Hirano et Kagiura 1 – Harusono Shou

Couverture de Hirano et Kagiura 1 de Harusono Shou, éditions Akata

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782385312664
Akata, 2024
ISBN: 9784040657806 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Je suis si reconnaissant de t’avoir rencontré… »

Harusono Shou sensei reprend directement la suite du roman. Elle s’intéresse particulièrement à la colocation et à l’évolution d’une forte amitié en sentiment amoureux. Ainsi, elle alterne la narration entre les deux lycéens. En effet, Hirano aime prendre soin de son cadet tandis que Kagiura apprécie de devenir le centre d’attention de son colocataire. Leurs échanges flirtent souvent avec les situations et les clichés des BL, jouant sur les ambiguïtés. Niibashi Jûya apporte une note d’humour avec ses réactions face aux confidences de Kagi tandis que Sasaki et Hanzawa Masato nous amusent par leurs interventions. L’autrice reprend les classiques des romances lycéennes, avec ici le voyage scolaire de Hirano ainsi que les réflexions sur leur avenir. Elle fait avancer plus rapidement les sentiments des personnages mais crée la surprise avec des quiproquos inattendus.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux, avec un contour plus épais qui donne du relief. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle pense souvent à dessiner les réactions amusantes des personnages au second plan. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance souvent graphiques appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir et une trame grise recouvre également ces vignettes. La mise en page est dynamique. Sous la jaquette, Harusono sensei donne la chronologie entre la série Sasaki et Miyano et ce spin-off. Elle offre aussi une planche amusante avec Hanzawa. Par ailleurs, le sommaire avec les mois permet de se repérer plus facilement. Les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien des personnages. En fin de tome se trouvent des fiches sur les personnages.

En résumé

Hirano Taiga (17 ans) et Kagiura Akira (15 ans) sont colocataires à l’internat depuis déjà six mois. Hirano a pris l’habitude de prendre soin de son cadet et a remarqué son attachement. Kagiura, quant à lui, ose faire de plus en plus de caprices, nourrissant un amour secret pour son camarade. Ainsi, tous deux apprécient leur quotidien…

En conclusion

Bien que Harusono Shou sensei continue le roman, le manga peut être lu indépendamment. En effet, elle intègre habilement les points importants de ses autres séries liées, permettant de comprendre l’essentiel des références. D’ailleurs, elle fait intervenir les autres personnages avec naturel. Le graphisme est très expressif et les personnages affichent souvent des bouilles trop mignonnes. J’apprécie de découvrir l’histoire de ces deux lycéens. Une lecture incontournable pour les grands fans de Sasaki et Miyano aussi touchante et amusante.

I cannot reach you 7 – Mika

couverture de I cannot reach you 7 de Mika, éditions Kana

Mika みか
ISBN: 9782505133308
Kana, 2025
ISBN:‎ 9784046821508 (JP)
Kadokawa, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Tu as pourtant dit que tu m’aimais!! »

Mika sensei analyse différentes formes d’amour telles que l’amour à sens unique, l’amour d’un fan, l’amour impossible. Elle montre l’influence d’une déclaration sur les perceptions. De même, elle décortique les émotions et les interrogations face à l’intensité des sentiments. Comme dans le tome précédent, les personnages secondaires apportent conseil et soutien ainsi qu’un regard différent sur les relations. Kakeru et Yamato continuent d’enchaîner les quiproquos. D’ailleurs, Oohara se montre plus entreprenant même s’il reste prévenant tandis qu’Ashiya essaie en vain de contenir sa jalousie naissante. Ainsi, l’autrice met en avant la déclaration d’amour. Elle aborde par ailleurs l’importance de la communication, le manque de confiance en soi, la peur de blesser l’autre. Elle s’attarde particulièrement sur les émotions contradictoires ressenties par les personnages.

