyant l’amour. Il faut tout de même avouer que tout est prétexte à introduire une scène érotique et que le principal but de l’histoire est de voir tomber les principes de Yamashiro un à un. Ce one-shot a obtenu la dix-neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019.

Incitant porno – Jita

incitant porno jita

Jita 爺太
ISBN: 9782368776834
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866691732 (JP)
J publishing, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Romance dans le cinéma pornographique.

Ce one-shot de Jita sensei a pour thème le milieu du cinéma pornographique. L’auteure détaille les moments de tournage, alliant scènes érotiques et avis des acteurs sur les répliques ou le scénario. Par ce thème, elle questionne donc la reconversion des acteurs, la place d’une relation amoureuse, les raisons poussant à faire ce métier, la vision extérieure du métier, les différences entre cinéma pornographique hétérosexuel et homosexuel. Elle donne un profil psychologique plutôt travaillé à ses personnages: malgré son métier, Takumi conserve une certaine droiture, même s’il est accro aux jeux d’argent. Kai, entré dans le milieu par nécessité, travaille pour une agence à la gestion douteuse mais ne sombre pas dans le mélodrame. La jeune recrue Arata et le travesti Maria apportent une touche humoristique. Par ailleurs, l’allusion au tournage d’un scénario BL fait indirectement un clin d’œil aux adaptations des homo-romances à l’attention du public féminin.

La mangaka soigne son graphisme: ses personnages sont musclés, les traits de leurs visages sont assez réalistes, leur pomme d’Adam est saillante. Même si les hommes ont des carrures masculines, le traitement de Maria joue sur l’ambiguïté. Les protagonistes apparaissent en super-deformed dans les moments comiques. Jita sensei travaille ses angles de vue. Les décors assez présents ne sont pas envahissants. De même, les trames appuient le côté réaliste des scènes: ombres, colorisation. Quelques trames d’ambiance se font discrètes. Les scènes érotiques ne sont pas censurées.

En résumé

Takumi (27 ans) est une star du porno en vogue. Se vantant d’être un pro pouvant assurer avec n’importe quel partenaire, son agent lui propose des contrats de plus en plus originaux. Après son dernier tournage avec un travesti, Maria, il est invité par ce dernier dans un bar gay où il rencontre Kai, qui semble connaître le secret de son début de carrière. Le lendemain, ils se retrouvent sur le tournage suivant: un plan à trois entre hommes. Kai s’avère être un mannequin et acteur porno gay. A sa surprise, Takumi se laisse emporter par le feu de l’action et découvre de nouvelles sensations…

En conclusion

Les personnages sont attachants et tellement choux en SD. Mais ce qui me plaît le plus, c’est le traitement du sujet par l’auteure qui propose un scénario travaillé, logique avec une relation naturelle entre deux acteurs qui distinguent bien la vie privée et la vie professionnelle.

Because I dislike math – Rinteku

Couverture de Because I dislike math de Rinteku, éditions Boys'love IDP

Rinteku 厘てく
ISBN: 9782368774755
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784813030799 (JP)
Taiyohtosho, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

Mathématique versus histoire.

Dans ce one-shot, Rinteku sensei offre une romance simple et mignonne entre deux caractères opposés qui s’attirent. En jouant sur la confrontation d’un esprit scientifique à un esprit littéraire et sur deux méthodes pédagogiques différentes, elle nous plonge dans le milieu scolaire du côté du professorat. De même, elle s’intéresse aux relations entre enseignants et élèves. Cependant, l’humour confère un ton léger au récit. L’auteure reste dans l’observation et n’approfondit pas les questionnements. Ainsi, bien que Shinoda soit le narrateur, il se contente de constater l’évolution de ses sentiments. La traductrice a ajouté quelques annotations bien pensées qui permettent de mieux comprendre certaines subtilités.