La mangaka a un trait épuré et doux. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. D’ailleurs, ces dernières envahissent également les phylactères pour renforcer leur impact émotionnel. De même, les décors soignés apportent une note réaliste. Par ailleurs, Mika sensei offre une mise en page dynamique reprenant les compositions que l’on trouve dans les shôjo manga. En fin de chapitre, elle apporte des anecdotes dans une planche ou présente le CD drama.

En résumé

Depuis qu’Ashiya Kakeru comprend enfin ses propres sentiments, il ne perçoit plus Oohara Yamato comme avant. Il a même parfois du mal à interagir avec son ami. Il décide alors de déclarer son amour dans un cadre romantique: la plage. Malheureusement, à cause de la mer glacée en hiver, Kakeru attrape un rhume. D’ailleurs, le sort s’acharne contre lui car il est interrompu à chaque fois qu’il essaie de partager ses sentiments. Yamato finit donc par s’inquiéter du comportement étrange de son ami.

En conclusion

Mika sensei fait enfin avancer la relation entre Kakeru et Yamato. Elle continue d’analyser les émotions et les réactions, offrant également d’autres exemples avec les personnages secondaires. Plus que la relation homosexuelle ou hétérosexuelle, elle invite les lecteurices à réfléchir sur la naissance du sentiment amoureux. Son graphisme à la fois doux et expressif rend la lecture très agréable. Je fonds complètement pour tous les personnages. Je ne peux que recommander vivement cette série. Une lecture plaisante qui réconforte!

I cannot reach you 6 – Mika

Couverture de I cannot reach you 6 de Mika, éditions Kana

Mika みか
ISBN: 9782505123453
Kana, 2025
ISBN: 9784046814470 (JP)
Kadokawa, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Ça me donne envie d’encore mieux m’entendre avec lui! »

Mika sensei narre l’enfance de Kakeru et Yamato et développe un peu plus leur environnement familial. Elle alterne la narration entre les deux enfants. Ainsi, elle montre leur rapide rapprochement. En effet, grâce au soutien de son ami, le mûr Oohara trouve un confident lui permettant de surmonter son choc et son sentiment de culpabilité suite à l’accident de son père. Kakeru, quant à lui, a conscience de ses limites mais essaie toujours de trouver les mots de réconfort ainsi que de parler sincèrement. La mère d’Oohara, qui fait face aux rumeurs, essaie de gérer au mieux son angoisse. Elle trouve également conseil et soutien avec la mère d’Ashiya. Par ailleurs, l’autrice dévoile les premiers sentiments amoureux de Yamato. Après ce saut dans le passé, elle reprend le fil de son récit avec la Saint-Valentin. Elle sème des indices sur le futur dans l’histoire bonus.

La mangaka a un trait épuré et arrondi qui lui donne un aspect doux. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance alternent avec des décors soignés. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Mika sensei donne l’ambiance du récit dans les illustrations en début de chapitre. A la fin des chapitres, elle offre deux planches qui fait le lien avec le présent, directement à la suite du tome précédent. Par ailleurs, elle s’amuse à parfois intégrer son avatar (un lapin) en arrière-plan. La couverture se classe dixième au Chill chill BL award 2023.

En résumé

La mère d’Ashiya Kakeru accepte de garder Oohara Yamato et Mikoto pour la journée. Trop heureux de pouvoir s’amuser avec son ami, Kakeru est trop dissipé pour faire ses devoirs de vacances mais Yamato l’encourage à d’abord les terminer. Désirant mieux connaître son ami, Ashiya s’interroge sur l’absence du père Oohara. Mikoto lui confie alors que ce dernier est dans le coma suite à un accident durant son travail. Toutefois, quand Kakeru propose à Yamato d’aller voir son père, ce dernier fuit, semblant cacher un lourd secret à propos de son père…

En conclusion

Mika sensei dévoile le passé de Yamato et Kakeru. Elle partage les évènements les plus marquants qui leur ont permis de se rapprocher. D’ailleurs, elle dépeint avec finesse leurs différents sentiments, décortiquant la naissance d’une profonde amitié. Son graphisme doux rend les bouilles d’enfants tellement adorables! Mes sentiments ont fait le yoyo entre les moments tendus, comiques ou émouvants. Si vous aimez les romances slow-burn douces, foncez!

I cannot reach you 5 – Mika

Couverture de I cannot reach you 5 de Mika, éditions Kana

Mika みか
ISBN: 9782505123446
Kana, 2025
ISBN: 9784046808790 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Ce que je sais, c’est que quand Yamato sourit, ça me rend très heureux et je sens mon cœur se serrer. »

Mika sensei continue d’analyser les réactions et les émotions des adolescents, en particulier la gestion du malaise qui s’installe entre Ashiya Kakeru et Oohara Yamato. Elle interroge sur la définition de l’amour et le sentiment amoureux, dénonçant au passage la commercialisation de l’amour à Noël. Comme dans le tome précédent, elle met en avant le soutien des amis à travers Hosoka Yui, Amamiya Sôichirô et Oohara Mikoto. D’ailleurs, les personnages secondaires sont un peu plus développés. Kakeru prend conscience des quiproquos et fait des efforts pour mieux communiquer. A cause de remarques désobligeantes extérieures, il ne cesse de se comparer à son ami considéré comme un beau gosse et se déprécie. Ainsi, l’autrice aborde l’influence et le poids du jugement extérieur, le manque de confiance en soi. Par ailleurs, elle continue de développer la question du consentement. Les histoires bonus détendent l’atmosphère plus tendue de ce tome.

La mangaka a un trait épuré plutôt arrondi qui apporte de la douceur. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames équilibrées rendent néanmoins les nuances dégradées. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques accompagnent les émotions. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Mika sensei utilise les codes du shôjo tels que les sorties de case, les ellipses, l’absence de cadre, la forme des vignettes en fonction de leur contenu, créant ainsi une mise en page dynamique. En fin de chapitre, elle offre des anecdotes amusantes en une planche. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre montre le quotidien des personnages.

En résumé

A l’approche de Noël, Oohara Mikoto rejette froidement toutes les sollicitations de Seo Yûma. Pourtant, elle accepte de rentrer en train avec lui. Mais un incident survint et dans la bousculade, elle perd alors l’élastique que lui a offert son frère Yamato. Attachée à ce cadeau, la jeune fille le cherche désespérément. A sa surprise, Hosaka Yui, de passage, le trouve et lui annonce l’avoir choisi pour son frère. D’abord dépitée, elle est vite rassurée par les explications de Yamato…

En conclusion

Mika sensei plonge les lecteurs directement dans le malaise entre les deux adolescents. Elle analyse la pression d’un premier rancard. Son graphisme doux transcrit avec finesse les émotions. J’apprécie le développement des personnages secondaires, permettant ainsi de découvrir d’autres points de vue sur les thèmes abordés. Un petit bijou de lecture!

Stream à minuit 1 – Luria

Couverture de Stream à minuit 1 de Luria, éditions Taifu

Luria
ISBN: 9782375065556
Taifu comics, 2025
ISBN: ‎9784910526454 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Le Mahiru que j’ai créé avec l’agence n’a strictement plus rien à voir avec moi. »

Luria sensei propose une comédie romantique très sexy sur le thème des VTubers. Elle aborde donc la différence entre image publique et privée, la gestion de la notoriété, les collaborations en ligne, les difficultés d’un travail basé sur la passion ainsi que la fatigue sociale parfois ressentie. La narration alterne entre les deux hommes, dévoilant au passage leur réflexion sur leur attirance. Mayo manque de confiance en lui et gère mal ses émotions. Ogino, quant à lui, se montre possessif et exprime maladroitement son amour tout en profitant de sa position hiérarchique. Ainsi, le consentement peut paraître flou, un jeu SM soft s’installant entre les deux hommes. Par ailleurs, les deux autres VTubers, Takuto et Tsugumi, apportent une touche d’humour. L’autrice dévoile un peu le passé difficile des deux héros, survolant toutefois le thème du harcèlement. Elle montre également l’évolution du couple.