Le dessin de la mangaka est agréable: son trait fin épuré convient parfaitement à ses personnages longilignes. De plus, elle accentue les simplification des visages ovales pour renforcer leurs expressions. De même, elle n’hésite pas à les transformer en super-deformed. D’ailleurs, les deux héros apparaissant en SD à chaque fin de chapitre narrent une petite histoire humoristique. Rin sensei privilégie les contrastes noirs et blancs. Les trames servent principalement pour la colorisation ou l’ambiance. Les angles de vue sont recherchés et parfois originaux. Les illustrations de début de chapitre donnent le ton général du récit. Les scènes érotiques ne montrent que l’essentiel, jouant sur les cadrages et le choix des plans.

En résumé

Shinoda Chitose (24 ans) débute comme professeur d’histoire-géographie dans l’école préparatoire Tôsei. Il a toutefois tendance à sympathiser et à être trop familier avec ses élèves. Le professeur de mathématiques Nakatsu, tout en se montrant sévère, le met en garde des risques qu’il prend. Mais Chitose, confiant dans sa méthode d’apprentissage, persiste. Finalement, la jeune Yoshida lui demande un jour son numéro de téléphone portable. Nakatsu vient alors à la rescousse…

En conclusion

Cette petite tranche de vie scolaire avait un fort potentiel mais elle reste trop légère pour faire battre mon cœur. Cependant, le graphisme de la mangaka dégage un certain charme. Une auteure à surveiller à mon humble avis.

Never complex – Aoi Levin

never complex aoi levin

AOI Levin あおいれびん
ISBN: 9782368771617
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796402811 (JP)
Kaiohsha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

L’amour demande parfois beaucoup de patience.

Dans ce recueil, Aoi Levin sensei présente quatre romances plutôt légères ayant pour thème l’amour patient. La première histoire donne son titre au manga et est développée sur plusieurs chapitres. Même si les personnages s’interrogent sur les conséquences d’une relation homosexuelle (regard extérieur, enfant, première fois), l’auteure n’approfondit pas le sujet et reste focalisée sur le complexe d’infériorité de Maki envers Hiro. De plus, Maki narre constamment ses états d’âme. Les deux pages bonus anecdotiques transmettent le changement de pensée de l’uke. Aoi sensei introduit assez mal ses flash-back rendant parfois le scénario confus. C’est particulièrement visible sur « Summer vacation » qui propose un triangle amoureux prévisible. « Over drive » sombre dans l’érotisme alors que la relation professeur*élève aurait pu poser des questionnements intéressants. La dernière histoire est toute mignonne avec le seme qui laisse exploser sa passion après s’être retenu pendant longtemps en attendant la majorité de son amant.

Le graphisme de la mangaka est particulier: les visages sont petits mais anguleux, avec des cheveux touffus et méchés. Le traitement des yeux consiste en des traits épais striés, leur donnant un côté un peu vide et inexpressif. Hiro se transforme en wanko. Les décors permettent juste de se situer. L’auteure utilise beaucoup de trames d’ambiance et des angles de vue recherchés mettant en avant la plastique de ses personnages. Elle n’hésite pas à superposer les cases ou à sortir des cadrages. Les scènes érotiques, intenses, semblent un peu brouillon avec des gros plans, des trames et l’absence de traits qui censurent les parties génitales.

En résumé

Never complex / Ce qui doit être là: Maki et Hiro ont grandi ensemble à l’orphelinat. Malgré son QI élevé, Hiro se contente de suivre fidèlement tous les ordres de Maki. Il est simplement heureux d’être à ses côtés et de l’aimer. Mais son ami, qui complexe vis à vis de lui, travaille dur pour réussir. Justement, il obtient un poste en Angleterre…
Over drive: Takizawa Midori est devenu professeur d’arts plastiques en renonçant à ses rêves par amour pour le jeune Tomoki. Mais maintenant, ils sont dans le même lycée…
Summer vacation: Chaque été, Mizuki se rend au centre de vacances Yamaneko et y retrouve ses amis Kazuma et Kôta. Mais l’année dernière, juste avant qu’il ne prenne le train, Kazuma lui a fait une déclaration d’amour. Que va-t-il répondre?
Honey rodeo boys: Ramsey est l’un des meilleurs cow-boys de la ville. Il sort avec Malloy depuis un petit moment cependant le couple n’a jamais dépassé le stade du baiser. Mais aujourd’hui, Malloy fête son anniversaire et devient enfin majeur.

En conclusion

Malgré des histoires à fort potentiel, avec un graphisme plutôt mignon, la mangaka n’approfondit malheureusement pas les questionnements posés et se contente de conclure sur des relations érotiques intenses. De plus, son traitement des flashback et des cadrages ralentissent la lecture et son appréciation.

Rouge – Katsura Komachi

rouge katsura komachi

KATSURA Komachi 桂小町
ISBN: 9782368775592
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784796408646 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Il a les lèvres pleines de sang… Comme s’il avait mis du rouge à lèvres. »

Dans ce recueil, Katsura Komachi sensei présente deux romances sur fond dramatique. « Rouge » plonge le lecteur dans un lycée où des délinquants rivalisent. Parmi eux, Kaga Aï a subi des violences sexuelles et est complètement dévoué à son sauveur Yamato. L’arrivée de Nagato va chambouler l’équilibre précaire du lycée et permettre de libérer Aï. La romance se développe un peu vite en deux chapitres. De plus, les protagonistes ont des caractères peu approfondis, assez basiques et clichés. La seconde histoire demeure plus dans les questionnements plutôt que les sentiments. Le thème est la difficulté pour un homosexuel d’assumer son couple face à la pression sociale et l’insécurité à fréquenter un hétérosexuel ou un bisexuel. Malheureusement, l’humour et les moments tendres prennent le dessus. L’arrivée d’un rival gay permet de compléter les réflexions. Ces récits sont plutôt traités avec légèreté malgré une certaine dureté et restent principalement touchants et mignons.

Les traits soignés et épurés de la mangaka sont fins et anguleux. Ses personnages ont de grands yeux , des corps sveltes, même maigres. Les cadrages sont plutôt classiques. Les décors permettent de situer immédiatement les scènes. Quelques trames illustrent l’ambiance. L’auteure privilégie les aplats noirs, en particulier pour les cheveux et les vêtements, et les contrastes. Le découpage des scènes érotiques se concentre sur les sentiments et les sensations des protagonistes et évite la censure.

En résumé

Rouge / Bonus: Nagato est violent et a été viré de son école pour avoir frappé un professeur. A peine transféré dans son nouveau lycée, ce fils de poissonniers se bat avec le chef menant les premières, Kanzaki. Il attire alors l’attention de Yamato qui dirige le clan des terminales en guerre contre les voyous de première. Ce fils de yakuza a installé sa réputation en sauvant Kaga Aï, un jeune élève de seconde, du joug de l’ancien terminal Yata qui l’utilisait comme jouet sexuel. Intrigué par le nouveau , Aï rend visite à Nagato qui le prend pour une fille. Vexé, il l’étale d’un coup de poing. Mais Nagato souhaite prendre sa revanche et colle de plus en plus le subalterne de Yamato. Il est d’autant plus déterminé depuis qu’il a entendu les terribles rumeurs concernant ce dernier. Un étrange lien se noue alors entre les deux lycéens.
L’amour attend son tour / L’amour arrive enfin: Haruna, gay, a rencontré Ryûta dans le bar de son amie Yumi. Ryû, même s’il est moine bouddhiste, profite pleinement des plaisirs de la vie. Souhaitant expérimenter une relation homosexuelle, il provoque Haruna qui accepte de devenir son sex friend. Un soir, le jeune gay surprend son amant dans le lit avec une femme. Il comprend alors qu’il est tombé amoureux!

En conclusion

Les deux récits sont touchants mais « Rouge » se démarque clairement du reste par son traitement. Le graphisme agréable dégage une certaine sensualité, mais parallèlement, il n’y a que des ikemen! Par contre, Nagato qui se retient et reste à l’écoute d’Aï est rafraichissant.