La mangaka a un trait anguleux qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont variées et nombreuses tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Luria sensei censure les parties intimes par des languettes blanches. D’ailleurs, elle ne détaille pas les trames qui se confondent avec un contour blanc. Pourtant, elle dessine au moins une scène par chapitre. Sous la jaquette, il y a des saynètes avec les personnages en SD.

En résumé

Sugawara Mayo (24 ans) travaille comme VTtuber sous le pseudonyme de Mahiru. Ogino, de l’agence Shining TV, l’aide beaucoup au quotidien, le nourrissant et faisant même le ménage. Mais Mayo se sent de plus en plus esseulé, conscient que l’admiration de ses fans s’arrête à son avatar. En effet, taciturne et introverti, il est à l’opposé de ce dernier, amical et joyeux. Alors qu’il déprimait après une diffusion en direct, Ogino essaie de le réconforter et remarque sa sensibilité. Il profite alors de l’excitation du VTuber pour le masturber…

En conclusion

Ce tome se classe troisième meilleur manga au Chill chill BL award 2025 mais également premier manga érotique. En effet, Luria sensei n’approfondit pas les thèmes évoqués, se perdant rapidement dans des scènes érotiques. Pourtant, elle propose un univers riche et intéressant. En plus, son graphisme est très expressif. Malgré ces petits détails qui pourraient déplaire à certains lecteurs, j’ai apprécié ma lecture. Je trouve d’ailleurs la construction des différents personnages intéressante. J’ai donc hâte de découvrir le second tome. Une lecture divertissante!

Our love language 1 – Rinteku

Couverture de Our love language 1 de Rinteku, éditions Akata

Rinteku 厘てく
ISBN: 9782385690359
Akata, 2025
ISBN: 9784757587519 (JP)
Square enix, 2023 (JP)
Titre original: カメレオンはてのひらに恋をする。1
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Je connais très bien la frustration de ne pas réussir à communiquer ce que je veux… »

Rinteku sensei narre une romance entre deux étudiants, avec pour thème principal la question de la surdité. Elle base principalement la narration du point de vue de Fujinaga mais dévoile la version de Keito dans le chapitre bonus. De même, à travers les conversations du « Monde de Keito », elle attire l’attention sur le ressenti et les différentes manières de percevoir les sons. D’ailleurs, la communication est au cœur du récit, avec les quiproquos, la franchise de la langue des signes, l’iconicité et l’expression corporelle du théâtre qui diffère de celle de l’audiovisuel. Grâce à Maejima, Aoi n’hésite pas à remettre en question ses projets d’avenir. Il prend d’ailleurs conscience au fur et à mesure des difficultés rencontrées par son ami dans son quotidien. Ainsi, l’autrice aborde la question de l’intégration des personnes handicapées dans la société. Elle montre également comment des communications ardues provoquent une perte de confiance en soi.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui dégage une certaine souplesse. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page dynamique joue sur les ellipses et les superpositions. Néanmoins, les décors soignés s’estompent parfois pour ne pas surcharger la page. D’ailleurs, Rinteku sensei décompose les mouvements de la langue des signes, superposant parfois les différentes formes des mains dans une mème case. De même, le lettreur Tom « spAde » Bertrand effectue un gros travail pour transmettre la compréhension difficile de Keito. A la fin de certains chapitres, il y a aussi des conversations entre Aoi et Maejima expliquant le monde ressenti par l’étudiant sourd. Sous la jaquette se trouve la présentation des personnages.