Sick – Kurahashi Tomo

sick kurahashi tomo

KURAHASHI Tomo 倉橋トモ
ISBN: 9782368774717
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784801952263 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Taquiner celui qu’on aime pour attirer son attention, puis son regard et enfin son amour.

Dans ce one-shot, Kurahashi Tomo sensei narre une comédie romantique entre un étudiant capricieux qui aime embêter un garçon plus âgé. Elle s’amuse à confronter deux caractères opposés, avec un seme antipathique qui finit par devenir gentil. Tout oppose les deux héros: leur classe sociale, leur situation familiale et leurs goûts. Alors que Sudô est très tactile, Kishi est réservé et ne supporte pas le contact. Le comportement un peu enfantin de Keito évolue au fur et à mesure; ses petites farces basculent pour ainsi dire en harcèlement sexuel. De plus, leur relation est assez ambigüe: le seme a une approche à la limite contraignante tandis que son partenaire a tendance à se laisser faire. Heureusement, l’évolution des protagonistes permet de développer les sentiments. La narration alterne entre le point de vue de Sudô et Kishi. Les personnages secondaires, en particulier la famille, apportent une touche humoristique.

Le graphisme de la mangaka est doux. Son style assez classique utilise des traits fins et délicats. Pour rendre les visages expressifs, elle n’hésite pas à simplifier ses traits. Elle équilibre avec dextérité les trames et les décors. La dynamique des cadrages facilite la lecture. Pour les scènes érotiques, la censure occulte les parties génitales mais un certain érotisme se dégage des images. Chaque chapitre se conclut sur un croquis donnant une anecdote amusante.

En résumé

Sudô Keito est un bel étudiant riche, entouré d’amis et ayant du succès auprès des filles. Tout lui réussit et il prend la vie comme elle vient. Pourtant, il est obnubilé par Kishi Shôta, un étudiant boursier âgé de deux ans de plus que lui. Il n’arrête pas de l’embêter en espérant faire tomber son masque stoïque. Mais c’est pour une raison infantile qu’il s’acharne sur le calme Shôta: ce dernier lui rappelle son premier amour de primaire qui l’avait rejeté. Ses petites blagues ne l’atteignant pas, il le force alors à participer à un gôkon. Mais contrairement à ses attentes, voir son senpai dragué par une fille l’irrite. La jeune femme renverse un verre sur Kishi, mais à peine a-t-elle le temps de réagir que Sudô entraîne le jeune homme dans les toilettes. Là, il finit par l’embrasser…

En conclusion

On retrouve déjà les thèmes principaux de la mangaka comme la famille et les câlins dans cette deuxième œuvre. L’auteure exprime avec facilité les sentiments de ses personnages, les rendant attachants. Il est amusant de voir que malgré une commande de l’éditeur, elle a repris la main sur son scénario, transformant Sudô en un amant attendrissant et prévenant. J’aime beaucoup Kurahashi Tomo sensei, et même si ce manga propose une histoire plutôt simple et légère, je vous en recommande la lecture. Il a obtenu la seconde place du manga doux au Chill Chill BL award 2016.

Liquor & cigarette – Zariya Ranmaru

liquor and cigarette zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782375061718
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784344842281 (JP)
Gentosha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Deux amis d’enfance qui ont conscience d’être plus que des amis mais…

Dans ce one-shot, Zariya Ranmaru sensei offre une tendre romance entre deux amis d’enfance. L’approche entre les deux partenaires se fait tout en douceur, avec Camilo qui reste à l’écoute des angoisses de Teo et qui ne profite pas vraiment de l’ivresse de son ami. Le récit est assez réaliste. L’auteure décortique en détail le sentiment amoureux dans une relation homosexuelle, son évolution et ses inconvénients. Elle n’hésite pas à intégrer les amis du couple pour augmenter les exemples divers, avec la relation amicale et de confiance entre Diego et Marino, ou l’ouverture d’esprit d’Elando. La narration est faite du point de vue de Teo qui partage ses questionnements, s’informe et expérimente, doucement guidé par Camilo. Leur relation se développe avec confiance puis respect.