En résumé

Étudiant en lettres modernes, Aoi Fujinaga rêve de devenir acteur mais il échoue à la majorité de ses auditions car il surjoue trop. Un jour, il rencontre Maejima Keito, en sciences de l’éducation, un étudiant sourd, oraliste et signant. Les deux jeunes hommes sympathisent rapidement, cherchant à se comprendre. D’ailleurs, Fujinaga s’intéresse rapidement à la langue des signes. Keito, quant à lui, trouve que son nouvel ami a du talent pour exprimer ses émotions…

En conclusion

Ce tome se classe à la sixième place du meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2024. Rinteku sensei fait découvrir aux lecteurices les spécificités de la surdité, ainsi que les différents dispositifs pour aider les malentendants. Grâce à Fujinaga, elle fait le lien entre la langue des signes et le langage corporel, mettant en avant les efforts nécessaires pour communiquer. Son graphisme est magnifique et très expressif. Malgré un tome très épais, j’ai dévoré d’une traite ce récit émouvant. J’adore les deux protagonistes mais également les personnages secondaires, même si ces derniers sont peu développés. Une lecture que je vous recommande grandement! Énorme coup de cœur!

Smell – Nagabe

Couverture de Smell de Nagabe, éditions Komikku

Nagabe ながべ
ISBN: 9782372878517
Komikku, 2025
ISBN: ‎9784041145548 (JP)
Kadokawa, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Je sais que c’est malsain de faire ça. Mais je ne peux pas résister à l’envie de le renifler!! »

Nagabe sensei narre une romance lycéenne avec deux hommes-bêtes qui se découvrent un fétichisme pour les odeurs. D’ailleurs, il reprend les spécificités animales pour construire le caractère de ses personnages, avec un Saint Hubert, race spécialisée dans le pistage et un Border collie foufou. Il joue également sur leurs caractères opposés pour créer une dynamique. La narration se base principalement du point de vue de Joseph. Le Border collie s’interroge sur son attirance, son excitation par certaines odeurs et n’hésite pas à remettre en question son comportement parfois pressant. Le taciturne Noi, quant à lui, conserve une certaine innocence. Un jeu érotique s’installe entre eux, les incitant à mieux communiquer. Ainsi, l’auteur aborde la différence entre odeur et phéromone, l’acceptation de l’autre, la question de la normalité. Il questionne également sur le consentement.

Le mangaka a un trait épuré et anguleux. Il reprend les caractéristiques principales des races des chiens mais certaines sont parfois méconnaissables. Il simplifie son trait et exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors situent principalement l’action et s’estompent néanmoins pour ne pas surcharger les pages. Les trames d’ambiance appuient les émotions fortes tandis que les autres trames sont en aplat, utilisées avec parcimonie. La mise en page plutôt classique colle parfaitement au style graphique. Dans les scènes érotiques, Nagabe sensei ne montre pas les parties intimes grâce au cadrage et à des phylactères bien placés. Toutefois, dans certaines vignettes, il ne les dessine tout simplement pas.

En résumé

L’enjoué Joseph (Border collie) surprend son camarade de classe Noi (Saint Hubert) en train de renifler son t-shirt. Mais loin d’être choqué, il s’amuse même par la suite à tester l’odorat de son nouvel ami. Toutefois, lorsqu’il lui fait sentir son caleçon, la réaction de Noinoi lui procure un plaisir inattendu.

En conclusion

Nagabe sensei arrive à mêler les premiers émois d’une romance lycéenne avec la découverte d’un fétichisme, tout en conservant une certaine candeur de ses personnages. En se basant sur les spécificités des races des chiens, il crée une dynamique intéressante entre les personnages, rendant crédible leurs recherches d’odeurs. Toutefois, le sujet pourra déplaire à certains lecteurs. Le graphisme est très expressif. J’aime beaucoup la relation qui se construit entre Noi et Joseph. Un bon moment de lecture!