La mangaka dessine des hommes virils. Malgré son trait fin, elle conserve un style réaliste. Cependant, elle simplifie ses traits pour les scènes humoristiques. Elle porte un soin particulier aux expressions des visages. Les trames d’ambiance sont discrètes. Le découpage est cinématographique, intégrant beaucoup de cases silencieuses. Par exemple, on ressent bien la gêne de Teo face aux regards extérieurs quand il tient la main de Camilo dans la rue. Les scènes érotiques ne sont pas censurées mais les organes génitaux restent couverts ou cachés.

En résumé

Teo a repris le commerce d’alcool de ses parents. En face, son ami d’enfance Camilo tient une boutique de tabac. Camilo, bisexuel et beau garçon, assume ouvertement sa sexualité et a beaucoup de succès auprès des filles. Il partage un secret avec Teo: ce dernier ne tient pas l’alcool à sa grande honte. Tous deux ont conscience d’être plus que des amis. Un jour, Camilo déclare même ses sentiments à son ami. Provoqué par son concurrent et ami Diego, Teo s’inscrit au tournoi de dégustation à l’aveugle du festival des vendanges. Il décide alors de s’entraîner, soutenu par Camilo qui lui réclame une récompense en échange…

En conclusion

Une histoire tendre et sensuelle, sans prétention, mais qui permet de passer un agréable moment. Et puis un couple qui communique et s’interroge ensemble est tellement délectable. Cela fait du bien!
Mise à jour: Ce one-shot a obtenu la première place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019.

Golden sparkle – Suzumaru Minta

golden sparkle suzumaru minta

SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782368776773
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784834264241 (JP)
Homesha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommadation: beaucoup

Une romance pure et sincère entre deux lycéens tourmentés.

Dans ce one-shot, Suzumaru Minta sensei s’amuse à mettre en scène un garçon au cœur pur peu dégourdi en amour avec un adolescent blessé qui a peur du regard des autres suite à de mauvaises expériences. Elle alterne les points de vue narratifs entre Uehara et Akida tout en partageant leurs questionnements. Même si Gaku semble profiter de la situation, il se montre pédagogique. Ainsi, ce couple se découvre, communique et s’interroge en toute tendresse. D’abord curieux, leurs sentiments s’éveillent et évoluent. L’approche est assez réaliste. Le contraste entre les caractères d’Akida et Uehara est bien équilibré, rendant les protagonistes attachants. L’auteure apporte un soin particulier en dépeignant leur passé et en s’attardant sur leurs sentiments. Le chapitre final se déroule un mois plus tard et permet de voir comment le couple évolue.

La mangaka n’hésite pas à simplifier les expressions du visage, leur donnant un côté mignon. Elle utilise les trames d’ambiance avec parcimonie. De même, les décors ne sont pas envahissants. Son découpage est presque filmique : les scènes érotiques détaillent assez bien les mouvements. La censure se résume à des bandelettes blanches qui ne gâchent en rien les images. L’auteure s’attarde sur les réactions et les physionomies, offrant une large palette d’expressions différentes.

En résumé

Suite à un traumatisme d’enfance, Uehara Himari n’est pas à l’aise avec les filles. Alors, il s’est inscrit dans un lycée non-mixte pour garçons. Dans sa classe, il sympathise très vite avec son voisin de table, Akida Gaku. Ce dernier était considéré comme un tombeur au collège. Tout irait pour le mieux si Himari ne tâchait pas son caleçon chaque nuit. L’adolescent, dont le père est souvent en déplacement à l’étranger, est perturbé par ces pollutions nocturnes dont il ignore l’origine. Au hasard d’une conversation, Gaku lui apporte des explications et lui propose même de lui montrer comment régler son problème…

En conclusions

Ce one-shot a obtenu la cinquième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019. L’approche tendre et presque pédagogique sur la masturbation innove le genre gakuenmono. De plus, le dessin doux de la mangaka rend la lecture encore plus agréable. Un petit bijou de bonheur!