Therapy game restart 4 – Hinohara Meguru

Couverture de Therapy game restart 4 de Hinohara Meguru, éditions Taifu

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375064450
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784403668647 (JP)
Shinshokan, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Je pourrais briser complètement ta vie si j’étais encore plus zinzin. »

Hinohara Meguru sensei s’intéresse aux difficultés rencontrées par les couples homosexuels lorsqu’ils recherchent un appartement. Elle confronte les deux amoureux à leurs points de vue contraires, les obligeant à discuter pour prendre une décision. De même, elle montre différentes réactions à travers le propriétaire Saitô et l’agente immobilière Fujita. Minato culpabilise de faire subir de la discrimination homophobe à son petit ami. Shizuma, quant à lui, réfléchit à la présentation à la famille ainsi qu’au coming out. Le couple s’interroge par ailleurs sur la démonstration d’affection en public et la pression familiale. L’autrice présente un peu le métier de Minato, entre contraintes et plaisirs. Ainsi, elle aborde la difficulté à gérer vie privée et travail chronophage. Elle ajoute beaucoup d’humour dans les derniers chapitres. Un épisode bonus met également en avant les deux peluches lapins à l’effigie des deux héros, qui sont sorties au Japon.

La mangaka a un trait léché, légèrement anguleux. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont très variées, détaillant les différentes ombres. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Toutefois, un fond gris avec des halos lumineux indique la projection de rêves ou de fantasmes. La mise en page est dynamique. Comme dans le tome précédent, Hinohara sensei censure les parties intimes par des languettes blanches dans les scènes érotiques. Elle présente les protagonistes en début tome. A la fin de quelques chapitres, elle propose des anecdotes avec les personnages en SD. Les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien des personnages.

En résumé

Après une nuit de réconciliation torride sur l’oreiller, Ikushima Shizuma et Mito Minato discutent enfin à cœur ouvert de leurs contrariétés. Rassuré par la prévenance de son petit ami prêt à tout pour lui, Minato repart sur une séance torride. D’ailleurs, il a maintenant hâte d’emménager en couple pour prouver à Onodera, la cheffe de Shizuma, la force de leur amour.

En conclusion

Shinohara Meguru sensei approfondit divers thèmes abordés, décortiquant les comportements et les émotions des personnages. Elle offre un tome plus détendu, empli d’humour et de tendresse. Son magnifique graphisme devient presque caricatural dans les passages comiques. J’ai beaucoup aimé la scène qui se passe dans le parc lors de la recherche d’appartement ainsi que le délire avec les ours dans le dernier chapitre. Une lecture désopilante!

Therapy game restart 3 – Hinohara Meguru

couverture de Therapy game restart 3 de Hinohara Meguru, éditions Taifu

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375064283
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784403668609 (JP)
Shinshokan, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Lorsque l’amour grandit, certains pas en avant se font plus difficiles à franchir. »

Hinohara Meguru sensei continue de développer la question de l’installation en couple à travers Mito Itsuki et Ikushima Shôhei. Par ailleurs, elle sème quelques indices autour de la sexualité d’Onodera et développe également les différents problèmes rencontrés par un vétérinaire. Elle interroge sur la jalousie avec Minato qui n’arrive pas à gérer sa possessivité, s’intéressant ainsi à la peur d’interférer dans le bonheur de l’autre, de ne pas aimer normalement. En effet, le photographe a encore du mal à surmonter son traumatisme face à l’amour destructeur de sa mère. Shizuma, quant à lui, essaie d’éliminer les comportements provoquant de l’incertitude. La narration alterne entre les deux amoureux, permettant de découvrir leurs points de vue. Ainsi, l’autrice montre que malgré les mêmes inquiétudes, il peut y avoir une vision différente des problèmes. Elle aborde donc les difficultés à se comprendre malgré des discussions, les efforts pour se réconcilier et parler ouvertement.

La mangaka a un trait épuré mais anguleux. Elle le simplifie et l’arrondit légèrement dans les passages humoristiques. Elle varie les trames. Toutefois, des hachures soulignent les ombres fortes. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques, accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page plutôt classique propose parfois des agencements plus dynamiques. Contrairement au tome précédent, Hinohara sensei censure les parties intimes par des languettes blanches dans les scènes érotiques. Elle fait poser les personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

De retour à la clinique pour récupérer ses vêtements à sécher, Ikushima Shizuma croise sa supérieure. Devant leur complicité, Miho Minato prend la fuite. Depuis, il refuse de voir son petit ami qui ne sait comment se réconcilier. Il ne comprend même pas ce qui aurait provoqué sa colère…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2024. Hinohara Meguru sensei replonge le couple de Minato et Shizuma dans une relation polluée par la jalousie, relançant le suspense. Ainsi, elle peut aborder de nouveaux sujets. Par ailleurs, elle alterne avec dextérité humour, tension et tendresse. Son graphisme maîtrisé avec des traits physiques bien déterminés permet d’immédiatement reconnaître les personnages ou comprendre leurs émotions. Quelques passages au consentement gris pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. J’adore voir le couple se rapprocher encore plus à chaque dispute, résolvant un à un leurs problèmes. Et j’aime beaucoup le mystère autour d’Onodera, même si le lecteur découvre quelques secrets en fin de tome! Une lecture haletante!

Ménage à deux – Aruku Joe

Couverture de Ménage à deux d'Aruku Joe, éditions Taifu

ARUKU Joe あるくジョー
ISBN: 9782375065204
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526423 (JP)
Shucream, 2023 (JP)
Titre original: ゴミ屋敷の鎌倉さん
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Qu’est-ce que c’est que ce dépotoir? »

Aruku Joe sensei propose une romance plutôt classique entre deux voisins: le solaire Arai et l’asocial Kamakura. Elle maintient un certain suspense en dévoilant leur passé au fur et à mesure. Ainsi, elle s’intéresse à la dépression, au retrait social et au traumatisme. Epuisé psychologiquement, Satoshi prend conscience de sa situation critique grâce à son voisin qui lui apporte soins, chaleur humaine et écoute. Leur cohabitation leur permet de se découvrir, leur amitié naissante se transformant peu à peu. Les deux hommes se remettent en question et surmontent ainsi leurs petits traumatismes. L’autrice montre l’influence des remarques blessantes, des comportements désobligeants et du jugement sur l’apparence sur le mental. Elle aborde donc la fragilité d’une relation et la difficulté à maintenir le lien. Néanmoins, elle n’échappe pas à certains clichés de la vie en commun pour faciliter l’évolution de la relation.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames équilibrées sont pourtant peu variées, avec des teintes qui privilégient les contrastes noir et blanc. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Aruku sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou des trames. Elle joue également sur un contour fin translucide ainsi que les cadrages pour gommer les détails.

En résumé

Harcelé au travail, Kamakura Satoshi (30 ans) finit par craquer et insulte alors son supérieur. Depuis, il vit reclus dans son appartement. Lorsque des enfants cassent un carreau de sa fenêtre avec une balle, il ne réagit même pas. Mais son voisin, Arai Katsuyoshi (26 ans), remarque les dégâts et tente donc de le contacter, inquiet. Sans réponse, il se risque à passer par le balcon. Découvrant l’appartement couvert d’immondices, la propriétaire menace alors Kamakura d’expulsion. Mais Arai propose d’abord de nettoyer l’appartement, prenant ainsi soin de son voisin.

En conclusion

Ce one-shot se classe dix-huitième meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2024. Aruku Joe sensei propose des sujets intéressants. Toutefois, leurs développements rencontrent quelques problèmes de rythmes, avec certains enchaînements trop rapides. Malgré un graphisme classique, la mangaka maîtrise bien les expressions, facilitant la compréhension. La relation du couple est attendrissante. Une lecture sympathique!